Bonjour à tous, me voici de retour pour ce dernier chapitre avant l'épilogue. Le précédent avait eu beaucoup de retours et je vous remercie tous pour ces reviews positives qui m'ont beaucoup touchée.
Quelques petites réponses à des commentaires par ci, par là : Ne jamais manquer une occasion de tanner Edward sur sa taille, même dans l'espace entre la vie et la mort. Voldemort et ses Mangemorts ne sont pas vraiment brillants... En même temps, quand tu diriges tes sbires à coups de Doloris, on a un peu la trouille d'avouer une erreur et on cherche les explications les plus alambiquées pour faire marcher une prophétie.
Un conseil, s'il y a de futurs mages noirs (ou dictateurs du monde) : lire la liste des choses que je ne ferais pas si je devenais maître du monde.
Sur ce, je vous laisse lire, le temps de prendre un peu d'avance pour me planquer, juste au cas où !
T3 Chapitre 18
Quand Harry reprît conscience, il prît bien soin de ne pas bouger d'un millimètre. À quelques mètres de lui, les Mangemorts se pressaient autour de leur maître, tombé apparemment en même temps que lui. Il avait dû avoir une sacré surprise. Toujours est il qu'à présent, il se relevait, furieux d'avoir montré une faiblesse indigne alors qu'il était sensé être devenu tout puissant.
Maintenant, tout allait se jouer à la chance : Voldemort n'allait certainement pas croire qu'un simple corps étendu était une preuve suffisante. Surtout à présent que son plan ne s'était pas passé exactement sans accroc du fait de son évanouissement passager. Il allait forcément vérifier lui même ou lui lancer un Doloris. Et alors, Harry se trahirait, parce qu'il suffirait d'un simple mouvement non contrôlé et il était cuit. Il espérait vaguement qu'il pourrait faire illusion s'il parvenait à calmer les battements de son cœur…
Mais Voldemort semblait plus méfiant à présent. Craignant une mauvaise surprise, il envoya un de ses Mangemorts s'assurer du sale boulot. Lâche. Mais si Harry pouvait réussir à lancer un sortilège de Confusion sans baguette et sans se faire prendre, alors peut-être qu'il pourrait réussir à tromper ses ennemis. C'était un plan stupide, mais il n'en avait pas d'autres.
Il fût surpris de sentir des mains plus douces qui ne le traitaient pas avec autant de mépris que ne l'auraient fait des sadiques comme Bellatrix. L'espace d'une seconde, le doigt s'arrêta sur son cou aux veines palpitantes de vie. Alors le femme pencha son oreille pour faire mine d'écouter son coeur et lui demanda dans un murmure imperceptible si Draco était en vie. Reconnaissant alors la femme comme Narcissa, Harry répondît d'un même souffle par l'affirmative.
À présent, il y avait un espoir : le groupe mené par Voldemort allaient revenir, exhibant Harry et Edward comme des trophées macabres. Nul doute qu'à présent, le mage noir pensait avoir le contrôle sur toute la magie de ce monde, sans se doute que Edward était au contrôle. Mais ce dernier n'interviendrait pas maintenant. Le serpent était encore protégé et le connaissant, il devait vouloir éviter qu'il se fasse tuer, cette fois pour de vrai par un Mangemort plus chanceux que les autres. Ce serait stupide que le plan échoue parce qu'ils étaient trop pressés.
Harry supporta donc avec stoïcisme les sorts que Voldemort lui lançait, Doloris et autres sorts le transformant en marionnette. Mais Harry ne sentait rien. Était ce parce que la magie de Voldemort était devenue inefficace du fait du sacrifice de Harry ou bien était ce parce que Edward s'assurait que la magie le touchant n'ait aucun effet ? Aucune importance, au fond. Le plus essentiel était de se comporter comme un corps sans vie, de ne pas broncher, de ne pas crier.
À présent, Voldemort s'était lancé dans un monologue affirmant à quel point ce qu'ils avaient fait était futile. Puis il se vanta haut et fort de détenir la magie, de posséder le pouvoir sur tous. Les monologues, toujours les monologues... Quand un Mangemort, sans doute Lucius Malfoy, lui demanda pourquoi lui même ne pouvait utiliser la magie, Voldemort lui répondît avec cruauté et mépris que c'était sans doute parce qu'il ne la méritait pas.
Puis le Mage Noir dont la mégalomanie venait de dépasser la lune, avait ordonné à un Hagrid prisonnier de porter le « corps » de Harry tandis que d'autres Mangemorts transporteraient la croix à laquelle Edward était cloué, Nagini toujours autour de lui. Voldemort affirmait tout haut qu'il en ferait un symbole du jour glorieux où le plus grand mage noir de tous les temps avait vaincu non seulement la mort, mais la magie elle même. Edward Elric serait « honoré » de cette manière, en étant la pierre angulaire de son empire et bientôt, lui, Voldemort, montrerait à tous qu'il détenait la vie de tout être magique entre ses mains, qu'il pouvait contrôler tout ce qui se passait sur cette Terre d'une simple pensée.
Excepté que pour ça, Voldemort aurait besoin de témoins impuissants pour contempler la victoire des forces du mal et supplier à ses pieds de les épargner. À ce stade, le discours mégalomaniaque devenait un peu long et Harry aurait fini par pousser un soupir s'il n'avait pas craint d'être dévoilé. Hagrid continuait de le porter, avec un extrême soin, comme on porterait un enfant. Il pleurait sans retenue, même si à un moment, il avait apostrophé les centaures immobiles. Voldemort s'était contenté de déclarer que même ces bêtes reconnaissaient son pouvoir sur la magie.
Mais les Centaures devaient savoir la vérité. Après tout, ils n'avaient pas déposé leurs armes et se contentaient de les suivre…Quelques Elfes de Maison les observaient également avant de repartir à pied, comme s'ils avaient reçu un ordre silencieux. Harry n'aurait pas été étonné que Edward… en soit responsable.
Les Mangemorts, ivres de leur victoire, ne se demandaient pas pourquoi ils étaient progressivement encerclés. Ils se contentaient de lancer des sorts d'étincelles comme des gamins tandis que Voldemort les contemplaient avec amusement, comme s'il leur autorisait l'usage de ces sorts puérils par simple bonté. Aucun Mangemort n'avait compris que si Voldemort avait contrôlé réellement la magie universelle, alors la leur ne ferait pas exception. Après tout, tout tyran craint d'être poignardé dans le dos.
Finalement, au moment où ils sortaient de la forêt, à quelques mètres de l'entrée principale de Poudlard, Voldemort sourît en voyant son serpent qui semblait peu apprécier sa prison protectrice, même si cela lui permettait d'enserrer Edward et de presque le broyer. Le mage noir rassura son Horcruxe, l'assurant que désormais, plus personne ne pourrait s'en prendre à lui.
Au même moment, des cris d'effrois retentirent parmi les défenseurs qui venaient d'apercevoir les corps exhibé par Voldemort. Quoique le simple fait de voir le mage noir pouvait aussi avoir causer une telle réaction. Une foule commença à se rassembler, à distance respectable des Mangemorts qui les forçaient à se rassembler, les arrachant à leurs défunts, à leurs blessés pour qu'ils assistent au triomphe de leur maître. Harry ne pût s'empêcher de remarquer qu'aucun de ses amis ne se trouvaient là. Les connaissant, c'était pour une bonne raison.
Puis Voldemort...se lança à nouveau dans un maudit monologue dont le but paraissait être de le décrédibiliser en l'accusant d'avoir fui. Edward, quant à lui, était présenté comme un idiot arrogant qui avait cru pouvoir se jouer d'eux et qui désormais lui garantirait un pouvoir absolu sur tous, sur leurs vies, leurs destinées et la magie. Trop plongé dans son discours, il ne vît pas les regards sceptiques. Personne ne croyait sa version.
Et finalement, la majorité commencèrent à exprimer leurs doutes de façon plutôt bruyante, provoquant la rage du mage noir qui lança un silencio général...Mais malgré tout, il y avait encore des regards de défi, des attitudes combatives et qu'ils étaient prêts à riposter malgré la mort de celui que tous avait désigné comme l'Elu.
Harry n'avait jamais été aussi fier d'eux : tout ce temps, le monde sorcier l'avait désigné unilatéralement comme leur sauveur ou leur bouc émissaire selon le danger qui guettait. On l'avait fait sans jamais lui demander son avis, sans jamais lui donner le choix. Mais paradoxalement, du même coup, ces personnes ne s'étaient jamais octroyé la liberté de lutter pour leur propre salut. Mais à présent, ils le faisaient, alors même qu'ils se croyaient sans espoir, que le héros, le guide était mort. L'idée avait survécu à l'individu…
Voldemort le prenait d'une toute autre façon, car dans un mouvement de rage, il libéra Nagini de sa prison inutile puisque selon lui, plus personne ne pouvait l'attaquer. Harry souleva très doucement les paupières et vît les yeux d'Edward briller alors qu'il souriait.
Un cri perçant retentît et un énorme lion apparût pour assener un coup de pattes dévastateur au serpent, pour ensuite reculer quand le serpent tenta de riposter. Mais déjà, la relève arrivait, avec une chouette effraie qui balafra les yeux du serpent. Une roussette envoya une décharge d'ultrason et désorienta encore plus Nagini. Un chat faisait diversion derrière la monstrueuse créature et enfin, une mangouste arriva et d'un coup de dents, mît fin à la vie du serpent.
Si un horcruxe contenu dans un objet avait besoin de moyens disproportionnés pour être purgé de son fragment d'âme avec venin de Basilic ou feudeymon, apparemment un horcruxe animal, même magique, pouvait se faire tuer plutôt naturellement. À savoir en se faisant chasser et abattre par des animaux déterminés. Et quand sa vie prenait fin, ainsi se terminait le horcruxe...
À la profonde horreur de Voldemort, son serpent venait de se faire tuer par cinq Animagus déchaînés qui redevinrent Ron Weasley, Hermione Granger, Luna Lovegood, Ginny Weasley et Neville Londubat qui le regardaient avec une expression sardonique. Voldemort paru perdre pied, mais se ressaisît et déclara :
« Je vais vous garder en vie très longtemps pour vous faire payer par mille tortures ce que vous venez de faire. Je sais ce que vous comptiez faire, mais cela n'aura aucun résultat. J'ai désormais tout pouvoir en ce monde ! » Gronda Voldemort en élevant sa baguette devant les cinq amis pas intimidés du tout.
« Marrant. Je n'en vois vraiment pas la preuve. Après tout, je reste capable d'effectuer ma propre magie. » Déclara Ginny en lançant un sort sans baguette, se fichant ouvertement de la tête du mage noir.
«Nous ne dépendons ni de vous ni d'une magie qui serait universelle pour continuer à être magiques.» Dît Neville avant de s'essuyer la bouche du sang de Nagini qui avait un sale goût.
« Et nous venons de vous mettre en échec… Nous laissons juste le plaisir du mat à quelqu'un d'autre. » Affirma Ron.
« Harry vous a déjà battu, mais aveuglé par votre arrogance, vous ne vous en rendez même pas compte. » Ajouta Hermione avec assurance.
« Comme si un être tel que toi pourrait contrôler la magie du monde. En réalité, il ne fait que t'en donner l'illusion. Quand tu m'as enlevé et tenté de me sacrifier, j'ai vu l'infini pouvoir que ce monde détient… Tu ne saurais la contrôler… Mais lui… il le fait et viendra rendre justice. Afin de paver la route pour un monde nouveau, un monde meilleur. » Déclara Luna avec gravité.
« Endoloris ! » Lança Voldemort sur les cinq adolescents tandis qu'autour d'eux, des cris d'effrois et de résistance retentissaient à nouveau.
Mais rien. Ils ne paraissaient même pas ébranlé par le sort. Comme s'ils venaient juste de subir un sortilège de chatouillis médiocre. Les cris effrayés, devinrent des cris de victoire et des acclamations joyeuses. Autour d'eux, les Mangemorts ne savaient pas quoi faire et regardaient leur maître, semblant lui demander quoi faire.
Mais pour la première fois, Harry vît que Voldemort avait peur. Nul besoin d'un lien par l'Horcruxe pour le comprendre. Il voyait son plan qui s'écroulait sous ses yeux. Harry décida que c'était le bon moment pour se réfugier sous sa cape d'Invisibilité. Il jeta un coup d'oeil à la croix : Edward en était déjà descendu…
L'assaut se déclencha presque de lui même, avec Fred et George qui lancèrent le signal de la contre-attaque. Convaincus de ne pouvoir user de leurs baguettes, ils avaient suivi les conseils offerts par Edward lors de la première séance du Cours de Soutien. Si la méthode magique ne fonctionne pas, alors les méthodes Moldues sont parfaitement capables de prendre le relais. Ayant saisi des hallebardes, ils s'en étaient servi pour les enfoncer dans la jambe de Dolohov.
Edward aurait sans doute critiqué leur style un peu rustre, mais pour un premier essai, c'était efficace, surtout quand Fred s'attaqua à nouveau au Mangemort en lui coupant la main. Après tout, un adversaire sans main ne pouvait se servir de sa baguette… Cet acte sanglant semblait complètement inédit quand on connaissait les deux farceurs. Mais les jumeaux étaient encore sous le coup de la perte de leur père et ils n'avaient pas l'intention de laisser sa mort non vengée.
À ce moment là, tout le monde se jeta dans la bataille. Les centaures avaient tiré des volées de flèches et les Elfes de Maison étaient armés de leur batterie de cuisine. Et ils étaient vraiment redoutables pour manier la poêle à frire ou lancer de l'huile bouillante… Les Acromantules furent tuées par un feu mystérieux tandis que les Géants s'étaient soudainement enfoncés dans la terre jusqu'à ce que seules leurs têtes soient visibles.
Voldemort lançait des sorts à tort et à travers, sans s'apercevoir que aucun de ses maléfices ne faisaient le moindre effet. Ses Mangemorts eux mêmes ne parvenaient plus à se défendre autrement qu'en usant des techniques Moldues. Bellatrix paraissait redoutable même à cela, mais Molly Weasley avait vite mis un terme à ses agissements en se servant des mêmes armes que les Elfes de Maison, à savoir une bonne poêle en fonte qui fît éclater le crâne de la fidèle servante. Ne jamais sous-estimer une femme au foyer….
En réalité, le combat prenait rapidement une tournure extrêmement favorable pour les défenseurs de Poudlard qui s'émerveillèrent en voyant leurs baguettes respectives revenir à la vie dans des jets d'étincelles. La magie était de retour et ils l'accueillaient, comme un ami très cher qu'ils avaient cru perdu pour toujours. À ce moment là, ce fût un raz de marée de magie qui achevèrent de raser les rangs de Voldemort, incapables de croire à un tel retournement de situation alors qu'ils chantaient leur victoire quelques minutes plus tôt.
Bientôt, il ne restait plus que le Mage Noir dans la cour du château qui poussa un cri de rage mêlé à de la démence. Il avait pu constater la disparition d'Edward et de Harry et à présent, ce dernier refaisait son apparition. Harry fît un signe à ses alliés et tous se placèrent en cercle, sans plus intervenir. Ils avaient sans doute tous conscience que la bataille était déjà gagnée et laissait donc à leur sauveur le soin de battre le mage noir une bonne fois pour toute.
« Regarde les ? Croient ils vraiment que tu vas les sauver une nouvelle fois ? » Se moqua Voldemort, presque frénétique.
« Ils sont parfaitement capables de se sauver eux mêmes. Ils vous auraient écrasé, avec ou sans moi. Je suis juste là pour mettre un point final à notre histoire. » Déclara Harry.
« Ils n'auraient jamais pu me tuer, je suis immortel, je possède la magie et la plus puissante baguette au monde. Je suis invincible. » Aux oreilles de Harry, Voldemort semblait complètement sombrer dans le déni. Mais Harry allait s'assurer qu'il puisse voir la vérité en face avant d'être vaincu…
« Vous n'êtes plus immortel. Vous n'avez jamais été le détenteur légitime de la baguette de Sureau depuis que j'ai vaincu son dernier possesseur légitime en la personne de Drco Malfoy. Vous n'avez même jamais réussi à posséder la magie. Ce n'était qu'une illusion. » Dît le Survivant avec pitié.
« Non, je m'en suis emparé. Plus aucun de tes alliés ne pouvaient jeter de sorts. J'avais gagné ! » On aurait dît un enfant répétant que ce n'était pas juste, que Harry avait triché. Qui aurait cru que Voldemort ait été en réalité un enfant qui refusait qu'on lui dise non ?
« Dès l'instant où Edward s'est livré à vous, volontairement et que vous l'avez utilisé dans ce sacrifice, vous aviez causé votre perte. Il ne manquait que deux choses : que je meurs et que meurt Nagini. En me livrant à vous, en me sacrifiant pour tous ceux ici, je leur ai accordé la même protection que celle que ma mère m'a octroyé il y a seize ans. Vous ne pourrez pas les tuer, ni les torturer, ni même les toucher. N'aviez vous pas remarqué que vos sorts n'avaient plus aucun effet ? » Expliqua Harry.
« Comment as tu fait, Potter ?! Comment as tu pu réussir à t'emparer de ce qui me revenait de droit ? C'est moi qui ais mis en place le rituel pour que la magie m'appartienne ! J'ai suivi toutes les lignes du rituel à la lettre. j'ai sacrifié le garçon spécifiquement désigné par cette prophétie pour ça. Je devrais être maître de toute magie ! » Accusa le mage noir.
« Oh, ça ? Cela n'a jamais été moi. C'était Edward. Je suis certain que vous avez exécuté ce rituel alchimique à la lettre. C'était de l'alchimie, n'est ce pas ? J'ai suivi les cours l'an passé et l'un des points qui m'a le plus marqué, c'était la notion de sacrifice. »
« Et bien je l'ai fait ! » Claqua la voix de Voldemort.
« Edward est un bien meilleur alchimiste que vous. Il savait à quel point la notion du choix était important dans un sacrifice, ainsi que la valeur de ce que vous sacrifiiez. Faire les rituels ne suffit pas, il fallait qu'il y ait équivalence. »
« La prophétie le désignait comme tel ! »
« Et vous avez commis exactement les mêmes erreurs que dans mon cas. D'abord, celle d'avoir trop cru dans les prophéties. La dernière fois, en voulant l'empêcher de se réaliser et dans le cas présent, en cherchant à l'accomplir. Ensuite vous avez commis exactement la même erreur : vous vous êtes basé sur une prophétie incomplète. Edward était le seul à avoir la version complète. Ce qui a conduit à la troisième et dernière erreur : même quand notre vie semble dicté par le destin, la liberté humaine demeure primordiale. Et l'amour. »
« Encore ce sempiternel discours de Dumbledore affirmant que l'amour est le plus grand pouvoir. Je n'ai jamais rien vu de tel ! » Grinça Voldemort.
« Vraiment ? Parce que si vous êtes dans cette situation précise, c'est parce que vous ne comprenez pas le pouvoir de l'amour. » Fît remarquer Harry.
« L'amour ou la liberté n'ont rien à faire dans le rituel que j'ai accompli ! » Rugît le mage noir, furieux qu'on ose cracher sur ses compétences.
« Au contraire, ils avaient tout à voire. Vous avez tenté de sacrifier Luna, puis Edward, afin de vous emparer d'un pouvoir sans limite. Mais vous n'accordez aucune valeur à la vie humaine donc cet échange n'aurait jamais pu être équivalent. Moins vous accordiez d'importance à la vie, plus il vous aurait fallu de vies à sacrifier. Mais là n'est pas le sujet, parce que Edward vous a coiffé au poteau. »
« Il n'a même pas résisté devant ma puissance. » Se vanta Voldemort, les yeux rétrécis.
« Bien sûr que non, il n'a pas lutté. Après tout, il se sacrifiait volontairement. Et un sacrifice volontaire à une puissance incomparable comparé à lorsqu'on sacrifie autrui qu'on ne respecte même pas. Edward a tout offert et en échange, cette puissance incomparable ne sera pas contrôlée par vous. »
« Tu te trompes, Potter et je vais te le prouver ! »
Le soleil se levait au loin illuminant la scène de sa lueur orangée, presque rouge sang, couleur de circonstance. Cette apparition du soleil fût comme un signal de départ… ou de fin. Voldemort lança l'Avada Kedavra tandis que Harry lança l'Expeliarmus. Le sort de mort ricocha et ce fût le mage noir qui tomba tandis que Harry rattrapait la baguette de Sureau. Le corps de Voldemort s'effondra comme celui d'une marionnette sans vie.
La bataille était terminée.
Le tumulte explosa alors, les spectateurs se jetant dans les bras des uns des autres, en pleurant de joie, en proclamant haut et fort leur victoire, s'émerveillant d'être encore en vie. Harry fût bientôt entouré par des centaines de personnes voulant le remercier, le féliciter, le porter en triomphe. Harry se sentait un peu fatigué tandis qu'ils l'escortaient vers la Grande Salle sous les cris de joies des jeunes comme des moins jeunes. Des adultes pleuraient ouvertement en voyant la fin d'un cauchemar, les étudiants hurlaient leur joie face à l'obscurité qui se dissipait.
Personne ne s'était vraiment préoccupé de s'installer à leurs anciennes tables : ces dernières avaient été déplacées. Des Serpentards, des Poufsouffles, des Serdaigles, des Gryffondors...Non, cela n'avait plus la moindre importance. Même Poudlard. C'était juste des hommes, femmes et enfants qui avaient résisté. Des humains, dotés de magie, mais animés du même désir de liberté, de justice et d'espérance que leurs compatriotes Moldus. Plus de fantômes, cependant, comme s'ils avaient laissé place aux vivants.
Désormais, il y avait seulement des personnes ayant lutté contre Voldemort, même si on pouvait se poser des questions au sujet de la présence des Malfoys, à l'écart dans un coin et cherchant à ne surtout pas se faire remarquer. Draco pleurait misérablement et ses parents aussi, le serrant comme un trésor qu'ils avaient failli perdre. Cela aurait pu être le cas. Harry ne savait pas encore comment il allait déterminer leur sort compte tenu qu'ils avaient été partisans du régime. Compte tenu que Narcissa avait menti en sa faveur, peut-être auraient ils droit à la clémence...
Mais il y avait encore tant de choses à faire : rencontrer les proches des combattants tombés au combat, réconforter les blessés, libérer les prisonniers des Mangemorts de leurs geôles, débarrasser les lieux de pouvoirs des collaborateurs, s'assurer que le Ministère se remette à fonctionner normalement . Puis dans un futur proche, organiser des procès qui soient justes et équitables, qui ne soient pas motivés par la vengeance, faire passer de nouvelles lois, s'assurer qu'un nouveau mage noir ne puisse jamais rebâtir un tel mouvement, construire de nouvelles relations avec les peuples magiques et avec le monde Moldu. L'œuvre de toute une vie.
Il songea qu'il aurait bien besoin de l'aide d'Edward : il se souvenait encore de tout ce qu'il lui avait révélé concernant la magie, les Moldus, lors de ces instants irréels passés dans ce lieu entre les mondes. Il devait déterminer un plan pour construire ce futur, pour tenir ses promesses avec le peuple Gobelin, pour avoir des conseils…
Mais quand il demanda à Fred où se trouvait Edward, il demanda de qui il parlait.
Pendant un instant, Harry crût qu'il plaisantait, mais ceux à qui il s'adressait ne se souvenait pas du jeune garçon...alors même que Harry avait fait tout un discours à ce sujet il y a moins d'un quart d'heure ! Quand il posait des questions, tout le monde s'inquiétait, ce qui était fort gentil de leur part...Mais personne ne semblait savoir de qui il parlait. Il se demanda comment c'était possible : Edward était...inoubliable, de par son arrivée en cours de scolarité, de par son génie, de par ses enseignements au CS, son caractère emporté, son apparence...
Il croisa le regard de Luna et celle-ci lui répondît, sans même qu'il ait besoin de poser la question :
« Ils l'ont tous oublié… Les membres du Cercle s'en souviennent encore et peut-être de rares individus. Mais son nom et son existence ont été effacé.»
Luna paraissait à la fois terriblement triste, mais aussi, quelque part, résignée, comme si elle acceptait quelque chose qui était inévitable. Comme si elle avait su depuis très longtemps que Edward n'était pas destiné...à rester.
« Mais pourquoi ? »
« Peut-être parce qu'il n'appartient pas vraiment à notre monde. On nous l'a octroyé pour nous aider et maintenant, il doit rentrer chez lui, je suppose. » Déclara Luna avec logique.
« Il faut que j'aille le voir... » Murmura Harry, à moitié paniqué. Cela ne pouvait pas se terminer ainsi, pas après toutes ces souffrances, ces épreuves, ces sacrifices pour obtenir cette victoire. Il ne pouvait pas les quitter ainsi.
« Je vais faire diversion et nous te rejoindrons. Nous avons le droit de lui dire au revoir... » Murmura la jeune Serdaigle avec tristesse avant de pointer du doigt une Enormus à Babilles, permettant à Harry de se dissimuler sous sa cape pour quitter les lieux.
Harry le chercha à la tour de Serdaigle, descendît dans la Chambre des Secrets, longea le parc où Edward faisait son entraînement pendant sa scolarité. Il s'approcha même de la Forêt Interdite. Ce fût Ginny qui lui montra où il se trouvait en sortant la Carte du Maraudeur. Un petit point flou, à moitié effacé s'y trouvait, dans la salle où on avait rassemblés les prisonniers, ainsi que leurs dépouilles, séparés des corps de ceux ayant lutté contre eux.
Une minute plus tard, Harry se trouvait dans une salle où les Mangemorts étaient là, inconscients. Une silhouette solitaire aux cheveux d'or et au familier manteau rouge fixait Rockwood. Pendant un instant, Harry envisagea de l'attaquer par surprise pour avoir enfin une victoire sur lui mais abandonna ce geste puéril. À la place, il demanda sur le ton de la plaisanterie :
« Tu comptes vraiment m'abandonner à toutes ces obligations ? »
Quand il se retourna, Harry frémît. Il émanait un tel pouvoir tangible de son corps que Harry se sentait vraiment intimidé. Néanmoins, un fait lui apparût rapidement : ce n'était pas réellement Edward derrière ces pupilles d'or resplendissantes. Les yeux de son ami montraient toujours à quel point il était humain, que ce soit dans ses instants de calme contemplatif, dans ses moments de joie exubérantes ou dans la ténacité rageuse qui le déterminait. Mais ici, son regard était… pas réellement insensible, mais trop sage, trop omniscient, trop omnipotent. Pas humain.
Il souriait en s'adressant à eux :
« Qu'est ce que vous faisiez ? » Demanda Ron, légèrement suspicieux, sachant que ce n'était pas Edward devant lui.
« Plusieurs petites choses. J'ai ôté à ces individus le pouvoir d'accéder à la magie pour avoir eu la témérité de croire qu'il pouvait s'en emparer à leur seul profit... Les fantômes de ce monde ont eu une seconde chance de passer de l'autre côté et les défunts n'auront plus l'option de revenir. J'ai banni les Détraqueurs dans leur monde d'origine, soigné quelques personnes, corrigé quelques petits détails que je n'aurais jamais pu faire sans posséder un corps dans ce monde, détruit les traces afin que ce problème ne se reproduise plus. »
« Rassurez moi, vous allez lui rendre son corps ? » Demanda Neville.
« Bien sûr. Autrement ce dernier se détruira. Je n'ai jamais eu pour vocation d'être enfermé dans une prison de chair. » Répondît l'entité avec une pointe ressemblant à s'y méprendre à de l'ironie.
« Et maintenant ? » Questionna Hermione, insistante.
« Vous appartenez à ce monde. Pas lui. Il est temps qu'il retourne dans le sien. »
« Est ce qu'il reviendra ? » Demanda Ginny, en larmes.
« Même moi, je n'ai pas de réponse à cela. » Répondît l'Être.
« J'ai promis de donner les Reliques de la Mort. Les voilà. » Dît Harry en se séparant d'abord de la baguette, puis de la Pierre et enfin, à son grand regret, de la Cape d'Invisibilité de sa famille. L'être à l'apparence d'Edward les accepta avec gravité et déclara :
« C'était un acte très sage de ta part. Je m'assurerais que tu reçoives une équivalence à ce que tu viens de me sacrifier. »
Harry murmura qu'il n'en avait pas besoin.
Le corps sembla se convulser, de la lumière semblant chercher à s'échapper de lui, comme au temps où Edward tentait de maîtriser la magie. Les ondes de puissance paraissaient même être ressenties par ceux rassemblés dans la grande salle. Tous les membres du Cercle le regardèrent d'un air inquiet , voyant le corps paraissant prêt à se dissoudre en particules lumineuses l'espace d'un instant.
« Il est temps de partir. Autrement, je risquerais d'abîmer son enveloppe. Vous pouvez nous accompagner jusqu'au Portail... »
Et instantanément, ils se retrouvèrent dans la Chambre de la Mort, face au voile. Hermione ne demanda même pas comment ils avaient fait pour transplaner ici : cet être était bien plus puissant que n'importe quel sorcier. Les lois humaines ne s'appliquaient pas.
« Je vous laisse lui parler encore un peu. Mais ne le retenez pas trop longtemps. Un tel pouvoir ne peut pas être contenu par un humain plus de quelques minutes avant que le corps ne s'effondre sur lui même. D'autres personnes l'attendent chez lui. »
Le regard inhumain quitta les traits de Edward, laissant la place à des traits épuisés, un sourire soulagé et des yeux joyeux.
« Merci encore, les amis… Ces trois années étaient sympas... »
« Je ne sais vraiment pas comment on va faire sans toi... » Murmura Ron en lui tapotant l'épaule, hésitant, au départ, comme s'il risquait d'être brûlé par le pouvoir en Ed.
« Vous continuerez d'avancer, de progresser, de grandir... »
« En ce qui concerne grandir, c'est surtout valable pour toi... » Plaisanta Ginny en s'essuyant les yeux.
« Idiots… Ne me faites pas perdre mon calme ou je pourrais faire exploser les lieux par accident... » Répliqua Edward avec un faible sourire.
« Pourquoi les autres doivent ils t'oublier ? Ce n'est pas juste : Nous n'y serions jamais arrivé sans toi ! »
« Bien sûr que si. Différemment, sans doute, pas avec autant de classe, ça c'est certain, mais vous aviez déjà en vous les germes qui vous auraient permis de vaincre Voldemort. Vous aviez le courage, la détermination, l'altruisme, la sagesse… Toutes ces qualités en vous. Vous seriez différents, mais pas tant que cela. Et pour le reste, nous grandissons de nos rencontres : ce sont les liens que nous forgeons qui nous permettent de devenir les personnes que vous êtes maintenant. »
« Est ce que tu crois vraiment que nous allons pouvoir réussir à faire changer ce monde ? Comme tu me l'as dit à King's Cross ? »
« Bien sûr. Il faudra du travail, de la sagesse, du courage et de l'ambition… »
« Nous avons tout cela à Poudlard. » Compléta Hermione en reniflant.
« C'est ça. J'ai déjà changé ce monde en venant ici… mais à présent, c'est à vous de poursuivre sur cette lancée. De transmuter cette société, de la rendre meilleure. »
Un frisson le parcourût et il murmura :
« C'est l'heure. Je dois retourner chez moi. »
« Ed ? »
Edward s'immobilisa avant de se retourner :
« Si jamais...tu as l'occasion de revenir nous voir, alors, n'hésite pas : Nous serons toujours heureux de te retrouver. Tu es un membre du Cercle et un cercle brisé...et bien ce n'est plus un cercle. » Dît Harry.
« Je ferais de mon mieux. Au revoir, les amis. »
Et il passa le voile, laissant ses amis seuls.
Il y eût beaucoup de larmes. Mais ce fût Luna qui redonna espoir à tous en disant :
« Il ne nous a pas dit adieu. »
Et voilà, qu'en pensez vous ? Triomphe, sagesse, tristesse, amertume. Non, Edward ne sera pas celui dont on se souviendra. Il n'appartenait pas à ce monde, en revanche, il avait sa place dans le coeur de ses amis. Un cercle brisé ne sert à rien en alchimie.
C'était le dernier chapitre avant l'épilogue. Ce dernier sera posté très prochainement vu que nous endurons un confinement.
Comme d'habitude, si vous souhaitez poser des questions, poster un simple remerciement, commenter sous forme d'un pavé, flatter mon égo démesuré, n'hésitez surtout pas ! Si vous désirez critiquer ce chapitre, me torturer pour ce chapitre que vous jugeriez insatisfaisant, me menacer parce qu'on n'a pas assez vu Edward... Vous pouvez aussi. Je vous répondrais, avec Argumentation (Argumentation étant le doux nom que je donne à la bombe atomique que j'ai volée et planquée sous mon lit soit dit en passant...)
Bon Dimanche de Pâques, bon courage pour le confinement !
