Hellow ! Voici donc la suite de ce petit Crossover Haryy Potter x Casse-Noisette ! J'espère que ça vous plaira ^^ Bonne lecture !
Merci a Tori Aoshiro ma Beta que j'aime et j'adore :3 Je sais pas ce que je ferais sans toi T^T
HARRY NUTCRACKER ET LE PAYS DES JOUETS
Acte 2 : Une question de taille
Pour beaucoup de personnes, Noël est une fête magique où les rêves deviennent réalité. Les familles se réunissent pour partager ensemble et le père Noël vient offrir des cadeaux aux plus jeunes.
Du haut de ses vingt ans, Drago, fils du Duc de Malfoy, avait depuis longtemps arrêté de croire en ces balivernes. La magie n'existait pas, tout comme il était idiot de penser qu'un vieil homme en surpoids pouvait s'introduire dans nos maisons pour y déposer des cadeaux.
Alors que la fête du Comte Parkinson tournait au vinaigre, notre cher Drago roupillait gentiment sur le canapé d'un salon privé. Toujours aussi élégant dans son costume vert et argent, il avait l'air d'un prince endormi que seul un baiser enchanté pourrait réveiller.
Heureusement pour lui, personne n'était assez fou pour troubler son sommeil et notre prince caractériel put rester quelques minutes de plus dans les bras de Morphée.
Tant mieux, car s'il avait ouvert les yeux, l'héritier Malfoy n'aurait sûrement pas apprécié ce qui se passait à ses pieds.
Silencieuses comme la nuit, de petites ombres s'agitaient sur le tapis du salon privé. Trapus et répugnants, des rats avaient envahi la salle !
Ils avaient un poil gris pourtant très propre par rapport aux bêtes des égouts classiques, mais le plus extraordinaire, c'était leurs vêtements, car oui, vous avez bien lu, les rats étaient habillés ! Vêtus de véritables armures minuscules, d'un métal noble et brillant qui faisait à peine de légers bruits de tintement. Les bêtes intelligentes venaient de se déployer dans la salle et en quadrillaient chaque centimètre carré. Ils devaient être une dizaine.
Certains repérèrent l'humain endormi sur le canapé et firent signe aux autres de redoubler de prudence.
Mais ce qu'ils ignoraient, c'était que Drago était bien loin du sommeil tranquille qu'il imitait. En vérité, tous ses sens étaient en alerte et il faisait des efforts surhumains pour ne pas hurler.
Si cela avait été n'importe quels rats, Drago serait sorti en vitesse de la pièce et aurait crié à un autre scandale, mais la situation était différente.
Les rats marchaient, communiquaient et s'habillaient comme des humains ! Impossible, stupide, du grand n'importe quoi. Drago devait rêver... Ou être fou.
Plus l'héritier Malfoy essayait de revenir à la réalité, et plus il commençait à comprendre que les rats étaient vraiment là. Dieu... Il était vraiment fou !
Il s'efforçait de se rendormir. Tout plutôt qu'avouer que des rats soldats venaient de faire une descente dans le salon des Parkinson.
Impossible de se rendormir... Tout cela semblait si réel... Non. Impossible. Et puis qu'est-ce que ces choses faisaient là ? Par où étaient-elles entrées ? Le manoir des Parkinson était donc assez miteux pour laisser entrer des rats en plus de la mystérieuse marionnette ?
En parlant de la marionnette, Drago vit du coin de l'œil ladite sculpture en bois là où il l'avait jetée plus tôt. À quelques centimètres de sa main. Étrange... Elle semblait différente de tout à l'heure.
Coupant court à son observation, un rat leva alors la tête dans sa direction. Drago ferma un peu plus ses paupières de sorte à ne garder qu'un minuscule interstice lui permettant de voir ledit rat se rapprocher un peu trop à son goût.
Oh non...
Le rat commença à grimper sur le bord du canapé. Drago senti un horrible frisson lui traverser l'échine. Doucement, il bougea sa main vers la poupée dans l'optique de la jeter sur le rat s'il faisait encore un pas dans sa direction. Mais alors que ses yeux étaient fixés sur la créature, ses doigts se refermèrent sur le vide. Baissant instinctivement le regard, Drago vit que la marionnette avait disparu.
Comment ? Elle était là il n'y a même pas deux minutes !
Le rat arriva en haut du canapé et commença à observer les environs à la recherche de quelque chose. Soudain, sortant d'un des coussins précieux, une forme floue d'un rouge éclatant fonça sur la bête !
Trop vite pour que Drago puisse comprendre ce qui se passait, la tête du rat se détacha de son armure et roula sur le fauteuil.
— Là-haut ! cria l'un des rats soldats depuis l'autre bout de la pièce.
Si Drago n'était pas assez choqué par ce qui venait de se passer sous ses yeux, il aurait sûrement halluciné de voir que ces animaux savaient aussi parler comme des humains. Devant lui, à quelques centimètres de sa main, se tenait la poupée de bois. Debout, fièrement, sur ses jambes articulées, elle dévisageait les soldats en évaluant la situation. Drago dut résister à l'envie de tendre le bras pour la toucher, comme si ce simple geste aurait fait disparaître toute trace de magie de l'objet. Étrangement, il n'avait plus peur. Seule la curiosité avait remplacé le sentiment de dégoût provoqué par les rats.
En parlant des rats, ces derniers s'étaient tous rassemblés pour entourer le canapé. Certains commençaient même à l'escalader ! La poupée serra sa main autour d'une épée en acier que Drago n'avait même pas remarqué avant et sauta dans le vide. Il atterrit sur le rat le plus proche du sommet du fauteuil et lui planta la pointe de l'arme dans le crâne. On entendit un couinement et ils tombèrent tous les deux au sol, le soldat de bois profitant du corps de l'animal pour amortir sa chute.
Sans demander son reste, la marionnette s'élança dans un coin de la pièce. Il devait fuir, et vite.
Derrière l'une des nombreuses tables en bois poli, il trouva un petit trou dans le mur de la pièce, juste à côté d'une immense cheminée décorée de guirlandes festives. Sûrement le passage qu'avaient utilisé les rats pour venir.
Esquivant le rat soldat en face de lui, il s'élança vers sa seule chance de survie.
— Tiens, tiens, tiens. Qu'avons-nous là.
Se figeant à l'entente de la voix insupportable, la marionnette vit sortir deux autres rats soldats du trou, ainsi qu'une humaine de la taille d'un crapaud, vêtue d'un long manteau rose bonbon.
— Ombrage... marmonna la marionnette en faisant un pas en arrière.
— Reine Ombrage, je te prie ! le corrigea la femme à taille de crapaud. Tu ne vas pas oublier mon titre n'est-ce pas, mon cher Casse-Noisette ?
Son sourire se fit extrêmement mauvais et elle leva une main devant elle. Entre ses doigts potelés se trouvait un morceau de bois fin, rehaussé de petites boules décoratives. Le dénommé Casse-Noisette palit à la vue de cette baguette et il continua de reculer. Mais c'était sans compter sur les soldats qui se rassemblaient dans son dos.
Il était fait.
— Aaaaaaaaaaaaaaaaah !
Le cri les fit tous sursauter ! Sous leurs yeux ébahis, une forme monstrueusement grande se leva du canapé en hurlant de toutes ses forces et en projetant le malencontreux soldat qui avait osé s'approcher trop près à travers la pièce.
Il y eut un silence. Tous observaient l'humain devant eux, parfaitement réveillé et qui s'efforçait d'essuyer sa main contre sa veste comme s'il avait été souillé.
Se rendant bien vite compte qu'il était le centre de l'attention, Drago se redressa et lança un regard méprisant aux mini-êtres.
Plusieurs d'entre eux prirent peur face à ce géant et son regard glacial. C'était comme si tout son être les surplombait et les écrasait.
— Qu'est-ce que des créatures comme vous font dans cette baraque ? commença Drago avec toute l'assurance qu'il était possible d'avoir.
En vérité, il était complètement pétrifié par ce qu'il voyait. Ces choses ne pouvaient exister et pourtant, c'était devant lui. Cauchemardait-il ? Dans ce cas, pourquoi cela semblait-il si réel ? Était-il vraiment en train de menacer des rats ?
Le rat soldat qui avait été projeté contre un mur gisait sur le sol sans le moindre signe de vie. Les yeux de la femme en rose s'étrécirent à cette vue puis se reposèrent sur l'humain blond.
Ils se regardèrent intensément, cherchant l'un comme l'autre à faire baisser les yeux de son adversaire. Cela partait en baston de regard dont seule leur fierté pourrait pâtir.
Appréciant très peu de voir un gamin de presque un mètre soixante de plus qu'elle lui tenir tête, la dénommée Ombrage leva son étrange baguette devant elle avec un sourire menaçant.
— Je n'apprécie pas que l'on se mette en travers de mon chemin, jeune impoli... commença-t-elle.
— T'as pas entendu ce que j'ai dit le truc ? Retournez d'où vous venez ! la coupa Drago avec un dégoût notoire.
— Comment oses-tu...
— Du balai ! continua le blond. Allez, hop...
Liant le geste à la parole, il fit des signes de la main comme s'il chassait des parasites particulièrement indésirables. La marionnette et les rats l'observaient faire comme s'il était fou. Personne n'osait intervenir dans cet échange.
La vieille femme commença à virer à un teint plus que rouge et la marionnette de bois comprit que l'humain était allé trop loin. Il voulut lui faire un signe, lui dire de se taire et de fuir, mais c'était déjà trop tard.
La reine Ombrage leva son morceau de bois au-dessus de sa tête et s'écria d'une voix suraiguë :
— Je vais t'apprendre le respect avorton !
Les yeux gris de l'héritier Malfoy s'écarquillèrent lorsqu'il vit le morceau de bois briller d'une lueur verte menaçante. Sans qu'il ait aucune chance de l'éviter, un faisceau de cette même lumière partit vers lui et le percuta en plein ventre !
La douleur lui coupa le souffle et Drago sentit ses jambes céder sous son poids. Portant ses mains là où il avait été touché, Drago s'aperçut qu'il ne saignait pas. Ses vêtements étaient intacts comme si rien n'était arrivé. Pourtant, il n'avait pas rêvé la douleur, alors comment...
Les yeux gris s'écarquillèrent au point qu'ils auraient pu sortir de leurs orbites.
Devant lui, se dressait la femme à l'allure de crapaud qui l'avait attaqué. Elle lui souriait comme s'il était une mouche particulièrement appétissante. Comment... Cette femme ne faisait même pas dix centimètres l'instant d'avant !
Mais la réponse à ses interrogations s'imposa dans l'esprit de Drago comme une évidence. Aux côtés de la femme, se trouvaient les rats soldats. Grands, bien trop grands pour être normaux, et derrière eux, Drago voyait la cheminée... Elle était gigantesque !
— Et voilà, siffla la femme en rose. Maintenant, tu fais moins le fier à notre échelle.
— Qu'est-ce que... Qu'est-ce que vous m'avez fait ?! s'écria Drago en essayant de se relever.
Sa tête lui tournait, il avait envie de vomir. Non... C'était impossible, il était en train de rêver... C'était un cauchemar !
Ses oreilles bourdonnaient tellement qu'il n'entendit pas ce que la femme en rose ordonna à ses rats, pas plus qu'il ne remarqua ces derniers s'approcher de lui, épées levées.
Profitant de la distraction, la marionnette de bois abattit son épée sur le rat le plus proche et se servit de son déséquilibre pour le faire tomber sur un autre soldat.
Sans demander son reste, il courut vers Drago et l'attrapa par le bras, le forçant à se lever et à le suivre dans sa fuite.
L'hériter Malfoy se laissa faire, encore trop sous le choc de ce qui venait de se passer pour penser normalement. Ombrage poussa un cri de rage et un autre faisceau lumineux jaillit dans leur direction. Il frôla la joue de Drago et défit quelques-unes de ses mèches parfaites. Cela eut pour effet de complètement réveiller le blond. Lui qui ne faisait que se laisser traîner accéléra le pas et doubla la marionnette, la forçant à lâcher son bras. Ils arrivèrent devant l'immense cheminée de marbre dont les guirlandes de végétation semblaient leur tendre les bras.
Sans même se concerter, Drago et la Marionnette sautèrent dans les branches de houx et grimpèrent comme si leur vie en dépendait (ce qui était le cas).
Les feuilles furent leurs meilleures alliées, elles les dissimulaient des sorts du crapaud et leur permettaient de progresser sans trop de difficulté. Drago râla quand sa veste se déchira sur la pointe d'une branche trop pointue à son goût, mais ne s'arrêta pas pour autant.
Les rats soldats les suivaient de prés, et malheureusement pour notre héros, les rongeurs étaient naturellement plus doués pour escalader. Ils allaient les rattraper.
Alors que Drago s'autorisait un regard vers l'arrière, ses yeux croisèrent ceux de la poupée. Ils brillaient. Cette révélation faillit presque faire perdre mains au blond. Depuis quand ses yeux étaient aussi... Vivants ? Vraiment... Rien n'était normal depuis que ces rats étaient apparus.
La marionnette soutint le regard du blond pendant à peine quelques dixièmes de seconde avant que son visage ne s'éclaire. La fente de bois articulée qui lui servait de bouche sembla se tordre vers le haut comme s'il souriait. Puis, il disparut. Drago le vit lâcher la branche de houx et s'enfoncer à travers les feuilles.
Qu'est-ce que... Quoi ?
Pourquoi avait-il lâché ? Les rats l'avaient-ils attrapé ? Drago entendit alors des cris d'agonie plus bas et sans savoir comment, il devina qu'il s'agissait des rats. La marionnette s'était laissée tomber comme plus tôt du canapé pour leur faire subir une attaque d'en haut. C'était intelligent... Une stratégie infaillible mais aussi dangereuse.
Après quelques secondes de plus, Drago arriva au sommet de la cheminée et s'autorisa un regard vers le sol.
Outre le début de vertige qui lui prit, il repéra bien vite l'attroupement de rats autour de la marionnette. Ils n'étaient plus très nombreux, cinq exactement. Plus la femme en rose un peu plus loin.
La marionnette avait trouvé refuge derrière une sorte de corbeille à papier fragile. Il ne tiendrait pas longtemps. Voilà ce qui arrivait quand on jouait les héros.
Ombrage fulminait et jubilait en même temps. Ce satané Casse-Noisette était fait comme un rat (lol) mais pourtant, il continuait de lui résister ! Ses soldats avaient connu plus de pertes qu'elle ne l'avait cru... Peut-être aurait-elle du confier cette tâche à son chef de garde plutôt que d'y aller elle-même. Un cri amusant retentit de derrière la corbeille à papier et accentua le sourire de la femme. Le Casse-Noisette était blessé. Il serait bientôt transformé en petit-bois qu'elle pourrait jeter dans cette immense cheminé.
En parlant de la cheminée...
— Hey ! Tête de Bois ! Couche-toi !
Le cri fit lever la tête aux soldats juste à temps pour voir une monstrueuse ombre leur foncer dessus !
Un chandelier en argent massif tomba de la cheminée, entraînant avec lui la lourde guirlande de houx. Personne n'eut le temps de réagir, la décoration les heurta de plein fouet.
Les rats, partiellement protégés par leurs armures, s'en sortirent plutôt bien, mais deux d'entre eux gisaient sous le chandelier, morts.
Parmi les rescapés, l'un repéra sa reine. Assommée, du sang coulant de sa tête granuleuse, elle était immobile.
Il ne fallut pas longtemps aux trois rats restant pour sonner la retraite. Ils récupérèrent leur reine ainsi que la baguette de bois et s'enfuirent sans demander leur reste par le trou dans le mur.
Le silence se fit sur la pièce.
Drago se laissa glisser jusqu'au sol grâce aux restes de la guirlande. Une fois sur ses pieds, il regarda le fruit de son ingéniosité. Il avait fait fuir les rats la queue entre les jambes et avec un peu de chance, avait tué l'horrible femme rose.
Plutôt fier de son exploit, il entreprit de d'enlever la poussière de son sublime costume. La manche de son veston était déchirée. Il la retira pour ne plus garder que son gilet et sa chemise. Remettant sa cravate en place, il entendit alors du mouvement dans son dos.
Craignant que l'un des rats soldats ne soit pas complètement mort et revienne à l'attaque, Drago sursauta et fit volteface.
Mais heureusement, il s'agissait juste de la marionnette qui sortit de derrière la corbeille renversée.
Drago entreprit de calmer un peu son cœur. Lui ? Avoir eu peur ? Jamais !
L'héritier Malfoy profita du silence pour observer plus en détail la poupée. Maintenant qu'ils faisaient la même taille, Drago remarquait chaque petite chose la concernant. Ses vêtements n'étaient plus en bois, ils étaient en fait en tissu robuste comme il sied à un uniforme militaire. Le rouge vermeil brillait presque et faisait ressortir les coutures d'or fine. Cette veste n'avait rien d'un simple uniforme, Drago en aurait mis sa main de noble à couper. C'était une tenue de cérémonie. De même que l'épée que la marionnette avait raccrochée à sa ceinture. Même de loin, il pouvait dire que l'objet avait été forgé avec une rare finesse. Plus pour éblouir que pour combattre.
Le regard de Drago s'attarda sur le visage du jouet de bois. C'était tellement étrange à voir... Comme si l'homme portait un masque. Le bois de sa peau ressemblait à du pin, comme s'il était légèrement bronzé alors que ses cheveux noirs semblaient réels, en bataille sur son crâne comme s'ils n'avaient jamais connu de peigne. Drago grimaça face à ce détail et passa une main dans ses propres cheveux par habitude afin de les arranger. Jamais il ne pourrait laisser sa splendide chevelure dans un pareil état.
Mais alors qu'il allait s'avancer vers l'homme de bois, Drago vit ce dernier se laisser tomber sur le sol où son bras droit se laissa choir, totalement inerte. Avant que l'hériter ait pu poser la moindre question, la marionnette attrapa son épaule de sa main valide... Et arracha son bras !
Enfin non... pas exactement, il se contenta de le retirer de l'articulation avec un visage aussi neutre qu'un mort et le retourna pour le remettre dans le bon sens. Drago entendit un craquement bien trop semblable à celui d'un os pour son bien et ne put empêcher une horrible grimace de s'emparer de son merveilleux visage.
— Quelle horreur !
Son cri fusa sans qu'il puisse le retenir et attira l'attention de la marionnette sur lui. Ce dernier ne cacha pas sa surprise, comme s'il avait oublié la présence du blond, puis se redressa sur ses jambes.
— C'est moins terrible que ce qu'on croit... Je n'ai rien senti.
— C'est commun aux monstres articulés de faire flipper les gens ? continua Drago avec mauvaise humeur.
— Euh...
De toute évidence, la marionnette ne s'attendait pas à se faire ainsi insulter. Il fronça ses sourcils de bois et répondit avec irritation.
— D'abord, je ne suis pas un monstre.
— Question de point de vue, lui répondit le blond du tac au tac.
— Qu...
— Tu es une marionnette qui parle et qui bouge. À part un monstre d'histoire d'horreur qu'est-ce que tu peux bien être ?
— Je... Mais je ne suis pas une marionnette !
Là, Drago releva un sourcil l'air de se foutre de la gueule de l'homme en bois. Ce dernier dut faire un effort surhumain pour ne pas lui planter son épée entre les deux yeux. Ils ne se connaissaient que depuis quelques minutes et il n'aimait déjà pas ce type.
— J'ai été maudit... expliqua le soldat de bois. Par la même personne qui t'a donné cette taille.
— Maudit ? Par cette femme ? Qu'est-ce qu'elle m'a fait exactement ?
Ah ? Maintenant le blond semblait bien plus intéressé par ce qu'on lui disait.
— Elle t'a jeté un sort, expliqua la marionnette. Avec la baguette de Merlin.
Drago resta un moment silencieux. Il était sérieux ce mec ? Un sort ? Genre de la magie ? Merlin ? Une baguette magique ?! C'était impossible ! La magie n'existait pas !
Le blond regarda une nouvelle fois autour de lui. Il faisait environ dix centimètres de haut et discutait avec une poupée de bois à côté de cadavres de rats soldats en armure...
— Ok... Mettons que la magie existe, commença-t-il en se frottant les yeux pour éloigner le mal de crane qui commençait à percer. Comment je redeviens grand ? Il doit bien y avoir un moyen ?
Si tu me dis non, je t'arrache les deux émeraudes qui te servent d'yeux.
La marionnette resta un moment silencieuse avant de pousser un soupir.
— Tu te doutes bien que si j'avais le moyen de conjurer le sort, je l'aurais fait depuis longtemps...
Se faisant, il pointa son propre corps de bois. Drago l'observa à nouveau.
— Mmm... Certes... Alors quoi, il faut aller voler la baguette de cette bonne femme ?
— La voler ? Tu es fou ! Elle ne te laissera jamais approcher !
— Je ne vais pas rester minuscule toute ma vie ! s'écria Drago que toute cette histoire commençait à rendre barge. Tu sais qui je suis ? Je suis Drago Malfoy ! Héritier du Duc de Malfoy ! Diplômé de l'école de Poudlard et...
— Et fiancé à la jeune fille à qui j'ai été offert...
La marionnette laissa échapper un sourire en coin suite à sa phrase, confirmant qu'il était conscient durant la dispute de Drago avec son père. Le blond lui lança un regard de pure haine qui lui fit froid dans le dos même s'il n'en montra rien.
— Pas si je peux l'en empêcher...
Drago fulminait maintenant tellement qu'une véritable aura noir émanait de lui. Et comme l'homme de bois avait un minimum d'instinct de survie, il préféra changer de sujet.
— À vrai dire... J'ai bien une solution à notre problème... Enfin...
— Ah ?
Ouh là... Mieux valait se dépêcher de donner des réponses au blond s'il ne voulait pas finir en petit-bois...
— J'ai un ami... enfin... plutôt un allié... Quoi que je ne suis même pas sûr de connaître ses vraies intentions...
— Hum hum...
L'aura de Drago aurait pu tuer n'importe qui de peur, et le fait qu'il asseye de la contenir avec un regard glacial n'aidait pas les choses.
— Unhommem'aditqueMerlinpourraitromprelesort, lâcha la marionnette d'une traite.
— Merlin ? C'est pas sa baguette que l'autre crapaud utilisait ?
— Crapaud ? Oh... Euh oui, c'est sa baguette. En fait, Merlin était un puissant sorcier vivant au royaume des sucreries, il y a des années, qui aurait disparu du jour au lendemain en ne laissant que sa baguette magique. Pendant longtemps sa baguette était gardée dans le coffre-fort de la famille royale, mais après le coup d'état d'Ombrage...
— Attends quoi ? Royaume des sucreries ? Coup d'état ? Mais de quoi tu parles ?!
Durant les minutes qui suivirent, la marionnette tenta d'expliquer le monde d'où il venait à Drago. C'était un monde nommé le Royaume des sucreries, gouverné par un roi et une reine pacifistes. Il y a une vingtaine d'année, le roi et la reine avaient été tués. Le pouvoir avait été donné à un proche de la famille, mais il y a deux ans, un coup d'état mené par Ombrage, la femme en robe rose, lui avait permis de prendre le pouvoir. Elle avait alors volé la baguette de Merlin et faisait subir un véritable enfer au peuple du Royaume des sucreries.
Drago écouta tout ça en essayant de ne pas mourir de rire chaque fois que la marionnette prononçait le mot "sucrerie". Non mais vraiment, quelle blague !
— Et donc... Tu as été transformé en marionnette par cette Ombrage puis enfermé dans son donjon, répéta Drago. Et un homme que tu n'avais jamais vu avant t'a fait sortir et t'a dit de trouver Merlin...
— C'est ça. Cet homme, Dumbledore quelque chose m'a dit que seul Merlin pourrait récupérer sa baguette et ramener la paix sur le royaume.
— Et on peut savoir pourquoi tu as fini dans les cadeaux de Pansy ?
— C'est... Dumbledore qui m'a fait venir jusqu'ici... Il m'a mis dans un cadeau et m'a dit d'attendre le moment opportun.
— ...
Drago se passa la main sur le visage.
— Tu es en train de me dire qu'un parfait étranger complètement fou t'a dit de partir à la recherche de la fée clochette puis t'a foutu dans une boite et que toi, tu as suivi chacune de ses demandes ?! Comme ça, sans te poser la moindre question ?
— Écoute, je t'accorde le fait que ce vieillard était étrange et n'avait plus toute sa tête, mais il a raison sur un point : seul Merlin peu briser le sort.
— Mais tu m'a dis que ce mec existait il y a mille ans ! À l'heure qu'il est, il est sûrement mort et enterré !
— Dans ce cas, il faudrait trouver sa tombe... Ou sa dernière demeure. Peut-être qu'il possédait un artefact comme sa baguette qui pourrait nous aider contre Ombrage.
— Minute Pinocchio, déjà il n'y a pas de "on" ou de "nous". Moi, je veux juste retrouver ma taille. Votre petite guéguerre ne m'intéresse pas.
— Le résultat est le même. On doit trouver la dernière demeure de Merlin.
— Et t'as une petite idée d'où chercher ? Parce que je suis presque sûr que ce n'est pas ici. Ce manoir a été construit il y a tout juste trente ans.
La marionnette sembla réfléchir. Il passa une main dans ses cheveux les ébouriffant encore plus avant de répondre d'une voix évasive.
— Je crois... Qu'il vaudrait mieux rentrer au royaume des sucreries. On trouvera bien des informations là-bas.
Drago regarda cette marionnette sans rien dire. L'idée de se rendre dans un monde parallèle au nom aussi ridicule ne l'enchantait guerre, mais il n'avait malheureusement pas le choix. Hors de question de garder cette taille de Lilliputien toute sa vie et de devoir se vêtir avec des vêtements de poupée !
Reportant son attention sur la poupée qui était toujours en train de réfléchir au lieu où il pourrait se renseigner sur Merlin, Drago repassa en boucle sa petite histoire. L'héritier Malfoy était sûr d'une chose, l'homme de bois ne lui avait pas tout dit. Certaines choses à propos de la famille royale de son monde et du coup d'état étaient encore floues. Drago était un maître dans l'art du mensonge et de la tromperie et il savait reconnaître ces derniers. La marionnette lui avait menti, mais à quel sujet ? Impossible de le savoir pour l'instant, Drago n'avait pas assez d'éléments en sa possession pour lui tirer les vers du nez.
— Drago ? C'est bien ça ?
— Et qui t'a permis de me tutoyer ? demanda le blond d'un ton amer.
— On va devoir se rendre dans le Royaume des sucreries, continua la marionnette sans faire attention à sa mauvaise humeur. Tu te sens prêt ? Tu peux toujours rester ici et...
— Et attendre que tu reviennes ? Hors de question. Je préfère que mon père pense que je me suis barré plutôt qu'on me voit dans cet état. Et puis, qu'est-ce qui me garantira que tu reviendras après avoir trouvé ton Merlin ? Non, je viens avec toi.
La marionnette hocha la tête et ouvrit la marche. Ils se dirigèrent vers le trou dans le mur. Celui dont étaient sortis tous les rats.
Drago grimaça à l'idée d'emprunter le même chemin.
— J'espère que je ne vais pas me chopper des puces, tête de bois...
— Et moi des mites...
Ils s'engouffrèrent dans le passage et disparurent dans l'obscurité.
Seul resta un salon silencieux dont les traces de combat fraîches semblèrent s'effacer comme par enchantement...
