Hellow !
Alors oui, en effet, ça fait mille ans que je n'ai plus sorti de chapitres à cette fic XD j'essaye de reprendre toutes mes fic doucement mais sûrement ! Sur ce, je vous laisse, bonne lectuuure !
Réponses aux Reviews :
L'art est inutile : Merci ^^ c'est vrai que ça faisait un moment que cette fic était en pause, j'espère que ce nouveau chapitre te plaira !
HARRY NUTCRACKER ET LE PAYS DES JOUETS
Acte 5 : L'armée révolutionnaire
Drago marchait depuis presque vingt minutes maintenant, en silence, à l'arrière du groupe, évoluant hors des sentiers pour éviter une autre rencontre non-désirée. Les quelques paysans qui avaient décidé de leur montrer le chemin, à savoir la dénommée Hermione et les deux jumeaux roux, étaient un peu plus en avant et discutaient avec la marionnette. Une conversation ennuyeuse sur ce que le garçon de bois avait raté suite à ses quelques mois de cavale.
Et bien que Drago fasse tout pour montrer à quel point il se fichait d'apprendre que tel ou tel village avait été rayé de la carte, il ne pouvait s'empêcher de grimacer en les écoutant d'une oreille distraite.
Grimaces qui n'échappèrent pas à la marionnette. Cette dernière se demanda si l'aristocrate ressentait mine de rien un peu d'empathie pour le sort des habitants de son royaume... ou s'il s'énervait juste de savoir qu'un village portait le doux nom de Baba-au-Rhum.
Soudainement, les jumeaux finirent par se taire en s'arrêtant, un pied en l'air et l'oreille tendue.
Celui de droite leur fit signe de les imiter et tous se mirent en quête de ce qu'ils avaient bien pu entendre.
Drago tendit l'oreille, pas sûr de s'il s'agissait encore d'une de leurs blagues de mauvais goût...
Sur leur gauche, un bruit de bête hennissante se fit entendre. Le groupe eut juste le temps de tourner la tête pour apercevoir plusieurs charrettes passant à travers les arbres au loin. Des charrettes d'or et d'argent comme Drago avait déjà pu en voir dans le garage de son père. Et de part et d'autre du véhicule, des gardes en armures brillantes.
La marionnette attrapa le blond par le bras pour lui faire signe de se baisser, ce que Drago fit sans se prier. Inutile d'être un génie pour comprendre que les personnes sous ces casques étranges devaient être des soldats de la Reine des Rats...
Dissimulé dans les buissons, le groupe observa le convoi passer sans les voir.
— Ils semblent revenir du village d'Entremets... » chuchota Hermione. « Regardez les charrettes. »
En effet, ces dernières étaient pleines à craquer d'objets et de richesses appartenant sans doute aux habitants de ce village...
— Si seulement on était plus nombreux, » rageait Fred en serrant la main de son frère. « On se débarrasserait d'eux une bonne fois pour toute.
— Chut, certains viennent par ici, » les prévint la Marionnette.
En effet, deux soldats venaient de se détacher du convoi et avançaient maintenant entre les arbres.
— Ils nous ont vus ? » chuchota George si doucement que sa voix était à peine plus forte que la brise.
Mais personne n'osa lui répondre, observant ces deux rats s'approcher inexorablement, paralysés à l'idée d'être découverts.
La marionnette porta la main à son arme mais Drago l'en dissuada en posant une main ferme sur son épaule. D'un mouvement de tête, il montra ce qui semblait avoir attiré l'attention des gardes.
Entre eux et les rats, se trouvait une petite rivière avec un rocher plat en son centre où l'eau semblait encore plus claire.
C'est donc avec soulagement que le groupe vit les deux soldats retirer leurs casques et plonger leur immonde tête de rongeur dans l'eau pour se désaltérer. Puis ils repartirent aussi vite qu'ils étaient venus, rattrapant sans peine le convoi qui avançait très doucement pour éviter de casser les objets de valeur amassés.
Criant victoire un peu trop tôt, Fred poussa un long soupir qui effraya un gros lapin qui s'était approché d'eux sans les voir !
Lapin qui sauta sur George, puis tomba sur la tête d'Hermione avant de s'emmêler les pattes dans ses cheveux hirsutes et de se débattre comme un beau diable en faisant danser la samba à tous les buissons alentour !
On avait connu plus discret...
— Oh bordel... COUREZ ! » hurla Drago en se relevant quand plusieurs gardes leurs foncèrent dessus.
S'il y avait bien une chose que Drago détestait, c'était courir... Enfin disons que cela faisait partie de la centaine d'autres choses qu'il détestait et considérait comme indigne de sa position. Les jumeaux sautaient de buissons en buissons comme des cabris et la fille semblait avoir un peu plus de mal à suivre. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire d'une marionnette de bois, cette dernière semblait aussi bien se débrouiller dans cette course d'obstacle improvisée. Mais inutile de se leurrer, les rats étaient plus agiles et rapides. Et bientôt, ils seraient sur eux.
Drago réfléchissait à toute vitesse dans sa fuite. Se séparer ? Les rats étaient trop nombreux, ils n'auraient aucun mal à tous les poursuivre. Grimper dans les arbres ? Les troncs semblaient trop lisses et les branches les plus basses trop fragiles ou trop hautes pour tenter l'escalade. Les affronter ? Le seul d'entre eux à être armé était la marionnette...
Marionnette qui se retourna un instant dans sa course. Son regard émeraude croisa celui argenté de Drago et le blond sentit ses veines se geler en comprenant parfaitement le courant de pensée de l'autre tête de bois.
Avant même que la marionnette ne commence à ralentir l'allure, Drago vint à ses côtés et lui attrapa le bras d'une main ferme.
— N'y pense même pas ! Ils vont te transformer en petit bois !
Et bien qu'étonnée, la marionnette abandonna son idée de se sacrifier pour leur laisser plus de temps et continua sa course tandis que Drago se torturait les méninges pour trouver une échappatoire.
Ce fut alors qu'un bruit siffla juste à côté de son oreille. Pris de panique, il regarda derrière lui, il était pourtant sûr que les rats n'avaient ni arcs ni d'arbalètes ! Et il n'avait pas non plus vu de pistolets...
Mais alors qu'il pensait que les rats leur tiraient dessus, il vit l'inverse. Trois de leurs assaillants disparaissaient derrière un buisson, et deux autres s'étaient arrêtés pour retirer de longues flèches solides des failles de leurs armures.
Drago vit alors une nouvelle salve de flèches mortelles s'abattre sur les soldats depuis la cime des arbres. Voulant lever les yeux vers l'épaisse voûte de feuilles, il ne fit pas attention et trébucha sur un rocher.
Lâchant le bras de la marionnette dans sa chute, il sentit les branches et racines lui fouetter le visage. Puis, relevant la tête pour se remettre et repartir, ses yeux croisèrent ceux injectés de sang d'un soldat rat, son épée sortie, brandie au-dessus de sa tête.
Un cri fusa à travers les arbres et la marionnette plongea sur le rat en le transperçant de sa lame. L'animal eut le temps de pousser un cri de douleur avant d'essayer de se dégager en griffant le bois de toutes ses forces avant de s'effondrer.
Drago, les jambes coupées après sa course et ses poumons criant à l'aide, eut tout juste le temps de voir la marionnette se laisser tomber sur le sol près de lui avant que les derniers cris des soldats rats ne retentissent dans la forêt.
— ... Hey...
L'un des jumeaux s'approcha d'eux, attirant leur attention entre deux respirations frénétiques.
— Hey... Vous êtes en vie ?...
Drago hocha la tête, la gorge en feu et les poumons souffrant le martyr. À ses côtés la marionnette semblait aussi avoir du mal à reprendre son souffle.
Tombant soudain sur leur gauche, les faisant sursauter, une épaisse échelle de lianes se déroula depuis la cime des arbres, sa base perdue dans la mer de feuilles.
— Bon... » commença le deuxième jumeau en récupérant une de ses flèches tombées du ciel. « Je crois qu'on a trouvé la résistance.
— C'est plutôt eux qui nous ont trouvés, » le reprit Hermione en attrapant l'échelle et commençant à grimper.
Les jumeaux sourirent et entreprirent de grimper à sa suite.
— Maman va nous tuer...
Et par Merlin, comme ils avaient raison. Drago ne connaissait pas cette femme rousse avec son arbalète et ses vêtements colorés tricotés main mais il était sûr que ses éclats de voix pourraient déraciner des arbres. Ou ameuter toute l'armée de la Reine des rats en deux secondes. Mais personne ne semblait assez fou pour lui demander de se calmer ou d'engueuler ses fils un peu moins fort.
Et si Drago se glorifiait de connaître beaucoup de gros mots et d'être très inventif dans ses insultes, il se surprit à noter quelques-une des menaces que prononça cette femme.
Enfin, la mère de famille finit par se calmer en apercevant Hermione, et bientôt toute l'armée révolutionnaire qu'ils avaient trouvée cachée dans les arbres put retirer leurs cache-oreilles.
Drago était assez impressionné par ce qu'ils avaient trouvé en haut de l'échelle. C'était là un véritable village suspendu aux branches, dissimulés à la vue de tous. Les révolutionnaires, qui se désignaient eux-même comme "l'Ordre du Phœnix" en rapport aux armoiries de l'ancienne famille royale, étaient un simple attroupement de villageois à qui on avait vite fait appris le maniement d'une épée ou d'un arc... Pas une vraie armée donc, mais cela restait mieux que rien.
— Tiens, tiens, tiens... Qu'est-ce que c'est que ça ?
La voix rauque et guttural appartenait à un homme aux visage marqué de centaines de cicatrices, laid à faire peur. Un œil mort et une jambe de bois, se servant d'une canne en métal pour marcher jusqu'à eux, celui qui semblait être le chef des révolutionnaires les pointa du doigts.
— Un espion et un pantin de bois ? Encore un mauvais tour de cette Reine des rats.
— Qui est-ce que vous traitez d'espion ? » demanda Drago avec mauvaise humeur.
— Le petit blanc bec en satin que j'ai devant moi.
La voix de l'homme sonnait comme une menace et la marionnette se plaça entre lui et Drago.
— Nous ne sommes pas des espions mais des alliés !
— Mais bien sûr, » grogna l'homme en tordant sa bouche dans ce qui semblait être un sourire douloureux.
— Ils ont été maudits par la Reine de Rats, Commandant Maugrey, » expliqua Hermione d'une voix ferme. « Nous les avons amenés pour qu'ils trouvent de l'aide.
— Ah ! » lui répondit l'homme. « C'est ce qu'ils vous ont dit et vous les avez crus !
— Qu'est-ce qu'il se passe ?
Un autre homme, le visage fatigué et parsemé de trois petites cicatrices semblables à des griffures arriva derrière le Commandant. Lorsque son regard se posa sur Drago et la marionnette, ses yeux s'écarquillèrent. Le blond fronça les sourcils, ce n'était pas la première personne à avoir ce genre de regard à leur encontre... Poussé par une intuition, il jeta un coup d'œil à son compagnon d'infortune.
La lueur qui passa dans les yeux émeraude confirma les doutes de l'aristocrate. Cela plus le fait que l'homme du nom de Remus Lupin se porta immédiatement garant d'eux, à la grande surprise du Commandant.
Ce dernier finit par accepter de les emmener discuter dans son bureau, à l'abri des regards interrogateurs du reste de l'Ordre.
Drago s'assit sur une chaise à côté de la marionnette et écouta en silence ce dernier expliquer leur situation et pourquoi ils avaient besoin de leur aide.
— Mmm... » râla le Commandant. « Je veux bien concevoir que tu as été maudit, mais et pour lui ? » demanda-t-il en jetant un regard vers Drago.
— J'ai un nom, » se vexa le blond. « Je m'appelle Drago Malfoy, Héritier du Duc de Malfoy.
— Jamais entendu parler... » marmonna Maugrey.
— C'est... » commença la marionnette d'une voix hésitante.
Il posa son regard sur Drago, cherchant dans le regard du noble la réponse à sa question muette.
— Drago... est humain.
Il y eut un moment de flottement dans la salle. Le commandant Maugrey tout comme son bras droit Lupin restèrent sans voix un instant. Puis, pris de curiosité, les questions fusèrent.
Comment ? Pourquoi ? Qui ? Quelle folie avait pris Ombrage pour qu'elle se rende dans le monde des humains ? Et surtout... Comment avait-elle fait pour s'y rendre ?
— Elle a dû me suivre... » supposa la marionnette pour essayer d'endiguer le flot de questions. « Prendre le même portail magique que moi.
— Un portail magique pour le monde des humains ? » S'écria Lupin. « Mais... Comment...
— Des portails magiques maintenant... de mieux en mieux, » soupira Drago en croisant ses bras sur son torse.
La marionnette entreprit de raconter plus en détails comment un homme mystérieux était un jour apparu dans sa cellule pour y ouvrir un passage magique qui l'amena jusqu'au monde des humains... Et tandis que Drago râlait dans son coin que si ce mystérieux personnage était capable de faire tout ça, la marionnette aurait pu lui demander de s'occuper d'Ombrage directement plutôt que de l'envoyer dans une quête stupide qui avait chamboulé son propre quotidien, le Commandant et son bras droit commençaient à accepter le fait que la marionnette leur racontait la vérité.
Puis, vint le moment où ils leur demandèrent des informations sur Merlin. Le commandant leur avoua qu'ils faisaient eux aussi des recherches, mais plutôt tournées sur les points faibles de la baguette qu'utilisait Ombrage. Mais malheureusement pour eux, ils n'avaient encore abouti à rien d'utile...
— Cette baguette était trop puissante pour être utilisée par quelqu'un d'autre que Merlin... Pas étonnant que feu le Roi et la Reine du royaume l'aient gardée scellée avec le trésor royal, » expliquait Lupin. « Et pour avoir travaillé au palais fut un temps, je sais de source sûre qu'il n'existe pas d'autre artefact de Merlin là-bas.
— Vous avez travaillé au palais ? » demanda Drago, soudain intéressé.
— Oui... J'étais très proche de feu le Roi James... Lui, Sirius et moi étions comme des frères...
— Sirius ?
— C'est le nom du cousin du Roi James, » lui expliqua la marionnette. « À sa mort, Sirius est monté sur le trône le temps que...
— Le temps que le prince héritier soit en âge de le faire lui-même, » finit Lupin d'une voix étrange.
— Tss. Comme si un gamin élevé loin du palais aurait pu avoir la moindre chance de devenir un bon Roi, » cracha Maugrey.
— Commandant...
— Silence Remus ! Tu sais parfaitement ce que je pense de ce lâche ! Nous aurions dû savoir que l'élever loin de la cour et sans entrainement militaire serait une erreur ! Mais non, le Régent Sirius en a décidé autrement !
— Il fallait maintenir Harry en sécurité loin du palais tant que l'on n'était pas sûrs que les adeptes de vous-savez-qui n'étaient pas tous arrêtés ! » commença à crier Lupin. « Vous savez que cela aurait été trop dangereux pour sa sécurité !
— Résultat, vous avez si bien réussi à le dissimuler que lui-même en a oublié son rôle de prince, et qu'il a refusé son rôle, laissant le champ libre à cette folle et ses rats !
— Hey ! » cria soudainement Drago assez fort pour les couper dans leur querelle.
Les deux hommes s'arrêtèrent et se tournèrent vers lui, l'un toujours aussi énervé, et l'autre honteux de s'être ainsi donné en spectacle.
— Déjà, merci pour toutes ces informations ridiculement précises, » commença le noble en se réinstallant sur sa chaise. « Et ensuite, nous ne sommes pas venus ici pour connaître vos points de vue politiques mais pour trouver des informations sur ce Merlin. Donc soit vous pouvez nous aider, soit vous êtes aussi inutiles que ce dont vous avez l'air. »
À ses côtés, il sentit la marionnette se détendre légèrement. Drago se fit violence pour se retenir de le regarder, lui qui n'avait fait que se tendre un peu plus à chaque mot prononcé par ces hommes.
Drago n'aimait pas cette situation. En grande partie parce qu'il commençait à comprendre de plus en plus de quoi il en retournait et que cela ne lui plaisait pas. Alors autant en finir vite et repartir à la rechercher de ce magicien de pacotille. Cela faisait à peine une journée qu'il était dans ce monde, la nuit commençait à tomber et il doutait que ces sauvageons disposent de lits en draps de soie.
Le Commandant envoya quelqu'un trouver leur spécialiste historique pour lui demander d'orienter ses recherches sur le dernier lieu de repos de Merlin. Suite à cela, il congédia les deux hommes tout en les autorisant à passer la nuit dans leur base.
Un charmant geste qui arracha quand même une grimace à Drago lorsque ce dernier se rendit compte que les seuls lits disponible n'étaient que des hamacs miteux.
Par son titre, ce calvaire n'aurait donc jamais de fin ?
Vers le milieu de la nuit, Drago se réveilla une énième fois dans son lit de fortune. Pestant contre les vêtements de nuit qu'on lui avait prêtés et qui le grattaient, contre la chaleur étouffante de cette chambre non aérée et de ce drap que les révolutionnaires osaient appeler "couverture".
Bien conscient qu'il n'arriverait pas à se rendormir dans de si mauvaises conditions, il se leva avec le drap et sortit de la chambre.
L'homme qui montait la garde devant un feu de camp sur une plateforme plus loin lui lança un regard distrait avant de continuer sa surveillance. Drago lui tourna le dos et se dirigea plutôt vers un coin reculé de la plateforme sur laquelle il se trouvait. La lune était haute dans le ciel, et le fait que sa plateforme soit juste au-dessus de la cime des plus petits arbres lui donnait l'impression de se retrouver face à une mer aux grandes vagues figées dans la nuit.
Bien sûr, il n'était pas le seul à jouer les insomniaques. La marionnette de bois était là aussi, assise sur le bord de la plateforme, les pieds dans le vide au-dessus des feuilles.
Drago s'approcha tout en resserrant sa couverture autour de lui. La nuit à l'extérieur était plus fraîche que dans la chambre.
— Salut, » dit-il d'une voix neutre.
La marionnette se retourna à sa voix et ses yeux émeraude semblèrent briller dans la nuit.
— Insomnie ? » demanda-t-il.
— Mon lit me manque.
Drago vint s'asseoir à côté de lui.
— Tu as trouvé le meilleur endroit pour observer le paysage, » murmura l'aristocrate.
— Mmm... D'ici on pourrait presque croire que la lune se reflète sur d'immenses vagues...
— Des vagues figées dans le temps, » continua Drago. « Oui, c'est ce que je me suis dit. »
Ils restèrent un moment en silence avant que la marionnette ne reprenne.
— Il existe des lieux comme ceux-là, chez toi ?
— Tu veux dire une "forêt de pains au chocolat", » dit-il d'une voix volontairement agaçante. « Aucune chance.
— Quels sont les plus beaux endroits de ton monde, alors ?
Drago réfléchit un instant.
— Le Château de Versailles est considéré comme la plus belle création humaine.
— À ton sens aussi ?
La marionnette lança un regard au blond qui prit son temps avant de répondre.
— Non. Pour moi, il ne s'agit que de belles enjolivures et d'une lumière fausse. Rien à voir avec tout ce que j'ai pu voir ici, pour l'instant...
Il s'étira un moment avant de poursuivre.
— Lorsque j'étais plus jeune, ma mère m'a mené visiter une grotte gelée. Je me souviens encore de la lumière qui se reflétait dans la glace, créant des couleurs à nulle autre pareilles. C'était, à mon sens, le plus bel endroit du monde.
La marionnette hocha la tête doucement.
— J'ai... très peu de souvenirs de ma mère... J'avais 5 ans quand elle est morte. Mais je me souviens qu'elle m'emmenait souvent dans un jardin... Un jardin magnifique creusé à même la roche d'une montagne. Là-bas, l'eau avait poli les murs et les quelques rayons du soleil qui y entraient se reflétaient partout, illuminant la grotte de l'intérieur. Les fleurs qu'on y trouvait grimpaient jusqu'au plafond comme des colonnes magiques.
— Sérieusement ?
— Ouais.
La marionnette rigola.
— Cela fait si longtemps, ce n'est pas impossible que ma mémoire ait idéalisé le lieu. J'aimerais pouvoir y retourner un jour.
— Vu la description que tu m'en a faite, j'espère que je pourrais le voir, histoire de voir qui a le plus beau lieu dans son monde.
— Tu prends donc toujours tout comme une compétition ?
— Pourquoi entrer en compétition quand je sais déjà que tu ne feras pas le poids ?
Cette fois-ci la marionnette éclata de rire.
— Je peux savoir ce que j'ai dit de si hilarant ? » commença à s'énerver Drago.
— Rien, rien ! C'est juste que je commence à me faire à ton mauvais caractère.
— Tss.
Ils restèrent un moment comme ça, bercés par le bruit du vent dans les feuilles. Puis cette fois-ci, ce fut Drago qui brisa le silence.
— Tu sais... J'ai beau ne rien en avoir à faire de ton monde, je dois bien avouer que ton histoire n'a rien d'amusante.
— Pfff, » soupira la marionnette en balançant ses jambes de bois dans le vide. « Je ne suis pas le plus à plaindre.
— Tout de même... Se faire transformer en pantin de bois par la même personne qui a usurpé ton trône... Quand je pense que tu cherches encore à l'arrêter alors que tout ton peuple ne fait que cracher dans ton dos... Moi, à ta place, cela ferait longtemps que je les aurais abandonnés tiens.
— Tu... attends... QUOI ?
Son cri fit s'envoler quelques chauves-souris et Drago jeta un regard à la cabane derrière eux pour être sûr qu'il ne réveillerait personne.
— Comment tu sais ça ?
— Je t'en prie, tête de bois ! Je ne suis pas idiot.
— Mais... Mais... Depuis quand...
— J'ai eu un doute déjà quand on était encore chez les Parkinson, » expliqua Drago en s'allongeant sur le dos contre la plateforme de bois. « Et puis il y a eu cette fille-là, Hermione, ça se voyait tellement que vous vous connaissiez mais ne vouliez pas le montrer. De même avec ce Remus Lupin. Franchement... Il en a tellement dit tout à l'heure dans la cabane que je suis choqué que personne d'autre n'ait compris !
La marionnette resta un moment en silence, ne sachant par où commencer. Il hésita longtemps avant de reprendre.
— Et tu... Tu vas aller prévenir les autres ?
Drago le regarda en haussant les sourcils.
— Dire quoi et à qui ? Si ces paysans sont trop stupides pour comprendre quelque chose d'aussi simple, ce n'est pas mon problème !
La marionnette s'autorisa un léger sourire avant de s'allonger près du blond.
— Qu'est-ce que tu as deviné d'autre ?
— Que tu as été élevé par ce Remus. Il suffisait de voir vos regards quand on est arrivés. Mon père me regardait aussi comme ça quand j'étais plus jeune. Et d'après ce que ces deux idiots ont dit tout à l'heure, je suppose que tu as grandi caché avec les paysans jusqu'à ta majorité.
— C'est... juste. J'ai grandi au village de pain d'épice.
— Ah ! Donc ça explique pourquoi la brunette t'a reconnu ! De tous ces idiots roux, elle semblait être celle avec le plus de cervelle.
— Hey !
— Mais il y a une chose que je me demande encore... Qu'est-ce qui s'est passé avec cette Ombrage ? Comment est-elle arrivée au pouvoir ? Ne te fais pas d'illusion, l'histoire de ton pays, je m'en contrefiche. C'est juste que je sens que là aussi, personne n'est au courant de la vraie version des faits. Alors ? Que s'est-il vraiment passé ?
La marionnette laissa échapper un soupir avant de laisser son regard se perdre dans les étoiles.
— J'ai été appelé au château il y a deux ans... Contrairement à ce que pense le Commandant Maugrey, j'ai toujours su qui était ma famille. Et Remus s'est toujours assuré que je sois prêt pour monter sur le trône à la suite de mon Parrain... Mais lorsque nous sommes arrivés au palais... Une des nobles sur qui le Commandant avait des doutes sans rien pouvoir prouver a lancé son coup d'état.
— Ils pensaient déjà à l'époque qu'elle n'était pas clean ?
— Ah ça... Quand j'avais cinq ans, un cinglé du nom de Voldemort a essayé de voler la baguette de Merlin. Et comme il n'y est pas parvenu, il a assassiné mes parents... Suite à cela, il a été arrêté et exécuté. Mais tout le monde savait au palais qu'il devait rester d'autres de ses partisans dissimulés. C'est pour éviter qu'ils ne se servent de moi que j'ai été mis ailleurs jusqu'à ma majorité.
— ... Il y a une raison au fait que Voldemort n'ait pas pu obtenir la baguette et que le crapaud ai dû attendre que tu reviennes au palais ?
La marionnette sourit dans la nuit.
— Tu es vraiment intelligent Drago.
— Et c'est seulement maintenant que tu t'en rends compte ?
Un rire sortit de la poitrine de bois avant qu'il ne confirme les suppositions du blond.
— La baguette était scellée magiquement. Enfermée dans une cage de verre par Merlin lui-même et que seul un membre direct de la famille royale pouvait ouvrir. Et quand mon père refusa de céder et de laisser Voldemort prendre la baguette, ce dernier le tua de rage... Ne laissant plus que moi, héritier légitime, et seul capable de libérer la baguette...
— Attends... C'est Merlin lui-même qui s'est séparé de la baguette ? Pourquoi ? Je croyais que vous l'aviez récupérée à sa mort.
— Aucune idée, » lui répondit la marionnette en haussant les épaules. « Ça remonte à un peu trop longtemps pour qu'on sache exactement comment tout s'est passé. Peut-être que le spécialiste historique aura plus de réponses demain...
— Hm... Et sinon ? Ton retour au palais ? Les paysans semblent tous d'accord pour dire que tu les as trahis en donnant la baguette au Crapaud.
— ... C'est ce que tu crois ? » demanda l'homme de bois, tandis que ses yeux émeraude croisaient ceux du blond.
— Si je te pose la question, c'est que je veux entendre ta version des faits, Harry.
Ses yeux s'écarquillèrent de surprise avant qu'un nouveau sourire ne vienne éclairer le visage de bois.
— Ça fait bien longtemps qu'on ne m'a plus appelé par mon prénom...
— Soit tu réponds, soit je repars sur "tête de bois".
— Ah ah ! Ça ira... Ce jour-là, je suis arrivé au palais et Ombrage a débarqué dans la salle du trône avec ses rats. Elle a pris en otage mon parrain et... m'a menacé... pour que j'aille ouvrir la cage.
Le regard se fit plus dur et amer. Une ombre de tristesse et de regret, ainsi que du dégoût assombrit l'émeraude.
— J'ai accepté... Je ne savais pas quoi faire et j'ai... accepté... J'avais peur qu'elle ne tue Sirius... Lupin aussi était là, et il avait peur de perdre son amant... j'ai... J'ai paniqué... Quand j'ai ouvert la cage, Ombrage a été distraite alors j'ai voulu saisir l'opportunité... Mais son chef de la garde m'a devancé et m'a blessé à la tête.
Se disant, il porta la main à la cicatrice dans le bois de son front.
— Ombrage a voulu me punir et m'a transformé en celui que tu vois désormais. Puis elle nous a enfermés dans les cachots, mon parrain et moi. Je ne savais même pas que Remus avait réussi à s'enfuir. J'en suis content...
— Hm... En effet, c'est une histoire bien compliquée... Et maintenant, tu comptes conjurer le sort et repartir vivre loin de ce pays ?
— Quoi ? Non ! Je ne peux pas laisser le peuple à la merci d'Ombrage !
— Quelle importance, de toute façon à leurs yeux tu es déjà un lâche qui les a abandonnés. Que tu partes ne changerais rien, tu n'es plus un prince.
— Je ne fais pas ça pour qu'ils me reconsidèrent comme leur prince Drago... Je le fais parce que j'aime ce pays, et que je ne supporte pas de voir ses habitants souffrir.
— Bon sang... Je savais que tu avais un complexe du héros mais pas à ce point-là.
— ... Et toi ? Quand tu auras brisé ta malédiction, tu comptes juste... rentrer chez toi sans rien demander de plus ?
— Évidemment. Pourquoi rester ici alors que le danger est littéralement à chaque pas ? Sérieusement, depuis que je suis arrivé j'ai failli succomber à une chute libre de plusieurs mètres, mourir gelé ou empalé par des stalactites, puis je me suis fait attaquer par des paysans désespérés suivis de soldats armés jusqu'aux dents et enfin j'ai failli me faire trouer la peau par des archers et leurs stupides flèches mal tirées ! Et cela ne fait même pas 12h que je suis là !
Tout en parlant il avait fait le compte des dangers en pointant ses doigts pour au final lever les bras au ciel de façon dramatique et les laisser retomber de part et d'autre de son corps allongé.
— Dit comme ça...
La phrase d'Harry fut coupée par un bâillement de Drago. Le prince de bois laissa un sourire traverser son visage sans répliquer. Après tout, c'était vrai, Drago n'avait rien demandé... En fait, en y réfléchissant bien, Drago était, lui aussi, une victime de sa lâcheté. Il n'avait pas à lui demander de rester à ses côtés ou de l'aider. C'était à Harry de le protéger jusqu'à ce qu'ils trouvent un moyen de rompre le sort.
Voyant le blond s'emmitoufler un peu plus dans sa couverture, comme s'il comptait s'endormir ici, sous cette mer d'étoiles, Harry lui souffla.
— Drago... Je voulais te dire merci. Tu nous as sauvé la vie plus d'une fois aujourd'hui.
— Ah ?...
— Oui... Dans la forêt... Tu as su garder ton calme et réfléchir à comment nous en sortir face aux rats mais aussi quand mes amis du village ne m'ont pas reconnu... Pareille avec la guirlande de Noël dans ton monde.
— Mouais... » marmonna Drago en sombrant un peu plus dans le sommeil. « Faut bien que quelqu'un sauve tes fesses de bois...
— Hey ! Moi aussi je t'ai sauvé plusieurs fois ! Rien que tout à l'heure quand tu t'es ramassé dans la forêt.
—Harry... Ferme ta gueule et laisse-moi dormir, putain.
