Disclaimers : One Piece est toujours l'œuvre sublime de Goda. Control, c'est Halsey. Et le prompt, c'est Grise.
Note : Salut la compagnie ! (Ouais, j'essaye d'être originale à chaque fois, mais ça marche pas des masses, hein.) Mon petit rituel ne change pas donc : encore mille mercis à sheilaellana, Ahnyia, Grise, Miss Macaronii et Baccarat V pour vos reviews, vous êtes des amours. Voilà, sinon, vous êtes prêtes à vous plonger de nouveau dans la tête de notre flamant rose doré et adoré ? *chuchuchu*
WARNING : Fuyez pauvres fous ! (Non, pas de Balrog, mais est-ce qu'il faut prévenir quand ça parle de caca ou de trucs comme ça ?!)
Sur ce, bonne lecture (et rangez votre casse-croûte) !
Control
Partie 03
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— Doffy, réveille-toi, j'ai besoin de chier.
Doflamingo ouvrit les yeux et il se redressa en se frottant le visage pour chasser les dernières traces de sommeil avant d'attraper ses lunettes sur sa table de chevet et de les mettre sur son nez.
Au fil de la journée, Rocinante avait commencé à regagner quelques forces et cela était certainement dû au repas que Doflamingo lui avait apporté, aussi maigre celui-ci fut-il.
— Je sais, c'est pénible d'être humain, mais on n'y peut rien, n'est-ce pas ?
Doflamingo bougea ses doigts, le tintement presque métallique de ses fils résonnant dans la pièce et Rocinante émit immédiatement un grincement de douleur. Cependant, Doflamingo savait que cela ne suffirait pas pour faire taire son frère bien longtemps alors, à l'aide de ses fils, il fit glisser jusqu'à lui un pot de chambre. Rocinante fixa l'objet un instant avant de relever les yeux vers lui.
— Charmant, dit-il. Et je suppose que tu vas rester là ?
— Tu es perspicace à ce que je vois.
— Bien, alors aide-moi à aller dessus, ajouta-t-il en faisant vibrer un des fils tendus au-dessus de lui avec le doigt.
Doflamingo ne lui répondit pas et il se contenta de bouger lentement ses doigts, soulevant son frère pour le guider au-dessus de ses latrines de fortune.
— Ça caille, fit-il remarquer alors qu'il n'était plus sous ses couvertures.
— Dépêche-toi, lui répondit simplement le plus vieux.
Rocinante soupira, regardant distraitement autour de lui.
— J'espère que c'est aussi pénible pour toi de me regarder faire que pour moi de savoir que t'es là.
— Ferme-la, Roci.
Ce dernier rit. Doflamingo aurait pu en apprécier le son, si cela n'avait pas été le rire d'un traître. C'était bien la première fois que Doflamingo demandait à son petit frère de se taire, et ce dernier devait certainement en apprécier l'ironie.
— Et tu comptes me torcher le cul, aussi, grand frère ?
Rocinante insista sur ces derniers mots, usant certainement de sa nonchalance et de la moquerie comme une sorte de défense.
— Il faut bien que quelqu'un le fasse, répondit Doflamingo et il sourit en voyant la mine de son frère s'assombrir.
Doflamingo aurait pu demander à quelqu'un de le faire, il y avait d'ailleurs longuement réfléchi car s'occuper de son frère lui demandait du temps, ce qu'il n'avait pas forcément envie de lui accorder mais, malgré lui et malgré toute l'affection qu'il pouvait porter à sa famille, il n'arrivait plus à leur faire aveuglément confiance comme il l'avait toujours fait. Après tout, son propre petit frère s'était retourné contre lui.
Bien sûr, cela n'avait en rien entamé la confiance qu'il portait à ses exécutifs. Trebol, Diamante, Pica et Vergo, c'était différent. Mais il ne pouvait pas demander à Trebol, Diamante ou Pica de s'occuper de Roci de cette façon.
Même, il ne pouvait se résoudre de laisser qui que ce soit voir son frère en un tel état de faiblesse. Pas pour Rocinante, peu lui importait l'humiliation qu'il pourrait subir, bien au contraire, mais Doflamingo était leur roi, un dieu à leurs yeux, et il ne voulait pas prendre le risque de voir cette image entamée.
— J'ai fini, annonça Rocinante avec une voix faussement emballée.
Doflamingo se leva pour s'approcher et Rocinante eut un rire nerveux quand il s'affaira à cette tâche ingrate.
— Merde, pouffa-t-il entre deux rires.
Il eut un éclat de rire, provoqué par son juron.
— Je crois que c'est quand même toi que je plains, mon pauvre frère, reprit-il difficilement. Te voir m'essuyer le cul, me dire que c'est toi qui va devoir aller jeter tout ça et imaginer la tronche de tous ces abrutis en te voyant faire...
Cette fois, cela se transforma en fou rire et, même lorsque Doflamingo tira sur ses fils, Rocinante ne fut pas capable de s'arrêter. Doflamingo ressentit un mélange d'agacement et de fierté. Rocinante serait difficile à briser mais, même si c'était un traître, ce n'était pas son petit frère pour rien.
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Doflamingo ferma les yeux en sentant le jet d'eau brûlante couler le long de son visage et de son corps, comme si cela suffirait à évacuer toute la frustration et l'agacement qu'il avait accumulé ces derniers jours.
L'état de Rocinante s'était certes amélioré, mais son humeur également et Doflamingo n'avait jamais imaginé que son petit frère puisse être aussi stupide qu'irritant. Sans surprise, il ne s'était pas réellement démonté lorsque Doflamingo l'avait assisté les fois suivantes pour ses besoins, ni quand il l'avait lavé et encore moins quand il avait changé ses bandages.
Doflamingo détestait la façon dont Rocinante prétendait être un humain, un de ces êtres infâmes et misérables. Cette simple pensée faisait bouillir son sang dans ses veines, ce même sang qu'il lui avait offert et qui coulait maintenant dans celles de son petit frère. C'était encore pire de le voir accepter cela avec un tel sourire.
Un sourire qui lui faisait penser à leur père alors qu'il savait parfaitement que Roci avait toujours hérité du sourire de Mère.
Cette pensée ne fit qu'intensifier en lui une sorte de rage sourde, différente et plus insidieuse de ce qui l'animait en temps normal mais qu'il ne voulait pas analyser plus en profondeur.
Par habitude, Doflamingo prit son temps pour se laver car être réduit à vivre dans ce monde était déjà assez pénible pour, en plus, avoir à en porter la crasse sur lui. Ce n'était pas comme s'il avait besoin de se dépêcher de toutes façons, il était à bord de son navire, et il s'était assuré, grâce à un dessalinisateur, que celui-ci ne manquerait jamais d'eau douce. Ni de quoi que ce soit d'autre, d'ailleurs. Doflamingo s'était juré de ne plus jamais manquer de quoi que ce soit.
Une fois sec et habillé, il sortit et rejoignit Trebol qui s'était installé dans le nid de pie. Il lui arrivait souvent de se poster le plus haut possible.
— Hé, Doffy !
Doflamingo resta en équilibre sur ses fils. Malgré toutes ces années, et même si c'était Trebol, l'homme qui lui avait donné son Fruit et mit cette arme qu'il gardait toujours avec lui entre les mains, son pouvoir restait toujours aussi répugnant à ses yeux.
Il resta à discuter un instant avec lui. Quand Doflamingo n'était pas disponible, c'était généralement Trebol qui était en charge. Avant qu'ils ne le trouvent, Trebol avait été le chef de leur petit gang. Mais c'était surtout celui qui était le plus perdu dans sa dévotion, celui qui l'avait admiré au moment où son regard s'était posé sur lui, au moment où il avait compris qu'il possédait le Haki des Rois. Il savait que Trebol exécuterait tous ses ordres et obéirait à ses moindres désirs sitôt qu'il les prononcerait. Il n'avait jamais douté de Trebol, il savait qu'il n'aurait jamais à douter de lui.
Doflamingo n'apprit rien de plus qu'il ne savait déjà car, plus que jamais sur son propre navire, il avait fait attention au moindre mot prononcé par les membres de sa famille, et au moindre de leurs gestes. Il serait entré dans leurs têtes s'il avait pu, juste pour s'assurer qu'ils lui étaient tous dévoués, prêts à mourir pour lui s'il leur demandait. C'était sa famille, ils lui appartenaient. Il n'y avait pas de place pour les traîtres.
Enfin, une fois qu'il fut assuré que tout se passait comme il le souhaitait à bord de son navire, si on excluait sa cabine, il y retourna en confiant à Trebol quelques ordres à transmettre s'il n'était pas réveillé le moment venu. Il attrapa une des bouteilles de vin entreposées dans une caisse près de son lit et s'assit au bord de celui-ci en en retirant le bouchon. Il en but une longue gorgée, appréciant le feu que l'alcool provoqua le long de son œsophage.
Il sentit plus qu'il n'entendit ses fils bouger dans le coin de la pièce où Rocinante dormait. C'était ce qu'il faisait, la plupart de temps, encore trop faible pour être éveillé plus d'une heure entière.
Il commençait à reprendre des couleurs, et c'était normal étant donné la quantité de sang que Doflamingo lui avait donné. S'il n'avait pas lui-même vidé à blanc plusieurs de ses ennemis et vu les litres et les litres de sang qu'un corps d'une plus petite taille pouvait contenir, il se serait demandé s'il n'y avait pas eu, à un moment donné, plus de son sang à lui que celui de Roci dans les veines de son petit frère.
L'idée lui était toujours dangereusement attirante, remplacer le sang du traître, le purifier avec son propre sang.
Les fils tirèrent de nouveau, avec plus de force et le gémissement de douleur s'échappant des lèvres de son frère les fit presque chanter. Celui-ci faisait visiblement un cauchemar.
Il y avait eu un temps, une vie, où Doflamingo se serait levé pour s'allonger près de lui avant de le serrer dans ses bras, de le blottir contre lui pour le protéger du reste du monde et surtout de lui-même. Roci aurait pleuré dans son cou, l'aurait appelé en s'accrochant à lui puis son sommeil se serait apaisé sans même s'être réveillé ne serait-ce qu'une seule fois.
Mais cette vie-là avait disparu depuis bien longtemps, alors Doflamingo termina sa bouteille et il s'allongea dans son lit où il finit par s'endormir sur les pleurs de détresse de son petit frère qui faisaient vibrer ses fils.
Dans les brumes de son sommeil, ils résonnèrent en écho avec ses rêves et ses cauchemars.
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Quand il se réveilla, plusieurs heures plus tard, il ressentit le besoin de se laver de nouveau. Son sang pulsait dans ses veines et il observa le plafond, haletant, ayant déjà tout oublié des images que son subconscient avait formées derrière ses paupières closes.
Quand il se redressa, son pied bouscula la bouteille qu'il avait laissé traîner avant de s'endormir. Elle roula sur le bois et le bruit qu'elle produisit résonna dans toute la pièce. Doflamingo se frotta le front en insistant sur les tempes puis il mit ses lunettes avant de sortir sur le pont.
Le temps s'était couvert et une fine pluie tombait inlassablement. Lao G entraînait Baby 5 aux arts martiaux tandis que Gladius surveillait l'horizon. Ils le saluèrent en le voyant et Doflamingo hocha simplement la tête avant de se rendre directement dans les cuisines.
Presque tous les autres membres de l'équipage étaient installés autour de l'immense table, et une grande partie de poker semblait se jouer. Il s'assit en bout de table où une tasse remplie de café lui fut immédiatement servie et il se joignit à eux pour les parties suivantes, pour le simple plaisir d'être entouré de sa famille, même s'il ne put s'empêcher d'analyser chacun de leurs mouvements.
Alors qu'il gagnait la quatrième partie consécutive, il sentit, à travers son Haki de l'Observation et de ses fils, Rocinante qui se réveillait. Il jeta les cartes sur la table avec un sourire vainqueur puis il se leva et prit le plateau qui avait été préparé selon ses ordres.
Dans la cabine, Rocinante essayait difficilement de se redresser. De quelques mouvements de doigts, Doflamingo l'aida à s'asseoir et il posa le plateau sur la caisse posée près de lui.
Une espèce de routine étrange s'était installée et Rocinante se contentait d'ouvrir la bouche en acceptant docilement la nourriture que lui servait son frère malgré le dégoût flagrant que lui inspirait chaque bouchée. Cependant, derrière ce flegme où pointait une légère lassitude, il y avait son regard qui lui brillait d'une lueur amusée et qui rappelait à Doflamingo la première fois où il l'avait aidé à aller aux toilettes.
Ses cheveux étaient trempés de sueur et collaient sur sa peau tout autour de son visage et tout le long de son cou. Une goutte de sueur roula lentement contre sa peau et elle disparut quand il eut un frisson. Visiblement, Rocinante avait de la fièvre.
Doflamingo se leva pour récupérer le thermomètre et il lui colla dans la bouche sans dire un mot. Il fronça les sourcils quand cela se confirma.
— Tu t'attendais à quoi, en m'installant par terre près de ton lit comme un mauvais maître installe son chien près du sien, Doffy ?
Rocinante eut un rire amusé et il fit mine d'aboyer. Doflamingo sentit son sang bouillir dans ses veines. Il avait envie d'enrouler ses doigts autour de son cou et de serrer... Cela le démangea tellement que ses doigts se mirent à bouger d'eux-mêmes.
— Au moins les chiens sont fidèles à leurs maîtres, répliqua-t-il en se levant pour fouiller parmi les médicaments qu'ils avaient pillés chez le médecin.
Doflamingo lut plusieurs étiquettes avant de trouver une bouteille de sirop et il revint vers son frère pour lui en donner une dose. Puis, il ouvrit la porte de la cabine et ordonna à Jora et Machvise de lui apporter une bassine remplie d'eau chaude ainsi que des draps et des couvertures propres.
— C'est trop aimable, lui dit son frère. Tu me sors pisser, en attendant ?
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Rocinante ferma les yeux, totalement indifférent au traitement que Doflamingo lui infligeait. Ce dernier avait envie de plonger ses doigts dans ses plaies qui cicatrisaient lentement, il avait envie de voir son frère se tordre de douleur et Doflamingo aurait continué jusqu'à ce que son frère le supplie d'arrêter. Jusqu'à ce qu'il se brise. Jusqu'à ce que le traître disparaisse. Jusqu'à ce qu'il soit à sa merci la plus absolue.
Ainsi, il n'aurait qu'à le ramasser, et il ne resterait que Roci. Son Roci, celui qu'il avait toujours connu, le seul qu'il désirait connaître.
Doflamingo observa le dos de son frère qu'il terminait de rincer en se demandant s'il restait toujours de son petit frère dans cet homme qui lui semblait si étranger et si familier à la fois.
C'était Rocinante. Doflamingo l'avait soigné bien trop souvent pour ne pas connaître par cœur chacune des cicatrices qui zébraient sa peau, certaines datant déjà de ce temps où ils étaient encore des enfants traqués par le reste du monde.Même si elles s'étaient atténuées avec le temps, il pouvait encore voir, à travers tout son dos, les traces des coups de bâton qu'il avait reçus jusqu'au sang et que son grand frère n'avait pas réussi à prendre à sa place cette fois-là. Elles ne disparaîtraient jamais, tout comme les siennes n'avaient jamais disparu non plus.
Il en reconnaissait d'autres, se rappelait parfaitement de leurs causes et des soins qu'il y avait apporté, mais elles étaient si peu nombreuses face à toutes ces autres cicatrices dont il ne connaissait ni la nature ni la raison. Il avait envie de les effacer, quitte à en créer de nouvelles par-dessus. Et qu'il ne reste que celles dont il l'aurait marqué. Rocinante portait sur sa peau pâle la laideur du monde et des humains alors il pouvait bien le porter, lui.
Doflamingo jeta l'éponge dans la bassine et attrapa la serviette avant de sécher sans douceur le corps de Rocinante. Celui-ci le suivait des yeux, mais son regard s'était perdu ailleurs, dans des contrées lointaines de son esprit où Doflamingo n'avait jamais mis les pieds et où il ne les mettrait probablement jamais. Mais peu lui importait d'y mettre les pieds ou non aujourd'hui car il comptait les anéantir elles aussi de toutes façons.
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— Que comptes-tu faire de lui, Doffy ?
Doflamingo s'était allongé dans le grand canapé installé dans ce qui lui servait de bureau à bord du navire, et où toutes ses discussions importantes avec ses exécutifs avaient lieu. Trebol, Pica et Diamante l'avaient rejoint au bout de deux heures, comme il leur avait ordonné. Durant ce temps, Doflamingo avait simplement fermé les yeux et apprécié le calme. Ce n'était plus quelque chose qu'il pouvait faire dans sa cabine car même lorsqu'il dormait, Rocinante était là et Doflamingo avait l'impression de ne jamais se reposer, trop conscient de sa présence.
Diamante s'affala dans un des fauteuils, ses jambes passées par-dessus l'accoudoir et il attendit sa réponse en prenant une gorgée de la bouteille qui traînait sur la table. Doflamingo se redressa puis se leva.
— L'utiliser pour attirer Law et enfin récupérer l'Ope Ope no Mi, bien sûr.
Il enfonça ses mains dans les poches de son pantalon et marcha jusqu'à la fenêtre qui donnait sur le pont. Machvise était occupé à essorer le linge fraîchement lavé, Buffalo briquait le pont, Jora et Lao G jouaient aux échecs...
— Et si cela ne marche pas ? On ne sait pas ce qu'il a mis dans le crâne de ce morveux.
— Alors je le tuerai.
Ses doigts se crispèrent dans ses poches alors que l'image du cou pâle de son petit frère se tordant dans ses mains se dessinait devant ses yeux. Il pouvait presque déjà sentir ses os craquer sous la pression de ses doigts. Il le tuerait de ses mains cette fois, et il lui arracherait le cœur, juste pour s'assurer qu'il ne se remettrait pas à rebattre, une fois de plus.
— Mais, Doffy, c'est ton frère ! intervint Trebol de sa voix nasillarde qui résonna à travers toute la pièce.
— Il a arrêté d'être mon frère au moment où il a pointé son arme vers moi.
Sa voix claqua comme un fouet alors qu'il faisait volte face, ses lèvres à moitié retroussées dans une expression féroce. Il se reprit presque aussitôt, et si Pica n'ajouta rien de plus à l'échange, cela ne l'empêchait pas de le fixer avec intensité.
Ses vêtements tâchés de sang n'avaient laissé aucun doute sur le sort des médecins, mais Pica avait été le seul témoin de ce qui s'était réellement produit, de la fureur monstrueuse qui l'avait saisi. Pica n'avait rien dit à ce moment-là non plus, parce qu'il ne se le serait jamais permis, mais cela ne l'empêchait pas de faire attention.
— Est-ce qu'on peut faire quoi que ce soit pour t'aider, Doffy ? lui demanda Diamante en se redressant.
— J'ai dressé un nouvel itinéraire, répondit-il en désignant le mur où étaient épinglées diverses cartes de navigation. Assurez-vous qu'on le suive sans embûche. Il faut gagner du temps avant de s'approcher Red Line.
Diamante ne semblait pas convaincu de ce dernier point et voulait visiblement en discuter un peu plus mais Trebol intervint, étouffant le débat dans l'œuf :
— Bwéhé, évidemment, Doffy. Tu sais que tu peux toujours compter sur nous.
Diamante n'insista pas et Doflamingo, supposant que cela n'était donc pas important, sourit en les regardant tous. Certaines choses restaient inchangées, et cela l'aida à se recentrer. Il se sentait mieux à présent.
— AAAAAAAH ! entendirent-ils subitement hurler depuis le pont.
C'était Buffalo, et ses cris paniqués furent rapidement suivis par le martèlement frénétique de ses bottes sur le bois du navire. Doflamingo ne prit pas le temps de jeter un œil vers les trois autres hommes et il sortit en vitesse sur le pont, tous ses sens en alerte et prêt à se battre alors que des explosions reconnaissables entre toutes retentissaient déjà.
Et il y avait une immense ombre au-dessus du navire.
— Tu n'étais pas obligé de hurler autant pour si peu, fit remarquer Gladius entre deux tirs.
Son agacement s'entendait dans sa voix alors que Doflamingo observait ce qui avait provoqué la panique de l'adolescent. À la poupe du navire et prêt à attaquer, il y avait un monstre marin ressemblant à peu près à une pieuvre géante sans vraiment en être une.
— Mais c'est quand même immense, tenta de le défendre Baby 5.
Buffalo hocha vivement la tête alors qu'elle grimpait sur son dos, et qu'ils étaient prêts s'envoler pour combattre leur nouvel ennemi.
— Vous feriez mieux de vous y habituer, leur dit alors Doflamingo. Quand nous serons sur Grand Line, on en croisera souvent.
En effet, il était toujours surprenant de croiser des spécimens de ce gabarit sur les eaux de North Blue, où n'importe quoi plus gros que leur immense navire était déjà potentiellement dangereux, mais le monstre restait relativement petit si on le comparait à ceux qui vivaient dans Grand Line ou Calm Belt.
— Restez en arrière, leur ordonna-t-il.
Puis il s'avança et fixa le monstre. Moins d'une seconde plus tard, on pouvait entendre un couinement et la bête resta tétanisée. Doflamingo sourit et rit comme à chaque fois qu'il soumettait quelqu'un ou quelque chose à sa volonté avant d'user de ses fils pour grimper dans les airs. Enfin, il acheva le monstre marin en le taillant en deux, son hurlement terrible résonnant à des centaines de mètres à la ronde.
Sur le pont, Baby 5 et Buffalo poussaient des cris d'enthousiasme et, tels les enfants qu'ils étaient encore malgré tout, ils narguèrent l'énorme bête qui était déjà morte en vantant la puissance et la force de leur Jeune Maître.
Les mains enfoncées dans ses poches, Doflamingo se reposa puis jeta un coup d'œil tout ceux qui avaient accourus sur cette partie du pont, plus par curiosité que par affolement, et qui récupéraient déjà les parties exploitables que Doflamingo avait coupé et hissé sur le pont. Il sourit en voyant la mine déçue de certains qui avaient espéré se battre. Ils n'avaient pas croisé d'autres navires jusque là, à sa plus grande surprise, et Doflamingo comprenait pourquoi à présent.
Cependant, la déception de sa famille ne dura pas bien longtemps face à l'idée d'avoir de la viande de monstre marin pour le dîner car ils se répartissaient déjà tous les tâches avec une discipline exemplaire.
De son côté, Doflamingo essuya rapidement ses vêtements et se rendit dans sa cabine où Rocinante était réveillé et s'était assis.
— Je suis déçu d'avoir loupé le spectacle, ça avait l'air d'être vraiment impressionnant. Cette pauvre bestiole n'a pas trop souffert au moins ?
Rocinante souriait, malgré ses yeux embrumés, et cela était toujours aussi étrange pour Doflamingo qui n'avait jamais vu son petit frère sourire autant que depuis qu'il avait découvert sa trahison. Quelque part, cela le rendait furieux car c'était comme s'il n'avait jamais réellement connu son frère. C'était lui, cela ne pouvait être que lui malheureusement, mais il y avait quelque chose de différent en Rocinante. Quelque chose que Doflamingo détestait et qui pourtant attisait sa curiosité.
— Je suppose que je n'aurai pas l'occasion d'y goûter, n'est-ce pas ? Pas même mixé ?
Doflamingo eut un sourire mauvais, son humeur se dégradant déjà de seconde en seconde.
— Je ne voudrais pas prendre le risque de voir l'état de ton estomac ou tes intestins empirer.
Le sourire de Rocinante s'agrandit, mais il n'atteint pas ses yeux cette fois.
— Plus vite je me remets et plus vite tu pourras me torturer, n'est-ce pas ?
Il porta sa main au niveau de son estomac.
— Pourtant, on sait tous les deux que je suis très doué quand il s'agit de garder le silence.
Doflamingo sentit une veine gonfler sur son front alors que Rocinante appuyait ses doigts contre une de ses plaies les plus graves en le fixant sans ciller.
— Et même quand il s'agit d'endurer la douleur.
Furieux, Doflamingo bougea ses doigts et écarta la main de son frère à l'aide de ses fils et il s'approcha, écrasant de son pied la tête de Rocinante contre le mur auquel il était adossé.
— Fais bien attention à ce que tu peux dire ou faire, petit frère, tu risques de le regretter.
Le visage de Rocinante changea dans une expression indescriptible qui lui rappela un peu plus le Roci qu'il avait connu ces dernières années. Il essaya de parler, mais il en était incapable, le pied de Doflamingo plaqué contre sa joue. Ce dernier appuya avec plus de force quand la main de son frère se posa autour de sa cheville. Il avait envie de le frapper encore, et encore, et encore, jusqu'à ce que son visage disparaisse pour toujours et que sa cervelle explose sous sa semelle.
Mais il y avait l'Ope Ope no Mi.
Il y avait ce foutu gamin.
Il devait retrouver ce sale petit rat de la Ville Blanche.
Et pour cela, il avait besoin de garder Rocinante en vie.
Il retira son pied, se rappelant ses priorités absolues et faillit perdre de nouveau le contrôle en le voyant cracher avec dédain du sang par terre.
Du sang.
Leur sang.
Ses doigts se crispèrent, ses nerfs étaient à vif. Il espérait bientôt voir un bateau dans les environs. Ou même une île. Doflamingo ne se sentait pas d'humeur à être particulièrement exigeant. Tant qu'il y avait des vies à soumettre, il était preneur.
Du sang coulait légèrement des lèvres tatouées de Rocinante. Celui-ci s'était certainement mordu la langue.
Il sentit son corps se tendre en le voyant se lécher les lèvres pour en récupérer les gouttes rouge vif.
Il s'écarta et tourna les talons pour quitter sa cabine en attrapant au passage une bouteille pleine d'alcool. Il traversa le pont en prenant une longue gorgée et ignora tous ceux qui étaient présents en se rendant directement dans son bureau. Il sentit leurs regards sur lui mais il ne s'y attarda pas. Il claqua la porte derrière lui et termina sa bouteille avant de la lancer à travers la pièce. Elle explosa contre le mur en face qui fut immédiatement tâché par le liquide rouge sombre.
Comme des traînées de sang.
Doflamingo ferma les yeux en se laissant tomber sur le canapé et retira ses lunettes pour se frotter le visage mais l'image de son frère, de son sang coulant de ses lèvres se dessina immédiatement dans son esprit pour s'y figer. Son corps était crispé, son sang pulsait dans ses veines.
Son petit frère commençait à l'agacer un tout petit peu.
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Merci d'avoir lu !
J'espère que ce chapitre vous aura plu, au moins un tout petit peu. ;)
Pour celles qui plaignaient la situation de Roci, j'imagine que vous avez apprécié Doffy les doigts dans la merde. (Ouais, j'ai osé ! *chuchuchu*)
En tout cas, n'hésitez pas à me dire tout ce que vous avez pensé de cette partie, je prends toujours un plaisir intact à vous lire ! *_*
