Disclaimers : One Piece est toujours l'œuvre sublime de Goda. Control, c'est Halsey. Et le prompt, la bêta, toussa, c'est Grise.
Note : Aye Aye ! Bon dieu, j'ai l'impression que le temps passe à toute vitesse, on en est déjà à la quatrième partie ! Vous ne pouvez y échapper : des milliers de mercis à Misstykata, Grise, PerigrinTouque, sheilaellana, Barukku Iris, Illheart, JauneOrangeRouge, Bulle D'Arc-En-Ciel, Ahnyia, A sushi et Baccarat V pour vos amours de reviews, je couine d'extase à chaque alert ! Voilà, sinon on commence à avoir des chapitres de taille humaine, donc un peu plus court mais j'espère qu'il vous plaira autant, voire plus, que les précédents. (Même si visiblement, on peut difficilement faire plus classe que Doffy les doigts dans la merde hahaha !)
(La RàR guest ni-vue, ni connue)
JauneOrangeRouge ; Merci pour ta review ! N'est-ce pas qu'ils sont mignons à leur façon ? :P Pour Law, je ne me suis pas encore complètement décidée, je te l'avoue... Parce que plus j'écris, plus ça prend des dimensions tentaculaires c'est terrifiant ! x_x Sinon, pour ta question : Ce n'est pas tellement inspiré d'un AMV... C'est plus la chanson Control d'Halsey qui a une ambiance que je trouve parfaite pour écrire sur Doffy, et je l'avais aussi beaucoup utilisée pour écrire Parasite. Même si plus je l'écoute et plus elle me fait penser à Roci.
A sushi ; Merci beaucoup pour ta review, c'est toujours un plaisir de savoir que mon histoire a pu plaire à quelqu'un d'autre que moi, héhé. Après notons que Doffy ne s'abaisse pas à être aussi vulgaire que son frère. Pour Roci, qui s'amuse tout seul à faire des pets silencieux en pensant faire rire Law... je me suis accordée nettement plus de liberté. En tout cas, j'espère que cette quatrième partie te plaira ! :)
WARNING : Fuyez pauvres fous !
Sur ce, bonne lecture !
Control
Partie 04
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Rocinante avait froid.
C'était un froid lancinant, humide, un froid qui rampait, qui suintait. Un froid qui ressemblait à une blessure. Il se recroquevilla sous les couvertures à la recherche de la moindre trace de chaleur, cherchant là où il le pouvait une miette de réconfort. En lui, il sentait la peur monter et se muer en une terreur sourde.
Qu'est-ce qu'ils voulaient ? Qu'allait-il leur arriver ? Les méchants hommes les pourchassaient partout. Il se figea et retint son souffle en essayant de calmer ses tremblements alors qu'il entendit derrière lui le bruit d'une porte qui s'ouvrait. Il y eut ensuite des pas, des semelles de chaussures résonnant sur le bois du parquet dans un martèlement qui le pétrifia davantage.
— Réveille-toi, lui ordonna une voix grave.
Non, il ne voulait pas, il voulait Mère et Père, et Doffy, Doffy, Doffy, ne les laisse pas me prendre. Mais il ne devait rien dire, ou alors ils les trouveraient. Il eut un frisson d'effroi mais il resta immobile, de toutes ses forces, même s'il avait si mal dans tout son corps et qu'il avait envie de pleurer.
— Réveille-toi, répéta la voix et les couvertures furent tirées.
Rocinante hurla, et ses hurlements se mêlèrent à ceux de la populace haineuse.
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— Tu m'entends ? Bois.
De l'eau, de l'eau, de l'eau. Rocinante brûlait, et il ne demandait que cela, de l'eau. Il ouvrit la bouche, et le liquide salvateur se répandit dans sa bouche asséchée. Sa langue pâteuse pouvait bouger à nouveau et une délicieuse sensation de bien-être avait envahi son corps.
Et puis trop vite, la source se tarit. Il eut un gémissement très bas, quelque chose qui ressemblait à une prière.
— Non pas plus. Tu risques de vomir, dit la voix, une voix grave et calme, familière.
— … suis… malade ?
— Oui.
Oui, il était malade. Mais il ne devait pas avoir peur, il ne devait pas s'inquiéter. Parce que même s'il était malade, il était sauf. Sengoku passait son temps à le lui répéter, en lui tenant la main.
« Gamin, ce n'est rien, ce sont des cauchemars, tu as la rougeole, pas la peine d'en faire un drame. Tout va bien, tout va bien. »
Et c'était vrai, il n'était plus sur les couvertures sales, dans une petite cabane au fond d'une décharge. Il était dans un lit, un vrai lit, qui sentait le propre, mêlé à une autre odeur familière qui le rassurait.
Ce qu'ils s'amuseraient ensuite de la rougeole de Rocinante, et de la varicelle, et des oreillons, qui frapperaient tour à tour l'enfant. Un enfant maladif, faible, c'était ce que diraient les médecins. Peut-être pas destiné à survivre, penserait Rocinante. Est-ce que Rocinante lui-même voulait survivre ? À la mort de Mère, à la mort de Père, à l'atroce abandon de Doffy ? Doffy qui était parti, sans lui, Doffy qui l'avait abandonné. Doffy, Doffy, Doffy. Il avait tellement mal qu'il n'osait même plus dire son nom.
Mais Sengoku serait là, tel un roc, comme il était là maintenant, dans toutes ses maladies, à tenir sa main petite et malingre et à chasser ses cauchemars.
Non, Rocinante ne l'appelait pas Père, il ne pouvait pas. Mais parfois, au cœur de ses délires fiévreux, il pensait Papa.
— Merci Sengoku, balbutia-t-il en reposant son corps contre celui qui le maintenait, sans se rendre compte que sa main n'avait plus rien d'une main d'enfant.
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— Mange.
Quelque chose choqua contre ses dents obstinément fermées et il sentit un fumet, un fumet qui lui rappelait le goût du pain. Le pain des poubelles, le pain de la misère, le pain qu'il mangeait moisi en pleurant de reconnaissance.
— Il faut que tu manges, lui ordonna une voix grave, impérieuse.
Rocinante reconnaissait cette voix, c'était une voix en qui il voulait avoir confiance mais qui lui donnait froid. Un froid de glace qui allait jusqu'aux os. Kuzan ? Bien sûr c'était Kuzan.
Il s'efforça de détendre ses mâchoires, laissant le couvert passer la barrière de ses lèvres mais il eut un spasme à l'instant où l'aliment envahit sa bouche. C'était comme si quelqu'un tentait directement de régurgiter au fond de son gosier.
— Doucement, idiot.
Mais c'était trop tard, l'infâme bouillie s'était déjà trompée de chemin et il se mit à tousser si fort et si longtemps qu'il en eut les poumons en feu. Il entendit un soupir au-dessus de lui, un soupir las plus qu'agacé.
— Dégueu, réussit-il à articuler non sans difficulté.
— Dans ton état, si tu ne peux pas avaler ça, alors tu ne peux rien avaler du tout.
Rocinante se renfrogna. Il n'avait pas faim, et ce qu'on lui proposait lui donnait envie de vomir mais si Kuzan prenait le temps de s'assurer qu'il avait quelque chose dans l'estomac, même la bouffe immonde qu'on servait à l'infirmerie, c'était qu'il devait encore s'être mis dans un sacré état...
— Ça va ?
Rocinante haussa les épaules puis fit l'effort d'ouvrir la bouche, se préparant mentalement à ce qui allait arriver.
Que s'était-il cassé cette fois ? Les bras ? Ses bras étaient entravés et il ne pouvait plus les bouger. À moins que cela ne fussent les jambes, il ne savait pas, il lui semblait ne pas pouvoir faire la différence. Il devait néanmoins admettre que manger un peu lui faisait du bien.
— Merci... Kuzan, marmonna-t-il entre deux bouchées.
« Doucement », « tranquille », « on a le temps », « y'a pas le feu à l'iceberg » qu'il lui disait tout le temps. C'était ce que Rocinante aimait le plus chez Kuzan, ce qui l'apaisait. Trop souvent, Rocinante avait besoin qu'on lui rappelle qu'il n'avait plus besoin de se presser, que les cris de Doffy lui hurlant de se dépêcher et de courir ne le hantaient plus que dans ses cauchemars. Rocinante avait besoin qu'on lui rappelle qu'il était en sécurité, qu'il avait une maison dont il ne serait plus chassé à présent, même si elle était immense, très habitée et qu'il y avait toujours beaucoup trop de bruit. Le bruit n'était plus un problème pour lui de toutes façons, depuis qu'il avait mangé son Fruit.
C'était peut-être pour cela que Kuzan le traitait plus comme un camarade qu'un subordonné. Grâce à lui, il était tranquille pour faire sa sieste.
Et c'était peut-être aussi pour ça que Rocinante n'arrivait pas vraiment à voir l'homme comme son supérieur, parce que parfois, il arrivait à croire que son grand frère ne lui manquait pas.
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— Arrête de bouger.
Rocinante avait mal, la douleur se répandait sur tout son corps où sa peau tiraillait et brûlait.
— Tu vas rouvrir tes blessures si tu t'agites comme ça.
Il se figea, la voix s'imposant dans son esprit, autoritaire mais qui lui inspirait quelque chose de familier. Il y avait aussi une bonne odeur, une odeur de savon qui lui donnait la sensation d'être à la maison, d'être en sécurité. Des mains fermes, solides et familières le manipulaient sous un linge dont la tiédeur humide était agréable sur sa peau, alors il les laissa faire.
Des blessures, c'était vrai, il en avait plus d'une. Il en était couvert, les pirates, trop heureux de s'en prendre à un marine, avaient continué encore et encore et encore.
— Je n'ai rien dit, murmura-t-il, sa respiration devenant irrégulière alors que son rythme cardiaque s'agitait.
Non, il n'avait rien dit.
— Calme-toi.
Pas un mot, pas un son.
— Personne ne peut me faire parler.
Sa voix était si faible que lui-même peinait à l'entendre. Mais la voix avait l'oreille fine.
— Tais-toi.
Il voulut rire, sans en être capable, alors que quelque chose de rose se dessinait sous le voile de ses paupières à demi-closes. Il imagina ses sourcils froncés, sa mine renfrognée, sévère alors qu'il sentait ses gestes devenir plus brusques.
— Tu vas m'essorer et m'étendre avec des petites pinces à linge après ?
Il n'obtint pas de réponse mais un linge plus frais passa sur son visage. Il ferma complètement les yeux et il en apprécia la sensation sur son front brûlant. Il soupira d'aise et un sourire se dessina sur ses lèvres.
— C'est vrai que tu peux aussi laver le cœur des gens ?
C'était ce qu'on disait, c'était ce qui rendait Tsuru si impressionnante, si puissante. Son pouvoir était craint malgré ses apparences grotesques. Laver le cœur des hommes... Cela marchait-il réellement ? Il n'avait jamais eu l'occasion d'en être témoin, d'en être certain, et quelque part il n'avait jamais cherché à le confirmer parce qu'il avait trop peur de la réponse.
Si Rocinante arrivait à arrêter Doffy, si Doffy était capturé, Tsuru pourrait-elle le laver ? Tsuru était puissante, si elle lavait Doffy, cela laverait-il aussi son cœur ?
Existait-il une chance, aussi mince fut-elle qu'un jour, il retrouve son grand frère ? Son grand frère existait-il toujours derrière le pirate fou et monstrueux qu'il était devenu ? Avait-il encore un cœur et Rocinante y avait-il toujours une place ?
— Dis, tu crois que tu peux aussi laver le mien, de cœur ?
Sa gorge se noua et son corps se crispa alors qu'un nouveau linge passait sur une de ses nombreuses blessures où les tissus de sa peau étaient plus sensibles.
— C'est bon, c'est fini.
Rocinante se détendit et il laissa son corps retomber mollement dans ces bras qui le soutenaient fermement et qui l'aideraient toujours à se relever. Et il se sentait mieux maintenant qu'il ne restait plus que l'odeur du savon et que celle du sang avait disparu.
— Merci, Tsuru...
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Rocinante se réveilla pour ce qui lui semblait être la millionième fois en moins d'une heure s'il en jugeait le fait qu'il avait la tête lourde comme une ancre et que son cerveau pulsait avec force sous sa boîte crânienne, menaçant de faire exploser celle-ci. Il grimaça, ne luttant qu'à peine pour entrouvrir les yeux. Un frisson parcourut tout son corps glacé alors qu'il sentait sur lui le poids de ses couvertures qui avait des allures d'enclume tant il se sentait faible.
Il avait l'impression de s'enfoncer au fond de son lit de fortune qui, dans sa misère, lui paraissait au moins plus confortable. Cette sensation agréable, proche du bien-être et engourdissant un peu plus son corps, fit naître en lui un soupir de soulagement qu'il n'eut pas la force de retenir. Pas qu'il eut songé à le faire, de toutes façons, son esprit était encore perdu dans cet état de demi-sommeil duquel il ne chercha même pas à s'échapper puisqu'il était déjà en train de se rendormir.
En espérant qu'il ne refasse pas un rêve absurde comme celui dont il venait de sortir, avec Tsuru lui faisant faire trempette. Il ne savait d'où venait cette idée insensée de sa supérieure hiérarchique, amie de son père d'adoption, lui donnant un bain. Certes, la vieille Tsuru avait dû en voir d'autres mais Rocinante aurait pu vivre sans s'imaginer ce que cela donnait. Quoique c'était toujours moins humiliant que ces bains que son frère lui donnait et dont il riait pour ne pas pleurer.
Néanmoins, il y eut quelque chose qui, du plus profond de son être, lui envoya comme un éclair à travers son esprit pour l'empêcher de s'abandonner dans les limbes absurdes de l'inconscience : ce fut une sensation de vrai confort. Rocinante ouvrit les yeux d'un coup, stupéfait, sans réellement voir ce qui se dessinait devant ses rétines.
Ses doigts s'aventurèrent à tâtons sur les couvertures rugueuses qui lui servaient de matelas et qu'il ne rencontra pas. Il passa alors, avec lenteur et précaution, la paume de sa main sur un drap d'une douceur presque soyeuse sous sa peau rêche, calleuse. Enfin, il osa se redresser un peu et il baissa la tête. La couleur lui sauta presque aux yeux. Du rose.
Il était dans un lit, un vrai lit. Le lit de Doflamingo.
Rocinante se concentra, essayant lentement de rassembler les fragments de sa mémoire qui avaient toujours tendance à s'éparpiller malgré l'amélioration de son état. Puis il y avait ce mal de tête, cette sensation de froid glacial saisissant tout son corps frissonnant et couvert de sueur. À cet instant, il lui était difficile de faire la différence entre ce qui était réel ou non.
Petit à petit, des images se formèrent progressivement dans sa tête et il prit une légère inspiration, se préparant mentalement à faire le tri. Cependant, toutes se figèrent et son corps tout entier se tendit quand ses narines furent envahies par une odeur reconnaissable entre toutes. Ses doigts se crispèrent, agrippant cette saleté de drap avec force.
Plus que dans les couvertures supplémentaires qui avaient été installées sur lui, Rocinante se sentait comme encastré dans l'odeur de Doflamingo, à tel point qu'il en suffoquait presque. Il y avait son eau de cologne et son savon sophistiqués, qui lui allait si bien que c'était comme si c'était lui qui produisait ce parfum. Mais il y avait aussi l'odeur saline de la mer, des algues. Et, surtout, il y avait l'odeur du sang.
Peu importait à quel point Doflamingo pouvait être ridiculement exigeant sur son hygiène corporelle, même en pleine mer, même au milieu d'une décharge, l'odeur métallique du sang s'était ancrée à la sienne et Rocinante avait l'impression d'être plongé dans des litres et des litres de sang.
Il essaya de se redresser, sentant une nausée monter en lui, il se débattit comme quelqu'un qui se noie au milieu des draps trempés de sa propre sueur et de ces couches interminables de couvertures. Rocinante n'en pouvait plus, il avait besoin d'air.
Dans cet effort habituellement si dérisoire pour lui, il fut très vite à bout de souffle et il se laissa retomber, haletant. Il remonta une main sur son front qui lui sembla fait de lave face au glaçon que sa main était devenue, comme si Kuzan était passé par là.
— Rocinante ? claqua la voix de Doflamingo près de lui.
Il sursauta, il n'avait pas senti la présence de son frère et il se le reprocha mentalement.
Il y avait quelque chose d'étrange dans la voix de Doflamingo.
— Quoi ?
Le son de sa propre voix lui paraissait comme étranger. Elle était plus rauque, plus grave que d'habitude. Elle était éraillée, comme s'il avait hurlé à en cracher ses poumons pendant des heures sans s'arrêter.
Il sentit le matelas s'affaisser et bientôt quelques couvertures furent écartées, libérant son champ de vision. Il vit son frère, au-dessus de lui, dont le visage était insondable et qui, sans un mot, il lui colla un thermomètre dans la bouche. Rocinante eut un mouvement de recul quand l'extrémité de l'objet s'enfonça un peu trop sous sa langue.
— Ne bouge pas.
Rocinante fronça les sourcils et tenta néanmoins de se débattre un peu pour réduire la pression de l'outil. Après quelques secondes, Doflamingo le retira et le consulta.
— C'est déjà mieux, commenta-t-il en lisant la température.
— Qu'est-ce que je fous là ?
Articuler sa question fut d'une épouvantable difficulté mais elle brûlait bien trop les lèvres de Rocinante pour ne pas être posée, quel qu'en fut le prix.
— Là où ? l'interrogea son frère.
Rocinante cligna des yeux. Sa question lui paraissait pourtant d'une clarté assommante, même à lui. Malgré ses efforts, il ne parvint cependant pas à lui répondre. Doflamingo le devina et il retira toutes les couvertures puis l'aida à se redresser avant de porter un godet à sa bouche.
— Bois.
Rocinante s'exécuta sans protester même si son contenu coulait plus sur son menton que dans sa bouche. D'accord, Rocinante admettait qu'il n'était pas très doué, mais son frère y mettait quand même peu d'effort. En particulier quand l'eau s'infiltra dans son nez et que Rocinante commença à se noyer dans son godet.
Pour une fois qu'il en avait l'occasion, Rocinante lança un regard de reproche vers son frère qui ne fut pas du tout impressionné, ni même surpris. Entre deux toux qui lui brûlèrent les narines, Rocinante entraperçut une expression indescriptible sur le visage de son frère.
— On dirait que le traître est de retour, dit ce dernier d'une voix détachée.
Ce qui était admirable étant donné toute l'électricité qui régnait dans l'air, comme si une terrible tempête se préparait.
Rocinante se laissa le temps de respirer un peu, puis il essuya le coin de ses yeux où des larmes s'étaient rassemblées. Il remarqua également qu'il avait les yeux un peu collés et il se les décrotta, pour plus de confort, avant de relever la tête vers Doflamingo dont les yeux le scannaient à travers ses verres teintés.
— Que s'est-il passé ? demanda Rocinante.
— Ta fièvre a empiré et tu as commencé à avoir des délires, expliqua Doflamingo sans toutefois entrer dans les détails.
— Des délires ?
Rocinante n'aimait pas du tout la tournure que prenait la conversation. Par essence, il se méfiait de son frère, qui se dirigea vers le hublot de la cabine.
— Des trucs incohérents, lui répondit finalement Doflamingo en décalant les rideaux.
La lumière aveugla Rocinante un instant, le forçant à fermer les yeux et à les cacher derrière sa main. Cela lui envoya un éclair de douleur à travers le crâne.
Cette douleur, plus que toutes les autres, commençait réellement à lui porter sur le système.
— C'est-à-dire ? demanda-t-il en s'accoutumant peu à peu à la luminosité.
Rocinante était encore incapable de complètement ouvrir les yeux mais il entendit le sourire dans la voix de Doflamingo.
— Tu tiens tant que ça à tous tes petits secrets ? Cela serait franchement pathétique et décevant si tu me les avais livré sous le coup d'une simple fièvre.
Rocinante put enfin rouvrir complètement les yeux. La pièce était plongée dans cette lumière forte mais terne d'un ciel couvert d'une épaisse couche de nuages blancs. Il posa son regard sur son frère où, effectivement, un sourire errait sur son visage.
— Parce qu'il suffit d'une simple fièvre pour finir dans ton lit ?
Un sourire espiègle se dessina sur ses lèvres alors que celui de Doflamingo disparaissait pour laisser place à une expression parfaitement impassible.
— Roh, ça va, c'était juste une boutade.
Un silence se creusa entre eux, où Rocinante sonda son frère à la recherche de la moindre réaction. Mais rien, c'était comme si...
— Wow, murmura-t-il avant de laisser échapper un petit rire.
Comme si Doflamingo ne comprenait même pas la blague.
— C'est presque adorable, avoua-t-il non sans être légèrement abasourdi.
Cette fois, une veine gonfla immédiatement sur le front de Doflamingo et son visage se crispa. Derrière son irritation et sa colère évidentes, Rocinante y décela malgré tout une note d'incompréhension. Cela n'était en rien surprenant, certainement pas pour Rocinante en tout cas qui était tout de même épaté d'utiliser le mot « adorable » pour définir Donquixote Doflamingo. Il n'y avait qu'une seule personne au monde pour l'avoir trouvé adorable un jour et c'était sans aucun doute ce qui rendait Doflamingo si furieux.
Rocinante, lui, sourit d'un sourire doux qui se teinta d'une tristesse sourde quand il réalisa que le visage qu'il tentait de dépeindre dans son esprit devenait de plus en plus flou chaque fois qu'il y pensait.
Mais il se reprit aussitôt, penser à Mère était, aujourd'hui plus que jamais, un jeu bien trop dangereux auquel il ne devait pas se risquer parce que Doffy aussi était le fils de Mère.
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Merci d'avoir lu !
N'hésitez pas à me laisser votre avis, positif ou non, c'est ma petite drogue à moi.
