Disclaimers : One Piece est toujours l'œuvre sublime de Goda. Control, c'est Halsey. Et le prompt, la bêta, toussa, c'est Grise.

Note : Aye Aye ! C'est l'heure de la cinquième partie mais avant : encore et toujours, mille mercis à Illheart, A sushi, sairakazanki, Misstykata, Loecho, Ahnyia, Miss Macaronii, PerigrinTouque, Blue, Kiltera-Tissesort et Grise pour vos merveilleuses reviews ! Je tiens à m'excuser pour ce retard, absolument monstrueux par ailleurs, même si je n'avais pas forcément annoncé de rythme de publi précis. Je m'excuse surtout auprès de ceux qui lisent aussi la fic de Grise parce que Grise est géniale comme ça, et elle ne m'a pas laissée sur la touche et m'a aidé à me relever. Je ne vous promets pas que ça ne se reproduira plus jamais parce que... parce que la vie, tout simplement, mais j'espère quand même que vous me pardonnez cette longue attente et que vous apprécierez cette nouvelle partie qui a demandé de nombreuses réécritures.

(La RàR guest ni-vue, ni connue)
A sushi ; Fichtre, je crois que c'était plus neuf minutes que neuf heures ! Merci merci merci ! Je ne pensais franchement pas recevoir une review aussi vite, tu n'imagines pas comme cela m'a fait plaisir. J'essaye un peu de montrer une autre facette de Doffy, et je suis contente que cela fonctionne si bien. (Le pdv de Roci aide beaucoup, ceci dit ! J'étais aussi épatée et fière que Roci quand j'ai pu caser le mot « adorable » pour Doffy. Dans une fic tout du moins, car dans mon cerveau c'est désespérément facile de le faire.) Merci aussi pour tes encouragements, c'est ce genre de reviews qui donnent du baume au cœur et alimente la machine à inspiration ! (Même si on dirait pas vraiment comme ça... Mais je jure que c'est vrai !)
Blue ; Merci beaucoup pour ta review ! C'est toujours un plaisir de voir que Control a de nouveaux lecteurs ! :D J'espère que la suite continuera d'être aussi plaisante pour toi à lire !

WARNING : Fuyez pauvres fous !

Sur ce, bonne lecture !


Control

Partie 05


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Doflamingo s'étira après avoir fermé derrière lui la porte de sa cabine et il observa les épais nuages gris, presque noirs, qui se formaient petit à petit au-dessus d'eux. Ce n'était pas forcément mauvais signe : un peu de vent ferait du bien à la marche du bateau, nota-t-il distraitement, sans aller plus loin car son esprit n'était actuellement pas disposé à établir une prédiction météorologique plus poussée.

Ses pensées étaient tournées vers son petit frère, avec l'obstination d'une boussole cassée et pointant le sud. Rocinante se remettait, ce qui était une bonne chose. Ce qui l'était moins, c'était qu'il restait encore trop faible et que Doflamingo devait prendre une décision.

Il s'était assuré avec soin d'attribuer à son cher frère le moins de confort possible, juste assez pour que ce dernier puisse survivre. Hélas, il devait admettre que cela s'était finalement retourné contre lui et que, de plus, Rocinante lui demandait beaucoup trop de temps.

Aussi informative qu'avait pu être sa poussée de fièvre, Doflamingo ne pouvait se permettre de perdre à nouveau plusieurs jours simplement parce qu'il était dans l'obligation de surveiller de près et sa santé et ses petites révélations.

Sengoku, Kuzan, Tsuru... Voilà qui ce traître appelait dans ses délires fiévreux. Des noms prestigieux, vraiment, et avec lesquels son cher petit frère semblait pousser loin les relations. Oh, bien sûr, Doflamingo ne s'était pas attendu à ce qu'il le réclame lui. Il l'aurait détesté, d'ailleurs, s'entendre réclamer par celui qui l'avait trahi, mais au moins Père, Mère…

Était-il le seul finalement à se soucier de leur lien de sang ?

Mais il n'allait pas revenir sur le sujet. Cela l'agaçait et Doflamingo était arrivé à bout de sa maigre patience.

Pourtant, il avait dû prendre une décision : celle de ne pas renvoyer ce chien sur sa paillasse mais, au contraire, d'améliorer substantiellement son confort. Cela ne lui plaisait pas du tout, mais il savait que certains sacrifices étaient parfois nécessaires pour arriver à ses fins et, à l'heure actuelle, ils devenaient malheureusement vitaux. Littéralement. Et ce, autant pour Rocinante que pour l'état de ses propres nerfs car Doflamingo ne pourrait pas éternellement noyer sa frustration dans l'alcool. Pour la simple et bonne raison que ses réserves de vin, elles, n'étaient pas éternelles.

Ainsi, Rocinante était encore dans son lit, entre ses draps, où il s'était encore endormi car être un emmerdeur réclamait visiblement beaucoup d'énergie et son petit frère avait montré un incroyable talent en la matière. Lui-même n'était pas un gros dormeur, il pouvait se contenter de courtes siestes quand le besoin s'en faisait sentir. Cependant, à l'heure actuelle, il devait avouer que l'idée de se vautrer dans son lit et de dormir plus de trois heures consécutives lui semblait terriblement tentante.

Sauf que cela ne lui était plus possible.

C'était possible, dans l'absolu, car le lit, fait sur mesure, était assez vaste pour l'accueillir en plus de son visiteur inopportun, mais pas sans qu'ils se touchent. Or, même si ce dernier devait à son attentionné grand frère une hygiène sommaire, ça ne l'empêchait pas de puer la maladie et la transpiration. Rocinante puait, son lit puait, sa cabine puait et cela dégoûtait profondément Doflamingo.

Il avait la sensation d'être en perpétuel besoin de douche. De douches longues et brûlantes où il pourrait racler de sa peau cette odeur collante et nauséabonde. Par chance, il y avait quelques vêtements secs à lui dans le petit placard que Jora baptisait du pompeux nom de buanderie, et il s'en empara avant de se diriger vers la salle de bain pour une douche qui ne fut ni tout à fait aussi longue ni aussi chaude que ce qu'il aurait voulu mais qui lui laissa tout de même une agréable sensation de bien-être.

En sortant, il s'apprêta à se rendre vers les communs mais il s'arrêta en chemin en entendant, à la proue du navire, les cris et les rires des enfants qui lui firent changer d'avis.

Doflamingo n'était pas en train d'éviter ses exécutifs, loin de là. Donquixote Doflamingo n'évitait jamais rien ni personne. C'était juste qu'il avait momentanément perdu l'envie d'interagir avec eux. Et pour cause, il savait parfaitement que la discussion tournerait forcément autour de Rocinante. Doflamingo avait assez vu son frère pour, en plus, parler de lui.

Au moins, au milieu des enfants, il était à peu près convaincu de trouver une certaine paix d'esprit. Non pas que ces petits chieurs ne soient pas capables de questions encore plus gênantes et intrusives que des adultes mais ils avaient compris que le sujet de Rocinante était tabou et ils l'évitaient avec ce qui aurait pu ressembler à du tact si ce n'avait pas été juste un instinct de survie.

Il réquisitionna la chaise-longue de Diamante et s'y laissa tomber, avec une nonchalance qui n'était pas sans grâce. Sans interrompre son jeu, qui consistait à viser les poissons volants du bout d'une jambe transformée en canon, Baby 5 se mit immédiatement à lui parler tandis que Buffalo approuvait de vigoureux hochements de tête. Doflamingo écoutait sans entendre.

Cela aurait paru curieux à bien des gens, mais Doflamingo aimait les enfants. Il aimait le chaos qu'ils engendraient, car il était toujours en faveur du chaos tant qu'il pouvait le diriger du bout de ses fils. Il y avait surtout en eux une espèce de pureté, comme pouvait l'être la toile vierge d'un tableau. Les enfants étaient avides de tout savoir et de tout voir, parce qu'ils ne savaient rien et n'avaient rien vu. En leur donnant les bonnes informations, en les guidant et en les éduquant comme il convenait, il devenait facile de les modeler pour en faire ce qu'on voulait.

De plus, ils l'admiraient et ne manquaient jamais une occasion d'essayer de faire leurs preuves à ses yeux, s'appliquant toujours plus quand leur Jeune Maître les observait.

Ils l'aimaient malgré la peur qu'il leur inspirait, et c'était peut-être ce que recherchait le plus Doflamingo, non pas la puissance et la capacité de régner absolument sur leurs esprits mais être entourés de personnes qui seraient incapables de le trahir. Une famille.

Insensiblement, ses pensées convergèrent vers ce petit rat de Flevance. Est-ce que lui aussi avait rêvé d'une famille, de quelqu'un à aimer ? Est-ce que, finalement, il n'avait pas vu que le gamin lui ressemblait à ce point-là ?

Comment Rocinante avait-il pu trouver si facilement la faille et s'y faufiler pour retourner ce sale mioche contre lui ?

Au milieu de ses réflexions, un petit monstre en grenouillère rose en avait profité pour grimper le long de sa jambe et pour s'installer confortablement sur sa cuisse. Sa tétine pendait de ses lèvres, le caoutchouc commençant à se déchirer là où ses dents s'aiguisaient. Avec ses cheveux blonds et son petit sourire tranquille, il avait presque l'air d'un bambin normal mais il suffit à Doflamingo de plonger son regard dans celui de Dellinger pour que cette pensée disparaisse : il n'y avait aucune peur dans ces deux grands yeux ronds, aucune révérence ni aucune reconnaissance. C'était juste un bambin, en quête de nourriture et de bras dans lesquels se blottir confortablement. Il n'y avait pas chez Dellinger cet air naïf et innocent qu'ont toujours les enfants les plus jeunes, juste l'instinct d'un prédateur qui en rencontre un autre mais qui sait qu'on ne lui fera rien. Avec un sourire rempli d'indulgence, Doflamingo lui ébouriffa les cheveux.

Non, décidément, il n'y avait eu de faille chez Law que parce que Law était déficient depuis le début. Doflamingo faisait tout ce qu'il fallait pour ces jeunes créatures. Il laissa le bambin s'installer comme bon lui semblait et celui-ci se pelotonna habilement contre son ventre sans que les cornes sur sa tête ou l'aileron dans son dos ne soient une seule fois dans le chemin.

D'une façon surprenante, c'était presque apaisant de sentir le corps de Dellinger se soulever à chaque respiration, une respiration intense d'enfant en bonne santé, dormant comme un bienheureux. Il pouvait le sentir aussi à travers son Haki de l'Observation, cette sensation de bien-être et de sécurité qui aurait presque pu être contagieuse.

Le fait qu'il venait de douter de lui, de remettre en question les bases de sa famille percuta alors Doflamingo et cela réveilla cette rage sourde qu'il contenait mal en lui depuis plusieurs jours.

Décidément, même quand il n'était pas là, Rocinante continuait de lui porter sur le système.

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Doflamingo mangea à table, entouré de sa famille, et il réalisa qu'il ne l'avait quasiment plus fait depuis que l'état de Rocinante s'était aggravé. Il savoura cet instant à ce qu'il considérait être sa juste valeur.

Il aimait sentir toute sa famille autour de lui, en chair et en os. Bien sûr, ils étaient toujours avec lui, qu'ils le veuillent ou non, leur présence faisant trembler d'invisibles fils éternellement reliés à chacun d'entre eux, mais c'était une toute autre sensation de les voir, de les entendre.

Aucun d'entre eux, sauf peut-être Trebol mais il n'en avait soufflé mot, n'étaient au courant de cette chaîne invisible qui les reliaient à leur maître à tout moment. C'était pour mieux les contrôler, aurait dit Doflamingo si on le lui avait demandé, avec nonchalance et sans affectation, parce que c'était quelque chose de normal pour lui que d'être en contrôle.

Ce qu'il n'aurait pas avoué, pas même à lui-même, c'était que c'était aussi pour les protéger. D'intangibles, et pourtant incassables, lignes de vie qui, en permanence, lui permettait de les atteindre et de les sortir du péril, ce qui sur un bateau, avec cette cargaison d'enclumes qu'ils étaient tous à l'exception de Lao G, pouvaient se révéler plus qu'utile.

Pour une fois, il avait Dellinger sur les genoux. Personne ne fit aucune remarque sur le sujet. Cela arrivait de temps en temps, des vagues coup de caprices où le terrible pirate s'amusait à donner la becquée au petit être. Avec une nature aussi sauvage que celle de Dellinger, il n'était pas forcément inutile de lui rappeler qui était la main qui le nourrissait. Cela n'était pas la première fois que cela arrivait depuis qu'ils avaient trouvé le nourrisson sur le bord d'une plage sale où la mer régurgitait tous les déchets qu'on pouvait lui lancer.

À la fin du repas, Señor Pink et Gladius, qui étaient de corvée de plonge, se mirent à débarrasser la table rapidement et efficacement.

— Jora, l'appela Doflamingo alors qu'elle allait sortir de la pièce, sentant sans doute que le Jeune Maître et ses subordonnés les plus directs devaient discuter.

Il lui tendit le bambin endormi et elle s'éclipsa en emportant l'enfant sans que celui-ci n'ouvrit même un oeil pendant l'opération.

— Lao G, va me préparer un bol, ordonna-t-il à l'homme qui allait sortir à sa suite.

Plus de précisions n'étaient pas nécessaire.

— Tu continues de lui faire ingurgiter cette merde ? lui demanda Diamante avec un rire mauvais en se réjouissant de cette idée.

Doflamingo laissa un sourire méchant étirer ses lèvres.

— Évidemment, répliqua-t-il, pour qui tu me prends ?

Diamante éclata de rire, le plat de sa main frappant la table : tout ça n'était qu'une bonne blague pour lui. Pica et Trebol ne manifestaient, eux, aucun amusement.

Doflamingo songeait à la décision qu'il avait pris plus tôt. Il allait aussi devoir revoir le menu de son petit frère.

— Doffy, il faut qu'on parle, dit soudain Trebol, au moment où Lao G revenait très opportunément de la cambuse avec un bol de bouillie chaude.

— Plus tard, fit le blond, avec un geste de la main et en se levant.

Le plus tard possible.

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Rocinante ne fit aucune remarque sur le mauvais goût de la bouillie que Doflamingo lui faisait de nouveau manger. Ce dernier pouvait lire son dégoût dans ses yeux encore brumeux mais le captif restait silencieux à ce sujet. Et uniquement à ce sujet.

— Alors quoi, tu fais pas la mouette ? C'est pour Roci, le bon miam miam ! Mince, tu n'es pas doué, et puis tu fais une de ces tronches… Heureusement que le bébé que tu as à bord c'est Dellinger parce que n'importe quel autre, tu lui ferais peur, lui déclara-t-il entre deux bouchées, pouffant comme le sale gamin qu'il n'était plus mais qu'il s'appliquait à être.

Doflamingo ne réagit pas et le fit taire en lui enfonçant la cuillère dans la bouche d'un geste plus brusque que les précédents. Rocinante s'étouffa à moitié et il toussa un instant. Puisse-t-il s'étouffer avec et en crever cette fois.

Le repas administré au grand malade, que sa crise de toux semblait avoir laissé momentanément sur le carreau, Doflamingo ne s'attarda pas dans la cabine et retourna sur le pont. Il entendit la voix de Diamante qui riait fort à cause d'une victoire aux cartes. Il se dirigea plutôt vers la proue, envoyant les enfants jouer ailleurs, et là, après un coup d'oeil méfiant au ciel, il se laissa aller à une sieste méritée.

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Deux jours plus tard, alors qu'il avait pris l'habitude de réquisitionner la chaise-longue de Diamante, il fut tiré de sa demi-torpeur par un cri :

— Hé ! Hééé ! Doffy ! l'interpellait Trebol depuis le nid de pie avec une excitation palpable dans la voix, laissant traîner le « o » de Doffy plus longtemps que d'habitude. L'île est en vue ! L'île est en vue !

Doflamingo rejoignit en un éclair l'homme-mucus et lui prit la longue-vue qu'il tenait dans les mains. À l'œil de Doflamingo, ce n'était encore qu'un point dans l'horizon, mais l'île était là. Ils allaient enfin arriver à leur quartier général, rassembler ce qui restait encore sur place et continuer leur route vers Red Line.

À cette nouvelle, ce fut comme si on ôtait un poids des épaules de Doflamingo : cela faisait tant de jours que la situation semblait stagner, depuis la trahison de Rocinante et sa résurrection inattendue.

Mais non, les choses avançaient et un immense sourire dévora son visage alors que son regard se portait au-delà de la figure de proue de la Dulcinea.

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Merci d'avoir lu ! (En espérant qu'il y ait encore quelqu'un O_O)
Je dois avouer que j'ai eu le même sourire manique de Doffy quand j'ai réalisé que j'étais venue à bout de ce chapitre car il n'était pas le seul à avoir l'impression que l'histoire était en train de stagner. Et je commençais sérieusement à désespérer.
N'hésitez donc pas à me laisser vos avis, vous savez qu'ils sont tous pris avec le plus grand plaisir !

Ah, et une petite précision : « Dulcinea » n'est absolument pas le nom canon du navire de la DF, car le navire n'a visiblement pas de nom dévoilé, à ma plus grande peine. J'ai donc été chercher l'inspiration à la source, du côté de Cervantes, donc, et voilà. Dulcinea.
(Vous devriez chercher qui est Rocinante, d'ailleurs, ça vaut le détour.)