Disclaimers : One Piece est toujours l'œuvre sublime de Goda. Control, c'est Halsey. Et le prompt, la bêta, toussa, c'est Grise.
Note : Bonjoir ! Youhou, me revoici pour la partie six ! Mais avant, hein, comme d'hab : merci merci merci à Misstykata, A sushi, Grise, Illheart et Miss Macaronii pour vos reviews ! Bon, j'ai encore mis plus de deux semaines pour poster une suite mais y'a du progrès par rapport à la dernière fois, non ? ... C'est certainement parce que ce chapitre est encore plus court que le précédent, et j'assume complètement. Et vous comprendrez pourquoi à la fin, je suppose. Mais trêve de blabla, je vous laisse lire cette nouvelle partie !
(La RàR guest ni-vue, ni connue)
A sushi ; Tes reviews sont toujours adorables, je ne te remercierai jamais assez ! Je suis ravie de t'avoir revu aussi rapidement sur cette nouvelle partie après avoir mis autant de temps pour la poster. Franchement, merci pour ça. Je ne sais pas comment tu fais, mais ça fait chaud au cœur. J'ai réécrit cette partie cinq de nombreuses fois et...avant d'y arriver, je tournais vraiment en rond sans parvenir à trouver quelque chose qui me convenait et qui convenait à l'histoire. J'ai le plan général de l'histoire, bien sûr, mais j'aime que chaque chapitre forme un tout également, d'où mon impression que cela stagnait. Je suis super contente que tu ais apprécié le rapport entre Doffy et le reste de la DF. C'est la fondation même du personnage, selon moi, et donc cela me tenait à cœur de le mettre en avant.
WARNING : Fuyez pauvres fous !
Sur ce, bonne lecture !
Control
Partie 06
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Le débarquement avait été épouvantable.
Cela avait été de nuit, sous une pluie torrentielle et par un froid glacial. Et Rocinante avait été transporté dans les bras de Pica.
Il n'était pas sûr de se remettre de ce traumatisme un jour. Il avait bien tenté d'alléger l'atmosphère en proposant d'embrasser son prince charmant pour le remercier mais ni lui ni Doflamingo n'avaient réagi à sa blague et c'était juste triste.
Ce qui était triste également, ou plutôt effrayant, c'était que Rocinante n'avait absolument aucune idée de combien de temps s'était écoulé depuis Minions ni même d'où ils se trouvaient.
Pendant son transport, il avait tenté de repérer le moindre détail pouvant lui indiquer leur position, mais il avait fait trop sombre et la pluie avait été trop violente pour y parvenir.
Tout ce dont il pouvait être certain, c'était qu'il s'agissait certainement d'une île où les marines ne mettaient pas leur nez, parce qu'il y en avait encore beaucoup malheureusement. Doffy n'avait pas besoin de beaucoup prospecter pour trouver ce genre d'îles ; il y avait un pion dans son jeu que Rocinante ne devait surtout pas oublier : Vergo.
Ses observations ne devaient pourtant pas le mener à une évasion. Sans blague, c'était tout simplement impossible et il en était parfaitement conscient : au meilleur de sa forme, il ne faisait déjà pas le poids face à son frère, alors qu'en serait-il en l'état pitoyable dans lequel il était encore ? C'était à peine s'il arrivait à rester éveillé plusieurs heures d'affilée.
Pourtant, il lui restait toujours une autre sorte de fuite. Mais il n'était même pas sûr d'avoir le temps de faire quoique ce soit sans que Doflamingo ne capte ses mouvements. Non, pas même mettre fin à sa propre vie.
La plupart du temps, Rocinante s'efforçait de rester immobile. Lorsqu'ils étaient encore en mer et que Doflamingo avait visiblement décidé de lui laisser son lit, le marine s'était efforcé de découvrir quels mouvements il pouvait faire sans attirer l'attention de son frère. Il n'était pas sûr de ce que Doflamingo avait prévu pour lui une fois qu'il irait mieux, alors Rocinante préférait cacher au maximum l'amélioration de son état. Même si cette décision était à double tranchant, car rester éveillé sans pouvoir bouger librement permettait à son esprit d'errer sur des pensées qu'il aurait préféré éviter.
Rocinante s'accrochait, autant que possible. Son esprit ne devait pas lâcher, il devait rester fort car il avait bien conscience que sa bonne humeur était sa seule arme contre Doflamingo.
Rocinante arrivait malgré tout à garder quelques petits moments de distraction, même si cela lui explosait systématiquement à la figure. Enfin, si la colère de son frère se retournait contre lui, ça ne faisait rien, c'était quelque chose qu'il pouvait supporter, qu'il acceptait même. Néanmoins, il devait rester prudent. Sur le navire, il n'y avait eu personne d'autre que lui et cet équipage auquel Rocinante n'accordait pas vraiment d'importance et son cher frère beaucoup trop. Mais à présent, ils étaient sur une île, et Rocinante n'était pas sûr de pouvoir supporter qu'un innocent paie à sa place parce qu'il avait décidé de se distraire un peu.
Ceci dit, depuis qu'ils avaient débarqué, Doflamingo avec qui il avait vécu jusque là en une étroite et nauséeuse cohabitation n'apparaissait plus si souvent, et petit à petit un ennemi qui n'était pas moins terrible et destructeur avait fait son entrée : l'ennui, qui l'assommait comme une massue et érodait sa résistance. Il avait beau tenter toute sortes de jeux mentaux, réciter des chansons ou des poèmes appris dans son enfance, inventer des histoires, le temps passait avec une lenteur affreuse.
Le temps était justement un de ses autres soucis. Il en avait perdu toute notion et il savait que c'était quelque chose de très dangereux dans sa situation. Il n'avait aucune idée de combien de jours s'étaient écoulés depuis qu'il avait abandonné Law à son sort. Le nombre de bouteilles vides qui s'accumulaient dans la cabine et la vie rythmée sur le navire lui avait permis d'établir une vague estimation.
Malgré le bruit qui régnait toujours sur un navire, il avait pu capter le son de la cloche de quart. En effet, même hors des eaux troubles de Grand Line, la navigation n'était pas quelque chose à prendre à la légère et Doflamingo le savait parfaitement. Cependant, même si la cloche était sonnée, cela ne lui avait pas suffit à se faire une idée tout à fait précise. En premier lieu, parce qu'il y avait beaucoup d'autres sons sur un navire, surtout avec de si nombreuses vies à bord. Il y avait aussi le mugissement du vent dans les voiles, le grincement des poulies, le craquement du bois du vaisseau, le grondement de la mer elle-même. Et puis en second lieu, il y avait ses heures de sommeil erratiques entrecoupées de délires dont il sortait incapable de savoir si une heure ou une semaine s'était écoulée pendant son inconscience.
De ce fait, Rocinante n'avait jamais pu établir une chronologie précise. Au mieux, il avait pu savoir à peu près quelle heure de la journée il était. Les choses ne s'étaient pas franchement améliorées depuis qu'il était tout seul dans cette pièce vide et silencieuse.
Déjà, il n'y avait plus de cloche de quart. Il y avait bien une fenêtre dans la pièce dans laquelle il était installé, mais son étroitesse, son orientation et de solides barreaux l'empêchaient de suivre la course du soleil et de se guider selon les ombres. Il n'avait aucun moyen de savoir combien de temps il dormait, et il se défiait de son corps et de son esprit fatigué. Doflamingo venait bien de temps à autres, mais ses visites se faisaient de plus en plus rares et Rocinante avait deviné sans peine que son frère s'efforçait de venir n'importe quand pour l'empêcher de se créer une sensation de rythme.
Mais ça, Rocinante s'y était attendu. Après tout, c'était une manœuvre rudimentaire quand il s'agissait de briser un captif, en particulier quand on voulait lui soutirer des informations. Rocinante lui-même était loin d'y être étranger, même si cela avait été fait au nom de la Justice.
Rocinante sentit son cœur s'alourdir dans sa poitrine à cette pensée alors que l'image de Sengoku se dessinait dans son esprit. Il la chassa aussitôt, avec férocité et détermination.
Enfin, bien sûr, surtout, il y avait les murs.
Il y avait cette pièce dont il avait appris par coeur les moindres détails, et certainement toute cette satanée baraque, faite de pierre, ces mêmes pierres avec lesquelles Pica ne faisait qu'un.
La terreur et l'angoisse que pouvait lui inspirer le pouvoir de Pica n'était rien de nouveau, mais ajoutés à tous ces paramètres, Rocinante en devenait presque paranoïaque. Il ne pouvait s'empêcher de fixer les murs, de compter chaque dalle à chaque fois qu'il se réveillait pour voir si les murs ou le plafond avaient bougé d'une façon ou d'une autre. Parfois, l'idée l'obsédait tellement qu'il ne savait pas s'il voyait réellement deux yeux marrons le fixer, ou si ce n'était que le fruit de son esprit paniqué.
Pica et son air simplet, Pica et sa voix si ridiculement aiguë, Pica qui provoquait l'hilarité de tous et que Doflamingo protégeait avec férocité. Pica, qui avait fini par ne plus parler. Pica, auquel personne ne faisait jamais attention. Pica, si discret, si dangereux.
Rocinante était dans un de ces moments de panique, sentant ses entrailles se tordre dans son ventre et l'angoisse le saisissant avec violence lorsque la porte s'ouvrit d'un coup, le battant en bois claquant contre le mur. Il sursauta.
L'immense silhouette de Doflamingo pénétra dans la pièce, suivie de près par Pica qui déposa une immense cuve au milieu de la pièce. C'était l'heure de se laver, devina-t-il. Et il était aussi tant de peaufiner son jeu d'acteur.
— J'ai faim, dit-il. Et j'ai envie de pisser, et certainement de chier aussi. Tu comptes me laisser faire tout ça comme un grand au bout d'un moment ou tu prends plaisir à jouer à la poupée ? Non parce que si tu veux que je crève d'une occlusion intestinale, on est sur la bonne voie.
Doflamingo tourna la tête vers lui. Rocinante pouffa de rire.
— Tu essayes de me fusiller du regard ? Tu te rappelles que tu as des lunettes, n'est-ce pas ?
En un mouvement de main de la part de Doflamingo, tous les fils accrochés au plus jeune furent tirés et il serra les dents sous le coup de la douleur. Néanmoins, il prit sur lui et se mit à rire.
— Ou alors c'est pour le plaisir de me déshabiller ?
Pica, qui était en train de se relever dans le dos de Doflamingo, se stoppa et jeta un œil à Rocinante. Ce dernier réprima un frisson d'angoisse et ses lèvres s'étirèrent d'un grand sourire avant de faire un clin d'œil à son frère.
Doflamingo ne réagit pas, ni à son allusion, ni à Pica qui avait finalement quitté la pièce. Il força Rocinante à se redresser du bout de ses fils et il commença à lui ôter vêtements et pansements, détaillant son corps avec une froideur clinique, analysant chaque blessure. Rocinante se crispait à chaque fois qu'il sentait les doigts de son frère passer sur sa peau, sur chaque cicatrice.
Elles ne lui faisaient plus mal, plus vraiment. Rien d'inhabituel depuis ces quinze dernières années. Mais Doflamingo ne semblait pas pressé de passer à la torture physique. Peut-être l'avait-il fait, mais Rocinante ne s'en souvenait pas et c'était avant la terrible fièvre qui avait poussé son frère à lui céder un lit duquel il ne l'avait pas chassé quand il avait commencé à aller mieux. C'était là que Rocinante avait décidé de faire traîner les choses pour voir où elles allaient mener.
Le marine se laissa docilement faire, parce qu'il n'avait pas d'autres choix à l'heure actuelle. Une certaine routine s'était installée, ce qui ne retirait rien à l'horreur de sa situation. Bien au contraire. Rocinante pensait que le jour où il se résignerait à l'inacceptable, ce serait le début de la fin.
Doflamingo terminait de laver son dos quand du boucan se fit entendre dans le couloir, comme des pas précipités, et on ne tarda pas à frapper à la porte.
— Doffy ! Ça y est, il est revenu !
Doflamingo stoppa ses gestes en entendant la voix de Diamante de l'autre côté de la porte et Rocinante le sentit bouger derrière lui, se tournant certainement vers la porte. De qui pouvait-il bien parler ?
— Où est-il ? demanda-t-il avec empressement.
Rocinante écouta avec attention et il tenta de bouger pour voir son frère, en quête d'indices, mais celui-ci le maintint pour l'en empêcher. Rocinante avait l'impression que tout son corps se pétrifiait. Non, cela ne pouvait pas...
— Dans le salon, il a dit qu'il voulait te parler. Ce sont les seuls mots qu'il a décrochés.
Non...
— Vraiment ?
Rocinante ne pouvait pas le voir, mais il pouvait entendre le sourire affreux qui se dessinait sur le visage de son frère alors que ses doigts se faisaient plus fermes autour de son épaule.
— Non, souffla-t-il à voix haute sans même s'en rendre compte, sa gorge se nouant et les larmes lui remontant aux yeux. Non...
Doflamingo se mit à rire derrière lui, de ce rire méchant et satisfait qui glaçait le sang, le plongeant au coeur d'un cauchemar éveillé. Sa poitrine se serra douloureusement et sa respiration se fit plus erratique.
— Faites-le patienter le temps que j'arrive, et assurez-vous qu'il n'aille nulle part, surtout.
— Okay, Doffy.
Rocinante n'entendit pas les pas de Diamante qui s'éloignaient, les ricanements de plus en plus fous de son frère résonnant dans ses oreilles. Ce dernier attrapa son visage entre ses doigts et se rapprocha tout près de lui. Son haleine empestait l'alcool.
— Oh, mais que t'arrive-t-il, petit frère ? lui sussura-t-il.
Rocinante fut incapable de répondre alors que sa vue se brouillait de larmes.
Cela ne pouvait être qu'un cauchemar.
Law.
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Merci d'avoir lu !
*s'en va avec un rire démoniaque*
(N'oubliez quand même pas de me donner votre avis !)
