Disclaimers : One Piece est toujours l'œuvre sublime de Goda. Control, c'est Halsey. Et le prompt, la bêta, toussa, c'est ma merveilleuse Grise.
Note : Hello tout le monde ! Je suis encore en retard, mais je suis quand même de retour pour cette septième partie ! Pour me faire pardonner, elle est plus longue que la précédente ! Et, comme toujours, encore merci à Miss Macaronii, Misstykata, Illheart, Aurore D Heart, Sushi, ChocOlive Flamous et Grise pour vos reviews. Même si je me répète à chaque fois comme une vraie petite grand-mère, j'adore vous lire et vous répondre.
(La RàR guest ni-vue, ni connue)
Sushi ; Déjà, non, s'il te plaît c'est à moi de te remercier de me laisser une review à chaque chapitre depuis que tu as commencé à lire parce que, vraiment, cela me fait extrêmement plaisir, c'est un pur bonheur et c'est vraiment une source de motivation incroyable. Je suis aussi ravie de savoir que Control t'ait aidé à traverser cette épreuve intense qu'est le bac et j'espère que tout s'est bien passé pour toi.
Pour les dialogues... Hahaha, je t'avoue que je suis la première à me marrer quand je les rédige. (Et j'avoue que, parfois, toute une scène est créée dans l'unique but de caser une réplique. Je suis timbrée à ce point !) Pour l'histoire, j'essaye... j'essaye ! Je sais globalement où je vais, ce qui aide énormément et ce qui me permet d'étoffer certains passages pour y glisser des indices.
Si cela peut te rassurer : Roci me fait mal au cœur mais Doffy me fascine aussi... Donc je ne sais pas, peut-être qu'on est étrange toutes les deux ! :D (Et je suis juste extatique parce que cet effet est totalement l'effet voulu. ;))
Je ne pensais pas que Pica ferait autant mouche, ce que j'adore en tout point d'ailleurs. Au final, au niveau de la personnalité, c'est vraiment l'exécutif de la DF qui a été le plus mis en retrait dans OP même si Oda nous a filé tout plein d'indices.
Et enfin... Law, ah, c'était si tentant... si tentant... Hahaha, mais je vais m'arrêter de blablater parce que, fichtre, cette réponse est déjà monstrueuse mais je ne le répéterai jamais assez : merci merci MERCI !
WARNING : Fuyez pauvres fous !
Sur ce, bonne lecture !
Control
Partie 07
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Doflamingo riait alors qu'il sentait son frère plonger dans l'angoisse et l'horreur.
Il riait de ce rire dément qui le prenait quand tout ce qu'il avait envie de faire était de détruire, détruire, détruire.
Ses doigts s'enroulèrent doucement autour de la nuque pâle de Rocinante qui s'était affinée et presque affaissée au fil des jours, les muscles fondant petit à petit pour nourrir ce corps abîmé qui cherchait à se reconstruire.
Il pourrait le détruire si facilement, s'il le voulait. Détruire ce marine déguisé en traître, détruire ce traître déguisé en frère, détruire, en brisant sa nuque, cet être autrefois si puissant et aujourd'hui si fragile.
Mais Doflamingo n'avait plus de temps à accorder à Rocinante, il avait une situation bien plus urgente à gérer.
La terreur et la panique n'avaient jamais rendu son frère aussi soumis et silencieux, lui donnant l'impression de manipuler un cadavre, ce qui permit à Doflamingo d'en terminer au plus vite.
Lorsqu'il était ainsi, le laver était presque un plaisir.
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Quand Doflamingo arriva devant son bureau, il vit le visage de Pica ressortir du mur.
— Rien à signaler ?
Pica secoua la tête, faisant onduler la paroi tout autour.
— Bien, je m'en occupe.
Cette fois, Pica acquiesça et son visage se fondit de nouveau dans la pierre. Doflamingo attendit un instant, sentant la présence de Pica s'éloigner et il entra brusquement dans la pièce. Il claqua la porte derrière lui et son regard se posa immédiatement sur la source du problème actuel. Problème qui n'était ni petit, ni malade, et qui n'avait pas mangé l'Ope Ope no Mi récemment. Non, ce problème n'avait d'autre forme que celle de Señor Pink.
Señor Pink, qui était parti sans dire un mot alors que Doflamingo avait été catégorique, qu'il avait donné ses ordres et qu'ils devaient quitter la base au plus vite.
Il ne lui laissa pas le temps de réagir et il se jeta sur lui, le plaquant au sol en renversant l'immense canapé. À la lueur du lustre, on pouvait voir briller les fils tendus entre ses doigts écartés au-dessus de la tête de l'homme.
— Où étais-tu passé ? siffla-t-il avec férocité.
Cependant, les lunettes de Señor Pink avaient volé dans la collision et Doflamingo finit par croiser son regard. Ses yeux cernés étaient rouges et gonflés, comme quelqu'un qui avait beaucoup pleuré et peu dormi. Enfin, alors que sa fureur commençait à se calmer face à ce spectacle, Doflamingo sentit la détresse et la tristesse que ressentait son subordonné. C'était même tout ce qu'il ressentait, formant une spirale de douleur où la peur et l'inquiétude de ce qui pouvait lui arriver n'avait pas sa place.
Cela ressemblait presque à du deuil.
Du deuil, dans sa famille. C'était absurde. Comment est-ce qu'un membre de la Donquixote Family pouvait être en deuil ?
Doflamingo se releva et si ses fils claquèrent dans l'air, ce ne fut que pour redresser le canapé et le replacer correctement. Puis il posa sur la table basse un cendrier ainsi que deux verres avec une bouteille de whisky de contrebande.
— Parle, ordonna-t-il en versant l'alcool dans les deux verres après avoir pris place dans un des fauteuils.
Señor Pink tenta d'allumer la cigarette qui pendait à ses lèvres, sans se rendre compte tout de suite que celle-ci était brisée. Quand il le remarqua, il fronça les sourcils et la jeta dans le cendrier avant d'en sortir une autre du paquet rangé dans sa poche. Puis, il prit une longue bouffée de tabac. Le nuage de fumée se répandit dans l'air en même temps que son odeur nauséabonde.
Il prenait son temps. Doflamingo n'aurait jamais eu la patience d'attendre en temps normal mais cette douleur sourde et constante, comme une plaie vive, qui émanait de l'homme, lui disait assez qu'il ne servirait à rien de le brusquer. C'était infiniment dérangeant : Señor Pink souffrait tant qu'il n'avait pas peur de lui.
— J'aimerais rester ici un peu plus longtemps, annonça-t-il en remarquant juste à temps la cendre chaude qui manquait de tomber sur sa main.
— Je ne pense pas que tu puisses me demander quoi que ce soit, répliqua Doflamingo, d'une voix froide et sans appel.
Señor Pink hocha la tête et continua de fumer sa cigarette en fixant la fumée qui sortait de sa bouche et de ses narines, contemplatif.
— Mon fils est mort, lâcha-t-il finalement, de but en blanc. Gimlet est mort.
Sa voix se brisa en disant ces derniers mots et ses dents se crispèrent sur le filtre de sa cigarette. Il déglutit difficilement, ravalant sans doute un sanglot comme si cela suffisait pour ravaler son chagrin et le faire disparaître.
Doflamingo avança à nouveau le verre vers lui mais Señor Pink n'y prêta aucune attention.
— Ton fils ? demanda-t-il avant d'ajouter d'une voix soigneusement neutre : je n'étais pas au courant.
Señor Pink prit une nouvelle bouffée de nicotine d'un geste absent, automatique.
— Et la mère ? questionna Doflamingo.
— Elle est à l'hôpital.
Alors il y avait une mère. Merde, voilà qui était déjà plus problématique. Doflamingo s'adossa plus confortablement dans son fauteuil et croisa les jambes en reposant sa cheville sur sa cuisse.
— Et si tu m'expliquais tout depuis le début, proposa-t-il en faisant tourner le liquide ambré dans son verre.
Señor Pink obéit. Il lui raconta comment il avait rencontré la jeune femme, Russian, trois ans plus tôt quand Doflamingo envoyait régulièrement ses hommes prospecter dans tout North Blue. Il lui parla la haine qu'elle vouait aux pirates, toute cette double vie qu'il s'était construit pour gagner le cœur de la jeune femme, leur mariage, leur enfant. Puis, il termina par son retour, la terrible nouvelle et l'accident de son épouse ainsi que de son état actuel.
— Tu savais qu'on ne resterait pas éternellement dans North Blue, dit alors Doflamingo en se servant un nouveau verre. Qu'est-ce que tu comptais faire ?
Señor Pink chercha une nouvelle cigarette mais le paquet était vide et il l'écrasa entre ses doigts, certainement pour se donner le temps de réfléchir.
— Je n'en sais rien, avoua-t-il finalement avec une sincérité qui sembla le troubler.
Doflamingo, lui, trouvait cela décevant.
Señor Pink était un homme brillant, qui avait toujours fait preuve d'une grande intelligence. Doflamingo ne comprenait pas comment il avait pu agir aussi stupidement, c'était comme s'il n'avait même pas réfléchi à la question avant que Doflamingo ne la lui pose. Comme s'il n'avait même pas envisagé de vivre autrement et avait cru pouvoir naviguer ainsi d'une vie à l'autre pour toujours.
Doflamingo vida son verre en une gorgée et se leva pour aller jusqu'à son bureau. Il ouvrit un tiroir et en sortit un paquet de cigarettes. Doflamingo ne fumait pas, mais il s'était habitué à toujours avoir du tabac à portée de main à cause de cette irritante manie que Señor Pink partageait avec Rocinante.
Doflamingo contempla un instant le contenu de son tiroir, où se mêlaient à du papier à lettre personnalisé et à des balles, un petit pot de baume pour brûlures et un carnet à couverture noire où son frère avait l'habitude d'écrire, et il se demanda si, à un moment donné, son bureau n'était pas aussi devenu celui du traître.
Et la réponse était simple et platement évidente : si, bien sûr que si. Parce que Doflamingo n'avait et n'aurait jamais rien refusé à son petit frère. Si l'autre le lui avait demandé, il aurait même donné ce maudit fruit à son cher petit Law. Il fit craquer ses doigts et s'imagina à nouveau cette nuque si fragile, si pâle. La tordre. La briser. La détruire.
Comment Señor Pink avait pu se laisser aller à tomber amoureux ?
Dans sa main, le paquet de cigarettes. C'était la marque favorite du traître, bien sûr. Eh bien, l'autre homme devrait s'en contenter. Irrité de l'obstination qu'avait Rocinante à se glisser à tout moment dans sa vie, il referma le tiroir d'un coup de genou.
Il n'arrivait pas à oublier que ce paquet, il l'y avait lui-même placé, en prévision du retour de celui qui était alors un membre important de sa famille.
Il se dirigea vers Señor Pink et lui tendit les cigarettes d'une main. Délibérément, il posa l'autre sur son épaule, dans un geste qui pouvait paraître instinctif et réconfortant.
— Tu aurais dû me le dire plus tôt, fit-il d'une voix calme, mais on trouvera une solution. Si c'est important pour toi, c'est important pour nous. Après tout, nous sommes une famille.
Il serra l'épaule avec un peu plus de force. Que l'homme se rappelle que, malgré toute sa bienveillance, il était le Maître.
Señor Pink hocha la tête et prenant le paquet, le fixa avec révérence. Il le croyait. Tout allait s'arranger parce que lui, Doflamingo, le disait. C'était ainsi que ça fonctionnait. C'était ainsi que ça aurait dû toujours fonctionner.
— Merci, Jeune Maître.
Doflamingo sourit, et il reçut l'ombre pâle d'un sourire en retour.
— Va m'attendre dans la salle à manger. Nous dînerons tous ensemble ce soir.
L'homme hocha la tête et, se levant, il sortit après un dernier regard emprunt de gratitude.
Doflamingo était retourné s'asseoir, et ayant levé le verre intouché de Señor Pink, contempla la silhouette de l'homme disparaître et la porte se refermer à travers le prisme doré de la boisson.
Bien.
Maintenant, il allait falloir régler le problème de cette Russian.
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— Alors ? le questionna Diamante en entrant de son bureau quelques minutes après le départ de Señor Pink.
— On va rester encore ici un peu de temps, répondit-il sans lever les yeux de la copie du dossier médical que Señor Pink avait apporté avec lui et qu'il avait laissé sur la table. Je préviendrai tout le monde pendant le dîner.
— Pourquoi ?
Cette fois, il leva la tête et fixa son exécutif. Trebol et Pica l'avaient suivi.
— Mais parce que je l'ai décidé ainsi, rétorqua-t-il d'un ton cassant qui n'admettait pas la réplique. Je dois encore régler quelques petites choses.
— Señor Pink est un traître, lui aussi ?
La voix suraiguë de Pica resta quelques secondes dans l'air, l'excitation la rendait si perçante que le verre dans la main de Doflamingo vibra.
— Non, Señor Pink n'est pas un traître.
Le mucus de Trebol bloblotait autour de lui, l'homme ne tenait pas en place et voulait en savoir plus, les yeux rivés sur le dossier que le blond tenait entre ses mains. Il voulait absolument tout savoir.
— C'est tout ? demanda Doflamingo, peu désireux de partager plus d'informations pour le moment.
Trebol et Diamante hésitèrent un instant, mais ils finirent tous par hocher la tête.
— Hé, hé, Doffy, on peut faire quelque chose pour t'aider ?
— Assurez-vous de tenir tout le monde bien en laisse. Peut-être qu'on va devoir rester ici un peu plus longtemps que ce que je prévoyais, et la dernière chose dont nous avons besoin c'est d'attirer le regard de la Marine avant d'être prêts à décamper.
— Compte sur nous, lui assura Diamante.
Puis ils quittèrent la pièce et Doflamingo reprit sa lecture.
Señor Pink avait déjà demandé et ils avaient été catégorique : son pronostic vital étant engagé, sa femme ne pouvait être déplacée. Il n'y avait aucun moyen de maintenir son état sur un navire et même s'il n'avait rien dit sur le sujet, cela arrangeait Doflamingo. Il n'avait aucune envie de s'encombrer d'un poids mort, en particulier avec le cas Rocinante déjà sur les bras.
Le problème venait de son cerveau, assez endommagé pour la transformer en légume, mais suffisamment fonctionnel pour la laisser vivre, même si cela pouvait durer quelques jours ou quelques semaines.
Quelques mois ou quelques années.
Et ce n'était pas quelque chose qu'il était prêt à tolérer.
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L'ambiance au dîner était étrange.
Personne ne savait la raison de l'absence de Señor Pink, pas plus que celle de son retour. Certes, pas un des membres de la Donquixote Family n'aurait jamais remis en doute la parole de Doflamingo mais des regards tout au moins curieux étaient régulièrement adressés vers celui qui, de la bouche même de leur Jeune Maître, n'était pas un traître.
Si l'homme se rendait compte de ces coups d'oeil furtifs, il ne le manifesta pas. Il semblait perdu dans ses pensées.
Doflamingo pouvait presque lire dans son esprit, et cela l'exaspérait. Il pensait à elle, bien sûr, tout le temps. Elle était sans doute là, attablée avec lui, à lui sourire d'un sourire faux et hypocrite. C'était comme si seule cette femme qui ne l'aurait jamais aimé pour ce qu'il était réellement comptait pour lui.
Cela énervait Doflamingo. Se laissait-il aller, lui, à une telle attitude avec le cas de Rocinante ?
Pourtant, il décida de laisser couler. Après tout, Señor Pink était sa famille. Malgré toutes ces années, et malgré tout le bonheur qu'il avait trouvé dans les bras de cette femme, cela n'avait pas été suffisant pour le décider à leur tourner le dos. Señor Pink était un homme fidèle, loyal, lui.
Ce n'était qu'une épreuve difficile à passer, et Doflamingo était prêt à sacrifier quelques jours pour rappeler à Señor Pink qui était sa vraie famille.
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— Où est-il ?
Rocinante n'était plus en état de choc, mais l'angoisse et la panique étaient toujours visibles sur ses traits, dans ses mouvements. Doflamingo fronça les sourcils en le voyant se redresser avec beaucoup plus d'aise qu'il ne l'aurait dû et il l'observa attentivement en posant le plateau sur la table installée près du lit.
Il sourit et prit place sur la chaise, s'affalant et posant ses pieds sur le bord du matelas. L'estomac de Rocinante résonna dans la pièce. Il ne lui avait pas rendu visite de toute la journée, et la nuit était déjà bien avancée. Cela faisait désormais plus de vingt quatre heures qu'il n'avait pas mangé, mais la faim ne semblait pas le déranger, ni même le distraire.
— Où est-il ? répéta-t-il en détachant chaque syllabe.
Doflamingo se mit à rire. Son frère attendait-il réellement une réponse ? Était-il si attaché à ce gamin, comme s'il s'agissait de sa propre progéniture, qu'il en était devenu stupide à ce point ?
C'était misérable.
Rocinante le fixa. Son regard était froid, presque mauvais, le genre de regards qu'on n'accorde qu'à ses ennemis.
— Quoi que tu essaies de faire, Doffy, cela ne marchera jamais.
Le sourire de Doflamingo s'élargit.
— Vraiment ? Moi j'ai l'impression que cela marche à merveille. Tu devrais voir ça, petit frère.
Rocinante pâlit, mais il se reprit aussitôt.
C'était presque trop facile.
Doflamingo se redressa, lassé par ce jeu qui ne menait nulle part, et tendit l'écuelle à son frère.
Celui-ci le regarda sans comprendre, jusqu'à ce que le plus vieux la lui mette de force entre les mains. Donner la cuillère au captif n'avait aucun intérêt si cela lui apportait plus de distraction que d'humiliation.
— Tu devrais te dépêcher de manger, dit Doflamingo alors que Rocinante regardait la mixture sans avoir l'air de savoir quoi en faire. Tu ne voudrais pas que je m'énerve, n'est-ce pas ? On ne saurait pas sur quoi, ni sur qui, je risque de passer mes nerfs.
Rocinante déglutit et il attrapa la cuillère pour se forcer à manger alors que Doflamingo s'affalait de nouveau, les mains croisés sur son ventre pour mieux profiter du spectacle. C'était une chose d'avoir un repas absolument répugnant collé de force dans le gosier mais c'en était visiblement toute une autre lorsque l'on devait le faire soi-même.
Mais, alors que la cuillère était remontée jusqu'à ses lèvres, Rocinante la fit négligemment retomber dans l'assiette creuse avant de la reposer sur le plateau avec la même brusquerie.
— Roci...
— Quoi ? Tu pensais vraiment que j'allais manger ta merde ?
— Je pense que oui. Je pense que tu me baiseras les pieds si je te dis de le faire.
— Plutôt crever.
— Qui au juste, Rocinante ? Toi… ou lui ?
Son frère avait pâli encore plus.
— Alors mange. Et n'oublie pas de faire la mouette.
Oui, c'était presque trop facile. Doflamingo regarda son frère manger la bouillie avec délectation. Chaque cuillerée qui passait volontairement ces lèvres tatouées et trop rouges était une victoire en soi. S'il n'avait pas su que son frère détestait autant ça, ça n'aurait pas été aussi bon.
Quand l'écuelle fut vide, il se demanda s'il pousserait l'amusement jusqu'à la lui faire lécher. Il joua avec l'idée puis y renonça. Ce serait pour un autre jour.
— Comme tu as l'air nettement moins bavard que d'habitude, j'espère que tu ne m'en voudras pas si je te quitte.
Remportant la vaisselle sale, il s'arrêta un instant avant d'ouvrir la porte.
Il ne pouvait juste pas résister à pousser un peu plus son frère dans ses retranchements. À le faire souffrir encore et encore, parce que trop ne serait jamais assez.
— Au fait, je pensais que tu devais le savoir : l'Ope Ope no Mi n'a fait que retarder le processus. Ce cher petit n'a pas réussi à se guérir. Il est revenu pour mourir avec toi. Mais tu comprendras que je ne vais pas t'infliger ça. Ta santé est encore fragile, tu manges à peine tout seul.
Il attendit une réponse qui ne vint pas. Se retournant, il vit que son frère pleurait. Doflamingo se mit à rire. Ses larmes, c'était toujours une délicieuse victoire.
Il sortit et referma la porte. Et, curieusement, son rire s'éteignit aussitôt.
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Doflamingo leur avait ordonné d'être discrets, mais cela ne voulait pas dire qu'ils devaient se comporter comme des anges.
L'entretien de la famille exigeait un certain revenu, revenu que Doflamingo n'était pas encore parvenu à assurer régulièrement au rythme de ses pérégrinations qu'il devait notamment à la trahison de son petit frère.
Alors, ce moulin, qui avait la réputation de brasser un bon paquet de blé, au sens propre comme au figuré, avait forcément attiré son attention. C'était un bon coup, autant pour les berrys qu'ils gagnaient à moudre le grain que pour la farine en elle-même, car il s'agissait du genre de provisions parfaites et indispensables quand on voyageait en mer.
Doflamingo avait rassemblé les membres de sa famille, mais Señor Pink n'avait pas été convoqué. Doflamingo voulait le laisser souffler, lui donner l'illusion que cela était important. De toutes manières, il pouvait bien lui laisser prendre du temps pour sa femme. Il n'aurait bientôt plus l'occasion de la voir. Jamais.
La Family avait prévu d'attaquer au petit matin, un peu avant l'aube. Le moulin était isolé et l'on n'entendrait sûrement pas les appels au secours de ses occupants, le meunier et ses deux fils. Ainsi, ils pourraient agir en toute discrétion même si, de toutes façons, Doflamingo avait prévu de se charger d'eux de manière définitive afin d'éviter tout témoin et de ne laisser aucune trace de leur passage. Il y aurait du sang, bien évidemment.
Mais le sang, c'était quelque chose qu'on était toujours sûr de trouver dans le sillage de la Donquixote Family.
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Merci d'avoir lu !
J'espère que cette nouvelle partie vous aura plu, j'ai hâte d'avoir tous vos avis !
C'est toujours un pur plaisir de lire vos réactions et vous n'imaginez pas à quel point j'ai pu rire en voyant que j'avais réussi à vous faire croire que Law était là ! ;)
