Disclaimers : One Piece est toujours l'œuvre sublime de Goda. Control, c'est Halsey. Et le prompt, la bêta, la joie de vivre, toussa, c'est Grise.
Note : Heeeeya ! Eh oui, déjà ! Je m'étonne moi-même. Sinon, demain, une nouvelle édition du NaNo débute et je vais de nouveau la consacrer à Control donc on ne se retrouve pas avant Décembre pour le prochain chapitre. Bon courage à tous ces qui participent ! Et , bien sûr, encore merci à Misstykata, Yoshirifi, Miss Macaronii, Sushi et Grise pour vos reviews. Revoir les mêmes noms dans les reviews, à chaque publication, y'a rien de plus motivant. Vous êtes géniales.
(La RàR guest ni-vue, ni connue)
Sushi/Guest ; Mais... mais qui a dit que j'essayais de me débarrasser de toi ?! :O Un tel enthousiasme fait chaud au cœur et est terriblement motivant, malgré mon rythme de limace. Puis, bien sûr et comme toujours, je suis absolument ravie de voir que les chapitres te plaisent toujours !
WARNING : Fuyez pauvres fous ! (Mention de cannibalisme, viol et inceste... mais pas celui que vous espérez.)
Sur ce, bonne lecture !
Control
Partie 09
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Il faisait un froid piquant qui crépitait sur la langue. Doflamingo crispa et décrispa ses doigts comme pour les réchauffer. En réalité, il se préparait au combat.
Sur une butte, afin de mieux prendre le vent, le moulin découpait sa silhouette biscornue, aux grandes ailes apparemment si fragiles. Vers l'est, l'horizon se nuançait de vert et de jaune, précédant les teintes pastel de l'aube.
Aux yeux de Doflamingo, comme toujours, le paysage n'était qu'un camaïeu de rouges. Un rouge presque noir, comme le sang vicié, qui se déclinait en teinte chair là où le soleil allait bientôt commencer son ascension.
Derrière lui, Jora, frappée par la tranquille beauté du paysage encore endormi s'extasiait, d'abord à mi-voix puis emportée dans son élan artistique avec un volume sonore tel qu'il fallut lui faire un geste impérieux pour la sortir de son monde.
Doflamingo ne lui en voulait pas pour autant. Il savait que Jora voyait le monde d'une manière qui n'appartenait qu'à elle, une manière que sans lui envier, il reconnaissait à sa juste valeur. Pourtant, à toutes les couleurs de Jora, il préférait le confort et la familiarité du rouge. Comme le feu. Comme le sang. Comme le sourire faux qui barrait le visage du traître.
Le chef de la Donquixote Family eut un claquement de langue agacé à cette réflexion impromptue, et bannit de son esprit l'image même de son frère. Il lui devait déjà d'avoir dû laisser Pica au quartier général pour s'assurer de lui ; sa simple existence était suffisamment pénible et source d'ennuis pour qu'en plus, il ne vienne parasiter sa pensée.
Parce que Doflamingo n'était pas ici pour penser à Rocinante. Justement, c'était dans le but précis de ne pas penser à Rocinante que Doflamingo avait décidé de prendre la tête d'une mission aussi quelconque. Qu'il faille en recourir à des mesures si drastiques était un éloquent hommage à la capacité qu'avait son frère de l'agacer.
Menant les opérations, il n'avait pris que peu de monde avec lui pour cette affaire. Il était toute la force de frappe dont la Family avait besoin. Il y avait Buffalo et Baby 5, qui s'assuraient de surveiller leurs arrières depuis les cieux et puis Machvise, qui serait chargé de porter leur précieux butin. Jora et Trebol complétaient la troupe, la première parce que c'était elle qui avait proposé cette occasion en or, le second parce qu'il en avait manifesté le désir, ce qui était une raison suffisante.
Cependant, ce n'était pas parce que ce qu'ils s'apprêtaient à faire ne relevait aucunement du challenge qu'ils devaient pour autant s'attarder sans raison. D'un signe, Doflamingo annonça le début des opérations.
Trebol partit le premier. Quelques minutes plus tard, il revenait avec un sourire :
— Deux chiens. Un âne. J'ai tué les trois, bwéhéhé.
L'âne aurait pu servir, mais Doflamingo n'aurait pas désavoué un de ses exécutifs en public.
— Allons-y, se contenta-t-il de répondre.
Une bonne entrée était toujours capitale, car déterminante. Tout particulièrement pour ce genre d'intrusion. La surprise était essentielle, pour mieux laisser place à la peur, à l'impuissance.
Il fallait être rapide et efficace.
Doflamingo n'était pas venu pour jouer. Il n'avait malheureusement pas le temps pour cela, pas encore, pas tant que la Marine serait autant sur ses gardes dans les eaux de North Blue. L'absence de nouvelles de la part de Vergo en disait long à ce sujet. La situation était encore trop délicate pour se faire remarquer.
D'un coup de pied puissant, le blond enfonça la porte. Il fallait après tout que cela passe pour une attaque de bandits. Puis il entra, se courbant pour passer l'encadrement trop petit pour sa stature de dieu.
Moins d'une minute plus tard, le meunier et ses deux fils, tirés de leur sommeil par le bruit de la porte, s'étaient précipités depuis les étages au rez-de-chaussé, armés et prêts à en découdre. Il y avait une farouche détermination sur leur visage, celle de protéger leurs biens et leur vie. L'expression du père, une expression de brute à la face brunie par le soleil, se décomposa quand il reconnut, à la modeste lumière du dehors, la silhouette de son visiteur :
— Donquixote Doflamingo, souffla-t-il d'une voix hébétée.
Le moulin était peut-être isolé du village, mais il n'était pas coupé du monde pour autant.
Voilà qui signait définitivement leur arrêt de mort, pour s'il y avait eu un quelconque doute sur le sujet.
La révélation de son identité ne sembla pas ralentir le plus grand des fils, l'aîné sans doute. Il avait une carrure impressionnante pour un humain moyen. Il épaula son fusil et visa mais avant qu'il ait pu faire feu, Trebol l'abattit d'une balle de mucus dans le front. Il s'écroula, son visage laid ressemblant à celui de son père dans la surprise de l'agonie.
L'autre fils se mit immédiatement à trembler et se plaqua contre le mur comme s'il essayait de s'enfoncer dedans pour leur échapper. Si Pica avait été là, il aurait pu l'emmurer. Dommage. Un coup de pistolet, Jora cette fois, mit fin à sa vie pathétique, et il tomba sur son frère. C'était presque du gâchis. Il était beau et aurait été revendu un bon prix. Il ne semblait avoir en commun avec son père et son frère que les cheveux verts. Sa complexion étonnamment fine en aurait fait un esclave sexuel de choix, et Doflamingo supposa distraitement que le rude travail lui avait donné une certaine endurance. Si seulement il avait eu une base sûre pour ce genre de trafic. Mais il y avait eu Roci, Roci, Roci. D'un fil, il attrapa le meunier qui s'était précipité sur ses fils et sanglotait sur leurs corps. Doflamingo l'attira jusqu'à lui et lui écrasa le visage d'un coup de talon. Le nez de l'homme eut un craquement satisfaisant. Voilà, ça allait mieux. Et maintenant, il avait une bonne raison de pleurer.
Il lui fit la faveur de le tuer lui-même.
Un bref silence suivit cette ultime détonation.
— Machvise, Jora, allez chercher les sacs de blé. Trebol, à l'étage, trouve le magot du vieux.
— Hé, hé, Doffy, l'interpella l'homme-mucus qui bouillonnait d'excitation morbide, il y en a encore deux dans le sous-sol.
— Je sais, répondit simplement Doflamingo.
Il avait senti lui aussi, dès qu'ils s'étaient approchés, deux présences faibles et fébriles sous le moulin. L'une d'entre elles était à peine perceptible, c'était une aura jeune qui était certainement aux portes de la mort. Rien de dangereux, rien qui n'eût mérité leur attention pendant qu'ils se débarrassaient des trois hommes.
Décidé à ne laisser personne en vie et en finir au plus vite, Doflamingo laissa le reste de l'équipe rassembler le blé et il descendit au niveau inférieur.
Bien qu'en sous-sol, le dénivelé de la pente permettait l'existence d'un soupirail, à l'est, qui servait sans doute à renouveler l'air et à éviter que la poussière de farine ne s'accumule. Il suffisait d'une étincelle pour faire sauter et flamber un moulin mal ventilé. À la modeste lumière déversée par les carreaux, Doflamingo vit d'abord l'imposante roue centrale du moulin, que des barres permettaient de pousser afin de la faire tourner, même lorsqu'il n'y avait pas de vent.
Puis il sentit plus qu'il ne vit deux silhouettes, assises près du mur du fond. Il lui fallut une seconde pour apercevoir les chaînes qu'elles portaient au cou, qui cliquetaient à chaque mouvement qu'elles faisaient.
Des esclaves. Des femelles. Jeunes encore. La plus grande paraissait vigoureuse, et elle devait l'être pour accomplir la besogne exténuante de faire tourner la roue. Le meunier devait avoir plus d'argent qu'ils ne l'imaginaient pour pouvoir s'offrir de telles acquisitions. La plus jeune, elle, ne devait pas être bonne à grand-chose. De toutes façons, bientôt, aucune d'elle ne serait plus bonne à grand-chose.
Il regarda leurs corps maigres, couverts de haillons qui ressemblaient à des sacs à farine. La tenue de la plus grande ne dissimulait presque rien.
Quelque chose l'attira dans le regard de la plus vieille. Une flamme qu'une vie aussi misérable que celle qui semblait être la sienne aurait dû éteindre. Les tuer certes. Mais il se sentait d'humeur magnanime. Elles mourraient libres. D'un geste, il coupa l'acier des chaînes.
Aussitôt, guidées par une pulsion désespérée, une pulsion qu'il reconnut pour l'avoir ressentie lui-même, il y avait bien des années de cela, les jeunes esclaves se jetèrent au milieu de la boulange sale couvrant le sol et elles la portèrent à leur bouche. Il n'y avait plus de peur pour la petite, plus de défi pour la grande. Juste ce besoin primal à satisfaire, cet impératif de la nature : la faim.
La poussière de farine voletait autour d'elles alors qu'elles rampaient presque afin que leurs mains décharnées aient moins de chemin à parcourir jusqu'à leur bouche. Puis, lentement, la farine retombait, s'emmêlant dans leurs cheveux verts, comme de légers flocons de neige.
Des larmes silencieuses de soulagement coulaient sur leurs joues. La plus petite commença à s'étouffer et se mit à tousser. C'était un spectacle des plus misérable.
Mettre fin à leur vie était un acte de miséricorde. Il s'approcha et sortit son arme pour la coller sur la tempe de la plus vieille. La fillette se mit à hoqueter de terreur entre deux sanglots mais son aînée tendit la main vers elle pour lui caresser la joue dans un dernier geste de tendresse. Un léger sourire étira ses lèvres lorsque Doflamingo arma le pistolet et qu'il força un peu plus le canon sur sa tête.
C'était troublant et fascinant, la façon dont elle semblait accueillir la mort à bras ouvert.
— Et si je te laissais en vie ?
Elle rouvrit les yeux et les planta dans les siens, sans peur et sans respect.
— Vous seriez un être cruel.
— Mourrais-tu pour moi ?
— Oui.
— Et vivrais-tu pour moi ?
— Non.
— Je t'achète ta vie, esclave. Parle, qu'est-ce que tu veux ?
— Tuer le maître du moulin.
— Et s'il est déjà mort ?
— L'embrasser une dernière fois.
Doflamingo rit. Oh, cette petite était vraiment intéressante.
Il désarma son pistolet et l'abaissa.
— Va, dit-il.
Elle saisit la main de la petite, et traînant l'enfant qui marchait à peine, elle prit l'escalier. Doflamingo la suivit à l'étage où les corps des trois hommes avaient été empilé les uns sur les autres afin de ménager un passage. Elle lâcha la main de l'enfant qui partit se réfugier derrière quelques sacs de farine et s'approcha du sinistre tas d'un pas presque incertain. Le meunier était en-dessous et elle repoussa ses fils sans même un regard pour leurs cadavres. Quand le corps du vieil homme fut à découvert, elle tomba à genoux. Puis, elle se pencha en portant ses mains à son visage et ses épaules se mirent à trembler.
Un instant, Doflamingo crut qu'elle pleurait, et il s'apprêtait à se détourner d'elle, ne lui trouvant plus d'intérêt quand il réalisa que si elle versait des larmes, ce n'était pas de tristesse. Non, c'était de rire. Elle riait, et son rire alla en s'amplifiant, jusqu'à attirer l'attention des membres de la Family qui s'approchèrent pour partager l'hilarité.
Mais il n'y avait rien qu'une jeune femme à moitié nue près d'un cadavre.
Tout son corps était secoué par les rires fous qui sortaient de sa gorge. Elle riait, folle, ivre, incontrôlable. Elle riait comme si elle avait toujours rêvé de le faire.
Si, à un moment donné, elle s'arrêta de rire, c'était parce qu'elle n'avait plus assez d'air dans les poumons.
Tremblante, elle se releva avec une lenteur qui semblait presque calculée.
Debout, elle fixa le corps et pencha la tête sur le côté avant qu'un sourire ne se dessine sur ses lèvres. Puis, son regard balaya la pièce et se fixèrent sur une machette accrochée au mur parmi d'autres outils. Elle se dirigea d'un pas titubant vers l'objet et le saisit.
— Je te conseille de ne pas trop bouger, dit-elle d'un ton presque aimable, en s'agenouillant à nouveau près du cadavre. Tu sais que je n'aime pas te faire du mal.
Elle souleva l'outil avec aisance et elle l'abattit d'un coup sur la gorge de l'homme. Doflamingo sentit une bouffée de chaleur l'envahir lorsque le sang gicla et que des craquements sourds se firent entendre. Il voulut rire, si fort que son cœur tambourinait dans sa poitrine, mais il se retint. Rien ne devait perturber ce spectacle.
Elle avait maintenant un rictus mauvais sur les lèvres, comme un chien retroussant les babines et dévoilant ses crocs avant de se jeter sur sa future victime.
— Alors, n'est-ce pas que ça te fait du bien ? gronda-t-elle entre deux respirations erratiques. N'est-ce pas que tu aimes ça ?
De nouveaux rires s'échappaient de sa gorge alors qu'elle frappait sans relâche sur celle du cadavre, dont les gerbes de sang la couvraient un peu plus à chaque fois.
— Et comme ça, est-ce que je ressemble toujours à ma salope de mère ? rit-elle en léchant le sang qui coulait près de ses lèvres.
C'était sale, maladroit, pénible et cela rappela à Doflamingo ce jour où il avait tué leur père et où il s'était acharné pour récupérer son trophée. Au fond de son esprit, il entendait même les hurlements de terreur de Rocinante, parachevant le tableau sublime qui s'offrait à sa vue.
— Maintenant, tu crois que ma petite sœur est devenue assez grande pour me remplacer ? Tu crois qu'elle devrait se joindre à nous ?
Dans un coup plus violent, la tête se détacha enfin et la hachette se planta dans le plancher. Haletante, elle fixa la tête avec une expression encore plus féroce.
— Tu t'endors déjà ? Les autres n'ont pas eu le temps d'en profiter… Allez quoi, tu sais que tu aimes jouer avec moi, Papa.
Alors que tout semblait être fini, qu'elle allait s'écrouler sur ses jambes tremblantes, Doflamingo se rendit compte qu'il avait arrêter de respirer. Pourtant, elle serra le manche de la hachette dans sa main et la sortit du sol pour la soulever de nouveau, un sourire carnassier dessiné sur ses lèvres.
Cette fois, la lame s'abattit sur la cage thoracique des restes du corps gisant. Il y eut un craquement sec, mais la cage d'os ne s'ouvrit pas tout à fait. Alors elle abandonna son arme, le manche glissant de sa main poisseuse de sang pour tomber sur le sol dans un bruit sourd. À la suite de quoi, elle plongea ses mains dans la brèche et saisissant chaque lèvre de la plaie, elle banda ses muscles et écarta les os dans un bruit sinistre qui rappela à Doflamingo le bruit qu'avait fait le nez de l'homme quand il s'était brisé sous sa chaussure, mais en cent fois plus fort, en cent fois plus drôle.
Ce n'était pas fini. Doflamingo pouvait le lire dans son regard.
Ses gestes étaient lents, presque langoureux. Le plaisir qu'elle y prenait était évident, et ce fut avec une expression extatique sur le visage que ses doigts pénétrèrent lentement la chair de l'homme dans un bruit de succion mouillée, comme si elle était prise d'une transe démentielle, comme si elle était au bord de la jouissance. Elle tremblait, fébrile et jubilante, quand elle ressortit ses mains, pleines de viscères. La carcasse exhala une odeur de sang tiède. Alors elle arracha le coeur.
Sans attendre, elle le porta à ses lèvres y planta les dents avec voracité. Elle ressemblait à un animal sauvage, à un prédateur qui tentait de s'approprier sa proie pour l'éternité.
Elle était belle.
Doflamingo souriait comme il n'avait plus souri depuis longtemps.
À petite bouchée, elle déchiquetta l'organe, mâchant lentement la chair musculeuse, la bouche ouverte. Du sang coulait de la commissure de ses lèvres, alors qu'elle avalait cette viande à moitiée mâchée, déglutissant bruyamment. Et parmi ce bruit, comme un gémissement de plaisir, un reste de rire.
Autour de lui, Doflamingo avait conscience des allers et venus des membres de la Family, ainsi que de l'hilarité sonore de Trebol, et il fut agacé un instant par leur manque de retenue face à un spectacle de cette délicatesse.
Lorsque la fille eut achevé son festin, elle poussa un long soupir et s'essuya machinalement le menton avec son avant-bras. Cependant, celui-ci dégoulinant également de sang, il n'y eut aucun changement.
Alors, maintenant que tout était fini, Doflamingo rit. Il riait si fort qu'il dût se tenir le ventre et des larmes perlèrent presque aux coins de ses yeux. Il riait, sans pouvoir s'arrêter. Oh, cela faisait si longtemps que Doflamingo ne s'était pas amusé ainsi, c'en était presque jouissif.
Cette petite lui plaisait, il la voulait. Absolument.
Il s'approcha et s'accroupit près d'elle avant d'attraper son poignet. Il porta sa main vers son visage et lécha le sang poisseux de sa paume en la regardant droit dans les yeux. Il sourit en sentant un frisson parcourir le corps de la jeune fille.
— Cela te dit de faire partie de ma famille ?
Ses yeux s'écarquillèrent, toujours braqués sur lui, comme si elle peinait à y croire. Comme si le mot « famille » n'avait aucun sens pour elle, et c'était certainement le cas.
— Ta sœur et toi, précisa-t-il. Sers-moi, et je vous protégerai.
Elle hocha la tête, ne cessant de le dévorer du regard.
— Par contre, déclara-t-il en serrant son poignet et en approchant son visage du sien, c'est moi qui mangerai ton cœur.
Un sourire se dessina sur les lèvres, découvrant des dents tout aussi ensanglantées.
— Quel est ton nom ? lui demanda Doflamingo en serrant toujours son poignet.
— Celui que vous me donnerez, répondit-elle avec une voix rauque, presque cassée après avoir trop ri et trop crié.
Doflamingo sourit, il aimait l'abandon dont elle faisait preuve. La façon dont elle abandonnait cette vie de misère pour mieux s'abandonner à lui.
— Monet, décida-t-il en repensant vaguement aux marmonnements d'extase de Jora, même si aucun artiste ne pourrait jamais reproduire la beauté de la scène qui s'était déroulée devant ses yeux.
Monet, puisqu'elle était Monet à présent, hocha la tête, comme une révérence, et elle se leva. Le sang, elle en était couverte de la tête aux pieds, commençait à sécher par endroits et il continuait de dégouliner par d'autres. De plus près, Doflamingo pouvait même voir des morceaux de chair qui s'étaient collés sur elle, sur sa peau, dans ses cheveux.
Même s'ils s'assuraient de rentrer au quartier général le plus discrètement possible et que les gens avaient tendance à détourner le regard sur leur passage, il serait impossible de louper une jeune fille dans un tel état. Il y avait toujours des curieux, des bavards.
— Va te laver, ordonna-t-il en se levant à son tour.
— Oui.
— Oui, Jeune Maître, la corrigea doucement Jora.
— Oui, Jeune Maître, répéta docilement Monet. Elle eut un sourire timide plutôt surprenant et répéta : Jeune Maître.
Sur ces mots, Monet sortit alors de la maison en ignorant sur son passage Jora et Machvise qui emballaient le butin pour mieux le transporter. Dehors, près de l'abreuvoir, elle se débarassa de la loque qui pendait encore à ses épaules et la jeta derrière elle. Nue à présent, elle actionna la pompe, qui après quelques gémissements, ne tarda pas à expulser des grands jets d'eau froide. Elle se saisit alors d'un seau qui trainait là et le remplit avant de le renverser sur sa tête. Elle se crispa sous l'eau glaciale mais elle se contenta de serrer les dents avant de frotter sa peau et ses cheveux pour faire partir le sang qui la couvrait. Trebol, qui avait sans surprise suivit la scène avec attention, lui jeta une brosse qui devait certainement servir à brosser l'âne qu'il avait achevé plus tôt.
Monet la prit sans lui accorder un regard et elle la passa sur son corps, s'abîmant la peau à mesure que le sang semblait glisser de ses membres pour nourrir le sol sous ses pieds. Il lui était impossible de tout retirer, il lui faudrait plusieurs douches savonneuses pour se défaire de tout ça. Alors, lorsque les crins de la brosse commencèrent à érafler sa peau, Doflamingo lui ordonna d'arrêter et elle s'exécuta avant de se décaler de la boue rougeâtre. La loque qui lui avait servi de vêtement lui servit à se sécher grossièrement, ce qui la tâcha à nouveau de sang, et en plus de boue. Cela dit, il y avait un net progrès.
— Sugar, murmura-t-elle entre deux claquements de dents incontrôlés avant de répéter, plus fort : Sugar.
Doflamingo n'eut pas besoin de se demander bien longtemps ce que pouvait signifier ce mot car la fillette sortit de sa cachette avant de tituber vers Monet. Celle-ci se pencha pour la prendre dans ses bras et la serrer contre elle en lui chuchotant des paroles rassurantes. Elle resta ainsi, dans toute l'indifférence de sa nudité sale, murmurant des mots de réconforts à l'enfant et jetant des coup d'oeil à son nouveau maître.
Dehors, l'aube se levait enfin. C'était l'heure la plus belle et la plus froide.
Doflamingo retira alors son manteau de ses épaules et le déposa sur celles de Monet.
— On y va, dit-il.
Ils auraient dû mettre le feu au moulin pour parachever la simulation de l'attaque de bandits. Mais cette petite scène avait mis du temps et il fallait partir à présent.
Pesamment, le cortège s'était mit en route. Jora marchait en tête, suivit par Machvise qui tirait une carriole trouvée-là et remplie des sacs de farine sur lesquels Doflamingo s'était accroupi. Trebol marchait ensuite, puis venait la jeune fille.
L'habit l'enveloppait de son étreinte rose, et traînait par terre balayant la boue. Et pourtant, comme elle se redressait, portant son précieux fardeau. Malgré ses cheveux en broussaille, la pâleur de son visage lui donnait un air de dignité grave où s'étalaient en fleur sanglante ses lèvres encore rougies du repas de son père. Elle avait l'air d'une reine, songea Doflamingo, très satisfait de sa nouvelle acquisition.
Il aimait beaucoup les reines. Au jeu d'échec, c'était la pièce la plus puissante. Et il était toujours possible de les remplacer quand on les perdait.
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Merci d'avoir lu... si vous êtes arrivés jusqu'ici ! (Monet est arrivée ! Yay!)
Comme d'hab, je suis plus qu'impatiente d'avoir vos réactions ! :D
Si au cours du mois, vous êtes en manque de Doffy/Roci, ce qui est parfaitement sain selon moi, je ne peux que vous recommander Out Of Control, de Grise. Attention, cependant, cela peut aggraver votre cas !
(Encore merci ma Grise, pour m'avoir rédigé cette perle. Cœurs sur toi.)
