Disclaimers : One Piece est toujours l'œuvre sublime de Goda. Control, c'est Halsey. Et le prompt, la bêta, la joie de vivre, toussa, c'est Grise.
Note : Yop ! J'ai essayé de poster assez rapidement la suite étant donné ce sur quoi je vous ai laissé. La suite me semblait nécessaire sans traîner des mois. J'ai d'ailleurs été terriblement soulagée par vos retours. Vous êtes top moumoute ! Merci encore à Yoshirifi et Miss Macaronii pour vos reviews.
WARNING : Fuyez pauvres fous ! Je rappelle que c'est le point de vue de Doffy, dans toute sa Doffytude.
Sur ce, bonne lecture !
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Control
Partie 13
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Doflamingo sourit à la vue de ses doigts plein de sang glisser lentement entre les lèvres de son frère qui se pétrifia sous lui, les yeux écarquillés d'effroi et de stupeur. Il pouvait sentir la respiration de Rocinante devenir de plus en plus haletante à mesure que les doigts de Doflamingo se frottaient contre sa langue.
— C'est mon sang, répéta l'aîné d'une voix basse et profonde, juste assez audible pour qu'elle puisse s'ancrer dans son esprit, s'y graver plus profondément que ne l'aurait fait un fer rouge. Mon sang dans ton sang, Roci. Notre sang...
Le corps de Rocinante se tendit davantage contre le sien et il commença à se débattre en refermant ses dents contre ses doigts. La douleur étonna Doflamingo, et l'amusa car c'était une chose qui lui était devenue si peu coutumière. Son sourire s'élargit.
— Notre sang mêlé. Nous, puis le reste du monde… les choses n'auraient-elles pas toujours dû être ainsi, Roci ?
Pour toute réponse, Rocinante le mordit de toutes ses forces alors qu'il semblait à peine l'écouter. Doflamingo pouvait presque entendre son cœur battre à tout rompre dans la poitrine de son petit frère. Ou peut-être que ce n'était que le sien, encore saisi de la fureur qui l'avait envahi quelques instants plus tôt, quand ses ongles s'étaient enfoncés dans la chair de son frère et qu'il avait été prêt à lui arracher le cœur.
Doflamingo se mit à rire. Ah, Roci, ce cher petit Roci, si stupide, si naïf, si faible. Son cher petit frère qui continuait de lutter contre lui, de se débattre. Comme s'il y avait la moindre chance que Doflamingo ne relâche son emprise sur lui un jour.
Stupide, stupide, stupide, pensa-t-il en enfonçant un peu plus ses doigts dans sa bouche, provoquant des sursauts de nausées alors que le bout de ses ongles frôlait la chair tendre de la gorge et de la glotte. Rocinante se cambra sous lui dans un spasme, prêt à vomir, et Doflamingo retira ses doigts dans un éclat de rire.
— Tu es fou, cracha-t-il entre deux halètements, les yeux brillants de larmes contenues.
— Alors quoi, je ne suis plus ton pauvre frère, Roci ?
Il l'avait détesté, condescendant et rempli de pitié. Il aimait le voir révolté et prêt à combattre, comme il le faisait, là, en tentant de l'écarter en repoussant ses épaules de toutes ses forces.
C'était un ennemi digne de lui. Un ennemi vaincu, certes, mais qui luttait encore. Un ennemi qui en d'autres temps aurait pu être un égal.
Du sang s'était répandu autour des lèvres de son frère, le long de son menton, et Doflamingo se pencha pour passer sa langue afin d'en récupérer la moindre trace. Rocinante se débattit un peu plus, il essaya de le pousser, de le chasser et de tourner la tête pour l'éviter mais Doflamingo prit son visage entre ses doigts pour l'empêcher de bouger et il s'assit sur lui avec plus de force.
Rocinante se cambrait et un gémissement étranglé s'échappa de sa gorge. Un gémissement de douleur, mêlé d'autre chose que Doflamingo ne reconnut pas et qu'il ne chercha pas à reconnaître.
— De quoi te plains-tu, Roci, puisque tu le rejettes, ce sang divin ? susurra-t-il avant de passer lentement sa langue sur les lèvres de son frère.
Fermant les yeux de toutes ses forces, Rocinante se mordait les lèvres comme s'il essayait de les manger, juste pour empêcher Doflamingo d'y avoir accès. Se croyait-il en position d'interdire à son vainqueur d'avoir accès à ses lèvres souillées pour y récupérer ce sang qu'il s'évertuait à gaspiller en tentant de mettre fin à sa vie ?
La main de Rocinante finit par saisir le menton de Doflamingo, appuyant pour le forcer à fermer la bouche afin qu'il se morde sa propre langue, mais ce dernier attrapa son poignet à temps. Puis, il le bloqua au-dessus de sa tête en le serrant si fort entre ses doigts qu'un autre gémissement de douleur s'échappa de la gorge de son petit frère.
Doflamingo repassa sa langue sur les lèvres de Rocinante pour récupérer les dernières traces de sang. Un sang où le goût métallique se mêlait de sel. Il leva les yeux et vit alors, le long des joues, deux sillons de larmes.
Il s'écarta avec une lenteur calculée et admira le spectacle qui s'offrait à sa vue.
La poitrine de son cadet se soulevait lourdement alors que sa respiration était devenue de plus en plus haletante et le sang commençait déjà à sécher sur sa peau. Sur son visage, les traces des pleurs qui couraient sur ses joues creusées. Rocinante avait l'air tellement vulnérable ainsi que Doflamingo se sentit enfin apaisé. Si défiant et si arrogant depuis le début de sa captivité, il était à présent aussi faible qu'un chaton.
Il aurait suffi d'un coup de talon pour l'achever.
Doflamingo rit, parce que c'était ainsi qu'il le voulait, puisqu'il ne pouvait l'avoir à ses côtés. Puisque Roci avait renié leur sang, puisqu'il se réclamait de l'Humanité, alors qu'il ne soit qu'humain.
Et que l'humain ploie, gémisse et pleure devant lui. Qu'il soit soumis, enfin.
C'était ainsi que cela devait être. C'était bon ainsi. Le dominant, Doflamingo sentit en lui une vague de chaleur et d'excitation qu'il associait à la victoire dans ses plus terribles batailles. Son sexe qui se durcissait n'était qu'un paramètre qu'il ignora facilement, une faiblesse qu'il dédaigna comme il l'avait toujours fait. Il passa sa langue sur ses propres lèvres.
Métal et sel.
Sang et larmes.
N'était-ce pas là le délectable nectar des dieux ?
Et Doflamingo rit davantage, parce qu'il ne se sentait jamais si vivant que dans ces moments-là.
Même si ses rires finirent par s'arrêter au bout d'un moment, Doflamingo souriait toujours lorsqu'il se releva. Il se sentait bien mieux, à présent. Bien plus léger.
Aussitôt, Rocinante se roula en boule à même le sol et il renifla bruyamment entre deux sanglots. Doflamingo le laissa ainsi, ne lui faisant même pas la grâce de le conduire jusqu'à son lit. S'il avait la force de pleurer, il aurait bien la force d'y ramper. Doflamingo était déjà assez généreux pour lui en laisser un.
Un nouveau rire s'échappa de sa gorge en l'observant une dernière fois, et il quitta la pièce avant de retourner dans sa chambre où il put enfin se laisser tomber dans le sien.
Ah... Cette nuit, Doflamingo en était sûr, il allait bien dormir.
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Ce ne fut absolument pas le cas.
Ce fut une nuit parfaitement détestable.
Il était de nouveau au milieu des flammes, crucifié au mur de ce maudit manoir déjà en ruines. Et alors que Doflamingo attendait, sans pouvoir l'éviter, cette flèche fatidique qui avait réveillé son Haki en transperçant son flanc, mais il ne fit qu'entendre son sifflement dans l'air et les hurlements de Roci. Roci qui n'en pouvait plus, Roci qui avait peur, et mal, et qui ne demandait qu'à mourir. Sauf que ce n'était pas la flèche qui s'était planté dans Roci. C'était lui, Doflamingo. Et il y avait du sang, le sang de Père qui avait coulé sur Roci après que la balle eut traversé sa tête. Non, ce n'était pas le sang de Père, c'était le sang de Roci, c'était ce sang qu'il faisait couler sans cesse, c'était ce sang qu'il lui avait donné. Son sang, à lui.
Puis Doflamingo ouvrit les yeux et il était de nouveau dans sa chambre. Enfin.
Il observa le plafond un instant avant de réaliser que sa respiration était lourde et haletante. Quelques gouttes de sueur avaient perlé sur son front et il les essuya du plat de la main avant de décaler la couverture pour se redresser et s'asseoir au bord du lit.
Il grimaça en ressentant une vague sensation d'inconfort dont il comprit la source en baissant les yeux même s'il n'y accorda pas plus d'attention. Ce n'était pas la première fois qu'il se réveillait avec une érection. C'était étonnant, tout au plus, mais simplement parce que cela ne lui était plus arrivé depuis qu'il en avait terminé avec la puberté. Il n'avait donc aucune raison de s'y attarder.
Il enfila ses lunettes, se leva et s'habilla, le temps que cela se calme, avant de se rendre dans la salle à manger où, étrangement, Pica, Diamante et Trebol discutaient déjà autour d'une tasse de café. Il était rare de les voir levés aux aurores les trois en même temps. Doflamingo ne put s'empêcher de trouver cela suspect. Il profita du fait que Baby 5 avait repéré son arrivée et sortait de la cuisine avec une tasse fumante pour la poser devant lui. Il s'assit et il posa sa main sur la tête de la fillette pour la remercier, comme on félicite un chien, et elle lui fit son plus beau sourire.
Il pouvait lire dans le regard de Trebol que celui-ci voulait lui parler, mais il resta silencieux et se contenta de fixer Doflamingo d'un œil scrutateur. Le blond n'apprécia pas ce genre d'attention. Trebol avait toujours été sujet à une curiosité presque malsaine et Doflamingo n'avait jamais rien redit à cela mais il n'appréciait guère qu'elle soit tournée vers lui avec aussi peu de subtilité.
Étant donné le boucan qu'il y avait eu dans la nuit, tout le monde savait certainement que Rocinante avait essayé de mettre fin à ses jours. Néanmoins, ses exécutifs ne lui posèrent aucune question à ce sujet, ayant repéré sa mauvaise humeur. À la place, cela se termina sur une partie de poker dans une ambiance étrange alors que la pièce s'animait à mesure que les autres membres s'éveillaient, jusqu'à ce que des exemplaires du journal arrivent au quartier quartier général et soient distribués entre eux. Doflamingo rit en voyant que son avis de recherche avait encore été glissé à l'intérieur. La Marine était-elle désespérée à l'idée de lui mettre la main dessus ou essayait-elle de le piéger ? Doflamingo n'avait aucun moyen de le savoir, puisque son frère était aussi insensible à la torture.
Penser à Rocinante lui parut encore plus désagréable que d'habitude. Il déchira l'avis de recherche en serrant les dents, puis il roula les morceaux de papier en une boule compact entre ses main avant de la lancer avec force à travers la pièce. La simple boule de papier se logea dans le mur, telle une balle de pistolet. Un court silence régna dans la salle, qu'il brisa aussitôt en posant son regard sur Monet.
— Termine de manger et rejoins-moi dans mon bureau.
Sur ces mots, il sortit de table et s'y retira. Il restait sur la table un fond de bouteille, qui avait miraculeusement résisté à sa consommation qui ne faisait qu'augmenter. Il l'attrapa, retira le bouchon avec les dents pour le cracher plus loin et la vida d'une seule gorgée. Il la reposa avec plus de force qu'il ne l'avait voulu et elle se brisa contre le bois verni. De son autre main, il se massa l'arête du nez en tentant de retrouver son calme. Lui qui était toujours si maître de lui-même, tout cela commençait à devenir franchement ridicule.
Doflamingo ramassait les bouts de verre quand il sentit Monet arriver, et il les jetait dans la corbeille lorsqu'elle frappa timidement à la porte.
— Entre.
Elle obéit et referma le battant derrière elle avant de courber l'échine.
— Jeune Maître.
Un léger sourire se dessina sur ses lèvres au simple fait de prononcer ces mots, de s'adresser à lui. Elle avait meilleure allure depuis qu'elle avait un régime alimentaire convenable. Pour le moment, elle cachait ses cheveux, trop reconnaissables auprès des habitants de l'île, sous une coiffe nouée autour de sa tête. Doflamingo lui avait également donné de l'argent pour lui permettre de s'offrir quelques vêtements, à elle et sa sœur.
— Installe-toi, lui ordonna-t-il avant de préciser : on reprend là où on en était l'autre jour.
La première fois qu'il lui avait donné cet ordre, elle ne l'avait compris et elle s'était mise à retirer ses vêtements en prenant place sur le canapé. Aujourd'hui, elle s'assit sur une chaise posée près d'une table à sa taille qu'il avait fait monter. Puis, sans tarder, elle ouvrit le flacon d'encre, y trempa sa plume et se mit à écrire sur les feuilles qui n'avaient pas bougé depuis sa dernière venue.
La jeune fille, qui avait plus des allures de jeune femme, ne savait ni lire ni écrire et il était hors de question qu'il en reste ainsi. Dans ce monde, le savoir était une puissance bien trop grande pour s'en priver lorsqu'on avait la chance d'y avoir accès. Jamais Doflamingo ne pouvait tolérer ce genre de faiblesse de la part de ses hommes.
Elle traça avec application les caractères en les lisant à mi-voix pour mieux les imprégner et Doflamingo la surveillait. Elle avait gagné en dextérité et en rapidité, elle avait fait un net progrès depuis la fois précédente.
— Tu t'es entraînée, lui dit-il.
Elle termina le caractère qu'elle recopiait et le regarda en hochant la tête.
— Bien sûr, Jeune Maître.
— Bien, continue.
Ses joues rougirent à vue d'œil et elle hocha de nouveau la tête en souriant avant de se remettre au travail avec un enthousiasme et une application redoublés. Doflamingo se chargeait toujours de ce genre d'apprentissage. Il avait également appris à Baby 5 et Buffalo, en plus de quelques notions de mathématiques élémentaires. C'était quelque chose pour lequel il était patient, bien plus que Trebol qui n'avait aucune notion de pédagogie. S'il n'avait pas été assommé de précepteurs dès son plus jeune âge lorsqu'il vivait encore à Mariejois avec sa famille, Doflamingo doutait que Trebol lui aurait été d'une quelconque utilité de ce point de vue-là.
Insensiblement, cela lui rappela aussi Law, qu'il avait instruit sur tant de sujets qu'il avait même été acheter des livres pour lui. Il avait tout misé sur cet enfant, faisait-il erreur en misant autant sur Monet ? Non, bien sûr que non, ce n'était pas du tout la même situation. Monet n'aspirait qu'à le servir, elle ne vivait que pour lui à présent, et il s'assurerait que cela en serait toujours ainsi. Puis, cette fois, il n'y avait aucun traître pour la retourner contre lui.
Doflamingo chassa Rocinante et Law de son esprit pour ne se concentrer que sur Monet.
Maintenant qu'elle s'en sortait si bien et qu'il n'avait plus besoin de la superviser d'aussi près, un autre détail frappa le blond. Elle qui se tenait toujours si droite : plus les minutes passaient et plus elle courbait le dos pour coller son nez au plan de travail en plissant les yeux.
— Redresse-toi.
Monet obéit aussitôt mais elle était à présent plus hésitante, plus approximative.
— Tu as besoin de lunettes, déclara Doflamingo, pourquoi tu n'as rien dit ?
La jeune femme posa soigneusement sa plume et baissa les yeux en se mordant la lèvre.
— Monet.
Son ton était sec, mais sans mauvaise humeur. Elle releva les yeux quand il posa sa main sur la table en se penchant au-dessus d'elle.
— Nous sommes une famille, lui rappela-t-il. Si tu as besoin de ce genre de choses, tu le dis immédiatement, tu n'attends pas que quelqu'un le remarque. Est-ce clair ?
Cette fois, sa voix se fit plus dure alors qu'il la réprimandait. L'expression de Monet, néanmoins, restait inchangée.
— Oui, Jeune Maître.
— Arrêtons ici, décida-t-il et il se dirigea vers ses tirois où il sortit une liasse de billets. Cela devrait être largement suffisant.
Pour sûr, à ce prix-là, il aurait été capable de se payer plusieurs paires, et le traitement qu'il exigeait sur ses verres n'était pas forcément bon marché. Cependant, il fallait qu'elle comprenne et qu'elle imprime comment ils fonctionnaient et Doflamingo préférait sacrifier quelques milliers de berries qu'un membre de sa famille si elle n'était pas fichue de voir plus loin que le bout de son nez.
— Jora t'accompagnera en ville, ajouta-t-il en glissant l'argent dans un porte feuille en cuir, plus discret qu'une simple enveloppe. Prenez également Sugar avec vous, au cas où ce serait un problème génétique. Et qu'elle cache aussi ses cheveux, surtout.
— À vos ordres, Jeune Maître.
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Quelques minutes plus tard, après qu'il eut répété ses ordres à Jora, elles quittèrent toutes la maison pour se rendre en ville. Jora avait légèrement écarquillé les yeux en voyant la somme dans le porte feuille quand il lui avait donné, mais il lui fit comprendre de ne pas hésiter à le dépenser si tant d'argent était nécessaire. Jora était également brillante en affaires, et elle comprit immédiatement qu'il s'agissait plus d'un investissement à long terme qu'une simple folie. Elle était la mieux placée pour accomplir cette tâche grâce à son savoir-faire naturel avec les enfants, Doflamingo le savait et il avait pleinement confiance en elle.
Enfin, Señor Pink aussi était doué avec les enfants, mais Doflamingo préférait éviter de penser à la double vie de l'homme si cela n'incluait pas la mort de sa femme.
Il y avait décidément trop de choses auxquelles Doflamingo ne voulait pas penser dernièrement.
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Ce soir-là, quand l'homme rentra de sa visite quotidienne à l'hôpital en provoquant de tels fous rire à Trebol et Diamante à cause de la tenue absolument grotesque dans laquelle il était rentré, Doflamingo sut qu'il ne tarderait pas à remédier à la situation si celle-ci ne se résolvait pas d'elle-même au plus vite.
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Merci d'avoir lu !
Je n'ai pas grand chose à ajouter, autre que j'espère pouvoir voir toutes vos réactions en reviews ! :D
