Disclaimers : One Piece est toujours l'œuvre sublime de Goda. Control, c'est Halsey. Et le prompt, la joie de vivre, toussa, c'est Grise.
Note : Bonsoir ! Je voulais le poster en début de week end mais entre les modifications qui étaient encore essentielles et le kinktober... hé bah, le voilà un dimanche soir. My Bad. Encore merci à Daemon13, Guest, Miss Macaronii et pour vos reviews. Cela parait futile, mais vos petits mots sont de vraies sources de motivation !
WARNING : Fuyez pauvres fous !
Sur ce, bonne lecture !
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Control
Partie 15
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Laver Rocinante relevait de l'automatisme à présent, et ce depuis un moment. Doflamingo le faisait sans y penser, s'assurant le plus souvent d'en finir au plus vite.
— Bah alors, tu ne bandes pas aujourd'hui ?
En particulier quand son frère avait décidé d'être loquace.
— De quoi tu parles ? l'interrogea-t-il d'une voix lasse.
Rocinante haussa les épaules en émettant un léger rire.
— À toi de me dire, grand frère.
Un sourire espiègle se dessinait sur ses lèvres, le fixant avec un regard entendu. Pourquoi son frère lui parlait-il d'érections tout à coup ? Et pourquoi aujourd'hui alors qu'il s'était précisément réveillé avec une érection ? Ce n'était pas comme si cela pouvait se lire sur son visage.
— Roh, ça va, fais pas ta prude, râla son frère. Allez, d'homme à homme...
— Ferme-là, Roci.
— Rabat-joie.
Malgré sa bonne humeur apparente, sa respiration était encore sifflante et on pouvait voir sur son cou les traces violacées du drap qu'il avait utilisé pour se pendre, ainsi que l'empreinte des doigts de Doflamingo lorsqu'il avait commencé à l'étrangler. Quand ce dernier y passa l'éponge savonneuse pour laver la peau meurtrie, il ne put s'empêcher de l'effleurer du bout des doigts comme si de rien n'était.
— Et de frère à frère... ?
Le plus jeune laissa traîner sa voix en l'observant du coin de l'œil.
— Frère ? répliqua Doflamingo d'un ton glacial, je n'ai plus de frère depuis longtemps.
— Si tu le dis, déclara Rocinante en haussant les épaules, signe évident qu'il ne le croyait pas du tout.
Doflamingo ne prit pas la peine de continuer cette conversation grotesque en se demandant si priver son frère de son intimité à ce point l'amusait autant qu'il voulait le faire croire. Rocinante se tendait par moment, extrêmement conscient des gestes de son frère sur lui, comme un animal farouche. Cela ne durait qu'une fraction de seconde, comme s'il essayait de le cacher, de forcer son corps à paraître parfaitement détendu. Mais cela n'échappait cependant pas à l'attention de Doflamingo. Ce dernier se demandait aussi ce qu'il prenait à Rocinante à avoir de conversation incohérente. Avait-il trop longtemps manqué d'oxygène ? Son cerveau avait-il subi des séquelles ?
Doflamingo allait devoir surveiller ça de près. Après tout, il avait encore des informations précieuses à retirer à son traître de frère. Il ne savait pas encore comment il allait s'y prendre, son frère était insensible à la torture physique et supportait admirablement la torture mentale, même si Doflamingo avait presque réussi à le briser en lui faisant croire que Law était revenu.
Il continuait de sentir le regard de son frère alors qu'il achevait sa toilette et séchait son corps avec des gestes brusques à présent que ses plaies ne craignaient plus de se rouvrir.
— Quelle délicatesse, si t'es comme ça au plumard...
Doflamingo le fit taire en passant un t-shirt propre par-dessus sa tête, même si cela ne dura qu'un instant :
— ... je plains franchement tes partenaires. Mais tu ne dois pas savoir de quoi je parle.
Rocinante rit et, cette fois, Doflamingo porta un fil tendu entre ses doigts contre sa gorge avec un rictus mauvais.
— Tu as l'air bien en forme pour quelqu'un qui essayait de mourir quelques heures plus tôt ? On peut y remédier, si tu veux.
Rocinante ne perdit pas son sourire, mais celui-ci se fit moins jovial.
— C'est toi qui m'en a empêché, je te rappelle...
Le fil se colla un peu plus contre la peau.
— C'est ça qui te fait bander, alors ? Tu sais Doffy, si tu veux tellement me sauter, tu n'as qu'à le demander, lui dit-il d'une voix sombre. Ce n'est pas comme si je pouvais dire non.
Doflamingo envoya un coup de pied dans les côtes de son frère.
— Et ça, tu aimes ?
Son frère eut un grognement de douleur, mais ne réagit pas autant que ce qu'il avait espéré. Il imprégna son pied de Haki et recommença.
— Et comme ça, ça te fait plaisir, partenaire ?
Il se pencha sur son frère et le saisit à la gorge, cette fois-ci en utilisant ses propres mains :
— Si j'ai envie de me taper une petite pétasse consentante, je trouverais mieux qu'un traître et un déchet comme toi.
Alors Rocinante se permit, malgré les doigts qui enserraient sa gorge, un petit rire étouffé.
— Mais regarde-toi, Doffy. Tu bandes.
Ce qui rendait ces mots insupportables, réalisa Doflamingo, c'est que c'était vrai. Cette position de faiblesse, ces mots grossiers et ces allusions répugnantes, les marques violettes de la mort et des coups, tout ça se mélangeait en un résultat qui lui faisait éprouver pour la première fois la sensation du désir.
Pris d'une fureur sans nom à cette marque de faiblesse, il commença à rouer son frère de coups. Celui-ci se laissait faire, sans un cri et sans un mot, même si des larmes perlaient à ses yeux. Des larmes qui n'arrivaient pas à dissimuler son gigantesque fou rire.
Même ainsi, Rocinante trouvait le moyen de se payer sa tête. L'humiliation était un sentiment qu'il n'avait pas connu depuis son échec aux portes de Mariejois, avec la tête de son père en guise de trophée.
Alors, il le frappa, jusqu'à ce que le sang coule à nouveau, ce sang qui n'était ni tout à fait à l'un, ni tout à fait à l'autre. Rocinante avait cessé de rire, mais il souriait toujours.
Au fond de lui, il était presque fier de la résistance de son petit frère, de sa force. C'était quelque chose qu'il pouvait admirer, qu'il pouvait sentir. Ils étaient de la même race, malgré la faiblesse du coeur de Rocinante.
— Je serais tellement mieux qu'une petite pétasse consentante.
Doflamingo se rappela les mots de la femme. La femme que Trebol lui avait offert pour son quinzième anniversaire. Avec son sang et ses organes, il avait repeint la chambre de l'hôtel en rouge.
Qu'est-ce qui l'empêchait de faire pareil ?
C'était son sang, son sang ne devait pas être perdu, ne devait pas être gaspillé. Et pourtant, il coulait à présent, c'était insupportable.
Doflamingo passa ses doigts sur les plaies, et des petits fils s'écoulèrent pour suturer les plaies. Il avait envie de poser ses lèvres dessus, de boire à la source.
Il avait envie…
— Je crois qu'on en a fini pour aujourd'hui, déclara-t-il froidement.
— La maison reste ouverte, lança joyeusement Rocinante.
Lorsqu'il quitta la pièce, il se rendit compte qu'il avait perdu sur toute la ligne. Et qu'effectivement, il bandait toujours.
Il fit quelques pas en cherchant la présence de Pica qu'il ne tarda pas à repérer et à rejoindre.
— Ne le surveille plus, lui dit-il d'une voix ferme. Je m'en occupe désormais.
Le visage de Pica ressortit, juste assez pour lui montrer qu'il hochait la tête, qu'il avait compris. Il pouvait sentir que l'homme-pierre aurait voulu en savoir plus mais, sans plus de détour et sans un mot de plus, Doflamingo se rendit jusqu'à sa chambre. Il ne voulait pas savoir ce que Pica avait vu ou entendu, tout ce qu'il comptait c'était qu'il ne sache rien de plus. Il s'arrêta dans le couloir, près de sa chambre, où une autre présence l'attendait. À croire qu'ils s'étaient tous donné le mot.
— Que fais-tu ici encore ? demanda-t-il d'une voix sèche en posant son regard sur Monet.
Il n'avait pas la patience de gérer la jeune femme ce soir. Ce n'était pas la première fois qu'il la retrouvait accroupie près de la porte de sa chambre, à attendre son retour. Cette fois, elle lisait un livre qu'elle quitta des yeux pour le regarder lui. Son regard s'attarda sur son corps avant de remonter vers son visage. Elle portait ses nouvelles lunettes, grosses et rondes pour soutenir des verres aussi épais que deux culs de bouteille. Cela cachait ses yeux jaunes qui lui donnait un air de rapace.
— Vous remercier, Jeune Maître, dit-elle avec un sourire docile.
Elle se releva avec la même langueur qui accompagnait chacun de ses gestes et elle lissa ses vêtements faisant ressortir ses formes.
« Je serais tellement mieux qu'une petite pétasse consentante », lui susurra de nouveau la voix insidieuse du traître au fond de son esprit.
Monet n'était peut-être pas une pétasse, mais elle serait assurément consentante... Elle serait forcément mieux qu'un traître et un déchet.
Décidé, il s'approcha de la porte de sa chambre et l'ouvrit avant de poser son regard sur la jeune femme.
— Entre.
— À vos ordres, Jeune Maître, souffla-t-elle en entrant dans la pièce et Doflamingo ferma la porte derrière eux.
Ce n'était pas dans ses habitudes de laisser qui que ce soit entrer dans sa chambre, cela n'était même jamais arrivé depuis que la Family avait réussi à trouver un toit avec une pièce en plus. Cela avait directement été sa chambre et il n'avait jamais autorisé qui que ce soit à y pénétrer. Il y avait eu quelques exceptions, quelques années plus tôt, quand un frère perdu était réapparut au pied du quartier général de Spider Miles... mais Doflamingo ne voulait pas y songer.
— C'est vide, commenta Monet, surprise mais sans aucun jugement dans la voix, alors qu'elle posait son livre et retirait ses lunettes.
Il n'y avait aucune trace d'hésitation ni de gêne dans les gestes de la jeune femme tandis qu'elle libérait ses cheveux et se déshabillait non sans une certaine grâce. Doflamingo la regarda faire en allant s'asseoir sur son fauteuil et il écarta les jambes quand elle le rejoignit.
Cela n'avait rien à voir avec ce traître qui prétendait encore être son frère, songea-t-il alors que les mains de Monet s'occupait à défaire son pantalon. Ce n'était pas son sang dans son sang. C'était juste le sang, juste ça, et peut-être même qu'il ferait couler celui de Monet pour le prouver. Monet, qui ne voyait que par lui, Monet qui avait été si belle, si splendide couverte de sang et de viscères. Monet, qui était à ses pieds, là où elle ne demandait qu'à être.
Monet était petite, si petite par rapport à lui, mais elle ne manquait pas de dévouement et d'enthousiasme pour veiller à le satisfaire. Plus que de l'assurance et de la confiance, c'était une certaine maîtrise qui se dégageait de ses gestes. Des mèches qu'il savait vertes cachaient son visage, mèches de ces cheveux qui avaient été coupés au-dessus de ses épaules à cause des nœuds irrattrapables qui s'étaient formés dans sa tignasse en pagaille.
Il ferma les yeux et appuya sa tête contre le dossier du fauteuil pour se concentrer uniquement sur ces mains et cette langue qui essayaient de réveiller l'érection qui s'était permise de faiblir entre le moment où il avait invité la jeune femme dans sa chambre et où ils s'étaient installés. Il fronça les sourcils en se massant l'arête du nez, mais rien n'y faisait. Toute la vague de désir qui l'avait envahi avait complètement disparue.
Alors, il baissa les yeux, mais la seule chose qu'il vit contre son sexe ne fut que des lèvres écarlates où voletaient des mèches de cheveux blonds comme les blés. Il y agrippa ses doigts et plaqua de force le visage contre son sexe alors qu'une nouvelle vague de chaleur parcourait son corps en fermant de nouveau les yeux.
La bouche de Rocinante aurait été plus grande, elle aurait pu le prendre tout entier.
Il rouvrit subitement les yeux et fixa Monet, qui était petite, trop petite, avant de la forcer à s'écarter la tête d'un geste brusque. Elle releva les yeux vers lui en se léchant les lèvres. Il glissa sa main sur sa joue et la caressa alors que la surprise et l'incompréhension traversait les prunelles ambrées de la jeune femme. Que pensait-il faire ? Se rabaisser aussi bas que ces cafards qui s'étaient jetés sur elle pour assouvir leurs pulsions comme des bêtes ? N'était-il pas au-dessus de tout ça ?
— Désolée, souffla-t-elle, honteuse.
La honte n'allait pas à Monet, il ne voulait plus jamais la voir sur son visage.
— C'est moi qui suis désolé, la corrigea-t-il en s'étonnant à être aussi sincère. Cela ne se reproduira plus jamais. Nous ne sommes pas ce genre de famille.
Monet se frotta contre sa main toujours posée sur sa joue comme un chat qu'on caresse, avide d'affection.
— Va te rhabiller.
Elle hocha la tête et se releva pour s'exécuter. Très vite, ce fut comme si elle ne s'était déshabillée et elle courba l'échine devant lui après avoir remis ses lunettes sur son nez et récupérer son livre.
— Bonne nuit, Jeune Maître, dit-elle avant de se diriger vers la porte.
— Bonne nuit, Monet, répondit-il alors qu'elle sortait de la chambre.
Il ne le vit pas, mais il sut qu'elle souriait.
Sans attendre, il remit correctement son pantalon et il utilisa ses fils pour faire venir une bouteille de vin jusqu'à lui. Malheureusement, l'alcool lui parut trop doux contre son palais et il reboucha la bouteille avant de la poser sur le tonneau installé devant son fauteuil. Il se leva en frottant ses yeux sous ses lunettes et se rendit dans sa salle de bains pour se laver. Cela faisait bien longtemps qu'il avait ressenti le besoin de se laver de façon aussi viscérale.
Mais Doflamingo avait beau frotter sa peau, frotter jusqu'à ce qu'elle soit écarlate, cela n'effaça en rien tout ce qui venait de se produire, ni l'effet soudain que son frère semblait avoir sur lui. Furieux, il posa son front contre la paroi de la cabine et enroula ses doigts autour de son sexe. Il n'y avait eu que dans les pires moments de sa puberté qu'il avait été aussi peu maître de son propre corps et il n'avait eu que rarement recours à ce genre de solution grotesque, comme s'il n'était qu'un animal incapable d'aller contre son instinct. Doflamingo était au-dessus de tout cela, sa volonté était plus forte que ça, il s'en était toujours assuré.
Pourtant, pour la première fois de sa vie, il se masturba en imaginant quelqu'un. À mesure qu'il se caressait, son frère envahissait un peu plus ses pensées et lorsqu'il atteignit enfin la jouissance libératrice, ce fut avec l'image de Roci léchant ses doigts plein de sang gravée dans son esprit.
Il terminait de se laver lorsqu'une réflexion traversa son esprit, maintenant qu'il n'était plus aussi aveuglé par le traître : peut-être possédait-il un Fruit du Démon ?
Il avait toujours été sûr que son frère n'était pas un utilisateur de Fruit, puisqu'il n'avait jamais fait l'usage du moindre pouvoir et qu'il ne lui en avait jamais parlé. Sauf que Rocinante lui avait fait de nombreuses cachotteries, il y avait tant de choses dont il ne lui avait jamais parlé. Néanmoins, si c'était le cas et même si cela lui semblait tout à fait valide, pourquoi n'utilisait-il son pouvoir que maintenant ? Pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt, quand Doflamingo lui accordait encore toute sa confiance. Et, surtout, en quoi consistait-il exactement ? Il y avait encore de nombreux Fruits dans la nature dont Doflamingo ne savait rien pour le moment.
Dans le doute, il irait lui poser des menottes de granit marin.
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Merci d'avoir lu !
Cette histoire me fait adorer Monet, c'est marrant.
J'ai hâte de pouvoir lire toutes vos réactions !
