Note de l'auteur :
Bonjour à tous, me voici ici aujourd'hui avec une nouvelle histoire Royai comme on les aime mais qui pourtant, sera différent de ce que vous avez pu lire jusque-là ! Voici un petit résumé pour bien situer le cadre et le contexte avant de commencer votre lecture…
Riza et Jean sont ici frère et sœur. Ils ont le même père, mais pas la même mère. Je suis partie du principe que Berthold a eu une romance avec la mère de Jean avant de la quitter sans savoir qu'elle attendait un enfant, c'est pour cette raison que le fils ne porte pas le nom de son père. Les deux enfants ont donc grandi séparément, mais Jean passait les vacances chez son père et ils sont donc finalement assez proche. Vous pouvez situer l'histoire dans le contexte de votre choix. Si vous voulez en faire une histoire des temps moderne ou rester fidèle au manga, libre à vous, sachez simplement que la trame de l'histoire est plus adéquate avec le premier anime de FMA et non pas avec Brotherhood car ici, Berthold n'est pas alchimiste et Riza n'a donc aucun tatouage dans le dos et du coup, comme dans ce premier anime, on ignore comment Roy a appris l'alchimiste et de toute façon, c'est sans importance. Et enfin, dernier détail, l'équipe Mustang ne change pas, si ce n'est que Riza n'est pas militaire et qu'à part Jean, personne ne la connaît. Roy n'a donc pas d'assistante personnelle et c'est donc Havoc qui remplace sa sœur dans le rôle de garde du corps de l'alchimiste. D'ailleurs, dans cette fic, c'est Roy qui a recueilli Hayate !
Cette histoire m'a été inspirée en lisant « Ugly Love » de Colleen Hoover ! D'où le titre de la fic. Si vous connaissez, vous trouverez donc certaines similitudes avec le livre de Colleen Hoover, mais soyez rassurés, ce ne sera pas une reprise du l'histoire, je m'en inspire juste pour écrire cette fic ! Pour ce chapitre, je me suis d'ailleurs beaucoup imprégnée des chapitres un et trois du livre.
Dernière chose avant de vous laisser à votre lecture, cette histoire comptera sept chapitres, qui sont déjà écrit, et un épilogue que je suis en train de travailler. Je ne voulais pas publier une nouvelle histoire sans l'avoir terminée au préalable, parce que j'en ai déjà pas mal en cours et dont la fin n'est pas encore écrite ! Le temps que je prendrais pour publier cette histoire, me laissera le temps de terminer "L'été où je t'ai rencontré" (que je publierais en parallèle chaque lundi) et d'avancer sur "La coloc'" et l'intermède numéro trois de "Secret de Famille".
Bonne lecture.
Sei.
Ugly Love.
Chapitre 1 : Le début d'une nouvelle vie.
- Vous cherchez quelque chose mademoiselle !?
Riza sursauta lorsqu'elle se rendit compte que le vieil homme s'adressait à elle. Elle était épuisée et ne rêvait que d'une chose, prendre une bonne douche et dormir une nuit complète ! Elle avait passé la journée à voyager. Pendre le train de New Optain à East City, puis de East City à Central City… Et enfin, un taxi qui l'avait déposé sur le parvis de l'immeuble dans lequel vivait son frère.
Elle était en train de chercher dans son sac le numéro de l'appartement de Jean quand ce vieux monsieur avait pris la parole.
- Merci de votre gentillesse, ça devrait aller ! Sourit-elle à l'étranger en sortant de son sac le bout de papier où était noté « appartement 82 ».
- Vous êtes la petite sœur du Lieutenant Havoc ? Renchérit-il en jetant un coup d'œil au numéro qui était écrit sur le bout de papier.
- Vous connaissez mon frère ?
Riza était intriguée, cet homme n'avait pas du tout l'allure du genre de personne que fréquentait son frère. Mais bon, peut-être étaient-ils voisins ?
- Cet immeuble loue beaucoup d'appartement à des militaires, je l'étais moi-même avant d'être mis au placard à cause de cette vieille blessure de guerre ! Raconta-t-il en désignant sa jambe de bois.
- Vous n'avez pas opté pour automail ?
Elle n'en avait jamais vu en vrai, mais dans l'hôpital où elle avait fait ses études, elle en avait beaucoup entendu parler. Elle était d'ailleurs venue sur Central pour se perfectionner dans ce domaine. Elle était persuadée qu'avec un automail, il aurait pu reprendre son poste très rapidement ! Mais bon, sans doute qu'à l'époque, tout n'était pas encore parfaitement au point ! La science de l'automail en médecine ne fleurissait que depuis deux ans seulement et la guerre d'Ishval s'était achevée il y a de cela près de sept ans.
- Un automail n'aurait rien changé, j'étais déjà bien trop ravagé par l'arthrose ! Je n'aurais été qu'un boulet plutôt qu'autre chose !
L'arthrose… Pauvre homme, effectivement, elle ne pouvait plus rien faire pour lui, si ce n'est atténuer la douleur avec un traitement adéquate. Mais bon, l'homme qui lui faisait fasse semblait encore plein de vie pour son âge. Quel âge avait-il !? Il ne devait pas être loin des quatre-vingt ans !
- Vous montez !? Demanda-t-elle par politesse alors qu'elle s'avançait vers l'ascenseur en traînant ses deux grosses valises derrière elle.
Il s'agissait là de ses seuls bagages. Elle avait dû vendre une bonne partie de ses affaires avant de quitter New Optain. De toute façon, elle ne possédait pas grand-chose. Là-bas, elle avait vécu en coloc' avec une de ses amies de la faculté de médecine dans un petit appartement meublé. À par ses manuels de médecine et ses vêtements, elle ne possédait rien d'autre.
- Oh non, je travaille ici ! S'exclama-t-il dans un demi-sourire. J'appelle l'ascenseur !
Riza regarda le vieil homme en deux fois. Se moquait-il d'elle !? Il semblait pourtant si sérieux. Comme s'il avait lu en elle, il poursuivit ses explications.
- Je vis seul depuis toujours et ayant eu pitié de moi, le propriétaire de l'immeuble m'a confié ce travail en toute solidarité pour contrer l'ennui de ma solitude.
La jeune femme approuva d'un signe de tête. Ce vieux monsieur semblait bien seul en effet et passer sa journée à appeler l'ascenseur pour les résidents de l'immeuble devait lui faire voir du monde. Si cela comblait sa solitude, c'était tout ce qu'elle devait se dire. S'il était heureux ainsi, c'était son droit.
- Et vous, vous montez je suppose !? S'exclama-t-il de nouveau avec le sourire avant de se lever et d'appuyer sur le bouton d'appel de l'ascenseur.
Riza acquiesça avec un sourire poli. Elle allait sans doute le croiser tous les jours, c'était le moment de se trouver son premier ami à Central, même s'il avait plutôt l'âge d'être son grand-père ! Elle pensa un instant à son propre grand-père… Ce vieil homme savait-il qui il était !? Après tout, s'il avait été militaire, il l'avait sans doute croisé ! Peut-être qu'un jour elle lui poserait la question ! Pour l'instant, elle voulait simplement monter se reposer.
Lorsque l'ascenseur arriva et s'ouvrit. Riza pénétra dans sa cage avec ses deux encombrantes malles. Le vieil homme proposa de l'aider à monter ses bagages plus par politesse et courtoisie, mais elle refusa poliment. Il semblait avoir du mal à marcher et elle ne voulait pas qu'il risque de se froisser un muscle en portant ses si lourdes charges. Elle, elle avait l'habitude, à l'hôpital, elle devait parfois porter des patients qui faisaient le double de son poids ! Du coup, porter ses malles était un jeu d'enfant.
- Bonne journée ! Sourit-elle à son nouvel ami tandis que les portes se refermait.
- Bonne journée charmante demoiselle !
Lorsque Riza arriva à son étage et qu'elle se dirigea vers l'appartement de son frère, elle se stoppa indécise et se demanda un instant si elle ne s'était pas trompée d'étage. Mais non, le bout de papier sous ses yeux portait bien le même numéro que celui indiqué sur la porte.
Le problème, ce n'était pas la porte en soi, mais la forme affalée devant la porte. Était-elle morte !? Riza hésita à s'en approcher, mais son instinct d'infirmière l'obligeait à s'assurer que cette personne n'avait pas besoin de soin urgent ! Du coup, à contre cœur, elle s'en approcha… Lorsqu'il remua, elle fut soulagée de voir qu'il n'était pas mort, par contre, une odeur de whisky emplit ses narines. Cet homme semblait complètement torché ! Un SDF qui aurait trouvé refuge sur le palier de son frère !? Non, le vieil homme du hall de l'immeuble ne l'aurait sans doute pas laissé vagabonder dans les couloirs à sa guise ! Il devait donc s'agir d'un résident qui, trop ivre, ne devait plus trouver son propre appartement !
Riza poussa un soupir en regardant sa montre, il n'était que dix-huit heures… Qui pouvait se trouver saoule à une heure aussi tôt de la soirée !? Si ce n'était pas malheureux d'en arriver là ! Et maintenant, comment faisait-elle pour entrer chez elle !?
Elle observa plus attentivement la personne affalée contre la porte de l'appartement 82. Cet homme ne devait pas avoir plus de trente ans et elle devait admettre qu'avec ses cheveux de jais et sa bouille d'homme au bout de sa vie, il était assez mignon. Mais bon, il ne fallait pas qu'elle se laisse attendrir par sa gueule d'ange, il pouvait n'être juste qu'un gros salaud ! De toute façon, pour finir ivre mort avant même l'heure décente pour commencer à boire, c'est qu'il n'était pas vraiment un exemple !
Riza soupira une nouvelle fois avant de se stopper devant lui.
- Excusez-moi, vous ne pouvez pas aller désaouler devant une autre porte !? J'aimerais rentrer chez moi !
Riza était trop épuisée pour chercher à faire la causette avec cet individu. Il ne semblait ni blessé, ni à l'article de la mort. Du moins, physiquement parlant, car psychologiquement, pour être ivre à dix-huit heures, peut-être qu'un petit passage chez le psy ne lui ferait pas de mal !
En réponse, l'homme grogna quelque chose d'inintelligible, ce qui exaspéra la jeune femme.
Agacée, elle tenta de pousser l'homme contre le mur et surpris par le geste de la jeune femme, il s'écroula sur le sol avec un bruit sourd. En sursautant, il sembla un instant revenir à lui et leva son regard pour venir poser ses prunelles onyx sur ceux noisette de Riza. Il ne prononça aucun mot et se contenta de froncer les sourcils avant de tendre la main et de toucher son genou comme pour s'assurer qu'elle était bien réelle. Puis il referma les yeux avant de poser sa main sur son front et d'appuyer sa tête contre le mur. Demain, il allait sans doute avoir une belle gueule de bois !
Mais bon, Ce n'était pas le problème de Riza, en le poussant, elle avait libéré l'espace suffisant qu'il lui fallait pour rentrer chez son frère et elle ne se fit pas prier. Elle possédait déjà un jeu de clé de l'appartement que son frère lui avait envoyé par colis suivit lorsqu'il avait été décidé qu'elle viendrait vivre chez lui. Elle allait enfin pouvoir se relaxer de cette affreuse et longue journée en train ! Un bon bain allait lui faire le plus grand bien pour se détendre.
Après avoir entré ses deux malles dans l'appartement de son frère, Riza s'apprêta à refermer la porte d'entrée quand une main tremblante s'interposa. L'ivrogne du couloir tentait d'entrer chez elle. Prise de panique, elle ferma la porte sur le poignet de l'homme qui poussa un cri en retirant sa main. Riza en profita pour fermer à clé et s'effondra le cœur battant la chamade contre la porte. Cet imbécile lui avait foutu la frousse !
Remise de ses émotions, Riza commença à lancer un regard sur l'appartement que possédait son frère. Il était pas mal, elle pourrait finir par s'habituer à vivre ici. Par contre une odeur de tabac froid empestait les lieux… Il allait falloir qu'elle touche deux mots à ce sujet avec son frère. Ça avait beau être son appartement, vivre dans une perpétuelle odeur de fumée de cigarette n'allait pas le faire !
Riza sursauta lorsque le téléphone se mit à sonner. Devait-elle répondre !? C'était sûrement Jean qui appelait pour s'assurer qu'elle était bien arrivée.
- Allô !?
- Riza ? S'exclama la voix de Jean de l'autre côté du combiné.
- Oui c'est moi !
- Tout se passe bien ?
Il avait dit cela d'une voix semi-inquiète, semi-protectrice. Il aurait voulu être là pour l'accueillir, mais il était de garde pour la nuit après sa journée de boulot et ne rentrerait donc pas avant demain matin. Elle avait dit que ce n'était pas trop grave, qu'au moins, elle serait directement dans le bain de ses habitudes de travail.
- Nickel, mis à part qu'un ivrogne squatte ton paillasson ! Rétorqua Riza en levant les yeux au ciel au souvenir de la frousse que ce type lui avait fait.
- Un ivrogne !?
Il avait dit cela d'une voix dubitative, comme s'il avait du mal à croire qu'un ivrogne pouvait errer sur son palier. Il était vrai qu'en vue de l'immeuble dans lequel il vivait, c'était difficile de croire que cela puisse être possible, Riza voulait bien l'admettre, mais le fait est qu'il y avait un homme complètement torché qui cuvait devant la porte de son frère ! C'était totalement flippant.
- Je t'assure que c'est la vérité ! Il m'a foutu la frousse ! S'écria-t-elle avec force.
- D'accord, d'accord, t'énerves pas, je te crois ! Tu veux que j'appelle mon supérieur pour qu'il le fasse partir !? Bien que je ne doute pas un seul instant que tu sauras te défendre toute seule ! Ricana-t-il à l'autre bout du fil.
- Ton supérieur !? S'exclama Riza stoïque. Je ne veux pas que ton boulot débarque à l'appartement pour un pochetron ! J'ai fermé la porte à clé, il ne risque pas d'entrer par effraction dans son état !
À l'autre bout du fil, le rire de son frère s'intensifia.
- Non, ce que je voulais dire, mon supérieur vit dans l'appartement en face du mien et il est en repos aujourd'hui ! Je peux essayer de l'appeler pour voir s'il est chez lui !
- Ah !
Riza resta un instant sans voix… Après tout, cet immeuble regorgeait de militaire d'après les dire du vieil homme dans le hall, mais bon, être voisin avec son supérieur… N'était-ce pas étrange !? Enfin, Riza haussa les épaules pour elle-même et se concentra sur la voix de son frère qui avait arrêté de rire.
- En fait… J'y pense… Quel jour on est !? Demanda-t-il d'une voix étrangement nerveuse…
- Hein !? Quelle question ! On est samedi !
Un silence pesant s'installa presque instantanément. Riza ne comprenait plus rien. Pourquoi son frère s'était-il soudain tût !?
- Un problème Jean !? S'enquit-elle d'une voix un peu inquiète.
- Riza ! S'exclama-t-il brusquement en la faisant sursauter. Tu peux me rendre un service !?
- Un service !?
- Le type que tu as croisé dans l'entrée… À quoi ressemblait-il !?
- Environ trente ans, cheveux noir… Mais bon, ça ne me dit pas ce que je peux faire pour toi !
- Pour moi rien, c'est mon boss qui a besoin de tes services !
- Le voisin !? S'il te plaît Jean… Ne me dit pas que le type qui doit se débarrasser de cet ivrogne est cet ivrogne !
Non mais… Ce n'était pas possible ! Jean se moquait d'elle n'est-ce pas ! C'était une blague ! Une blague de très mauvais goût ! Dire qu'elle aurait pu déjà se prélasser dans un bon bain chaud. Mais non ! Elle devait s'occuper du pochetron qui servait de supérieur à son frère ! Mais c'était quoi cette ville ? Où est-ce qu'elle avait atterri !?
- Riza, ouvre-lui la porte s'il te plaît et laisse-le rentrer ! Il peut s'installer sur le canapé ! Demain, je serais là à la première heure et quand il aura décuvé, il rentrera chez lui.
Riza grogna… Elle n'aimait pas du tout l'idée de passer la nuit seule avec ce type qu'elle ne connaissait pas. Il avait beau être le supérieur de son père, à ces yeux, il n'était qu'un homme complètement torché qui n'avait même plus les moyens de rentrer chez lui… C'était pathétique !
- D'accord, d'accord ! Je vais faire rentrer ce type complètement ivre qui dort devant ta porte et qui te sert de supérieur et qui donne une super belle image de l'armée d'Amestris au passage ! C'est beau d'être Colonel de nos jours ! Siffla-t-elle entre ses dents.
C'était ça hein !? Dans ses souvenirs, son supérieur était Colonel… C'était encore plus décevant ! On donnait vraiment du grade à n'importe qui de nos jours ! Et si c'était que ça… Jean n'était-il pas le bras droit et le garde du corps du célèbre Flame Alchemist !? L'estime de l'armée chuta encore d'un cran aux yeux de Riza à ce rappel.
- Merci sœurette, je te revaudrais ça ! Souffla-t-il avec soulagement.
- J'espère bien !
- Tu m'appelles s'il y a le moindre souci ! Le numéro de mon bureau est épinglé sur le frigo.
Riza approuva et raccrocha. Son visage se fixa sur la porte d'entrée… Elle restait réticente à faire entrer le supérieur de son frère dans l'appartement. Mais bon, elle avait promis à Jean qu'elle le laisserait rentrer. A contre cœur, elle déverrouilla la porte et l'ouvrit, tombant nez à nez avec le corps du supérieur de son frère qui n'avait pas bougé de place depuis qu'elle avait refermé la porte.
En soupirant, la jeune femme s'agenouilla devant lui pour tenter de capter son regard. Face au mouvement, l'alchimiste leva de nouveau ses yeux onyx sur elle.
- T'es pas Jean ! Bredouilla-t-il en plissant les yeux ce qui fit sourire Riza malgré elle.
- Non, effectivement ! Confirma-t-elle. Mais je suis la nouvelle voisine et si vous voulez qu'on s'entende bien, il ne va pas falloir en faire une habitude de finir ivre sur le pas de ma porte ! Soupira-t-elle en attrapant le bras de son voisin pour le passer sur ses épaules. Allez, accrochez-vous à moi, je vais vous aider à entrer !
Le Colonel s'exécuta du mieux qu'il put et tituba plus qu'il ne marcha vers l'intérieur de l'appartement de son subalterne. Lorsqu'il fut à l'intérieur, il s'écroula piteusement sur le tapis et Riza soupira. Elle avait fait sa part du contrat en le faisant entrer, maintenant, il se débrouillait !
Après avoir de nouveau verrouillé la porte d'entrée, Riza ignora l'ivrogne et commença son inspection de l'appartement et installa ses malles dans la chambre vide qui allait devenir sa chambre pour les prochains temps.
Elle était impressionnée de la propreté des lieux. Elle n'aurait jamais cru que son frère changerait à ce point-là, mais bon, il avait cinq ans de plus qu'elle, s'il ne devenait pas un tant soit peu mature après trente ans, plus personne ne pourrait rien faire pour lui ! C'était peut-être un peu ce qui arrivait à son supérieur non !? Il semblait plus jeune que son frère, ou alors le même âge !? En tout cas pas plus… Il serait peut-être tant qu'il se remette en question lui aussi !
En soupirant, Riza décida plutôt de secouer la tête pour se sortir de la tête le pochetron qui ronflait devant la porte. Elle n'avait pas l'intention de s'occuper de lui et tant pis si c'était contradictoire avec ses études d'infirmières. Ce soir, elle voulait se détendre ! Elle s'en alla donc en direction de la salle de bain et se fit couler un bon bain chaud dans lequel elle barbota une bonne heure, savourant la lecture d'un de ses livres préférées.
Après cela, elle décida de se rendre dans la cuisine pour se préparer quelque chose à grignoter avant d'aller se coucher, mais elle sursauta lorsqu'elle atteignit la cuisine. Le Colonel Mustang avait migré ! Il était passé d'affaler sur le tapis de l'entrée à effondrer sur le tabouret du bar, les bras sur le comptoir et la tête plongée dedans.
- Colonel Mustang ? S'exclama Riza d'une voix douce en s'approchant de lui.
Mais aucune réaction de la part du militaire qui lui faisait face. De peur qu'il n'eut fait un malaise, Riza posa sa main sur son épaule et sursauta de plus bel quand ce dernier tressaillit de terreur à son geste. Son regard semblait effrayé, comme s'il se réveillait d'un affreux cauchemar ou qu'il avait vu un fantôme. Peut-être un mélange des deux.
En tout cas, il se leva du tabouret et tenta de faire un pas devant lui avant de tituber violemment. Paniquée, Riza le rattrapa en vol et le positionna contre elle, passant de nouveau son bras autour de ses épaules pour lui éviter une chute.
- Aller, direction le canapé mon grand ! S'exclama-t-elle comme si elle parlait à un enfant.
Ils se mirent à avancer pas à pas tellement lentement, que Riza avait l'impression de devoir s'occuper de l'un des petits vieux d'une des maisons de retraire dans laquelle elle avait fait un stage pendant ses études.
- Je m'appelle pas Grand mais Roy, marmonne-t-il.
Il avait son front posé contre la joue de Riza et elle pouvait sentir à quel point il était brûlant. Était-il seulement ivre, ou couvait-il quelque chose !?
- Roy, ou qui que tu sois, je m'en fiche ! Tu vas t'allonger sur ce canapé et dormir ! S'exclama-t-elle avec autorité.
Elle commença par l'aider à s'asseoir et tenta de le déshabiller un petit peu, histoire qu'il soit plus à l'aise, mais ce dernier ne semblait pas vraiment enclin à lui donner un coup de main. Il avait toujours sa main accrochée à son avant-bras et lorsqu'il s'effondra, il l'entraîna donc dans sa chute, et elle se retrouva sans trop savoir comment, sur lui, blottie dans ses bras. Gênée, elle se mit à rougir violemment et essaya de se dégager de sa prise. Cela faisait très longtemps qu'elle ne s'était pas retrouvée dans une telle position avec un homme et au souvenir du dernier homme qui l'avait prise dans ses bras, elle grimaça et se dégagea brusquement des bras de l'alchimiste, atterrissant sur les fesses contre le parquet du salon.
En soupirant de lassitude et en reprenant le contrôle de son souffle suite à cette scène étrange qu'elle venait de vivre, Riza observa Roy qui semblait se débattre contre les coussins du fauteuil. Il crispait tellement fort les poings et ses yeux étaient tellement serrés que pendant un instant, elle avait eu peur qu'il ne se mette à vomir partout, mais à la place, un bruit étranglé s'échappa de sa gorge, et elle réalisa simplement qu'il pleurait.
Elle tomba des nues. Elle n'avait encore jamais vu un homme pleurer… Ça faisait tellement peu viril… Pourtant, elle n'avait pas envie de se moquer de cet homme pleurant à chaude larmes dans le canapé de son frère. Son visage semblait torturé… Il semblait vraiment souffrir et son cœur se serra sans qu'elle ne comprenne pourquoi.
Riza s'approcha du supérieur de son frère pour tenter de le réveiller, pour lui éviter ce supplice dans lequel il semblait être plongé.
- Roy, murmura-t-elle doucement en posant délicatement sa main sur son épaule.
Ce dernier sursauta sans pour autant se réveiller.
- Pardon Maes ! Bredouilla-t-il entre ses larmes.
Maes !? Elle ne voyait absolument pas de qui il était en train de parler, c'était comme s'il n'avait aucune idée de sa présence à ses côtés. Vu son état, elle n'était même pas certaine qu'il se souviendrait de tout ça demain en se réveillant ! Ce n'était peut-être pas plus mal pour lui, car c'était hyper gênant et elle n'aimerait pas qu'il la regarde avec gêne juste parce qu'elle l'avait vu en position de faiblesse. Dans son métier, elle avait vu pire, donc franchement, ce n'était pas quelque chose qui la choquait plus que cela.
- Roy ! S'exclama-t-elle un peu plus fortement en secouant doucement son épaule.
Cette fois-ci, elle capta son attention. Il ouvrit les yeux en grand et la fixa de son regard onyx sans vraiment la voir. Ses yeux étaient toujours autant injectés de sang que lorsqu'elle les avait vu pour la première fois dans le couloir, mais ils étaient à présent inondés de larmes salées.
- Pardon Gracia ! Tu dois tellement me détester ! S'écria-t-il en la saisissant brusquement par le bras. Pardon ! Pardon ! Bredouilla-t-il indéfiniment.
Une boule se forma au creux de l'estomac de Riza, elle ne savait absolument pas ce qu'il s'était passé, mais ça avait l'air d'être une histoire horrible. Elle avait mal au cœur pour lui. Il semblait si vulnérable dans cet état. Était-ce à cause de ça qu'il avait picolé jusqu'à finir ivre mort !? Il semblait vraiment avoir besoin d'aide…
- Je ne suis pas Gracia ! Chuchota Riza avec douceur. Je m'appelle Riza. Il faut dormir à présent ! Tenta-t-elle de le résonnant et le forçant à se rallonger tandis qu'il essayait de se relever pour aller on ne sait où.
- Riza… Répéta-t-il dans un son étranglé.
- Oui, Riza, c'est comme ça que je m'appelle ! Sourit-elle en caressant tendrement la chevelure de jais de l'alchimiste.
Il avait arrêté de se débattre et s'était rallongé dans le canapé. Il avait de nouveau fermé les yeux, comme s'il se laissait bercer par les caresses de la jeune femme sur ses cheveux. Il transpirait et ses cheveux étaient humide, mais Riza n'en avait que faire, elle continua à le bercer jusqu'à ce qu'il s'endorme. Elle avait beau l'avoir traité d'ivrogne et pesté contre lui depuis son arrivée ici, elle réalisait néanmoins qu'il ne ressentait pas tout ce remord pour rien et que quoi qu'il fût arrivé à ce Maes et à cette Gracia, il avait l'air de s'en vouloir et de s'en mordre les doigts. Elle décida donc de lui accorder le bénéfice du doute pour le moment et de le laisser cuver tranquillement.
oOo
Riza dormit comme une souche cette nuit-là, après que Roy se fut enfin endormi, elle s'était occupée de sa main blessée par culpabilité. C'était elle qui l'avait involontairement blessé quand elle avait cru que l'ivrogne voulait rentrer chez elle sans savoir qui il était. Mais bon, pour sa défense, il lui avait tout de même foutu une sacrée frousse à ce moment-là ! Ensuite, elle s'était faite un énorme sandwich car tout ceci lui avait donné faim. Puis, elle était retournée dans sa chambre pour se préparer pour la nuit. Elle s'endormit dès que sa tête se posa sur l'oreiller.
Le lendemain matin, elle se réveilla avec l'impression d'être observée. C'était étrange. Comme un picotement sur sa nuque. Lorsqu'elle ouvrit enfin les yeux, elle réalisa que ce n'était finalement pas qu'une impression. Elle pouvait voir une silhouette appuyée contre le battant de sa porte en train de l'observer dormir.
D'ordinaire, elle se serait affolée, se demandant ce qu'il se passe, mais là, elle se contenta de s'étirer comme un chat et poussa un long bâillement avant de se repositionner confortablement sur son oreiller, ignorant totalement la présence de l'individu. Son réveil indiquait six heures trente-deux du matin et dehors, à travers les stores du volet, elle pouvait voir qu'il faisait à peine jour. Il était tôt. Beaucoup trop tôt.
Un raclement de gorge la fit lever les yeux au ciel. Bordel, mais que lui voulait-il !? Elle avait été assez généreuse pour l'accueillir sur le canapé de son frère alors qu'il était absent, il ne voulait pas non plus qu'elle le remercie !?
Exaspérée et encore un peu endormie, elle s'assit en plein milieu du lit, les cheveux totalement emmêlés, la couverture glissa sur ses jambes, révélant le tee-shirt d'homme qu'elle utilisait en guise de pyjama et qui avait dû autrefois appartenir à son frère, ou à son ex !? En vrai, elle n'en avait aucune idée et là n'était pas la question… Elle concentra enfin son regard sur l'expression du visage de Roy Mustang et elle en perdit le souffle.
Elle était loin du regard dévasté par les larmes et l'effroi de la veille ! C'était comme si elle avait un tout autre homme devant elle. Il en imposait par son charisme naturel et son sérieux. Elle fixa un instant ses prunelles onyx avant de déglutir lorsqu'elle se rendit compte qu'il était furieux. Pourquoi !? Elle n'en avait absolument aucune idée.
- Riza, s'exclama-t-il d'une voix lourde de reproche. Puis-je savoir ce qui est arrivé à ma main !?
Riza fut surprise qu'il se souvienne de son prénom. Elle espérait que ce soit Jean qui l'ait informé de son arrivée et que c'était la raison pour laquelle il savait qui elle était plutôt que parce qu'il se souvenait de ce qu'il s'était passé la veille entre eux. Après tout, il ne semblait pas surpris de sa présence ici et elle ne lui avait jamais précisé qu'elle était la sœur de son subordonné, donc, il y avait une chance pour que la première théorie soit la bonne.
La jeune femme se contenta de hausser les épaules sans vraiment prendre la parole, encore à moitié endormie tandis que Roy croisait les bras sur sa poitrine en signe d'indignation et que son regard furieux se fit plus dur, comme s'il la tenait pour responsable de la mauvaise nuit qu'il avait passé. Mais la jeune femme n'avait pas l'intention d'en découdre. Ce qui lui était arrivé n'était en rien son problème. Elle se contenta donc de marmonner en se replongeant sous sa couette.
- Je vous laisse le soin de fermer la porte d'entrée en sortant !
Elle l'avait vouvoyé, alors que la veille, elle n'avait eu aucun mal à se sentir plus familière en le tutoyant. Peut-être parce qu'il n'était pas en état d'interagir sobrement et qu'elle n'avait pas eu à avoir peur des conséquences !? Ce matin, l'homme qui lui faisait face l'intimidé. En plus, il s'agissait du supérieur de son frère et elle, à son boulot, elle ne tutoyer pas ses aînés !
- Pardon !?
Riza soupira agacée, elle aurait pensé qu'il aurait compris l'allusion et qu'il serait parti, mais apparemment non ! Déterminée, elle se leva brusquement, oubliant au passage qu'elle ne portait qu'un tee-shirt qui descendait juste en dessous de ses fesses en guise de pyjama et s'avança en direction de la porte de sa chambre où se trouvait Roy en le regardant droit dans les yeux.
- Reculez s'il vous plaît !
Le militaire s'exécuta sans broncher, chose qu'elle n'aurait pas cru sur le coup, mais tant mieux. Sans lui laisser le temps de renchérir, elle lui claqua la porte au nez et retourna dans son lit, un sourire triomphant sur les lèvres. Mais son sourire disparut aussi vite qu'il était apparu quand la porte de sa chambre s'ouvrit brusquement en grand.
- C'est quoi ce bordel !? Brailla Roy en la fusillant du regard.
Riza déglutit avec difficulté, elle avait l'impression que des flammes l'entouraient tellement il était en pétard. Il n'usurpait pas son titre d'alchimiste de flamme à l'instant présent. Néanmoins, elle ne se laissa pas impressionner, et encore moins intimider !
- Dégagez ! Brailla-t-elle en retour, en le flinguant des yeux à son tour.
Elle s'était de nouveau rassise dans son lit pour avoir un meilleur aperçu de l'homme qui était de retour sur le pas de sa porte. Il semblait décontenancé par la façon dont elle venait de s'adresser à lui et sa colère s'atténua. À la place, il se mit à froncer les sourcils, pas très sûr de lui.
- Est-ce qu… Avons-nous… Bredouilla-t-il en les désignant l'un l'autre d'un signe de la main.
- Couché ensemble !? Termina Riza horrifié. Bon Dieu non !
Un soupir de soulagement passa sur le visage du militaire.
- Alors pourquoi ai-je droit à un accueil aussi froid !?
En tout cas, il semblait vouloir tenir à ses explications et ne comptait pas encore la laisser dormir tranquillement.
- Peut-être parce qu'il n'est pas encore sept heures du matin et que vous êtes dans ma chambre !? Grogna-t-elle en indiquant d'un signe de main son réveil posé sur la table de chevet.
D'ordinaire, elle n'était pas friande des grasses matinées, mais là, on était dimanche, elle avait passé la journée de la veille assise sur une banquette de train peu confortable. Pouvait-elle au moins une fois dans sa vie s'octroyer le bonheur d'une grasse matinée !? Apparemment non…
Et comme pour confirmer ses dires, à cet instant précis, la porte d'entrée de l'appartement claqua. Jean avait terminé sa nuit de garde plus tôt que prévu. Elle se souvint vaguement qu'il avait parlé de rentrer à la première heure. Il n'avait pas menti. Au moins, il allait la débarrasser de cet individu encombrant.
Il apparut très vite sur le seuil de sa porte, au côté de son supérieur et lorsque leur regard se croisa, Riza ne put s'empêcher d'aller embrasser son frère. Il lui avait manqué. Il lui manquait tout le temps. Elle avait beau être agacée par son côté un peu surprotecteur envers elle, lorsqu'ils étaient loin l'un de l'autre, il lui manquait sans arrêt. C'était dû au fait qu'ils avaient grandi chacun de leur côté, lui chez sa mère et son beau-père et elle, avec leur père et sa propre mère.
- Tes cheveux ont poussé ! Notifia-t-il en l'admirant un instant.
Riza sourit et l'observa en retour.
- Et toi, tu t'es laissé pousser le bouc !? Notifia-t-elle à son tour.
- Tu aimes !? Demanda-t-il un brin inquiet ce qui intensifia le sourire de sa sœur.
- Hum, fit-elle mine de réfléchir avec un petit sourire en coin. Ça te donne un genre et une allure plus viril ! Rétorqua-t-elle en lui donnant une tape sur le torse qui fit rire le fumeur.
- Alors Colonel ? La nuit a été rude ? S'exclama-t-il ensuite en se tournant vers son supérieur.
- Je ne sais pas, je n'en garde aucun souvenir, répondit ce dernier en passant entre le frère et la sœur pour se rendre dans la cuisine.
Jean et Riza le suivirent. Avec tout ça, cette dernière n'avait plus du tout sommeil. Elle se contenta donc d'observer le supérieur de son frère interagir dans l'appartement à son aise. Elle n'aimait pas ça… Elle n'aimait pas du tout voir l'alchimiste se déplacer ici comme s'il était chez lui.
Il évoluait dans la cuisine avec une aisance déconcertante quand elle, la veille au soir, elle avait dû ouvrir les placards un par un pour y trouver les ustensiles dont elle avait besoin pour préparer son en-cas. En moins de trente secondes, Roy Mustang avait sorti un verre d'un placard, une aspirine d'un autre et une carafe d'eau du frigo.
- Tu as bien dormi !? Demanda Jean à sa sœur en la ramenant à la réalité.
Elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle s'était perdue à la contemplation de l'alchimiste en train d'avaler un comprimé.
- Pas vraiment… Ronchonna-t-elle en se tournant vers son frère. J'ai passé une bonne partie de ma soirée à m'occuper d'un ivrogne qui pleurnichait sur le pas de la porte !
La remarque de Riza lança un froid dans la cuisine. Roy se crispa et Jean se sentit mal à l'aise. Il lança un regard de reproche à sa sœur qu'elle ne comprenait pas. Comme s'il défendait le comportement puéril et immature de son supérieur d'avoir fini complètement torcher avant même l'heure légal pour commencer à boire. Enfin, s'il y avait une heure légale pour commencer à boire…
- Je rentrerais bien chez moi, mais je ne retrouve pas mes clés… Tu as toujours les doubles que je t'ai laissé !? S'exclama le Colonel à son subordonné.
C'était comme si tout à coup, il se sentait de trop dans cet appartement.
Jean approuva d'un signe de tête et se rendit dans le salon pour récupérer lesdites clés qu'il lui tendit en prenant la parole.
- Et Hayate !? S'enquit-il.
- Il est chez Chris… Marmonna simplement l'alchimiste.
Riza n'avait aucune idée de qui était Hayate et Chris, tout comme elle ignorait toujours qui était Maes et Gracia, mais là pour l'instant, elle n'en avait que faire. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était de regagner son lit. Cette histoire l'épuisait beaucoup trop et elle avait du sommeil à rattraper. D'ailleurs Jean se mit à bailler bruyamment tout en s'étirant. Lui aussi avait beaucoup de retard à rattraper.
- Riza, si tu veux je te donnerais un coup de main à installer tes affaires, mais pour l'instant j'ai besoin d'un peu de sommeil ! S'exclama le blond en essuyant une larme qui avait perlé sur son œil en baillant. Colonel ! S'exclama-t-il ensuite à l'intention de son supérieur.
Puis sans un mot supplémentaire, il partit en direction de sa chambre tel un zombie. Riza rêvait d'en faire de même, mais l'alchimiste avait toujours son regard posé sur elle, comme s'il essayait de percer tous ses secrets. Il l'interrogeait du regard, toujours en attente de réponses aux questions qu'il lui avait posé quelques instants auparavant.
Riza soupira et décida d'expliquer les évènements de la veille, espérant ainsi qu'ensuite, il s'en aille pour de bon.
- Quand je suis arrivée hier, vous étiez avachi sur le tapis « Welcome » de mon frère… Je vous avais pris pour un ivrogne un peu perdu, enfin, c'est ce que vous étiez de toute façon ! Vous avez passé la main à travers la porte pour tenter d'entrer et sur le coup de la peur, je vous ai claqué la porte dessus. Mais rassurez-vous, je suis infirmière, je l'ai examiné, elle n'est pas cassée. Enfin bref, quand Jean m'a appelé, je lui ai parlé de l'ivrogne qui dormait sur son paillasson dans le couloir et il m'a répondu que ce n'était sans doute pas un ivrogne, mais son supérieur… Il m'a demandé de vous laisser rentrer et décuver sur le canapé tandis que moi j'allais dormir dans ma chambre. Voilà, Clap de fin.
Ce n'était pas vraiment le Clap de fin, mais Riza n'avait pas vraiment envie de revenir sur cette histoire de larmes à propos de Maes… Elle ne connaissait rien de son nouveau voisin et ça aurait pu paraître impoli. En plus, elle n'était vêtue que d'un tee-shirt trop grand pour elle… Ce n'était pas vraiment la tenue adéquate pour une discussion aussi sérieuse… Ce n'était déjà pas une tenue pour se présenter devant un inconnu… Mais bon, dans la pénombre de l'appartement, faiblement éclairé par la douce lumière de l'aube filtrant de l'extérieur, ni Roy, ni Jean, n'avaient fait la moindre remarque sur sa tenue.
En tout cas, pour Riza, la conversation était finie et elle retourna en direction de sa chambre, bien décidé à terminer sa nuit. Néanmoins, lorsqu'elle atteignit le seuil, elle se retourna en direction de Roy, qui n'avait toujours pas fait un geste.
- La prochaine fois que nous nous reverrons, ça vous dit de réessayer !?
- Réessayer quoi ? Demanda l'alchimiste sans comprendre.
- De recommencer à zéro…
Puis, sans même laisser le temps au supérieur de son frère de répondre, elle s'enferma dans sa chambre, comme pour se créer une barrière entre lui et elle. Elle n'arrivait pas à se retirer de son esprit le regard qu'il lui avait lancé.
Et quel regard !
To be continued...
