Bonjour à tous !
J'espère que certaines d'entre vous ont capté mon petit clin d'œil à Amestris Network en appelant Gustave ainsi hihi. Et sinon, concernant l'ex de Riza dont elle parle vers la fin du chapitre, oui, j'ai repris le personnage de John de la coloc', j'aime bien recycler les personnages en leur donnant plus ou moins le même rôle ou du moins en gardant leur personnalité. Donc voilà, j'ai repris le c*****d d'ex qui l'a trompé en mettant une autre fille enceinte, le détail s'arrête là bien évidemment puisque dans la coloc' ils sont restés ensemble cinq ans et sont séparés depuis deux ans alors qu'ici ils sont restés ensemble que deux ans et sont séparés depuis six ans.
Et sinon comme toujours, mes petits remerciements *émoji qui sourit de toutes ses dents*. Merci à Musing-and-Music, Sow'mama, LénaFMA, Luciole, L'atelier des Chats et Hachiko972 pour leurs commentaires sur le chapitre précédent ! Pour certains commentaires, j'aime beaucoup vos théories ! Surtout quand je sais qu'elles vont vraiment se réaliser, mais pas forcément dans le même sens que vous le pensez *émoji qui pouffe*. Merci également à Musing-and-Music et Sow'mama pour l'ajout de l'histoire dans vos favoris et à Sow'mama qui l'a également ajouté à tes suivis ! Vous me flattez trop et j'espère que ce troisième chapitre vous plaira encore plus et qu'une fois à la fin, vous n'aurez qu'une seule hâte, être jeudi pour avoir la suite !
Pour ce chapitre je me suis inspirée de la fin du chapitre neuf du roman de Colleen Hoover.
Bonne lecture.
Sei.
Ugly Love
Chapitre 3 : L'arrangement.
Cela faisait presque trois semaines que Riza n'avait pas vu le Colonel Mustang, et pourtant, pas un seul jour il n'avait quitté son esprit. Il travaillait beaucoup, comme Jean, comme elle. Du coup, ils ne se croisaient pas. Mais bon, il n'y avait rien d'étonnant à cela, c'est à peine si elle avait l'occasion de passer du temps avec son propre frère. Ils étaient tous débordés.
Trois semaines plus tôt, lorsqu'elle était rentrée de chez le Colonel après l'étrange et passionnant baiser qu'ils avaient échangé. Riza était anéantie. Roy lui avait gâché son premier baiser en six ans. Il avait été si parfait… Elle n'avait pas accepté sa réaction… Pourtant, elle pouvait comprendre ce qu'il y avait en jeu. Il était le supérieur de son frère. Elle était la petite sœur de Jean, le gars le plus surprotecteur de la planète, encore pire depuis sa rupture d'avec John…
Ce qu'il s'était passé entre eux était trop risqué, pour l'un comme pour l'autre, mais surtout pour Jean, qui serait mis dans une situation délicate. Pourtant, Riza ne pouvait s'empêcher d'y repenser et de lui en vouloir. S'il avait voulu qu'il ne se passe rien, elle aurait préféré qu'il ne tente rien, tout simplement. Pour elle, il était évident qu'il était allé trop loin et qu'il n'assumait pas les conséquences. Mais, elle… Était-elle prête à les assumer !?
Riza ne savait plus quoi faire, son frère commençait à se poser des questions. Ils ne se voyaient que très peu, mais à peu près une semaine après le baiser, il avait compris que quelque chose la tracassait et qu'il ne s'agissait pas de ses études. Il la connaissait trop bien et pour le coup, elle appréciait de savoir que leur boulot prenait une grande partie de leur temps, parce que sinon, elle était persuadée qu'il ne lui faudrait pas longtemps pour déchiffrer totalement ce qu'il se passait dans sa tête.
Tout ce qu'elle espérait, c'est qu'il ne dirait rien au Colonel. Elle savait qu'ils étaient proches, mais irait-il jusqu'à lui avouer qu'il s'inquiétait pour elle !? D'un certain côté, ça lui ferait peut-être réaliser l'erreur qu'il avait commis, mais d'un autre, elle ne voulait pas qu'il sache que la situation l'affectait autant. Elle voulait se montrer forte et indépendante. Elle ne voulait pas que le Colonel Mustang puisse croire un seul instant qu'elle était tombée dans ses filets.
Quand elle repensait à cette soirée, elle s'était sentie extrêmement soulagée d'être rentrée dans un appartement vide. Enfin, pas vraiment vide, mais Jean était parti se doucher et elle ne l'avait pas croisé. Heureusement, car la dernière chose qu'elle aurait souhaité, c'était qu'il tombe sur elle. Elle ne voulait qu'il la voie dans l'état dans lequel son supérieur l'avait plongé. Elle n'avait pas pleuré. Mais elle savait que si elle avait croisé le regard de son frère, il aurait tout de suite vu qu'elle était bouleversée par quelque chose et il l'aurait obligé à lui expliquer ce qu'il s'était passé…
Mais elle ne pouvait pas ! C'était impossible ! Comment pourrait-elle lui dire que son supérieur venait de l'embrasser comme un forcené avant de la repousser médiocrement comme si elle avait contracté la peste !? Et s'il était parti casser la figure de son propre supérieur ? Elle ne voulait pas lui créer des ennuis au boulot.
Alors elle s'était tue et n'avait rien dit. Elle s'était simplement enfermée dans sa chambre et quand Jean était venu toquer à sa porte, elle avait fait semblant de dormir. Il était ressorti en silence et elle avait passé la nuit à se demander ce qu'il se passait dans la tête de l'alchimiste qui vivait dans l'appartement d'en face, mais surtout, ce qu'il se passait dans sa tête à elle.
Vers deux heures du matin, n'en pouvant plus, elle avait allumé sa lampe de chevet et s'était remise à étudier. C'était la seule chose qui lui permettait de ne plus penser à tout cela. Le lendemain, elle était arrivée épuisée à son examen, mais elle connaissait son sujet par cœur et s'en était sortie avec brio.
- Riza tu es là ?
La jeune blonde sursauta, comme presque tous les soirs depuis trois semaines, elle somnolait dans son lit en repensant à tous ce qu'il s'était passé au cours du mois. On était jeudi soir et elle ne travaillait pas. Merde… Riza se redressa d'un coup. On était jeudi soir ! Elle n'y avait pas pensée… Elle devait à la base travailler ce soir, mais une de ses collègues avait demandé si elle pouvait échanger leur nuit de garde.
- Dans ma chambre ! Répondit-elle à son frère tandis que la porte claquer.
Elle croisa les doigts dans l'espoir que ce soir, il n'avait pas organisé une soirée avec ses collègues. Il savait qu'elle ne travaillait pas ce soir puisqu'elle avait travaillé hier soir. Elle savait qu'il n'invitait pas ses collègues quand elle était là, mais maintenant qu'ils avaient fait sa rencontre, peut-être avait-il changé d'avis !? En soi, ce n'était pas l'idée qu'il invite ses collègues qui la dérangeait, puisqu'après tout, c'était son appartement et en plus elle n'avait aucune révision pour le lendemain. Non, ce qui la dérangeait, c'était la présence de son supérieur… Après ce qu'il s'était passé entre eux, elle ne se voyait pas faire comme si de rien était.
- Je sais que tu ne travailles pas ce soir, mais ça te dérange si les gars viennent pour jouer une partie de carte !? On a l'habitude de se réunir le jeudi.
Riza lui répond que non, même si intérieurement elle aurait plutôt répondu oui. Elle ne pouvait pas empêcher son frère de voir ses amis, elle s'imposait déjà tellement dans sa vie… Elle lui imposait cette colocation, et même si ça ne le dérangeait absolument pas de partager son appartement avec sa sœur, elle savait qu'il serait beaucoup plus libre de ses soirées si elle n'était pas là. Elle ne l'avait jamais vu ramener une seule fille…
Du coup, par principe et par respect pour son frère, elle décida de rester principalement dans sa chambre. Son frère lui proposa bien de se joindre à eux, mais elle refusa et elle put lire le soulagement dans son regard. Il ne lui avait proposé que par politesse. Lui aussi voulait la tenir éloigné de ses collègues.
Plus tard dans la soirée, mourant de faim, Riza décida de sortir de sa chambre pour se faire un sandwich. Après tout, elle n'était pas non plus prisonnière ! Elle pensa à Monsieur Bennet, seul dans la Hall et se dit qu'elle pourrait peut-être lui tenir compagnie. Elle faisait ça de temps en temps, quand elle se sentait seule et que Jean était au travail.
Elle arriva dans le séjour en retenant son souffle, sans trop savoir pourquoi. Tous les visages se tournèrent vers elle quand elle apparut dans le séjour. Elle retrouva sa respiration quand elle ne croise pas le regard onyx qu'elle redoutait tant. Roy Mustang n'était pas présent ce soir. Pourquoi !? Était-ce à cause de ce qu'il s'était passé entre eux l'autre fois !? Non… Il n'était pas censé savoir qu'elle serait présente ce soir. À moins que Jean ne l'ait dit à son équipe ? Comment savoir ?
Riza haussa les épaules pour elle-même. À présent qu'elle constatait son absence, elle se sentait presque vexée, déçue et frustrée de ne pas pouvoir le voir. Elle était vraiment une contradiction à elle seule.
- Tu te joins à nous finalement !? Demanda Jean doucement.
- Non, je ne voulais pas vous déranger ! Je vais juste me préparer un petit en-cas et descendre discuter avec Monsieur Bennet !
- D'accord !
Puis Riza s'enfuit dans la cuisine, un peu gênée d'être le centre de l'attention de tous les regards. La partie semble se poursuivre dans le séjour. Riza écoute sans vraiment écouter, la conversation de son frère avec ses collègues.
- T'as de la chance que le Colonel ne soit pas là ce soir Fuery, sinon il t'aurait plumé ! S'exclama la voix de Jean en riant.
À l'entente du grade de son voisin de palier, Riza se demande à nouveau pourquoi il est absent… C'est comme si l'un des collègues de son frère avait entendu sa question silencieuse et tâchait d'y répondre.
- Si j'étais toi je ne rigolerais pas trop vite ! À coup sûr il a rencard avec la fille qui t'avait tapé dans l'œil ! Ricana la voix du rouquin à ses oreilles.
- La ferme Breda !
Son frère continua dans sa tirade, mais Riza n'entendait plus rien… Son cœur s'était déchiré en petit morceau quand elle avait entendu le mot « rencard » sortir dans la conversation. Bordel ! Il l'embrassait et passait à autre chose comme si de rien n'était… Riza ne s'était même pas rendue compte que ses mains tremblaient… Était-elle en colère ou anéantie !? Elle se sentait tellement vexée et humiliée !
Une fois son en-cas préparée. Riza l'emballa soigneusement avant de quitter l'appartement sans un mot. Elle gardait la conversation qu'elle venait de surprendre en travers de la gorge et elle ne comprenait pas pourquoi. Après tout, elle aurait dû savoir à quoi s'en attendre… Roy Mustang était un coureur de jupon. Il l'avait embrassé et s'il n'était pas allé plus loin, c'était certainement par respect pour son frère.
Arrivée dans le hall, Gustave Bennet l'observa attentivement avec son regard qui signifiait « toi, il y a quelque chose qui te chiffonne ». Pourtant, il ne prononça rien d'autre qu'un bonsoir et un merci quand Riza s'affala à côté de lui sur son banc et qu'elle lui tendit un sandwich.
Ils mangèrent en silence, seul le bruit de la mastication se faisait entendre. Un ou deux habitants entrèrent ou sortirent de l'immeuble, mais aucun des deux n'y firent vraiment attention.
- Bon, et si tu racontais au vieillard que je suis pourquoi tu fais cette tête !? S'exclama Gustave après avoir dévoré son sandwich.
- Pourquoi les hommes sont-ils tous les mêmes !? Demanda-t-elle le regard perdu dans le vide.
- Pourquoi les femmes pensent-elles que les hommes sont tous les mêmes ? Renchérit le vieillard en la surprenant.
Riza ne s'attendant pas à une telle répartie de la part du vieux retraité, tourna un regard incrédule vers lui.
- Faut arrêter de tous les mettre dans le même sac ! S'exclama-t-il en réponse à l'expression de la jeune femme.
Riza haussa les épaules avant de rependre. Elle savait que Gustave avait raison, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher.
- Je sais bien que ça fait cliché de dire ça, mais c'est vraiment l'impression que j'en ai… J'ai l'impression que tous les hommes de mon entourage ne pensent qu'à flirter avec les femmes avant de passer à la suivante.
Bon, à vrai dire elle n'avait pas vraiment un entourage masculin très répondu, mais entre son histoire avec John, son frère et le Colonel Mustang, elle était servie. Sans compter ses collègues de travail qui ne valait parfois pas mieux. C'était l'univers dans lequel elle progressait depuis ses dernières années.
- Je suis vexé ! Tempêta Gustave faussement indigné. Est-ce ainsi que tu me vois !? La taquina-t-il avec un clin d'œil avant de poursuivre. Mais dis-moi chère Mademoiselle Riza, se pourrait-il que tu sois tombée sous le charme d'un beau jeune homme !?
Riza soupira, tomber sous le charme était trop simpliste… Ce qu'elle ressentait pour le Colonel Mustang était beaucoup plus profond que ça… Sinon, pourquoi se serait-elle sentie vexée et trompée d'apprendre qu'il avait rencard avec une femme !?
- Et ce jeune homme a-t-il un nom ? Renchérit le vieillard, voyant que Riza ne poursuivait pas.
- Je ne prendrais pas le risque de dévoiler cette information, murmura-t-elle simplement.
Elle ne pouvait pas. C'était trop risqué ! Elle ne savait pas le lien que pouvait avoir le vieillard avec les autres résidents de l'immeuble ! Et si l'information remontait aux oreilles de son frère ? Ou pire, du principal concerné !? Non, c'était trop risqué. Ce n'était pas qu'elle n'avait pas confiance en Gustave, c'était surtout qu'elle n'avait pas confiance en ce qu'elle ressentait.
- Je vois, tu tiens assez à cet homme pour ne pas vouloir que le lieutenant Havoc ne l'étripe !
Riza ne put s'empêcher de rire, Monsieur Bennet la connaissait si bien !
Ils discutèrent encore un petit moment de la météo et du contenu de leur journée, puis Gustave partit se coucher. Riza décida de rester un moment-là, n'étant pas prête à remonter tout de suite et à surprendre une conversation qu'elle n'aurait pas voulu entendre.
Le calme du hall lui fit du bien et elle resta ainsi une bonne demi-heure, puis elle décida de remonter, pas parce que la partie de carte de son frère devait probablement toucher à sa fin, mais surtout parce qu'il commençait à se faire tard et qu'elle avait peur de croiser le Colonel Mustang au retour de son rencard… Enfin s'il rentrait ! Peut-être allait-il découcher !?
À cette idée, Riza sentit la nausée lui monter à la gorge. Il ne fallait pas qu'elle pense à ça. Surtout que ça pourrait être encore pire, elle pourrait le croiser en retour de rencard AVEC son fameux rencard… Ce serait comme un coup de couteau en pleine poitrine...
- Riza !?
Cette dernière sursauta. Pourquoi n'était-elle pas montée cinq minutes plus tôt !? Pourquoi avait-elle traînée !? Est-ce qu'inconsciemment, elle avait fait cela dans l'espoir de tomber sur lui !?
Roy Mustang se tenait devant elle, parfaitement vêtue dans son costume. Il était encore plus beau que dans ses rêves de ces trois dernières semaines. Son cœur se mit à battre la chamade. Bordel, comment faisait-il pour la mettre dans cet état-là !?
- Que faites-vous là !?
C'était lui qui avait parlé. Il la rejoignit dans l'ascenseur. Ils étaient si proche, ça en été tellement troublant. Riza décida de ne pas lui répondre, après tout, elle n'avait aucun compte à lui rendre… Pourtant, elle ne voulait pas qu'il pense qu'elle guettait son retour, parce que même si inconsciemment, c'était ce qu'elle avait fait, ce n'était pas son but initial.
La montée jusqu'au huitième étage se fit donc dans un silence un peu pesant. Une fois les portes ouvertes, Riza se précipita chez elle. Elle n'avait pas envie de lui parler. Pas alors qu'il revenait d'une sortie avec une autre fille, pas alors que le parfum de cette fille flottait encore dans l'air et avait envahi toute la cage d'ascenseur.
S'il n'y avait pas eu cette odeur, elle aurait pu accorder le bénéfice du doute à cette histoire de rencard, mais avec ce parfum féminin collant à sa peau, elle ne pouvait nier l'évidence. Elle n'avait été qu'une faiblesse de sa part et sa fierté en avait été grandement blessé.
- Riza !
Mais Riza était déjà partie. Elle ne voulait pas savoir ce que le Colonel Mustang avait à lui dire, elle voulait encore moins entendre ses piètres excuses sur son comportement de la dernière fois. Elle ne voulait tout simplement plus jamais le voir.
oOo
Riza devrait songer à redéfinir ses décisions en prenant en compte toutes les équations… Parce que c'était compliqué de ne plus jamais vouloir voir le Colonel Mustang quand ce dernier vivait sur le palier d'en face et de surcroît, travailler avec son frère… Du coup, même si le mois qui suivit, elle n'aperçut pas une seule fois le militaire, elle savait qu'elle finirait par recroiser sa route. Mais pourquoi fallait-il que ce soit exactement le week-end où son frère était absent !?
Il l'avait prévenu qu'il avait accepté une mission dans l'Est et qu'il avait accepté avec l'envie de revoir des amis qu'il s'était fait à l'époque où il vivait à East City. Riza n'y avait pas vu d'inconvénient puisque de toute façon, avec le travail qu'elle avait, elle ne verrait pas beaucoup de différence. Mais elle n'avait pas pesé le Colonel Mustang dans la balance.
- Bonsoir, murmura-t-il lorsqu'il se croisèrent dans l'ascenseur.
Cette fois-ci, c'était elle qui l'avait rejoint dans la petite cage, regrettant un instant de ne pas avoir flâné un instant de plus dans la rue. Mais aujourd'hui il pleuvait, et elle s'était dépêchée de rentrer. Elle était totalement trempée et n'avait qu'une envie, prendre une bonne douche bien chaude pour se réchauffer.
- Bonsoir Monsieur Mustang, répondit-elle par politesse.
Elle se sentait mal à l'aise en sa présence. Plus d'un mois était passé depuis leur dernière rencontre… Depuis ce baiser… Depuis qu'il lui avait demandé de partir… Depuis qu'ils s'étaient croisés dans ce même ascenseur.
Malgré elle, Riza sentit une chaleur l'envahir dans chaque pore de sa peau. Mais d'où venait-elle !? Était-ce la présence du militaire qui provoquait cela !? Riza sentit son ventre se contracter et elle déglutit avec difficulté. Elle n'avait rien oublié du baiser qu'ils avaient échangé. Elle n'arrivait pas à se l'enlever de la tête… Et pourtant, elle avait essayé ! Mais c'était impossible. C'est comme s'il était tatoué sur son âme… Si seulement elle n'avait pas senti l'odeur féminine qui flottait sur ses vêtement… Si seulement ! Elle voyait cela comme une traîtrise.
- Quel temps ! S'exclama-t-il en la faisant sursauter.
Riza le fixa en fronçant les sourcils et il désigna sa tenue trempée et Riza acquiesça. Oui, quel temps. Elle aussi n'était pas dans un meilleur état… Mais depuis qu'elle était enfermée dans ce petit carré avec l'alchimiste de flamme, elle en avait oublié à quel point elle avait froid et à quel point elle était trempée, au contraire, elle suffoquait. Et pourtant, ce n'était pas mouillé comme il l'était que l'alchimiste pouvait créer la moindre petite flamme. Ce sentiment de chaleur venait de ses entrailles et du malaise que l'homme créait en elle dès qu'il était à proximité.
- Riza, reprit-il après un silence.
Non, elle ne pouvait pas s'échapper, il restait encore trois étages à monter avant d'atteindre le huitième. Pourquoi était-il si long !? Pourquoi !?
- Oui ?
Elle répond innocemment, comme si elle n'avait pas idée de ce dont il allait lui parler… Comme s'il n'y avait jamais eu ce malaise après la scène du baiser.
- Est-ce que vous avez mangé !?
Prise au dépourvu, Riza écarquilla les yeux. Apparemment, elle ne s'attendait pas à cette question.
- Non, bredouilla-t-elle sans s'en rendre compte.
- Ça vous dit de dîner avec moi ? Je sais qu'Ha... votre frère, est à East City jusqu'à la fin du week-end.
Riza scruta le visage de l'alchimiste. Que manigançait-il !? Il semblait désolé. Comme s'il souhaitait s'excuser du comportement qu'il avait eu avec elle plus d'un mois auparavant.
Que devait-elle faire !? Accepter !? Refuser !? Après tout, même si elle n'avait pas l'intention de vivre éternellement chez son frère, il restait le supérieur de son frère, son voisin en prime… Peut-être pouvait-elle faire l'effort d'écouter ce qu'il avait à lui dire !? Ou alors, il était encore temps de garder ses distances avec ce coureur de jupon avant qu'il ne fasse plus de dégâts !? Comment savoir ce qui était bon pour elle quand elle l'ignorait elle-même !? Pourquoi se posait-elle autant de questions !? Que lui arrivait-elle !? Depuis sa rupture avec John, elle avait toujours refusé de se prendre le chou, et surtout pas pour un mec. Pourquoi le faisait-elle avec le Colonel Mustang !?
Certes il avait l'allure, l'élégance et la classe. Qui n'aurait pas envie de coucher avec un type qui a atteint le grade de Colonel avant trente ans et qui est alchimiste d'état !? Ce gars était comme une célébrité. Qui n'avait jamais rêvé de coucher avec une célébrité ?
- Alors !?
Riza sursauta, elle ne s'était pas rendue compte qu'elle n'avait pas répondu au militaire. Et pour cause, elle n'avait aucune idée de quoi lui répondre.
- Je… Je ne sais pas…
Elle ne termina pas sa phrase qui aurait dû finir par « si c'est une bonne idée », elle se contenta de rester vague.
- Je ne voulais pas créer un malaise entre nous… S'exclama-t-il soudainement, comme s'il venait de réaliser pourquoi depuis plusieurs semaines, Riza le fuyait.
- Fallait y penser avant de m'embrasser… Ne peut-elle s'empêcher de marmonner.
Roy se figea. L'ascenseur venait de s'ouvrir, mais pourtant aucun d'eux ne sorti dans le couloir. Ils étaient là, à se toiser, en silence. Ce n'est que lorsque les portes commencèrent à se refermer que Roy sembla revenir à lui et les bloqua pour laisser Riza sortir.
- Je suis désolé.
Ils étaient devant la porte de leur appartement respectif. Riza se demanda de quoi il pouvait bien être désolé, mais en vrai, elle s'en fichait. Elle n'avait qu'une seule envie, prendre une douche et dormir. Ne plus penser à rien.
Elle se contenta donc d'ignorer l'alchimiste tandis qu'elle ouvrit la porte de son appartement, mais alors qu'elle s'apprêtait à entrer, elle se sentit tirer en arrière et avant qu'elle ne comprenne ce qu'il se passait, elle se retrouva pour la seconde fois de son existence avec les lèvres du Colonel Mustang scellées sur les siennes.
Ça lui avait manqué. Elle ne s'était pas rendue compte à quel point elle vivait inconsciemment dans l'espoir de revivre cette scène. N'était-elle pas pathétique ?
Mais ce nouveau baiser vu de courte durée. Lorsqu'ils entendirent une porte s'ouvrir, ils se séparèrent en sursaut. Il s'agissait du voisin qui sortait simplement de chez lui. Il y avait deux autres appartements en plus de celui de Jean et de Roy à cet étage.
Par chance, il ne les avait pas vu en sortant car il leur tournait le dos et ils purent faire simplement style qu'ils discutaient sur le palier. Riza n'avait pas envie que leur voisin n'aille pister à son frère qu'elle avait une liaison avec son supérieur. Surtout qu'on ne pouvait pas vraiment dire qu'embrasser quelqu'un était une « liaison » à proprement parler.
Ils ne dirent rien tant que le voisin était à portée de voix. Ils attendirent donc qu'il soit dans l'ascenseur pour oser s'affronter encore du regard.
- C'était quoi ça !?
Riza avait pris la parole la première, pour se donner du courage. Elle savait qu'au moindre mot de l'alchimiste, elle succomberait. Elle ne voulait pas devenir ce genre de femme. Alors il fallait qu'elle soit la première à déstabiliser l'alchimiste.
Devant elle, Roy se passa la main devant le visage, il semblait vraiment anxieux.
- Riza… Je ne peux plus faire semblant !
Le froncement de sourcil qu'elle lui renvoya et les bras qu'elle croisait devant sa poitrine l'obligèrent à poursuivre.
- Tu me plais ! Renchérit-il en faisant tomber toutes les barrières et en se montrant beaucoup plus familier avec elle.
Riza tomba des nues, comment ça elle lui plaisait !? Ça voulait dire quoi !? Qu'elle était un numéro de plus sur son tableau de chasse !? Se rendait-il compte qu'il parlait à la petite sœur de son bras droit !? Celui qui assurait sa sécurité !? Tenait-il tellement peu à sa vie !? C'était quoi ce délire !?
- Pardon !?
Ce fut la seule chose qu'elle parvint à articuler. Elle ne pouvait pas cacher sa surprise. Comment pourrait-elle le faire !? La dernière fois qu'elle l'avait croisé, elle avait senti l'odeur d'une autre femme sur lui… Elle méritait mieux qu'un coup d'un soir ! Même si dans l'ascenseur elle essayait de se convaincre que coucher avec l'alchimiste de flamme pouvait être une expérience super… Bordel, elle n'avait pas les idées claires… Elle avait besoin d'une douche… Et peut-être aussi d'un verre de Tequila… Ou deux…
Roy jeta un coup d'œil dans le couloir et vers l'ascenseur avant de pousser Riza dans son appartement et de la suivre à l'intérieur avant de refermer la porte derrière lui.
- Je peux savoir ce que vous faites au juste !? S'écria la jeune femme surprise par l'audace de l'alchimiste à s'introduire ainsi dans l'appartement de son frère alors qu'elle ne l'y avait pas invité.
- Il faut qu'on parle ! Tu m'attires Riza ! Énonça-t-il à voix basse. Je ne peux pas cacher que je te désire… Mais je ne veux que toi… Sans tout le reste ! Je n'ai pas le droit de m'attacher à quelqu'un. Pas avec ce que j'ai fait par le passé… Pas avec l'objectif que je me suis fixé ! Et je suis sûre que tu te refuses la même chose ! Sinon, pourquoi bosserais-tu sept jours sur sept entre ton boulot à l'hôpital et tes études ? Tu n'as pas la place pour une relation sérieuse dans ta vie !
Waouh Riza resta sans voix. Le Colonel Mustang venait-il clairement de lui dire qu'elle n'avait pas de vie sociale !? Même si ce n'était que la stricte vérité, ça faisait mal à entendre. Elle ne savait pas si elle devait rire ou pleurer. Comment pouvait-il en savoir autant sur son compte alors qu'ils ne s'étaient pratiquement jamais vus ? Elle était presque certaine que Jean ne devait pas être de celui qui raconte sa vie de A à Z. D'ailleurs, en parlant de Jean...
- Et mon frère dans l'histoire… Vous pensez qu'il pensera quoi de tout ça !? S'exclama-t-elle en fronçant les sourcils.
Que dirait Jean s'il apprenait que son supérieur couchait avec sa petite sœur !? Riza n'était pas certaine qu'il apprécierait grandement la chose ! Et pour cause...
- On n'est pas obligé de lui dire ! Répondit-il en haussant les épaules comme si c'était l'évidence même.
Bien sûr, c'était plus simple… Ce serait tellement plus simple que personne ne soit au courant de leur arrangement… Mais… Était-elle prête à accepter d'être une fille parmi d'autres !? Elle méritait au moins d'être une exclusivité, du moins le temps que durerait cet arrangement !
- Pourquoi j'accepterais de coucher avec vous alors que vous ne vous gêné pas pour aller voir ailleurs !
- Je ne vais pas voir ailleurs.
Elle avait dit ça d'une voix tellement fermée, presque blessante… Et le Colonel avait répondit immédiatement derrière avec une expression ne comprenant pas ce qu'elle insinuait. Son expression l'énerva encore plus et elle s'emporta, peut-être un peu plus que de raison.
- Ne mentez pas, vous empestiez le parfum pour femme l'autre jour dans l'ascenseur !
- Je… Commença l'alchimiste avant de se taire et de froncer les sourcils.
Riza l'observa sans rien dire. Elle avait l'impression qu'il se remettait en condition de ce soir-là où ils s'étaient croisés dans l'ascenseur. Comme s'il réfléchissait à ce qu'il avait fait, et surtout, avec qui !
- Riza, reprit-il après s'être raclé la gorge. Crois-le ou non, mais ce jour-là, comment dire… C'était une sorte de rendez-vous d'affaire ! Je n'ai pas couché avec cette fille ! Je ne l'ai même pas embrassé… Elle avait des informations pour moi… Rien de plus !
Elle ne rêvait pas !? Le Colonel Mustang se confondait en excuse !? Il avait l'air si vulnérable qu'elle aurait presque envie de lui donner le bon dieu sans confession… Mais elle ne pouvait pas oublier l'homme qu'il était. Il était Roy Mustang, le coureur de ses Dames !
- Peut-être pas ce jour-là, concéda-t-elle finalement. Mais vous ne nierez pas votre côté volage ! Ajouta-t-elle avec un regard profond.
- Je pense avoir déjà mentionné de ne pas prendre au sérieux la plupart des rumeurs à mon sujet ! S'exclama l'alchimiste avec le même regard profond à l'égard de la jeune blonde. Tu veux savoir depuis quand je n'ai pas couché avec une fille !?
Riza ouvrit et referma la bouche face à cette question. Oui ! Elle voulait savoir… Mais ça ne la regardait pas ! Qu'est-ce que ça changerait de savoir à quand datait sa dernière relation sexuelle !?
- Pas vraiment… Bredouilla-t-elle sans conviction.
- Ça fait plus d'un an ! Bientôt deux ans… Lui répondit tout de même l'alchimiste.
Pour la seconde fois en deux minutes, Riza ouvrit et referma la bouche tel un poisson dans son bocal. Plus d'un an, bientôt deux ans. Dire que cette phrase ne lui avait rien procuré serait un mensonge. Bizarrement, ça avait réveillé en elle comme un petit brasier… Un petit brasier que l'alchimiste de flamme entretenait avec expertise. Il savait comment attiser la flamme ! S'en rendait-il compte ?
- Pourquoi ? Bredouilla-t-elle pour la seconde fois. Pourquoi moi !?
Elle leva un regard rempli d'incompréhension vers l'alchimiste qui la regarda avec désir, comme si le fait qu'elle lui soit interdite lui donnait l'envie de la découvrir.
- Je ne sais pas moi-même… Expliqua-t-il après un silence. Je me suis toujours interdit d'aimer… J'ai toujours été très clair sur mes intentions dès le début, puis j'ai fini par m'en lasser…
Nouveau silence de la part de l'alchimiste. Riza se contenta de l'observer sans ajouter un mot. L'alchimiste était en train d'ouvrir sa coquille, si elle parlait, elle avait peur de la renfermer à tout jamais.
- Enfin bref, reprit-il en secouant la tête. Depuis ce jour où je t'ai observé dormir, je n'arrive plus à te sortir de mon esprit.
Il avait énoncé cette dernière phrase en plongeant son regard onyx dans les yeux ambre noisette de la sœur de son subalterne. Ce qui perturba cette dernière un peu plus et alimenta le brasier qui prenait de plus en plus d'ampleur dans le bas de son ventre.
Elle aimait beaucoup l'idée qu'il avait pu prendre du plaisir et du désir à la regarder dormir le jour de leur rencontre. Avec une autre personne, elle aurait trouvé cela déplacé, limite pervers. Mais avec lui, elle trouvait ça séduisant et excitant.
Est-ce qu'elle avait un problème !?
- Cette conversation est des plus étrange ! Murmura-t-elle plus pour elle-même que pour l'alchimiste lui faisant face.
Roy rit et Riza se sentit s'enflammer. Il avait un rire… C'était le plus beau rire qu'elle n'avait jamais entendu de toute sa vie.
- Oui, je le conçois, avoua-t-il toujours en riant.
Plus il riait et plus Riza tombait sous son charme. Pourtant, elle était sûre qu'il ne le faisait pas exprès et qu'il ne s'en rendait même pas compte. Il se contentait d'être lui-même et transparent. Elle était presque sûre qu'il n'était pas du genre à se montrer transparent en public, ni même en privé. Il était plutôt du genre mystérieux.
Elle se mit donc à adorer chaque mot qu'il prononçait. « Oui » et « Je » et « Le » et « Conçois » … Elle était persuadée qu'il pourrait lui faire aimer n'importe quel mot, même celui qu'elle détestait par-dessus tout. Comme le mot « Enfer ». Qui pourrait aimer ce mot !? Il désignait quelque chose de mauvais...
- Dites « Enfer », s'exclama-t-elle soudainement sans pouvoir s'en empêcher.
- Enfer... Énonça l'alchimiste en fronçant les sourcils, sans comprendre.
Ce mot prenait un nouveau sens. « Enfer » était devenu son nouveau mot préféré. S'il le répétait, elle pourrait le suivre jusqu'en enfer s'il le lui demandait ! Dans cet endroit où les flammes devaient être aussi féroce que les siennes.
- Tu es assez spéciale dans ton genre, lança-t-il amusé.
Riza ne put empêcher de sourire, gênée. D'habitude, elle ne ressemblait pas du tout à ce genre de fille, mais devant la présence imposante et le charisme démesuré de l'alchimiste, elle se sentit si petite et si frêle. Elle ne se reconnaissait même pas. Elle avait presque envie qu'il la prenne dans ses bras pour la protéger. Pourtant, elle n'était pas sans défense et savait se protéger toute seule !
La jeune femme secoua la tête pour tenter de retrouver ses esprits, ce qui était peine perdu. Pour cela, il faudrait qu'elle fiche l'alchimiste à la porte et qu'elle aille se passer la tête sous l'eau froide. Mais elle n'avait envie ni de l'un, ni de l'autre. Elle voulait surtout comprendre l'arrangement qu'était en train de négocier le Colonel Mustang avec elle.
- Bon, pour résumer, s'exclama-t-elle en reprenant un air sérieux. Vous me proposer de coucher avec vous de temps en temps histoire de prendre du bon temps, sans attache, ni sentiment… ?
Un silence s'installa dans l'appartement. Elle venait de clouer le bec à l'alchimiste sans s'en rendre compte, sans le faire exprès. Elle n'avait fait que résumer cette étrange conversation qu'ils venaient d'avoir
- C'est bizarre dis comme ça… Finit-il par dire. Je n'arrive pas à croire que je viens de te proposer de faire l'amour… Quel genre de mec je suis !?
Riza ne put réprimer un sourire face à sa dernière remarque.
- À peu près comme tous les autres ! Le rassura-t-elle avec un demi-sourire en coin. Au moins, votre réputation ne vous précède pas pour rien.
Ils se regardèrent intensément. Riza essaya de lire dans l'esprit du Colonel Mustang, mais elle n'y arrivait pas. Elle ne pouvait qu'observer son regard rempli de désir. Du désir pour elle ! Elle pouvait observa ses yeux posés sur sa bouche et d'un coup, elle se sentit desséchée et assoiffée, mais ce n'était pas d'eau dont elle avait besoin. C'était des lèvres de l'alchimiste sur les siennes.
Que lui arrivait-il !? Était-elle en train d'accepter cette relation purement sexuelle avec cet homme !? Elle qui n'avait couché avec personne depuis six ans… Jusqu'à présent, le besoin ne s'était jamais fait ressentir, alors pourquoi à cet instant, se sentait-elle en manque ? Elle avait vingt-six ans, elle était majeure et vaccinée. Pourquoi n'aurait-elle pas le droit de s'envoyer en l'air avec ce militaire !? S'ils étaient tous les deux consentent, il n'y avait donc aucun problème ?
- Du coup… On se lance !? Demanda timidement Riza.
- On se lance, répondit l'alchimiste dans un murmure.
Ils continuèrent de se regarder sans bouger pour autant. Le regard de l'alchimiste toujours dirigé sur ses lèvres, comme hypnotisé.
- D'accord… Murmura-t-elle en se mordant la lèvre inférieure.
- D'accord, murmura-t-il en humectant ses lèvres.
Un nouveau silence s'installa entre eux, mais la distance se faisait de plus en plus minime à mesure que Roy s'approchait d'elle.
- J'aimerais que nous nous fixions des règles… Bredouilla Riza en posant une main sur le torse musclée de l'alchimiste avant qu'il ne fasse disparaître la dernière distance qui les séparait l'un de l'autre.
- Des règles !? Répéta Roy en fronçant les sourcils.
- Ne rien espérer ! S'exclama Riza dans un souffle, comme si elle avait couru un marathon.
- Ne rien espérer ? Répéta une nouvelle fois l'alchimiste sans rien comprendre.
- C'est ma règle ! Précisa-t-elle en croisant son regard. Vous en avez une à suggérer !?
L'alchimiste l'étudia intensément. Riza se sentait toute petite dans ses bras et elle sentait que si elle n'instaurait pas des règles des à présents, elle risquait de se perdre dans cet arrangement des plus inattendu dans sa vie.
- Pas sur l'instant, mais j'y réfléchirais ! Finit par dire Roy.
- D'accord…
Après tout, les règles qu'ils allaient se fixer ne serait pas à prendre à la légère et elle pouvait comprendre qu'il veuille prendre le temps d'y réfléchir. De son côté, elle réfléchirait également à d'autres règles qu'elle pourrait leur imposer pour le bon déroulement de leur arrangement.
- Mais on ne peut pas se lancer tout de suite ! Déclara-t-il ensuite.
Pourquoi !? Riza le regarda en fronçant les sourcils.
L'alchimiste désigna leur tenue, toujours trempée par l'averse qui s'abattait actuellement sur Central City. Elle en avait complètement oublié qu'elle était frigorifiée et pour cause, elle se sentait brûlante de désir pour l'alchimiste.
Mais il avait raison ! Il ne pouvait pas se lancer tout de suite ! Ils étaient des adultes responsables. Ils n'allaient pas se jeter l'un sur l'autre comme des chiens enragés juste par manque. Ne lui avait-il pas proposé de venir dîner chez lui ?
- Je comprends. Du coup, je prends une douche et je vous rejoins chez vous pour dîner !? Demanda-t-elle innocemment.
- Ça me paraît une bonne idée, murmura-t-il avec un sourire plein d'espoir tout en posant délicatement sa main sur sa joue. Mais avant cela, je suis d'accord pour t'embrasser là tout de suite.
Riza était même étonnée qu'il lui demande presque la permission et qu'il n'avait pas encore essayé de la faire.
- D'accord, murmura-t-elle en retour.
Ils se regardèrent un instant dans les yeux, tandis que les mains du Colonel s'entremêlaient dans les cheveux mouillés et emmêlés de Riza. Faisant glisser ses mains chaudes contre ses joues, la caressant du bout de ses pouces. Il laissa échapper un léger soupir avant de fixer son regard sur la bouche de la jeune femme.
- J'ai tellement de mal à respirer, avec toi, murmura-t-il avant de fondre sur ses lèvres.
Jamais Riza n'avait autant vénéré la bouche d'un garçon. Pas qu'elle en avait connu beaucoup dans sa vie, mais celle de Roy Mustang savait y faire comme personne n'avait su y faire avec elle auparavant. Elle ne put retenir le gémissement qui s'échappa de sa bouche lorsqu'il mordilla sa lèvre inférieure et introduit sa langue entre ses lèvres entrouvertes.
Le baiser se faisait de plus en plus intense, les mains de chacun n'étaient plus sagement en place et s'évertuaient à découvrir le corps de l'autre à travers des caresses encore assez timides et peu aventureuses. Les gémissements de plaisir que poussaient Riza, obligèrent Roy à resserrer leur étreinte. La blonde se sentait vaciller sous le désir qui la consumait et si le brun ne la tenait pas aussi fermement, elle serait tombée sur ses genoux.
Elle sentit son dos rencontrer la porte d'entrée, tandis qu'un corps chaud et imposant se plaquait contre elle. Un corps chaud et imposant qui ne cachait rien du désir qu'il éprouvait pour elle. Riza se sentit perdre la tête. Ne venaient-ils pas de dire qu'ils ne pouvaient pas se lancer tout de suite ? Riza ne venait pas de se dire intérieurement qu'ils valaient mieux que ça ? Qu'ils pouvaient se contenir le temps d'un repas avant de se sauter dessus !? Alors pourquoi se retrouvait-elle avec son corps plaqué sur le sien et son érection appuyée entre ses cuisses !?
DRIIIINGGGG – DRIIIINGGGG !
- Bordel ! S'écria Riza en écarquillant les yeux.
Comme si la foudre venait de s'abattre sur eux, les deux adultes s'éloignèrent l'un de l'autre en une demi-seconde. Ils tentèrent de reprendre leur souffle et de comprendre ce qui était en train de se passer. Le téléphone sonnait. Vu l'heure, il s'agissait probablement de Jean. Qui cela pouvait-il être d'autre ?
- Il faut que je décroche, bredouilla Riza, toujours en reprenant son souffle.
- D'accord ! Je… Tu… Tu viens toujours chez moi !? Osa-t-il demander à bout de souffle.
Riza acquiesça d'un signe de tête tout en décrochant le combiné. Roy lui sourit avant de l'embrasser sur le front et de quitter l'appartement pour lui laisser un peu d'intimité avec son frère au bout du fil.
Bordel, mais que se passait-il !?
To be continued...
