Disclaimers : One Piece est toujours l'œuvre sublime de Goda. Control, c'est Halsey. Et le prompt, la joie de vivre, toussa, c'est Grise.
Note : J'irai en Enfer pour ça un jour, je le sens. Pour cette histoire, pour cette irrégularité monstrueuse. Mais outre l'excuse classique du "la vie", j'ai mon ordinateur qui a ni plus ni moins cramé il y a quelques mois ! Bref, j'ai enfin à disposition une machine capable de supporter Scrivener et je profite d'un faible moment de répit et de motivation pour vous apporter la suite. Encore merci à SoraaKami et TrefleV pour vos reviews. Je fais honte à mes serments en ne répondant plus à mes reviews depuis quelques années maintenant mais promis, je vous lis.
WARNING : Fuyez pauvres fous !
Sur ce, bonne lecture !
(Rappel rapide : Trebol a essayé de tuer Roci, Doffy l'a sauvé et a perdu… disons… ses moyens.)
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Control
Partie 21
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L'ambiance était lourde et chargée en électricité dans la pièce tandis que les trois exécutifs fixaient Doflamingo qui bougeait ses doigts pour les détendre. Dans sa fureur, il n'avait pas pris le temps de se laver, ni même de se changer. Il les avait aussitôt rejoint dans le salon, où ils s'étaient affalés en buvant et en jouant aux cartes, et Doflamingo leur avait ordonné de les suivre sur le champ dans le bureau où ils se trouvaient à présent.
— Que se passe-t-il, Doffy ? demanda Diamante en étendant tranquillement ses jambes sur la table basse.
— Essayer de tuer Rocinante dans mon dos, gronda-t-il en faisant craquer ses doigts, agacé par sa nonchalance qui n'avait pourtant rien d'inhabituel. Je vous l'interdis. Je vous INTERDIS de le toucher.
Tous furent sous le choc face à ses mots, à juste titre. Jamais Doflamingo n'avait parlé ainsi à ces hommes qui lui avaient tout donné, qu'il avait toujours traité en égal, et jamais il ne lui était venu à l'esprit de leur interdire quoi que ce soit.
Mais jamais non plus avaient-ils agi ainsi dans son dos.
— C'est à moi de m'en occuper, ajouta-t-il. C'est entre lui et moi.
Les trois hommes le fixaient comme s'ils avaient connaissance de ce qu'il se passait réellement entre les murs de la cellule.
— Mais, hé, hé, Doffy ! Ce n'était pas pour le laisser se suicider que tu as demandé à Pica d'arrêter de le surveiller ?
Doflamingo éclata de rire.
— Mais si je le voulais mort, je n'attendrais pas qu'il le fasse lui-même ! cingla-t-il. Il a des informations, et je compte les lui arracher, leur assura-t-il, marquant une pause pour leur permettre de bien leur faire entrer dans le crâne. Une. À. Une. Et cela prendra le temps qu'il faudra, ce n'est pas comme si la torture pouvait fonctionner sur lui. C'est mon frère biologique, je vous rappelle.
Et ces mots étaient tellement contradictoires, tellement absurdes qu'il avait envie de les ravaler, à peine les avait-il prononcé.
— Doffy, déclara Diamante, solennel comme il savait l'être parfois, il t'a trahi.
C'était la vérité la plus pure et la plus absolue. C'était ce qui était, c'était ce qui avait été et c'était ce qui serait. Pourtant, lui d'habitude si calme, Doflamingo avait envie de leur hurler que ce n'était pas si simple.
Il ne comprenait pas pourquoi ça ne l'était pas, mais c'était ainsi. Tout traître qu'il était, il restait son frère, un ancien Dragon Céleste, le sang de son sang. Si seulement ce genre de lien pouvait se rompre par une simple trahison, Doflamingo n'en serait pas là aujourd'hui.
— J'ai des plans pour lui, déclara-t-il, ce qui était un mensonge : il n'en avait pas.
Et il en voulut encore plus à Rocinante de le mettre dans cette position stupide et ridicule, de devoir mentir à sa vraie famille, à ceux qui depuis des années étaient à ses côtés et ne l'avaient jamais trahis, eux.
— Des plans ? Quel genre de plan ? fit Trebol, le plus pragmatique des trois, celui qui le connaissait le mieux, celui qui, il le sentait, savait que la rupture était proche.
— L'utiliser contre eux, inventa Doflamingo en un clin d'œil. Après tout, j'ai des moyens de le contrôler, ajouta-t-il en agitant les doigts, et je me demande comment la Marine réagira face à…
Pouvait-il leur dire ? Il n'avait jamais révélé à personne les délires fiévreux de son petit frère, l'ultime preuve de sa trahison et de sa facilité à le berner.
— Il était proche du haut commandement, révéla-t-il. Très proche. Ça leur fera quelque chose de particulier de le voir dans nos rangs.
Trebol eut un petit rire, mais c'était presque machinalement, car il ne semblait pas convaincu, pas plus que Diamante, pas plus même que Pica qui était pourtant celui qui lui obéissait le plus aveuglément et le plus facilement.
— Ce serait quand même plus simple de le tuer, déclara Diamante.
C'était une contravention tellement directe aux paroles que Doflamingo venait de prononcer que ça aurait aussi bien pu être une rébellion ouverte.
— À moins, continua l'homme-drapeau, qu'il y ait quelque chose que tu ne nous dises pas.
La suspicion. Le doute. La méfiance. Et tout ça, c'était de la faute de Rocinante, de sa maudite faute à lui s'il en était arrivé là. Il joua son va-tout.
— Quand je parlais de haut commandement, Diamante, je parlais de Sengoku. Visiblement, ils étaient proches.
Il ne savait pas à quel point, même s'il aurait donné cher pour le savoir.
Les trois exécutifs eurent l'air, cette fois-ci, convenablement surpris.
— L'Amiral ?
— Lui-même et, si on en croit les rumeurs, futur Amiral de la Flotte. Imaginez la pièce que nous détiendrions contre lui.
Trebol eut un sourire qui se mua en rire, alors que Diamante se levait et s'avançait d'un pas avant de mettre sa main sur l'épaule de Doflamingo. L'ambiance s'était détendue et Pica hochait la tête vigoureusement à il ne savait trop quoi.
— Bien sûr, que tu as un plan Doffy. Comment ai-je pu croire que tu te laisserais berner par une illusion sentimentale.
— C'est bon, Diamante.
— Non, j'ai été un fou.
— Je t'assure que non.
— Mais si, mais si, je l'admets…
— Je ne m'entourerais pas de fou.
— Ah, c'est vrai, tu as raison, tu ne choisis que le meilleur.
— J'espère qu'à l'avenir, nous n'aurons plus ce genre de discussions.
Il était redevenu maître de lui-même, il avait la sensation d'avoir gagné du temps. Mais pourquoi ? Et pourquoi faire ?
Doflamingo se massa l'arête du nez au niveau de ses lunettes et se redressa de son bureau où il s'était appuyé.
— Maintenant que les choses sont claires, dit-il, je vais me coucher. Je vous laisse gérer tout le monde, je m'occupe de lui.
Sur ces mots, il quitta la pièce en attrapant sur le buffet la première bouteille d'alcool qui lui tomba sous la main.
— Et qu'on ait de quoi renflouer les réserves, conclut-il en agitant la bouteille au-dessus de sa tête avant de fermer la porte.
Il entendit les trois hommes acquiescer derrière lui et il se rendit dans sa chambre. Il ouvrit la bouteille dont il n'avait même pas regardé l'étiquette et renifla. De l'alcool de pommes de terre, il avait connu mieux et ce n'était pas vers quoi il se tournait habituellement mais il apprécia néanmoins l'effet décapant que cela eut à travers sa gorge lorsqu'il en but une longue rasade. Il la reposa près de sa bouteille de vin encore à moitié pleine et acheva finalement de se déshabiller. Il fixa la chemise sur le sol, ou plus précisément les taches de sang que son frère avait craché et il se demanda si le mucus de Trebol et ses fils n'avaient pas fait trop de dégâts. C'était une chose en plus qu'il allait devoir surveiller de près.
Sous la douche, Doflamingo réfléchit à l'entretien qu'il venait d'avoir avec ses exécutifs. Leur conversation avait commencé sur un odieux mensonge, mais à présent Doflamingo sentait qu'il tenait quelque chose. Utiliser Rocinante contre la Marine, contre Sengoku. Mais il lui fallait plus d'informations pour faire les choses bien, des informations qu'il allait devoir arracher à Rocinante lui-même.
La torture physique ne fonctionnait pas sur son cher petit frère et il était incroyablement résistant pour ce qui concernait la torture psychologique, mais malgré ses rires et ses moqueries, son frère l'avait désiré. Il possédait lui aussi cette faiblesse, une faiblesse que Doflamingo comptait bien exploiter.
Prisonnier comme il était, il avait quand même essayé de se jouer de lui, et peut-être avait-il l'avantage de l'expérience, mais Doflamingo était bien décidé à gagner la partie.
Il allait le détruire, détruire tout ce qu'il avait été et il ne resterait plus rien que ce que Doflamingo attendait de lui.
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Merci d'avoir lu !
N'hésitez pas à me poster vos avis, ne serait-ce que pour me motiver à me secouer les puces ! :D
