Le jour où on a chié dans le salon :

Chapitre 4 : Hawks et la parade nuptiale :

Ce n'était pas grand chose, des regards en coin, des sourires au détour d'un couloir, une remarque avenante, une fausse blague sur un fessier bien moulé et musclé ou bien des yeux bleus hypnotisant. Ce n'était pas grand chose, vraiment, mais tout le monde le voyait.

Au moins, ça avait le mérite d'apporter un peu d'action à la maison et de faire sourire Dabi autrement que de sadisme lorsque Natsuo n'était pas là. De le maintenir occuper et de lui donner un objectif. Mais visiblement, il n'y avait pas que lui qui avait un objectif et sous le regard réprobateur d'Enji, Touya Todoroki et Keigo Takami se tournaient autour comme un couple de moineaux en pleine saison des amours. Alors oui, ça pouvait aider à la réinsertion, mais le héros de flammes espérait que celui ailé savait ce qu'il faisait et que sa vitesse ne l'avait pas amené à s'emballer dans ses émotions.

Endeavor tiqua lorsqu'il entendit Keigo rire, la tête sur les cuisses de Touya, allongé dans son canapé hors de prix. L'oiseau roucoulait en jouant avec les mèches noires de son vis-à-vis et semblait bien à son aise. Il s'étirait, roulait, ronronnait comme un chat et s'étendait de cette même façon de sorte à ce que l'on voit sa fine musculature sous son haut de sa tenue de héros moulant. Dabi ne semblait pas du tout gêné par cela, bien au contraire. Le vilain jouait le jeu et caressait sans le faire ce qui était à sa porté, laissant une impression de ne pas y toucher. Les deux se dévoraient des yeux et une tension sexuelle commençait à progressivement s'installer entre eux avant qu'ils ne soient coupés par le fort soupire d'Endeavor qui leur intima d'un regard de se calmer un peu.

Jamais il n'aurait pensé un jour voir ça dans sa vie. Pourtant, il en avait vu des choses. Il attarda son regard sur Hawks. Son fils pouvait bien faire ce qu'il voulait et ses relations sexuelles ne l'intéressait nullement. Mais en ce qui concernait Hawks, il ne comprenait juste pas. D'un claquement de doigt, il pouvait faire se pâmer toutes ces dames, même les plus vieilles et d'un autre, s'il le voulait, il pouvait même avoir quelques hommes en prime. Alors pourquoi Dabi ? Il aimait son fils, mais il n'y avait vraiment pas moins dangereux et problématique comme choix. Avec un nouveau soupire, le héros numéro un e disait bien que ça ne se choisissait pas. Lorsque les deux jeunes hommes quittèrent le lieu pour partir vers le jardin en se chamaillant faussement, ou plutôt que Dabi rejoignit le jardin avec un Hawks qui l'embêtait, Enji se demanda vraiment si le héros savait ce qu'il faisait et le souvenir de son jeune âge lui rappela que peut-être pas.

Il les observa une dernière fois alors que l'oiseau se perchait sur une branche du cerisier se trouvant dans le jardin sous le sourire amusé et taquin du brun. Comment en étaient-ils arrivés là ? Et qu'en penserait la commission. Enji secoua la tête. Ce n'était pas à lui de leur dire ce que leur petit protégé faisait. De plus, pour le moment, ils se tournaient juste autour, le mal ne les avait pas encore prit. Quoique… Si l'on écoutait Natsuo, il n'allait pas tarder à arriver tant leurs gestes se perdaient par moment sur le bras ou le torse de l'autre en accolades amicales. Des accolades amicales… Mais ils se foutaient de leur gueule en plus ces deux là. Avec un soupire las et désespéré, il finit par se lever afin de partir s'enfermer dans son bureau où trônait encore l'autel de Touya fermé à clef. Il avait tellement l'habitude de le voir ici qu'il n'avait même pas pensé à le faire enlever. Il était bien le seul à pouvoir remplacer ça par une étagère. En avisant Dabi qui se reposait contre le tronc d'arbre dans le jardin, juste en dessous d'Hawks qui prenait un appel tout en s'apprêtant à s'envoler, il se dit qu'il pourrait bien mettre le meuble dans la réserve, le vider et le nettoyer. Avec un demi sourire, il se décida à porter seul ce gros meuble de chêne. Oui, il était bien l'unique personne à pouvoir remplacer un autel par une étagère dans son bureau.

Comment tout ça avait commencé ? Soupira Natsuo pour lui même alors que sous ses yeux ainsi que ceux de Fuyumi et de Shoto qui était à moitié rivé dans la section messages de son téléphone portable, Dabi et Hawks avait engagé une petite bataille d'entraînement. Enfin… Bataille. Il jeta un regard blasé à sa sœur qui lui répondit de la même manière en replaçant ses lunettes. Au moins, ils étaient d'accord là dessus. Et alors que Fuyumi se détournait pour aller replacer sa tasse et celles de ses frères dans l'évier, Hawks roula sous une prise de Dabi qui le bloqua le torse au sol. Coincé sous lui, Hawks poussa un gémissement abusé avec un sourire en coin alors que Dabi collait délibérément son bassin contre son fessier. Les deux hommes se lancèrent un regard complice en coin et pour l'embêter un peu plus et gagner de l'avance dans leur jeu du chat et de la souris, Hawks releva son bassin afin de frotter ses fesses contre ce qu'il sentait durcir doucement. Dabi frémit et sauta en arrière avant de lui lancer un regard perdu. Hawks explosa de rire puis partit en courant avant de s'envoler. Dabi, frustré, poussa un grognement rauque et partit se soulager sous une bonne douche froide.

Comment tout cela avait commencé ? Se demanda l'ancien super vilain alors que l'eau ruisselait contre ses omoplates. Ils venaient de finir le repas et comme il se sentait encore un peu émoustillé par l'invité de la maison malgré la douche de l'après-midi, il décida de se laver à nouveau. Les souvenirs d'une ou deux semaines en arrière lui revinrent en même temps que le reste du mois qu'ils venaient de passer.

Ils étaient dans le couloir, chacun à la porte de sa chambre et se parlait comme-ci de rien était. Hawks souriait en coin, comme à son habitude et déblatérait des phrases sans aucun sens afin d'embêter son interlocuteur. Dabi ne dit rien, se contentant de lever les yeux au ciel puis fit remarquer à Hawks qu'il disait vraiment de la merde, faisant rire le dit pigeon qui fit un clin d'œil à Touya qui répliqua en riant légèrement d'une voix ronronnante.

« Tu essais de me séduire ?

-Ça te plairait ? Continua le héros, son regard ambré brillant d'une lueur nouvelle.

-Pourquoi pas. »

Sourit Dabi tout en s'approchant du héros. Les deux eurent un sourire carnassier avant de se séparer. Le lendemain laissa Dabi… Perplexe.

En effet, Hawks se déhanchait légèrement en marchant le matin même et ses plumes toutes gonflées semblaient plus brillantes qu'à l'accoutumée. Avec un sourcil haussé, le brun reçut un clin d'œil du blond et le regarda partir, remarquant par le même moment le bas extrêmement moulant qu'il portait. Qu'essayait-il de faire au juste ?

Ses sens se perturbèrent encore plus lorsque seuls dans la maison, Hawks l'effleurait à chaque passage en poussant des petits sons gutturaux étrange. C'était censé imiter quoi ? Le castor dans sa phase de reproduction ? Ou bien alors le mouton… Non… Un autre terme plus approprié correspondrait. Il entendit une nouvelle fois le son et se pinça l'arrête du nez. On aurait dit un faucon rouillé. Visiblement fier de ce qu'il prenait pour une victoire, Hawks continua ses sons tout pourris en agitant ses ailes, se déhanchant un peu plus, pensant surement que son échec marchait plutôt bien.

Au final, Dabi se sentit extrêmement seul lorsque le soir vint. Déjà, parce qu'il était effectivement tout seul dans le couloir et ensuite parce que sa famille n'était jamais là pour constater d'à quel point le pigeon était con. Il se retint très fort de foutre un pain dans la tronche de l'oiseau tant il l'énervait. Il ne le voyait pas mais déjà, rien qu'aux sons, il savait que ça n'allait pas. L'oiseau roucoulait, poussait des sons parfois rauques et parfois suraiguës. Et il était sûr que s'il continuait d'avancer dans le couloir, il le verrait en train de danser.

Voulant tout de même aller se coucher, Dabi avança avec la ferme intention d'ignorer l'autre et d'aller se coucher, ignorant les « Caw ! Caw ! » qui inondait les lieux. Il voulu ajouter un « Motherfucker », mais il comprit bien vite que ce ne serait pas le bienvenu. Il arriva finalement à son but et ce qu'il vit… Le choqua et le laissa sans voix, une seule question en tête. Mais pourquoi ?

Accroupit, Hawks, les bras croisés et les ailes déployées en arc, maintenait ses plumes gonflées, voir même ébouriffée tout en continuant ses sons pourris qui assourdissaient toujours un peu plus le brun. Avec un sourire de tombeur sur les lèvres, digne de Charmant, Hawks se balançait d'une jambe à l'autre, les étendant tour à tour à la manière d'une polka russe. Finalement, il plaça ses poings sous ses aisselles et battit de ses coudes tel un poulet, lançant toujours plus de « Caw ! Caw ! » avant de lancer le fameux « Motherfucker » à la dérobée. Toujours accroupit, il fit un cercle en trottinant, toujours en battant frénétiquement les coudes à la manière d'un poulet. Au bout d'un petit moment au combien gênant pour Dabi mais visiblement pas pour Hawks, l'oiseau étendit son cercle pour le faire autour de Touya et de finalement sauter pour atterrir sur ses pieds alors que sa proie reculait. Toujours autour du vilain, le héros enchaîna avec une démarche digne d'un paon, la tête haute qui allait d'avant en arrière au rythme de ses pas et les bras et les ailes en arrière. Les yeux clos, il faisait son tour, roucoulant toujours plus pour finalement se mettre à cabrer et piaffer comme un cheval en rut. Il arqua son dos vers l'arrière, ouvrit les bras et hurla un « Caw ! » bien sonore pour finalement remonter ses ailes autour de lui dans une formation dite du cocon. Il resta ainsi puis dévoila sa tête qu'il cacha alternativement sous son aile et bras gauche puis sous son ailes et bras droit. Et la dance continua ainsi longtemps. Si bien que lorsqu'il ramena le haut de ses ailes ensemble afin de les arquer et il sauta, les bras grands ouverts, les genoux fléchit et la tête bougeant de gauche à droite au rythme des sauts, Dabi ne trouva la force de ne rien dire, hypnotisé par sa bouche ouverte et son regard vide ainsi que les « Ah ! » qui sortaient de sa bouche. Quand enfin, Hawks fit son salut, totalement essoufflé, Dabi ne dit rien. Il espérait vraiment qu'il n'était pas sérieux. Mais vraiment beaucoup alors.

Dabi décela ses lèvres et ignora comme il le pouvait le regard de braise, le sourire et les sourcils qui montaient et descendaient frénétiquement. Il prit son aspiration et souffla un « Wow », plutôt plat avant d'ajouter.

« Eh bien je… En fait t'es vachement malaisant comme gars. »

Et c'est là que le blanc fut. À nouveau. Ou du moins, avant que Dabi ne remarque enfin la véritable nature du regard d'Hawks, cette lumière taquine, cette étincelle dragueuse mais au combien moqueuse. Et ils rirent. Au final, ils explosèrent de rire tous les deux devant le potentiel ridicule de ce qui venait de se passer. Hawks se cacha sous ses ailes et s'avoua tout de même honteux, mais ne put s'empêcher de rire. Et lorsqu'il essuya ses yeux trempant de larmes de rire, il fut surpris de rencontrer les lèvres de Dabi sur les siennes. Il voulu prolonger le contact, mais le vilain se recula avant de lui faire un clin d'œil et un signe de la main tout en rentrant dans sa chambre.

« Plus tard petit oiseau. Quand nous serons prêts. »

Et le lendemain, leurs jeux avaient enfin commencés.

Alors qu'il sortait de la douche, Touya entendit un léger « Caw. Caw. » Derrière lui dans le couloir. Il se retourna, un sourire taquin aux lèvres et continua sa route afin de s'arrêter devant sa chambre, une simple serviette autour des jambes. Il s'adossa à sa porte et attendit de voir Hawks en faire de même. Ils eurent tous deux un regard brûlant d'impatience et un sourire mutin aux lèvres, ils s'étaient compris.

Ce fut Dabi qui fit le premier pas an agrippant la nuque d'Hawks, son pouce sur sa joue. Il s'empara vivement de ses lèvres qu'il lécha et mordilla sans aucune autre forme de procès. Ravi et avec un grand sourire aux lèvres, le héros enroula ses bras autour du cou de son futur amant et répondit à son baiser avec une fièvre contenue depuis plusieurs jours et empressement. Les yeux clos, les deux hommes venaient de débuter une valse endiablée de leurs langues alors que leurs mains se baladaient sur le corps de l'autre. Ils l'avaient décidé ensemble, il leur fallait plus, encore plus, toujours plus.