Le jour où on a chié dans le salon :
Chapitre 7 : Dabi le super vilain joue à Mario Kart :
Les jours de calme étaient plutôt rares au manoir Todoroki, à moins que les cris d'Endeavor sois considérés comme calmes, auquel cas la plupart des jours le seraient. Enfin. Les jours calmes étaient rares, mais lorsqu'ils arrivaient et que donc, Enji s'absentait, les enfants en profitaient pour allumer la console et mettre le son à fond.
Assis sur le canapé, Touya et Natsuo se fixaient alors qu'ils choisissaient leurs personnages ainsi que leurs véhicules. Une fois ceci fait, il se mirent sur la ligne de départ et attendirent, les genoux tressautant. Même après toutes ces années, ils n'avaient pas changé les bonnes vieilles habitudes et voulaient toujours autant se mettre la misère à Mario Kart. Ils étaient ainsi les Todoroki. Ils aimaient se montrer leur amour fraternel à coups de carapaces bleues et autres peaux de bananes.
Les yeux emplis de la rage de vaincre, Natsuo répondit au coup de coude de son frère par un nouveau et les deux se jetèrent un regard assassin. Le jeu venait de se transformer en guerre et dès ce moment là, il n'y avait plus aucune pitié. Carapace, coup de coude, étoile, boules de feu sur un Kart adverse, talon contre doigts de pieds, cris, rires sadiques de la part de Natsuo et branlée monumentale de la part de Dabi. Un sourire de conquérant aux lèvres, Touya jeta un regard emplis de supériorité à son petit frère qui grimaçait et râlait. Dabi avait gagné, le grand frère surpassait le petit, ça faisait partit de ces choses qui ne changeraient pas.
Vainqueur, le brun rejeta sa manette sur la table et ébouriffa les cheveux du plus jeune qui se mit à bouder avant de laisser échapper un reniflement amusé lorsque Touya lui tira gentiment l'oreille afin d'attirer son attention.
« Une autre partie ? Proposa Natsuo.
-Nah. J'en ai marre de gagner. Ricana Dabi en levant les yeux au ciel alors que l'autre rechignait.
-C'est ça, fait le malin. »
Un petit silence s'installa. Un silence apaisant dans lequel aimait s'enfoncer Dabi, les yeux clos vers le plafond et un sourire doux aux lèvres. Il rabattit une main derrière sa tête avant d'ouvrir ses prunelles azur pour les fixer dans celles de son petit frère qui semblait le détailler avec un sourire heureux. Touya lui ébouriffa les cheveux et le blanc eu un petit rire avant de porter son attention sur une plume qu'avait laissé Hawks au brun. Curieux, le jeune garçon se lança.
« Alors ? Tout se passe bien avec Hawks ?
-Il est chiant. Soupira Dabi, amenant un nouveau rire de la part de son petit frère. Mais oui, on va dire que ça se passe bien. Il est juste agaçant par moment avec son regard ambré et son sourire niait.
-Je vois. Sourit Natsuo. Tu l'aimes bien hein ? Il eut un sourire malicieux en entendant l'autre grogner. Tu lui as dit ?
-De quoi ? Soupira Dabi qui sentait déjà que la discussion n'allait pas lui plaire.
-Que tu l'aimais bien ? Demanda Natsuo sans une seule seconde se douter de s'il avait raison ou tort.
-On se refait une partie ? »
En réalité, ce ne fut pas vraiment une question. Le brun s'empara de sa manette pour enfourner l'autre dans les mains du blanc qui comprit bien le message. Dabi ne voulait pas en parler pour le moment, il voulait lui laisser du temps.
Alors que Yoshi apparaissait dans ses choix de personnage, le brun eut un long soupire. Son crétin de frère avait raison. Il avait du mal à le reconnaître mais l'oiseau lui avait définitivement fait baisser sa garde et ce qu'il prenait pour une simple petite aventure courte se transformait en un vœu de long terme. Ce prétentieux oiseau de merde venait d'enrouler ses plumes autour de son cœur qui battait toujours plus vite en sa présence et ça lui faisait vraiment beaucoup chier.
Et alors qu'il tombait pour la troisième fois de la route arc en ciel sous le regard soucieux de son frère, Dabi mit pause et plaça sa manette sur la table.
« Tu as raison. Souffla-t-il. Quand il va partir d'ici… J'aimerais bien le suivre. »
Pas besoin de dire qu'il l'aimait. Déjà, il n'en était pas sûr lui-même car il trouvait le mot un peu trop fort pour ce qu'il ressentait et ensuite parce que c'était trop niais pour lui pour le moment. Plusieurs mois de relations mais il était toujours incertain de la marche à suivre avec cet emplumé qui semblait très bien se faire à la situation. Non, il n'avouerait pas qu'il l'aimait car il se persuadait de ne ressentir qu'un peu d'amour, ignorant son cœur qui se serrait toujours plus aux questions de son frère portant sur des refus ou autres mauvais présages.
« Hé ! Le prend pas comme ça Touya. Si je te pose ces questions, je garde en tête que ce sont les plus improbables. Je suis sûr qu'il t'aime aussi. Il ne peut pas quitter ton côté dès qu'il est là et je suis même étonné de voir que cette glue ne te colle pas. »
Il était vrai qu'Hawks aimait se faire remarquer. Dès qu'il était assis sur le canapé, le blond venait se blottir contre lui, ronronnait dans ses oreilles, se frottait contre son épaule. On pouvait dire du héros qu'il était très démonstratif et qu'il se fichait bien du regard réprobateur que l'on jetait sur lui, et ce même si ledit regard venait de son homme lui-même.
Mais voilà, ce jour là, même à la maison, Hawks n'était pas vraiment là. Il passait son après-midi dans la chambre et ne semblait pas vouloir en sortir. Il avait semblé à Dabi qu'il s'était plaint d'un petit mal de ventre en matinée, mais il n'y avait pas plus fait attention que cela. Ce fut plus tard qu'il se dit que peut-être que son oiseau souffrait vraiment ou qu'il s'agissait juste d'une façon de le repousser, de s'écarter de lui. Après tout, d'habitude, il était toujours à ses côtés non ?
Ne voulant tomber dans le piège de la paranoïa digne d'une adolescente face à son premier amour qui se fait des films, il se dépêcha de rejoindre sa chambre afin de l'ouvrir. Déjà, l'oiseau y était, donc il ne voulait surement pas totalement l'éviter. Ce fait eu le don de rassurer Dabi qui se baissa au niveau de l'oiseau qui poussait des grognements d'agonie en se tenant le ventre. Grognements que le brun n'avait pas entendus en ouvrant la porte et qui avait démarré dans un contact visuel entre les deux hommes. Très clairement, le piaf jouait la comédie pour l'attendrir.
« Ah… J'ai mal au ventre Dabi. Aide moi… Soigne moi… Viens me prendre dans tes bras. Dabi… Souffla le blond en relevant sa main vers la mine au combien blasée du brun. Il fait tout noir, tu es ma seule lumière… J'ai besoin d'une bouillote Touya… Sois ma bouillote ! »
Le brun soupira avant de se relever et de quitter les lieux, la porte se claquant sous le regard éploré de son homme qui geignait encore plus fort.
Pleinement rassuré, le brun reprit la manette, le regard tranquille et activa de nouveau le jeu sous le regard inquiet et un peu perdu de Natsuo qui avait entendu les cris d'agonies qui devenaient de plus en plus forts.
« Tu es sûr que ça va bien ?
-Hein ? Oh oui, il a juste mal au ventre. »
Les deux frères ne dirent rien durant la suite du jeu mis à part quelques insultes bien placées et se retrouvèrent surpris d'entendre une porte claquer. Ils n'avaient même pas entendu que le héros avait arrêté de se plaindre et furent interloqués de le voir enroulé dans un plaid avec une mine de cadavre en pleine fin du monde.
Tout penaud, l'oiseau se rapprocha de son homme et se blottit, la tête sur ses genoux, dans le canapé. Il se mit en boule, rejeta le plaid plus loin et s'enveloppa dans ses ailes tout en râlant à chaque mouvement brusque avant de prendre la main de son brun pour la poser sur son ventre. Dabi sentit un long frisson prendre l'oiseau qui se mit à ronronner ainsi qu'à sourire, satisfait et soulagé. Il se plaça bien comme il le fallait et profita des papouilles que lui faisait son homme sur son ventre, se sentant bien mieux.
Natsuo eut un rire attendrit et se mit à taquiner son frère qui grogna en lui demandant de se mêler de ses affaires. Ces sur ces chamailleries que le reste de la fratrie arriva.
Fuyumi eut un sourire tendre face à la vision et fit signe à son frère et à son copain de poser les courses sur le comptoir de la cuisine, ce qu'ils firent avant de tout ranger.
Finalement, lorsqu'Enji rentra au domicile, il se fit le plus petit possible en entendant le rire si rare de Touya en sa présence. Il se colla contre un mur et observa par l'embrasure de la porte sa petite famille se chamailler gentiment alors qu'elle jouait à Mario Kart.
Izuku, assis à côté de Natsuo, donnait des coups de coudes à Shoto assis juste au dessus de lui afin de le déconcentrer alors que le bicolore lui donnait de petits coups de pieds. Sur le dossier elle aussi, Fuyumi s'amusait comme une petite folle à jeter son stock de carapace sur Dabi qui se battait pour maintenir sa première place face à sa sœur alors qu'Hawks riait en lui papouillant les cheveux, assis contre lui et une vraie bouillote sur le ventre. Natsuo râlait, la langue sortie sur le côté en signe de concentration et personne ne vit le père Todoroki sourire devant la vision qui s'offrait à lui. Et même s'il ne pouvait pas pleinement participer à cette joie par peur de la gâcher, même si jusque dans ses rêves les plus fous il n'arrivait pas à partager ce bonheur, il fut heureux. Heureux de voir que la maison resplendissait en cette fin de soirée et que son grand Dabi avait enfin laissé place à Touya Todoroki pour de bon.
