Le jour où on a chié dans le salon :
Chapitre 8 : Le chili con carne :
Une semaine entière, cela faisait une semaine entière qu'Hawks se tordait de douleur en appelant à l'aide. Il avait refusé de voir un médecin et posé quelques jours de repos, persuadé qu'il ne s'agissait que de stresse et de surmenage et bien évidemment, Enji pensait tout le contraire.
Pour lui, il ne faisait aucun doute que l'oiseau était malade et son état l'inquiétait vraiment, d'autant plus qu'il était devenu un pilier pour Touya. Plus de pilier pouvait amener à la presque perte de son fils, et ça il ne pouvait juste pas l'imaginer. Mais Hawks ne voulait pas voir de médecin, et il ne pouvait clairement pas l'obliger à en voir un car quand l'oiseau avait une idée en tête, sa petite cervelle n'en décrochait pas.
Perdu dans ses songes, le chef de famille soupira et vint s'asseoir à côté de son fils sur le canapé. Touya ne disait rien, ses jambes tressautaient, signe qu'il était nerveux. Hawks venait de nouveau d'avoir une crise de douleur et très clairement, ses nausées l'inquiétaient.
« Il a vomit son repas de ce midi. Souffla Dabi.
-Comment va-t-il maintenant ? »
Un silence marqua la demande et le brun semblait perdu dans le vide, cherchant sûrement une réponse dans celui-ci. Il soupira avant de se lever pour lentement se diriger dans la cuisine.
« Il dort. Il était épuisé. »
La journée fut tranquille en apparence. Le manoir ne résonnait pas, mais les esprits s'échaudaient. Hawks venait de se lever en maugréant tout en déclarant avoir faim. Il avait mangé un poulet presqu'entier et repus, il était parti s'allonger en ronronnant contre sa bouillote humaine, un sourire conquit et béat aux lèvres. Finalement, alors que tout le monde se calmait peu à peu, son ventre se mit à gronder et il se plia sous la force de la douleur. Endeavor n'y tint plus et déclara sèchement qu'il ferait venir un médecin le lendemain, que ce n'était plus possible. Dabi s'énerva et ne sut contre qui s'énerver. Contre son père et préserver la volonté, même toute pourrie, de son oiseau, ou contre son homme qui ne désirait toujours pas de soin. Il dériva finalement sa colère sur les deux et alors que les voix montaient toujours plus, Fuyumi arriva dans l'optique de calmer tout le monde.
« Ça suffit ! Éructa-t-elle. Je suis sûre que l'on vous entend dans la rue d'en face ! Écoute Keigo, je sais que tu ne tiens pas tant que ça à un médecin, mais tu ne vas pas bien. Il te faut des soins et toi papa, rien ne sert de s'énerver. Parlez au lieu de vous hurler dessus. Nous sommes tous inquiet parce qui se passe mais faire trembler les murs n'arrangera rien. Donc ce soir, je vais faire un bon repas, nous allons manger tous ensemble, et demain, Keigo ira chez le médecin. »
Le silence se fit à nouveau et les ennemis baissèrent la tête devant la voix de la raison. La femme de la maison eut un sourire de vainqueur avant d'annoncer le plat du soir, ce qui fit saliver Dabi et Hawks qui avaient hâte d'y gouter, sous le regard sceptique du héros numéro un.
« Tu es sûre de toi Fuyumi ? Je veux dire… Hawks est malade comme un chien alors un chili…
-Ne t'en fais pas. On dit que le piment calme le mal de ventre. Nous verrons bien. Et ce n'est pas du riz et des fayots qui vont le tuer. »
Après un léger rire, la femme Todoroki s'aventura dans la cuisine afin de commencer le repas sous l'œil curieux de l'oiseau qui se sentait un peu mieux avec la main de son homme qui lui réchauffait le ventre.
Le soir venu, toute la petite famille était là. Shoto revenait de chez la mère d'Izuku avec celui-ci, Natsuo avait laissé sa copine chez des amis communs pour l'occasion, Dabi était assis avec Hawks entre ses jambes et face à eux, Enji observait sa fille qui servait le repas avec un grand sourire heureux.
Le repas fut parfait. Keigo animait comme à son habitude par ses rires et ses taquineries en assurant alors qu'il reprenait du chili pour au moins la troisième fois qu'il allait déjà mieux. Peut-être le piment avait-il fait effet après tout.
Les rires fusèrent, Izuku eut un sourire aussi rayonnant que le soleil, donnant envie à Fuyumi de le taquiner en lui pinçant ses grosses joues sous le sourire attendrit de Shoto. Natsuo taquina son frère et sortit la bouteille de saké de son père qui releva un sourcil sévère. Avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, Hawks l'avait débouché pour en servir à tout le monde, même aux plus jeune. Tous trinquèrent aux vacances bien méritées de Fuyumi avec sa petite classe de primaire avant que Keigo ne sorte sa troisième vanne de la soirée à l'encontre du visage boudeur du paternel Todoroki.
« Allez, ça va te faire des rides Enji ! Sourit un peu ! »
Dabi ricana et embrassa son oiseau derrière son oreille, le faisant frissonner. Keigo offrit un sourire au brun avant de lui voler un baiser pour récupérer quelques gouttes de saké qui coulaient encore tout contre ses lèvres.
Izuku rougit de gène et se protégea contre Shoto à cette vision, encore peu habitué à cet assemblage étrange et Endeavor se releva en soupirant dans la ferme intention de débarrasser afin de faire la vaisselle. Il fut aidé de sa fille et tous deux parlèrent de tout et de rien en séchant et rangeant les assiettes.
Natsuo finit par partir rejoindre une soirée avec ses amis en souhaitant bon courage au blond et accompagna un petit temps Shoto et Izuku qui rentraient chez la mère du vert après un petit jeu de carte en famille.
Vers la fin de soirée, Dabi rangea les cartes alors que son oiseau baillait à côté de lui, ses bras enroulés autour du siens, un sourire candide aux lèvres et des joues rosées par l'alcool. Il était encore plus beau ainsi, sourit Touya en embrassant son front avant de le relever. Il fit signe à son père et sa sœur qu'il allait se coucher et remonta comme il le pouvait son compagnon jusque dans leur chambre.
Et alors qu'il arrivait au lit, ses lèvres se firent happer par celle de Hawks qui voulait de l'attention. Il se mit à caresser les cheveux de son homme qui embrassa son cou et sourit en entendant son héros gémir. Hawks se cambra et roula des hanches sous les caresses avant de se stopper net lorsque Dabi commença à enlever son bas. Le brun observa le blond et pâlit autant que l'oiseau.
« Ne va pas plus loin, j'ai grave envie de chier. »
Dabi eut un long soupire avant de rouler sur le côté. Évidemment, quand ce n'était pas le ventre, c'était son cul qui le dérangeait. Hawks eut une grimace et se tordit un peu de douleur en se mordillant la lèvre. Dabi lui caressa le dos dans l'optique de l'apaiser mais Keigo le repoussa en un grognement.
« Me touche pas Dabi ! C'est pas le moment de rentrer un truc alors que je veux expulser !
-Classe… Bailla ironiquement Dabi qui, bien installé sur le ventre avec un oreiller dans les bras, commençait à s'endormir paisiblement.
-Je plaisante pas. Je crois que je vais refaire Kamino dans les chiottes de ton père… »
Geignit l'oiseau alors que dans un rire faible, Dabi s'endormit pour de bon.
Keigo souffla, se tourna à gauche, puis à droite, les fesses serrées et le ventre emplis de crampes. Lorsqu'il sentit les larmes poindre tant il avait mal, il se décida enfin à se lever, à une ou deux heures du matin pour courir aux toilettes. Tant pis pour sa classe incarnée, même s'il devait réveiller tout le manoir, il ferait ce qu'il avait à faire.
En haut des escaliers, il s'accrocha comme il le pouvait à la rambarde de sécurité alors que sa conscience déviait, laissant soudainement les rênes à l'instinct, à un gros instinct de survie.
C'est donc ainsi que l'idée de s'arrêter dans le salon afin de construire un nid de couettes et d'oreillers le prit. Il fit son petit tas, sauta entre les couvertures et autres oreillers placés avec soin sur le tapis et baissa son caleçon, tout ça sous le regard incrédule d'Endeavor qui n'arrivait pas à dormir, prit de pensées noires. Et il n'était vraiment pas sûr que la vision d'horreur qui s'offrait à lui le ferait plus dormir. C'était lui où Hawks était entrain de chier dans son salon ?
