Le jour où on a chié dans le salon :

Chapitre 14 : Cinquante nuances de bleu :

« Les mains dans les poches, un sourire coquin aux lèvres et un regard insolent ornant ses magnifiques yeux d'or, Keigo Takami faisait sa grande entrée dans le nouveau monde, celle de l'entreprise. À son bras, sa serviette contenant un tas de contrats urgents et à sa main, son contrat d'embauche qu'il s'apprêtait à faire signer à son nouveau patron. Son magnifique patron. Oui, à peine venait-il d'arriver que déjà, le blond à la mèche rebelle s'était imaginé se faire prendre sur le bureau d'acajou alors que son supérieur le dominerait de toute sa hauteur, ses splendides yeux d'azurs le dévorant comme une panthère mangerait sa proie. Durant plusieurs nuits, il avait rêvé ce patron, s'était imaginé ses mains qui descendaient le long de ses hanches, avait remodelé la scène de sorte à ce que son boss le fasse hurler de plaisirs sous ses baisers et assauts répétés. La sueur bonne odorante, les râles enivrants, les membres bien dressés, il avait plusieurs fois fait et refait le film dans sa tête. Il était prêt, sa magnifique stature était prête. Il voulait le recevoir.

-La porte du bureau s'ouvrit pour laisser entrer le jeune homme blond alors que face à son immense baie vitrée, le patron observait le ciel bleu aux discrets nuages blancs qui flottaient au dehors. Sentant une présence nouvelle, il recoiffa ses bruns cheveux négligés avant de se retourner, un sourire de sale gosse aux lèvres et une chemise entrouverte sur un torse bien fait. Tout laissait penser à la luxure même face à cet homme gravé dans le marbre par les dieux lui-même. De son ton grave, de sa voix au combien chaude et rocailleuse, il salua le jeune homme qui venait de pénétrer la pièce à défaut de se faire pénétrer dans l'instant. Le blond frémit sous le sourire de conquérant de son patron et la panthère glissa sur le côté afin de se retrouver dans son dos. D'une voix doucereuse, il l'enjoigne à faire des photocopies dans la salle d'à côté.

-Le jeune employé, les joues rouges et sa superbe envolée, hocha doucement de la tête avant de suivre son boss qui s'avançait d'un pas léger vers la porte menant à la salle tant désirée.

-Cette salle où tant de photocopies de postérieur et d'autres choses furent imprimés.

-Les garçons ! Taisez-vous enfin ! Si c'est pour vous exciter mutuellement, allez faire ça ailleurs ! »

Prit d'un grand éclat de rire, Keigo se jeta sur les lèvres de son homme, les couchant tout deux sur l'assise. Il embrassa son amant sans se départir de son sourire, l'air tout aussi ravi que son brun qui commençait à caresser son dos afin de le taquiner. Prit dans leurs rires et leurs papouilles qui commençaient à atteindre le cou pour l'un et le nez pour l'autre, ils donnèrent, sans se soucier de rien, des coups de pieds à Fuyumi et Natsuo qui se trouvaient assis juste à côté.

Évidemment, comme à chaque fois, il fallait qu'ils parodient le film à leur manière et qu'ils gâchent tout pour finalement presque s'envoyer en l'air devant tout le monde. Ils n'avaient aucune pudeur.

Mort de rire, Natsuo se refaisait le film et arguait qu'il préférait la parodie alors qu'Izuku, la tête dans le sceau de pop corn, se lamentait en demandant à un Shoto silencieux un câlin de réconfort.

Fuyumi se mit à soupirer. Heureusement qu'il n'y avait pas un chef d'œuvre à la télé. Mais tout de même… Se dit-elle. Au moins un jour, elle aimerait pouvoir regarder un film en famille sans avoir du bruit et des gens qui hurlent et se sautent dessus juste à côté. D'un soupire, elle remercia son père qui ordonnait aux deux asticots de se calmer, ce qu'ils firent non sans un grand sourire de sale gosse fier de leur connerie.

Et alors que le calme revenait peu à peu et que Fuyumi se détendait à nouveau devant son film, Enji coupa court à ce moment pour poser une question de façon un peu trop neutre, lui donnant presque l'air trop innocent.

« Mais… Je ne comprends pas… Commença-t-il. Depuis quand la violence et le plaisir font bon ménage ? »

Shoto n'en dit pas plus mais son regard semblait poser l'exact même question. Bien évidemment, Hawks dû faire une remarque sur la dose de fun qui devait se trouver dans la vie sexuel d'Enji pour qu'il en vienne à poser ce genre de question, ce qui fit redoubler l'hilarité de Dabi sur qui il était couché. Et c'était repartit pour un tour. Cette fois, Izuku s'était caché derrière Shoto alors qu'Hawks et Dabi faisaient des bruits salaces face à l'écran, imitant ce que chacun entendaient tout les soirs quand on passait près de la porte de leur chambre lorsqu'ils habitaient encore le manoir. Et tout en riant, ils reprirent leur parodie et si l'on en croyait leur histoire alors « Monsieur Todoroki » prenait son nouvel employé non plus sur les photocopieuses mais bien dans la salle des archives.

Résultat des courses, une Fuyumi qui souhaite une mort immédiate et un Natsuo qui s'étouffe dans sa propre salive alors qu'un Enji blasé observe Hawks et son premier fils refaire tout le film.

Finalement, alors qu'Anastasia enfournait le crayon Grey afin de le mordiller, Hawks s'empara d'un petit LU afin de le mâchouiller tout en lançant un regard emplis de sous entendus à son homme avant de se mettre à gémir et soupirer sous les ricanements du brun.

« Han ! Monsieur Todoroki ! Punissez-moi ! Réchauffez-moi de vos flammes, fouettez-moi avec ! »

Fuyumi soupira à nouveau. La prochaine fois qu'elle voudrait voir un film, elle irait dans sa chambre. Puis, lorsqu'elle pu entendre les promesses que murmurait son frère à l'oreille de son amant, elle se dit qu'elle regarderait plutôt son film dans la cuisine.

« Mais… Je n'ai pas compris… Commença Shoto. En quoi la douleur est agréable ? »

Alors qu'il se glissait dans le futon de son homme, Izuku suspendit son geste. Il était bien le digne fils de son père celui-là. Ses yeux verts se fixèrent dans ceux vairons de Shoto avant de les détourner, les joues rosit et la lèvre inférieure mordillée. Il aimerait lui expliquer, lui expliquer qu'il voudrait bien essayer aussi, qu'il voudrait le voir très dominant, le voir faire ressortir sa colère, son sadisme caché bien profond. À cette pensée, un long frisson remonta le long de son échine et il serra les draps pour retenir un soupire de pur extase rien qu'en l'imaginant. Puis, alors qu'il rencontrait de nouveau le regard perdu et assoiffé de curiosité de Shoto, il se dit qu'il avait peut-être une petite idée. Il pouvait bien tenter après tout.

« Et si justement... Au lieu de te l'expliquer, je te le montrais ? »

Shoto inclina la tête sur le côté en signe d'attente et d'incompréhension alors qu'Izuku se redressait pour l'embrasser avec fougue. Shoto, surpris, mit un petit temps à répondre, puis lorsqu'il sentit les dents de son vert entamer ses lèvres, il laissa sortir un grognement d'envie alors que ses sourcils se froncèrent. Il se détacha, rencontra le regard brumeux de promesses de son homme et le plaqua contre le matelas dans un grognement sourd pour finalement s'attaquer au creux du cou de son Izuku.

Le vert rit et tendit son cou pour en avoir plus. Il allait passer une merveilleuse soirée… Merci Fuyumi et ses films pourris.