Le jour où on a chié dans le salon :
Chapitre 17 : Retour :
Lorsque Naomasa arriva devant la demeure des Todoroki, il sentit son ventre se nouer alors qu'à ses côtés, Gran Torino lui faisait signe de descendre de la voiture. Était-ce une bonne idée ? Réellement ? Le commissaire ne savait trop que penser.
Dabi avait disparus depuis presque un an et il apprenait du jour au lendemain de la part de la commission qu'il se trouvait chez les Todoroki sur leur bon vouloir ainsi que celui d'Endeavor. Ou plutôt, non. Il apprenait du jour au lendemain en tentant d'accéder au dossier de Dabi que la commission l'a placé chez Endeavor parce que. Juste parce que. Combien de personnes étaient au courant de cette supercherie ? Mais surtout, depuis quand la commission passait outre la justice ? Elle contrôlait les super héros, rien de plus et elle devrait parfois s'en souvenir mais surtout, retourner à sa place.
Une fois le pied dehors, le policier souffla et prit son courage à deux mains alors que quelques voitures cachées venaient se garer dans les ruelles avoisinants la bâtisse. Naomasa porta son regard sur Gran Torino. Il était aussi prêt que lui, l'intervention allait être musclée.
Son bébé dans les bras, Dabi profitait du la sérénité qu'avait amené la naissance de la petite. Lui qui était auparavant à l'affut du moindre problème n'avait pas vu le commissaire et le héros pénétrer l'enceinte du manoir pour s'avancer vers la porte d'entrée. Pourtant, il était juste à la fenêtre, mais la vue de son enfant lui prenait bien trop d'espace. Et puis il était chez son père sous sa surveillance et celle de la commission. Il n'avait rien fait de mal depuis presque un an alors à quoi bon s'inquiéter ?
Le regard du commissaire se fit rond lorsqu'il jeta un regard circulaire. Dabi ne se cachait même pas. Au contraire, il pouvait voir son dos et si l'on en croyait la façon dont il se tenait, quelque chose d'important se trouvait dans ses bras. Tout en haussant un sourcil, le gardien de la paix sonna à la porte du manoir traditionnel, amenant la bouille curieuse d'Hawks à la fenêtre. Alors lui aussi était dans le coup ? Au final il n'y avait rien d'étonnant là dedans. Après tout, Hawks était surement le membre le plus proche de la commission. Le blond semblait de loin, assez nerveux par leur venue, mais ils n'eurent pas le temps d'en voir plus que la porte s'ouvrit, Dabi n'avait toujours pas bougé et ceux, même avec la proximité du héros numéro deux.
Naomasa affronta le regard d'Endeavor. Il semblait plutôt courroucé de les voir et son mugs qu'il sirotait de temps à autre montrait bien qu'il souhaitait plus que tout les voir partir de chez lui. Pourtant, les deux hommes n'en firent rien et le commissaire brandis une dérogation de la police. Ils avaient le droit de rentrer. Endeavor ne dit rien, prit le papier et les fixa avec attention. Une épreuve de force, la police venait d'être mise au courant que maintenant à en voir la tête du commissaire. Au final, ça ne l'étonnait même pas. La commission était secrète pour tout le monde, que ce soit les héros ou bien même la police. Ce n'était clairement pas surprenant de voir que Naomasa et Gran Torino ne leur faisait pas confiance. Avec un hochement de tête, le nouveau héros numéro un les laissa entrer non sans un peu d'aigreur. La gamine venait à peine de naître. C'était quoi ce timing ? Quelques heures plus tôt et elle naissait dans le commissariat. Ce n'était pas un bon timing. Dabi était bien trop calme, bien trop absorbé par la petite Rei pour qu'on la lui retire et l'arrête ensuite. Enji eut quelques appréhensions et ne put qu'espérer que tout se déroule dans le calme. Avec un pas qu'il voulut posé, il rejoignit les deux hommes qui venaient de se stopper à l'entrée du salon, abasourdies.
« Vous devriez enlever votre chapeau, vos chaussures et votre manteau commissaire. L'explication va être longue. Soupira Endeavor alors que Naomasa se retrouvait pantois devant l'expression apaisé de Dabi, qui ne faisait attention à eux, ainsi que l'enfant qu'il tenait dans ses bras.
-Je préfère que l'on voit tout ça au commissariat.
-Comme vous voudrez. Déclara Enji de son ton bourru alors qu'il était suivit de Gran Torino dans la cuisine. Si le héros était enclin à parler alors il pourrait obtenir quelques petites informations de la part d'Enji.
-Crématorium. »
Le silence tomba comme une hache sur le cou d'un condamné. Il y avait tellement longtemps qu'on ne l'avait pas appelé ainsi que Dabi se redressa vivement avant de caler sa petite contre lui en un signe de protection automatique. Hawks se décala et posa une main sur le bras de Dabi pour qu'il s'apaise, lui-même peu sûr de ce que voulait le policier qui retirait son chapeau pour s'incliner en un signe respectueux face au blond qui y répondit.
« Que nous vaut cette visite commissaire ? Sourit l'oiseau de manière professionnel alors que le policier ne quittait le vilain des yeux.
-Je viens chercher le vilain susnommé Dabi pour un interrogatoire.
-Mais enfin commissaire, il est sous la protection de…
-Hawks… Si vous ne voulez pas finir en garde à vue avec tout ce petit monde ici présent pour complicité… Gronda le gardien de la paix en évitant le regard surpris et peiné d'Izuku qui venait de s'éveiller en compagnie de Shoto. Je vous enjoint à ne pas vous mêler de cette histoire et à laisser Dabi nous suivre sans plus d'histoire.
-Mais enfin ! Insista Hawks alors que Dabi avançait vers le commissaire sous le regard incrédule de tous.
-Bien. Je viens. Laisse Hawks. Ça va aller. »
Le silence plana. Un silence lourd de sous entendu. Le policier planta son regard noir dans celui électrique du brun qui le défiait de sa hauteur et de son aura menaçante. Sans qu'il n'ait besoin de le dire, Dabi défiait le policier d'essayer de l'enfermer dans une cage. Naomasa sentit son cœur battre plus vite ainsi qu'un long frisson lui prendre le dos. Il sortit tout de même ses menottes mais Dabi eut un mouvement en avant et le déplaça pour atteindre l'extérieure d'un pas tranquille, l'enfant toujours dans les bras. Il n'avait pas besoin de ça. Il le suivrait bien gentiment et il l'attendait même à la porte d'entrée, son attention non pas rivé sur les flics cachés mais bien sur le nouveau né. D'ailleurs…
« Laissez cet enfant à ses parents Dabi et suivez-nous. Un nouveau né n'a rien à faire dans un commissariat.
-Je l'emmène avec moi. Trancha la voix caverneuse du brun.
-Allons. Tenta le commissaire avec calme, si proche du but de ne pas user de ses hommes et d'effluves de sang afin de l'attraper. Ce n'est pas le votre, rendez-le à ses parents et venez avec moi Dabi.
-Je ne le laisserais pas. C'est ma fille. Siffla-t-il d'un air mauvais. C'est ma fille et personne mis à part moi n'a le droit de poser la main sur elle. Le regard était fou, emplis de rage et les muscles tendus. Le policier se recula et prit son arme à sa ceinture alors que le vilain tremblait de colère à l'idée qu'on la lui retire.
-Dabi… Déposez la à l'intérieur.
-Je n'irais nul part sans elle. Feula-t-il en guise d'avertissement. Et comme-ci ce feulement avait réveillé tout le quartier, Gran Torino arriva en courant alors que les policiers sortaient de leur cachette, toute arme dehors.
-Il suffit Tsukauchi ! Il dit la vérité. C'est son enfant, ne la lui retire pas. Rangez tous vos armes ! Hurla-t-il à l'assemblée de policiers. Range ton arme Tsukauchi. J'ai envoyé un message à la commission, All Might et Aizawa. L'affaire est plus importante qu'on ne le pensait. Endeavor et Hawks viennent avec nous en tant que responsables. Le reste de la famille en tant que témoins. »
Un frisson traversa le dos d'Izuku. Qu'allait penser All Might en le voyant assis à la chaise d'un commissariat du côté des complices ? Il allait le renier, le rejeter. Peut-être même qu'il devrait donner le One For All ! Alors tout était finit… Tout. La main rassurante de Shoto l'arrêta dans ses murmures et prises de têtes. L'étreinte qu'il lui offrit lui permit de reprendre contenance et avec un souffle, le petit vert espérait qu'il pourrait s'expliquer.
Le trajet se fit dans un silence gênant. Naomasa était à cran et ne voulait entendre la voix de quiconque, même celle de Gran Torino pour le moment. Le héros avait certes sauvé la situation, mais il venait en même temps de lui faire comprendre qu'il allait falloir fonctionner avec le bon vouloir de la commission et ça, il ne le supportait juste pas. Des gens qui obstruaient la justice. Toujours, ils s'arrangeaient pour lui passer devant et ça le rendait juste dingue. Une fois arrivé, il fit comprendre à tous les policiers qu'ils devaient quitter les locaux. Le moment n'était pas bien choisi pour avoir trop d'oreilles indiscrètes.
Dans les bureaux du commissaire, Dabi s'était posé contre le mur, l'attention toujours rivée sur sa fille comme s'il s'agissait d'un joyau. Hawks semblait les surveiller et de temps à autres, il présentait l'envie de les rejoindre en s'agitant sur sa chaise ou bien en se redressant vivement au moindre gazouillis de la petite.
Naomasa ne dit rien mais nota ces étranges fais avant de presque sauter de sa chaise à l'arrivée de son grand ami blond et d'Aizawa. Le second s'assit sans un mot, son regard juste perdu dans ce que Dabi tenait dans ses bras et le premier ne bougea plus. Alors voilà pourquoi le jeune Midoriya semblait en proie à une honte qu'il ne pouvait maîtriser à sa venue dans le couloir menant aux bureaux ? Il s'assit près de Hawks à l'invitation de son ami et attendit que Gran Torino ne leur fasse un topo à l'aide d'Aizawa et d'Endeavor ainsi qu'un message de la commission remit par un délégué. Évidemment, elle n'allait pas se déplacer.
Naomasa crut qu'il allait s'arracher les cheveux. Cette histoire n'avait aucun sens, il devait le prouver à tous ceux qui y croyaient. Déjà, Dabi était le fils disparus d'Endeavor et même si son alter et ses yeux coïncidaient à cette vérité, rien d'autre ne le stipulait. Pas un test ADN. Rien. Quoique… Le test… Ils pouvaient bien le faire. Mais soit. Ils pouvaient admettre qu'il s'agisse bien de Touya. Ensuite, Hawks en tombait amoureux et faisait un enfant avec ? Déjà, Hawks était un homme… Bon. Un alter avait aidé. Ça, il voulait bien, c'était encore ce qu'il y avait de plus logique. Mais de là à lui dire que Dabi aimait cet enfant et voulait réellement se réinsérer ?
Il se laissa lourdement retomber contre le dossier de sa chaise et jeta un regard à Toshinori. Tout le monde regardait Toshinori. En fait, tout le monde cherchait à savoir ce qu'en pensait le symbole de la paix, comme s'il était la tête pensante qui allait décider du sort de Dabi. Ne voyant pas de réaction du blond pour le moment, ils firent un appel à témoin.
Donc, il y avait bien eu un test ADN positif. Bien. Merci Endeavor pour les informations au compte goutte. Ensuite, Izuku s'était occupé de l'œuf et assurait que le susnommé n'avait pas eu de pratiques déviantes en sa présence. Encore mieux, le méchant se tenait bien. Ensuite, Shoto était content de voir que l'on pouvait réintégrer un vilain. Évidemment, il s'agissait de son frère et Natsuo et Fuyumi étaient ravis. Le policier eut envie de se tirer une balle. Le monde entier avait-il oublié les agissements du brun lors de cette dernière année ? Apparemment oui puisqu'Aizawa haussait les épaules avec fatalisme lorsqu'on lui demandait ce qu'il pensait de la situation.
« Et où voulez-vous l'enfermer de toute façon ? Demanda le brun. Il y a deux choix puisque la prison n'est pas une option valable si l'on ne veut pas des macchabés carbonisés. Il y a soit en hôpital et encore, il serra assommé de cachets du matin au soir et du soir au matin pour au final tout brûler et en ressortir encore plus fou, ou alors il y a la même prison qu'All For One, sauf que la commission n'en a pas une centaine et qu'elle ne peut pas se permettre de payer autant de moyens et de surveillance que pour l'autre taré. Alors très franchement commissaire, je ne sais pas quoi vous dire et j'ai encore moins de solutions que vous. »
Où l'enfermer ? Ça aussi c'était un véritable casse-tête. Alors quoi ? Puisqu'on ne pouvait l'enfermer nul part, cela voulait dire qu'il devait être libre ? En voilà un comble. Naomasa se frotta l'arrête du nez. Il sentait la migraine poindre et ça ne lui plaisait pas du tout. Au final, il n'y avait pas de vraie solution. Peut-être la commission avait-elle raison ? Peut-être que l'on pourrait prouver grâce à Dabi qu'il est possible de réinsérer un criminel, même un gros morceau tel que lui. Mais que dire de ses crimes alors ? Quoi, il veut se repentir alors on ne le punit pas ? Sa punition est celle du souvenir ? Et les familles des victimes ? Comment obtiendront-elles réparations ? Parce que là, Dabi ne souffrait pas de l'enfermement d'une prison. Il était même presque récompensé. Une famille qui ne lui en voulait pas, un homme et héros numéro deux, une petite fille. Au final, ça ne payait pas si mal de devenir méchant. Un nouveau soupire traversa l'antre de ses lèvres et il ne fit attention à la tension qu'au moment où le regard de Dabi et celui d'All Might se croisèrent. Quand Toshinori s'était-il levé ?
All Might observait Touya. Il avait en effet les traits d'Endeavor, mais surtout les traits d'un enfant abusé par l'expérience. Il grimaça. Il ne devait pas juger un criminel par son passé, ses fautes ne pouvaient pas être lavées par de simple bonnes ondes et pitiés que l'on portait à son passé. On ne devait pas porter le passé en excuse et pourtant, devant lui se trouvait un jeune homme en pleine transformation qui laissait ses erreurs de côtés pour devenir un homme nouveau. Il eut un sourire triste en voyant le brun se reculer, son enfant farouchement gardée contre lui et se demanda s'il pourrait réellement le voir se faire enfermer en connaissant son histoire et en le voyant avec un enfant dans les bras. All Might avait toujours eu un bond fond. Le fait même de savoir Shigaraki comme étant le petit fils de Nana changeait sa vision de lui, alors voir un super vilain tel que Dabi vouloir retrouver sa vie passée pour s'en créer une nouvelle de cette base ainsi que de voir l'air dévasté d'Hawks à l'idée qu'il pouvait partir, il ne put voir le brun face à lui comme autre chose qu'un homme nouveau. En sois, Naomasa avait raison, il faisait son travail. Pourtant, Toshinori voulait faire confiance en la commission, en Endeavor, en Hawks, en Izuku et surtout en Dabi et en cette petite vie qu'il tenait dans ses bras. Et puis, Aizawa avait raison. S'ils ne le tuaient pas sur le champ… Où l'enfermer ?
Tout en revenant à sa chaise, il offrit un regard désolé à son ami qui geint de désespoir. Ils allaient faire confiance en la commission. Dans le fond, avaient-ils le choix ? Pourtant, le commissaire se sentait nauséeux. Comment le publique allait-il le prendre ? Quand ça saura, qu'elle bruit cela fera ? La population se concentrera sur les crimes ou bien le nouvel homme ? Et surtout, devraient-ils mentir au peuple en lui faisant croire que le brun se trouvait en cellule ? Son âme qui réclamait justice était en proie au doute. En même temps, son sens moral lui interdisait de faire du sentiment avec la situation de Crématorium, mais de l'autre côté, voir Dabi tenir entre ses bras un enfant avait un effet étrange sur sa morale qui lui disait aussi que l'éloigner de cette crevette le rendrait fou, plus fou que tout autre père de famille en prison. Avec un hochement de tête et un soupire las, il s'en remit au jugement d'All Might. Que faire d'autre de toute façon ?
« Et voilà ! Enfin à la maison ! Dabi. Eh oh ! Dabi ! »
Rit Hawks en retirant doucement dans son appartement remit à neuf, leur enfant des bras du brun qui revenait doucement à la réalité. Depuis le commissariat, il ne parlait presque plus, comme s'il s'était hypnotisé avec la petite pour ne pas tout flamber autour de lui.
Keigo, ravi que les choses se finissent bien pour eux, plaça l'enfant dans son berceau qu'ils avaient installés dans son bureau en attendant de trouver un meilleur endroit. Il revint ensuite vers son brûlé qui défaisait les cartons avec lenteur comme il découvrait par le même moment le lieu.
Hawks s'approcha, se mit sur la pointe des pieds, posa une main sur son torse et picora ses lèvres avec gourmandise afin que l'autre lui réponde d'un baiser fougueux. Ils avaient enfin leur chez-eux rien que pour eux et Keigo était content. Content que tout ce soit bien terminé pour eux, mais surtout content de pouvoir rentrer avec Dabi à la maison afin de profiter de sa présence. Heureux de le savoir en petite partie libre et non en prison. Juste heureux de le savoir auprès de lui et de la petite. Dabi lui caressa la joue, le regard indescriptible et eut un petit sourire mesquin en coin alors que son regard s'illuminait d'une flamme bien connue. Hawks se lécha la lèvre inférieure et se débarrassa de ses plumes afin de sauter dans ses bras en riant. Ils avaient enfin leur chez eux. Et Hawks pouvait enfin se dire de retour chez lui.
