Le jour où on a chié dans le salon :

Chapitre 29 : Une semaine après :

Lorsqu'Hawks disait qu'il aimait le sourire de son homme, il pensait bien sûr à celui enjôleur, celui qu'il gardait au coin de ses lèvres dans une promesse silencieuse. Le sourire de Dabi, c'était ce genre de sourire qui faisait frissonner les ailes du héros de plaisir, c'était ce genre d'étirement de lèvres qui le rendait totalement fou et qui pouvait lui faire tout abandonner dans l'instant pour sauter dans ses bras avec l'intention de le dévorer. Oui, le sourire de Dabi avait un effet aphrodisiaque immédiat sur le pigeon local. Et il n'avait aucun mal à l'avouer.

Le sourire de Dabi, ça pouvait aussi être un peu de tendresse, chose que le blond avait découvert depuis l'arrivée de la petite. Il la surveillait beaucoup, suivait ses pas et le moindre de ses gestes. Depuis qu'elle commençait à vadrouiller en rampant, elle allait à une vitesse folle d'un point à un autre, au point que le noiraud lui courrait constamment après pour la rattraper, ce qui amusait fortement Keigo. Touya voulait bien faire, Dabi voulait surpasser son père. À chaque heure avec sa fille, il ne cessait de se répéter qu'il devait faire attention à ses gestes parfois trop brusques afin de ne pas la casser. Et tout ça, l'oiseau le voyait bien. Il le voyait à la façon dont il prenait Rei dans ses bras, à la façon qu'il avait de la changer, à cette manière qu'il avait de la tourner sur le ventre avec une infinie douceur, il le voyait à sa précaution lorsqu'il lavait ses petits cheveux et qu'il lui rinçait le visage. Dès qu'il était en la compagnie de Rei, il devenait un havre de douceur qui ne se posait réellement que lorsqu'il s'asseyait sur le canapé, la petite sur son ventre et la tête rejetée en arrière contre le dossier. Nombre de doux sourires qui se voulurent discrets se perdirent ici. Nombre de regards tendres aussi. Mais ce qui se perdit surtout, fut ces petites heures qui filaient durant une bonne sieste. Keigo en avait pris des photos de ces moments là. Il rassurait le grand père, ravissait la grand mère et rendait totalement gagas tontons et tatas. Même Izuku s'autorisait à dire qu'il les trouvait adorable tous les deux. Le sourire de Dabi pouvait donc être tendre et lorsque l'œuf est arrivé, il fut bien dur à Hawks de s'en rendre compte. Mais jamais il ne fut autant surpris que lorsqu'il le vit apparaître sur ses lèvres pour la première fois.

Le sourire de Dabi était bien des choses en périodes de dispute ou d'attitude de sales gosses pourris gâtés. Il était sarcastique, caustique, railleur, effroyablement insolent et il pouvait avoir plusieurs effets sur l'organisme d'Hawks. Une libido grimpant en flèche ou bien un énervement constant. En réalité, ça dépendait du contexte car face à Endeavor, le blond jouait parfois au même jeu que lui et tous deux se retrouvaient à imiter les sales gosses. Mais quand ces sourires lui étaient destinés à lui tout particulièrement lors d'une dispute ou bien d'une discussion très sérieuse, ça le rendait juste fou. Agacé, il faisait naître par ses reproches une dispute et très souvent, ça se finissait avec l'un d'eux dormant à l'extérieur ou bien sur le canapé. Quelques jours plus tard, ils finissaient par régler leurs différents sur ce même canapé et gênaient tous leurs invités en observant l'assise d'un œil complice avec un sale sourire en coin lorsqu'un autre était assis dessus avec son café dans les mains.

Hawks connaissait donc tous ses sourires, même les plus discrets, secrets, intimes, les plus inavouables. Et il y avait bien un sourire que le blond détestait par dessus tous les autres et c'était bien celui qu'arborait son homme depuis une semaine entière.

Après sa mission, il était juste devenu invivable au point de faire pleurer et hurler la petite à force de faire des performances vocales à travers toute la maison. Pour la tranquillité de l'enfant d'ailleurs, le héros l'avait amené chez sa grand mère pour qu'elle la garde le temps que son fils se calme et évidemment, ça faisait maintenant près d'une semaine entière qu'il avait confié sa fille.

Voir la petite s'en aller avait rendu Dabi encore plus fou et à croire qu'il attendait qu'elle s'en aille pour totalement imploser, il avait presque incendié la maison. Une chance que le blond avait tout ignifugé, jusqu'aux meubles et au plafond.

Cette semaine fut bien éprouvante pour les deux hommes et rappelèrent à Keigo des heures bien sombres où il s'était retrouvé seul avec un malheureux œuf dans les bras. Une période de sa vie qu'il aurait préféré oublier mais qu'il trouvait tout de même moins violente comme les cris ne lui étaient pas adressés. Car oui, les cris que subissait Hawks depuis maintenant sept jours entiers étaient tous dirigés vers Shigaraki ainsi que son idiot de petit frère.

Natsuo… Pensa l'oiseau en soupirant. S'il était le premier entre lui et Dabi à le retrouver, il l'emmènerait loin, très loin pour le cacher et le garder en sécurité de son frère avant de sévèrement lui botter le cul une fois à l'abri. Cette famille ne pouvait-elle pas se tenir tranquille cinq minutes sans croiser sa vie avec le crime d'une façon ou d'une autre ? C'était redondant à force !

Au début, Hawks avait été compréhensif et avait tenté d'entraîner Dabi dans de longues discussions mais évidemment, cet individu ne se laissait pas facilement faire et plus il se sentait se tranquilliser, plus il hurlait et brûlait le peu de fourniture non fire-proof afin de relancer son tôt intense de sel. Sérieusement, Hawks avait peur que ça leur donne à tous deux des insuffisances rénales tant le sel s'était infiltrer dans l'air pour inonder les lieux.

Au bout de deux jours, l'oiseau avait tenté une autre stratégie. Il avait essayé de s'énerver aussi fort que Dabi afin de le suivre dans ses cris et si ça lui fit un bien fou la première heure, il regretta bien vite ce choix et ses cordes vocales l'heure suivante. Sérieusement, comment Dabi faisait ? Ce n'était tout bonnement pas humain d'avoir un coffre comme ça. Au bout d'une après-midi, il avait abandonné et s'était rendu compte qu'il avait donné une raison supplémentaire au brun, qui se savait soutenu, pour hurler encore plus fort. Si Endeavor n'entendait pas de là où il était son fils hurler à la mort alors il faudrait lui déboucher les oreilles. Oui, même à plusieurs rues et trente minutes en voiture.

Voilà que sept jours avaient passés, sept jours au bout desquels Hawks saturait totalement. Il baillait pour la centième fois depuis la matinée et songeait au kilos de miel qu'il faudrait acheter à Dabi qui hurlait maintenant parce qu'il ne le soutenait pas assez et qu'il n'avait pas voulu de lui la nuit passée. Hawks lui avait fait remarquer que ce n'était pas faute d'avoir essayé afin de le calmer et ce ne plut clairement pas au brun de service qui lui jeta le regard le plus noir du monde.

« Range-moi ça chéri, tu veux ? J'en ai marre de te voir faire la tronche et de me taper ton sourire sadique. Je veux revoir ma fille à la maison et pour ça il faut te calmer. Ne fulmine pas, tu as bien vu comme elle a hurlé, tu sais que j'ai raison.

-Ouais. Concéda l'autre en grognant, amenant une mini victoire au blond.

-Bien. Soupira Hawks. On arrive enfin à une discussion normale. Ironisa-t-il ensuite. Ce qu'il n'avait pas fait là…

-Comment tu peux prendre la situation de façon aussi légère ?!

-Et c'est reparti. Soupira Hawks en laissant son front dramatiquement heurter la table à laquelle il était assis, les bras pendant le long du corps.

-Je crois que tu ne comprends pas d'à quel point la situation est grave ! Natsuo se fait refaire le cul par Shigaraki Tomura ! Par ce psychopathe !

-Tu as travaillé pour lui. Fit remarquer avec la lassitude de l'habitué, le blond.

-JUSTEMENT ! Je connais l'animal, je sais de quoi il est capable et il est hors de question… Tu m'entends bien hein ?!

-Je n'entends que toi ces derniers jours je te signal.

-HORS DE QUESTION…

-Est-ce que j'ai des acouphènes ?

-HORS DE QUESTION QUE SHIGARAKI TOMURA METTE SA QUEUE DANS LE CUL DE MON FRÈRE !

-Titre. S'amusa le blond en ricanant comme un enfant.

-HAWKS ?! S'offusqua le noiraud en lui envoyant une coupelle en plastique sur la tête, faisant grogner l'autre alors qu'il se redressait.

-Quoi ?! C'est vrai ! Bon, d'accord, ton innocent petit frère se fait démonter par le plus grand terroriste local dont tu as cherché à fuir l'influence ou plutôt la direction. Bon, d'accord, c'est vraiment limite. Mais tu peux me dire en quoi ta putain de crise de nerf digne d'une femme ménopausée qui a ses règles pendant sa grossesse va pouvoir arranger quoi que ce soit ?! J'en peux plus de t'entendre gueuler Dabi ! Trouve une solution pour évacuer ton énervement mais arrête de le faire sur moi, je suis pas ton foutu punchingball. Je veux dire… J'ai tout essayé. Vraiment, tu m'as vidé de mon énergie. La discussion, la somation, les menaces, l'éloignement de la petite, hurler plus fort que toi, te câliner la tête comme je le fais pour le bébé, les somnifères glissés dans le verre… Me regarde pas comme ça tu n'as jamais aussi bien dormi, tu l'as dit toi même. J'ai vraiment tout tenté Dabi pour te détendre… Je veux dire… Même te sucer n'a pas marché.

-Titre… »

Murmura Dabi avec un reniflement, comme s'il n'assumait pas de vouloir faire cette blague et qu'il voulait rester fâché. Hawks leva les yeux au ciel, tout de même content de sa réactivité instinctive et se mit en quête des lèvres de son homme pour finir de le calmer avant qu'un classeur ou une jonquille ne lui fasse penser à Shigaraki ou bien même à Natsuo. Ensuite, alors que nerveux, le brun se confessait sur le fait qu'il n'arrivait pas à calmer ses nerfs alors qu'il triturait ses mains ainsi que ses cicatrices, Keigo lui demanda d'attendre un instant.

« Si tu me proposes un plan à la fouet et botte de cuir, je ne suis pas sûr que ça va marcher mon cœur. Ironisa Dabi alors qu'Hawks revenait en riant.

-Je ne te propose pas ça ne t'inquiète pas.

-Qu'est ce que c'est ? Demanda Dabi en s'approchant de la table sur laquelle Hawks déposait des objets.

-Une feuille, un stylo et du blanc. Tu vas écrire une lettre à ces deux nigauds et ne jamais l'envoyer.

-J'ai le droit d'insulter le maître de Shigaraki ? Demanda le brun avec l'air de ne pas y toucher comme s'il avait demandé de faire une blague sur les mamans.

-Tu as le droit d'insulter le maître de Shigaraki. »

Assura Hawks avec un sourire presque maternel en embrassant sa tempe. Le sourire de Dabi fut satisfait. Il s'installa à table et commença à écrire.