Le jour où on a chié dans le salon :
Chapitre 32 : Nouvelle vie :
Natsuo observa encore un temps la bâtisse et se demanda s'il pouvait faire demi-tour. Un regard en arrière lui permit de voir que son père ne l'avait pas suivi et intérieurement, il se félicita de ne pas avoir gardé son téléphone intact. En effet, le briser lui avait au moins permit de rompre tout contact et de se rendre introuvable comme la puce avait explosée. Avec un soupire et les yeux clos, il se donna du courage pour au final, s'avancer avec timidité vers les grandes portes, les jambes et les membres tremblants.
C'était la première fois qu'il se retrouvait devant ce lieu et il était bien trop immense, bien trop loin du simple squat qu'il s'était imaginé. En même temps, il était difficile de loger une Alliance entière ainsi que Giganto Machia dans un simple petit garage. Il secoua la tête. Ces pensées parasites l'empêchaient juste de faire un pas de plus vers l'enfer qu'il avait commencé à côtoyer en fricotant avec Lucifer. D'un coup, il prit du courage et ferma son poing pour le brandir, prêt à frapper à la porte. Mais alors que son coup s'abattit, il faillit rencontrer le pompon blond d'une jeune fille aux cernes prononcées et aux grandes canines qui se lisaient derrière son sourire enfantin, lui donnant un air de sadique. Stoppée dans ce qui semblait être l'élan d'une blague, la fille inclina la tête sur le côté et alors que lézard qui lui tenait compagnie hurlait à l'intrus, elle lui sourit en brandissant son couteau vers sa gorge. Il aurait dû s'en douter bien sûr, mais ils étaient tous totalement fêlés dans ce lieu. Il aurait vraiment dû y réfléchir à deux fois avant d'hurler sur son père.
Dans un mouvement de panique, il mit bien ses paumes en évidence et terrifié, ses yeux se mouillèrent alors que son sourire se faisait incertain et que sa voix tremblait. Il tenta d'assurer qu'il ne fallait s'inquiéter de rien, qu'il était juste venu parler à quelqu'un, mais la fillette ne semblait pas vouloir l'écouter et proposait déjà de le repeindre en rouge avec beaucoup d'enthousiasme. Et dire que son frère avait un jour fait partit de ces tarés… Et que son copain les dirigeait… Ouais, bon… Pour la logique de son esprit et de son mental, il repasserait plus tard, là il n'avait juste pas le temps en fait.
Derrière la blonde, un homme masqué surgit et lui demanda peut-être un peu trop poliment et posément qui il était et ce qu'il venait faire ici. Et que répondre à ça ?
Qu'il était le compagnon du boss ? En réalité, il n'était même pas sûr que sa présence face réellement plaisir à Shigaraki et puis, ils n'allaient sûrement pas le croire. Son cœur se serra en imaginant le rejet du bleu. Avait-il ne serait-ce que bien fait depuis tout ce temps d'autant s'investir dans cette relation. Devait-il réellement laisser tomber sa famille, abandonner sa mère, sa sœur et ses frères pour ça ? Sa petite nièce… Comment Rei pourrait se souvenir de lui autrement que le tonton renégat qui était partit voir ailleurs ? Et si au final, il se ferait rejeter ? Il se retrouverait dehors comme un con. Et pourquoi pensait-il à tout cela maintenant ? Shigaraki l'avait bien rassuré un jour, non ? Ce n'était même pas lui qui lui avait proposé autre chose qu'être simplement un plan cul ou un ami avec des bénéfices ? Ça voulait dire qu'il ressentait quelque chose pour lui, non ? Se sentant légèrement hyper ventiler, il se souvint peut-être un peu trop rapidement que jamais le bleu ne lui avait prononcé de paroles tendres. Seulement quelques mots hagards pour lui signifier qu'il l'appréciait peut-être. Natsuo secoua la tête alors que l'homme masqué soupira en réitérant sa question de manière plus forte et autoritaire et que la petite blondinette commençait à s'ennuyer et le signifier en sautillant sur place bêtement, le couteau toujours sous sa gorge qui lui effleurait la peau à chaque saut.
Pouvait-il dire qu'il était le petit frère de Dabi ? Non, même-ci Dabi n'avait jamais parlé de sa famille et qu'ils ne sauraient pas qu'il est un Todoroki, enfin sauf s'il ont vus les infos où il apparaissait auprès de son père, ils étaient au moins sûr d'une chose, et c'était que Dabi les avait plus ou moins trahit en les abandonnant. Et ça, c'était presque la mort assurée pour lui ou bien même la prise d'otage. Cela dit, Shigaraki viendrait le sauver… Ou pas. Il secoua de nouveau la tête. Non, il ne pouvait pas laisser le doute tordre son ventre et embrumer son esprit. Il devait trouver une réponse et vite.
Le couteau se pressa encore plus, la commande était faite pour la troisième et dernière fois et il sentait déjà la lame entamer sa peau, même légèrement. Un filet chaud s'échappa et la connaissance du sang dans son cou le fit se tendre, écarquiller les yeux et parler sans réfléchir.
« Je dois voir Shigaraki. Je m'appel Natsuo.
-Natsuo comment ? Demanda le masqué, perplexe, alors que la petite blonde, les yeux écarquillés, abaissait doucement son couteau.
-Juste Natsuo. Tenta le blanc avec un sourire mal à l'aise avant de soupirer. Écoutez, je sais que je ne vous inspire pas la confiance mais… S'il vous plait… Je dois juste le voir.
-Tu le dois ? Ou tu le veux juste ? Interrogea le masqué et Natsuo ne sut trop quelle réponse aborder. Il déglutit, frissonna d'horreur et chercha la meilleure réponse à donner, la plus appropriée, mais ce fut la plus vraie qui en ressortit d'entre ses lèvres en premier.
-Je le dois. C'est un peu une question de vie ou de mort en fait.
-Plutôt de mort avec Tomura-kun. Ricana la gamine avec peut-être un peu trop de joie et Natsuo eut bien peur qu'ils ne parlent pas vraiment du même Tomura. Il eut bien envie qu'elle le tue tient. Bien évidemment que ce ne serait pas le même Tomura ! Ce qu'il était con.
-Comment ça, de vie ou de mort ? Interrogea le lézard, un sourcil suspicieux relevé. Tu le connais bien, Tomura ?
-Plutôt bien, oui. Balbutia Natsuo, peut sûr alors que l'arme blanche s'abaissait doucement et que la jeune fille lui offrait un sourire innocent.
-Hm. Je ne te crois pas. Il ne nous a jamais parlé d'une connaissance du nom de Natsuo. Commenta le vert tout en jetant un œil à son collègue masqué qui semblait réfléchir, son poing sous son menton.
-Peut-être parce qu'il ne parle pas de sa vie privée ? Tenta le blanc tout en cachant sa déception de voir qu'il était caché comme une maitresse ou bien un amant dans le placard. En même temps, il ne s'était pas attendu à un grand accueil non plus.
-Et tu peux me dire qui tu es pour Tomura ? Recommença le lézard alors que sa queue de reptile fouettait l'air tandis qu'il s'approchait de lui pour mieux le scruter, penché en avant.
-Eh bien… Tenta Natsuo avant de geindre de dépit. S'il vous plait, je veux juste le voir…
-Laissons-le y aller s'il le veut tellement. Commenta la blonde.
-Mais il risque d'attaquer le boss… Argumenta le vert avec crainte.
-Il risque surtout de se faire tuer et le pire qu'il pourrait faire serait d'ennuyer Tomura et de lui faire perdre son temps. Remarqua soucieusement le masqué sans quitter son air inquisiteur. On ne peut pas permettre de laisser entrer n'importe qui, juste parce que. Combien de personne dans l'Alliance veulent le rencontrer sans même pouvoir le faire… Et dire qu'il y a quelques temps à peine on vivait dans un simple hangar et qu'on trouvait personne pour notre petite League… Soupira l'homme qui ressemblait à un magicien alors que Natsuo tentait de paraître droit. Et puis, regarde le Spinner. Tu as vu comme il a peur de nous ? Shigaraki ne va en faire qu'une bouchée juste en le regardant. Finit le magicien alors que le blanc ne pouvait que lui donner raison. Mais ce n'était clairement pas la peur qui le faisait flancher quand Shigaraki plantait ses yeux grenats dans les siens, oh ça non.
-Tu as raison Compress… Souffla ledit Spinner.
-Mais on s'en fiche de ça ! Rétorqua la blonde. On s'en fiche parce que le gars il veut pas rentrer dans l'Alliance, il veut juste voir Shigaraki. Et s'il le tue, tant pis. On se fera gronder et on ramassera les restes. Sourit-elle de plus belle. Plein de restes ! Rit-elle enfin comme une démente.
-Mouais. T'a pas faux. Même si me faire hurler dessus, je trouve ça moyen. »
Grogna le lézard tout en croisant les bras alors que celui que le reptile avait nommé Compress, observait Natsuo tout en faisant un geste de la main qui montrait qu'il n'était en rien convaincu. Enfin, il passa tout de même son chemin et laissa entrer Natsuo, bien vit guidé par la petite blonde qui se mit à sautiller en tout sens, les mains jointes dans son dos à la manière de l'enfant qu'elle était surement. La guide autoproclamée eut un petit ricanement mesquin qui devint fou alors qu'ils s'arrêtèrent face à une grande porte. Natsuo ne trompait personne, tout le monde avait senti sa grande gentillesse et générosité avant même qu'il n'ait pu en placer une. Il était totalement aux antipodes de Shigaraki et ce fut surement ça qui fit rire l'adolescente. Elle sentait, elle savait qu'il allait se faire tuer par son maître, ou plutôt, son boss et qu'elle allait pouvoir, avec délice, ramasser ses restes au balais comme elle l'avait chantonné sur le chemin. Super chanson. Au moins, s'il ennuyait Shigaraki, il savait où il se retrouverait. Mais à vrai dire, cette pensée le fit doucement sourire. S'il n'était pas sûr des sentiments de Shigaraki, il était au moins sûr d'une chose, c'était que jamais Shigaraki ne le tuerai.
Dans un ricanement, la plus petite ouvrit la porte et après un nouveau gloussement fou, toujours aux côtés du battant, elle s'exprima, toujours les mains derrière le dos en se balançant d'avant en arrière alors que sa voix sonnait au combien innocente.
« Boooooosssss ! J'ai un joli garçon un peu trop blanc et pas assez rouge qui veux te voir. Le sang de Natsuo se glaça. Cette fille était totalement folle. Tu veux t'en occuper ou que je peux m'en occuper ? Rit-elle alors qu'il n'entendait pas un minuscule murmure de l'autre côté. Quand il voulait, Shigaraki pouvait réellement se rendre inexistant, à tel point que Natsuo pensait qu'elle parlait seule. D'accord chef ! Tu dis si tu veux qu'on ramasse les restes à la cuillère ! Elle se tourna finalement vers lui, son sourire ne se décrochant toujours pas de ses lèvres, son couteau miraculeusement revenu dans sa main sans pour autant qu'elle ne le remette sous sa gorge. Tu peux rentrer. Bon courage. »
Puis elle partit sans mot dire supplémentaire alors que, plein d'appréhension et fixé par absolument tout le monde dans le silence le plus total, il finit d'ouvrir la porte et entra dans le grand bureau.
Afin de se rassurer, il prit la bandoulière de son sac à pleine main et chercha du regard celui de Shigaraki qui le combla à peine l'eut il trouvé. Il lui fit un petit geste timide de la main avant de reprendre sa bandoulière et offrit au vilain un petit sourire mal assuré. Finalement, après l'avoir longuement fixé sans une once d'émotion ou même de surprise, Shigaraki fit signe à ses hommes de partir sur le champ, ce qu'ils firent sans poser plus de questions. Natsuo le regarda faire et se sentit rougir alors que son corps s'emballait. Ce qu'il était beau ainsi assis sur son trône. Il déglutit légèrement et sentit un frisson le prendre alors que Shigaraki se relevait de sa position avachie pour très lentement s'approcher de lui. Il sembla l'étudier quelques instants et s'empara de son menton. Il semblait être le maître de tout ici, le roi incontesté et ce fait lui faisait peur, l'impressionnait en même temps que ça l'excitait. C'était un autre Shigaraki qu'il avait en face de lui et il ne savait s'il devait en être content ou non.
« Bien… Que fais-tu ici ? Commença sa voix rocailleuse alors que ses rubis l'analysaient toujours.
-Je suis partit de chez moi.
-Et … ? Se contenta de simplement demander le bleu.
-Et mon père est au courant. Couina le blanc en baissant la tête afin de cacher une larme que Shigaraki essuya rapidement avant de soupirer et de se détendre pour prendre une expression que Natsuo lui connaissait plus, une expression qu'il devait faire que lorsqu'ils étaient simplement tous les deux et ce fait fit gonfler le cœur du blanc, le remplit de joie.
-Bien… Je vois. Alors tu emménage, c'est cela ? »
Sans même attendre la moindre réponse, Shigaraki déposa ses lèvres sur celles de Natsuo et le blanc enroula avec plaisir ses bras autour de son cou. Il avait besoin de réconfort et même si celui de Shigaraki et de ses baisers n'était pas de plus doux, il sentit qu'il en avait grandement besoin. Alors il ne dit rien lorsqu'ils s'embrassèrent à en perdre leur souffle et que le bleu le souleva de terre avec une facilité déconcertante pour le coucher sur le bureau. Il ne dit rien non plus lorsque les baisers dévièrent avec empressement et précision dans son cou, qu'une langue vint titiller sa peau, que des dents la marquèrent.
Non, à la place, il gémit, se perdit dans les caresses, les soupirs et les grognements. À la place, il épousa le corps de Tomura du siens alors que l'autre le dominait de toute sa hauteur sans pour autant se faire oppressant. Il savait comment s'imposer avec Natsuo, il savait qu'il n'avait pas besoin de trop en faire, qu'il pouvait juste être lui. Alors, avec un sourire en coin que le blanc aimait tout particulièrement et auquel celui-ci répondit, il s'empara de son corps avec passion sur ce bureau où s'était tenu une réunion à peine dix minutes plus tôt. Mais ça, Tomura s'en fichait pas mal.
Non, lui se concentrait plutôt sur comment torturer et faire gémir au mieux son blanc qui se tortillait en tout sens et miaulait sous le plaisir ressentit alors qu'il s'accrochait désespérément à lui au point de lui griffer le dos, lui soutirant toujours plus de grognements jusque la délivrance. Car quand la délivrance arriva, il se sentit bien. Juste bien et sur un parfais nuage de coton blanc.
Ils se sourirent et Shigaraki observa son œuvre, satisfait. Natsuo était un véritable appel à la luxure. Une moue innocente, des yeux vitreux, une bande rouge qui allait d'une joue à une autre en passant par son petit nez, une main qui cachait ses lèvres encore gonflées de plaisir, des cheveux en batailles, un corps en sueur. Oui, Natsuo était juste magnifique et il était à lui et à personne d'autre surtout.
Après un moment partagé cette fois-ci sur le trône et quelques baisers perdus qui chatouillèrent et firent rire Natsuo, amusant Shigaraki au passage, ils décidèrent tous deux de parler quelque peu de la situation ainsi que de se rhabiller. Tout timide, Natsuo lui fit part de sas doutes et de son envie d'être tranquille tout en continuant à le voir.
Tout ce qui arriva aux oreilles de Shigaraki fut que le blanc voulait déjà s'enfuir d'ici, et même-ci ça ne l'étonnait pas plus que ça, il ne put retenir un soupire. Eh bien, ça promettait…
« Ils sont là dedans depuis combien de temps ? Soupira la blonde en boudant alors que Mr. Compress et Spinner se regardaient à tour de rôle, ne sachant s'ils devaient être surpris ou inquiet de ne pas avoir reçu d'appel qui confirmerait que le blanc était bel et bien mort.
-Je ne sais pas. Peut-être qu'il planque le corps de Shigaraki, qui sait ? S'inquiéta immédiatement le lézard alors que Mr. Compress relevait un sourcil sous son masque.
-Impossible. Il manquait vraiment de cran. Peut-être que Shigaraki a nettoyé lui-même ou qu'il s'amuse un peu avec lui avant de le tuer.
-La deuxième version est plus probable. S'amusa Toga alors que Spinner.
-Ou alors il est partit et il ne l'a pas tué… Proposa Spinner alors que la blonde secouait vigoureusement la tête, défaisant encore plus ses deux pompons qui faisaient ses cheveux.
-Non, on l'aurait vu passer et il n'était pas si discret que ça.
-Peut-être qu'on nettoiera juste plus tard et qu'il doit finir un truc avant. Ajouta Himiko alors que les deux autres hochaient vigoureusement la tête.
-Oui, sûrement. »
Dirent-ils sur un même ton sérieux alors que la porte se rouvrait. Ils se cachèrent, comme pour espionner et virent le garçon aux cheveux blancs ressortir, les cheveux plus en bataille et avec quelques marques dans le cou qui firent ricaner Himiko, arrondir les yeux à Spinner et beuguer Mr. Compress.
Ne se sachant pas observé, Shigaraki, qui venait de suivre son blanc, le prit pour lui accorder un baiser chaste sur ses lèvres, sur le rire léger et beaucoup plus assuré de l'autre. Tomura eut un faible étirement de lèvres sincère et amusé, ce qui finit d'achever les trois autres. Puis, sans rien dire de plus, il fit signe au blanc de le suivre, son long manteau flottant au grès de ses pas tranquilles alors que Natsuo le suivait en trottinant.
« C'est l'homme le plus courageux que je n'ai jamais vu… »
Souffla Mr. Compress, réellement impressionné, alors que les deux autres acquiesçaient avec force. Même eux, ils n'auraient pu imaginer cela un jour possible.
Et ce fut sur cette pensée que le rire de Toga s'éleva à nouveau alors qu'elle rougissait en sautillant, un couteau à la main. Quoi ? Elle aimait tout ce qui était mignon, et on pouvait bien tous être fan de quelque chose.
Et voilà, on finit là pour ce chapitre ! En espérant que vous aurez apprécié le développement de ce petit couple ! Promis, ils reviennent la semaine prochaine pour la suite de leurs grandes aventures ! Au programme, beaucoup de conneries !
À la semaine prochaine !
Sica
