Bonjour à tous ! Voici le chapitre deux, j'espère qu'il vous plaira :)


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- Chapitre 2 -

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La visite du château et des alentours commença aux premières lueurs du jour, juste après que Merlin ait donné son petit déjeuner à Arthur – et qu'il lui ait piqué quelques fruits au passage.

Le château en lui-même n'avait pas bronché face à la tempête, la vieille pierre avait tenu le coup avec un minimum de fuite, mais le terrain d'entrainement et la ville basse avaient bien plus soufferts. Arthur guida le groupe vers le terrain en premier.

« Comme vous pouvez le constater, il est sous l'eau. »

Plusieurs centimètres d'eau recouvraient l'entièreté du terrain. Seule quelques mottes de boue et d'herbes faisaient surface ici et là. Même si la pluie avait cessé depuis plusieurs jours, le terrain était toujours inutilisable.

« Nous sommes actuellement en train de construire un nouveau point de drainage sur le mur extérieur pour retirer l'excédent d'eau », mentionna Arthur en indiquant les activités qui prenaient place de l'autre côté du terrain où des travailleurs allaient et venaient comme un véritable essaim d'abeilles. « Mais pendant ce temps l'entrainement des chevaliers a été déplacé dans la cour et à l'extérieur du château. »

Laudine acquiesça. « Luned, peux-tu noter tout cela s'il-te-plait ? » Mais la jeune femme était déjà en train d'écrire. « Vous nous ferez savoir combien cet ouvrage coûtera à la couronne, Votre Majesté. »

Arthur hocha la tête. « Bien sûr ». Il les guida ensuite vers la sortie du château. « La ville basse est ce qui a le plus souffert au sein même du château. Merlin- »

Le jeune sorcier se rapprocha rapidement d'Arthur, Merlin avait déjà sorti une liste de l'intérieur de sa veste et il commença à lire son contenu. « Deux résidences ont vu leur toit se creuser à cause de la pression de l'eau. Huit autres ont subi de sérieux dommages à cause du vent, de la pluie ou des débris volants. Quatre personnes ont rapporté des blessures par rapport à la tempête, et cinq autre ont pris rendez-vous auprès du physicien de la cour à cause de leur santé qui s'est fortement dégradé suite au froid, à l'humidité et à la proximité avec les animaux. Une étable s'est effondrée et une poutre de support s'est brisé sur les murs de la taverne. Les animaux ont tous été retrouvés mais la taverne a dû fermer ses portes jusqu'à nouvel ordre. Ils attendent toujours que le mur soit réparé. »

« Quel dommage pour toi, eh, Merlin ? » le taquina Arthur en lui donnant un petit coup de coude.

Merlin frappa son bras avec la liste et râla. « Je ne suis pas un ivrogne. Je pensais qu'on avait déjà eu cette discussion. »

Arthur étouffa son rire avec un sourire naturel, qui disparut bien vite quand il se tourna vers Lady Laudine et qu'il vit la surprise dans ses yeux. « Quoi ? »

Son visage s'éclaira. « Il lit vraiment bien pour un serviteur. Je ne m'y attendais simplement pas. » Elle partagea un sourire avec Luned. « Lui avez-vous apprit ou savait-il déjà en arrivant ? »

« Il savait déjà. Il est très intelligent. »

Merlin s'emmêla les pieds et manqua de lâcher la liste. Les joues d'Arthur rougirent. « Enfin, assez intelligent. Pour un serviteur. »

Les filles gloussèrent mais ne firent pas plus de commentaire. Le compliment avait plongé Merlin dans un silence inhabituel. Arthur ne complimentait jamais Merlin devant des étrangers – ni devant ses amis d'ailleurs. Sa façon de complimenter les gens était particulière. Habituellement ses « compliments » étaient voilés par des insultes et des complaintes que seuls les personnes qui le connaissaient vraiment pouvaient repérer.

Arthur se racla la gorge et essaya de changer de sujet. « Votre, eh, femme peut lire aussi, n'est-ce pas ? Même si elle était une servante autrefois. »

Les joues de Luned rougirent et Laudine toucha son épaule avec délicatesse, ses yeux débordant d'affection. « En effet. Nous avons passés de merveilleuses soirées toutes les deux pendant qu'elle apprenait, n'est-ce pas vrai ? »

Le sourire de Luned était béatifique. « C'est vrai. Et je suis éternellement reconnaissante pour chacune d'entre elle.»

Les deux femmes se regardaient avec tellement de tendresse que le cœur de Merlin se serra de jalousie. Mais il n'avait pas besoin, n'est-ce pas ? Arthur réservait un sourire spécial juste pour Merlin. Ils s'embêtaient l'un l'autre d'une façon particulière, qu'Arthur ne faisait avec personne d'autre. Jamais. Pas même les chevaliers. Arthur partageait ses repas avec Merlin. Ils avaient risqué leur vie l'un pour l'autre en de nombreuses occasions. Mais ils n'étaient pas un couple, donc évidemment, Arthur ne regardait jamais Merlin de cette façon.

Son cœur devait arrêter cette idiotie, laisser tomber.

Ils entrèrent dans la ville basse et Merlin les dirigea vers les maisons et autres bâtiments qui avaient été abimés ou détruits. Pendant leur tour, les habitants accueillirent Arthur et Merlin avec des sourires, inclinant la tête devant Arthur et secouant la main de Merlin. Le serviteur les introduisit auprès des propriétaires dont les biens avaient besoin de réparations, et expliqua quelles pièces architecturales seraient nécessaires pour lesdites réparations. A chaque explication, les jeunes femmes étaient très impressionnées et Arthur semblait rayonner de fierté, ce qui gonflait Merlin d'orgueil et le faisait sourire.

Le soleil commença à se coucher à leur retour au château. Quand ils entrèrent dans la cour, Arthur s'autorisa à poser une question pour le moins personnelle : « Depuis combien de temps partagez-vous votre vie ? »

Laudine regarda Luned qui répondit. « Nous avons sauté les feux de Beltane deux ans plus tôt, Votre Majesté, mais nous nous aimons depuis bientôt dix ans. »

A l'expression choquée d'Arthur, Laudine laissa échapper un rire. « Nous savions que nous serions importantes l'une pour l'autre à l'instant où nous nous sommes rencontrées. Légaliser cette relation lors des feux de Beltane veut simplement dire que nous n'avons plus à nous cacher, et j'en suis très heureuse. J'aime que les gens sachent à quel point Luned est importante pour moi. Elle est mon monde. »

A ces mots, le cœur de Merlin se serra d'autant plus fort. Arthur et lui se connaissaient depuis bientôt quatre ans maintenant, mais ils n'avaient jamais été un couple – reconnu légalement ou pas. Les choses n'étaient pas comme ça entre eux. Ils avaient une destinée. Le destin les disait ensemble, mais pas romantiquement. Et Merlin était d'accord avec ça. Il n'avait pas besoin qu'Arthur l'aime. Ils prenaient soin l'un de l'autre, et Arthur ne le jetterait pas dehors pour quelqu'un d'autre. C'était suffisant.

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Le lendemain vit Arthur et Laudine partir à cheval pour faire le point sur la campagne autour de Camelot. Cependant, même si le prince prit la liste des dommages du jour précédant, il laissa Merlin derrière. Similairement, Laudine partie sans Luned.

A la place de suivre Arthur partout, Merlin reprit ses activités autour du château. Arthur lui avait laissé une liste de choses à effectuer. Il alla donc vérifier les progrès concernant le drainage du terrain d'entrainement et il passa aux travailleurs les instructions du prince. Il s'enquis de la date d'arrivée des armes qui remplaceraient celles abimées par la tempête auprès des Smith. Il parla également avec les servantes assignées à Laudine et Luned, afin de s'assurer que leurs invitées (?) n'avaient aucune complainte/ ou demande qui n'avaient pu être accomplie/.

C'est durant cette dernière tâche que Merlin rencontra Luned. Merlin venait juste de terminer de parler avec leur servante quand elle entra dans la pièce et le remarqua.

« Oh, Merlin, bonjour. »

Il s'inclina. « Bonjour. Avez-vous besoin de quelque chose ? »

Elle secoua la tête. « J'espérais te trouver cependant. » Merlin haussa un sourcil et elle rit. Elle commença son avancée dans le couloir et Merlin là suivit alors qu'elle parlait. « Je voulais te demander si tu t'étais confessé auprès du Prince Arthur. »

Merlin tourna la tête si vite qu'il entendit un crack dans son cou. « Si je quoi ? » Il bougea largement les mains, comme si ses grands gestes feraient disparaitre ce qu'elle venait de demander. « Qu'est-ce que vous voulez dire ? Je n'ai rien à lui confesser. »

A part sa magie. A par ses –

« Je prendrais ça pour un non dans ce cas. » Luned lui lança un sourire adorable, comme une mère à son enfant, et Merlin se senti soudainement tout petit. « Ce n'est rien dont il faut avoir honte Merlin. Aimer quelqu'un n'est certainement pas honteux. »

Merlin baissa doucement ses mains, le visage bouillant. « Est-ce que c'est si flagrant ? » demanda-t-il aux pierres sous ses pieds.

« Un petit peu. » Luned croisa ses mains dans son dos. Elle regardait à travers chaque fenêtre qu'ils dépassaient, comme si elle attendait le retour de son amour. « Tes actions sont un miroir des siennes. Tu n'hésites pas à l'embêter de la même manière qu'il t'embête. Tu ne portes pas ton regard sur autre chose que lui, et ton expression est toujours pleine de fierté, d'amour et de dévotion. »

Alors qu'ils descendaient un escalier, Merlin soupira. « Est-ce que vous pensez que tout le monde sait alors ? »

Luned hocha la tête. « Certaines personnes, je pense. Les gens de la ville vous voient comme une paire. J'en ai entendu certains accueillir le Prince Arthur, mais la plupart disaient 'Regarde ! C'est le Prince Arthur et Merlin !' » Son rire tinta comme une clochette. « Même ma servante parle de vous ainsi. Comme si vous étiez chacun la moitié d'un tout. »

Les rumeurs de couloirs. Elles se propageaient comme une peste qui n'avait pas de remède. Qu'arriverait-il si Arthur en entendait parler ?

« Je pense que tu devrais te confesser auprès d'Arthur. Il ne le fera pas en premier. »

« Pardon ? »

Luned s'arrêta devant une fenêtre, les rayons du soleil baignaient son visage et ses cheveux. « Laudine et moi avons pu être ensemble, et nous marier, seulement parce que j'ai fait ce premier pas. Si cela avait dû être de son fait, nous nous serions croisées et éloignées l'un de l'autre encore et encore toute notre vie … parce qu'elle est de noble lignée, et qu'elle était mon employeur. »

Merlin acquiesça. « Elle avait peur des rumeurs. »

« Non. » La voix de Luned était forte et ferme comme le revers d'une épée. « Parce que si elle l'avait dit la première, elle n'aurait jamais eu la certitude que j'étais avec elle parce que je ressentais la même chose. Elle se serait toujours demandé si j'avais accepté cette relation uniquement parce qu'elle avait le pouvoir sur moi. Et Laudine est seulement une comtesse. Arthur est un prince. Si tu l'aimes, et si tu veux poursuivre une véritable relation avec lui … Tu dois lui dire en premier. »

Si Merlin voulait d'une relation avec Arthur, il devait se confesser en premier.

L'idée resta coincée dans la tête de Merlin jusqu'à la fin de la journée. Il y repensa pendant qu'il nettoyait la chambre d'Arthur, qu'il faisait sa lessive et qu'il assistait Gaius. Luned ne pousserait pas Merlin à se confesser si elle n'avait pas vu la réciprocité de ses sentiments chez Arthur, n'est-ce pas ? Et les ragots du château devaient bien résulter de quelque chose non ?

Ce soir-là, Arthur resta silencieux lors du diner. Il faisait doucement tourner son vin dans son verre, le regard pensif et il mangea en petites quantités, son attention clairement autre part. Etait-il possible qu'il pense aux même choses que Merlin ? Envisageait-il une relation similaire à celle de Laudine et Luned ? Les imaginait-il ensemble ?

Lorsque Merlin termina de nettoyer la table après son diner, Arthur dit : « J'ai froid. Fais un feu. »

Etait-il en train de s'imaginer tenir la main de Merlin pendant qu'ils partageraient un repas ? Un vrai repas, pas l'un de ceux où Merlin s'amusait à lui voler sa nourriture quand il avait le dos tourné.

Quad le feu commença doucement à craquer, Arthur continua : « Il y a des tâches sur la fenêtre. Nettoie-là. »

Se demandait-il comment ce serait de se faire réveiller par un baisé chaque matin ? Plutôt que par des rideaux ouverts violement ?

Quand la fenêtre fut propre, Merlin prépara le lit d'Arthur pendant que celui-ci se déshabillait, laissant ses vêtements tomber sur le sol. « Ramasses-les, veux-tu ? »

Pensait-il à Merlin le soir ?

Après qu'Arthur ait enfilé sa chemise de nuit et que le sol fut débarrassé de tout vêtement, Arthur glissa dans son lit. Il regarda longuement Merlin alors qu'il éteignait les bougies une à une. « J'ai besoin de toi de bonne heure demain. Il y a encore beaucoup à faire avant que Lady Laudine ne parte. »

Souhaitait-il que Merlin reste autant que Merlin souhaitait rester ?

Mais Merlin ne resta pas, et Arthur ne lui demanda pas de rester.

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Voilà. Et un deuxième de posté ! N'hésitez pas à me laisser un petit mot, la suite est déjà en cours de traduction.

J'aime beaucoup voir les sentiments de Merlin éclore d'un coup alors qu'il les réprimait tant avant, qu'imaginez-vous pour la suite ?