Bonjour ! nouveau chapitre, un grand merci à aurel8611, l'ombre des larmes, Lou phoque, pouika, plume bleue 1,et Oohfemmeluxieuse pour vos gentilles reviews 3 ça me fait toujours super plaisir que mon histoire vous plaise :) J'espère que vous aimerez celui-ci aussi ^^. Encore merci, et sur ce, bonne lecture :


Chapitre 6 :

Il ne sut jamais combien de temps exactement il passa, ses yeux démesurément agrandis fixé dans le vide. Rogue ne disait rien, il lui laissa le temps de... Digérer peut-être, en tout cas c'est à cela que ça ressemblait.

Puis finalement son professeur l'interpella d'une voix calme :
-Monsieur Potter ?
Harry releva doucement la tête.
Quelque part au-dessus d'eux une troupe d'élèves se déplaça bruyamment.
-Ils sont morts ? Demanda-t-il encore d'une voix placide ( une voix qui ressemblait aux permises de ce que serait plus tard sa voix d'adulte), l'idée commençait à se frayer un chemin dans son cerveau.
-Oui. Répondit le Serpentard avec prudence.
-Pourquoi je ne m'en souviens pas ?

Un calme étrange régnait maintenant dans la salle de classe. Les lueurs des torches léchaient paresseusement les murs de pierre sans leur apporter de chaleur.
-Je n'en sais rien. Admit le sorcier.

Harry avala douloureusement sa salive, son regard fixé sur ses mains tremblantes jointes sur ses genoux.

Il avait peur, vraiment peur. Mais il ne pouvait pas l'avouer devant Rogue.
-Je vais vous amener à l'infirmerie, vous pouvez marcher ?
-Non je ne, je ne veux pas aller à l'infirmerie.
-Monsieur Potter ...
-Non ! S'il vous plaît . Ajouta-t-il dans un sursaut en croisant le regard féroce de son professeur.

Il détesta les inflexions geignardes et effrayées qu'avait prises sa voix.
-Monsieur Potter c'est l'heure du dîner et vous n'êtes pas du tout en état de vous y rendre.
-S'il vous plaît...Tenta-t-il à nouveau : Mes amis vont s'inquiéter...
Rogue lui lança un regard mi blasé, mi-outré qui signifiait clairement :
Est-ce que vous pensez réellement que je me soucie des tourments de vos petits camarades ?
-J'ai besoin de, j'ai besoin de réfléchir...

Il sentit une goutte de sueur glacée couler le long de sa colonne vertébrale. Il avait chaud.
-Potter. Je me doute d'à quel point la situation doit être effrayante pour vous. Nous allons trouver ce qui vous arrive d'accord ? Je dirais à l'infirmière que vous avez un peu de fièvre et juste besoin de repos.
Est-ce que Rogue essayait de se montrer...rassurant ?
-Et, le serpentard cracha la suite de sa phrase comme si elle lui brûlait les lèvres :
-Compte tenu de la situation je serai vraiment plus rassuré si vous passiez la nuit à l'infirmerie.
Il avait donné son maximum.
-D'accord. Abandonna le petit Gryffondor d'une voix vaincue.

Sa tête devenait vraiment lourde et il commençait à croire son professeur quand il disait qu'il n'était pas en état d'aller à la grande salle.
-Allez, levez-vous.
La chaise racla le sol quand il se mit sur ses jambes.
Tout tourner légèrement autour de lui mais il ne pensait pas avoir besoin du maître de potion pour marcher.

Ils parcoururent lentement le chemin des cachots jusqu'à l'infirmerie.
Ils ne croisèrent personne.
Seul le grondement d'un bruyant dîner leur apporta sa compagnie quand ils passèrent près de la grande salle.

Rogue s'était placé légèrement en retrait derrière Harry, le laissant marcher à son rythme.
Le Gryffondor lui ne s'était jamais senti aussi terrorisé.
Il regarda ses mains trembler sans rien pouvoir faire pour les arrêter.
Il avait horriblement envie de pleurer, mais il ne pleurait pas devant rogue.
Ça jamais.

Est-ce que c'est de ça dont parlaient le directeur et Mcgonagall ?
Est-ce qu'ils me présentaient leurs...condoléances ?

Un gémissement apeuré s'échappa de sa gorge et il plaqua violemment ses deux mains sur sa bouche en espérant que Rogue n'avait rien entendu.
Il était moite, moite et glacé.
Il se sentit partir en arrière. Le champ de coton dans sa tête s'était remis à fleurir.
-Attention ! Siffla Rogue entre ses dents en le stabilisant. Bizarrement il sentait la menthe.

-Harry ?

Ils venaient de tourner vers la gauche ( dernier tournant vers l'infirmerie) et devant lui non loin de la porte se tenaient Ron et Hermione.
-Harry ! On t'a cherché partout où tu ... Commença Ron avec soulagement. Il accourut vers lui suivit par Hermione. Ils s'immobilisèrent brusquement et les mots moururent dans leurs bouches en apercevant leur professeur de potions qui soutenait toujours leur camarade.

Ils se dévisagèrent pendant de longues secondes.

Harry ne pouvait rien dire ou faire, il n'arrivait plus à réfléchir.

Qu'est-ce que je fais là ? Fut la seule pensée qui réussit à l'effleurer brièvement.
-Monsieur Potter. Rogue qui portait maintenant la majeur parti de son poids le pressa à avancer.
-Harry, tout va bien ? Les yeux d'Hermione brillaient d'inquiétude.

Il aurait voulu parler, il savait qu'il devait dire quelque chose mais...
-Monsieur Potter va bien. Vous pourrez le voir plus tard. Intervient le maître de potion à l'attention des deux Gryffondors : -Dépêchez-vous Potter. Ajouta t-il pour l'enfant qu'il soutenait. Sa voix bizarrement avait l'air plutôt douce.

Ils se remirent en marche, les yeux du brun devenus pesants essayaient de se fermer .
Ses amis les regardèrent passer leurs visages débordant d'incompréhension.
-Ne tournez pas de l'œil. Avertit Rogue à son oreille.
Il aurait voulu lui dire que non il n'allait pas s'évanouir mais les syllabes refusèrent de forcer sa gorge.

Quand ils franchirent la porte de l'infirmerie ses yeux s'étaient totalement fermés. Sa température corporelle avait atteint quarante degrés et Rogue le portait complètement.

Il était tard, mais bien sûr Albus était dans son bureau.

Le directeur des serpentard avait laissé quelques instructions à madame pomfresh.
Potter était installé, en pyjama, dans le lit le plus éloigné de la porte. La sorcière lui avait donné un peu d'intimité en tirant autour de lui les rideaux blancs qui entouraient le couchage.

Severus avait répondu à ses nombreuses questions, et même si pour lui le malaise de Potter venait à coup sûr du choc violent qu'il avait eu en découvrant la mort de sa tante et son cousin ( et peut-être aussi la vision de cet horrible souvenir...)
Il ne dit rien à l'infirmière.
Elle était inquiète et même s'il était dur pour lui de l'admettre, il l'était aussi.

-J'ai pratiqué la legimmencie sur Potter. Déclara-t-il sans préambule.
Le bureau de Dumbledore était chaleureux et sûr les murs le camaïeu bleu de la nuit se battait avec l'orange coulant des lampes à huile.
-Eh bien... Comment en êtes-vous arrivé là mon cher ? Le vieux sorcier n'avait pas l'air surpris.

Severus était resté debout, Albus assis à son bureau croisa ses doigts pour poser dessus son menton.
-Je l'ai trouvé désorienté dans un couloir. C'était la troisième fois qu'il m'apparaissait aussi... En détresse. J'ai vraiment craint un complot des mangemorts, ou pire...

Il laissa sa voix mourir et son regard se perdit quelque part au fond de la pièce. Sa main droite passa dans ses cheveux d'un geste tendu.

-Et maintenant ?
-Maintenant je ne le crois plus.
Il reporta son attention sur le directeur :
-Il avait oublié le décès de sa tante et de son cousin et à mon avis il en a oublié beaucoup plus.
-Comment c'est possible ? Le vieux sorcier semblait se parler à lui-même.
-Il a dû se passer quelque chose de grave pendant cet été. J'ai vu un souvenir, un souvenir lié à son oncle.
-Ce souvenir jetait-il une lumière nouvelle sur sa disparition ?
-Je n'en sais rien. Son visage se renfrogna en une grimace dégoûtée :
-je l'ai vu jetant une assiette sur Potter, le blessant. Il l'accusait de vouloir l'empoisonner.

Est-ce l'imagination de Severus où le regard du vieux mage s'était assombrit?
-Par Merlin...Il paraissait vieux : Qu'a dit Harry?
-Que ce n'était pas un souvenir à lui.
-Et ça l'était ?
-Indubitablement.
D'une boîte à dorure posée sur une bibliothèque s'éleva soudain un cliquetis.
Albus soupira.
-Vous allez l'aider ?

Le sorcier faillit s'étrangler :
-Moi ?! Vous ne trouvez pas que j'en ai assez fait ?!
-Assez je ne sais pas... Mais j'ai l'impression qu'à l'heure actuelle vous êtes le plus qualifié pour aider le jeune Potter. C'est un enfant severus.
-Je sais que c'est un enfant !

Il jeta au directeur une œillade courroucée.
Si aider Potter n'était pas forcément une motivation suffisante ( il ne n'irait pas que le souvenir dont-il avait été témoin était choquant. Mais il était espion et il avait vu la guerre. Il en avait vu d'autres.) le mystère lui... Oui, il voyait Potter comme une énigme, un bon gros problème à résoudre et ça c'était plutôt intéressant.
-Je vais faire ce que je peux... Obtempéra-t-il finalement.
Un doux sourire éclos sur le visage du directeur :
-Merci mon ami.
Severus lui ne put que grimacer.

Quand Harry se réveilla tout autour de lui était noir et il aurait pu être saisi d'une bouffée de panique s'il ne s'était pas senti aussi dans les vapes.
Ou je suis ?

Votre tante et votre cousin sont morts

Les mots de son professeur détesté lui revinrent avec la force d'une gifle. Sa respiration devient précipitée.
L'infirmerie.
Il était à l'infirmière et Pétunia et Dudley étaient ...

Morts. Comme ses parents.

À nouveau une plainte déchirante franchit ses lèvres.
Des larmes brûlantes jaillirent de ses yeux pour couler vers son oreiller.
Il avait peur. Vraiment peur, même le brouillard de son réveil ne pouvait éloigner ce sentiment d'horreur grandissante.
Il avait l'impression qu'un trou noir et béant s'était ouvert sous ses pieds menaçant à tout instant de l'avaler.

Et ce souvenir... Avait-il vraiment vécu ça ?
Vernon ne l'aimait pas bien sûr mais jamais, jamais il n'avait levé la main sur lui mais...
L'assiette. Oui il croyait se souvenir quand l'assiette s'était écrasée contre son visage et

Et après je suis monté, je me suis arrêté aux toilettes et j'ai pris du papier pour arrêter le saignement de mon crâne et de mon nez. Le nez a vite arrêté de saigner mais le crâne ...
Oui ça avait pissé le sang.

Il se souvenait de la boule de papier toilettes gorgée de liquide poisseux et terriblement tiède qu'il pressait contre son front.

Il s'était mis en position assise son buste légèrement penché entre ses genoux relevés.
Ses pleures redoublèrent en inondant ses joues et son souffle bientôt se réduisit en un pathétique hoquet de désespoir.

Qu'est-ce qui m'arrive ? Qu'est-ce que j'ai ... Ce n'est pas possible...

Morts.

Parmi la rivière salée se déversant sur les draps une goutte bien ronde, rouge, s'écrasa en attirant son attention.

Du sang ?

Il cligna plusieurs fois des yeux et approcha son doigt. Il n'avait pas ses lunettes mais oui... C'était du sang.
D'où ça ...
De son crâne.
Là où j'ai reçu l'assiette...
Il en était sûr. Non il le savait.

Et ses pleures redoublèrent de façon hystérique. Il pressa sa main pour endiguer l'afflux sanguin mais déjà un ruisseau chaud et écœurant se répandait en couvrant son œil pour maculer le drap comme de l'encre.
Il gémit encore. Il ne pouvait pas s'arrêter.

J'aurais dû faire ça il y a des années...

Cette voix.

À nouveau il avait chaud, la fièvre était revenu. Une torpeur agréable se diffusa dans son cerveau, apaisante, merveilleuse.
Non !
Sans savoir pourquoi, il sentait que s'il se laissait envahir par cette torpeur il oublierait.
Alors seul sur son lit d'infirmerie le visage barbouillé de sang et de larmes il lutta. Il lutta pour s'ancrer, pour se souvenir. Même si ça faisait mal.

J'ai peur...

Une lumière apparue dans le fond de la pièce, suivit bientôt de bruit de pas rapide et chuintants.
Brusquement les rideaux autour de lui s'écartèrent.
-Monsieur Potter ! Que ce passe...Par Merlin !
L'infirmière en robe de chambre matelassée et bonnet de nuit plaqua une main sur sa bouche.

Harry releva sur elle son visage bouleversé. Il avait l'impression de brûler.
-Que s'est-Il passé ? Chuchota-t-elle horrifié.
-Je ne, je ne sais pas... Il avait tellement chaud et il avait du mal à l'entendre. Si seulement cet horrible bourdonnement pouvait s'arrêter.

Il ne sut jamais ce qui se passa ensuite.
Il s'était évanoui.


Merci de votre lecture :)