Titre : La Colocation
Auteur : Damoiselle A.
Résumé : Alice est ma meilleure amie et accessoirement mon ex-belle-sœur. Lorsqu'elle propose de réunir nos familles monoparentales dans une colocation familiale, j'accepte avec plaisir… Je ne savais pas que je rencontrerais ainsi mon amant d'un soir. BS/JW
NDA : Cette mini-fiction a été écrite pour le concours de Mini-Fic ~ I Would Never Forget This Night. Je déclare avoir l'âge requis pour participer à ce concours.
J'ai choisi : Bella/Jasper (Ça pour une surprise, c'est une surprise ! xD)
Disclaimer : Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer et je ne fais que m'amuser avec eux.
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LA COLOCATION - PARTIE 3
Alice nous réveilla le lendemain matin avec tambours et trompettes. Elle s'occupa du petit déjeuner tandis que nous passions chacun notre tour dans la salle de bain. Après avoir bu mon deuxième café, je pus enfin comprendre la raison d'une telle agitation un week end. Alice avait prévu de faire visiter l'appartement pratiquement refait aux enfants. Nous partagerions les chambres, question ô combien problématique et irions manger par la suite au restaurant. Pour nous tous, c'était jour de fête.
Le petit déjeuner se passa dans une atmosphère joyeuse. Nous étions biens, nous occupant des uns et des autres. Une certaine familiarité commençait à s'installer. Nous fûmes près peu avant l'heure du déjeuner. Nous embarquâmes dans deux voitures, Alice d'un côté avec les filles, et Jasper, Mathis et moi dans l'autre voiture. Norah avait finalement décidé qu'elle préférait la compagnie de Leah à celle de son père.
Alice nous mena jusqu'à l'appartement, extrêmement fière et attentive aux réactions de tous. Nous passâmes le seuil de la porte et nos mâchoires se décrochèrent. L'appartement était à présent sur deux niveaux. Au rez de chaussé se trouvait une entrée qui donnait dans un salon-salle à manger ouverte sur une cuisine américaine aménagée. Le tout était résolument lumineux et très gai. Alice avait choisi des couleurs vives qui donnaient envie de rire. On avait également aménagé une première salle de bain avec WC. A l'étage toutes les chambres étaient présentes, soit six au total plus une salle de bain et un autre WC.
La partition des espaces se fit sans problème. Les chambres étaient de taille semblable, sauf l'une d'elle qui était un peu plus grande. Il fut décidé que ce serait la chambre de Leah et Norah. Mathis élit la chambre à l'opposé de la mienne et Jasper choisit celle qui était à côté. Alice et Emily se chamaillèrent pour le choix des deux dernières chambres. Le litige se résolut après une bonne pizza.
Nous reprîmes la route dans une bonne ambiance. Mathis et moi déposions Norah et Jasper chez Alice pour qu'ils puissent reprendre leur voiture et rentrer chez eux. Nous nous quittâmes avec bonne humeur, nous promettant de nous revoir dès le lendemain à l'école de Norah, Mathis et Leah.
Quand nous fûmes seuls dans la voiture, mon fils esquissa un sourire heureux.
- On va être bien, hein, maman ?
Après toutes les émotions et tous mes doutes, j'en aurais pleuré de joie.
Emmett arriva le premier, Rosalie étant partie à l'appartement de Jasper pour remplir le second camion. Alice avait fait appel à Edward et à ses ex compagnons. Mathis souhaita nous aider en portant ses cartons de jouets. Depuis quelques temps, il avait repris un visage plus serein sans que je puisse en comprendre la raison.
Notre camionnette fut remplie en très peu de temps : nous n'avions gardé que le strict minimum. Alice avait insisté pour mettre en commun le mobilier des salles communes. En effet aucun de nos anciens meubles n'étaient vraiment adapté à un appartement aussi grand. Nous avions donc vendu les meubles de salon et de cuisine, pour garder les bureaux, les lits et les armoires démontables.
Alice avait prévu une organisation hors du commun pour ce grand jour de déménagement. J'étais la première à pouvoir me garer sur la place qu'elle avait réservée à cet effet. Elle semblait encore plus excitée que d'ordinaire.
- Edward et Demetri arrivent, annonça-t-elle tandis que je sortais de la camionnette à la suite de Mathis.
- On s'en est sorti avec Emmett, protestai-je.
- Et alors, ils monteront les meubles pendant que nous irons boire le café dans notre nouvelle cuisine.
J'éclatai de rire face à son sourire diabolique. Alice maîtrisait sur le bout des doigts son organisation. Je n'avais jamais eu l'occasion de la voir à l'œuvre, mais il était très clair qu'elle s'éclatait à donner des ordres à tout le monde, à réprimander Edward pour ses soupirs et à encourager Demetri avec des sourires. Mon tout nouveau lit fut monté en un rien de temps, tout comme lit de Mathis que son père mit un point d'honneur à monter… à l'envers.
Jasper arriva sur ces entrefaites.
- Alice ? Appela-t-il de l'entrée. Il y a encore une camionnette là où je devais garer le camion. Rose est partie faire un tour du quartier pour ne pas bloquer la rue.
- J'arrive, hurla-t-elle du fond du couloir, avant de grogner à la suite d'un bruit de chute.
- Alice ? M'enquis-je inquiète.
- Je vais bien, tu ne veux pas aller secouer les puces d'Emmett pour qu'il aille garer la camionnette à mon appartement ? James doit l'y attendre…
- J'y vais, dis-je en posant le torchon qui me servait à nettoyer mon armoire.
Jasper se tenait dans l'encadrement de la porte, le sourire aux lèvres, les yeux rieurs. Il était sublime et je mis quelques secondes avant de reprendre le contrôle de mon cerveau. Je trouvais Emmett dans le local poubelle en train de compacter les cartons qui avaient servi au déménagement. Il partit en maugréant après un certain lutin diabolique. Rose put se garer et Norah sauta au cou de son père avant d'aller découvrir la chambre de Mathis avec mon fils.
Nous commençâmes à décharger les cartons de Jasper pour aller les poser dans les chambres. Nous entendîmes un cri horrifié. Pensant immédiatement à Alice, je me précipitai. En réalité, Edward se tenait la main la secouant en tous sens en hurlant. Sa voix ressemblait étrangement à celle de sa sœur. Sans pouvoir m'en empêcher j'éclatais de rire, alertant toutes personnes présentes.
- Tu m'imites extrêmement bien, railla Alice après avoir calmé son fou rire. Je ne te connaissais pas ce talent…
- Il doit y en avoir une qui connaissait cette voix, sous entendit un Demetri souriant en me regardant dans les yeux.
Sa blague ne fit rire personne, je vis Jasper contracter sa mâchoire, Alice regarder Demetri comme s'il était le comique le plus vaseux de l'histoire du monde tandis qu'une expression interloquée se peignait sur mon visage. Mathis et Norah nous sauvèrent de cette situation dramatique en entrant dans la chambre.
- Papa, il est monté mon lit ? Demanda mon fils avec innocence. Il est encore à l'envers ?
Nous regardâmes donc la statue d'art contemporain qu'était devenu le lit de mon fils. Un seul regard nous suffit, et j'éclatai de rire avec Alice. S'il y avait bien une chose pour laquelle Edward n'avait aucun talent c'était bien le bricolage.
Le klaxon du camion de chargement d'Alice nous tira de nos rires. La journée était loin d'être finie…
Il était huit heures du soir, les amis qui nous avaient donné un coup de main étaient repartis. Emily, Leah, Norah et Mathis découvraient encore leurs chambres. Tous les meubles avaient été montés et nous avions été livrés en fin d'après-midi pour les meubles du salon et de la cuisine. Le dîner avait été commandé, et aucun de nous n'arrivait à bouger le petit doigt du long canapé commandé par Alice et encore emballé dans du papier bulle.
- Sacrée journée, souffla Jasper.
J'acquiesçai d'un gémissement en même temps qu'Alice. Nous nous sourîmes, complices. Nous entendions les enfants parler à l'étage. L'atmosphère était calme, et je sentais une certaine sérénité descendre en moi.
- Bien, jeta Alice, en se redressant. Pour bien commencer cette nouvelle vie, nous allons lire nos horoscopes !
Je faillis gémir, de dépression cette fois. Alice avait découvert une superbe application sur son Iphone : on entrait la date de naissance d'une personne et le signe astrologique zodiacal et chinois s'affichaient. Un bref horoscope de la journée était donné.
- Quelle est ta date de naissance Jasper ? Questionna ma meilleure amie en sortant son portable.
- 16 août 1984… Répondit Jasper avec l'air de quelqu'un s'attendant à tout, mais surtout au pire.
- Tu es… Tigre ! Tu te rends compte ! Tes signes compatibles se trouvent dans l'année du singe. Et tu sais quoi ? Bella et moi sommes de l'année du singe ! Incroyable non ?
Au vu de l'expression de Jasper, cela ne lui paraissait pas si incroyable. Alice s'extasiait sur sa découverte, comparant nos signes et nos horoscopes du jour. Je l'entendis à peine babiller, tandis que Jasper égarait l'une de ses mains contre ma jambe.
Le bruit de l'interphone nous fit sursauter. La cavalerie descendit au galop pour profiter du repas commandé. Je sentais le regard de Jasper sur moi. Lorsque je parlais, m'occupais des enfants ou encore mangeais. C'était presque gênant. Presque.
Au fond de moi, quelque chose était en train de se consumer. Cet homme était juste parfait. Je ne le connaissais pas, j'allais apprendre à vivre avec lui, et je sentais qu'il me faisait vibrer. Mon corps le réclamait. J'avais envie de me blottir contre lui, et parfois cette impulsion prenait le pas.
Je finis par me raisonner. Je couchais Mathis et passais le bonsoir aux filles. Notre nouvelle maison était loin d'être totalement prête mais on avait déjà fait beaucoup. Demain serait la première journée de rangement avec les enfants. Lundi était jour de congés pour les parents et dernière ligne droite de l'emménagement.
Dans mon lit, mes pensées se mirent à valser. Les sourires de Mathis face à ce nouvel environnement, la considération que Norah m'accordait petit à petit, les délires d'Alice… Les regards de Jasper. Ces yeux qui me suivaient partout. Ce corps dont j'avais envie et besoin. Seule, je pouvais me l'avouer : j'étais en train de tomber amoureuse de Jasper Whitlock.
Après plusieurs minutes à tourner dans mon lit pour réussir à trouver une place, je m'endormis. Mes rêves étaient peuplés d'enfants rieurs et d'entente cordiale. Jusqu'à ce quelque chose me touche. Dans la réalité. J'émergeais rapidement. Cela pouvait être Mathis qui faisait un cauchemar. Il me semblait que je dormais depuis quelques minutes.
Lorsque j'ouvris les yeux, je m'aperçus –notamment grâce à l'aide de mon radio réveil- que je dormais depuis plus de deux heures et que la main qui reposait sur ma taille n'était certainement pas celle de mon fils. Un soupir de bien être me fit me retourner.
- Jasper ? Chuchotai-je surprise.
- Hmm ? Fut tout ce que j'obtins comme réponse.
- Peux-tu m'expliquer ce que tu fais dans mon lit ?
Je distinguais un froncement de sourcil dans la pénombre. Ma question ne lui plaisait pas.
- J'avais froid… J'étais seul… Tu me manquais, répondit-il d'une voix douce au creux de mon cou. Je voulais juste dormir avec toi. Je partirai avant le réveil des enfants.
Je mis ma réponse sur le compte d'une horrible faiblesse. Je me retournais pour pouvoir mieux me blottir contre lui et respirer son odeur.
- Parfait, soupirai-je avant de me rendormir.
Je me réveillai sous le baiser d'un homme. Je souris de contentement. Cela ne m'était pas arrivé depuis ce qui me semblait une éternité. J'étais bien, au chaud et apparemment aimée, du moins appréciée et certainement désirée.
- Je dois y aller, marmonna Jasper en frottant son nez contre mon cou, j'ai entendu les premiers signes de réveil.
Je soupirai de mécontentement avant de me laisser aller. Je devrais terminer ma nuit, seule. Je me rendormis, la tête enfouie dans l'oreiller de Jasper, entourée par son odeur.
Alice me sauta dessus et se fut le deuxième réveil le plus pénible du monde.
- Allez Marmotte, il est neuf heures et c'est le petit déjeuner. On doit encore installer tout le monde ! Et déballer notre beau salon. Debout !
Je grognais, contrariée d'avoir dû quitter mon rêve dans un moment si parfait. Je me levais péniblement, me traînant jusque dans la cuisine où tout le monde était déjà rassemblé. Alice avait eu la main heureuse sur les proportions de la table. Avec nous tous autour et sans rallonge, il restait une place. De quoi avoir un invité peut être ?
- On fait quoi aujourd'hui ? Questionna Norah à la cantonade, les moustaches de lait bien dessinées autour des lèvres.
- Aujourd'hui on range, répondis-je avec un sourire.
Le sourire n'y fit rien, je récoltais des grimaces.
- Mais si vous nous aidez bien, et que nous avons avancé ce matin, il y aura une surprise après le goûter, révéla Alice en mystifiant tout le monde Jasper et moi les premiers.
Mon regard avait coulé vers l'homme de la maison. Même au réveil, il restait beau, voir attendrissant.
Nous passâmes la matinée et une bonne partie de l'après-midi à ranger et à faire le ménage. Alice s'occupa de la décoration sous nos commentaires à tous. Nous changeâmes les fauteuils de place au moins vingt fois. Ma meilleure amie se déclara satisfaite en constatant qu'il ne nous resterait plus qu'à faire les premières véritables courses de la maison et à ranger le linge et la vaisselle.
Les chambres des enfants étaient propres, rangées, les boîtes recelaient des vraies merveilles et ils avaient chacun leur espace pour travailler et reprendre l'école dans de bonnes conditions. Effectivement les chambres des adultes paraissaient nues à côté, mais la décoration pouvait attendre encore un peu.
Nous prîmes le goûter avec les enfants, détendus et souriants. Étrangement il était plus simple de gérer à trois ce petit groupe hétéroclite, que de gérer seule un enfant. Je me sentais épaulée par Jasper et Alice. Nous avions vite constatés que nous avions les mêmes principes éducatifs avec nos enfants, mis à part quelques bricoles. Jasper n'avait jamais eu à mettre l'accent sur la propreté à table avec Norah alors que Mathis pouvait être un vrai goinfre quand il le voulait.
Somme tout nous nous accordions assez bien. Et le sourire qui s'afficha sur le visage d'Alice me fit frémir intérieurement. Qu'avait-elle inventé ?
- Bien pour clore cette journée je vous propose : une virée en rollers !
Des applaudissements se firent entendre dans la cuisine.
- Mais Alice, Norah et moi n'avons pas de rollers, nia Jasper d'un air désolé.
- Nous n'en avons pas non plus, lui répondit-elle avec le sourire. Mais il y a un cours de rollers dispensé dans le parc et on peut en louer. Ce sera notre première sortie en tribu !
Ni une, ni deux, chacun se leva de table pour aller placer sa vaisselle dans l'évier, geste indispensable pour la survie des trois parents que nous étions. Les enfants montèrent les marches deux à deux, pressés de sortir. Le plus étonnant fut de voir notre adolescente si souvent blasée se mêler à nos activités.
- C'est une super idée Alice, souris-je en remplissant le lave-vaisselle.
- Je sais, je suis géniale, rétorqua-t-elle en me passant un verre tandis que Jasper l'arrosait avec la mousse qui reposait dans l'évier.
J'aurais dû me douter que le roller n'était pas spécialement une bonne idée pour moi. Mais les enfants, Alice, Jasper… tout le monde était enchanté. J'avais suivi sans me poser de question. Nous avions réussi à louer des rollers pour tout le monde et à nous inscrire pour le cours qui commençait.
Emily, Leah et Jasper savaient très bien en faire. Alice tenait debout en équilibre tout comme Norah et Mathis. Pour ma part, j'avais une trouille bleue de me relever et qu'on me lâche dans la nature avec ces choses aux pieds. Et ce malgré les encouragements de ma nouvelle tribu.
Jasper eut finalement pitié de moi et demanda à Alice de prendre les enfants avec elle et le reste du groupe pour suivre le cours. Il s'approcha doucement de moi et avec un sourire me tendit les bras. J'attrapais ses mains, hésitante. Il me tira à lui d'un bond et je fus debout et –ô miracle !- en équilibre.
L'heure qui suivit fut à marquer dans ma mémoire. Jasper se fit le plus patient des professeurs et après m'avoir expliqué et montré les bases du roller, il m'amena vers le groupe qui pratiquait des exercices d'échauffement sous la houlette du professeur. Je pris petit à petit confiance en moi. Jasper n'était jamais loin et je tenais de mieux en mieux. Nous tentâmes une ballade dans le parc en famille après le cours.
Alice partit devant avec Emily tandis que nous fermions la marche pour surveiller les petits.
- Tu vois, me démontra Jasper, il n'y rien de compliqué dans le roller.
- Mmmh… Personnellement j'attends encore la chute, riais-je en le regardant.
Son visage se tordit dans une grimace et mon cerveau me fit la réflexion que ce serait une bonne idée de regarder où j'allais sur ces engins maudits. Un belvédère apparut dans mon champ de vision. Il se rapprochait de plus en plus de moi et je sentais que je n'arriverais pas à l'éviter. Je tentais de freiner mais c'était l'une des choses que je n'avais pas bien retenue…
Le choc fut moins rude qu'on pourrait le croire. Je restais sonnée un petit moment, avant de revenir complètement à moi sous le rire d'Alice qui s'était rapprochée, inquiète pour moi. Et forcément dans ces moments-là plus la personne a eu peur, plus elle rit et vexe le maladroit qui est tombé…
Jasper décréta l'état d'alerte pour toute notre petite tribu et nous rentrâmes à la maison. Ils me firent m'allonger sur le canapé, Mathis se plaçant de telle façon que je puisse poser ma tête sur ses genoux. Jasper m'apporta une aspirine avec un sourire. Alice n'arrêtait pas de s'excuser alors qu'elle n'y était pour rien.
- Je ne suis pas morte, soupirai-je excédée, je vais juste me reposer.
- D'accord, mais on reste, déclara ma meilleure amie d'un ton solennel.
Emily s'installa dans l'un des fauteuils avec son NetBook. Alice la rejoignit dans le second fauteuil avec son Mac. Leah, Norah et Jasper se placèrent autour de la table basse pour jouer au jeu des sept familles. Je ne cherchais plus à dissuader quiconque.
J'étais en sécurité. Et je m'endormis.
A mon réveil, les enfants nous aidèrent à faire la cuisine. Nous concoctâmes des pâtes carbonara, véritable délice des petits et des grands. Le repas fut plus rapide que le précédent, chacun étant fatigué et désirant aller dormir. J'aidais les plus petits à préparer leurs affaires pour le lendemain tandis que Jasper faisait répéter sa leçon à Leah et qu'Emily essayait de négocier une mauvaise note avec sa mère.
Nous couchâmes les enfants à une heure raisonnable et nous nous écroulâmes dans les délicieux fauteuils du salon, une tasse de thé à la main.
- Bien, je crois que nous pouvons fêter notre succès ! Révéla Alice avec un grand sourire.
Nous trinquâmes avec des yeux lumineux. Nous fîmes un débriefing complet de la journée, expliquant aux autres les particularités de nos enfants, de leurs grands-parents, de leurs qualités et hélas aussi, de leurs défauts. Nous nous mîmes plus ou moins d'accord sur une ligne de conduite, dès qu'un conflit dépassait un des colocataires, il fallait laisser le parent gérer la crise.
Nous conclûmes sur de brèves embrassades et Alice nous quitta pour aller se coucher. Nous avions réussi la partie emménagement et les premières heures de vie commune, restait à gérer tout le quotidien. Mais demain nous rendait enfin optimistes.
En voyant le regard de Jasper s'éterniser sur mon corps, je souris en déclarant :
- Je vais me coucher.
- Très bien, me répondit-il en se levant à son tour.
Il me suivit dans les escaliers et j'étais secrètement déçue qu'il ne tente rien. Ma déception fut de courte durée. Jasper se précipita à ma suite dans ma chambre pour m'embrasser à perdre haleine. Nous nous retrouvâmes emmêlés, épuisés et heureux sous ma couette.
Pour la seconde fois, il s'endormit sur l'un de mes oreillers.
Le lendemain fut idyllique. Je pus, pour la première fois depuis des mois, faire une grasse matinée. Jasper avait convenu de s'occuper des enfants ce matin-là, nous permettant de dormir un peu plus. Il avait même préparé le petit déjeuner, et comble de la joie, j'eus droit à un bref baiser avant qu'Alice n'entre dans la pièce.
Je me sentais comme une adolescente. Je craignais d'être prise sur le fait avec Jasper dès que nous étions à la maison. Mais cela avait un attrait certain. Toute cette adolescence que je n'avais pas vécue, amoureuse et pressée de mûrir comme je l'étais, je la rattrapais maintenant. J'étais mère, professeur, belle-fille, meilleure amie… Et adolescente attardée dès qu'il s'agissait de lui.
Nous avions rangé la maison, et fait les courses… à trois. Et cela changeait toutes nos vies. Nous étions partis en souriant de la maison. Nous avions pris deux caddies au lieu du panier habituel, et nous nous étions lâchés sur les produits de première nécessité. On avait également réussi à empêcher Jasper de s'emplâtrer dans une pyramide de bocaux. Nous avions partagé la note en trois et ranger les courses en se battant.
De vrais gamins. Nous avions trente ans, nous étions parents, et nous rattrapions quelque chose. Nous avions une échappée belle sur la vie.
Nous avions fait honte à nos enfants respectifs à grands renforts de baisers à la sortie de l'école. Les autres parents nous regardaient d'un œil critique. Je devais admettre que nous avions vraiment l'air d'une bande d'ados attardés. Et les enfants n'avaient pas si honte qu'ils voulaient bien le dire… Au fond je voyais bien que Mathis était fier d'avoir une maman pas comme les autres.
Et j'en étais assez fière aussi. Jusqu'au lendemain soir. Nous avions repris nos boulots respectifs. Jasper devait être de bonne heure au journal, nous avions donc emmené Norah à l'école à sa place. Alice avait filé rejoindre ses plans chéris, et j'étais partis enseigner à des trublions adolescents.
Etrangement je m'étais sentie plus proche d'eux que jamais. Je comprenais leurs angoisses, leurs problèmes. Je crains même d'avoir donné un peu moins de devoirs que d'ordinaire pour permettre à deux de mes élèves qui se tournaient autour depuis quelques temps d'aller au cinéma ensemble…
J'étais rentrée à la maison. Dans une vraie maison. Je n'avais plus connue cela depuis Edward. Une maison où quelqu'un d'autre que mon fils m'attendrait, et s'inquièterait de savoir si j'allais bien. J'étais sereine, sur mon petit nuage. Alice devait aller chercher les enfants. Je faisais le ménage du petit déjeuner lorsque la sonnette retentit. Lorsque j'ouvris la porte je faillis gémir de contrariété.
- Bonsoir, me salua Edward, avec une voix légèrement rauque.
Je connaissais toutes les teintes et nuances de sa voix. Il y avait deux alternatives possibles : soit il manquait de femmes dans sa vie, soit il tentait une opération séduction afin d'obtenir quelque chose de moi. Je ne savais pas laquelle de ces hypothèses je détestais le plus.
- Bonsoir, tu es en avance ? Reprochais-je en lui prenant son manteau.
- Oui, désolé, je voulais discuter avec toi.
Je me pris mentalement la tête dans mes mains. J'en étais sûre. Et une autre dispute en perspective.
- Très bien, mais je dois faire du ménage pour le goûter des enfants, alors si tu permets, on discutera dans la cuisine.
- Bien sûr, assura-t-il avec empressement.
Si je ne m'étais pas retenu j'aurais levé les yeux au ciel. J'entrepris de mettre la vaisselle dans la machine tandis qu'il s'attablait.
- Tu veux un truc à boire ? Demandai-je en essayant d'être polie.
- Non merci, me répondit-il en s'éclaircissant la gorge. Je sais bien que notre dernière discussion s'est mal passée, mais…
- Oui ?
- J'ai discuté avec des parents d'élèves de l'école de Mathis…
- Tu as fait quoi ? Questionnai-je surprise en me retournant vers lui.
- J'ai parlé avec les parents des amis de Mathis… En fait ils m'ont appelé pour savoir pourquoi leur fils ou fille leur parlait de « faire le ménage à trois ».
J'hésitais entre éclater de rire et frapper Edward.
- Et alors ? Dis-je en ne retenant pas un sourire.
- Et alors ? Je n'accepterais pas cela longtemps….
- Tu veux dire que c'est une menace ? Grondais-je en m'emparant d'un torchon.
- Je te préviens juste que je serais prêt à tout pour protéger mon fils.
- Mais enfin Edward… Tu sais bien que nous sommes en colocation, pas en ménage à trois.
- Je ne veux surtout pas le savoir, mais si cela a une quelconque influence sur Mathis…
Calmement, pour m'empêcher de lui envoyer un vase à la figure, je passais un coup d'éponge sur la table. Je m'efforçais de respirer calmement. Nous entendîmes la porte d'entrée claquer.
- C'est moi, claironna Jasper dans l'entrée. Alice arrive, elle se gare… Précisa-t-il en entrant dans la cuisine.
Il fronça les sourcils en voyant la scène que nous lui présentions Edward et moi. La tension était palpable. Elle se poursuivit malgré l'arrivée tonitruante d'Alice et des enfants. Ils se figèrent devant nous. Je fusillai mon ex-mari du regard.
- Jasper ? Demanda Alice. Pourrais-tu déchausser les enfants, les emmener en haut et les préparer pour le goûter ?
- Bien sûr acquiesça-t-il en prenant mon fils et Leah par la main.
A peine furent-ils sortis de la pièce, qu'Alice se mettait à crier.
- Edward Anthony Cullen, tu vas me dire quelle connerie tu as encore fait !
- Moi ? s'exclama Edward, son visage affichant un air de déroute complète.
- Bella est en pétard, vu l'état cotonneux de bonheur absolu dans lequel elle était ce matin, j'en déduis que cela avait un lien avec toi… Alors ?
- État cotonneux ?
- Écoute Edward, commença Alice en défaisant sa veste, que ça te plaise ou non, je n'ai jamais vu Bella sourire comme ça depuis ses vingt ans. Elle est heureuse avec nous. Je ne sais pas ce que tu as pu dire, mais soit tu t'excuses, soit je te botte le cul.
- Alice, tu parles à ton frère, dit-il en haussant le ton.
- Que tu sois mon frère ne change rien au fait qu'aujourd'hui tu sois un con.
La tête de poisson hors de l'eau que nous offrit Edward était sans prix.
- Il a parlé avec les parents de l'école de Leah, Mathis et Norah, et ils pensent que nous sommes en ménage à trois. Il a menacé de tenter quelque si cela perturbait Mathis, résumais-je rapidement à ma meilleure amie, me préparant à l'explosion imminente.
- En plus d'être un con, tu deviens un salopard !
- C'est de ma faute peut être si vous êtes sujettes à la critique ! Et puis je t'ai déjà dit de ne pas me parler comme ça !
- Ce n'est pas parce qu'il sont nombreux à nous critiquer qu'ils ont raison ! Attends un peu que j'en touche un mot à maman, tu vas voir… Tu me déçois profondément Edward. Tu veux que je te dise ? Si tu es malheureux maintenant ce n'est ni à cause de Bella, ni à cause de Mathis, ni à cause de tes conquêtes toutes plus connes les unes que les autres, non c'est de ta faute. Uniquement. Tu vivais avec deux joyaux, ton fils et ta femme et tu as tout foutu en l'air. Alors maintenant bouffe toi les rognons, mais viens pas cracher sur le bonheur des autres !
Edward se contenta de lancer un regard noir à sa sœur.
- Il n'y a que la vérité qui blesse, ajouta-t-elle tandis que les enfants descendaient.
- Mathis, on y va ! Aboya Edward dans l'escalier.
Mathis descendit avec son sac et son cartable, aidé par Jasper. Edward arracha le sac de son fils des mains de Jasper tout en fusillant Alice du regard. Nous les suivîmes dans l'entrée. Celle-ci crut bon d'ajouter :
- Tu veux une autre vérité ? Ce n'est pas comme ça que tu récupéreras Bella, siffla-t-elle.
Cela eut le don de glacer Edward et Jasper. Je soupirais. Si seulement Alice n'avait pas prononcé sa dernière phrase… Elle embrassa Mathis, il dit au revoir à Jasper, et vint chercher un câlin dans mes bras.
- Bon week end mon chéri, lui souhaitais-je avec un sourire.
- On discutera dimanche ? Me demanda mon fils d'une petite voix.
- Je serais toujours là si tu veux parler mon cœur, lui assurai-je en l'embrassant.
Edward partit encore plus furieux qu'il était venu. Je laissais Alice fulminer contre lui le reste de la soirée, tout en m'occupant des devoirs des enfants tandis que Jasper faisait semblant de terminer un article. Je l'observais du coin de l'œil, serrer et desserrer sa mâchoire sans taper une seule ligne.
Une remarque de Norah l'émut pourtant. Elle se tenait devant nous juste avant d'aller se coucher. Elle souffla doucement :
- Ça fait bizarre sans Mathis…
Ce soir-là Alice ne se coucha pas avant moi et j'abandonnais la partie en voyant Jasper rejoindre son lit. C'était la première fois que je dormais seule depuis que nous avions emménagé. Rien que pour ce fait, je maudissais Edward. Je finis par tenter de lire jusqu'à l'épuisement.
Une tête blonde passa finalement sa tête dans l'encadrement de la porte vers minuit.
- Tu ne dors pas ? Me souffla Jasper.
- Non, répondis-je en fermant mon livre pour lui faire de la place.
Il s'assit sur le lit, juste devant moi.
- Je… J'étais en colère, avoua-t-il.
- Pourquoi ?
- Il agit comme s'il avait tout pouvoir sur toi ! S'exclama-t-il.
- Chut, calme-toi, dis-je en me collant contre lui.
- Et pourquoi je serais calme ? Rétorqua-t-il moins fort.
- Parce que les enfants dorment et s'énerver maintenant ne servirait à rien… Edward est ainsi, lorsque quelque chose lui tient à cœur, il fait l'imbécile… Soufflai-je. Ça a toujours été comme cela…
- Ça t'a blessé, devina-t-il justement.
- Oui, avouai-je sincère, j'ai pardonné jusqu'à ce qu'il renie le bienfait de l'existence de Mathis dans sa vie. Il m'a reproché d'avoir eu mon fils. Ce soir-là, je suis partie avec Mathis. J'ai demandé le divorce. Aujourd'hui on est en garde alternée, il vit sa vie, il a des histoires…
- Apparemment cela ne lui suffit plus, constata Jasper.
- Edward me reproche d'être parti alors que selon lui notre couple allait bien, expliquai-je. Et si l'on se fie qu'aux apparences c'était peut-être le cas. J'ai supporté beaucoup pour lui et il a fait de même pour moi jusqu'au jour où ce passé se met entre les personnes qui forment le couple… Et là on explose.
Jasper me prit dans ses bras, et inspira profondément le parfum de mes cheveux. Nous étions détendus, étalés l'un contre l'autre dans mon lit lorsqu'Alice débarqua.
- Bella, il faut absolument… Dit-elle en entrant en coup de vent dans ma chambre.
Jasper se jeta à bas du lit et Alice continua sa réplique sans le remarquer.
- … Que tu gardes les enfants, Garrett a appelé.
Je gémis sans le vouloir.
- Quoi encore ? Questionna Alice agressive.
- Tu sais très bien ce que je pense de Garrett.
- Je sais, soupira ma meilleure amie. Tu peux faire ça ?
- Oui, acceptais-je, résignée.
- Merci, dit-elle en sortant de ma chambre.
Jasper se releva en me demandant silencieusement de quoi il retournait. Alice revint à ce moment-là.
- Mais qu'est-ce que tu fais là ?
- Je suis noctambule… Euh, somnambule, expliqua maladroitement Jasper comme s'il venait vraiment de se réveiller.
- Ah, merde, compatit sincèrement Alice. On en reparlera pour voir comment il faut s'arranger... Puisque tu es là, ça vous dérangerait d'emmener les enfants à l'école demain ?
- Pas du tout, assurai-je pour Jasper.
- Super, merci.
Et elle s'en fut. Nous entendîmes la porte claquer et nous soupirâmes de concert.
- Il faudrait peut-être que l'on change cela aussi… Murmura Jasper en reprenant sa position dans mon cou.
- Pardon ? M'enquis en me redressant.
- Rendre ceci plus officiel, expliqua-t-il en faisant un geste nous englobant.
- Pardon ? Répétais-je.
- Les enfants ne sont pas obligés de l'apprendre maintenant, continua-t-il, mais au moins Alice… Qu'elle arrête de penser que je suis somnambule.
Il me planta un baiser tandis que j'étais encore figée par sa proposition.
- Non tu ne crois pas ? Demanda-t-il.
- Je t'avoue que je ne l'avais pas envisagé… Pour la première fois de ma vie je me laissai porter…
- Alors continue… Souffla-t-il en embrassant ma nuque.
Le jour suivant s'avéra plus difficile à vivre. Jasper n'était plus là depuis longtemps lorsque je m'étais réveillée. Mathis ne revenait pas avant quelques jours et toute la bonne humeur d'Alice ne m'avait pas aidée. Pour tout dire, j'avais le moral dans les chaussettes. Je n'avais jamais apprécié le conflit même si je savais qu'en l'occurrence il était nécessaire.. Cela nous avait manqué dans notre vie de couple à Edward et moi. J'en étais venue à me dire qu'aimer ce n'est pas tout accepter.
Ressassant mes sombres pensées, j'arrivais au travail entourée d'une aura lugubre. Je passais la journée comme dans le corps d'une autre. Je dus renvoyer un élève de mon cours pour cause d'insolence et cela ne me fit ni chaud ni froid. Je me sentais vide, retirée. Je crois que j'avais peur.
Peur qu'Edward mette ses menaces à exécution, peur que Mathis ne soit malheureux, peur de la relation que je sentais naître entre Jasper et moi et des complications qu'elle allait entraîner… Le soir venu, je ne rêvais que d'un bain et d'une tonne de chocolat chaud aux marshmallows. Alice me stoppa en plein effort pour retirer mes chaussures.
- J'ai déposé une tenue sur ton lit, tu n'as plus qu'à prendre ta douche, ce soir je garde les enfants, m'annonça-t-elle dans un sourire rayonnant.
- Pardon ? Demandai-je soufflée.
- Jasper m'a téléphonée pour me demander de préparer ça pour toi, expliqua-t-elle lentement, puis devant mon air courroucé, elle reprit : il voulait simplement t'aider. Tu n'avais pas l'air dans ton assiette ce matin et on s'est dit que sortir, aller au cinéma, ce genre de trucs… Tu vois, Norah est chez sa mère, Mathis chez son père, je n'ai plus que mes filles à m'occuper… Et bien que je sois la pire mère du monde, elles ont bien survécu jusque-là…
- Alice qu'est-ce que tu racontes ?
- Je voulais vous remercier pour la nuit avec Garrett. De vous être occupés de tout. Alors pour vous changer les idées…
- Non, je ne parle pas de ça, l'interrompis-je. Pourquoi dis-tu que tu es une mauvaise mère ?
- Ma fabuleuse fille adolescente vient de me l'envoyer à la figure, il n'y a pas une heure, cingla-t-elle en se roulant en boule dans le canapé.
- Mais pourquoi a-t-elle fait ça ?
- Nous en sommes arrivés au sujet ô combien délicat de la contraception… gémit Alice. Son père n'a rien voulu entendre et donc…
- Tu dois te débrouiller seule… Soupirai-je.
- J'ai essayé de lui présenter les choses gentiment, mais elle m'a envoyé à la figure que de toute façon si elle tombait enceinte ce ne serait pas grave, elle ferait comme sa mère…
- Et ?
- J'ai explosé. Emily a été un cadeau dans ma vie, mais bon dieu ! Par quelles épreuves il m'a fallu passer pour en arriver là aujourd'hui ? Heureusement, il y a avait ma famille, et puis toi… Mais ça n'arrange pas tout.
- Oh, ma chérie… Chuchotai-je en la prenant dans mes bras.
Je sentis une larme coulait sur mon cou, le corps d'Alice était totalement en tension. Elle se retenait de pleurer. Je ne l'avais jamais vu craquer. Depuis qu'elle était mère, elle ne se l'était pas permis devant d'autres personnes qu'elle-même. Je fus touchée par cette marque de confiance et bouleversée aussi.
- Je crois que je vais aller voir un psy… Souffla-t-elle en fermant les yeux.
Je tombais des nues.
- Pourquoi ? Demandai-je le plus délicatement possible.
- Il faut que je fasse un point sur tout ça, sur ma vie… Sur le fait d'être complètement incapable de me donner totalement à quelqu'un. Je sais plus où je vais et j'ai l'intuition que cela me ferait du bien.
- Alors je suis avec toi. Si tu as besoin de moi…
- Je sais, tu es la porte juste en face, me sourit-elle.
- Et puis pour Emily j'irai lui parler, d'accord ?
- Merci, me dit-elle en m'étreignant. Mais n'oublie pas ta soirée ! Aujourd'hui c'est repos pour vous !
Alice le tyran était de retour. Et Madame l'Architecte n'entendait pas se laisser faire. Je souris à ce constat avant de la laisser commander le dîner de ce soir. Je reçus un message de Jasper sur mon portable, me disant qu'il me donnait rendez-vous ce soir, devant la porte d'entrée. J'éclatai de rire avant de me ressaisir et de frapper à la porte de mon adolescente préférée.
Emily aussi avait pleuré. Elle avait toujours eu une relation fusionnelle avec sa mère. Et qui dit disputes et cris, dit bouleversements garantis. Je la pris dans mes bras avant de me faire asseoir.
- Combien j'ai merdé ? Grimaça-t-elle en me regardant.
- Malheureusement pour toi, pas mal, soufflai-je sans sévérité. Mais c'est bien que tu le reconnaisses.
- J'étais juste gênée… Et je suppose qu'elle aussi. Et papa qui s'en fout, qui ne pense qu'à sa pute !
- Langage, Emily, tançais-je sur le ton d'Alice.
- C'est pourtant bien ce qu'elle est !
Nous nous regardâmes avant de nous sourire, complices.
- Allez viens par-là, chère nièce de substitution, dis-je en l'attirant contre moi.
- Tu es ma tante de substitution préférée, railla-t-elle dans mes bras. Il faut dire que mon oncle n'est pas ce qu'on peut appeler quelqu'un d'accessible.
- Edward a beaucoup de choses à régler avec lui-même avant de pouvoir aider les autres… Mais pour en revenir au sujet de la contraception… Si tu as besoin et que ça te gêne d'en parler avec ta mère, tu peux venir me voir.
- C'est vrai ? S'enquit-elle excitée.
- Oui, jurai-je solennellement. On prendra le temps de déjeuner ensemble et tu pourras me poser les questions qui te préoccupent.
Elle me sauta au cou en m'embrassant. J'éclatai de rire. Au moment de partir me préparer, je lançai :
- Excuse-toi auprès de ta mère. Elle ne mérite pas ça.
Emily acquiesça et je pus aller prendre ma douche. Cette journée ne serait peut-être pas si négative.
Jasper passa me prendre à la porte d'entrée à l'heure dite. Il était habillé en jean et chemise avec son éternel manteau. Il sortit du travail et il me fit un sourire rayonnant. Il prit le temps d'embrasser Emily, Leah et Alice avant de me faire passer le seuil de l'appartement en leur souhaitant une bonne soirée.
- A nous maintenant ! Lança-t-il avec un sourire. Que dirais-tu d'un repas… italien ?
J'acceptais avec joie. Cela faisait une éternité que je n'étais pas sortie avec un homme, juste pour se voir, parler, se détendre. Cette journée méritait définitivement une fin meilleure que tout son déroulement. Jasper me conduisit dans un silence reposant à un bistrot italien tout à fait atypique. Le patron était un archétype. Il recevait la clientèle, hurlait des ordres aux serveurs et en cuisine. On avait l'impression d'être au théâtre en l'écoutant… Un monologue bilingue. Jasper tira une chaise pour moi. Je sentis mes yeux briller. Nous commandâmes la spécialité de la maison : une calzone un peu particulière.
- Alors cette journée ? Demanda-t-il en souriant.
Je devenais trop émotive. Mais ces simples petites phrases qui prouvent qu'on s'intéresse à vous, qu'on s'occupe de vous, m'émouvaient toujours autant. Je lui parlais de choses futiles. De mon manque d'assurance face à Edward. De ma peur de mal faire avec Mathis. Et du renvoi de l'élève cet après-midi. De choses qui auraient pu paraître insignifiantes à n'importe qui, mais puisque cela me touchait vraiment, Jasper écoutait avec attention. Il m'entendait déballer mon sac tout en mangeant notre pizza.
Lorsque j'eus fini, il me sourit. Je lui renvoyai ma question et il embraya sur Norah qui lui avait encore fait une scène ce matin. Une scène provoquée par sa mère, qui ne se résolvait toujours pas à leur séparation. D'après Jasper, elle faisait croire à Norah que leur couple était simplement en pause et non séparé. Norah avait du mal à se placer entre son père et sa mère. Jasper ne savait plus quoi faire et gérait ces crises avec le plus de tact possible.
Son travail le rendait vraiment heureux. Le journalisme était une passion et il avait réussi à dégoter un reportage très intéressant sur les pressions au travail. Il devait gérer les témoignages, parfois horrifiants, de salariés victimes. Il tenta de m'expliquer la zone de confort du salarié. Il y avait une zone que devait ménager l'entreprise où le salarié était au maximum de ses performances. Il n'avait ni trop peu ni trop de travail, il était motivé, il gérait ses problèmes personnels et surtout il possédait une reconnaissance sociale.
Nous discutions encore lorsque Jasper se leva d'un bond, en demandant l'addition. J'haussai un sourcil pour comprendre son attitude.
- Cela doit faire un siècle que je ne suis pas allé au cinéma, ça te dit ?
Je rigolai face à l'incongruité de sa proposition, avant d'accepter avec joie. Nous partîmes avec force effusion et clins d'œil de la part de notre archétype italien. Jasper nous conduisit dans l'un des plus grands cinémas de la ville. Nous n'eûmes que l'embarras du choix, et je dois avouer à notre grande honte que nous choisîmes une comédie romantique.
J'oubliais qui j'étais le temps d'une soirée. Je n'étais plus une mère, une ex-épouse ou une tante de substitution, j'étais juste une femme qui sortait avec un homme qu'elle appréciait. C'était un vrai bonheur
Quelques jours plus tard, j'étais encore nostalgique de cette soirée. Jasper nous avait ramené et s'était glissé contre moi dans mes draps froids. Mathis était revenu, Norah aussi. Notre vie de colocation suivait son cours. Alice avait décidé de rompre avec Garrett de façon plus que définitive. Elle avait tenu sa résolution d'aller voir un psy. Et j'avais rendez-vous avec ma nièce pour un déjeuner contraception.
Un beau matin, alors que Mathis, Emily, Leah, Jasper et moi étions en train de prendre notre petit déjeuner ensemble, nous entendîmes Alice hurler dans la salle de bain. Craignant le massacre d'un autre fer à lisser, je partis en mission pour retrouver Alice. Elle émergea comme un diable de sa boîte devant nous.
- Jasper, tu nous as caché des choses !
Son exclamation fit battre mon cœur plus vite. Mes sourcils se froncèrent. Comment était-ce possible qu'Alice sache ?
- C'est l'anniversaire de Norah ce week end ! Développa-t-elle devant nos airs ahuris.
Un mince sourire étira les lèvres de Jasper et me fit fondre intérieurement. Cet homme avait un don pour ça.
- J'allais t'en parler ce matin, au petit déjeuner.
- Mais bien sûr, railla ma meilleure amie, avant de prendre une mine catastrophée. Il faut que j'organise une fête énorme !
- Alice… S'inquiéta Jasper. C'est l'anniversaire de Norah…
- Oui, on va organiser quelque chose à l'appartement, elle passe le week end avec nous non ?
- Il y aura sa mère, précisa-t-il en plissant le nez.
- Et alors ? On l'invitera aussi !
Ainsi fut dit, ainsi fut fait. Nous avions tous compris qu'il était inutile de chercher à nous débattre. Les invitations furent lancées, et Alice alla même jusqu'à l'étendre à la nouvelle conquête de Demetri. Edward, James, Demetri et sa compagne, ainsi que l'ancienne femme de Jasper seraient présents en plus de notre petite tribu et d'amis proches.
Je craignais cet après-midi. Ce n'était jamais bon de réunir ensemble les anciens tortionnaires - entendre par là, nos ex maris et femme. Et cette réunion prenait des airs de torture. Nous achetâmes une quantité astronomique de sucreries et de ballons. Alice pria Jasper de lui faire une liste des cadeaux que voulait Norah. Et lorsqu'elle rentra à la maison le jeudi soir, personne ne souffla mot de la surprise.
Elle lui sauta aux yeux lorsque nous lui apportâmes le petit déjeuner au lit avec les premiers cadeaux qu'Alice avait consciencieusement caché sous son lit. Elle en fut enchantée.
- Allez, ma chérie, il va falloir te préparer !
- Oui, s'extasia Leah et on a le droit de se maquiller aujourd'hui !
Telle mère, telle fille…
- Mais pourquoi ? Demanda Norah en fronçant les sourcils.
Elle ressemblait tellement à Jasper avec cette mimique.
- On fait notre premier grand repas en famille aujourd'hui… Allez ouste, tout le monde à la douche ! Commanda Alice, façon adjuvant de l'armée de l'air.
Les enfants furent prêts en un temps record. Ma meilleure amie leur avait préparé de belles tenues, et avait aidé les filles à se maquiller tandis que Jasper, Mathis et moi nous chargions du repas. La sonnette retentit à midi pile. J'allais ouvrir la porte, étant la seule correctement préparée et maquillée. Ce que je vis me cloua sur place. Esmé et Carlisle Cullen se tenaient dans l'encadrement de la porte, un paquet dans les mains.
- Bella, bonjour ! S'exclama Esmé en me tendant les bras. Je suis tellement heureuse de te revoir.
Son étreinte… C'était comme rentrer à la maison après un long voyage. Je soupirai en souriant à Carlisle.
- Bonjour à vous, je suis ravie de vous voir… Vous venez voir comment nous sommes installés ?
Ils sourirent et la conversation s'engagea. Les enfants tout comme Alice leur sautèrent au cou. Norah resta plus discrète mais leur adressa néanmoins un sourire radieux. Le prochain à arriver fut James, puis Demetri suivi d'une charmante jeune femme. Heidi avait l'air de quelqu'un de sympathique. Edward passa le seuil, d'une humeur maussade. Emmett, Rosalie et Emma arrivèrent sous nos applaudissements. Nous attendions tous la mère de Norah, et plus le temps passait, plus Jasper était nerveux.
- J'étais sûr qu'elle me ferait un coup comme ça, grommela-t-il dans sa barbe inexistante.
- Que veux-tu dire ? Chuchotai-je en arrangeant les petits fours de l'apéritif.
- Elle va arriver avec une heure de retard…Souffla-t-il en regardant sa fille guetter la porte d'entrée.
Sa prédiction fut juste. Maria arriva avec une heure de retard, mais pas sobre. Elle embrassa tout le monde et me mystifia en tenant sur des talons de dix centimètres sans effort apparent. Elle essaya de se montrer charmante, mais tous ses sourires sonnaient faux, tout était crispé chez elle.
Qu'à cela ne tienne, Alice nous fit passer à table après l'ouverture des cadeaux de Norah. Nous faisions une sacrée tablée. Les enfants avaient leur propre table et leur propre menu. Je réalisais en m'asseyant à la table des adultes que ce repas n'était pas une mauvaise idée en soit, mais que Jasper avait totalement raison de se méfier de son ex-femme. Elle se colla à lui et amena la bouteille de vin contre elle. Je grinçai des dents.
Edward eu la charmante idée de se placer à ma droite. Fort heureusement Rosalie se plaça à ma gauche. Je me tournai immédiatement vers elle pour entamer la discussion.
Le repas fut rude pour mes nerfs. Jasper ne pouvait pas décoller Maria de lui à moins de lui faire mal. Elle l'empêchait de se lever pour nous aider Alice et moi, et malgré l'ambiance bonne enfant et un train de conversation tout à fait acceptable, je commençais à me sentir énervée. Vraiment énervée. Un peu plus, et elle se mettait à califourchon contre lui.
A la fin de leur repas, les enfants demandèrent à aller faire une partie de cache-cache à l'étage. Les parents acquiescèrent à la condition de ne pas mettre un souk sans nom. Peine perdue… Emily les suivit organisant les équipes.
Rosalie était en train de m'expliquer les tenants et les aboutissants de son poste, lorsque Jasper se leva de table brusquement en plein milieu du plat de résistance.
- Stop Maria, non ! S'exclama-t-il hors de lui.
- Mais pourquoi ? Geignit-elle.
- Mais enfin… répliqua-t-il avec une expression choquée. Je te rappelle que nous sommes séparés, c'est fini Maria. Nous sommes ici ensemble uniquement pour l'anniversaire de Norah.
- Mais pourquoi tu mens ? Demanda-t-elle à présent en colère. Je sais que tu me désires, que tu m'aimes… on peut reformer un couple ensemble !
Les oreilles me chauffèrent.
- Il en est absolument hors de question ! De plus… Je suis amoureux de quelqu'un d'autre, révéla-t-il du bout des lèvres.
On put lire le choc sur mon visage. Je savais que Jasper m'appréciait… A moins que cela ne soit qu'un prétexte… Mais il avait l'air si sincère…
- Pardon ? Hurla-t-elle hystérique.
Elle se jeta sur lui, et il fut obligé de l'éviter avec un pas de côté.
- Maria, s'il te plait arrête. Tu te donnes en spectacle, claqua sèchement sa voix.
- En spectacle ? S'écria-t-elle d'une voix affreusement aigue. Et depuis combien de temps tu la baises ta grognasse ? Cette pute…
Je vis rouge. Je me faisais insulter par une bimbo. Le peu de respect que j'avais pour elle du fait qu'elle était la mère de Norah vola en éclat. Il ne manquait plus que je me fasse insulter sous mon toit par une garce qui draguait mon compagnon !
- Cette pute te dit d'aller te faire foutre Maria, crachai-je en la regardant dans les yeux.
Je me levais devant le silence médusé de la tablée. Les yeux de Jasper se mirent à briller.
- Alors, voilà ce que je te conseille, va dire au revoir à ta fille et souhaite lui un joyeux anniversaire. Et ensuite tu dégages ! Poursuivis-je hors de moi.
- C'est donc toi ? Tu n'es même pas belle…
Je vis le regard de Jasper, et ses insultes ne m'attinrent plus. J'avais le cœur de l'homme que j'aimais, elle venait juste de se faire briser le sien une fois de plus.
- Sors, s'il te plait, repris-je d'une voix plus calme. Va dire au revoir à ta fille, et sors.
Elle alla jusqu'à l'escalier pour hurler :
- Norah ! NORAH descend immédiatement !
Toute notre tribu descendit pour escorter Norah.
- Je m'en vais, bon anniversaire, lança Maria en embrassant sa fille.
Elle récupéra ses affaires et partit en claquant la porte. La tablée était toujours silencieuse. Jasper s'était précipité vers sa fille tandis que Mathis venait de caler contre moi.
- Bien quelqu'un veut du dessert ? Lança courageusement Alice.
Tout le monde prit du dessert, chacun éludant soigneusement la scène qui venait de se passer sous nos yeux. Nous fîmes bonne figure pour Norah, qui après quelques câlins de la part de son père, se remit lentement de la scène de sa mère et de ses cris.
Carlisle et Esmé partirent les premiers en me faisant promettre de leur amener Mathis. Edward les suivit de près, sans prendre la peine de me saluer. Il s'en remettrait. Tout le monde nous quitta, et nous nous retrouvâmes seuls dans une cuisine dévastée par un repas de vingt personnes avec une Alice furieuse sur les bras.
- Depuis quand ça dure ? Aboya-t-elle.
Un ras-le-bol généralisé répondit à ma place.
- Écoute Alice, je suis ton amie, pas ton ennemie, faudrait pas voir à se tromper. Ensuite je n'ai pas de comptes à te rendre !
Ma meilleure amie parut blessée.
- Je suis désolée, mais il y a des choses que j'ai eues du mal à te dire. Jasper et moi nous nous sommes rencontrés à une soirée parents professeurs. Il venait pour sa nièce… Je… Ce soir-là, nous sommes rentrés ensemble.
- Quoi ? Hoqueta-t-elle.
- Oui tu as entendu, ta prude et sage meilleure amie est rentrée avec un homme… Seulement il n'était pas prévu que je reste… Je pense que pour Jasper c'était la même chose… Je suis partie le lendemain matin.
- En catimini, précisa Jasper en fronçant les sourcils.
- Certes, admis-je. Imagine ma surprise en apprenant qu'il était le fameux colocataire !
- Mais pourquoi ne m'as-tu rien dit ?
- Pour que je dise quoique ce soit, il aurait fallu qu'on en parle avant, expliquai-je en nous montrant Jasper et moi. Que ce soit clair pour nous… Or cela l'est véritablement devenu que cet après-midi…
- D'accord, acquiesça Alice en hochant la tête avec l'air d'avoir gobé un merlu, alors je vais vous en vouloir pour m'avoir menti, je me sens légèrement trahi… Mais…
- Mais ? Demandai-je anxieuse.
- Je suis tellement contente pour toi ! Hurla-t-elle en me prenant dans les bras avant d'étreindre Jasper.
- Je ferais tout pour me faire pardonner... dis-je en souriant.
- Très bien, alors commence par ranger la cuisine, asséna-t-elle avant de nous laisser. Je vais prendre un bain !
Sadique…
Je voyais bien que cette histoire l'avait remuée. Elle devrait s'habituer à vivre avec un couple d'amis en colocation et tous nos enfants… Il faudrait aussi l'annoncer à Mathis, Norah et mes nièces adorées… Discuter avec Edward, parler avec Jasper du comment et du pourquoi, mais pour le moment…
- Viens par-là, me murmura-t-il en ouvrant ses bras.
Je me lovais contre lui, me gorgeant de son odeur délicieuse. Je ne m'étais pas trompée. Mon pari avait été le bon. Cette colocation nous apporterait du bonheur.
Il n'y avait pas de comparaison possible : la vie, c'est mieux à deux.
Et voilàa la fin de cette mini-fiction - du moins pour le moment. Je me suis vraiment attachée à ces personnages haut en couleurs et je rempilerais bien pour un ou deux autres chapitres après le concours XD.
J'espère néanmoins que cette fin provisoire vous a plu ^^. Si c'est le cas n'hésitez pas à le dire, si ça ne l'est pas, n'hésitez pas non plus ! =")
Cette fiction est mise aux votes sur le blog de Demetri's Wife, Un peu de lecture (les liens et FFnet ne faisant pas bon ménage, le lien pour voter est en bas de mon profil). N'hésitez pas à aller lire les autres mini fictions (beaucoup de Jellas à lire ! *On gagne du terrain* \O/).
Je répondrais à toutes les reviews, même si cela prend un peu de temps en général. Pour finir je souhaite bon courage et bonne chance à tous ceux qui sont encore en partiels, ou en examens, bravo à ceux qui viennent de les passer (et n'en sont pas morts XD) !
Bonne semaine et à bientôt.
A.
