Hello les gens et merci pour vos reviews ! Si vous ne le faisiez pas, j'avoue que je serais très déprimée...

Bonne lecture pour ce chapitre !


Les deux semaines qui suivirent ressemblèrent de façon très similaire à sa première journée à Poudlard : les matinées étaient remplies d'études silencieuses, les six enfants étant assis dans la Grande Salle lisant le livre de leurs parents ou - dans le cas de Harry et Duana – ceux fournis par leurs gardiens. Après le déjeuner, Harry, Duana, Kenric et Conrad partaient explorer le château pendant que les deux autres filles suivaient les traces de leur mère. Pendant que les enfants avaient du temps libre, les quatre fondateurs sillonnaient les différentes îles, à la recherche de nouveaux élèves.

Cela donna à Harry l'idée de demander à Rowena de lui apprendre le picte et au moins un dialecte gaélique. Elle lui adressa un sourire entendu et serein avant d'accepter. Finalement, Harry apprit le picte et deux versions du gaélique. Avec une certaine difficulté, il avait dû écarter toutes les demandes de la jeune femme qui désirait en apprendre plus sur sa langue maternelle, il avait peur de créer des incohérences sur le vocabulaire de l'anglais moderne, c'était trop complexe de jouer là-dessus.

(Salazar lui avait raconté qu'elle l'avait harcelé durant un an pour qu'il lui apprenne le Fourchelang. Il avait finalement accepté, puis il s'était arrangé pour embrouiller l'esprit de la jeune femme quand il avait lancé le sort de traduction. Si elle avait soupçonné l'acte sournois de Salazar, elle n'en avait jamais rien dit. Mais le fait qu'elle ressente de la peine à l'idée de ne pas pouvoir apprendre cette langue culpabilisait un peu Salazar .)

Un matin, un peu plus de deux semaines après le retour de Harry à Poudlard, il se réveilla avec un étrange sentiment d'attente. Il était en train de se demander pourquoi devant l'une des fenêtres de la salle commune lorsque Salazar, après avoir travailler son Occlumancie, se dirigea vers lui. "Veux-tu prendre ton petit déjeuner?"

"Hm ? Oh, bien sûr."

Dans les couloirs des cachots, Salazar demanda: "Quelque chose ne va pas ?"

"Ce n'est pas que ça ne va pas ," répondit Harry en secouant la tête. "C'est juste que... je ne sais pas."

Salazar renifla. "Eh bien, si jamais tu trouves, fais-le-moi savoir."

Un sourire amusé naquit sur les lèvres de Harry. "Vous dites ça comme si vous me croyez capable de vous cacher des choses."

"Je vais découvrir tous tes secrets, mon petit serpent sournois, ne t'y trompe pas."

" Je n'en doute pas " rit Harry avant de se précipiter pour rattraper Kenric, qui racontait à Duana la grande aventure que son père avait vécue dans sa jeunesse.

Harry resta distrait pendant tout le petit déjeuner et ses lectures, même si Salazar semblait être le seul à l'avoir remarqué - il se frottait légèrement l'arrière de la tête au lieu de lire ses bouquins. À peu près à la moitié du repas, l'inconscient de Harry finit par comprendre la raison de ses attentes, normalement à son époque, on était le trente-et-juillet et il attendait les cadeaux de ses amis.

"Oh," murmura-t-il sans pouvoir se retenir, fermant les yeux face à ce flot nostalgique.

"Harry, mon chéri, tu vas bien ?"s'inquiéta Helga après quelques minutes, toujours prompt à voir quand quelqu'un n'appréciait pas la nourriture qu'elle avait préparée.

Harry secoua la tête et se leva du banc. "J'ai un peu mal à l'estomac . Je vais aller m'allonger un peu. Excusez-moi ..." Il se retourna et quitta la Grande Salle. Au lieu de descendre dans les cachots, il se fraya un chemin à l'extérieur et prit la direction du lac, indifférent au froid de la fin octobre. Il trouva un endroit relativement proche de l'arbre sous lequel il s'était souvent assis avec Ron et Hermione et se recroquevilla sur lui-même, observant les ondulations du lac, la gorge nouée.

Salazar le trouva presque une heure plus tard, il enveloppa une cape épaisse autour de la forme tremblante du garçon et s'assit à côté de lui. Après un moment de silence, il lâcha : "Helga craignait que tu aies mangé quelque chose qui t'ait donné mal au cœur. Je lui ai dit que tu étais un peu malade et que c'était probablement un rhume."

"Merci" murmura Harry, en serrant plus étroitement les bords de la cape autour de lui.

Le silence les enveloppa tous les deux alors qu'ils regardaient le lac.

Finalement, Harry raconta, "J'ai quinze ans aujourd'hui. Enfin, à mon époque. Si j'étais chez moi, on serait en juillet et ce serait mon anniversaire. Et je -" Sa voix s'enroua et il haussa la cape plus haut, comme pour dissimuler son visage. "Mes amis me manquent," murmura-t-il, et les larmes qu'il avait retenues jusqu'ici glissèrent sur ses joues.

Salazar ferma les yeux un instant, le cœur douloureux face à la tristesse du garçon, puis tendit la main et attira doucement Harry dans un demi-câlin, passant ses doigts dans les cheveux ébouriffés tandis que Harry appuyait son visage contre son épaule.

A son tour, il raconta : "Ma mère est morte deux jours avant mon treizième anniversaire. Quelqu'un avait remarqué ma magie accidentelle et les villageois ont supposé que cela venait de ma mère. Ils l'ont lapidée sur la place du village alors qu'un sorcier- mon premier maître- se trouvait à proximité et m'a enlevé. J'étais furieux contre lui de ne pas l'avoir sauvée. "

"Je suis désolé," murmura Harry, incapable d'imaginer ce que cela avait dû faire que d'assister à l'assassinat de sa mère par les gens avec qui tu avais grandi. Au moins, Harry savait que ses amis étaient toujours en vie. Pour le moment.

Salazar secoua la tête. "Au moins est-elle dans un meilleur endroit, maintenant. Un endroit où elle n'a pas à élever seule un enfant qui possède un pouvoir qu'elle ne peut pas comprendre »

"Vous n'aviez pas de père?" demanda Harry en jetant un coup d'œil au Fondateur.

Salazar lutta intérieurement, se demandant s'il préférait garder son histoire personnelle pour lui, comme il l'avait toujours fait par le passé, ou la partager avec le garçon solitaire à côté de lui; ce n'était pas vraiment un choix, cependant. "Mon père, Silvanus Slytherin, était bien connu pour ses nombreux voyages, il allait de petite ville en petite ville, attirant l'attention de toutes les femmes qu'il pouvait croiser. Ses escapades duraient le temps d'une nuit, il partait généralement le lendemain, de peur d'attirer la colère du fiancé ou du père de ses conquêtes. Je l'ai jamais rencontré et cela ne m'a pas manqué. "

Harry se frotta le nez, se redressant pour ne pas s'appuyer contre Salazar. "Vous avez récupéré son nom, cependant."

Salazar hocha la tête. "Quand ma mère a découvert ma magie, elle a deviné – je l'ai appris par la suite - que cela venait de lui. Elle m'a suggéré de porter son nom, ainsi si un jour je voulais me faire connaître, je pourrais avoir un père qui serait fier de moi." Il ricana "Je n'ai aucun intérêt à donner ne serait-ce qu'une once de fierté à un homme qui a laissé sa femme avec un enfant et qui ne pouvait pas subvenir à leurs besoins, mais comme ma mère n'avait pas de nom de famille à me donner, je l'ai gardé."

Harry réfléchit à la manière dont la maison de Serpentard était connue, à l'avenir, comme le berceau de personnes mauvaises, qui poignardaient leurs amis dans le dos, plus intéressées par leurs propres objectifs que par la façon dont leurs actions affectaient les autres, et à quel point ces stéréotype convenaient au père de Salazar. Des stéréotypes que ne semblaient pas du tout avoir le fondateur.

Salazar soupira. "Viens. Retournons-nous à l'intérieur avant que l'un de nous ne tombe vraiment malade."

"Oh, bien sûr," acquiesça Harry et ils se levèrent tous les deux pour rejoindre le château.

"Pourquoi le lac ?" interrogea Salazar alors qu'ils se trouvaient à peu près à mi-chemin du parc. "Oui, vraiment, pourquoi dehors près du lac ?"

Harry sourit un peu tristement et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule à l'endroit où il s'était assis.

"Dans le futur, il y a un arbre là-bas près de lequel on s'assoit toujours. Et, bon, même si la salle commune reste belle avec l'eau qui se reflète sur la pierre, ce n'est pas tout à fait la même chose que d'être ici. " Il tira la cape plus près de ses épaules alors qu'il ressentait un frisson. "Malgré le temps."

Salazar renifla. "Et bien, la prochaine fois que tu sentiras le besoin de t'asseoir près du lac par un temps aussi froid, apporte ta cape."

"Oui, monsieur," obéit doucement Harry, puis il sourit quand Salazar renifla de nouveau.

Une fois de retour dans les cachots, après que Salazar lui ait donné quelques potions à boire, il se tourna vers le fondateur. "Hey, Salazar ?"

"Oui?"

"Merci."

Le visage de Salazar s'illumina avant qu'il n'ébouriffe les cheveux du garçon. « De rien, bonhomme »

-0-

Les semaines défilèrent les unes après les autres. Helga et Rowena invitèrent leurs élèves à rester au château pour leur propre protection, certain des enfants étaient plus intéressés par les livres que par l'exploration du château. Harry ne les fréquenta donc pas beaucoup.

La dernière semaine de novembre, selon les calculs de Harry, les quatre explorateurs trouvèrent une pièce qui pouvait se transformer en tout ce qu'ils désiraient. Au début, il leur fallut un peu de temps pour comprendre comment elle fonctionnait, mais une fois le problème réglé, ils passèrent près de trois semaines à jouer avec, créant les lieux les plus étranges et les explorant pendant quelques heures avant de remettre la salle en état afin de poursuivre leur exploration. Les trois autres créaient souvent des endroits qu'ils connaissaient chez eux, mais Harry refusait toujours de transformer la pièce en quelque chose, craignant de créer un endroit ou un objet qui n'existait pas encore.

Ils mirent fin au jeu avec la salle étrange lorsqu'ils se perdirent dans une forêt créée par Duana et qu'ils n'entendirent pas le gong du dîner. Les adultes avaient tous été assez fermes sur le fait que les enfants n'étaient plus autorisés à y jouer, au cas où ils créeraient quelque chose de dangereux. (Salazar raconta plus tard à Harry que Godric avait toutefois fait ses propres plans concernant son utilisation, et Rowena s'était interrogée sur les possibilités de récupérer les livres d'une bibliothèque crée entièrement par cette salle.)

Il ne leur était plus permis d'explorer les étages supérieurs - "Ils veulent juste jouer avec cette pièce sans nous", s'offusqua Duana - les quatre enfants se tournèrent alors vers les cachots. Un après-midi, ils se perdirent et ne retrouvèrent leur chemin que lorsque Harry sortit sa baguette et lança : « Pointe au nord ». Le lendemain, après que Harry ait donné aux trois autres un cours intensif sur le sortilège de la boussole, ils retournèrent dans les cachots et s'égarèrent à nouveau, manquant de peu de rater le dîner.

Le jour d'après, ils traversèrent un couloir empli de portes fermées - Harry reconnut le couloir où se trouvait la salle de classe et le bureau de Rogue- et se séparèrent pour aller fureter dans les différentes salles.

Harry envisageait de profaner en quelque sorte le futur bureau de Rogue lorsque Conrad laissa échapper un cri terrifié dans le couloir. Harry revint dans le couloir à temps pour voir le garçon sortir d'une pièce au fond et reculer. Un serpentcendre le suivait de près, sifflant des menaces de feu et de mort.

Avant que Harry ne puisse interpeller le serpent - il ne s'inquiétait absolument pas de garder un secret si cela signifiait sauver la vie d'un ami - Kenric se précipita pour se placer entre Conrad et le serpentcendre. "Kenny, n–!"cria Harry avant que le serpentcendre ne se brouille et ne se transforme en un petit oiseau bleu. «Jobarbille», reconnut Harry, avant qu'il ne comprenne qu'il s'agissait en réalité d'un épouvantard.

Duana se précipita alors et attrapa le bras de Kenric. « Allez, viens , » dit- elle sèchement, en le tirant vers elle. "C'est juste un oiseau . Partons d'ici." Derrière elle, Conrad trébuchait contre le mur, pâle et tremblant.

Kenric secoua la tête, le visage blanc d'épouvante. "C'est un jobarbill, ," murmura-t-il, comme s'il s'attendait à ce que la jeune fille sache ce que cela signifiait même s'il savait qu'elle avait peu de connaissance en matière de magie, du moins jusqu'à ce que Godric la récupère.

"C'est un joli oiseau ", répliqua Duana en tirant un coup sec pour écarter le garçon.

L'épouvantard tourna son attention sur sa nouvelle proie et se transforma en bûcher. Duana laissa échapper un gémissement de peur.

Puis Harry fut là, les yeux verts vifs de colère alors qu'il s'interposait entre les plus jeunes enfants et la créature noire. Celle-ci prit aussitôt la forme d'un détraqueur, laissant derrière lui une sensation de froid et de désespoir, et Harry leva sa baguette. " Riddikulus ," entonna-t-il, et l'épouvantard disparut dans un nuage de fumée, comme celui que Harry avait affronté dans le labyrinthe. Une fois certain que l'épouvantard fut parti pour de bon, Harry se tourna vers les trois plus jeunes. "Hey. Vous allez bien tous les trois ?"

Conrad se précipita vers lui, tremblant comme une feuille, et Harry le prit dans ses bras.

"C'était quoi cette chose?" Kenric respirait difficilement, la main sur la poitrine, le visage encore pâle. A côté de lui, Duana semblait plutôt avoir envie de faire un câlin à Harry même si elle était bien trop fière pour cela.

"C'est un épouvantard," expliqua Harry en glissant sa baguette dans son brassard et en faisant signe à Duana de le rejoindre, ce qu'elle fit. "Cette créature prend toujours la forme de ce qui nous effraie le plus. Viens ici, Kenny."

Kenric eut l'air incertain pendant un moment, puis il frissonna et se dépêcha de se serrer contre les autres, se réfugiant entre Duana et Conrad. Duana passa un bras autour des épaules de Kenric et il se rapprocha un peu plus près d'elle.

Harry soupira et regretta de ne pas avoir de chocolat sur lui, se souvenant parfaitement de l'effet apaisant qu'il avait sur ceux qui avaient fait face à un détraqueur. Il se dit que les enfants pourraient avoir besoin de potions calmantes ou au moins de se détendre un peu. "Hey," dit-il doucement. "Que diriez-vous de faire une pause après cette journée d'exploration et de remonter à l'étage ?"

"Bonne idée", approuva Duana, se retirant du petit groupe et se redressant. Kenric la suivit, la tenant par la main et elle lui sourit d'un air timide.

"Allez, Conrad," murmura Harry au garçon qui serrait toujours sa chemise entre ses doigts. "Peut-être que Salazar ou ta mère ont quelque chose qui va pouvoir t'aider."

L'enfant hocha la tête et relâcha la tunique de Harry, serrant son bras à la place et permettant ainsi à Harry de marcher sans encombre.

Harry prit la tête du petit groupe, connaissant suffisamment cette partie des donjons pour qu'il n'ait pas besoin du sort Pointe vers le nord, et n'étant pas aussi perturbé par cette rencontre avec l'épouvantard que les autres. En outre, l'épouvantard-détraqueur ne serait jamais aussi terrifiant que le vrai.

Godric, Rowena, Helga et Ramona étaient partis de la Grande Salle lorsque les quatre enfants arrivèrent, le visage pâle. Bernia les aperçut la première, tout de suite, elle se leva de sa chaise en criant: "Que s'est-il passé ?"

"Nous avons rencontré un épouvantard," expliqua Harry alors que Kenric passait devant lui pour se réfugier dans les bras protecteurs de sa mère. Autour d'eux, les autres adultes se levaient de table les uns après les autres, la mine inquiète. Harry s'attendait à ce que Conrad court vers Roscoe, comme l'avait fait Kenric, mais le petit Poufsouffle préféra rester à ses côtés. Derrière lui, Duana s'était rapprochée, n'ayant personne à qui demander du réconfort.

Salazar sortit sa baguette d'un geste vif, puis demanda: "Où est-il ?"

Harry secoua la tête. "Il est parti." Au sourcil levé du Fondateur, il expliqua: "J'en ai déjà rencontré auparavant, je sais comment m'y prendre."

Godric entra dans la salle en courant, Rowena et Helga sur ses talons . "Que se passe-t-il Salazar?" demanda-t-il alors que Conrad lâchait finalement Harry et courait vers sa mère.

"Les enfants sont tombés sur un épouvantard", répondit Salazar. Helga laissa échapper un cri horrifié avant de se concentrer sur son fils. À côté d'elle, Rowena fronça les sourcils, mécontente.

Godric laissa échapper un grognement. "Nous devons nous en débarrasser."

"Je l'ai déjà fait," expliqua Harry.

"Harry connaît bien les épouvantards," déclara Salazar avant que Godric ne puisse remettre en question la véracité de ses propos.

"Helga", interrompit Rowena, "peut-être peux-tu préparer quelque chose de réconfortant pour les enfants ?"

"Oh bien sûr!" Helga déposa un baiser sur le front de Conrad. "Chéri, pourquoi ne vas-tu pas t'asseoir avec papa pendant que je te trouve quelque chose pour t'aider à te détendre ?"

Conrad semblait plus qu'un peu incertain, alors Harry s'avança et caressa les cheveux du garçon. "Viens avec moi, je vais t'accompagner," promit-il. Helga lui adressa un sourire reconnaissant alors que Conrad prenait la main de Harry.

Une fois que Conrad fut entre les mains de son père et que Duana se retrouva assise entre Bernia et Godric, (avec Kenric sur ses genoux), Harry se dirigea vers Salazar, qui l'observait d'un air troublé. "Qu'est-ce qui ne va pas?"chuchota-t-il. Salazar secoua la tête. "Rien."

Harry fronça les sourcils, mais fut distrait quand Helga les rejoignit. D'un geste de baguette magique elle fit apparaître des brioches et du thé sur la table "Allez, mangez " les invita-t-elle. "Cela fera du bien à tout le monde."

"Je vais finir par croire que tu nous engraisses pour nous manger, Helga ", persifla Salazar avant de prendre l'une des brioches et de mordre dedans.

"Tu serais bien trop écailleux, Salazar," railla Godric.

"Tant mieux alors ", rétorqua Salazar. "Toi, en revanche, tu ferais un bon plat principal."

"Ça suffit tous les deux," intervint Bernia, passant une main dans les cheveux de Kenric alors que le garçon s'emparait d'une deuxième brioche. "Vous êtes pires que des gosses."

Ramona jeta un coup d'œil à son frère et déclara : "Tu sais, papa dit toujours que parler de choses qui t'effraient peut aider à aller mieux "

Conrad réfléchit à ses paroles avant de dire: "Tu te souviens quand le serpentcendre a failli brûler la maison?"

"Ah, oui, le serpentcendre", répéta Roscoe en hochant la tête et en étreignant son fils. "Conrad a trouvé ses œufs juste avant que la maison ne prenne feu. Helga a réussi à l'arrêter avant que cela n'aille trop loin, mais la bestiole avait déjà détruit les chambres à coucher de Conrad et de Ramona."

"En plus d'une partie de mon jardin de fleurs", se plaignit Helga.

"Eh bien, il n'y aura pas de serpentcendre qui brûlera ce château," assura Godric au garçon. "Et si l'un d'entre eux se présente, nous demanderons à Salazar de le convaincre de partir paisiblement."

Salazar renifla "Je prendrai d'abord les œufs. Savez-vous à quel point il est difficile d'en trouver ? Une des meilleures potions de guérison contient justement–"

" Oui , Salazar, nous savons ," le coupa Godric avant de se tourner vers Kenric et Duana. "Et vous deux alors ?"

Duana frissonna. "J'ai vu le bûcher où ils ont brûlé la dernière sorcière trouvée dans mon village", raconta-t-elle. Adultes comme enfants frémirent à leur tour.

"Et bien, il n'y en aura pas ici," promit Bernia, en serrant la jeune fille dans ses bras. "Et toi, Kenny?"

"J'ai vu un jobarbill", dit le garçon entre deux bouchées de brioches; Bernia avait échangé son assiette vide avec celle qu'elle n'avait pas touchée, ainsi son enfant pouvait en profiter.

"Oh, chérie," murmura Bernia en serrant son fils dans ses bras.

" Maman !" fit celui-ci en rougissant et en essayant de se dégager de l'étreinte maternelle.

"Quand Kenny avait quatre ans, il est tombé sur un jobarbill juste avant que la mort n'emporte un guerrier ", expliqua Godric au reste de l'assemblée . " Tout ce que je peux dire c'est que c'était sur un champ de bataille, car il y avait des bruits de combats d'épées et des hommes qui hurlaient."

Les adultes hochèrent la tête, compréhensifs.

"Et toi, Harry ?" demanda Helga à l'aîné des garçons.

Harry s'étouffa avec le thé qu'il sirotait et posa rapidement sa tasse. "Moi ?" dit-il d'une voix étranglée avant de tousser à nouveau.

Salazar tapota la gorge de Harry avec sa baguette et le liquide nettoya sa trachée. " Respire profondément" lui recommanda-t-il.

"Merci" murmura Harry, ses méninges tournant à plein régime. Les détraqueurs existaient-ils à cette époque? Quelle autre chose terrifiante pouvait être aussi terrifiante qu'un détraqueur ? 'Oh. Voldemort, évidemment... réalisa Harry, se souvenant de l'inquiétude de Lupin la première fois que Harry avait affronté un épouvantard. "C'était l'homme qui m'a ..." Harry fit un signe en direction de son dos, se tortillant sur son siège.

Les adultes semblaient comprendre de qui il parlait, comme Salazar les avait tous mis au courant et grimacèrent de sympathie. "Eh bien, il est parti maintenant," rassura Godric. "Et s'il se montre à nouveau dans les îles, nous ferons en sorte que cela ne dure pas longtemps, je peux te le garantir..."

Même en sachant que Voldemort n'apparaîtrait jamais à cette époque, Harry se sentit reconnaissant et sourit au grand homme. "Merci, Godric."

Godric lui sourit en retour, puis la discussion s'orienta vers les créatures qui ont pu arriver dans le château durant leurs fréquentes absences. Les enfants restèrent assez silencieux, mis à part quand ils évoquaient une créature magique sur laquelle ils étaient tombés au cours de leurs explorations et qui n'avait pas été mentionnée auparavant. (À part l'épouvantard, aucun d'entre eux n'avait posé de problème. La goule était assez inquiétante, mais les goules n'étaient pas réputées pour être des créatures nuisibles, donc personne ne s'en inquiéta.)

Après le dîner, Harry et Salazar descendirent vers les dortoirs des Serpentards, puis se mirent à préparer les chambres que Salazar pensait avoir besoin. Le fondateur avait passé une semaine à lui apprendre les sorts nécessaires, l'adolescent lui ayant proposé son aide. Le fondateur lui demanda tout à coup, "Quel était ton épouvantard ? Le vrai ?"

Harry termina de lancer le sortilège sur le lit sur lequel il travaillait, puis s'appuya contre l'encadrement de la porte regardant Salazar qui était en train de créer une autre pièce juste en face du couloir. "Qu'est-ce qui vous fait penser que ce n'était pas le vrai ? »

"Quand tu as raconté ce que c'était, tu était très calme, beaucoup trop en vérité »," répondit calmement Salazar. Il donna un dernier coup de baguette à la pièce puis se tourna vers le garçon. "Et j'ai ressenti tes émotions la première fois que tu l'as mentionné."

"Hm. C'est de la triche."

"En effet," acquiesça Salazar sans un soupçon de culpabilité.

Harry sourit faiblement, puis expliqua: "Je ne sais pas s'ils existent à cette époque, mais mon épouvantard a toujours été un détraqueur."

Salazar fronça les sourcils pendant un moment, puis secoua la tête. "Je ne les connais pas, mais je ne suis pas un expert en créatures magiques."

"Eh bien, ils sont vraiment horribles et terrifiants. Ils se nourrissent de la joie et de tout sentiment de bonheur qui existent en nous. Ils peuvent aspirer notre âme, en utilisant ce que l'on appelle le baiser du Détraqueur. Ces créatures sont le froid, le vide et la peur. " Son sourire devint sombre quand Salazar frissonna. "A côté eux, Voldem– Je veux dire lui, est presque un ange "

"Un peu comme un serpentcendre à côté d'un dragon ?" fit Salazar. "Les deux sont très dangereux, mais tu vas être beaucoup plus préoccupé par le dragon."

"Tout à fait," approuva Harry avant de revenir à l'épouvantard. "Et pour vous alors, quelle forme prendrait l'épouvantard si vous en croiseriez un ? "

Le visage de Salazar se fendit d'une grimace. "Ça mon garçon, je le garde pour moi ."

Harry haussa les épaules. "Je le découvrirai un jour "

"Peut-être » se consentit à dire Salazar. : Et peut-être que si je suis très chanceux, tu ne le découvriras jamais.

Harry sourit et se concentra sur la métamorphose d'un bloc de bois en bureau.

-0-

La veille du solstice d'hiver - le premier jour de Yule - les enfants furent informés au petit-déjeuner qu'ils ne recevraient pas de leçons pendant les vacances. A la place, ils devaient passer la journée à décorer et à trouver des arbres et des bûches dans la forêt. Kenric et Duana offrirent immédiatement leur aide pour aller dénicher des arbres et des bûches pour Noël, tandis que Helena, Conrad et les deux autres enfants que Helga et Rowena avaient emmenés avaient tous accepté d'aider à la décoration. Ramona insista ur le fait qu'elle aiderait Helga dans la cuisine et, lorsque tout le monde se tourna vers Harry, il demanda s'il pouvait faire de même.

"Tu sais cuisiner?" s'enquit Helga. Elle n'était pas la seule à être surprise.

Harry haussa les épaules. "Bien sûr. Je peux faire bien plus que de la soupe ", ajouta-t-il, en adressant un petit sourire malicieux à Salazar.

Salazar ricana. "On verra ça »

"Bien", les interrompit Helga avant qu'ils ne commencent à se chamailler comme Salazar et Godric l'avaient toujours fait, "Je ne vais refuser une troisième paire de mains dans la cuisine, surtout pour un festin aussi important. Je vais voir comment tu te débrouilles et si tu as du mal à suivre, je t'enverrai aider à la décoration. "

Harry sourit. "Pas de problème."

Harry s'en sortit relativement bien. Helga prit quelques minutes pour lui apprendre certains sorts qu'elle utilisait – "J'ai toujours fait la cuisine de manière non magique", commenta Harry, apprenant quelques recettes au passage.. Il était habitué à cuisiner pour des repas constitués de quatre ou cinq personnes, voire plus lorsque Vernon et Pétunia s'entouraient de leurs amis. Et il n'eut donc pas trop de mal à suivre la petite femme potelée.

Au déjeuner, Helga informa Salazar: "Tu ne peux pas le récupérer, je le garde."

« Je l'ai vu le premier", répliqua aussitôt Salazar

« Dites, est-ce que j'ai l'air d'un jouet ? »lança Harry en roulant des yeux. "Helga, honnêtement, je peux aller aider les autres pour décorer le château. Je me débrouille pour la cuisine, mais j'avoue que ce n'est pas ma tasse de thé."

Helga soupira. "Oh, je sais." Au sourcil levé de Harry, elle expliqua: « Cela se voyait que tu ne t'amusais pas, même si tu m'as bien aidé »

Harry sourit. "Ce n'est pas parce que je n'aime pas cuisiner que je ne vous aiderai pas si vous en avez besoin. Et vos sorts m'ont été bien utiles, je dois l'admettre."

Helga lui sourit en retour. "J'en suis ravie. Je ne peux pas imaginer cuisiner sans magie."

Harry secoua la tête. "J'espère que vous trouverez plus de cuisiniers "

Helga soupira, l'air plus qu'un peu contrarié. Ramona, à côté de sa mère, clarifia : "Nous avons du mal à trouver du personnel. Les cuisiniers ne sont pas courants dans la communauté magique, la plupart des gens préfèrent utiliser des sortilèges et des foutues potions ! "

« Réfléchis-y à deux fois avant de venir me voir pour ton prochain rhume alors " rétorqua Salazar à qui rien n'échappait et Ramona leva les yeux au ciel.

Harry se souvint vaguement de quelque chose que Hermione avait dit lors de l'une de ses leçons sur la SALE "Vous ne pourriez pas engager des elfes de maison ?"

Helga soupira et secoua la tête. "Et les forcer à faire tout le travail pour nous pendant que nous passons la journée à nous reposer?"

"Nous reposer ?" répéta Godric en riant. "Helga, ma chérie, penses-tu réellement qu'enseigner à tous ces enfants sera reposant ?"

"Tu ne peux pas servir les repas et enseigner en même temps ", ajouta Roscoe, souriant à sa femme. "Tu auras besoin de toute l'aide possible, et ces elfes n'auront pas à assister aux cours à côté."

"Je suis sûr qu'il y a des elfes de maison qui se trouvent entre les mains d'employeurs horribles ," commenta Harry entre deux bouchées de pain. "Vous pourriez aller les voir et leur donner un meilleur endroit où vivre."

"On pourra aussi donner une raclée à leurs propriétaires, histoire de leur apprendre les bonnes manières » renchérit Godric avec un sourire féroce.

« Tout ne doit pas être manipulé avec la force brute, Godric," interrompit Rowena. Une discussion animée s'ensuivit entre les deux fondateurs pour savoir quelle était la meilleure façon de convaincre les propriétaires des elfes de maison, l'un préférant les mots et la sagesse, l'autre la force et l'épée.

"Je suppose qu'il y a encore des elfes de maison à Poudlard," fit Salazar d'une voix calme à Harry et le garçon lui lança un sourire.

La journée suivante fut essentiellement consacrée à rester assis dans des poufs et des chaises moelleuses devant la cheminée de la Grande Salle. Helga leur fournit du thé, du jus de fruits et des biscuits pendant que les quatre fondateurs leur racontaient comment ils s'étaient rencontrés et comment avaient trouvé le château abandonné. Ollivander fut harcelé jusqu'à ce qu'il les régale en racontant comment il avait voyagé, à pied, à travers l'Asie pendant deux mois à la recherche d'un re'em, une créature reconnue pour les propriétés particulières de son sang et dont il voulait utiliser les poils pour la confection de ses baguettes.

Le dîner fut servi en début de soirée et tous apprécièrent le repas mitonnés par les troifs chefs, les éloges devenant de plus en plus bruyants au fur et à mesure que les pichets d'hydromel se vidaient.

Après le dîner, ils retournèrent devant la cheminée et rirent aux éclats alors que Godric utilisait un brin de houx - Bernia avait confisqué son épée avant le dîner - pour reconstituer certains de ses duels préférés. Après le premier contre un adversaire imaginaire, il traîna Kenric hors de son pouf et tous deux firent semblant de se battre en duel pendant que leur public les encourageait en riant et en applaudissant.

Après une soupe légère – de Salazar bien évidemment, Harry ne s'en plaignit par pour une fois - et un thé aux vertus apaisantes, tout le monde se mit au lit. Rowena alla chercher Godric, le regard furibond, afin que ce dernier cesse enfin de chanter et de brailler à tue-tête dans tous les couloirs du château.

"Ce fut la meilleure fête de tous les temps ", déclara Harry en tombant sur la pile de couvertures que lui et Salazar avaient continué de partager dans la pièce principale.

Salazar se mit à rire, ses trois verres d'hydromel l'avait rendu plus amical et plus ouvert . "Godric anime toujours ces fêtes et l'on ne s'ennuie jamais " Il s'étendit à côté de Harry et passa un bras autour des épaules du garçon. "Ce fut vraiment un excellent festin que vous avez organisé ensemble."

« Arrêtez de dire ça," fit Harry, les joues rouges de plaisir et d'hydromel. Il se rapprocha de l'homme dont le corps n'était pas encore trop chaud. Après un moment, il avoua " C'est la première fois que je prépare un repas de fête que je suis autorisé à manger."

Les doigts de Salazar se resserrèrent sur l'épaule de Harry. "Pourquoi?" demanda-t-il, tentant de maîtriser la colère qui montait en lui.

Harry ferma les yeux. "Ma tante et mon oncle avaient horreur de la magie. Ils avaient tendance à me traiter comme un serviteur." Lorsque les doigt de Salazar s'enfoncèrent dans son épaule, Harry tendit la main et les écarta doucement. "Salazar, ils ne me feront plus rien. Pour eux, je suis probablement mort "

"Ils ne sont même pas encore nés," murmura Salazar, relâchant sa prise de l'épaule de Harry. "Je suis désolé."

Harry secoua la tête. "Ça n'a pas d'importance", dit-il. "Ce n'est pas comme si j'allais les revoir."

Le cœur serré, Salazar déposa un baiser sur la tête du garçon "Dors, Harry," chuchota-t-il.

Harry soupira, puis s'allongea, s'endormant presque aussitôt. Salazar resta éveillé encore un moment, fixant les lueurs vertes qui dansaient sur le plafond et se promettant de commencer à faire des recherches sur les moyens de ramener Harry à son époque. Il pourrait mettre son travail en attente pendant un moment, il serait toujours là une fois que Harry serait parti.

Et, quelque part dans les coins les plus profonds de son esprit, là où étaient rangés ses désirs les plus secrets, il se demanda s'il n'aurait pas besoin de cette distraction lorsque Harry serait parti, car il s'était bien trop attaché au garçon pour son propre bien.