Salut les filles ! J'espère que vous allez bien ?
Je viens de me faire draguer par un inconnu (qui avait l'air super louche en plus) sur le site , c'est la première fois que ça m'arrive, j'avais l'impression d'être sur Meetic XD Il est bien gentil le coco, mais s'il recommence, je lui envoie Salazar et Godric lui apprendre les bonnes manières...
Bref, sur cette parenthèse, je vous souhaite une bonne lecture !
Harry et Salazar évitèrent de reparler des tentatives pour envoyer Harry dans leur futur. Parfois ils abordaient la question de façon implicite. « Toujours rien trouvé pour le moment ? » demandait Harry. Et lorsque le fondateur revenait de l'une de ses nombreuses escapades à l'extérieur, il lançait au jeune garçon : « Cela n'a rien donné, désolé ».
Étrangement, les autres Serpentard ne semblaient pas troublés par ces échanges et Harry ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'ils savaient - ou ce qu'ils pensaient savoir - mais leur silence à ce sujet lui convenait très bien au final.
Salazar avait pris leur discussion à cœur, du moins dans une certaine mesure. Quand il partait durant une longue période - habituellement le week-end, ou lorsque ses élèves avaient des moments de libre - il laissait soit un mot à Harry soit il le lui disait en personne. Il chargeait aussi Harry de rapporter aux autres fondateurs son absence – ce qui était probablement sage, vu les nombreuses crises de colères de Godric lorsque Salazar disparaissait.
Harry était un peu surpris que Rowena et Helga ne se mettent pas aussi en colère. Un après-midi, au mois de mars, il en parla à Helga et celle-ci lui expliqua : «Franchement, si tu n'étais pas l'un de ses élèves, c'est probablement ce qu'il se passerait, mais étant donné que tu es capable de gérer les choses sans lui, alors ... "
Harry soupira et se frotta le front, passant en anglais moderne pour murmurer. "L'idée était de profiter de ce séjour à Poudlard sans en attendre de miracles. Foutu Salazar..."
Helga eut un sourire en coin, comprenant les marmonnement de Harry en se fiant à son ton et à la façon dont il avait prononcé le nom" Salazar". " Ce qui est bien, c'est que tes camarades commencent à te faire confiance »
"Je sais." Harry lui sourit. "Mais je garde toujours un œil sur Duana, Conrad et Kenny au cas où ils causeraient des ravages dans le château." Harry rit doucement. "Pourtant, j'aurai préféré que cela ne soit pas nécessaire, que Salazar soit ici, au château avec nous."
"Comme nous tous." Helga tira particulièrement fort sur une mauvaise herbe et laissa échapper un souffle irrité. "J'ignore ce qui est important pour Salazar au point de partir pratiquement toutes les semaines. Cela aurait sûrement pu attendre que nous renvoyions les enfants chez eux pour les récoltes."
Harry haussa les épaules. "Visiblement, non, cela ne pouvait pas attendre", dit-il sans détour.
Helga lui lança un regard en coin. « Sais-tu ce qu'il fait ? »
Harry eut une moue désabusée "Pourquoi dirait-il à un élève ce qu'il ne dit pas à ses amis?"puis il partit s'occuper d'une autre parcelle du jardin.
Après l'incident avec Fane, Harry avait pris soin de porter un haut de pyjama. Ce n'était pas qu'il avait honte des cicatrices qui lui marquaient dos - elles étaient davantage une marque de sa survie, et un rappel qu'il se devait de devenir plus fort sans quoi il se ferait tuer - il ne voulait tout simplement pas répondre à des questions embarrassantes, bien que Harry ait parfois aperçu l'autre garçon qui l'observait avec une sorte de tristesse pensive. Dans ces moments là, Harry envisageait presque de persuader Salazar de lui enseigner la Légilimencie, malgré son sens éthique de la morale.
Morgan se mit à mieux tolérer la présence de ses comparses issus de milieu inférieur. À la fin du mois de mars, les autres Serpentard l'aimaient généralement beaucoup, et la plupart des élèves des autres maisons arrivaient à le supporter, même s'ils ne le comprenaient pas toujours.
Harry fut agréablement surpris par la camaraderie qui régnait entre les quatre maisons. Alors qu'un grand nombre de Serdaigle avaient tendance à rester derrière leurs livres, quelques-uns parmi les plus jeunes commencèrent à se joindre aux activités des élèves de Gryffondor, Poufsouffle et Serpentard pendant leurs jours de pause. Harry appréciait d'être en weekend car il faisait l'arbitre lors des batailles de boules de neige. Lors de ces jeux, il punissait les tricheurs en leur lançant des boules de neige jusqu'à ce qu'ils le supplient d'arrêter. Il y avait eu quelques tentatives de révoltes, mais Harry n'était rien, sinon plein de ressources, et il prenait soin de ne pas apprendre à ses camarades Serpentard tous les sort qu'il connaissait - allant même jusqu'à lire la nuit des bouquins sur les sortilèges dans la salle qui pouvait changer d'apparence. Ainsi, personne ne savaient comment l'arrêter.
Lorsque la neige fut totalement fondue, les enfants se mirent à jouer à de nouveaux jeux de plein air, des variations du chat et de la souris ou de la capture du drapeau.. Harry n'avait même pas à dire qu'il ne jouait pas; Mavis et Vail étaient fermement convaincus que Harry trichait et qu'il devrait rester arbitre (Harry avait seulement secouer la tête en riant). Le week-end, quand il pleuvait - Helga et Bernia menaçaient de stupéfier quiconque serait pris dehors sous la pluie pendant trois semaines - les enfants mettaient en place des groupe d'études, rassemblant les tables de leur maison et discutant du travail de leurs professeurs. Même les Serdaigle les rejoignirent, au début ils furent assez dédaigneux, se croyant supérieurs aux autres, jusqu'à ce qu'ils sachent que Harry pouvait rivaliser avec Helena et Velda Kenward lorsqu'il était question de connaissances, et que les autres Serpentard ne se trouvaient pas loin derrière.
Les leçons se poursuivirent à peu près de la même manière pour Harry: la métamorphose, les sortilèges, la botanique et la défense magique étaient en grande partie récapitulatifs, l'arithmancie n'était définitivement pas fait pour lui, mais les autres cours étaient amusants.
Harry continua à être surpris de voir à quel point il aimait les cours de potions avec Salazar ; contrairement à Rogue, il ne prenait pas les élèves de haut et ne les humiliait pas. Le fondateur prenait le temps de leurs expliquer leurs erreurs, de manière à ce qu'ils progressent. Même chose lorsqu'il leur enseignait la magie de la guérison, il s'interrompait pour répondre à toutes les questions de la manière la plus large possible et ne criait jamais. En revanche, il pouvait se montrer sarcastique et ironique lorsqu'une question avait déjà été posée ou lorsque la réponse lui semblait évidente.
Durant plusieurs semaines, les cours avec Roscoe - Harry les désignait mentalement comme des travaux manuels - consistaient à monter du mobilier. Mais d'abord ils assemblèrent une table et des chaises que les Serpentard recherchaient pour leur salle commune et un canapé confortablement rembourré et garni de couvertures.
Une fois qu'il estima qu'ils disposaient de suffisamment de mobilier pour les salles de classe, Roscoe leur donna un cours intensif sur d'autres formes d'art non magique, notamment la création de sculptures en argile, en bois ou en pierre; la poterie et la peinture. Harry réussit à réaliser quelques assiettes et un vase qu'il gardait dans sa chambre avec des fleurs sauvages. Il échoua lamentablement avec la peinture, mais il découvrit qu'il avait du talent pour sculpter – et aussi tailler – le bois et de temps en temps il s'entraînait sur des branches qu'il trouvait près du lac et dans la forêt.
Les cours de défense non magique avec Godric et Bernia se terminaient souvent par des gémissements et des lamentations, pourtant, malgré leurs muscles endoloris, ils étaient visiblement meilleurs et plus à l'aise avec les armes qu'ils avaient choisies. Au mois de juin, Harry et Mavis étaient capables de frapper des cibles avec leurs couteaux neuf fois sur dix, et alors qu'aucun d'entre eux ne pensait pouvoir se défendre contre Fane ou Godric en combat rapproché, ils arrivaient en revanche à dominer et à vaincre Vail et Morgan Tous les étudiants étaient également à peu près certains que s'ils trouvaient une lance, un arc, une épée, des couteaux ou une petite hache, ils pourraient la manier sans problème. A leur dernier cours, Godric leur promit de les entraîner à la rentrée à manier des haches de guerre plus lourdes, des arbalètes et des fléaux.
Litha - le solstice d'été – arriva rapidement et il était donc temps pour la plupart des enfants de rentrer chez eux et aider leur familles à faire les récoltes des prochains mois. Les étudiants qui partaient emballaient le reste de leurs affaires après le petit-déjeuner, tandis que ceux qui restaient se détendaient, attablés dans la Grande Salle. Harry avait rappelé à Salazar l'incertitude quant à la sécurité de Mavis dans son village et le Fondateur avait acquiescé et déclaré: "Nous avons déjà fait le nécessaire".
Lorsque les étudiants rentrèrent dans la Grande Salle avec leurs valises, les quatre fondateurs les accueillirent avec un sourire triste. "Vous serez de retour avant même que vous ne le sachiez", assura Helga aux sourires tristes qu'ils avaient reçus en retour.
"Chacun de vous va recevoir deux portoloins", annonça Rowena alors que Godric et Salazar commençaient à les distribuer. "Celui que Godric vous donne vous permettra de rentrer chez vous, puis deviendra inactif. Celui remis par Salazar vous ramènera à Poudlard à l'heure convenue. Cependant, si à un moment quelconque pendant les vacances, vous vous sentez en danger et si vous avez besoin de sécurité, casser le portoloin en deux vous emmènera immédiatement ici ainsi que tous ceux qui se trouvent à proximité. Faites donc attention avec cette fonctionnalité. "
"N'oubliez pas de réagir d'abord avec les armes non magiques ", leur rappela Godric avec sérieux. "N'utilisez votre magie qu'en dernier recours ou si vous êtes certain qu'elle ne vous ne causera pas de préjudice"
"Et ne soyez pas stupide," ajouta Salazar et les élèves laissèrent échapper un rire nerveux.
Installé entre Conrad et Ramona à la table des Poufsouffle, Harry ne put s'empêcher de comparer cet avertissement aux ordres de ne pas utiliser du tout la magie pendant les vacances d'été. «À l'heure actuelle, il s'agit de nous protéger, mais à mon époque, il s'agissait surtout de protéger les personnes non magiques. De nos jours, la communauté magique vit avec la peur perpétuelle de se faire massacrer et exterminer par les moldus. Est-ce l'ignorance ou un sentiment de supériorité qui fait que les sorciers et les sorcières du futur se croient intouchables? Peut-être les deux...'
"Ça va, Harry?" murmura Ramona alors que les portoloins des élèves s'activaient les uns après les autres.
"Hm?" Harry la regarda et sourit. "Oui, ça va. J'étais dans mes pensées."
"Des pensées profondes, sans doute," le taquina Ramona. "Veux-tu faire une partie de cartes avec nous ?"
"Oh oui, pourquoi pas " accepta Harry et ils se levèrent pour rejoindre Kenric, Duana et Conrad près de la cheminée, où ils étaient en train de jouer. À l'appel de Ramona, Fiona, l'autre Poufsouffle qui restait cet été, les rejoignit avec un sourire reconnaissant. Helena, comme d'habitude, refusa de venir, mais June, l'autre Serdaigle, accepta de les rejoindre, laissant son livre à la table des Serdaigle.
L'été s'écoula doucement, entre la lecture, l'entraînement avec des armes non magiques et diverses tentatives pour mettre l'école à niveau ils furent tous très occupés. Des salles de classe furent aménagées - les meubles terminés étaient tous simplement mis de côté selon les matières enseignées par les professeurs - les serres furent aménagées petit à petit et les salles communes et les dortoirs obtinrent du mobilier supplémentaire.
Les fondateurs, encore une fois, se relayèrent pour aller chercher de nouveaux étudiants. D'après les rumeurs qui circulèrent le soir au dîner, ils n'eurent pas beaucoup de chance, mais ils trouvèrent chacun au moins un nouvel élève.
Salazar arrêta Harry un soir après le dîner, alors qu'ils étaient dans salle commune: "Je devrais te prévenir, j'ai offert cette place à cet élève, mais c'est uniquement à cause de toi que je l'ai fait."
Harry leva un sourcil ironique. "Oh ? Vous me reprochez d'avoir invité un étudiant ? C'est nouveau ça ! "
Salazar renifla. "J'aurais suggéré à Godric de le prendre, étant donné à quel point le garçon était stupide quand je l'ai vu, mais ensuite j'ai entendu son nom."
"Salazar," dit Harry, "arrêtez un peu d'être aussi difficile."
Une lueur amusée dansait dans les yeux du fondateur lorsqu'il déclara à Harry: "Il s'appelle Merlin."
Harry cligna des yeux plusieurs fois, proprement stupéfait. " Quoi ? Merlin ? Le Merlin ?"
"Comment pouvais-je savoir ?" rétorqua Salazar . "Tout ce que je sais, c'est qu'il peut utiliser la magie, qu'il s'appelle Merlin et qu'il a un talent incroyable pour s'attirer des ennuis. Selon sa mère, il a un esprit complètement tordu."
Harry pointa un doigt sur Salazar. "J'ai compris. En fait vous l'avez fait exprès. Comme ça vous ne pouvez pas me renvoyer chez moi tant que je ne l'aurais pas rencontré et volé un morceau de parchemin sur lequel il a écrit son nom."
" Quoi ?"
"Bordel de merde, je vais dormir dans le même dortoir que Merlin ," souffla Harry, se dirigeant vers les dortoirs. « Je rirai au nez à chaque sang-pur que je croiserai."
"Et si il n'était pas ton célèbre et puissant Merlin ?" l'interpella Salazar, déchiré entre l'amusement et l'horreur.
Harry s'arrêta pour réfléchir, puis lui décocha un sourire innocent par-dessus son épaule. "Ils ne le sauront pas." Puis il se dirigea vers sa chambre en sifflotant.
Le lendemain matin, Harry était toujours d'excellent humeur, au grand amusement de Salazar et à la confusion de tous les autres.
"Alors, que s'est-il passé après le dîner et qui t'a mis dans un tel état ?" murmura Duana, à moitié endormie dans sa bouillie.
"Rien," dit Harry, souriant follement et essayant de ne plus siffloter.
"Papa, est-ce qu'on peut le torturer pour le faire parler ? » demanda Kenric à Godric.
Godric sembla considérer cela un instant avant que Bernia ne lui donne une tape sur le bras. "Maman dit non."
"Oh, allez, maman," plaida Kenric.
Mais ses mots ne produisirent pas le moindre effet sur Bernia qui lui lança sans ciller. "Termine donc ton petit déjeuner au lieu de dire des bêtises."
Harry fit un effort pour paraître moins joyeux, mais ses yeux brillaient toujours de contentement quand ils se levèrent pour sortir. Ils venaient d'atteindre les portes de la Grande Salle, Godric en tête, quand un bruit sourd résonna derrière eux. Ils se retournèrent simultanément et aperçurent avec horreur une petite silhouette aux cheveux roux allongée au milieu de la Grande Salle. Une flaque écarlate s'écoulait de sa tête, glissant doucement sur le sol en pierre tandis que des yeux verts fixaient le plafond sans le voir.
Il n'y avait que deux élèves qui n'étaient pas actuellement à Poudlard et dont les cheveux étaient de cette couleur : Mavis et Velda Kenward. Et les yeux de Velda étaient bruns...
"Que les dieux lui soient miséricordieux," souffla Helga, la voix emplie de chagrin.
"Faites sortir les enfants!"ordonna Salazar avant de se diriger vers le corps.
Harry se laissa entraîner par Helga, profondément sonné. Le visage pâle et les yeux sans vie de sa camarade assaillaient sa vision, lui meurtrissaient le cœur, et il eut l'impression d'être plongé à nouveau en plein cauchemar. Dès que l'air frais à l'extérieur frappa son visage, il retira doucement sa main de celle de Helga en murmurant : «Excusez-moi» avant de passer devant les élèves et les professeurs et de se diriger vers le lac en courant.
"Har-" Helga commença à l'appeler, mais Rowena secoua la tête.
"Laisse-le partir", ordonna la grande femme en s'agenouillant à côté de sa fille qui pleurait en silence. "Comme nous l'avons tous déjà remarqué, il ressemble beaucoup à Salazar; il préférera rester seul."
Harry s'arrêta à quelques mètres de son emplacement habituel au bord du lac, et vomit avant de poursuivre son chemin. Là, il se recroquevilla et ferma les yeux. Derrière ses paupières fermées, le corps de Mavis prit l'apparence de Ron, Ginny, puis Fred et George, jusqu'à ce qu'il secoue la tête et fixe les eaux grises du lac.
Il sentit plus qu'il n'entendit Salazar s'approcher de lui. "Elle est morte, n'est-ce pas ? "
Salazar s'assit à côté du garçon, ses yeux verts assombris par la tristesse. "Oui," acquiesça-t-il.
Harry resta silencieux pendant un long moment, clignant rapidement des yeux pour éviter de revoir ses amis, sa presque famille, à nouveau. Finalement, il raconta: "J'étais en train de passer une épreuve. Un tournoi entre différentes écoles de sorcellerie. Vold- Il a ..." Harry prit une profonde inspiration, tout était en désordre dans sa tête, les souvenirs de son époque se surexposaient à ceux d'ici, mais il fallait qu'il parle, c'était un besoin, parce que parfois, cela ne semblait pas réel. Mais c'était vrai, c'était arrivé et il ne pouvait plus rien faire pour Cédric. Mais au moins, Mavis, elle, pourrait être pleurée. Au moins, son corps pourrait être rendu aux siens.
"Je n'étais pas supposé participer à ce tournoi, mais d'une façon ou d'une autre, il s'est arrangé pour que je participe. Il y avait ce labyrinthe ... Moi et l'autre concurrent de Poudlard - Cédric – on a couru jusqu'à la coupe. On l'a saisie ensemble. On pensait...on pensait qu'on avait gagné, qu'on sortirait tous les deux vainqueurs - sauf que la coupe était un portoloin. Il nous a amené dans un cimetière et Vol - et il était là. Et il a dit à Queudver, un de ses sbires, de tuer Cédric alors Queudver l'a fait. "
Salazar enroula un bras autour des épaules de Harry et attira la forme recroquevillée contre lui, lui offrant silencieusement un peu de réconfort, comme l'autre fois.
Harry se détendit contre lui, inhalant son odeur au passage, un mélange à la fois boisé et légèrement épicé "J'aurais dû prendre la coupe quand il me l'a dit," murmura-t-il. "Je n'aurais pas dû discuter. J'aurais dû lui dire-"
"Harry," murmura Salazar. "Tu n'aurais pas pu savoir."
Harry secoua la tête. "Je savais que le tournoi était un piège - nous le savions tous, mais nous ignorions comment. Je croyais ... Des gens étaient déjà morts dans ce tournoi et il y avait une limite d'âge à cela, pour empêcher que cela se produise. Tout le monde pensait que j'allais probablement mourir au cours de l'une des tâches. Jamais on n'aurait pensé...jamais on n'aurait deviné … "Il laissa échapper un rire amer. "Un portoloin...un fichu portoloin."
Salazar fronça les sourcils, confus "Pourquoi organiseraient-ils un tel tournoi alors que des élèves sont morts dans le passé ?"
"Ils voulaient renforcer la cohésion magique internationale, mais c'était surtout pour savoir quelle école magique européenne était la meilleure".
"Européenne ?" répéta Salazar avec incertitude.
Harry hocha la tête. "J'ignore pourquoi ils ont voulu refaire ce tournoi. Dumb- Le directeur- n'était pas tellement d'accord, mais il n'a pas pu les arrêter. Tout ce qu'il a pu faire c'est les obliger à mettre une restriction d'âge, et ça a eu l'air de fonctionner - j'ai vu deux autres étudiants qui n'ont pas mettre leur nom à cause de la limite d'âge- mais bon ... "Il laissa échapper un soupir et ferma les yeux, la vision du corps disparaissant peu à peu au contact de Salazar. "Qu'allez-vous faire pour Mavis ?"
Salazar serra l'épaule de Harry. "Godric et Rowena sont allés voir s'ils pouvaient découvrir exactement ce qu'il s'est passé. On fera un bûcher funéraire pour elle et sa famille - si leurs corps peuvent être retrouvés - et, lorsque les autres élèves seront rentrés, on instaurera une journée en souvenir de sa mémoire avant le début des cours. " Il resta silencieux un moment avant de rajouter: "Je resterai au château pendant quelques jours. As-tu besoin de moi ?"
Harry savait que Salazar poursuivait ses recherches pour tenter de renvoyer Harry chez lui, l'obligeant à sortir du château plus souvent qu'il ne le devait. Il était partagé, parfois il se sentait profondément triste et amer, pensant, à tort, que le fondateur, cherchait à un moyen de débarrasser de lui, mais il se disait aussi que Salazar avait raison, car Voldemort était de retour et quelqu'un devait avertir Dumbledore. Quelqu'un devait dire à tout le monde que Cédric était mort.
Harry devait rentrer chez lui.
"Non," dit-il en se relevant et en s'éloignant. "Je vais bien."
Salazar regarda un instant Harry se reprendre, essuyant les larmes qu'il n'avait pas remarquées. Et pour ce qui lui semblait être la centième fois depuis leur rencontre, le cœur de Salazar se brisa pour ce garçon qui avait vécu un enfer et qui avait assisté impuissant à l'assassinat d'un de ses amis , mais qui, pourtant, arrivait encore à sourire.
"Tu attends trop de ce garçon!" l'avait averti Godric la première nuit où Salazar avait disparu. Il avait insisté sur le fait qu'il savait que Harry serait capable de gérer les choses sans lui, et même si Godric avait fait plus d'une remarques à ce sujet, il avait rétorqué sans hésiter qu'il faisait confiance à Harry pour s'occuper des autres élèves. La réplique de Salazar avait rendu Godric furieux.
«Peut-être qu'il a raison», songea Salazar tandis qu'il se levait à son tour, allant retrouver le jeune garçon. J'attends sans doute trop de ce garçon mais il m'est impossible de ne pas m'attacher à lui. Parce qu'il refuse de se laisser abattre, que ce soit par la mort, ou par ce voyage dans le temps. Il aura quelques moments de chagrin puis il passera à autre chose. "
Ils rentrèrent dans le château et Harry se dirigea vers ses amis. Il prit une Duana profondément attristée par la main et s'assit avec elle pour la réconforter pendant que Bernia se chargeait de Kenric. Ramona alla s'asseoir à côté de Harry. Harry lui murmura quelque chose et ses lèvres tremblèrent avec un sourire triste alors qu'elle posait sa tête contre son épaule.
Salazar se détourna et quitta la Grande Salle pour préparer le corps de Mavis au bûcher, essayant désespérément de se rappeler de ne pas s'attacher.
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Le bûcher funéraire était plus grand que ce qu'ils pensaient. La récolte avait encore été mauvaise cette année-là et, en représailles, les villageois avaient attaqué la famille de Mavis, les traitant de sorciers et les maudissant. Mavis et son père étaient restés sur place pour donner une chance à sa sœur et à sa mère de s'échapper, et tous deux avaient fini par se faire tuer. Après la chute de Mavis, son portoloin s'était brisé et sa disparition n'avait été qu'une preuve de plus que la famille adorait le diable. Ils avaient pourchassé la mère et la petite sœur de Mavis chez les parents de sa mère et avaient massacré tout le monde, y compris le frère aîné de Mavis, sa femme et leur fils âgé de un an.
Harry et Salazar portèrent les flambeaux et allumèrent le petit tas de bois. Quand ils se reculèrent pour rejoindre les autres, Harry trouva Ramona à ses côtés, pleurant doucement. Il passa son bras autour de ses épaules et l'attira plus près de lui, observant les flammes détruire ce qu'il restait de leur amie.
Cette nuit-là, le sommeil de Harry fut peuplé de corps brisés et de maisons enflammées. Un cauchemar fut même si violent qu'il se réveilla en sursaut, le cœur battant et le visage moite de sueur. Il sortit de sa chambre et alla frapper à la porte de Salazar, mais il n'y eut pas de réponse. Quand il poussa la porte – laquelle n'était pas protégée pendant les vacances - la pièce était vide et Harry sentit son cœur se fissurer alors même qu'il murmurait, "A quoi est-ce que je m'attendais de toute façon ?"
Il ramassa un morceau de bois posé sur un meuble et se pelotonna sur le canapé.
Il ne savait pas quand il s'était endormi, mais il se redressa brusquement quand il sentit une main se poser sur son épaule. Clignant des yeux, il trouva Ramona qui lui souriait alors qu'il la menaçait de sa baguette. "Désolé," murmura-t-il en baissant son bras.
Ramona laissa échapper un rire silencieux. "Au moins tu ne m'as pas jeté de sort. Est-ce que tu pointe toujours ta baguette sur celui qui ose te réveiller ?"
"En général, je me lève avant tout le monde," répondit Harry en posant sa baguette et en cherchant sa sculpture et son couteau qui avaient disparu il ne savait où. "Mais j'ai failli lancé un sort sur Fane l'autre fois… Oh, merci", dit-il alors que Ramona lui tendait la sculpture et son couteau.
"C'est très joli," commenta Ramona.
Harry jeta un coup d'œil à l'oiseau en bois niché dans le creux de sa main. La tête avait besoin d' être affinée davantage et les plumes sur la queue d'être allongées, mais c'était l'une de ses plus belle pièce. "Merci" murmura-t-il en se levant et en s'étirant un peu.
"C'est pour qui ?"
Harry tourna l'oiseau entre ses mains, regardant par les fenêtres la lumière du soleil qui miroitait à travers l'eau du lac. "Mavis. Elle m'a dit, une fois, que son nom voulait dire" oiseau chanteur "."
"Oh," murmura Ramona, se couvrant la bouche avec une main et chassant les larmes qui brillaient sur ses yeux.
Harry lui sourit. "Alors, qu'est-ce que tu fais ici?"
Ramona renifla et passa un doigt sous ses yeux. "Tu as raté le petit-déjeuner, alors j'ai préféré voir si tu allais bien." Quand Harry jeta un coup d'œil vers la porte de la salle commune, elle expliqua :"Maman m'a donné le mot de passe."
"Je m'en doutais." Harry secoua la tête. "Bien, laisse-moi m'habiller, ensuite nous pourrons passer à la cuisine et voir s'il n'y a pas un petit quelque chose qui me poussera un peu à manger "
Ramona éclata de rire. "Ça marche."
Harry se revêtit rapidement d'une tunique et d'un pantalon, puis rejoignit Ramona pour se rendre aux cuisines. "Alors, Godric a t-il menacé de me frapper sur la tête pour avoir raté l'entraînement ?" s'enquit-il sur le ton de la plaisanterie.
Ramona esquissa un sourire et secoua la tête. "Tout le monde est encore trop choqué après ce qu'il s'est passé, alors il a dit que nous pourrions avoir un jour de repos de plus." Elle se tut quand ils atteignirent les cuisines et Harry demanda aux elfes de maison de lui préparer un petit déjeuner. Une fois que Harry eut terminé, elle demanda d'une voix un peu trop détachée: "Salazar est-il à nouveau parti ?"
Harry haussa les épaules. "C'est souvent le cas, non ?" répondit-il sur un ton neutre.
"Comment a-t-il osé ?" s'emporta Ramona, les yeux noirs de colère alors qu'ils arpentaient les couloirs côte à côte. "À un moment pareil ? Qu'est-ce qu'il y a de plus important que …"
"Ramona", l'interrompit Harry, amusé, "ça va."
"Non, ça ne va pas !"
Harry secoua la tête. "Je lui ai dit qu'il pouvait partir", admit-il.
Ramona s'arrêta et Harry fit de même, se retournant pour la regarder avec curiosité. "Tu lui as dit qu'il pouvait partir ?" Quand Harry haussa les épaules et opina de la tête, mordant dans l'un des biscuits au miel que lui avaient donnés les elfes de maison, elle murmura: " Pourquoi ?"
"Pourquoi pas ?" répliqua Harry. Quand elle ouvrit la bouche, il ajouta: "Je n'ai pas besoin qu'il reste auprès de moi, Ramona. Je vais bien." Puis il se retourna et continua de marcher en se demandant s'il ne serait pas préférable de s'asseoir au bord du lac et d'attendre jusqu'au déjeuner ou de lire dans la salle qui pouvait changer d'apparence.
Ramona rattrapa Harry avant qu'il ne puisse prendre une décision et demanda, "Est-ce que tu ressens au moins quelque chose pour la mort de Mavis?"
"Bien sûr que oui," s'irrita Harry, et quand il la regarda, il y avait une vraie tristesse dans ses yeux, "mais je ne peux rien y faire à présent, je n'ai plus que des souvenirs, et je n'ai pas besoin de Salazar pour me soutenir. Essaye de te souvenir de Mavis comme je l'ai fait. "
Ramona secoua la tête. "Je n'y arrive pas. »
"Je sais " dit Harry. "C'est dur pour tout le monde. Chacun gère son chagrin et son deuil à sa manière. Cela fait partie de l'être humain."
Ramona le regarda curieusement. "Tu n'as vraiment qu'un an de plus que moi ?" .
Harry sourit. "C'est ce qu'on me demande souvent." Il jeta un coup d'œil hésitant sur les portes principales du château et les escaliers avant de se décider et de se diriger vers les portes. "Je vais me balader au bord du lac. Tu veux venir ? "
"Bien sûr", acquiesça Ramona. "Vas-tu finir ton oiseau ?"
Harry secoua la tête. "Peut-être ce soir." Il lui sourit. "Quel est ton animal préféré ?"
"Un blaireau," dit-elle sans préambule puis elle rougit quand Harry partit dans un grand éclat de rire. "Quoi ?"
Harry secoua la tête à nouveau. "Rien. Voyons si j'arrive à sculpter un blaireau aussi facilement qu'un oiseau »
En repensant à l'oiseau que Harry tenait dans ses mains quand elle s'était faufilée dans la salle commune, Ramona se dit que ses compétences devaient être à la hauteur de la tâche.
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Ramona et Harry se mirent à se fréquenter de plus en plus souvent, ce qui ne passa pas inaperçu. Conrad et Kenric grimacaient et faisaient semblant de s'embrasser derrière leur dos tandis que Duana les frappait tous deux sur la tête. Helga et Roscoe souriaient d'un air entendu, de même que les Gryffondor et les Serdaigle. Salazar, qui n'approuvait guère, fut de moins en moins présent dans le château, ne se présentant qu'à un repas tous les deux jours avant de disparaître à nouveau.
Jusqu'à présent, Harry se considérait que comme un ami aux yeux de Ramona. Jusqu'à ce que la jeune fille fasse une plaisanterie à ce sujet un après-midi, "Maman suggère que tu demandes à papa la permission de me courtiser avant de te faire frapper."
Harry arrêta brusquement ce qu'il faisait, un couteau coincé dans un morceau de bois et cligna des yeux plusieurs fois avant de mettre soigneusement son travail sur le côté et de la regarder. "Tu peux répéter ? »
Ramona se mit à rire. "Tu es censé demander à mes parents si tu es autorisé à me faire la cour."
Harry cligna des yeux plusieurs fois, puis laissa échapper, "Ils pensent que nous sortons ensemble ?" Sa voix grinçant sur le dernier mot.
Ramona fronça les sourcils, confuse. "Eh bien, oui. Nous passons presque tout notre temps ensemble. Nous nous asseyons ensemble pendant les repas et aussi le matin quand nous lisons. Tu me fais des cadeaux." Elle baissa les yeux sur la pièce sur laquelle il travaillait, encore un autre blaireau qui faisait parti d'une série qu'il avait faite au cours de ces deux dernières semaines depuis la mort de Mavis.
"Quel imbécile tu es Harry ", murmura Harry en anglais moderne avant de passer au vieil anglais pour avouer, "je ne me suis pas rendu compte, désolé. C'est, eh bien, je ressens la même chose que pour ma meilleure amie " Il secoua la tête. "Nous n'étions pas… Il n'y avait rien entre nous, donc je voulais juste… Oh, mince..." Il soupira et se frotta le front pendant que Ramona l'observait avec un amusement croissant. Elle n'aurait jamais cru voir Harry aussi embrassé par quelque chose d'aussi simple que courtiser une fille.
Harry jeta un coup d'œil au blaireau en bois à moitié sculpté, pesant ses options. D'une part, il serait peut-être intéressant d'entretenir une relation avant qu'il ne retourne chez lui et de mourir prématurément D'autre part, il devrait laisser Ramona ici lorsque Salazar le ramènerait chez lui; pourrait-il honnêtement la laisser ainsi ? Il secoua la tête et soupira, puis leva les yeux et croisa son regard, l'air sérieux. "Ramona, ne le prends pas mal, mais je ne pense pas que se fréquenter soit une bonne idée."
Ramona sursauta comme s'il l'avait giflée "Pourquoi ? Est-ce– est-ce que c'est à cause de moi ? "
" Non !" s'exclama Harry en secouant la tête. Quand elle eut un mouvement de recul, il adoucit sa voix pour s'expliquer "C'est compliqué et je ne peux pas vraiment t'en dire plus. Je suis désolé . Vraiment. Mais il y a-" Il secoua la tête à nouveau, saisissant son petit blaireau en bois et se dressant sur ses pieds. "J'aimerais bien, crois-moi, mais il y a des raisons pour lesquelles je ne peux pas rentrer dans une quelconque relation, ce serait une mauvaise idée. Je suis désolé." Puis il se mit subitement à courir, son cœur tambourinant dans sa poitrine, la bouche sèche, jusque dans les profondeurs des cachots.
Quand il eut peaufiné son blaireau, il demanda à l'un des elfes de maison de le laisser dans la chambre de Ramona avec une note d'excuse. Il évita également la Grande Salle, pas du tout emballé à l'idée de voir les réactions de Roscoe et de Helga à propos du rejet de leur fille. (Pas qu'il y ait véritablement un endroit où se cacher à Poudlard sans qu'ils le sachent ceci dit.)
Salazar le trouva en train de lire dans sa chambre le lendemain après-midi, le front barré d'un pli soucieux :"Très bien, que s'est-il passé ?"
Harry leva les yeux vers lui. "Que voulez-vous dire?"
Salazar grogna et alla s'asseoir sur la chaise confortable adossée contre le mur. "Roscoe raconte à tout le monde comment tu as brisé le cœur de sa petite fille et Helga essaye de le calmer. Ramona s'est apparemment enfermée dans sa chambre. Les autres pensent que soit tu as été assassiné par Roscoe, soit tu as quitté le château, craignant pour ta vie. "
Harry soupira et frotta une main fatiguée sur son visage. "Merde." Il leva les yeux vers Salazar, se sentant plus qu'un peu impuissant, et expliqua: "Tout le monde a apparemment eu l'impression que j'essayais de courtiser Ramona, mais c'était simplement amical. C'est la vérité "
"Les garçons et les filles de ton âge ne sortent généralement pas ensemble en toute amitié", asséna sèchement Salazar « Surtout à cette époque »
"J'ai remarqué," répondit Harry sur le même ton sec avant de soupirer de nouveau et de secouer la tête. "J'aime bien Ramona, et je n'ai rien contre le fait de lui faire la cour - en supposant que je m'y prenne correctement - mais si je retourne à mon époque, je ne veux pas l'abandonner derrière moi sans explication. C'est...eh bien...cruel. Je ne peux pas vraiment lui dire ça, j'ai essayé de lui expliquer que tout était de ma faute, et non la sienne mais… »
Salazar ne dit rien pendant quelques instants, le visage songeur avant de déclarer: "Je ne suis pas un expert en filles–"
"Ça c'est sûr," marmonna Harry.
Salazar plissa les yeux jusqu'à ce que Harry referme sa bouche "Je ne suis pas une experte en filles", répéta Salazar, "mais je crois que tu devrais lui expliquer, et ce, de manière plausible pourquoi tu ne peux pas la courtiser. Elle a l'air... complètement amoureuse de toi."
"Et merde, c'est bien ma veine" murmura Harry en anglais moderne.
"Je pense" commenta Salazar, comme si le garçon n'avait pas parlé, "qu'il faut lui donner la véritable raison pour laquelle tu ne souhaites pas lui faire la cour. Peut-être pas en mentionnant directement ton voyage dans le temps, mais en expliquant que tu cherches un moyen de rentrer chez toi - un voyage pour lequel elle ne peut pas te rejoindre, cette clarification pourrait la réconforter. "
Harry soupira et acquiesça. "C'est possible." Il grimaça. "Maintenant, tout ce que j'ai à faire, c'est d'éviter Roscoe avant de me faire tuer sur place."
Salazar renifla et se leva de la chaise. "Viens. Je vais te conduire jusqu'à la salle commune de Helga et je te ferai entrer; à l'heure qu'il est Roscoe devrait encore se trouver dans les serres."
"D'accord" murmura Harry en se levant de son lit. Il suivit Salazar dans une autre partie des cachots, près des cuisines, là où étaient logés les Poufsouffle.
Salazar murmura quelque chose devant le mur, puis fit signe à Harry de rentrer dans l'ouverture qui apparaissait. "Les chambres des filles sont à droite. La chambre de Ramona est, je crois, la troisième."
"Merci, Salazar," dit Harry avant de s'enfoncer dans le territoire des blaireaux. Il prit un moment pour balayer les parages, s'attardant sur les murs chauds et lumineux, les fauteuils rembourrés à souhait et les plantes qui trônaient un peu partout dans la salle, puis suivit les indications de Salazar. La troisième porte était la seule qui était fermée, donc c'était sans aucun doute celle de Ramona, se dit Harry en frappant à la porte.
"Va- t'en , maman!" cria Ramona.
"Ramona, on peut parler ?"demanda doucement Harry.
Il y eut un moment de silence, puis la porte s'ouvrit pour montrer Ramona, ne portant rien de plus qu'une tunique légère. Harry détourna le regard et fut donc complètement préparé à la gifle qu'elle lui balança sur la joue avant de lui claquer la porte au nez.
Harry soupira et se frotta la joue, regrettant de ne pas avoir Hermione à ses côtés pour lui prodiguer des conseils, surtout dans ce genre de situation. Mais Hermione se trouvait dans un futur de plus de douze cents ans et Harry était seul, alors il prit une profonde inspiration et se jeta à l'eau "Je ne devrais pas me trouver ici, Ramona. Je viens...d'ailleurs. Salazar cherche un moyen de me ramener à la maison, mais je ne peux emmener personne avec moi. Nous ne savons pas combien de temps vont prendre ses recherches, elles peuvent prendre des semaines, voire des années. "
La porte s'ouvrit brusquement et Ramona le fixa du regard, l'air furibond. "Alors, quoi, tu viens d'un monde alternatif ou quelque chose comme ça ?" dit-elle, la voix tremblante sous la colère.
"Quelque chose dans ce goût là," acquiesça Harry. Quand Ramona fit mine de le frapper à nouveau, il ajouta rapidement: "C'est compl-"
"Si tu dis encore une fois que c'est " compliqué ", je prends mes couteaux et je les enfonce dans ta bouche » le menaça Ramona. "Tu es vraiment minable, et j'espère que papa…"
"Je viens du futur !" cria brusquement Harry, il se fendit aussitôt d'une grimace et jeta rapidement un coup d'œil alentour pour vérifier que personne ne l'avait entendu.
"Prouve-le", le défia Ramona.
"Pro - Comment ?"
"Dis-moi quelque chose qui va se passer demain."
"Je viens d'un futur de plus de mille ans ," siffla Harry. "Et j'avais un professeur d'histoire de piètre qualité . À mon époque, tout le monde pense que Salazar déteste les personnes non magiques et qu'il veut tous les tuer. Bon sang, je ne savais même pas que les fondateurs - ta mère, Rowena, Godric et Salazar – avaient une famille. Tout ce que l'on sait c'est qu'ils sont un groupe de sorciers et de sorcières qui ont construit la première école magique. "
Ramona le fixa pendant un moment, puis relâcha une respiration émerveillée, "Tu viens du futur ."
Harry soupira et se frotta le front, s'appuyant contre le mur qui jalonnait la chambre de Ramona. "Oui. Et Salazar va certainement me faire la peau pour t'avoir dit ça."
Ramona lâcha un rire nerveux. "Tu peux peut-être omettre de lui parler de ça?"
Harry gémit et se couvrit les yeux. "En supposant qu'il ne m'ait pas entendu. Il m'a escorté ici pour me protéger de Roscoe," expliqua-t-il à son regard curieux.
Ramona fit la grimace. "Et bien, le son n'est pas très bon ici, à cause de ça." Elle désigna la terre recouvrant le plafond et les murs et Harry hocha la tête "Salazar sait que tu viens du futur - Attends, bien sûr . C'est lui qui t'a trouvé. Et il part souvent du château - il cherche un moyen de te ramener chez toi, tu as dit ?" Harry haussa les épaules et opina, la laissant cogiter. " Je comprends mieux ses absences à présent »
« Il n'est pas au courant de tout, mais il y a des raisons pour lesquelles je dois rentrer. Il y a des gens qui me tiennent à cœur et qui pensent probablement que je suis mort, et ils mourront probablement de la main de l'homme qui m'a fait ça »Il fit un geste en direction de son dos.
Les yeux de Ramona s'écarquillèrent avec compréhension. "Celui qui t'a fait ça est dans le futur ?" Quand Harry acquiesça, elle insista. "Harry, tu ne peux pas revenir à ton époque ! Salazar a dit–"
"Que j'aurais dû mourir. Je sais," répondit doucement Harry. "Et peut-être que si je retourne à mon époque, c'est effectivement ce qui risque de se produire. Mais je dois rentrer, même si cela signifie que je vais mourir."
Ramona se mordit la lèvre puis repoussa la porte et se précipita pour le prendre dans ses bras. "Oh, Harry ..." murmura-t-elle, un sanglot dans la voix.
Harry la serra contre lui et posa sa tête contre la sienne. "Je suis désolé", lui murmura-t-il à l'oreille.
Ramona secoua la tête et fit quelques pas en arrière pour pouvoir le regarder en face. "C'est pour ça que tu ne veux pas me courtiser, parce que tu vas devoir partir?"
« Oui, en effet. Je veux dire, ne te méprends pas, j'aimerais beaucoup sortir avec toi – te courtiser " rectifia-t-il en lui adressant un sourire alors qu'elle rougissait. "Mais je ne peux pas, en toute conscience, commencer une relation avec toi alors que je sais que je vais devoir partir, ce ne serait pas juste pour toi."
"Ce ne serait pas juste pour toi non plus," insista Ramona et Harry haussa les épaules. Elle prit une inspiration, puis proposa avec prudence: "Pouvons-nous ... essayer quand même ? Je sais que tu ne vas pas rester," se dépêcha-t-elle d'ajouter quand Harry fronça les sourcils, "et je sais que je ne peux pas venir avec toi, mais j'aimerais que l'on reste un peu ensemble, tu sais, à moins que… "Elle se mordilla la lèvre "Y a-t-il une autre fille ? Dans le futur ?"
Harry pensa à Cho et à tout ce qu'il s'était passé depuis, il lui semblait que cela faisait une éternité qu'il avait flashé pour elle. Elle sortait avec Cédric, et même s'il était mort… «Non», admit-il doucement. "Il n'y a jamais eu personne..." Il sourit un peu tristement. "Il y a eu un bal qui a été organisé au château- un bal de Noël – et cela a été très difficile de trouver une partenaire. Finalement, j'ai fini par aller avec l'une des filles de ma maison et j'ai dansé une fois avant de me faire plaquer pour un autre gars."
Ramona sourit. "Un bal de Noël, c'est une très bonne idée."
" Non ," refusa Harry, absolument mortifié. "Pas question d'aller à d'autres bals. Y aller une fois a été amplement suffisant."
Ramona éclata de rire et posa un baiser sur la joue de Harry, qui devint écarlate. "Ce n'est pas grave", dit-elle doucement. « Je t'aime vraiment Harry, et même si ce n'est pas censé durer, je voudrais au moins essayer . Un peu. »
Harry la regarda, hésitant quelques instants, pesant le pour et le contre. Finalement, il se décida. "Très bien, mais si Roscoe me tue…"
Ramona rit à nouveau, les yeux pétillants de bonheur. "Je te protégerai de papa", promit-elle.
"Harry!" l'appela Salazar de la salle commune. "Roscoe vient par ici ! "
Harry émit un gémissement dramatique et sourit à Ramona. " Madame, je crois que vous êtes mal habillé pour me protéger."
"Oh !" Ramona rentra précipitamment dans sa chambre. "Donne moi une minute!"
Harry lâcha un soupir fatigué, se demandant dans quel pétrin il s'était fourré "A tous les coups, cette histoire finira par des larmes » murmura-t-il dans sa langue natale, pas tout à fait certain qu'il parlait de sa nouvelle relation ou bien de la confrontation imminente avec Roscoe.
"Harry," l'interpella Salazar en entrant dans le couloir. "M'as-tu entendu ?"
"Ramona a promis de me protéger," répondit calmement Harry.
"Oui, oui", renchérit Ramona, sortant de sa chambre et essayant d'enfiler son foulard. "Et une fois que je l'aurais calmé, tu pourras lui demander de me courtiser, comme si de rien n'était."
"Ça promet" marmotta Harry avant de repousser les mains de Ramona et d'attacher lui-même le foulard « Faut-il que je dise quelque chose en particulier ?" questionna-t-il, ses yeux allant de l'expression ravie de Ramona aux traits froids et impénétrables de Salazar.
"Comment pourrais-je le savoir?" cingla Salazar, ses yeux lançant des éclairs, puis il se retourna et sortit du couloir.
Harry cligna des yeux, blessé et un peu confus par le comportement du fondateur. "Très bien", grommela-t-il. "Il est encore de mauvaise humeur "
Ramona fronça les sourcils pensivement. "Intéressant ..." murmura-t-elle.
"Ramona?" fit Harry et elle cligna des yeux. "Tu sais je n'ai pas vraiment d'expérience dans le fait de courtiser une femme. »
"Tu ne l'as jamais fait ?" s'étonna Ramona.
"Rien d'aussi officiel" répondit Harry en secouant la tête. "Je ne pense pas qu'il y ait vraiment de règle lorsque l'on demande la permission de courtiser une jeune fille à son père, bien qu'il soit généralement considéré comme sage de le faire, car les pères peuvent être un peu terrifiants." Il frissonna.
Ramona sourit. "Papa peut être assez terrifiant quand il le veut ", acquiesça-t-elle avant de secouer la tête. "Euh, tu pourrais être poli et cordial ? Vous vous connaissez déjà, alors ça aide un peu. Et papa t'aime bien- bon, peut-être pas en ce moment..."
« Il va me tuer »," fit sombrement Harry.
"Mais non voyons ," essaya de le rassurer Ramona, lui prenant la main et l'emmenant avec elle vers la salle commune "Arrête d'être mélodramatique. Sois juste toi-même et tout ira bien. Comme je l'ai dit, papa t'aime bien, alors il ne dira pas non."
"Mort par décapitation si j'ai de la chance, ou suite à une lente torture si je suis malchanceux."
Ramona pouffa de rire et émergea du couloir, Harry la suivant à une distance respectable.
Roscoe était dans la salle commune, fronçant les sourcils devant Salazar. "-Ici, n'est-ce pas ? Il ferait mieux de ne pas être-"
"Papa", l'interrompit Ramona en fronçant les sourcils. "Laisse Salazar tranquille."
Harry se campa derrière Ramona et grimaça quand Roscoe lui lança un regard noir. Non magique ou pas, Roscoe était un individu sacrément effrayant.
" Papa ," dit Ramona, se déplaçant pour se placer entre Harry et Roscoe. "Harry et moi avons parlé et nous nous sommes réconciliés. Maintenant arrête de le regarder de cette façon."
"Ramona, il t'a blessé -"
"Et il s'est excusé. Et s'est expliqué," insista Ramona. "Je lui ai pardonné, et j'apprécierais que tu fasses la même chose."
« Eh bien, peut-être qu'il pourrait aussi m'expliquer , » dit froidement Roscoe.
Ramona ouvrit la bouche, s'apprêtant à défendre Harry, mais celui-ci la contourna et se positionna face à Roscoe "Il y a eu un léger problème de communication. J'aime la compagnie de Ramona, mais honnêtement, je n'avais jamais pensé lui faire la cour de manière aussi formelle et j'ai peur d'avoir mal réagi à cette hypothèse. " Il baissa les yeux, l'image personnifiée de la honte. "Je ne voulais pas faire de mal à Ramona, et je n'ai certainement jamais voulu insinuer qu'elle n'en valait pas la peine. Pour cela, je m'excuse, à elle et à vous-même, Roscoe."
Roscoe cligna des yeux, sa colère se dissipant rapidement de son visage. "Oh," lâcha-t-il. "Je comprends J'aurais dû deviner que c'était quelque chose comme ça quand tu ne m'as pas demandé la permission" admit-il.
Harry lui sourit, le soulagement et la nervosité étaient encore palpables dans le ton de sa voix. "Je suis désolé", dit-il à nouveau. "Et j'espérais, malgré ce malentendu, que vous me donneriez la permission de faire la cour à Ramona ?"
"Bien sûr," répondit Roscoe, beaucoup plus agréable maintenant qu'il comprenait ce qui s'était passé. Il donna une tape sur l'épaule de Salazar en souriant fièrement. "Tu entends ça Salazar ? Ma fille est courtisée !"
"J'ai entendu," dit froidement Salazar. "Et, maintenant, si ça ne vous dérange pas, j'ai besoin de vous emprunter Harry ."
"Oh. Bien ..." Roscoe regarda les deux adolescents, un peu hésitant.
"Je te retrouve dans la Grande Salle?" lança Harry à Ramona.
Ramona sourit et acquiesça. "Bien sûr. Je vais aller dire à maman et aux autres que tout a été résolu."
"Et que je ne suis pas allongé, mort, dans un coin sombre?" suggéra Harry, pince-sans-rire.
"Tu es trop macabre » répliqua Ramona, une lueur de tristesse dans les yeux.
Harry sourit et se pencha pour embrasser sa joue. "Je vais essayer d'atténuer cette habitude", promit-il avant de contourner un Roscoe souriant et de suivre un Salazar plus sombre que jamais.
Une fois suffisamment éloignés pour ne pas être entendus, Salazar se tourna et asséna: "Sais-tu réellement ce que tu fais, ou est-ce que tu vas laisser cette fille te donner des ordres ?"
Harry plissa les yeux et croisa ses bras sur sa poitrine. "C'était autant mon choix que le sien," dit-il froidement, "et je vous remercierai de ne pas parler d'elle comme ça. Elle est consciente que cela va être compliqué, que j'ai un endroit où je dois rentrer et qu'elle ne peut pas venir avec moi. Elle est d'accord avec ça, nous le sommes tous les deux. "
L'expression de Salazar se crispa de colère pendant un bref moment avant que son visage n'affiche à nouveau un masque impassible. "Très bien. Puisque tu es de retour dans les bonnes grâces de tout le monde, je vais sortir pour trouver un moyen de te ramener dans le futur. Si tu veux bien m'excuser." Il passa devant Harry, la démarche raide et digne, et s'éloigna à grands pas dans le couloir.
Harry soupira et s'appuya contre le mur, ressentant une vague de douleur, de colère et d'injustice. Il voulait crier après Salazar pour avoir été aussi dur, mais il voulait aussi se recroqueviller près du lac et se laisser réconforter, comme ils l'avaient fait il y a quelques semaines à peine. C'était trop déroutant, alors Harry enfouit ses sombres pensées dans son jardin le plus secret, son subconscient ferait le tri plus tard et se dirigea vers la Grande Salle pour passer du temps avec Ramona. Sa petite amie .
«Merlin, dans quoi me suis-je encore fourré cette fois? gémit-il. Mais il souriait, se sentant le cœur plus léger, comme lorsqu'il avait découvert que Merlin serait à Serpentard.
Voilà, voilà, pas mal de rebondissements dans ce chapitre.
Je ne m'attendais pas du tout à la mort de Mavis, j'étais trop choquée...par contre j'étais trop contente que Merlin apparaisse dans cette fic !
Salazar est jaloux, on peut le comprendre, mais bon les auteurs de fanfic sont sadiques à ce qu'il paraît...
