Hello les sorciers !

Ravie de voir que cette traduction vous plaît toujours.

Rien ne m'appartient, ni l'histoire, ni le monde de HP.

Récapitulatif des personnages :

- Salazar Serpentard : il enseigne les potions et la magie de la guérison. Il est sarcastique, lunatique et boudeur par moment. Il aime Harry, les phénix, la soupe et les serpents.

- Godric Gryffondor : il apprend aux élèves la défense magique et non-magique. C'est un homme fougueux, protecteur et loyal, mais qui peut aussi se montrer fermé d'esprit et sans pitié, il a des tendances xénophobes et homophobes. Il aime sa famille, se battre et bien manger.

- Helga Poufsouffle : ses dada ce sont les plantes et la cuisine. Bienveillante et mère poule, il ne faut surtout pas la sous-estimer car Helga peut se montrer féroce dès lors que l'on s'en prend à un innocent.

- Rowena Serdaigle : perspicace, ingénieuse et intelligente, Rowena enseigne la métamorphose, l'arithmancie et les sortilèges. Elle aime apprendre tout ce qui lui est possible d'apprendre et transmettre son savoir aux élèves est son plus grand bonheur.

- Bernia : femme de Godric Gryffondor.

- Kenric : fils de Godric et Bernia Gryffondor.

- Holden : mari de Rowena Serdaigle.

- Helena : fille de Rowena et Holden Serdaigle.

- Roscoe : mari de Helga Poufsouffle, il enseigne aussi l'artisanat moldu à Poudlard.

- Conrad : fils de Helga et Roscoe Poufsouffle.

- Ramona : fille de Helga et Roscoe Poufsouffle. Elle a été la petite amie de Harry durant un temps avant qu'elle ne devienne sa meilleure amie.

- Duana : jeune fille recueillie par les fondateurs après que sa maison a été brûlée par des villageois.

- Wilda : louve-garou recueillie par Helga Poufsouffle et guère appréciée par Godric.

- Tanwen : phénix femelle, très attachée à Harry et à Salazar. Elle a son petit caractère.

Nuala, Morgan, Vail, Fane, Merlin et Alexander sont tous des Serpentard et des camarades de Harry.


Harry et Salazar s'arrangèrent pour être toujours les deux derniers couchés et les deux premiers à se lever - un mélange de leurs propres personnalités et de la pratique de l'Occlumancie - de sorte qu'ils ne furent jamais surpris par les autres Serpentard. Les choses devinrent encore plus simples une fois que tout le monde fut rentré chez lui pour les vacances d'été, cela donnait aux deux sorciers la possibilité de se blottir l'un contre l'autre sur l'un des canapés après le dîner. Harry avait quasiment déménagé dans la chambre de Salazar le deuxième jour des vacances, ne passant pratiquement plus de temps dans la sienne.

La seule personne dont Harry n'avait même pas pris la peine d'essayer de cacher sa nouvelle relation était Ramona, se disant que tôt ou tard la perspicace jeune fille les aurait attrapés. Salazar avait accepté, à contrecœur, quand Harry lui avait posé la question, puis avait tout laissé entre ses mains. Il lui avait donc annoncé la nouvelle le premier jour des vacances. Elle fut extatique, mais aussi un peu triste d'apprendre que si leur relation durait - et elle et Harry l'espéraient tous les deux – cela signifiait que Salazar partirait avec Harry dans six ans.

Il fut un peu étrange pour les résidents du château de voir Salazar plus souvent, mais ils finirent par s'y habituer, tout comme ils s'habituèrent aux bouderies et aux chamailleries perpétuelles de Godric et Salazar pendant les repas, jusqu'à ce que Bernia et Harry les calme d'un coup de coude bien placé.

Salazar avait évoqué l'idée d'enseignants supplémentaires aux autres fondateurs et à leurs conjoints. Ils avaient tous convenu que c'était une excellente idée et Harry avait suggéré à Alexander, avant son départ, d'inviter son tuteur à se joindre à eux l'automne prochain. Désormais, en plus de dénicher de nouveaux étudiants, ils recherchaient également des sorciers et des sorcières expérimentés disposés à les aider à enseigner à Poudlard.

Le premier professeur fut trouvé par Godric quelques semaines après le début des vacances. Il était entré dans le Grand Hall comme s'il était le propriétaire du lieu et aussitôt après s'être assis, il avait annoncé d'un air plein d'orgueil: "J'ai trouvé un étudiant et un nouvel enseignant pour la défense de la magie." Il adressa un sourire provocant à Salazar. "Et tu ne pourras pas l'avoir."

"Pourquoi serai-je concerné par l'un des élèves que tu as choisi ?" rétorqua froidement Salazar.

"Parce qu'il possède le même nom de famille que toi ," répondit Godric du tac-au-tac.

Salazar se figea avant de poser soigneusement le poulet qu'il était sur le point de manger dans son assiette et de demander, "Son prénom ?"

"Angus", rapporta Godric. "Il m'a dit que son père s'appelait Edrick. Pourquoi, Salazar ? Tu as peur de découvrir un terrible secret sur ton passé de la part d'un membre de ta famille ?"

Salazar se détendit. "J'en doute," dit-il sèchement, "comme je n'ai jamais rencontré tous les membres de de ma famille nombreuse. Quant à cet Angus, tu peux le garder; s'il te plaît beaucoup alors je le détesterai probablement." Il lança un sourire plein de sarcasme à Godric.

Celui-ci Godric lâcha un grognement irrité et ils retournèrent tous manger. Pendant que Godric se vantait de son nouveau professeur, Salazar gardait un silence morose et Harry l'observait du coin de l'œil.

Quand ils arrivèrent à la salle commune, Harry attira Salazar sur le canapé devant lui et lui frotta les épaules. "Voulez-vous me parler?" murmura-t-il.

Salazar resta silencieux assez longtemps si bien que Harry crut qu'il allait être ignoré jusqu'à ce que l'homme lâche dans un souffle: "Je t'ai parlé de mon père. Qu'il avait engrossé puis abandonné ma mère sans même un au revoir ?"

Harry acquiesça. Puis, réalisant que Salazar ne pouvait pas le voir, affirma d'une voix nette "Oui. Vous aviez même précisé que c'était devenu une habitude, qu'il faisait ça régulièrement avec d'autres femmes"

Salazar lâcha un soupir "Je ne suis donc pas surpris d' avoir des frères et sœurs, ou qu'ils aient des enfants, mais je ne m'attendais pas à les rencontrer à Poudlard, bien que j'aurais dû m'y attendre."

"Il est possible que vous ayez déjà rencontré un frère ou une sœur sans le savoir" déclara Harry avec philosophie, "surtout s'il a changé de nom " Il se tut pendant une minute, tentant de dénouer un nœud particulièrement tenace logé contre l'épine dorsale de Salazar. "Au moins, cette fois-ci, vous êtes au courant."

"C'est vrai. Et je sais d'avance que Godric va le favoriser, ce qui me dit déjà ce à quoi il ressemble", acquiesça Salazar. Il se détendit contre Harry et se tourna pour déposer un léger baiser sur ses lèvres. "Que ferais-je sans toi ?"

"Vous auriez des nœuds dans le dos," gronda Harry. "Restez assis, je n'ai pas fini."

Grognant d'amusement, Salazar s'exécuta.

-0-

Plusieurs jours après la trouvaille d'un élève et d' un professeur par Godric, Salazar et Harry furent interrompus alors qu'ils étaient au beau milieu d'un débat qui concernait l'un des livres de Harry, Ramona surgit tout à coup dans la salle commune, hors d'haleine.

"Salut" lui lança Harry alors que la jeune fille reprenait son souffle. "Que se passe-t-il ? On dirait que tu as le feu aux trousses ?"

"Ce...n'est...pas ça", fit Ramona, la respiration toujours hachée. "Sigrid, de la maison de Rowena, et sa famille viennent de surgir dans la Grande Salle. Vivants", précisa-t-elle alors que le drame de cet été surgissait devant leurs yeux. "Ils ont quelques blessures, cependant, alors ils m'ont envoyé vous chercher tous les deux."

"Tanwen," appela Salazar, se levant du canapé, et le phénix apparut dans un éclat de flamme bleu pâle, reposant sur son bras tendu.

"Allez !," cria Harry en se levant, posant sa main sur l'épaule de Salazar et se préparant à disparaître grâce aux flammes du phénix - il ne l'avait pas fait souvent, et il manquait toujours tomber sur les fesses s'il n'était pas bien préparé.

Ramona se précipita et prit l'autre bras de Salazar. Tanwen laissa échapper un sifflement, puis le monde disparut dans un éclair de flammes bleues sans chaleur avant qu'ils ne soient transportés dans la Grande Salle.

"Merci" murmura Salazar au phénix alors qu'il se dirigeait vers la famille blessée, laissant Harry aider Ramona à se relever.

"Le nombre de fois où j'ai vu Salazar se déplacer de cette façon, à croire que voyager avec un phœnix est facile ", murmura Ramona en époussetant ses robes.

"Il faut une certaine pratique," répondit Harry, amusé. "J'y vais, il faut que je vois si je peux aider quelqu'un."

Tandis que Harry et Salazar s'occupaient de la famille et que Rowena demandait à un élève ce qu'il s'était passé exactement, les autres étaient en train de préparer des chambres pour les parents de Sigrid, sa tante et ses deux frères.

La famille de Sigrid n'était pas la seule à chercher refuge dans le château cet été-là, mais sa famille était la plus grande et la seule non magique. Une autre Serdaigle, Monica, s'était également réfugiée à l'école avec son père et sa sœur, tandis que deux Gryffondor, Iven Jackson et Martina, s'étaient enfuis avec leurs parents.

"C'est tout de même un peu étrange que les Serpentard et les Poufsouffle n'aient pas été concernés par tous ces problèmes," commenta Duana un après-midi tandis que les progénitures des fondateurs, Harry et Duana étaient groupés autour de l'arbre habituel de Harry, observant les autres élèves jouer avec deux enfants magiques et un enfant non magique.

"Il y eu Mavis, l'année dernière, et Fiona est restée avec nous presque aussi longtemps que Harry et vous," objecta Ramona.

"Fiona ne compte pas," désapprouva Kenric. "Ce sont ses parents qui l'ont jetée dehors, pas ses villageois. Mais, Mavis ..." Il leva tristement les yeux vers l'endroit où Harry était assis sur sa branche.

"De toutes les maisons, les Serpentard et les Poufsouffle ont tendance à être les plus discrets " commenta Harry, ses yeux tristes en songeant à son amie décédée. "Vous, les Gryffondor, vous aimez vous battre, et les Serdaigle argumenter un point de vue presque jusqu'à la mort." Il jeta un coup d'œil à Helena, qui haussa les épaules, ne prenant pas la peine de lever les yeux de son livre. "Cela vous rend visible aux personnes non-magiques, surtout quand vous vous mettez en colère et que vous jetez un sort sans réfléchir."

"Alors, qu'en est-il de Mavis ?" demanda Duana avec incertitude. "Est-ce qu'elle a su garder la tête basse ?"

"Elle l'a fait," répondit Harry en secouant la tête. "Seulement, il y a eu une série de mauvaises récoltes et sa sœur n'a pas été si prudente avec sa magie."

"Nous allons manquer de place si les familles continuent à nous rejoindre", fit remarquer Helena en fermant son livre.

"Aucun risque !" réfuta Kenric. "Le château est très grand."

"Mais si la famille de chaque élève vient à Poudlard pour se cacher, nous finirons par être à l'étroit", déclara Helena.

"C'est vrai", approuva Harry avant que Kenric puisse argumenter. "Et c'est supposé être une école, pas un refuge. Ne vous méprenez pas, c'est bien que nous soyons prêts à accueillir toutes les familles, magiques ou non, mais Poudlard n'est pas fait pour ça. " Il regarda vers les portes de l'école, qui n'étaient pas aussi impressionnantes qu'elles le seraient un jour.

"A quoi penses-tu ?" s'enquit Ramona.

"Je ne suis pas encore sûr," répondit Harry, se disant que Pré-au-lard serait un bon endroit pour installer des familles de réfugiés, mais ignorant s'il devait agir ou non pour que cela se réalise.

"Si la sécurité est le problème", dit Conrad, "pourquoi ne pas leur trouver un endroit sûr à l'extérieur de Poudlard ? Peut-être un village qui se trouve juste à l'intérieur des limites du château ? Ollivander pourrait s'y installer, il serait ainsi plus proche de l'école et des gens pourraient venir et emménager, être protégés dans une communauté qui favorise la magie. "

"Ce n'est pas une mauvaise idée", acquiesça Duana en souriant.

"Nous pourrions en parler à nos parents", suggéra Kenric, qui bondit sur ses pieds.

"Je ne sais pas ..." hésita Conrad en fronçant les sourcils.

"C'est une suggestion étonnamment intelligente," coupa Helena. "Maman approuvera, j'en suis sûr, et les autres seraient fous de ne pas être d'accord."

"Bon allez ," lança Kenric en tirant sur le bras de Conrad et se dirigeant vers le château. "Allons- y ."

Harry regarda le petit groupe partir en esquissant un sourire alors qu'il restait Ramona. "Alors, quelle était ton idée?" s'enquit la jeune fille.

"Conrad l'a déjà dit : un village non loin de Poudlard qui accepte la magie et qui est à l'abri de potentielles attaques de personnes non magiques."

"Ça va marcher ?"

"Bien sûr," assura Harry en lui souriant. "De mon temps, il y a un magasin de friandises, une boutique de farces et attrapes et quelques pubs. A partir de la troisième année on peut s'y rendre une fois par mois à mon époque, cela permet de faire une pause. Le village est petit, mais très sympa."

Ramona soupira. "J'aimerais pouvoir voir ton époque," admit-elle. "Tu en parles toujours si tendrement."

Un pli amer barra les lèvres de Harry alors qu'il songeait aux détraqueurs et à des événements encore plus sombres. "Il n'y a pas eu que des bons côtés," marmonna-t-il, se déplaçant sur sa branche pour pouvoir regarder le ciel à travers les feuilles. "Aucun moment n'est aussi paisible que nous le souhaiterions."

Ramona leva les yeux vers lui, le cœur brisé par l'expression sinistre du garçon. "Tu peux m'en dire plus sur ce village?" lui demanda-t-elle, essayant de paraître décontractée . "Tu as dit qu'il y avait un magasin de bonbons?"

L'expression de Harry s'éclaira. "Ils font les meilleurs fudge,"

"Fudge ?"

Harry la regarda en grimaçant. "J'avais oublié qu'ils n'ont pas encore été créés"

"Pourrais-tu en faire ?" demanda Ramona, curieuse. "Je promets que je n'essaierais pas de les recréer."

Harry sembla partagé avant de hocher la tête et de sauter de sa branche. "Bien sûr. Voyons si la salle changeante au septième étage ne peut pas me fournir un peu d'aide."

Ramona laissa échapper un cri de joie et ils se tournèrent vers le château ensemble, Harry lui faisant une liste de toutes les confiseries qui existaient à son époque.

La salle changeante fut en mesure de lui fournir une cuisine de remplacement, ainsi que les ingrédients dont il aurait besoin pour fabriquer des fudge. Ramona lui apprit un sort pour accélérer la fonte du chocolat une fois que tout fut mélangé, puis il le coupa en morceaux.

"Ceci", lui dit Ramona alors qu'elle venait de croquer dans le chocolat, "est exquis ".

Harry rit et lui coupa un autre morceau. " Je sais. Et je regrette vraiment que le chocolat n'existe pas encore -. ou du moins il n'existe pas dans cette partie du monde. Et j'ai envie d'en manger depuis des lustres ."

"Tu m'apprendras cette recette afin que je puisse la préparer moi-même après ton départ", fit Ramona, sa demande ressemblant presque à un ordre.

Harry renifla, mais acquiesça. "Tu dois promettre de ne la laisser à personne d'autre que mes serpents, cependant. Et même dans ce cas, seulement s'ils jurent de ne pas la partager."

"Je sais." Ramona roula des yeux. "Tu sais qu'aucun de nous ne te trahirait, pas même pour quelque chose d'aussi délicieux."

"Je suis content que tu le penses," dit Harry, coupant quelques morceaux de plus avant d'envelopper soigneusement le reste et de le glisser dans une poche sans fond où il gardait des blocs de bois, des potions et son matériel à écriture.

Les yeux de Ramona pétillèrent d'amusement "Est-ce que tu vas vraiment manger tout ça ?"

"J'ai pensé que je pourrais en laisser quelques-uns à Salazar ..."

Ramona éclata de rire.

-0-

À la fin de l'été, la construction du nouveau village avait commencé et chacun des fondateurs avait réussi à trouver un nouvel enseignant pour l'aider dans l'une de leurs matières: Rowena avait fait appel à l'instructeur d'Alexander, Russell, pour l'aider à la métamorphose et à l'invocation. ; Salazar avait trouvé un homme étonnamment sympathique appelé Sprague Sherrard qui l'appuyait lors de la préparation des potions. Helga avait déniché un botaniste compétent, Nairne, pour l'aider à cultiver les plantes; et Godric était épaulé par Bundy, le tuteur du neveu de Salazar.

Les nouveaux professeurs arrivèrent environ huit jours avant l'arrivée des élèves. Comme il vivait apparemment avec Bundy, le neveu de Salazar arriva avec lui et Harry le trouva tout de suite antipathique. Avec ses cheveux soigneusement coiffés et son air arrogant, Angus ressemblait à un top modèle pompeux et présomptueux. Quand il ouvrit la bouche, les impressions de Harry se confirmèrent.

"Je suis Angus Serpentard, fils d'Edrick Serpentard, fils de -"

"Nous savons déjà qui est ton grand-père, mon garçon," coupa Salazar, jetant un bref coup d'œil à Angus avant de se tourner pour parler à Sprague.

"Qui est ce grossier personnage ?" demanda Angus à Harry et Helena, les deux seuls élèves qui avaient voulu être ici pour voir les nouveaux professeurs.

"Ton oncle," répondit sèchement Harry.

"C'est Salazar Serpentard, l'un de tes professeurs," le réprimanda Helena en fronçant les sourcils. "Il mérite ton respect bien plus que le sien."

Angus renifla d'un air dédaigneux. "C'est la première fois que j'entends parler de lui. Il doit être illégitime."

"Silvanus sait-il seulement qu'il a eu d'autres enfants ? " demanda Harry. "Je veux dire, mon Dieu , l'homme a couché avec tant de femmes, je doute qu'il sache combien d'enfants il a eu. C'est triste d'une certaine manière."

"Mon père est légitime," rétorqua Angus, fixant Harry qui était légèrement plus petit. "Et toi, l'es-tu ?"

Harry plissa les lèvres avec un sourire froid. "Je ne pense pas que cela va t'intéresser," asséna-t-il avant de tourner le dos à l'autre garçon. "Helena, amuse-toi bien avec ce petit idiot."

Helena laissa échapper un ricanement surpris. « Vas-y, avant de l'insulter » dit-elle dans l' une des variantes du gaélique qu'il connaissait tous les deux. Selon ce que Godric leur avait dit à propos du garçon et de la région dans laquelle il vivait, les chances pour que Angus connaisse un autre langage que le vieil anglais étaient très minces.

"Je sais quand je dépasse les limites", assura Harry, jetant un coup d'œil à Angus et ressentant un certain plaisir à le voir confus et fâché. Puis il se dirigea vers Salazar et Sprague. "Bonjour"les salua-t-il.

"Tu embêtes Angus?" s'enquit Salazar en voyant les yeux de l'adolescent briller d'une lueur particulière.

"Je ne serais jamais assez grossier pour embêter votre famille," jura Harry, lui jetant un regard outré. "Est-ce que votre image de moi est vraiment si basse ?"

"Je ne le considère pas comme faisant partie de ma famille", fit remarquer Salazar.

"Oh." Harry sourit. "Dans ce cas, bien sûr, que je l'embête. Je pense qu'il est pire que Morgan avec cette attitude ridicule. Le genre à se dire que plus quelqu'un connaît de sorts, plus il est placé haut dans l'échelle sociale " Il roula des yeux, puis se tourna vers Sprague en souriant. "Bonjour. Je suis Harry."

"Salutations. Salazar m'a beaucoup parlé de toi." lui retourna Sprague en lui serrant la main.

"En bien, j'espère," répondit Harry, son regard vacillant vers Salazar.

"Il ne m'a fait que des éloges", sourit Sprague.

"Salazar ? Me faire des éloges ? Le monde est-il devenu fou ?"

"Allez, va donc rejoindre ton troupeau", intima Salazar, en montrant les portes du Grand Hall. "Et emmène Angus avec toi pour que je n'ai pas à le regarder."

"Ça ne vous dérange pas si je l'agace un peu ?" lança Harry d'un ton amusé.

" Non "

Harry sourit, puis retourna à l'endroit où se trouvait Angus, lequel commençait à être énervé par les piques implacables de Helena. "On nous a ordonné de laisser les adultes entre eux", les informa-t-il. " Nous tous", appuya-t-il alors qu'Angus se gonflait la poitrine pour refuser.

"Je n'ai pas l'intention de partir d'ici", pesta le nouveau Gryffondor alors que Helena se retirait, laissant Angus à Harry.

Harry leva un sourcil, puis braqua son regard sur Godric, Bernia et Bundy. "Godric!" appela-t-il.

Le fondateur se tourna pour regarder les deux élèves. "Quoi ?"

"Voulez-vous que je présente Angus aux autres?"

"Oui, vas-y", accepta Godric avant de retourner à sa conversation.

Harry jeta un sourire innocent à Angus, qui se renfrogna. "Je pense qu'on peut y aller maintenant", persifla-t-il avant de l'attraper par le bras et de le tirer hors de la Grande Salle.

"Libère-moi tout de suite, mendiant !," s'irrita Angus une fois qu'ils eurent passé les portes.

Harry eut un rictus goguenard et continua à traîner Angus, fredonnant pour couvrir les invectives de l'autre garçon. Une fois dehors, il présenta Angus, en souriant onctueusement et en bavardant inlassablement, laissant Angus grogner de dégoût et ses camarades au bord de la saturation.

"Comme tu as rencontré tout le monde, te voilà libre de te mêler aux autres," dit enfin Harry en lâchant le bras d'Angus.

Angus se renfrogna. "Et si je ne veux pas ... me mêler à eux ?"

Le sourire de Harry s'élargit. "Dans ce cas, tu peux retourner à l'intérieur, mais comme les professeurs seront trop occupés pour te surveiller, ils t'ordonneront sûrement d'aller dehors. Fais comme tu veux." Puis il se retourna et revint à l'endroit où Ramona, Conrad, Duana et Kenric riaient aux éclats. "Kenny, Duana, vous avez la permission de Salazar de faire tout ce que vous pouvez pour faire sortir Angus de ses gongs."

"Ça promet d'être amusant", commenta Duana alors que les yeux de Kenric s'allumaient d'une lueur machiavélique.

Tous les cinq commencèrent à peaufiner quelques plans destinés à énerver le nouveau Gryffondor avant d'être interrompus par des sifflement Fourchelang, ils tournèrent tous la tête vers Angus qui venait de trouver un serpent et le complimentait.

Étant habitués aux conversations fréquentes de Salazar, le fondateur parlant souvent avec lui-même, ils finirent par détourner la tête même si Harry gardait une oreille attentive.

Quelques minutes plus tard, sa vigilance fut récompensée, car les compliments onctueux de Angus se transformèrent en ordres odieux : Tu sais, il y en a qui sont indignes ici, qui contaminent ce château et son parc. Mords-les ma douce, contamine-les de ton poison, afin qu'ils quittent ce monde plus rapidement.

: Qui sont-ils, jeune maître ?: siffla le serpent.

Harry, qui avait grandi avec la haine et le rejet des nés-Moldu, se tournait déjà vers les deux jeunes frères quand Angus siffla ,: Ces deux garçons là-bas,: et il désigna au serpent les deux enfants.

: Ne fais pas ça, cracha Harry, la colère emplissait ses sifflements à tel point que ses camarades se tournèrent tous vers lui, choqués, tandis que Angus blêmissait et que le serpent s'immobilisait . "Benoît, Derwin, éloignez-vous d'ici," ordonna Harry aux deux garçons. Une fois que les enfants furent en sécurité, Harry se dirigea vers Angus, les yeux verts brûlants de fureur.

: Comment oses-tu menacer ces jeunes enfants qui sont quasiment les miens ?: siffla-t-il à l'autre garçon.

: Ils sont une aberration!: cracha Angus. : contaminer Poudlard avec leur souffle sans magie, souillant sa terre de leur sueur et de leur sang empoisonnés. Et tu les réclames comme les tiens ?:

: Je les réclame comme mes petits parce qu'il est de ma responsabilité de veiller à leur sécurité, imbécile: s'emporta Harry, la voix vibrante de colère contenue.

: Viens avec moi, nous allons à l'intérieur.

: Je pensais que les professeurs allaient nous mettre à la porte, rétorqua Angus.

: J'ai dit qu'ils te diraient de sortir de là parce qu'ils étaient trop occupés pour te surveiller :, répondit Harry avant d'adoucir son ton et de s'accroupir à côté du serpent qui surveillait et écoutait attentivement les deux Fourchelangs. : S'il te plaît retourne dans la forêt où tu seras à l'abri de ce crétin inconscient.

Le serpent secoua la tête tête. : Je ne ferai pas de mal à tes petits, Grand Maître, promit le serpent avant d'onduler vers la forêt.

Harry esquissa un sourire satisfait avant de regarder ses camarades "Angus et moi retournons au château pour parler avec Godric et Salazar," leur dit-il d'un ton léger. "Laissez le serpent regagner la forêt en paix, d'accord ?"

"Pas de soucis", promit Ramona, un bras enroulé autour des épaules de Derwin, le plus jeune des frères.

"Je te fais confiance," répondit Harry avant de faire signe à Angus de le suivre en direction du château.

Une fois loin des élèves, Angus jeta un coup d'œil à Harry et déclara, "Tu dois être un autre fils ou petit-fils illégitime, on dirait."

"Je n'ai aucun lien de parenté avec ta famille," répliqua Harry.

"Tu es un Fourchelang", insista Angus, comme si c'était une preuve suffisante pour confirmer ses dires.

"C'est exact," opina Harry, ne prenant pas la peine d'en rajouter.

Lorsqu'ils se glissèrent dans le hall d'entrée, la plupart des professeurs s'étaient dispersés pour accompagner les nouveaux élèves dans leurs salles communes, où des chambres avaient été aménagées pour eux. "Salazar, Godric," les interpella Harry, attirant l'attention de tous les adultes avec son ton sinistre. "Il faut qu'on parle."

"Bien sûr," acquiesça Salazar. "Roscoe, pourrais-tu montrer à Sprague ma salle commune ?"

"Certainement, Salazar," fit Roscoe, laissant Helga à Nairne et faisant signe à Sprague de venir avec lui.

Godric avait laisé Russell avec Bernia et avait rejoint les deux garçons avec un froncement de sourcils inquiet. Une fois que Salazar les eut rejoints, il leur fit signe de le suivre, montant les escaliers jusqu'à qu'ils aient trouvé une pièce vide pour être tranquille. Une fois que la porte se fut refermée derrière eux, le grand homme se retourna et demanda: "Que s'est-il passé ?"

"Angus a envoyé un serpent sur les frères de Sigrid parce qu'ils n'étaient pas magiques", rapporta froidement Harry.

Godric sourit avec incertitude. "Comment peux-tu en être certain?" demanda-t-il "Je sais que tu as un peu appris la langue des serpents avec Salazar–"

"J'ai toujours été un Fourchelang," coupa tranquillement Harry.

" Quoi ?" s'écria Salazar, le visage stupéfait. "Comment peux-tu-?"

: Vous dites beaucoup de choses intéressantes quand vous croyez que personne ne peut vous comprendre: siffla Harry, ses lèvres formant un sourire à la fois amusé et suffisant en voyant l'expression choquée qui passa sur le visage du fondateur. : Si vous saviez que je peux vous comprendre, les choses ne seraient pas aussi amusantes, n'est-ce pas ?

: Tu es exaspérant, s'irrita Salazar. : Nous en reparlerons plus tard.

: Bien sûr: accepta facilement Harry.

Salazar regarda Godric. "Il n'y a pas d'erreur", déclara-t-il à l'autre homme. "Si Harry dit qu'il a entendu Angus dire au serpent de s'en prendre à ces garçons, je le crois."

Godric soupira et fronça les sourcils avec désapprobation face à son nouvel élève. "Angus", le réprimanda-t-il, "à Poudlard, nous croyons qu'il faut traiter tout le monde sur un pied d'égalité, quel que soit leur statut social ou leur capacité à utiliser la magie; tu ne peux pas menacer les autres personnes du château simplement parce qu'elles n'ont pas de magie."

"Ceux qui n'ont pas de magie ne devraient pas être dans une école magique," insista Angus.

"Le mari d'Helga, Roscoe, n'est pas magique," intervint Salazar. "Il est l'un de tes professeurs et un membre respecté du personnel de cette école. Il a également aidé à préparer ce bâtiment pour qu'il soit utilisé, il a donc autant le droit d'être ici que n'importe lequel d'entre nous, qu'il ait de la magie ou non. "

"Je vois," répondit Angus sur un ton qui déconcerta Harry.

Les yeux de Godric se rétrécirent. "Si tu veux continuer à résider dans cette école, je vais te demander de faire un serment magique", déclara-t-il..

"Un serment magique ?" répéta Angus en écarquillant les yeux.

Godric inclina la tête. "Ainsi, tu ne seras plus tenté par faire du mal à un non-magique."

Angus regarda Salazar, comme s'il espérait un soutien, mais Salazar leva simplement un sourcil, comme pour dire: "Eh bien ?" Angus se retourna vers Godric, une colère noire étincelant dans ses yeux, et sortit sa baguette magique pour jurer: "Moi, Angus Serpentard, je jure, par la présente, que je ne blesserai plus jamais délibérément un non-magique, sauf en cas de défense."

Quelques sourcils se haussèrent à sa déclaration, mais personne ne pouvait lui refuser le droit de se défendre, alors ils murmurèrent: "Ainsi soit-il," et la magie s'accomplit.

"Vous pouvez retourner chez vos pairs," leur dit Godric, jetant un coup d'œil vers Harry, lui demandant ainsi silencieusement de garder un œil sur son nouvel élève.

"Bien sûr," acquiesça Harry, faisant signe à Angus de sortir de la pièce avec lui.

Une fois à nouveau dehors, Angus redevint lui-même, marmonnant de plus bel dans sa barbe, alors que Harry rejoignait les enfants des autres fondateurs et Duana. Chacun observaient le nouvel élève avec des sourcils froncés. "Il va mieux se comporter," leur dit-il. "Il a prêté serment."

"Un serment magique?" demanda Helena, les traits durs.

Harry hocha la tête. "C'est plus sage."

"Qu'est-ce qu'il essayait de faire, de toute façon?" voulut savoir Duana, inquiète. "Je veux dire, on aurait dit qu'il voulait envoyer le serpent sur Benedict et Derwin -"

"C'était ce qu'il avait prévu", répondit doucement Harry. "Il a la conviction que ceux qui n'ont pas de pouvoirs magiques constituent une plaie pour notre monde et qu'ils ne devraient surtout pas être autorisés à aller sur les terres de Poudlard."

"Et pour papa ?" fit Ramona pendant que les quatre autres jetaient au garçon un regard dégoûté.

Harry sourit sombrement, "Ne te fait pas de soucis pour ça, il ne peut plus leur faire de mal. A moins qu'il ne veuille perdre sa magie et devenir un non-magique."

"On va quand même le surveiller," dit Duana, Kenric hocha la tête en fronçant les sourcils.

Le sourire de Harry s'éclaircit. "Je te confiance pour ça" dit-il et ils sourirent tous les deux. Il jeta un coup d'œil à Ramona. "Il faudra aussi avertir Wilda, à mon avis Angus ne va guère l'apprécier quand il saura ce qu'elle est et je ne pense pas que Godric lui en voudra de haïr un loup-garou."

"Nous ferons en sorte qu'elle le sache et qu'elle assure ses arrières", fit Ramona.

Ils avaient fait la même chose durant la première moitié de l'année dernière, incertains de la réaction des gens face à la louve-garou, surtout compte tenu de la haine de Godric envers elle. "J'espère que ce ne sera pas nécessaire, cependant."

"Je l'espère aussi "murmura Harry en jetant un coup d'œil au nouveau garçon.

Ils restèrent tous silencieux pendant un moment, puis Helena changea de sujet: "Maman m'a dit qu'il était impossible d'enseigner le Fourchelang avec le sort de traduction."

Harry sourit. "Je suis né Fourchelang. Je n'en ai jamais parlé parce que la question ne s'est jamais posée. De plus, j'apprends beaucoup plus de Salazar en l'écoutant marmonner en Fourchelang qu'en l'écoutant parler en langue humaine."

"Effectivement, ce n'est pas un mauvais point", commenta Conrad. "Je me suis toujours demandé quelle sorte de choses il gardait pour lui. Ce sont des choses intéressantes?"

"Je suppose que cela dépend de ton point de vue," répondit Harry avec un sourire entendu. "Je suis sûr qu'il a dit toutes sortes de choses qui pourraient t'intéresser."

"Tu ne vas pas nous le dire, n'est-ce pas ?" devina Duana, un poil déçue.

"Non désolé." Harry haussa les épaules. "Ce qui est dit dans la maison des serpents, reste dans la maison des serpents."

Ils poussèrent un gémissement, avant de changer de sujet et d'évoquer leurs espoirs pour la nouvelle année.

-0-

Dès que Sprague se fut retiré pour la nuit, Salazar fit un geste pour inviter Harry à le suivre et ils se retirèrent dans la chambre du fondateur. Dès que les barrières de silence furent dressées, Salazar poussa Harry contre la porte, les yeux rétrécis. "Tu es un Fourchelang."

"C'est exact" avoua Harry, alors que l'homme saisissait ses poignets entre ses mains comme pour l'empêcher de partir. "Vous n'êtes pas vraiment en colère contre moi", fit-il remarquer.

La prise de Salazar sur les poignets de Harry se relâcha. "Je ne le suis pas," acquiesça-t-il. "Mais si je l'avais appris avant que nous soyons ensemble, je l'aurais été." Il avait dit toutes sortes de choses gênantes à propos de ses sentiments pour Harry en Fourchelang, bien que Harry ne s'en soit rendu compte qu'après que Ramona lui ait fait prendre conscience de ce qui se passait réellement entre Salazar et lui.

Harry sourit et glissa une de ses mains pour brosser une mèche de cheveux derrière l'oreille de Salazar. "Je sais," murmura-t-il.

Les yeux de Salazar brillèrent soudainement et il tendit la main pour saisir le menton de Harry. "Donnant-donnant, mon petit serpent; enseigne-moi ta langue."

Harry prit à peine le temps de débattre de cette question - il avait reconnu depuis longtemps qu'il y serait obligé, vu que Salazar était revenu avec lui - avant de sortir sa baguette, se concentrant sur son anglais natal et murmurant: " Efengedæle geþéode ".

Salazar laissa échapper un halètement silencieux et posa son front contre celui de Harry, les yeux étroitement fermés, alors que des connexions étaient établies dans son esprit et qu'un flot de nouveau mots- certains n'ayant strictement aucun sens- envahissait ses sens. Il savait, sans aucun doute, qu'il aurait besoin de s'enfoncer encore davantage dans son esprit et de laisser son inconscient se charger de cette information et il retint son souffle en disant: "J'ai besoin de m'asseoir", sans même savoir quelle langue il parlait.

Harry, inquiet, aida Salazar à s'asseoir sur le lit et s'installa à côté de lui alors que la respiration du fondateur ralentissait, rentrant dans l'état de méditation utilisée pour l'Occlumancie. Sachant très bien qu'il ne fallait pas le déranger, Harry resta assis à côté de Salazar, tripotant nerveusement un de ses couteaux entre ses mains et guérissant la coupure lorsqu'il le tâtait un peu trop fortement sans même y penser.

Dès que les yeux de Salazar s'ouvrirent, Harry jeta: "Je suis désolé. Je pensais que tout irait bien, il y a tellement plus de mots dans le futur, et j'aurais dû vous prévenir–"

"Harry," interrompit Salazar, son esprit s'accoutumant progressivement à cette nouvelle langue. "Étant donné le nombre de fois où tu as dû expliquer un concept pour lequel tu n'as besoin que d'un ou deux mots, je ne suis guère surpris de la quantité d'informations." Il s'arrêta en voyant le visage de Harry se détendre. "Maintenant, tu vas devoir m'expliquer certaines de ces choses."

Harry détourna les yeux, incertain. "Salazar, ce sont des concepts futurs. C'est déjà assez grave que vous les connaissiez. Pensez-vous vraiment que ce soit une bonne idée de vous donner des images et des explications qui correspondent à ces mots ?"

Salazar soupira avec regret. "Non, je suppose que non. Mais dès que nous arriverons à ton époque, tu m'expliqueras tout ."

Harry sourit doucement. "Nous prendrons un rendez-vous rien que pour ça," acquiesça-t-il.

Salazar lui rendit son sourire, n'ayant plus besoin de demander à Harry d'expliquer ses mots étranges, même s'il lui fallut un moment pour que son esprit établisse un lien. "J'en suis impatient."

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Angus passa la majeure partie de la semaine suivante seul ou en compagnie son ancien tuteur. Il faisait particulièrement attention à éviter toute personne qui n'était pas magique, ce qui lui valu plus d'une fois le regard désapprobateur de Godric, mais ses gardiens attitrés, eux, furent grandement appréciés.

Quand les élèves qui étaient restés chez leur famille arrivèrent, ceux qui avaient passé l'été au château s'assurèrent de les avertir du comportement d'Angus, et les mirent aussi au courant que Harry était un Fourchelang, ce qui contraignit celui-ci à refuser toutes les questions qui concernaient Salazar et ses petits secrets.

Les nouveaux professeurs s'installèrent à la table affiliée à leur maison et furent rapidement présentés. La plupart des Serpentard ne semblaient n'avoir rien contre Sprague, mais demeuraient tout de même prudents avec lui, semblants moins rire et plaisanter qu'à l'accoutumée. Ils ne parlaient pas non plus des sujets habituels.

Sur le chemin de leur salle commune, Harry laissa le petit groupe prendre de l'avance pour cheminer aux côté de Fane qui se trouvait derrière. Merlin, qui avait la mauvaise habitude de suivre Harry partout où il allait, finit par marcher juste devant les deux aînés tandis que les trois autres garçons et Nuala continuaient de marcher comme si de rien n'était.

"Que se passe-t-il?" chuchota Harry.

Fane lui adressa un sourire innocent "Mais il ne passe rien voyons, pourquoi cette question ? "

"Tu sais bien que ça ne marche pas avec moi, pourquoi t'embêter avec ça ? " lança Harry, amusé. "Allez, dis à maman Harry quel est le problème."

"Tu es un peu dans le brouillard, on dirait Harry," se moqua Morgan qui marchait juste devant Merlin, les autres se mirent à rire. "Et je pensais que nous n'avions pas le droit de t'appeler comme ça."

"Vous n'y avez pas droit, moi, je peux m'appeler comme j'en aie envie, "souligna Harry d'un ton moqueur avant de plisser les yeux vers Fane. "Parle moi maintenant."

Fane soupira mais ce fut Merlin qui prit la parole "Notre salle commune a toujours été un refuge, un endroit pour partager des secrets." Il jeta un coup d'œil à Harry et celui-ci sourit, compréhensif. "Mais maintenant, nous avons quelqu'un de nouveau qui se met en travers de notre chemin."

"Sprague est une bonne personne, même s'il devrait utiliser son sens de l'humour un peu plus souvent" commenta Harry, les faisant sourire. "En ce qui concerne les secrets, vous auriez le même problème dès demain, lorsque les nouveaux élèves seront là. Le fait que Sprague soit un professeur et non un élève ne fait guère de différence, à ce sujet. Vous allez vous adapter, comme vous l'avez toujours fait, et la vie continuera "

"Nous n'avons pas besoin de l'aimer," murmura Morgan alors qu'ils atteignaient l'entrée de leur salle commune, Salazar donnant le mot de passe pour l'ouvrir.

Harry tira sur une mèche des cheveux noirs de Morgan en souriant. "C'est vrai, mais je ne pense pas que vous voudriez irriter Salazar et moi en faisant les difficiles avec le nouvel enseignant et les nouveaux étudiants; nous avons déjà suffisamment de problèmes avec Angus."

"Sommes-nous autorisés à le titiller un peu" demanda Alexander une fois qu'ils furent tous rentrés.

"Tant que ce n'est pas permanent", déclara Harry. « Mais si vous n'arrivez pas à le soigner et que vous me le ramenez en mille morceaux, je vous jetterai un sort. »

"J'approuve", fit Salazar, regardant ses étudiants, une étincelle amusée dansant danssles yeux. "Allez, allez ranger vos affaires." Alors que les étudiants, souriants, se dirigeaient vers leurs dortoirs, Salazar se tourna vers Harry : "Je suppose que les problèmes qu'ils ont rencontrés avec Sprague ont été résolus ?:

Harry haussa les épaules et se dirigea vers le fondateur, notant la façon dont ses camarades Serpentard ralentissaient pour l'observer alors que Salazar venait de converser dans la langue des serpents.

: Dans la mesure du possible, répondit-il. : Ils n'étaient pas à l'aise avec le nouveau venu, ils s'étaient habitués à la liberté de parler tranquillement de mon passé dans la salle commune. Cela prendra du temps, mais ils finiront par passer à autre chose:

Salazar soupira et se laissa tomber dans l'un des canapés. : J'espère qu'ils passeront à autre chose plus tôt que prévu; je n'ai aucun intérêt à trouver un nouveau professeur pour les potions.

Harry renifla, se blottissant au fond du canapé, loin de Salazar, ayant besoin de suffisamment d'espace pour s'empêcher de se blottir contre le fondateur. : Dès que Sprague les verra réagir de cette façon vis-à-vis des nouveaux élèves, il réalisera que ce n'est pas seulement lui qui leur pose problème et il fera preuve de patience. Je l'espère du moins.:

"C'est fascinant", commenta Alexander alors qu'il s'installait sur l'un des canapés avec Fane.

Harry et Salazar échangèrent un regard en haussant les sourcils, puis Harry souffla : "Chut, maman et papa discutent."

Les étudiants se mirent à rire tandis que Salazar tendait la main et frappait la jambe de Harry. Dans le fauteuil qu'il avait traîné de la table, Sprague s'étouffa un peu et demanda: "Maman et papa ?"

"Harry" siffla Salazar, un soupçon de panique dans la voix que les étudiants remarquèrent, mais qui passa au-dessus de la tête de Sprague.

: Faites-moi confiance, fit Harry en souriant calmement à Salazar avant de se tourner vers Sprague et d'expliquer: "Au début de l'année dernière, j'ai été un peu comme la maman de ce petit groupe, puisque Salazar n'était jamais présent, ils passaient me voir pour parler de leurs problèmes. Après avoir un peu débattu à propos de savoir si cela faisait de Ramona leur père, puisqu'on sortait ensemble à cette époque, Morgan, a décidé que, si j'étais leur mère, Salazar devait être leur père. "

"Mais Harry a menacé de jeter un sort à n'importe lequel d'entre nous si nous osions l'appeler comme ça ", fit remarquer Nuala. " On ne peut vraiment pas t'appeler maman?"

"Non," rétorqua Harry en se renfrognant. .

"Si tu te te considères comme notre mère, nous avons le droit de t'appeler ainsi, tu sais", le titilla Fane avec un sourire malicieux.

"Si vous continuez, je vais vous colorer en rose ," les menaça Harry.

"Le rose n'est pas si mal", répliqua Merlin avec un sourire. "Maman."

" Coloro puniceus et malum ," lâcha Harry, pointant sa baguette magique vers Merlin. Tout le monde regarda Merlin - dont la peau avait pris une teinte rose et orange foncés - puis explosa de rire. Merlin se joignit à eux après prit un moment pour observer ses mains, ébahi.

"Je veux du rouge et du violet!" s'écria Nuala. "Maman, du rouge et du violet!"

"Je vais prendre le bleu et le vert, maman", ajouta Fane en souriant légèrement.

Roulant des yeux, Harry leur lança le sort de coloriage, plus amusé qu'irrité. Cela lui facilitait la tâche qu'il sorte désormais avec Salazar, plutôt qu'avec Ramona. Ainsi, il n'avait plus pitié du fondateur.

Nuala se tourna avec espoir vers Salazar, ses cheveux et ses yeux pâles se détachant nettement de sa peau qui, à présent, était colorée de rouge et de violet. La tante Pétunia en aurait certainement eu une crise cardiaque. "Est-ce qu'on peut-?"

"Je vais t'arracher la langue et l'utiliser dans une potion si jamais tu oses," coupa Salazar, sa voix pleine de menace.

"Vous avez besoin de plus d'amusement dans votre vie", fit observer Harry avec un sourire amusé. Comme Salazar gardait toujours la mine sombre, Harry soupira et lui donna un coup de coude : C'est juste pour s'amuser, Salazar. Personne ne prend ça au sérieux .:

: Godric le pourrait, murmura Salazar.

: Vous passez beaucoup trop de temps à vous disputer avec Godric pour des choses stupides pour commencer à vous inquiéter de ce qu'il penserait s'il entendait nos élèves nous qualifier de parents. Si jamais cela le dérange, ce sera moi qui leur permettrait de m'appeler maman, pas le fait qu'ils nous traitent tous les deux comme leurs parents .:

: Bien. Donc, tu peux te soucier de ses préjugés ,: cracha Salazar . : Tu penses que je veux–:

: Je n'ai pas peur de Godric ! : siffla Harry. : J'ai fait face à des sorciers bien plus terrifiants que Godric Gryffondor, et je les ai affrontés seul . À moins que vous n'ayez l'intention de m'abandonner pour vous occuper seul de sa pathétique homophobie–

: Bien sûr que non ! Pour qui me prends-tu ?:

: C'est seulement pour s'amuser. Ils sont stressés d'avoir un nouveau visage dans leur maison et ils ont besoin de s'amuser un peu :

Salazar renifla. "Je ne répondrai pas à " papa ", déclara-t-il en regardant les élèves qui l'observaient. "En revanche 'Père' pourrait convenir..."

Les Serpentard esquissèrent un sourire, se relaxant sur le canapé. "Cela vous correspond mieux," opina Morgan.

"Est-ce que je peux me plaindre du fait que vous puissiez avoir des conversations entières et secrètes alors que nous sommes là ?" lança Vail. "Parce que, euh, c'est pas juste."

"Ta plainte a été notée et ignorée," répondit sèchement Salazar et les Serpentard laissèrent échapper des gémissements exagérés.

"Alors !" Fane se pencha tout à coup en avant, ses yeux bleus fixés sur Harry et Salazar . "Ces nouveaux élèves ?"

"Est-ce que cela va être comme ça tous les ans ?" s'irrita faussement Harry. "Vous me harcelez pour avoir des informations sur les nouveaux venus ?"

"Cette fois, maman, je te le demande, à toi et à père," dit Fane en souriant.

"Je pense que je vais vite le regretter, n'est-ce pas ?" murmura Salazar en se frottant les yeux.

Harry leva les yeux vers le fondateur. "Fane, si je ne t'ai pas répondu l'année dernière, qu'est-ce qui te fait penser que je te répondrai cette année ?"

"L'espoir est éternel ? " suggéra Merlin.

"'L'espoir fait vivre'", corrigea Harry en roulant des yeux.

"Est-ce qu'il y a des filles?" voulut savoir Nuala, les yeux brillants d'espoir. Elle avait fini par dormir un certain nombre de fois dans la chambre de Harry sur un lit de fortune l'année dernière quand le couloir des filles devenait trop silencieux pour elle. Harry avait presque suggéré qu'elle se rende dans la dernière pièce du couloir des garçons pour se sentir moins seule, mais il ne savait pas exactement comment Salazar ou les autres garçons réagiraient.

"Oui," acquiesça Harry.

Les Serpentard se penchèrent un peu en avant, puis laissèrent échapper des gémissements quand Harry n'ajouta plus rien.

Ils passèrent les deux heures suivantes à harceler Harry et Salazar au sujet des nouveaux étudiants et à essayer de se mettre à l'aise avec Sprague. Au bout d'un moment, ils commencèrent tous à bâiller.

"Au lit," ordonna Harry. "Tout de suite "

Merlin, Vail, Nuala et Fane lâchèrent à l'unisson: "Bonne nuit, maman. Bonne nuit, père." Salazar ricana en réponse, mais Harry sourit et leur souhaita une bonne nuit.

Sprague resta encore une heure, discutant des leçons de potions avec Salazar pendant que Harry écoutait, se mêlant de temps en temps à la conversation.

Une fois Sprague parti, Harry et Salazar se dirigèrent vers le lit, se pelotonnant ensemble dans la chambre de Salazar.

"Je ne veux pas que Godric te fasse du mal", murmura Salazar alors que la lumière trouble du lac miroitait sur les murs.

"Je sais," répondit Harry. "Mais je n'ai pas peur de lui."

Salazar passa une main dans le dos nu de Harry, souriant quand le garçon frissonna. "Je m'en doute", dit-il. "Mais cela ne veut pas dire que je ne m'inquiète pas."

Harry déposa un baiser sur les lèvres de Salazar. "Je n'ai jamais dit que vous ne pouviez pas," murmura-t-il. "Maintenant, laissez-moi travailler sur mon Occlumancie."

Salazar laissa échapper un rire silencieux et s'installa pour dormir pendant que Harry se concentrait dans son esprit.


Si vous avez des questions, critiques, observations, déclarations d'amour, n'hésitez pas je ne mords pas. Si vous avez envie d'écrabouiller le crâne de Angus à coups de balais, lâchez-vous, Salazar se fera un plaisir de vous regarder faire !

A la prochaine !

Tchouss