Hello les sorciers ! Ça fait un bail ! J'espère que vous passez de bonnes vacances ?

Merci à toutes celles qui suivent cette histoire ! :D

Bonne lecture ! Profitez bien !


Obtenir les permis ne prit pas longtemps, et si les gens regardaient les deux hommes un peu bizarrement une fois qu'ils eurent entendu leur nom de famille, ni Harry ni Salazar n'y prêtèrent attention, habitués à être dévisagé depuis qu'ils voyageaient. Une fois au square Grimmaurd, ils furent quelque peu malmenées au déjeuner par Mme Weasley. Ron semblait toujours un peu incertain à propos de Harry, mais les autres furent, dans l'ensemble, assez sympatiques.

Après le déjeuner, Harry s'installa à la table de la cuisine en compagnie de Sirius, Remus et de ses amis, pendant que Mme Weasley s'occupait de la cuisine et que Salazar disparaissait pour aller fouiller dans la bibliothèque. Harry avait toutes sortes d'histoires sur les fondateurs à raconter et les plus jeunes furent ravis de l'écouter. Même Ron se dérida, se moquant de ce que l'un des Gryffondor avait fait au cours d'un week-end.

Lorsque Salazar revint pour le repas du soir, appelé par Mme Weasley, le sourire de Ron se figea, se rappelant tout à coup que son meilleur ami était marié à Salazar Serpentard. Harry poussa un soupir et sourit au fondateur alors qu'il s'installait à côté de lui. "Tu as trouvé quelque chose d'intéressant ?"

"Intéressant, oui," acquiesça Salazar, "Utile, je ne sais pas encore."

"Je suis sûr que ça finira par être utile," répondit Harry d'une voix neutre.

"La plupart des sorts le sont souvent," opina Salazar avant de se mettre à parler en picte: "Ton ami rouquin ne m'apprécie vraiment pas."

Harry haussa les épaules. "Il s'en remettra."

"Soit parce qu'il l'aura fait de lui-même, soit parce que tu l'auras forcé -"

"Je ne vais pas le forcer à t'aimer, Sal," l'interrompit Harry en fronçant les sourcils.

"Tu en serais bien capable," fit Salazar avec douceur. "Ne me regarde pas comme ça, Harry; je sais à quel point tu peux être difficile quand les gens réagissent mal à mon égard."

Harry soupira et murmura, "Peu importe," en anglais moderne, signalant ainsi sa défaite. Salazar pouvait être une force sur laquelle compter lorsque quelqu'un snobait Harry, alors que celui-ci se montrait hargneux dès lorsqu'on s'en prenait à son mari.

"Combien de langues peux-tu parler?" s'enquit Hermione alors que les plats de nourriture circulaient sur la table et que chacun se servait.

Harry réfléchit un instant, puis haussa les épaules. "Quinze, à peu près. Cependant, la plupart d'entre elles sont des formes plus anciennes issues d'une langue moderne."

"Pourrais-tu m'en apprendre une ?" demanda Hermione avec espoir, avant que son expression ne s'affaisse. "Mais j'imagine que ce sera juste pour l'été. Il serait difficile de faire ça pendant le trimestre..."

Harry arqua un sourcil amusé. "Il existe un sort qui peut transférer la connaissance d'une langue à une autre personne. Je peux t'enseigner n'importe quelle langue que je connais en une minute à peu près, même s'il te faudra peut-être quelques jours pour l'assimiler complètement."

Les yeux d'Hermione s'illuminèrent. "Oui, s'il te plaît," souffla-t-elle.

"Tant que tu ne lui apprends pas toutes les langues," murmura Salazar en vieil anglais.

Harry roula des yeux vers son mari. "Je t'apprendrai celles qui te seront le plus utiles," proposa-t-il. "Je ne peux t'en enseigner qu'une seule toutes les vingt-quatre heures, et je préfère te donner quelques jours pour te familiariser avec une langue avant de t'en enseigner une autre, d'accord ?"

Hermione hocha la tête avec enthousiasme. "D'accord ! Merci beaucoup, Harry."

"Il n'y a pas de quoi."

Le dîner se déroula dans une humeur plutôt joyeuse, malgré les regards méfiants que Ron décocha à Salazar, mais celui-ci l'ignora ostensiblement, préférant s'entretenir avec Lupin, assis à côté de lui. Harry en profita pour parler à Bill, qui se trouvait en Angleterre depuis un moment et qui avait accepté de rester au square Grimmaurd pour le dîner, même s'il ne restait pas avec eux, au grand dam de sa mère.

Alors que le dîner se terminait, Molly Weasley se tourna vers Harry et son mari: "Harry, Salazar, avez-vous l'intention de rester ici pour la nuit ?"

Salazar haussa les épaules. "Harry aimerait bien, oui."

Harry roula des yeux. "Oui, nous prévoyons tous les deux de dormir ici cette nuit. Nous pouvons sans problème nettoyer l'une des chambres nous-mêmes", ajouta-t-il avec un sourire facile.

"Je vais vous montrer les pièces vides qu'il me reste," offrit Sirius, en se mettant debout.

"Ça marche," acquiesça Harry, se levant à son tour. "Sal ?"

"J'arrive", marmonna le Fondateur avant de rejoindre les deux autres hommes.

Ils trouvèrent une chambre vide au deuxième étage et, après une série de sortilèges de nettoyage et de purification, la chambre fut plus qu'acceptable comme résidence temporaire pour Harry et Salazar. Ils se retirèrent ensuite à la cuisine pour rire avec les autres de la maison jusqu'à ce que Mme Weasley ordonne aux plus jeunes d'aller se coucher. Elle semblait presque prête à le dire aussi à Harry, mais Mr Weasley lui toucha le bras et secoua la tête.

"Ces derniers jours ont été longs," commenta Harry, réprimant difficilement un bâillement.

Salazar inclina la tête et se leva à côté de son mari. "C'est vrai", acquiesça-t-il de manière neutre. "Peut-être qu'il est temps pour nous aussi d'aller au lit."

"Bonne nuit, Harry, Sal," leur lança Sirius, et les trois aînés Weasley ainsi que Lupin leur souhaitèrent également une bonne nuit tandis qu'ils quittaient la pièce.

Dans la chambre qu'ils avaient choisie, Harry et Salazar revêtirent leur pyjama envoyés par Slinky, puis se glissèrent dans le lit pour dormir.

Tandis que Salazar tombait dans les bras de Morphée, Harry gardait les yeux ouverts, son dos le tiraillait à chaque fois qu'il se tournait d'un côté. Finalement, au bout de presque deux heures, Harry se leva, sortit sans faire de bruit et se dirigea vers la bibliothèque.

Il y avait un sort sur la porte pour garder les élèves à l'extérieur, mais Harry le conjura sans problème. D'un geste de baguette, il alluma les bougies laissées dans la pièce et balaya les livres d'un rapide coup d'œil, cherchant un livre qui pourrait l'intéresser. La plupart des livres portaient sur la magie noire, un sujet qui ne l'attirait guère, sauf lorsque Salazar et lui voulaient s'en protéger ou en guérir les effets, - mais en cherchant bien il finit par trouver une section sur la défense magique. Il parcourut quelques bouquins, jusqu'à ce qu'ils dénichent deux livres anciens sur les boucliers magiques. Harry venait tout juste de les prendre lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir. Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule pour trouver un Ron, le visage ensommeillé, se tenant sur le pas de la porte. Il savait que son ami avait la chambre à côté de la sienne et de celle de Salazar, mais il ne s'était pas attendu à ce qu'il vienne le trouver dans la bibliothèque. "Ron",salua-t-il d'une voix neutre.

Ron cligna des yeux somnolents vers l'homme qu'il considérait toujours comme son meilleur ami, peu importe combien il avait changé. "J'ai entendu du bruit dans le couloir," marmonna-t-il. "Je pensais que c'était Fred ou George."

"Je suis désolé de t'avoir réveillé," fit Harry en remettant l'un des livres sur l'étagère. "Je cherche juste quelque chose à lire pour m'aider à dormir."

Ron était sur le point d'ouvrir la bouche - il lui semblait étrange que ce soit Harry qui cherche quelque chose à lire, plutôt que Hermione - quand son esprit embrumé enregistra brusquement les lignes écarlates qui marquaient le dos nu de son meilleur ami. "Harry," murmura-t-il, le visage horrifié, et Harry lui lança un regard confus, ne comprenant pas sa réaction, "Que t'est-il arrivé ?"

"Qu'est-ce que tu veux dire ?" lâcha Harry avec méfiance alors qu'il se tournait pour faire face au rouquin. Il n'était pas sûr que l'un ou l'autre soit suffisamment réveillé pour parler des épreuves qui avaient fait de Harry l'homme qu'il était aujourd'hui.

"Ton dos", répondit Ron en secouant la tête pour essayer d'effacer de son esprit le dos marqué de son meilleur ami, une image qui resterait sûrement gravée dans son esprit.

"Ah." Harry soupira et se dirigea vers l'une des chaises de la chambre, se rappelant qu'il n'avait pas pris la peine de mettre une chemise quand il avait quitté sa chambre. Deux ans en compagnie de Salazar et Slinky l'avaient sorti de cette habitude. "Assis-toi, Ron," suggéra-t-il en désignant l'un des autres fauteuils. Alors que Ron s'asseyait, le visage blême, Harry murmura: "Slinky".

L'elfe de maison apparut à ses côtés une seconde plus tard, clignant des yeux endormis. "Maître Harry a appelé ?" murmura-t-elle.

"Je suis désolé de t'avoir réveillé, Slinky," fit doucement Harry, mais Slinky fit un petit geste de la main, signifiant que ce n'était pas grave, et essaya de paraître plus éveillée. Harry sourit - ce n'était pas la première fois qu'il la réveillait pour quelque chose - et demanda, "Peux-tu nous apporter du thé et des biscuits ? "

Slinky inclina la tête. "Slinky peut aussi apporter à Maître Harry une potion de sommeil", proposa-t-elle.

Harry considéra cela un instant puis acquiesça. "Dans une fiole, s'il te plaît," répondit-il, sachant qu'elle pourrait très bien la glisser dans son thé s'il ne le précisait pas. Alors qu'elle s'éloignait, Harry jeta un coup d'œil à Ron qui avait observé l'échange avec curiosité. "Slinky est une elfe de maison libre qui a voulu rester avec Sal et moi quand nous nous sommes partis de Poudlard. Elle nous a suivi jusqu'ici pour continuer à s'occuper de nous."

"Tu ne l'as jamais liée à toi?" demanda Ron.

Harry haussa les épaules. "Hermione ne me l'aurait jamais pardonné," répondit-il et ils partagèrent un sourire entendu.

Slinky réapparut avec un plateau à thé qu'elle posa sur une table qui apparut entre les deux sorciers. Ron prépara son thé comme il l'aimait pendant que Harry remerciait Slinky et jetait un bref coup d'œil sur la fiole de potions. Satisfait, il la mit de côté et sirota son thé.

"Harry", fit Ron après un moment de silence en regardant son ami, "Que s'est-il passé?"

"Voldemort est arrivé," raconta Harry, ignorant le hoquet d'horreur de Ron. "Je n'étais pas tout à fait honnête hier à propos de ce qui m'a envoyé à l'époque des Fondateurs; il est vrai que Voldemort et moi nous sommes battus en duel, mais comme nos baguettes sont jumelles, elles contiennent la plume d'un même phénix, elles se sont brusquement connectées entre elles. Quelque chose d'étrange s'est déroulé ensuite, un fil d'or a relié nos baguettes, ce phénomène s'est retourné contre moi. Un dôme doré est apparu et m'a brûlé le dos, m'envoyant peu après dans le passé. " Il observa le visage pâle de Ron avant d'ajouter, "Si Sal ne m'avait pas trouvé et s'il n'avait pas été un guérisseur aussi doué, je serais mort de ces brûlures."

Durant de longues minutes, Ron fixa son thé sans rien dire, puis il murmura: "Il t'a sauvé la vie."

"Il l'a fait," acquiesça Harry, gardant sa voix neutre.

"Alors tu as une dette de vie envers lui ?" demanda Ron en levant les yeux vers Harry.

Harry resta silencieux, ignorant quoi répondre, avant de hocher la tête, "Peut-être, oui. Mais nous n'avons jamais considérés ça comme une dette, au cours de notre voyage, nous n'avons pas abordé le sujet. En vérité, aujourd'hui, je ne pourrais pas dire lequel de nous deux doit le plus à l'autre" Il remarqua le froncement de sourcils de plus en plus accentué de Ron comme s'il débattait avec quelque chose de difficile puis soupira, "Dis-le simplement, Ron."

"C'est juste que ... c'est Salazar Serpentard , Harry," réussit à dire le rouquin.

"Mieux vaut Sal que Draco Malfoy," répliqua sèchement Harry et Ron laissa échapper un son étranglé. Harry lui sourit et secoua la tête. "Ron, Salazar n'est pas le mal incarné. Quand je le regarde, je vois un homme avec bon nombre de failles, mais au cœur bon et généreux. Avant de me retrouver dans le passé, je croyais que Godric Gryffondor était un homme de cœur et d'honneur jusqu'à ce qu'il nous crache sa haine au visage avant notre départ. Quand je suis arrivé dans le passé, à moitié mort et incapable de comprendre un mot, Sal m'a emmené avec lui et et a pris soin de moi, malgré sa mission et ses devoirs. Il était là pour me réconforter lorsqu'une de mes amis a été assassinée et il a passé deux ans à essayer de trouver un moyen de me ramener chez moi. C'est l'homme que je vois quand je le regarde, tu comprends ? "

Ron prit une respiration tremblante, essayant de visualiser différemment l'homme que son meilleur ami avait épousé. Mais c'était très difficile, des années durant, il avait haï et craint cet homme étrange, ce fondateur dont on savait si peu de choses. L'imaginer protéger Harry, être un homme bon et pacifique, lui était pratiquement impossible. Pourtant, il ne niait pas que l'homme n'avait jamais fait preuve d'hostilité ou de dégoût envers les membres de l'Ordre, même si Ron lui avait donné plus que de raisons de le détester pour son impolitesse.

"Peut-être qu'effectivement il n'est pas l'homme qu'on raconte dans les livres," admit Ron. "Mais, est-ce que ça veut dire que Gryffondor ..." Il déglutit avec difficulté, puis demanda: "Harry, qu'est-ce que Godric Gryffondor vous a dit exactement ?"

Harry avait pris soin d'éviter ce sujet comme tout le monde avait accepté qu'il ait épousé un homme, mais à présent que Ron lui demandait des précisions, il ne pouvait tout simplement pas refuser de répondre. "Godric," commença-t-il d'un ton froid, "a voulu nous punir d'être gay, et nous sommes partis afin d'éviter une guerre à Poudlard." Il se concentra sur les biscuits et ajouta: "Je préférerais ne pas répéter ce qu'il a dit exactement. Tu comprends ? »

"Oui," murmura Ron, le cœur douloureux pour son meilleur ami. En règle générale, les familles de sang pur acceptaient les homosexuels, à condition que ces personnes aient au moins un enfant avec un sorcier, afin de maintenir la pureté de leur lignée; le rejet des homosexuels venait généralement de ceux qui avaient été élevés parmi les moldus. Mais Ron savait que cela n'avait pas toujours été le cas. Le grand-père de son père était gay et il avait été victime de nombreux préjugés à cause de cela lorsqu'il était plus jeune; il avait renoncé à son amant, épousé une femme et avait eu des enfants, afin de ne pas être insulté par ses pairs.

Ron avait toujours eu du mal à comprendre la haine dirigée contre les homosexuels, il avait été élevé dans une famille particulièrement tolérante, mais il savait que cela existait tout comme il savait ce que cela faisait d'être victime de préjugés, puisque sa la famille avait été étiquetée comme traîtresse à son sang. Il ne supportait pas que Harry ait subi cette discrimination, surtout à cause d'une personne que Ron avait toujours admiré! Et, à sa grande surprise, il éprouva pour Salazar de la sympathie, car il avait certainement souffert aux côtés de Harry.

"Je suis désolé," murmura Ron. Il leva les yeux et rencontra des yeux verts surpris.

"Pour quoi ?" demanda Harry.

"Pour avoir été un idiot."

Harry sourit avec un air fatigué. "Ron, tu es souvent idiot."

Ron grimaça, se rappelant à quel point il avait été stupide, en particulier cette année lors de la participation de Harry au tournoi. "Je sais", avoua-t-il. "Mais je m'étais promis, après que tu aies affronté ce dragon, que je te ferais confiance, peu importe si toutes les preuves sont contre toi, parce que c'est ce que font les meilleurs amis. Et pourtant je ne l'ai pas fait. J'ai jugé Serpent - Salazar- comme le mal incarné, tout comme Malfoy ou Tu-Sais-Qui, même si tu penses clairement le contraire. Et puis ... "

"Tu étais inquiet pour moi," commenta doucement Harry. "Je le sais et je sais comment tu es lorsque tu essayes de cacher cela. Ron, je n'ai pas été surpris par ta réaction à mon retour, pas plus que je ne l'ai été par ta réaction à l'égard de Sal. Honnêtement, j'aurais été inquiet si tu avais tout accepté sans poser de questions. " Il renifla. "J'ai été surpris de voir à quel point tout le monde a bien pris les choses, en fait."

Ron eut un sourire en coin. "Je pense qu'ils sont tous soulagés que tu ne sois pas mort."

Harry haussa les épaules "C'est vrai. Et je leur ai tous donné une nuit pour surmonter leurs doutes à propos de Sal ou de mes préférences sexuelles."

"C'est ..." Ron soupira et secoua la tête. "Être gay n'est pas un si gros problème, cependant."

Harry cligna des yeux. "Ah non ?"

"Non. Toi et Sal, vous pourriez éventuellement tomber sur quelques personnes qui veulent savoir quand vous allez employer une mère porteuse et avoir des enfants. Certaines sorcières et sorciers élevés par des moldus pourraient être un peu dérangés par cela, mais cela ne devrait pas poser trop de problème"

"J'espère que tu dis vrai " Harry sourit. "Je devrai le dire à Sal pour qu'il arrête d'attendre de se faire lapider." Il soupira et secoua la tête.

"Jeter un sort," corrigea Ron. Harry leva un sourcil et expliqua: "Lapider les gens, c'est trop moldu."

Harry rit. "Les Sangs - purs penseraient comme ça, n'est-ce pas?"

Ils partagèrent un sourire complice et, pendant un moment, ce fut comme au bon vieux temps. Mais ensuite, Ron remarqua le regard plus sombre et plus triste de Harry, et ces minutes de joie partagée se volatilisèrent.

Constatant que l'atmosphère s'était un peu alourdi, Harry prit la fiole de potion et suggéra : "Peut-être qu'il est temps que nous retournions tous les deux au lit. »

"Bonne idée" opina Ron en posant sa tasse vide sur le plateau à thé. Il attendit que Harry boive sa potion et lui lança: "Bonne nuit alors ?"

Harry lui sourit. "Bonne nuit, Ron. On se voit au petit-déjeuner."

"Ouais ok."

Harry attendit que Ron soit parti et que la potion de sommeil commence à faire effet avant de regagner sa chambre, laissant le plateau de thé et son contenu à Slinky ou à l'elfe de la maison de Sirius – que Harry n'avait pas encore rencontré - à nettoyer. Son dos lui causait toujours des soucis, mais la potion de sommeil l'empêchait de ruminer ça plus longtemps , et il s'endormit profondément peu de temps après s'être blotti près de son mari.

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"Sal?" murmura Harry d'une voix somnolente, enregistrant les mouvements de l'homme qui se levait.

Salazar s'arrêta et regarda Harry. "Bonjour," offrit-il. "Retourne te coucher."

Harry soupira et laissa tomber sa tête sur son oreiller. "Mon dos me gêne," réussit-il à dire avant que de replonger à nouveau dans le sommeil.

Salazar fronça les sourcils à cela. "Ton dos ?" répéta-t-il, mais il n'y eut pas de réponse. Se résignant à patienter, il se prépara pour la journée et réussit à aller dans les seules toilettes de leur étage avant le plus jeune des garçon Weasley. 'Encore une fois, avec ce que Harry a dit à propos du garçon, je ne suis pas surpris,' pensa Salazar en retournant dans leur chambre.

Avant que Salazar ne puisse se retirer dans sa chambre, Mme Weasley descendit les escaliers. Elle s'arrêta un instant en le voyant, puis sourit. "Bonjour, Sal", salua-t-elle, s'étant, elle aussi accoutumée par le surnom que Harry utilisait pour le fondateur. "Vous vous êtes levés tôt."

"Je me lève souvent tôt", admit Salazar. "Si vous me pardonnez ?" Il se dirigea vers la porte de sa chambre et celle de Harry.

"Bien sûr. Le petit-déjeuner devrait être prêt dans dix minutes," répondit Mme Weasley avant de descendre en bas.

Une fois de retour dans sa chambre, Salazar se glissa dans le lit et passa une main dans les cheveux de Harry. Le jeune sorcier laissa échapper un grognement mécontent et bougea légèrement, mais ne se réveilla plus. Ce changement l'avait mis dans une meilleure position pour permettre à Salazar de regarder par-dessus les cicatrices et il sourit faiblement en voyant la façon dont son mari prévoyait ses demandes, même endormi. "Il est drogué", réalisa Salazar, reconnaissant l'odeur d'une potion de sommeil à travers le souffle de Harry.

Salazar jeta deux sorts sur le dos de Harry, mais tout semblait aller pour le mieux. Un rapide examen avec ses yeux et ses doigts ne lui révéla rien de nouveau, bien que cela eut pour conséquence de réveiller Harry.

"Sal ?" murmura-t-il en se retournant pour regarder son mari.

Salazar sourit à Harry et écarta une mèche de ses cheveux. "Re-bonjour ," répondit-il.

Harry fronça les sourcils puis son expression s'éclaircit. "Bonjour" Il s'assit, puis grimaça et retomba sur le matelas alors que son dos s'étirait désagréablement. "Ow."

Salazar agita rapidement un autre sort de diagnostic sur Harry, mais il ne trouva rien d'anormal. "Harry," dit-il, "je ne vous rien qui cloche avec ton dos."

Harry fronça les sourcils et se força à s'asseoir, ignorant l'étrange sensation. "Rien ? Ça m'a tiraillé toute la nuit, l'autre fois. Et maintenant c'est ... Et bien, je ne sais pas. C'est ... comme si la douleur s'étendait ou s'étirait avec mon dos."

"'S'étirait' ?" répéta Salazar alors qu'il triait ces informations, essayant de trouver un sort qui pourrait guérir ce genre de symptômes.

Harry haussa les épaules et grimaça lorsque le mouvement lui tirailla dos. "Oui. C'est comme si ma peau était en train de guérir et qu'elle était un peu trop serrée."

Salazar haussa un sourcil. "Hm. Laisse-moi essayer quelque chose ?"

"Certainement." Harry se retourna, faisant en sorte que son dos soit face à Salazar.

Le fondateur posa sa baguette sur le dos de Harry et murmura: " Onliðaþ ".

Harry laissa échapper un son soulagé alors que la peau de son dos se détendait contre sa volonté et que la douleur disparaissait. Il se laissa retomber contre Salazar, souriant lorsque le sorcier plus âgé le serra contre son torse. "Je te remercie."

Salazar effleura la mâchoire de Harry. "De rien," murmura-t-il avant d'embrasser le jeune homme. Il tapota sa baguette contre le visage de Harry après un moment, lançant silencieusement un sortilège de rafraîchissement d'haleine et Harry s'écarta en riant.

"Tu essayes de me dire quelque chose ?" taquina-t-il.

"Ton haleine pue," répondit Salazar.

Harry rit à nouveau et se releva. "C'est toi qui a commencé à m'embrasser", fit-il remarquer.

"Hm, je sais," fit Salazar, observant les cicatrices familières sur le dos de Harry alors que le jeune homme bougeait. "J'aimerais bien savoir ce qui ne va pas avec ton dos", dit-il.

Harry secoua la tête. "Réaction tardive au voyage dans le temps ?"

"J'espère que ce n'est rien de plus ", fit Salazar sans cacher l'inquiétude dans sa voix. "Avertis-moi si cela te cause encore des problèmes."

"Je le ferai", promit Harry.

"Même si je dors," insista Salazar, sachant pourquoi Harry ne l'avait pas dérangé la nuit dernière. Comme Harry ne répondit rien, Salazar plissa les yeux. " Harry ."

"Oui, d'accord" soupira Harry. "Même si tu dors, je te réveillerai et je te préviendrai."

Salazar renifla, peu convaincu par la promesse de Harry. "Molly m'a dit que le petit-déjeuner devrait être prêt. Je pense que je vais descendre."

"Ok. Je te rejoindrai bientôt," répondit Harry en rangeant ses couteaux à leur place; il n'avait pas vraiment besoin d'eux ici, mais il avait pris l'habitude de les emmener avec lui, après être resté six ans auprès d'un Godric Gryffondor qui voulait à tout prix que ses élèves puissent se protéger.

Harry fut en bas au moment où Arthur Weasley décrivait les fonctions du ministère à un Salazar curieux. Harry s'assit auprès d'eux et remplit son assiette . Lupin et Hermione les rejoignirent peu de temps après, suivi de Ginny et des jumeaux. Lorsque Sirius apparut, Salazar s'était déjà retiré à la bibliothèque. Comme Ron n'était toujours pas là, les jumeaux proposèrent à leur mère d'aller le réveiller. Harry eut un peu pitié pour son ami...

Quand Ron eut presque fini son petit déjeuner, Molly Weasley leur lança : "Cette maison a besoin d'un bon nettoyage, et il semble que nous ayons les personnes qu'il faut ici même." Elle regarda ses enfants et Hermione et son expression s'adoucit en apercevant Harry. "Bien sûr, tu n'es pas obligé d'aider, Harry, mon chéri ..."

Harry secoua la tête. "Vous pouvez compter sur moi. J'aimerais aussi que cet endroit soit habitable , et je n'ai pas l'intention de rester assis à ne rien faire alors que je suis plus que capable."

"Plus capable que certains d'entre nous," commenta Ginny avec ironie, tapotant sa baguette contre le dessus de la table pour leur rappeler que Ron,Hermione et elle ne pouvaient utiliser la magie.

"Je parie que vous connaissez plus de sorts de nettoyage que moi," répondit Harry, amusé. "Quoi qu'il en soit, il n'y a rien de mal à faire un peu d'exercice pour se mettre en appétit, avant les repas fabuleux de Mme Weasley."

Celle-ci décocha un sourire radieux à Harry. "Merci beaucoup mon chéri. Maintenant, commençons par le salon."

"Charmeur", murmura l'un des jumeaux à Harry alors qu'ils montaient tous l'escalier jusqu'au premier étage.

"Tu parles," répliqua Harry en souriant.

Lupin se joignit à eux pendant le grand nettoyage du salon, qui avait grandement besoin d'attention, Sirius passa la plupart du temps à passer sa tête dans l'embrasure de la tête, regardant avec espoir vers Lupin ou Harry, puis disparaissant avant que Mrs Weasley ne puisse l'apercevoir.

Ils finissaient juste de finir quand Slinky apparut dans la pièce. "Maître Harry?" appela-t-elle, incapable de voir Harry parce qu'il s'était glissé derrière l'un des canapés.

Harry passa la tête par-dessus le dossier du canapé et sourit à son elfe de maison. "Hé, Slinky."

"Harry Potter, tu as un elfe de maison ?" lâcha Hermione d'une voix indignée.

"C'est un elfe libre," fit Harry, l'interrompant avant qu'elle n'entame son discours moralisateur sur les elfes libres. "Slinky, qu'est-ce qui ne va pas ?"

Slinky secoua la tête. "Rien du tout, Maître Harry. Le professeur Albus demande à ce que les Maitres le rejoigne dans son bureau pour le déjeuner."

"Hn. Sal est dans la bibliothèque, si tu pouvais lui passer le message ?"

"Slinky va le faire" ,couina l'elfe avant de partir.

Harry se releva avec un grognement et se frotta les mains pour se débarrasser de la poussière. "Eh bien, je suppose que ça veut dire qu'il y aura deux personnes de moins pour le déjeuner, Mme Weasley."

"Je comprends," fit Molly Weasley en souriant. "Il vaut mieux ne pas faire attendre Albus."

"En effet", approuva Salazar en s'arrêtant sur le pas de la porte. "Je crois que nous pouvons utiliser la ... poudre de cheminette, n'est-ce pas?"

"On devrait pouvoir l'utiliser," acquiesça Harry. "Si mon oncle n'a pas besoin que nous restions après le déjeuner, je serai de retour après pour pouvoir vous aider," promit-il à ceux avec qui il avait travaillé.

"Nous apprécions ton aide," répondit Mme Weasley. "Prenez un bon déjeuner."

Les deux sorciers sortirent du salon, Salazar lançant un sortilège de nettoyage sur Harry alors qu'ils descendaient. Ils rencontrèrent Sirius dans la cuisine, empilant des tasses dans une forme pyramidale. "Vous avez beaucoup nettoyé, alors ?" s'enquit-il en les apercevant.

"Oui, les autres sont en train de faire une pause d'ailleurs," répondit Harry. "Oncle Albus a demandé à Sal et à moi de le rejoindre pour le déjeuner, alors nous serons absents un petit moment."

Sirius soupira. "Très bien, c'est noté." Il se laissa tomber dans son siège.

"Tu pourrais aider au nettoyage, tu sais," fit remarquer doucement Harry.

Sirius renifla. "Non merci."

"C'est ton choix," fit Harry avant de se diriger vers la cheminée.

Un voyage rapide plus tard et Harry et Salazar se tenaient dans le bureau de Albus, échangeant des salutations avec le directeur. "S'il vous plaît, asseyez-vous et mangez pendant que le repas est encore chaud" les invita-t-il en faisant un signe de la main vers une petite table apparue au centre de la pièce, accompagnée de trois chaises confortables.

Ils conversèrent tranquillement tout en mangeant, Harry mentionnant le nettoyage frénétique de Mme Weasley et Albus partageant des rumeurs au sujet d'un couple de professeurs restés dans le château pendant l'été.

Alors qu'ils avalaient la dernière bouchée de leur dessert, Albus leva les yeux vers le fondateur: "Sal, as-tu découvert quelque chose à propos de la malédiction ?" Harry jeta un coup d'œil curieux à son mari, laissant à Salazar le soin de leur dire ce qu'il avait trouvé; se disant que si cela avait été important, Salazar le lui en aurait parlé.

Salazar acquiesça. "Je peux lever la malédiction, mais il faudra abattre les protections et les remettre en place depuis les bases; cependant, je ne suis pas sûr de vouloir le faire sachant que nous sommes en guerre."

"Il y a une autre solution ?" interrogea Harry, conscient que son mari n'aurait pas laissé tomber l'affaire à moins d'avoir une autre alternative.

"La malédiction vise spécifiquement le poste de" Défense contre les forces du mal ". Changez le nom - peut-être en" Défense magique "- et cela devrait annuler la malédiction suffisamment longtemps pour que nous puissions terminer cette guerre afin que je puisse démonter les protections. "

"C'est si simple ?" s'étonna Albus.

Salazar haussa les épaules. "C'est souvent le cas. Si vous souhaitez expliquer ce changement sans citer la malédiction, dites simplement aux personnes que vous avez trouvé des documents qui disent que le poste s'appelait « Défense magique » à l'époque des fondateurs."

"C'est certainement plus neutre," approuva Albus. "Bien, Harry, si tu n'y vois pas d'inconvénients ?"

"Je n'en vois aucun."

"Alors je changerai officiellement le nom du poste." Ils hochèrent la tête, Harry et Albus sourit, satisfait d'avoir résolu le problème alors que Salazar prenait un air suffisant.

"Est-ce tout ?" demanda ce dernier.

Le sourire d'Albus disparut et derrière ses lunettes en demi-lune, ses yeux bleus s'assombrirent. "J'ai bien peur que non. Notre première réunion de l'Ordre a lieu ce soir et il y a certaines choses que vous devriez d'abord savoir." Harry et Salazar plissèrent les yeux, mais ne firent aucun commentaire. Albus soupira et secoua la tête. "Tout d'abord, se pose la question de votre identité, si elle doit être révélé à tout le monde ou non. Je me fie à l'Ordre, mais comme Harry peut en témoigner, Rubeus a du mal à tenir sa langue, et un autre membre, Mondingus Fletcher, a pour habitude de vendre tout ce qui peut lui rapporter de l'argent, aussi bien des objets que des informations. "

"Et vous lui faites confiance ?" lâcha Salazar, dégoûté.

"Il est utile pour nous tenir au courant des transactions qui ont lieu dans les bas-fonds magiques", expliqua Albus. "Je le tiens généralement à l'écart de toute information délicate, même s'il a également fait le serment qu'il ne partagerait aucun des plans ou des noms de l'Ordre avec des personnes extérieures à l'Ordre du phénix."

"Mais ça ne veut pas dire qu'il ne peut pas laisser échapper que je suis vivant," murmura Harry, les sourcils froncés. "J'admets qu'il serait peut-être préférable de ne laisser personne savoir qui nous sommes; moins il y a de gens qui sont au courant, mieux c'est. Et bien que j'apprécie beaucoup Hagrid, il n'a pas la langue dans sa poche. Ce qui est vous a d'ailleurs été plusieurs fois très utile". Il lança un coup d'œil appuyé en direction d'Albus, qui arbora un léger sourire en réponse. "Je suppose que vous avez une personne de confiance dans l'Ordre ? Un bras-droit en quelque sorte ?"

"Alastor en était le plus proche," admit Albus. "Comme il est mort, je pense que la prochaine personne en qui j'aurais le plus confiance est Minerva McGonagall."

"Cela a du sens," acquiesça Harry.

"Peut-être que nous pourrions mettre au courant Minerva de notre mission et garder les choses secrètes pour les personnes qui ne sont pas dans le coup ?" suggéra Salazar. "Si quelqu'un découvre la véritable identité de Harry, n'hésitez pas à lui dire qui il est, mais sinon, nous continuerons de faire comme s'il était votre neveu. A notre retour, Harry et moi pouvons dire aux autres de garder le silence. "

"C'est acceptable," approuva Albus. "Je peux demander à Minerva de revenir avec moi à Poudlard et je lui en parlerai pendant le dîner. Vous pouvez nous rejoindre, mais je vous laisse libre de votre choix."

Harry et Salazar hochèrent la tête. "Autre chose ?" demanda Harry.

Albus eut un soupir plein de lassitude et, d'un geste de baguette, fit sortir sa pensine de son armoire. "J'aurais peut-être dû partager cela avec toi il y a des années," avoua-t-il à Harry, qui se raidit brusquement, "mais je pensais que tu étais encore trop jeune pour assumer cette responsabilité. Il semble que tu sois suffisamment adulte, maintenant." Il appuya sa baguette contre sa tempe et en tira un fil argentée qu'il laissa tomber dans une bassine. Après l'avoir observé disparaître au milieu des autres filaments argentés, il y posa sa baguette et la silhouette de Sybill Trelawney s'éleva, parlant sur un ton dur et irréel, le même ton que Harry avait entendu vers la fin de sa troisième année:

" Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois.. et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit... Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois... "

Harry et Salazar restèrent tous les deux immobiles durant un long moment, gardant un masque soigneusement vide, alors que la silhouette au-dessus de la pensine retombait dans le liquide tourbillonnant. Finalement, Harry parla, la voix aussi vide que son expression, "Je suppose que cela se réfère à moi et à Voldemort ?"

"C'est le cas", répondit doucement Albus, observant les deux sorciers avec inquiétude. "Harry, je suis désolé-"

Harry secoua la tête et eut un rictus ironique. "Je ne l'aurais pas mieux expliqué moi-même," admit-il,avant de laissait échapper un souffle tremblant. "Non, cela me donne simplement une raison de plus de revenir et de m'occuper de Voldemort. Cela n'a pas d'importance, je veux le voir mort depuis longtemps, prophétie ou pas prophétie, et je sais que Sal est d'accord avec moi."

"Tout à fait," fit Salazar.

Albus soupira, soulagé. "Je me doutais que tu dirais quelque chose comme ça, et je suis reconnaissant que tu ne sois pas en colère contre moi."

Harry haussa les épaules. "Je le suis un peu, mais je comprends votre raisonnement."

Albus sourit tristement. "Il existe une copie de cette prophétie dans le département des mystères du ministère de la Magie. J'ignore si Voldemort cherchera à mettre la main dessus, car il croit que tu es mort, mais je ne prends aucun risque; Neville Londubat correspond également à une partie de la prophétie – du moins autant que le sait Voldemort - et donc il est fort possible que notre ennemi s'intéresse au garçon et décide de le supprimer si jamais il estime qu'il représente une menace "

Harry grimaça. "Dans ce cas, je verrai si je ne peux pas donner des cours supplémentaires à Neville cette année ; si Voldemort le considère comme une cible, il doit apprendre à se défendre."

Albus inclina la tête. "Je laisse cette affaire entre tes mains alors. J'ai déjà envoyé un hibou à sa grand-mère, lui faisant savoir qu'il pourrait bien devenir une des futures victimes de Voldemort, mais je n'ai pas encore eu de ses nouvelles. Il est possible qu'elle l'ait emmené se cacher. "

"Est-elle membre de l'Ordre ?" voulut savoir Salazar.

"Elle ne l'est pas, alors que son fils et sa belle-fille l'étaient. Je lui ai suggéré de devenir membre, mais je ne crois pas qu'elle le fera." Albus soupira. "Augusta a toujours été plutôt têtue."

"Peut-être qu'elle est simplement incertaine de la meilleure façon de gérer les choses," commenta Harry. "Même si elle refuse, vous pouvez envoyer un nouvel hibou et demander à Neville de nous rejoindre au quartier général. Après tout, plusieurs de ses camarades de classe sont là et l'endroit est bien protégé. Et je peux toujours leur enseigner la théorie, afin qu'ils puissent avoir une meilleure chance au prochain trimestre. "

"Je lui enverrai un hibou avec cette proposition," fit Albus avec un sourire qui disparut lorsqu'il reprit la parole. "Il y a une dernière chose que je dois vous dire avant de partir, quelque chose qui concerne la défaite de Voldemort." Les deux plus jeunes sorciers hochèrent la tête pour qu'il continue et il demanda d'une voix beaucoup plus grave, "Est-ce que l'un de vous sait quelque chose à propos des horcruxes ?"

Harry et Salazar échangèrent un regard en fronçant les sourcils, puis tous deux secouèrent la tête. "Ce terme ne m'est pas du tout familier," dit Harry.

Albus acquiesça. "C'est un objet qui sert à conserver une partie de l'âme d'une personne. Ce procédé est créé grâce à un sortilège de magie noire extrêmement puissant"

"Une partie de l' âme ?" répéta Harry, son visage se tordant en une mine dégoûtée. "Pourquoi quelqu'un voudrait-il diviser son âme?"

"Pour rester immortel, je suppose ? ", devina Salazar.

"Tout à fait," acquiesça Albus. "Tant qu'une partie de son âme reste attachée à un objet physique, cette personne ne peut pas mourir, même si son corps est détruit; même si vivre avec une âme mutilée n'est pas vraiment une vie... "

Harry se souvint tout à coup de sa mésaventure dans le cimetière, des paroles de Voldemort lorsque celui-ci lui avait expliqué comment il avait survécu à l'Avada Kedavra: "... Je me suis senti arraché de mon corps, réduit à moins qu'un esprit, moins que le plus infime des fantômes... "

"Voldemort a un horcruxe," murmura-t-il en regardant Albus.

"Je crois qu'il en a beaucoup plus", répondit Albus et ils grimacèrent tous de dégoût. "Tu en as déjà détruit un, Harry."

"Vraiment ?"s'étonna Harry, fouillant dans ses souvenirs .Un objet qui sert à conserver la partie d'une âme d'une personne... Oh. "Le journal intime."

Albus inclina la tête. "Exactement. Je crois qu'il y en a d'autres parce que Voldemort a survécu même après la destruction de celui-là."

Harry acquiesça. "C'est logique, je suppose. Savez-vous quels autres objets il a pu utiliser comme horcruxes ?"

Dumbledore soupira et secoua la tête. "Je sais que Tom avait tendance à collectionner les trophées pour marquer ses conquêtes sur ses adversaires et qu'il avait également un attachement pour Poudlard. Il était également très fier de ses origines."

"Alors, peut-être des objets qui ont appartenu à la famille Serpentard ?" proposa Harry en jetant un coup d'œil à Salazar. "Peut-être pas à l'un de nous, mais à Angus ou à ses descendants."

"Il aimait beaucoup l'épée que son père lui avait donnée", fit remarquer Salazar. "Et il y avait ce vilain médaillon."

Harry sourit au souvenir du médaillon, dont Angus était si fier, celui-ci avait répété maints-et-maints fois qu'il s'agissait de celui de son grand-père et qu'on le lui avait été offert en lui disant qu'il était le seul véritable petit-fils de Silvanus Serpentard. Salazar avait pris un malin plaisir à dire à quel point c'était moche et difficile à utiliser chaque fois qu'il surprenait Angus en train de le polir.

"Un médaillon en or avec un 'S' vert garni de pierres précieuses?"s'enquit Albus et les deux plus jeunes sorciers hochèrent la tête.

"C'est ça", répondit Salazar. "Le médaillon a survécu, on dirait ?"

"En effet. Il y avait aussi une bague, mais je crois qu'elle appartenait à la lignée Peverell, plutôt qu'à la lignée Serpentard."

Harry et Salazar haussèrent les épaules, n'ayant aucun souvenir d'une bague et n'ayant aucune connaissance à propos de la lignée Peverell.

"Je ne sais rien à propos de l'épée, mais je sais que lorsque Tom a récupéré le médaillon, il a également trouvé une coupe en or avec un blaireau gravé sur le côté qui aurait appartenu à Helga Poufsouffle"

Salazar regarda Harry, ne se souvenant d'aucune coupe ayant appartenu à Helga. Harry fronça les sourcils, se replongea dans ses souvenirs les plus anciens, puis secoua la tête. "Pour autant que je sache, Helga n'a jamais utilisé de coupes autres que celles que nous avons utilisées. Je vais demander à Ramona si elle sait quelque chose."

"Elle en saurait certainement plus que nous," renchérit Salazar. "Si Voldemort s'est servi de quelque chose possédé par Helga, il est évident qu'il a pu utiliser quelque chose ayant appartenu à Godric ou à Rowena."

"Tout ce qui a survécu à Godric Gryffondor - son épée et le choixpeau - est resté dans ce bureau", fit Albus. "Quant à Rowena Serdaigle, je ne connais rien qui ait pu lui survivre."

"Sauf peut-être son diadème," intervint Harry en s'asseyant. Helena nous a dit qu'elle l'avait emporté en Roumanie, et si elle n'a pas pu le ramener ..."

"Alors, il a très bien pu rester là-bas ", compléta Salazar.

"En Roumanie ?" répéta Albus, les sourcils froncés. "Tom a passé quelque temps là-bas avant de prendre le nom de Lord Voldemort et d'imposer ses idéaux à la population magique."

"Slinky !"appela Harry appela et l'elfe de maison apparut aussitôt à ses côtés. "Pourrais-tu demander à Helena de venir ici, s'il te plaît ?"

"Slinky va le faire ", couina l'elfe de maison avant de translaner.

"Tu penses que Helena aurait pu lui dire où il était ?" demanda Salazar à son mari en fronçant les sourcils.

"Je pense que mille ans, c'est long et que l'on fini par se sentir seul et par regretter d'avoir laisser pourrir le diadème de sa mère," répondit Harry. "Je pense aussi que Tom Jedusor était assez charmeur, quand il le voulait."

"C'était tout à fait son genre," approuva Albus.

Helena flotta vers eux, ses lèvres translucides esquissant un petit sourire. "Harry, Salazar, Directeur Dumbledore. Slinky m'a a dit que vous souhaitiez me parler ?"

Harry opina. "Helena, as-tu dit à quelqu'un d'autre où tu avais laissé le diadème?"

Helena réfléchit un instant, puis hocha la tête. "A quelques personnes, peu de temps après notre retour au château, mais personne ne l'a jamais trouvé." Elle fronça brièvement les sourcils, puis enchaîna: "Et un garçon, il y a quelques décennies, qui en a entendu parler par Alexander, je crois, et qui voulait le ramener à son domicile légitime. S'il l'a trouvé, il n'a plus donné de nouvelles."

"Ce garçon, il s'appelait Tom ?" interrogea Albus.

"Oui...mais j'ai oublié son nom"

"Tom Jedusor," murmura Harry et Helena hocha la tête. "C'est ça". Harry poussa un soupir contrarié mais adressa quand même un sourire reconnaissant à la jeune fille. "Merci, Helena."

"Helena," l'interpella tout à coup Salazar alors qu'elle commençait à disparaître dans le sol et elle s'arrêta. "Pourrais-tu te rendre à l'endroit où tu as laissé le diadème et vérifier s'il est toujours là ? Prends Slinky avec toi, au cas où tu devrais le ramener."

"Certainement, Salazar," obéit Helena et elle disparut.

"Il est très probable que Tom l'ait trouvé et l'ait transformé en horcruxe", fit Albus avec regret.

"Peut-être l'a-t-il laissé là où il l'a trouvé et dans ce cas, il sera facile de s'en occuper", dit Salazar. "Trouver les autres, en supposant qu'ils soient des horcruxes, sera bien plus intéressant."

Albus acquiesça. "Je connais quelques endroits où ils pourraient avoir été cachés, mais je ne peux en être sûr, et j'ai peur d'être trop connu pour pouvoir faire des recherches en toute discrétion."

"Nous pouvons nous en charger nous-mêmes au cours des prochaines semaines," proposa Harry. Il jeta un coup d'œil à Salazar. "Après le déjeuner, peut-être ?"

Salazar acquiesça. "C'est très bien."

"Je vais dresser une liste de lieux et vous la donner lors de la réunion", promit Albus. "Vous pouvez l'étudier quand vous voulez."

"Est-ce tout ?" demanda Harry, sur le point de se lever de sa chaise pour aller s'entretenir avec Ramona et Merlin.

"Je crois que oui," sourit Albus.

"Nous nous verrons ce soir, alors", conclue Salazar et les deux sorciers quittèrent le bureau du directeur, retournant dans leurs chambres.

Merlin et Ramona étaient en train de plaisanter avec Alexander quand Harry et Salazar entrèrent dans la pièce. Ils se tournèrent vers eux avec un sourire, mais leurs expressions se figèrent en voyant l'air sombre de leurs amis. "Que se passe-t-il ?" s'inquiéta Ramona.

"Une coupe en or, qui appartiendrait à la lignée de Poufsouffle," répondit Harry sans préambule. "Transmise à travers les siècles, cela te dit quelque chose ?"

Ramona cligna des yeux, puis fronça les sourcils, méditant ses paroles. "Pour mon mariage, Conrad m'a offert une coupe en or avec un blaireau gravé sur un côté, que j'ai remis à Lily pour son mariage", répondit-t-elle. "Je crois qu'il l'a réalisé lui-même."

Harry soupira et hocha la tête. "C'est probablement ça, alors." "Nous pensons que Voldemort a divisé son âme en plusieurs fragments et les a implantés dans divers objets. Oncle Albus pense que la coupe pourrait en être un, ainsi que le médaillon d'Angus et le diadème de Rowena."

"J'apprécie de moins en moins cet homme de minute en minute," murmura Ramona.

"Nous voilà au moins débarrassés de ce fichu médaillon," fit Alexander et tous les cinq échangèrent un sourire méchant.

"Angus aurait sûrement apprécié que Voldemort utilise son médaillon afin de tuer encore plus de non-magiques", fit remarquer Salazar.

"Oui, il aurait certainement adoré," déclara sombrement Alexander.

"Peut-être que vous pourriez revendiquer ces objets ?" suggéra Merlin, attirant sur lui des regards interrogateurs .

"Les revendiquer ?" répéta Harry, perplexe.

Merlin acquiesça. "Je crois que Ramona a déclaré dans son testament qu'elle souhaitait que la coupe vous revienne, normalement cet acte magique est valable des siècles. Dans le mien, je voulais que ce portrait vous soit envoyé, au cas où il disparaîtrait de Poudlard avant votre retour. "

"C'est tout à fait exact", approuva Ramona. "J'avais déclaré quelque chose dans ce genre « tout ce qui m'appartenait jadis, devra aller à Harry Serpentard s'il devait survivre jusqu'à sa naissance »".

"C'est une question intéressante," admit Harry, "et que je pourrais bien aborder avec les gobelins la prochaine fois que je passerai à Gringotts. Bien que je ne veuille pas priver tes descendants."

"Ces objets signifieraient beaucoup plus pour vous que pour eux", insista Alexander. "En ce qui concerne la magie de cette époque, ce sont des reliques inestimables à exposer."

"Et ils ne seraient pas pour moi?" demanda Harry.

"Je ne sais pas, personne ne peut savoir, n'est-ce pas ?" répliqua Alexandre .

Harry esquissa un sourire et secoua la tête. "Non", admit-il. Mais ces objets qui appartenaient autrefois à ses amis étaient des souvenirs de leur amitié et de leur amour, à conserver de près et à être utilisés tels qu'ils avaient été conçus, non pour finir exposés dans une vitrine à la vue de toutes. D'autant plus que ces sorciers et ces sorcières ne savaient rien de leurs propriétaires.

"Tu peux réclamer la coupe, et Helena peut procéder avec le diadème de cette façon, mais aucun d'entre nous ne peut réclamer le médaillon", souligna Salazar.

"Peut-être, peut-être pas," murmura Harry en secouant la tête. "Il vient de ta lignée familiale, et si les gobelins pensent qu'il t'a déjà appartenu, tu pourrais peut-être le revendiquer. Le seul objet qui pourrait poser problème cependant est la bague que Albus a mentionné, elle appartient à une autre famille. "

Salazar haussa les épaules. "Trouver un seul objet est plus facile que d'en trouver quatre," observa-t-il et Harry inclina la tête en signe d'accord. "Nous n'avons plus rien à ajouter à ce sujet aujourd'hui, et nous devrions nous assurer que les responsables au quartier général savent qu'ils ne doivent pas mentionner nos véritables identités."

"Nous devrions y aller, alors." fit Harry.

"Tu reviens ici ce soir?" s'enquit Ramona avec espoir.

Harry et Salazar échangèrent un regard et Harry haussa les épaules. "Peut-être," fit Salazar. "Je suppose que vous ressentez le besoin de commérer comme un couple de vieilles femmes avec mon mari ?"

"Comment avons-nous pu oublier à quel point vous êtes un âne ?! " rétorqua Ramona.

Harry roula des yeux. "Nous resterons probablement à Londres ce soir, c'est plus près de Gringotts, mais nous reviendrons pour passer du temps avec vous demain soir", promit-il.

"Parfait", fit Merlin avant que Salazar ou Ramona n'aient eu le temps de faire une remarque. Harry et lui roulèrent des yeux quand Ramona et Salazar reniflèrent, Alexandre lâcha un rire moqueur.

"Viens, Sal," intima Harry en prenant le bras de Salazar et en le tirant vers la porte. "Bonne nuit et à demain!"

"Bonne nuit !"lui retournèrent Ramona, Merlin et Alexander avant de revenir à la discussion que Harry et Salazar avaient interrompue.


Et voilà Sal et Harry à la chasse aux Horcruxes !

Et ils ne vont pas chômer !