Hello les sorcières (et sorciers s'il y en a par ici) et bienvenue sur ce nouveau chapitre !
Vous vous rappelez quand j'ai mentionné qu'un personnage pire que Godric et Angus réunis allait bientôt apparaître ? Bon, ben voilà, il est arrivé et il est en pleine forme, huhuhu.
Allez, bonne lecture !
D'après Albus Dumbledore, Minerva McGonagall désirait rencontrer Harry et Salazar en tête-à-tête et accepta un soir de dîner avec eux. Harry et Salazar, ne voyant rien de mal à ça, lui proposèrent de se voir chez elle à Pré-au-lard.
Le dîner avec Minerva McGonagall se déroula bien. Ils découvrirent qu'elle avait un sens de l'humour sec qui correspondait parfaitement à celui de Salazar, et le fondateur et la professeur de métamorphose s'amusèrent à se lancer des piques sous le regard amusé de Harry et Albus qui comptaient les points.
Lors de la réunion de l'Ordre de la veille, Harry avait remarqué à quel point la directrice de son ancienne maison semblait fatiguée et inquiète, et il aurait voulu apaiser son angoisse en lui disant qu'il ne craignait rien et était, maintenant, plus que capable d'affronter Voldemort. Il souhaitait pouvoir parler au reste de l'Ordre, mais ils avaient besoin que Voldemort reste confiant le plus longtemps possible - peu importe combien cela pouvait peser sur leurs propres troupes - et le secret le mieux gardé était celui qui était préservé par le moins de gens possible. Que tant de membres de l'Ordre connaissent déjà la vérité était suffisamment assez grave, mais ce qui est fait est fait et Harry aurait préféré s'arracher le cœur plutôt que de mentir à ses amis et son parrain sur son identité.
Une fois le dîner terminé, McGonagall demanda, "Que ferez-vous à propos de Vous-Savez-Qui ?"
Harry jeta un coup d'œil à Albus, haussant les épaules lorsque ce dernier eut un léger sourire sans faire de commentaire. "Nous recherchons les objets qu'il a pu laissés et qui pourraient nous servir pour le tuer pour de bon", déclara-t-il.
"Comment se passe votre recherche?" s'enquit Albus.
"Nous allons peut-être en récupérer, si le Haut Conseil des Gobelins accepte ou non ma demande, mais nous devrons chercher les autres", répondit Harry.
"Albus," intervint sèchement McGonagall, "tu enseignes à Harry tes mauvaises habitudes." Au regard confus de Harry, elle expliqua, "La réponse sibylline aux questions directes"
Harry haussa les épaules. "Je crains fort que ce ne soit une habitude que j'ai acquise afin d'empêcher les gens d'apprendre que je venais du futur. La faute incombe donc davantage aux circonstances qu'à mon oncle."
"Je n'y suis donc pour rien," conclut Albus en hochant la tête.
McGonagall lui lança un regard soupconneux qui indiqua qu'elle ne le croyait pas un instant et Harry sourit tandis que les lèvres de Salazar tremblaient d'amusement.
"Ah!" Harry se tourna vers Albus, se rappelant quelque chose. "Mon oncle, j'aurai besoin d'une image d'un objet en particulier, celui dont tu as dit qu'il n'appartenait à personne."
Albus fronça les sourcils pendant un moment pendant que McGonagall soupirait, puis il acquiesça. "Ah, oui. Je peux te montrer un souvenir, si cela te va ?"
"Ça devrait, oui," acquiesça Harry. "Sal et moi, nous partirons probablement demain après-midi, après le déjeuner, et passerons la soirée à examiner les livres que j'ai choisi pour la Défense Contre les Forces du Mal avec Hermione et ceux qui le désirent"
"Visiblement, certaines habitudes sont difficiles à briser", commenta sèchement McGonagall en regardant ostensiblement Harry.
Celui-ci roula des yeux. "Je suis plus que capable de trier ces livres moi-même, mais Hermione veut absolument me donner un coup de main et je ne vois aucune raison de refuser sa demande alors que je sais que son aide me sera précieuse."
McGonagall inclina la tête, lui accordant ce point.
Ils parlèrent un peu de l'Ordre - Albus pensait envoyer des messagers aux non-humains pour demander leur soutien, et il sembla judicieux de faire part de ses plans aux autres membres, ceux qui étaient dans le cercle intime de Dumbledore – puis Minerva déclara qu'ils pouvaient partir s'ils le désiraient.
A Poudlard, Harry et Salazar se rendirent au bureau d'Albus qui leur montra le souvenir d'un jeune Tom Jedusor avec la bague qu'il pensait être un horcruxe, puis ils retournèrent dans leur propre chambre. Harry passa le reste de la nuit à discuter – à bavarder, insista Salazar - avec Merlin et Ramona, pendant que le fondateur feuilletait l'un de ses nouveaux livres sur la magie guérisseuse, intervenant de temps en temps dans la discussion des trois amis.
Quand Harry et Salazar retournèrent dans leur chambre pour dormir, Harry se coucha dans son lit directement et s'endormit aussitôt. Pas une fois sa cicatrice ne le réveilla, et ce n'est qu'à son réveil qu'il y repensa.
"Sal ?" appela-t-il alors que son mari était déjà réveillé mais absent de la chambre.
La porte de la salle de bain s'ouvrit brusquement. "Harry ?"
"Mon dos ne m'a pas dérangé cette nuit."
Il y eut un moment de silence, puis un bruit de chasse d'eau et Salazar entra dans la chambre à coucher, les sourcils froncés. "Intéressant."
Harry hocha la tête en se levant du lit, se réjouissant du mouvement facile de son dos après deux jours de raideur. "Soit le problème s'est résolu de lui-même -"
"Peu probable", coupa Salazar.
Harry grimaça, acceptant en silence l'aîné - sa vie n'a jamais été facile - et poursuivit :, "Ou alors quelque chose au square Grimmaurd réveille la douleur de mes cicatrices."
"Considérant le lien entre tes cicatrices et les phénix, et la quantité d'objets maléfiques qui polluent cette maison, c'est tout à fait envisageable ."
"Mais il vaut peut-être mieux éviter de tirer trop de conclusions ?"
Les lèvres de Salazar se contractèrent d'amusement. "Sans doute " Il haussa les épaules. "Je sais que tu voulais passer du temps avec Hermione et tes nouveaux livres, pour que nous puissions passer la nuit au square Grimmaurd. Si ton dos te dérange à nouveau, nous pourrons alors en conclure que cette maison est responsable de ta douleur et éviter de rester là-bas jusqu'à ce que nous ayons résolu le mystère de ce qui est à l'origine de ça. "
"Ouais, ça sonne bien," acquiesça Harry. "On pourrait peut-être aller prendre notre petit-déjeuner chez Sirius et filer un coup de main à Molly ? Ou bien aller dévaliser la bibliothèque ?"
"Cela me va."
Ainsi décidés, ils se préparèrent pour la journée et passèrent devant les portraits de Merlin et Ramona qu'ils saluèrent d'un petit signe de la main. Le petit-déjeuner fut partagé avec les professeurs qui étaient des lève-tôt - étonnamment, Albus n'était pas là alors que Harry avait toujours pensé qu'il se levait aux aurores - puis ils transplanèrent sur les marches du perron du 12, square Grimmaurd.
À leur arrivée, le petit-déjeuner était quasiment terminé et Molly fut ravie de recevoir l'aide de Harry pour nettoyer la maison . Salazar finit par rester dans la cuisine, tenant compagnie à Sirius, pendant que les plus jeunes, Harry et Mrs Weasley se dirigeaient vers la salle à manger pour une énième partie de grand nettoyage.
"Maman aime aller de chambre en chambre, donc on ne s'ennuie jamais," murmura Ron à Harry lorsque Molly leur demanda pourquoi ils n'étaient pas retournés au salon - il était impossible que cette pièce soit nettoyée à fond.
Harry hocha la tête et alla aider Mrs Weasley à s'occuper d'une lampe ensorcelée, puisqu'il pouvait utiliser la magie et savait comment gérer la magie noire.
Au bout d'un moment, Molly Weasley les laissa pour aller s'occuper du repas. Lupin prit le relais pendant que Sirius accompagnait Salazar détruire certains des précieux bibelots maléfiques de sa famille. Harry les avait laissés là, marchant au ras des murs et jetant un coup d'œil dans les chambres, à la recherche d'un objet maudit. Il jetait un sort de temps en temps pour voir s'il pouvait déterminer quelles malédictions avaient été jeté sur chaque objet. Il avait obtenu de Sirius la promesse qu'il pourrait garder certains objets maudits avec lesquels il pourrait travailler, afin qu'ils puissent apprendre à les manipuler, mais il n'en voulait pas qui puissent les tuer .
Mrs Weasley venait de les appeler pour le déjeuner, lorsque Harry aperçut l'éclat familier du vert et de l'argent à travers l'embrasure d'une porte. "Salazar !" cria-t-il en rentrant dans la pièce .
Son mari fut à ses côtés en un instant, les yeux suivant ceux de Harry jusqu'au collier qui reposait sagement en bas d'une étagère. "Par tous les dieux," souffla-t-il en se retournant pour attraper un chiffon qui traînait sur une table.
"Qu'avez-vous trouvé ?" demanda Sirius derrière lui. Les autres occupants de la maison avait suivi Salazar, curieux de voir ce qui avait attiré l'attention de Harry.
Salazar tendit le chiffon qu'il avait utilisé pour ramasser soigneusement le médaillon. "Un collier qui a appartenu à mon père", répondit-il avec un sourire froid. "J'espère que ça ne te dérange pas, Sirius, si je le garde pour en disposer de la manière la plus violente possible?"
Sirius jeta un coup d'œil sur le médaillon terni gravé d'un «S» bordé d'émeraudes. "Bien sûr", acquiesça-t-il avec un haussement d'épaules nonchalant puis il se détourna.
Harry plissa les yeux vers Salazar alors que les autres suivaient Sirius hors de la pièce. "Ce n'est pas un endroit où je me serais attendu à le trouver. À moins que Voldemort n'ait fait confiance à un membre de la famille de Sirius ?"
"Il est lié à la fois à cette femme Lestrange et aux Malfoy, qui étaient en possession de son journal intime," souligna Salazar, aidant Harry à se mettre debout. "Et Sirius n'a-t-il pas évoqué un petit frère décédé alors qu'il se trouvait au service de Voldemort ?"
Harry hocha la tête, ramassant un second chiffon pour envelopper le médaillon avant de le ranger dans la poche de sa ceinture. "Tué par Voldemort pour s'être enfui, d'après Sirius. De la mauvaise herbe." Il se passa la main sur le visage. "Dire qu'il était caché dans une salle à manger ?"
Salazar jeta un coup d'œil vers l'horcruxe. "Ne cherchons pas à comprendre." Il secoua la tête et se dirigea vers le couloir. "Peu importe; c'est une histoire dont nous ne saurons probablement jamais l'entière vérité. A présent que le médaillon est entre nos mains, nous devons le rapporter à Albus afin qu'il découvre le meilleur moyen de le détruire."
Harry lui jeta un coup d'œil, un sourire moqueur retroussant ses lèvres. "Et si le médaillon reste indemne ?"
Salazar eut un rictus mauvais. "J'ai récemment appris pas mal de sortilèges qu'il serait intéressant de pratiquer."
Harry se mit à rire et ils s'en allèrent.
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Le médaillon ne survécut pas longtemps, l'épée de Godric Gryffondor se chargea de lui régler son compte. Cette tâche revint d'abord à Harry, son mari ayant refusé de toucher l'arme de son ennemi.
Puis finalement, Salazar se laissa tenter et il passa le reste de l'après-midi à réduire le médaillon en des morceaux si minuscules qu'ils se dispersèrent dans la pelouse de Poudlard et, bientôt, il fut impossible de les distinguer au milieu de cette herbe tendre. Puis ils retournèrent au square Grimmaurd, ayant silencieusement convenu que la trouvaille du médaillon durant la matinée avait compté pour leurs recherches de la journée.
Après le repas du midi, un petit rassemblement eut lieu autour de la table de la cuisine, laquelle contenait une grande partie des livres achetés par Harry. Hermione, Lupin, Bill, Arthur Weasley et Tonks avaient tous voulu participer et Harry était plus qu'heureux de recevoir un petit coup de main. Fred et George les rejoignirent, plus pour faire des farces, que pour les aider, Harry les laissa volontiers entre les mains Salazar, tandis que Sirius, Ron et Ginny jouaient à un jeu de société que son parrain avait déniché dans sa chambre, au fond d'un tiroir.
Harry dormit facilement cette nuit-là et Salazar et lui passèrent le petit déjeuner à débattre- en gallois, à la consternation de tout le monde – sur ce qui avait pu être à l'origine de ça avant de convenir que la douleur des cicatrices de Harry était probablement causée par l'horcruxe.
"Alors je suis un détecteur d'horcruxe?" déclara calmement Harry alors que tout le monde terminait de manger.
"Quand tu essayes de dormir," acquiesça Salazar avec une pointe d'amusement tout à fait injuste.
Harry le fixa pendant un long moment avant de passer à l'anglais pour demander, "Sirius ? Y a-t-il un canapé disponible pour Sal cette nuit ?"
Sirius éclata de rire tandis que les plus jeunes laissaient échapper des exclamations amusées.
Salazar secoua la tête pour regarder son mari qui lui décocha un sourire goguenard puis se tourna vers Mrs Weasley. "Molly, cela vous dérangerait si j'emprunte Harry pour voir si nous ne pouvons pas enlever ces têtes d'elfes qui sont accrochées un peu partout ? Et Sirius, nous pourrions peut-être enlever aussi tout autre portrait ou tapisserie que tu ne souhaiterais plus voir ?"
"Je vais établir une liste" promit Sirius en se levant d'un bond.
"Oui, ce serait bien," approuva Molly Weasley, tandis que les élèves gémissaient en sentant qu'ils n'allaient pas tarder à refaire du ménage.
Les tapisseries et les peintures ne furent pas difficiles à enlever avec les lames que Harry et Salazar avaient conservées. Les têtes des elfes de maison furent un peu plus compliquées à enlever, mais avec beaucoup d'entêtement et de jurons, ils finirent par les faire tomber juste à temps pour le déjeuner.
L'après-midi, Harry et Salazar s'attaquèrent à l'une de leur chambre forte, y cherchant des objets pouvant avoir un quelconque intérêt, mais il y en avait peu. Du coup, ils poursuivirent leurs recherches de plus bel.
La soirée se déroula quasiment de la même manière que la précédente, le dîner étant particulièrement animé par des discussions sur les bouquins de Défense Contre les Forces du Mal, même si Harry s'était accoutumé à utiliser ceux des Viridian.
Leur chasse officielle aux horcruxes débuta un après-midi, dans la cabane d'un ancien manoir non loin du cimetière où Harry avait affronté Voldemort. Ils finirent par trouver la bague et retournèrent rapidement à Poudlard pour la détruire sous le regard étrange d'Albus.
"Puis-je garder la pierre?" demanda le directeur une fois que l'horcruxe fut brisé. La pierre s'était séparée de la base de l'anneau et s'était légèrement fendue lors de la destruction.
Harry haussa les épaules et la lui tendit. "Certainement. Nous n'allons pas l'utiliser."
"Je vous remercie," fit Albus en glissant la pierre dans une poche de sa robe. Puis il leur adressa un sourire lumineux. "Vous avez l'air de bien vous en sortir, malgré la difficulté de cette tâche, bien mieux que ce à quoi je m'attendais."
"A ce train là, nous les aurons tous trouvés avant la rentrée des classes," fit Harry.
"Attention aux faux espoirs", avertit Salazar qui tournait la base vide de la bague entre ses doigts.
Harry soupira tandis que l'expression d'Albus s'affaissait légèrement. "Je sais", répliqua-t-il doucement, tendant la main pour l'enlacer avec celle de son mari. "Ce n'est jamais facile."
Salazar lui offrit un sourire triste.
"Pourtant", insista Albus. "Deux ont été détruits en moins d'une semaine et nous savons où se trouve le troisième. Vous avez dépassé toutes mes attentes."
Harry et Salazar sourirent à cela, car c'était tout à fait vrai. Et ils pourraient se permettre une petite pause pour fêter cette victoire.
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Ragnuk les contacta la semaine suivante pour leur annoncer l'heureuse nouvelle que la coupe leur appartenait. Ils vinrent la chercher dès le lendemain et la détruisirent aussitôt. Il ne restait que Nagini et le diadème. À moins que Voldemort n'ait fabriqué un autre horcruxe dont ils ignorent l'apparence.
Cette nuit-là, alors que Salazar était endormi depuis longtemps, Harry sortit de sa méditation pour trouver Dobby qui l'attendait, les yeux grands ouverts et brillants. "Le professeur Dumbledore vous demande, Harry Potter," souffla l'elfe de maison.
"Juste Harry, Dobby", rappela Harry en regardant son mari endormi.
"Pas Salazar, a ajouté le professeur Dumbledore," déclara Dobby.
Harry plissa les yeux. "Tiens donc ?" murmura-t-il en se glissant hors du lit. Il attrapa un peignoir pour couvrir sa cicatrice, ainsi que ses pantoufles, puis suivit Dobby jusque dans le petit salon. Ramona était en train de somnoler dans son cadre, mais Merlin était réveillé et il jeta un regard curieux à Harry. "Tu peux prévenir Sal que je suis avec oncle Albus, si jamais il me cherche ?"
"Pas de problème," promit Merlin en inclinant la tête.
Emboitant le pas à Dobby, Harry se fraya un chemin dans les couloirs du château, ses pas faisant écho aux murmures des portraits. Il se demandait ce que Albus voulait lui dire et pourquoi il ne voulait pas le faire devant Salazar. Rien ne lui vint à l'esprit, mais de toute manière, il était difficile de cerner l'esprit complexe et plein de nuances d'Albus Dumbledore.
La gargouille le laissa entrer sans qu'il ait besoin d'un mot de passe, et Harry fronça les sourcils.
Il trouva Albus assis dans un fauteuil, les coudes posés sur son bureau, devant un plateau à thé et une pile de parchemins d'apparence officielle. Il sourit quand Harry entra et lui fit signe de s'asseoir.
"Vous avez demandé à me voir, Albus ?" demanda Harry alors qu'il s'installait face au directeur, mettant délibérément de côté le titre familier pour montrer son mécontentement d'avoir laissé Salazar de côté.
Même s'il avait clairement compris l'irritation du jeune homme, Albus Dumbledore n'en laissa rien paraître et se tourna vers son thé. "Je m'excuse à la fois pour l'heure tardive et pour t'avoir demandé de garder le secret", dit-il d'une voix paisible, "mais je me suis dit que tu ne voudrais peut-être pas partagé cet autre fardeau"
Harry sentit son sang se figer dans ses veines. "Dites-moi que ce n'est pas une autre prophétie."
Albus secoua la tête. "Non. Non, je crains que ce ne soit plus simple." Il soupira et baissa ses lunettes en demi-lune pour se frotter les yeux . "La nuit où tes parents sont morts, j'ai des raisons de croire que Tom avait l'intention de créer son sixième horcruxe, et que c'est certainement Nagini qui a eu ce rôle. Je suis presque certain qu'il a souhaité que ta mort soit le sacrifice de la scission de ce nouveau fragment d'âme. "
A présent, Harry avait l'impression que c'était son corps entier qui s'était gelé. 'Non.'
"J'ai bien peur qu'il ait réussi, dans une certaine mesure."
Harry ferma les yeux. "Je suis un horcruxe", murmura-t-il, son cœur battant dans ses tempes au rythme d'un tambour.
Albus laissa échapper un souffle lourd. "Tu te souviens de ces visions, celles que tu as eues avant de voyager dans le passé ?"
"Oui."
La cuillère tinta contre la tasse de thé et Harry leva les yeux vers le sorcier plus âgé, des yeux verts et vides. Albus semblait plus que bouleversé pour eux deux; Harry savait ce que cela faisait que de gagner une famille en sachant que tôt ou tard elle ne serait plus là. "Je n'ai aucune preuve," fit Albus, lui offrant un réconfort tiède, "seulement des soupçons."
Harry baissa les yeux sur ses mains. "J'ai déjà eu du mal à dormir", raconta-t-il, "au Square Grimmaurd. Mais une fois que nous avons détruit le médaillon, j'ai bien dormi. Sal a plaisanté en disant que j'étais un détecteur d'horcruxe." Il laissa échapper un rire amer.
"Oh, mon garçon," chuchota Albus, se levant de sa chaise et tendant ses bras comme pour lui offrir un câlin.
Harry se leva et se réfugia dans les bras de l'homme qu'il considérait maintenant comme un oncle, se réconfortant dans cette étreinte bienvenue.
"Je suis désolé," murmura Albus, ses larmes tombant sur les cheveux du jeune homme. "Si seulement je pouvais te protéger, si seulement je connaissais un moyen ..."
Faisant appel au calme qu'il avait gagné au cours de sa méditation précédente, et bien que cela lui sembla hors de ses forces, Harry se retira avec un petit sourire triste. "Ce n'est pas de votre faute", fit-il remarquer. "Vous n'êtes que le messager, et je vous suis reconnaissant que vous m'en ayez parlé ."
Albus hocha la tête, laissant Harry partir. Alors que le jeune homme se dirigeait vers l'entrée, Albus lui demanda: "Vas-tu le dire à Salazar ?"
Harry s'arrêta un instant, débattant avec lui-même sur la marche à suivre, bien qu'en vérité il savait déjà ce qu'il comptait faire: "Je n'ai jamais gardé mon mari à l'écart, et ce n'est pas aujourd'hui que je vais commencer à le faire. " Il se tourna et adressa un sourire douloureux à Albus. "Ce serait une façon terrible de mettre un terme à une relation, vous ne croyez pas ?"
Albus détourna les yeux. "Je l'ignore."
Harry partit en silence et passa près de deux heures à errer dans les couloirs les plus anciens du château, très semblables aux fantômes qu'il considérait comme une famille. Il ne vit que des portraits qui ne lui adressèrent pas un mot, préférant sans doute laisser en paix ce jeune homme triste et solitaire.
Salazar le trouva sur la tour d'astronomie, dominant la forêt interdite. "Tu n'étais pas au lit", murmura le fondateur, enroulant ses bras autour de la taille de Harry. "Merlin a dit que tu étais allé chez Albus, mais d'autres portraits m'ont dirigé ici."
Harry acquiesça, posant ses mains sur celles de Salazar. "Je suis l'un des horcruxes."
Salazar se tendit brusquement. Une de ses mains se dégagea de la prise de Harry et vint couvrir la cicatrice en forme d'éclair, formulant silencieusement une question.
"Oui."répondit simplement Harry.
La main de Salazar se posa sur les épaules de Harry. "Nous trouverons un moyen de l'enlever. Même si pour cela je dois renoncer à l'un de mes principes et me convertir aux ténèbres -"
"Je te l'interdis," gronda Harry, faisant volte-face dans les bras de Salazar pour l'affronter du regard. "Je préférerais mourir mille morts plutôt que de te regarder te détruire ."
Salazar fixa Harry d'un air déterminé. "Tu penses vraiment que j'ai l'intention de rester assis sans rien faire pour te regarder mourir, Harry Potter ? Si le seul moyen de te sauver réside dans les forces du mal, alors je les utiliserai."
"Et qu'est-ce que j'y gagnerai ?" s'énerva Harry "Au lieu de me voir mourir, c'est moi qui te perds à cause de cette magie maléfique ? Non ." Il attrapa une poignée des cheveux de Salazar et baissa sa tête jusqu'à ce que leurs fronts se cognent doucement. "S'il faut choisir entre ma vie et ton âme, alors je choisis la mort. Et toi, toi, Salazar Potter, tu vivras."
"Tu crois que-"
" Tu vas me laisser finir !" cingla Harry et la bouche de Salazar se ferma brusquement. Harry le fixa un long moment, puis il prit une profonde inspiration et, desserrant son emprise sur les cheveux de Salazar, articula d'une voix claire et forte: "Tu vivras, tu mettras un terme à la malédiction qui menace Poudlard et tu assureras la sécurité des élèves, et ensuite tu mettras nos affaires en ordre, et si tu ne veux plus rester - si tu ne peux pas te résoudre à vivre sans moi - je te donne la permission de sauter de cette putain de tour et de me rejoindre."
Salazar ferma les yeux et appuya son front contre celui de Harry, les bras serrés autour de son mari. "Tu peux me promettre une chose ?" chuchota-t-il.
"Trouver un bon endroit ?"
Salazar laissa échapper un petit rire accompagné de quelques larmes. "Loin de Godric."
"Tu as ma parole."
Ils restèrent ainsi pendant près de dix minutes avant de s'éloigner et de regagner leur chambre, main dans la main.
"Harry", fit Salazar dans l'escalier qui se situait entre le cinquième et le quatrième étage.
"Hm? "
"N'arrête pas de te battre."
Harry jeta un coup d'œil à l'expression vide de son mari, seule la façon dont il avait refusé de lâcher la main de Harry tandis qu'ils marchaient indiquait à quel point il était bouleversé. "Les Gryffondor ne renoncent jamais."
Et les Serpentard font semblant d'abandonner pour qu'ils puissent venir à bout de leur adversaire quand celui-ci regarde ailleurs...
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Deux jours après que Albus eut annoncé à Harry qu'il était un horcruxe, Neville arriva au quartier général.
Ou, en réalité, il serait plus correct de dire qu'Augusta Londubat arriva par la cheminée, suivie de Neville, et renifla de manière peu impressionnante en trouvant le groupe d'élèves, Sirius, Lupin, Harry, Salazar et Mrs Weasley assis pour le déjeuner, le visage et les vêtements salis après une intense matinée de nettoyage.
"Augusta !" appela Mrs Weasley en se levant d'un bond. "Veux-tu te joindre avec Neville pour manger avec nous ? Nous venons juste de nous installer pour le repas"
"Hey, salut mon pote", lança Ron alors que le timide garçon s'éloignait de sa grande-tante pour rejoindre ses amis.
"Bonjour tout le monde," répondit Neville qui avait l'air un peu perdu . Ses yeux s'écarquillèrent en apercevant Sirius, mais malgré sa nervosité, il conserva son calme, ce qui signifiait sans doute que Augusta l'avait mis au courant de l'innocence de Sirius avant de l'emmener ici.
"Assieds-toi," l'invita Ginny, en tirant sur le bras de Neville jusqu'à ce qu'il tombe sur la chaise près d'elle. "Les plats de maman sont à tomber par terre ."
"Merci Ginny, ma chérie," fit Mrs Weasley, passant brièvement devant eux pour placer une assiette de sandwichs et des frites croustillantes devant Neville avant de faire asseoir Augusta près d'elle. "Albus a laissé entendre que tu allais peut-être passer, mais il n'en était pas tout à fait sûr. Nous avions presque perdu espoir de te voir ou de voir Neville et nous…"
"Molly", la coupa Augusta avec toute la patience d'une personne habituée au bavardage incessant de Mrs Weasley. Elle baissa les yeux sur la table, ses yeux passant devant Sirius et Lupin avant de s'attarder sur Harry et Salazar, qui lui retournèrent son regard en haussant un sourcil. "Lequel de vous deux est le neveu d'Albus ?"
"Je suis Harry", répondit Harry en inclinant la tête. "Et voici Sal, mon mari."
"Et tu te crois suffisamment doué pour combattre les forces du mal ?" asséna Augusta d'une voix quelque peu cassante.
"Peut-être que nous pourrions parlé de ça après le déjeuner-" intervint Mrs Weasley.
"C'est bon", lui assura Harry avec un sourire chaleureux avant de regarder la grand-mère de Neville avec un air presque de défi. "Je pense être assez habile pour enseigner la défense magique à Poudlard, oui. Mon oncle semble être d'accord pour dire que je suis apte à rejoindre son combat contre Voldemort."
Neville laissa échapper un cri, et Harry eut un faible sourire en voyant Augusta tressaillir au nom tabou.
"Vous constaterez, madame Londubat, que je tiens bel et bien de mon oncle et qu'en conséquent je ne crains pas de prononcer le nom du Seigneur des ténèbres."
Augusta laissa échapper un soupir et porta son attention sur sa nourriture sans émettre de commentaire.
"Je me demande à quelle hauteur elle aurait sauté si je l'avais dit en Fourchelang", se moqua Salazar à voix basse.
Les lèvres de Harry se contractèrent et il donna un coup de coude à son mari. "Arrête ça. Ne contrarie pas nos alliés."
"Est-ce de ma faute s'ils rendent les choses tellement faciles ?"
Hermione se décala vers eux et Salazar tressaillit avant de la fixer d'un regard noir. "C'est très impoli de converser à voix basse quand on a un invité." leur fit-elle remarquer.
"Je n'ai pas encore commencé à être impoli", l'informa calmement Salazar.
Harry roula des yeux et se pencha suffisamment pour sourire à Neville. "Harry Dumbledore, M. Londubat. Je serai votre professeur de DFCM à la rentrée"
Neville cligna des yeux. "Vous êtes vraiment le neveu du professeur Dumbledore ?"
Harry se mit à rire. "Oui en effet."
Neville déglutit et baissa les yeux sur son assiette, où il jouait distraitement avec ses frites. "Le professeur Dumbledore a dit que je pourrais représenter un danger pour Vous-Savez-Qui et que vous seriez prêt à me donner quelques leçons cette année."
"Il a sans doute dit ça, en effet."
"Il a ajouté... Il a ajouté que je serais plus en sécurité si je passais l'été ici." Neville leva alors les yeux vers Harry.
Harry pouvait pratiquement sentir les yeux de Neville brûler son front, attendant impatiemment sa réponse. Il observa le garçon – qui avait été à la fois son compagnon de dortoir et son ami - un long moment, avant de répondre soigneusement: "Grâce au sortilège de Fidelitas, cette maison est parfaitement à l'abri de Voldemort et de ses troupes. Y a-t-il un moyen de contourner le sortilège ? Certainement. Est-ce que Voldemort est susceptible de s'en servir ? J'en doute fort. En vérité, vu les actions récentes de Voldemort… "
" Harry !" le coupa Mme Weasley d'un ton alarmé.
Harry tourna vers elle ses yeux d'un vert étincelant. "Ce n'est un secret pour personne qu'il garde profil bas pour l'instant. Toute personne croyant en son retour et qui ignore les articles nauséabonds de la gazette sait que tôt ou tard il va revenir " Il regarda Neville, qui l'observait avec de grands yeux. "Je ne pense pas que tu sois vraiment en danger en restant ici avec ta grand-mère. Mais j'ai proposé d'enseigner quelques cours à ces élèves pendant l'été, ce qui, d'une certaine façon, pourrait améliorer ton apprentissage. On m'a dit que toi, en particulier, avait besoin d'aide. "
"Fuis tant que tu le peux encore," murmura Ron.
"Tu peux continuer à passer toutes tes journées à nettoyer, si c'est ce que tu préfères, Ron," répliqua Harry avec un sourire rayonnant.
Ron blêmit avant de jeter un regard presque apeuré en direction de sa mère .
Neville pouffa de rire.
Hermione secoua la tête. "Harry n'a pas encore commencé à nous apprendre quoi que ce soit. Il a juste dit qu'il attendait quelqu'un, mais il n'a pas précisé qui ."
"Il n'a pas voulu susciter de faux espoirs", fit Salazar.
"Tu parles, quel tissu de conneries !" déclara Ron.
" Ronald !" le houspilla Mrs Weasley.
"Ta mère n'est pas loin, Ron, fait attention," lui rappela Harry d'un ton amusé.
Le rouquin grimaça et murmura, 'Des conneries,et puis c'est tout.'
Neville rit à nouveau lorsque Molly recommença à crier après son fils.
C'est ainsi que Neville s'installa au quartier général.
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Harry décida d'enseigner quelques cours le matin, ayant proposé à Lupin et à Salazar à l'aider, tandis que Sirius et les jumeaux faisaient un concours de farces, au grand malheur de Molly Weasley. Il préféra commencer en douceur, se rappelant à quel point l'apprentissage des bases avait aidé ses camarades de l'époque des Fondateurs à progresser. Hermione et Ginny absorbèrent ses cours comme des éponges; Ron gémissait régulièrement, mais il admettait malgré tout qu'il arrivait à comprendre des concepts que même Hermione avait eu du mal à lui expliquer par le passé; et Neville, quant à lui, progressait à pas de géant. Apparemment, il avait surtout besoin de quelqu'un à qui il pouvait poser des questions.
Si la théorie les aidait vraiment, la pratique était une tout autre histoire.
"Ce n'est pas juste ," murmura Ginny, regardant Fred et George qui s'entraînaient avec Sirius et Lupin, lesquels les avaient empêchés de faire quelque chose de vraiment stupide - Harry ne se souvenait pas de quoi, juste que c'était complètement idiot – et leur avait proposer de faire un exercice de duel.
"Qu'est-ce qui n'est pas juste?" demanda Harry, sans prendre la peine de lever les yeux du travail que Neville lui avait demandé de regarder.
"Ils peuvent utiliser la magie . Ils nous narguent, tu sais."
"Ils sont un peu taquins, c'est tout," répliqua Harry.
Ginny soupira et poussa sa jambe avec un de ses pieds. "Je parie que tu as ressenti exactement la même chose quand tu étais en vacances avec nous." Elle jeta un coup d'œil à Salazar, qui lisait un livre sur la façon de se débarrasser de certains sortilèges obscurs. "Allez, Sal. Dis-moi que Harry ne supportait pas de ne pas pouvoir utiliser la magie pendant l'été."
"Je pensais que tu n'étais pas allé à Poudlard," releva Neville d'un air confus.
Harry fronça les sourcils en direction de Ginny qui rougit, visiblement embêtée. "Désolé," murmura-t-elle. "J'avais complètement oublié."
Neville cligna des yeux perdus. "Oublié quoi ?"
Harry se retourna pour fixer Neville durant un moment interminable, jusqu'à ce que le garçon transpire légèrement. Puis, avec un soupir, Harry releva la bande de tissu qui recouvrait sa cicatrice. "C'est un peu un secret que je ne sois pas mort."
Neville écarquilla les yeux, le souffle semblant lui manquer, jusqu'à ce qu'il bondisse de sa chaise et saute au cou de Harry en criant."Tu vas bien !"
Harry rit et étreignit le garçon. "Oh, homme de peu de foi", dit-il affectueusement, souriant alors que Neville se relevait en rougissant. "As-tu vraiment cru que je laisserais Voldemort me tuer ?"
Neville déglutit, sa joie s'effaçant de son visage. "Je ne savais plus quoi penser", admit-il, baissant les yeux sur ses chaussures. "Tout le monde était si sombre au banquet de fin d'année et tu n'étais pas là. Et, dès que je suis rentré à la maison, grand-mère a placé toutes ces protections, en disant qu'il allait venir nous chercher. Que, sans toi, il allait nous tuer tous les deux. "
"Cette femme -" commença Salazar dans un grondement.
Harry soupira et lui prit la main tout en lui jetant un regard qui fit taire ses critiques. Puis il regarda Neville. "Je ne peux pas prétendre deviner les pensées de Voldemort. C'est vrai qu'il est peut-être venu pour toi - qu'il peut toujours venir pour toi - mais il ne le peut pas. Et maintenant, nous allons t'apprendre à te protéger juste assez longtemps pour que j'arrive à le vaincre, d'accord ? "
"Ouais, d'accord."
Harry sourit et tapota le bras de Neville. "Je t'apprendrai de très anciens sortilèges une fois que nous serons à Poudlard. Des sortilèges qui devraient laisser Voldemort pantois et qui devraient te servir presque aussi bien que le meilleur des boucliers."
"Tu connais des sorts que Tu-Sais-Qui ignore ?"
Harry rit et fit signe à Neville de retourner à sa place. "Disons simplement que j'ai eu des professeurs qui étaient très friands des sortilèges anciens ."
"Mais tu étais toujours à Poudlard ?" s'étonna Neville alors qu'il ramassait sa plume.
"Tout à fait," acquiesça Harry avant de se tourner vers Ginny. "Et pour te répondre Ginny, non, je n'avais aucune raison de me plaindre de ne pas pouvoir utiliser la magie, car nous n'avions pas les mêmes lois à cette époque."
"Pas juste," murmura Ginny.
Harry sourit, fatigué et un peu amer, se souvenant parfaitement ce qu'il ressentait quand il devait retourner vivre chez les Dursley chaque été. "Non", admit-il doucement. "Je suppose que ce ne l'est pas." Puis il il retourna aider Neville.
-0-
Le week-end précédant le début des cours, le ministère de la Magie adopta un projet de loi demandant à un "grande inquisitrice" de se rendre à Poudlard afin de "veiller au respect des normes d'apprentissage". Aucun des professeurs ne fut particulièrement ravi et les sourires de Albus Dumbledore se crispèrent, juste assez pour que ceux qui le connaissaient bien savent que la situation le préoccupait. Pour les élèves et les autres, cependant, il était comme d'habitude.
Salazar protesta de manière particulièrement virulente contre le fait qu'une " imbécile du Ministère" aille dans " son" école. Harry avait cessé d'essayer de le calmer au bout du deuxième jour, ne prenant que la peine de conseiller à Salazar de parler dans une langue que la grande inquisitrice et les autres membres du personnel ne comprendraient pas, ce à quoi il sembla plus qu'heureux d'accepter. (Harry avait le sentiment qu'il prenait un malin plaisir à parler en Fourchelang durant les repas et que cette manie n'était pas prête de prendre fin).
On ne reparla plus de la grande inquisitrice du Ministère jusqu'à leur départ en Poudlard express, Harry avait en effet choisi ce moyen de transport par précaution. Il avait traîné Salazar avec lui pour qu'il sache que non il ne pouvait pas accueillir l'inquisitrice à la porte en la menaçant de sa baguette et que non, il ne pouvait pas la bannir de Poudlard à tout jamais. Flitwick se trouvait également dans le train, presque aussi furieux que Salazar, même s'il était plus calme à ce sujet. (Pour être honnête, Salazar s'était plutôt bien comporté avec ses collègues jusqu'à présent, mis à part sa friction avec Rogue quelques jours auparavant).
Le voyage à Poudlard se déroula sans encombre, et Flitwick, Salazar et Harry qui étaient restés dans le premier wagon, partirent avant que les élèves n'aient eu le temps de les voir.
La grande inquisitrice, qui avait pour nom Dolores Ombrage, s'était choisie la place que Harry prenait habituellement aux côtés d'Albus. Salazar laissa échapper un sifflement contrarié et menaçant, mais Harry lui décocha un regard d'avertissement. "Nous n'allons pas nous battre ce soir, Sal,".
"Elle nous a volé nos places ", gronda le fondateur.
"Je sais. Souris et supporte-la."
Salazar lui lança un regard sombre, mais il repoussa son air renfrogné lorsqu'ils rejoignirent la table d'honneur. Sentant la tension qui grimpa en flèche dès que Ombrage se fut assise, les autres professeurs s'assurèrent silencieusement de laisser de la place à Harry et Salazar afin qu'ils soient tous deux à côté de la grande inquisitrice, évitant ainsi une éventuelle querelle au moment où les étudiants commençaient à arriver.
"Vous devez sûrement être le neveu du directeur," murmura Ombrage, tendant la main comme si elle voulait un baise-main.
"Oui, en effet c'est bien moi", acquiesça Harry d'une voix neutre en lui serrant la main.
"Votre choix pour les trimestres m'ont intriguée," commenta Ombrage d'une voix doucereuse, avec un petit sourire qui sonnait faux. "J'aurais plutôt choisi Wilbert Slinkhard."
"Bien sûr que tu l'aurais fait, petit crapaud méchant," marmonna Salazar en arabe, langue qu'ils avaient pris soin de réviser, afin que leur histoire sur le voyage en Égypte soit la plus crédible possible.
Harry ignora carrément son mari, mais répondit: "J'ai feuilleté les livres de Slinkhard, mais son ton était un peu trop sec à mon goût. Une grande partie de ma formation magique n'a pas intégré ce livre, même si je comprends la nécessité d'attribuer cette lecture pour compléter mes leçons. Viridian est intéressant car il est à la fois approuvé par le ministère et très complet pour l'apprentissage de mes élèves. "
Le sourire de Ombrage devint carrément odieux alors qu'une lueur mauvaise passait dans ses yeux de crapaud. "Vous avez l'air bien plus sage que votre oncle; il semble très souvent se moquer des intérêts du ministère." Elle jeta un coup d'œil appuyé vers l'endroit où Albus s'entretenait avec Flitwick au dessus de la chaise vide de Minerva McGonagall, faisant fi des commentaires de la grande inquisitrice.
Harry haussa les épaules. "Contrairement à mon oncle, j'évite de me faire trop d'ennemis, Madame Ombrage."
L'arrivée de Minerva McGongall avec les premières années mit un terme à cette conversation désagréable.
Harry avait expliqué en quoi consistait la cérémonie de répartition à son mari, ajoutant qu'il devait aussi se taire et éviter de trop sourire lorsqu'un élève était envoyé à Serpentard. Il n'avait pas eu à dire au fondateur qu'il devait applaudir chaque élève quelle que soit la maison dans laquelle il était envoyé, car il savait que Salazar l'aurait fait de toute façon.
Quand le dernier élève fut trié, Albus se leva pour faire son discours. Harry put sentir les regards de la salle entière glisser sur Salazar, Ombrage et lui essayant sans doute de deviner lequel d'entre eux était le nouveau professeur de DCFM Certains - ceux qui avaient des liens avec le ministère, Harry le savait – étaient au courant que Ombrage n'était pas un professeur, mais resteraient sûrement confus quant à savoir qui étaient Harry et Salazar, sachant qu'ils avaient tous deux réussi à garder profil bas un certain temps.
Enfin, Albus annonça: "Comme vous le savez tous, nous avons à nouveau été forcés de chercher un nouveau professeur pour le poste précédemment appelé Défense contre les forces du mal." Un murmure étonné parcourut la Grande Salle et Harry vit que même Ombrage avait pris une mine confuse. "À la demande de notre nouveau professeur, j'ai accepté de changer le nom de la classe en" Défense magique ", bien que je puisse vous assurer que cela ne changera en rien la façon dont cette matière est enseignée."
"Vous voulez certainement dire « La façon dont cette manière est réellement enseignée » !" souligna Fred d'un ton moqueur- ou George, bien que Harry était presque certain que c'était Fred.
Albus lui adressa un léger sourire. "Une excellente observation, Mr. Weasley." Il jeta un coup d'œil à Harry qui secouait la tête en souriant. "Votre professeur pour cette année est mon neveu, Harry Dumbledore." Harry se leva et salua les élèves qui l'observaient avec curiosité. "Pour éviter toute confusion, lui et son mari, Salazar, vous suggèrent de les appeler « Professeurs Harry et Salazar »."
Un silence surpris suivit ses paroles, certains ayant tiqué au mot « mari » et d'autre au nom de Salazar. Harry se rassit pour pouvoir étreindre la main de Salazar sous la table, loin des regards indiscrets. Salazar lui lança un regard fatigué et amusé. La promesse de Ron que leur mariage ne soit pas un problème avait quelque peu allégé leur fardeau, mais aucun d'entre eux n'était assez idiot pour penser qu'ils ne seraient pas confrontés aux regards inquisiteurs et aux commérages des élèves.
Albus rompit le silence pour présenter Ombrage, laquelle regardait d'une manière étrange et inquiétante Harry et Salazar, mais elle se détourna d'eux pour entamer son propre petit discours, que Albus et les autres professeurs écoutèrent poliment. Le fait qu'ils ne soient pas satisfaits de l'implication du Ministère dans les affaires de l'école ne signifiait pas qu'ils devaient impliquer les élèves.
Une fois assis, Albus tapa une fois dans ses mains, faisant apparaître des mets aussi appétissants les uns que les autres et le repas put commencer.
Ombrage garda le silence pendant le reste du repas, jetant parfois des regards étranges vers l'endroit où Harry volait la nourriture de l'assiette de son mari chaque fois que Salazar se tournait pour parler à sa voisine, Poppy Pomfresh, ou y glissait quelque chose dont il savait que le fondateur n'aurait jamais pris. (Chaque fois que Salazar l'attrapait en flagrant délit, il roulait des yeux et volait quelque chose dans l'assiette de Harry en guise de représailles, ou bien bougeait ce que Harry venait de mettre dans son assiette).
Une fois que Albus renvoya les élèves se coucher, les professeurs se levèrent pour les accompagner. C'était plutôt déprimant parce que Harry et Salazar avaient passé tout l'été à discuter à table ou à flâner dehors, respirant l'air frais du soir. Il était difficile de dire si ce départ précipité était causé par les cours qui débutaient dès le lendemain ou par la présence de Ombrage, mais Harry, tout comme Salazar, opta pour le second choix.
Quoi qu'il en soit, il était vrai que les cours débutaient le lendemain matin même, et Harry, inquiet à cette idée, passa le reste de la soirée à réviser son programme. Le fait que Salazar en ait marre au bout d'une heure et l'entraîne dans leur chambre à coucher pour le détendre physiquement (et de manière fort agréable), n'était vraiment pas une surprise. Non, vraiment pas.
Voilà, voilà l'affreuse Ombrage est arrivée.
Petit sondage à présent : Qui détestez-vous le plus ?
1- Godric Gryffondor
2- Angus
3- Dolores Ombrage
Sur ce, je vous souhaite de bonnes fêtes, profitez bien !
Tchouss
