Hello les gens et bienvenue sur ce dernier chapitre ! J'espère qu'il comblera vos attentes :)
Un grand merci à toutes celles et tous ceux qui m'ont suivi dans cette aventure !
Je vous souhaite une bonne lecture et peut-être à bientôt ;)
Entre le retour inattendu de Hagrid, le cauchemar causé par le match de quidditch catastrophique entre les Serpentard et les Gryffondor et la réaction de Mme Weasley après avoir appris que ses trois plus jeunes fils se trouvaient à l'infirmerie pour la nuit, Harry ne dormit pas beaucoup la nuit du 2 novembre. Donc, cela ne fut pas vraiment une surprise lorsque sa tentative de rester éveillé en buvant un thé corsé échoua lamentablement.
"Harry", appela Salazar à travers la chape de coton qui s'était abattue sur le jeune homme.
Harry secoua la tête, grimaçant à la traction sur son dos. "Pas encore, Sal," murmura-t-il.
Salazar soupira. "Tu es impossible. Allez, viens, je te ramène dans notre chambre."
Des mains familières essayèrent de pousser Harry, mais son dos se tendit douloureusement et il repoussa les mains avec un cri rauque. Puis il chuta brusquement de sa chaise, dégringola sur les fesses et réalisa aussitôt ce qu'il se passait. " Horcruxe ," souffla-t-il.
Salazar se tenait au dessus de lui, son expression oscillant entre l'inquiétude et l'horreur. "Ici ?"souffla-t-il, le cœur au bord des lèvres.
Harry hocha la tête et tendit doucement sa main par-dessus son épaule pour se toucher le dos, son visage se fendant d'une grimace lorsque ses vieilles cicatrices se réveillèrent. "Sans doute"
"Est-ce le serpent ?" demanda Salazar alors qu'il venait s'agenouiller près de Harry, ses mains douces alors qu'il repoussait la robe de Harry de ses épaules.
Harry fronça les sourcils et se pencha en avant pour que son mari puisse remonter le bas de son t-shirt et jeter un sort de relaxation musculaire sur son dos. "Je n'en ai pas la moindre - Oh." Il ferma les yeux, se souvenant de la carte du maraudeur que Albus lui avait remise après l'avoir trouvée dans les affaires de Lunard et avoir compris de quoi il s'agissait. "Slinky !"
L'elfe de maison apparut à côté de lui, le visage tordu par inquiétude. "Maître Harry est tombé ?"
Harry secoua la tête. "Peux-tu me ramener la carte des maraudeurs qui se trouve sur la table dans le salon, s'il te plaît ?"
"Slinky va le faire !" couina Slinky avant de disparaître.
"Bonne idée", commenta Salazar en se levant et en lui prenant la main. "Allez, lève-toi."
Harry laissa son mari le remettre sur ses pieds, poussant un gémissement de douleur, il avait presque oublié son coccyx meurtri par sa chute. Quand Salazar lui jeta immédiatement un sort pour résoudre le problème, Harry leva les yeux au ciel. Les guérisseurs...
Dès que Slinky revint avec la carte, Harry l'activa et l'étala sur son bureau. "Trouve Nagini", ordonna-t-il en tapotant sa baguette contre le parchemin.
Rien ne se passa.
"Le diadème, alors", murmura Salazar, ses yeux parcourant le plan du château mis à nu devant eux. "Il faudrait qu'il se trouve dans l'un des étages supérieurs."
"Slinky," lança Harry à leur elfe de maison qui n'était pas encore parti, "demande aux autres elfes de maison si l'un d'entre eux a déjà vu le diadème de Rowena. Il serait probablement dans une pièce qui n'est pas très utile, peut-être un débarra, au niveau des salles supérieures. "
"Slinky va aller demander", promit-elle avant de se volatiliser.
Salazar parcourut les étages supérieurs, son doigt s'arrêtant sur la partie vide du couloir, endroit qui était très familier à Harry. "Si j'allais cacher un morceau de mon âme dans une école emplie d'élèves curieux", murmura Salazar, " c'est ici que je le placerais. "
"Merde", murmura Harry, "tu as raison. S'il avait trouvé la salle qui va et vient, il y aurait sûrement caché quelque chose, d'autant plus que le venin de basilic est l'un des rares éléments capables de détruire un horcruxe, alors il n'aurait jamais pris le risque d'en laissé un dans la Chambre des secrets. Le mal a presque triomphé " Il replia la carte alors qu'elle s'effaçait et la fourra dans une poche. "Bon sang, je me sens comme un idiot."
Salazar renifla et se pencha pour prendre la robe de Harry, puis le suivit alors qu'il sortait de la classe. "Dans ce cas, nous sommes deux, car je n'ai pas pensé une seconde à vérifier Poudlard, même après que Albus ait mentionné l'attachement de Voldemort à cette école."
Ils échangèrent un regard résigné et grimpèrent jusqu'au septième étage.
Slinky et Dobby apparurent lorsqu'ils atteignirent la partie vide du couloir. "Aucun des elfes de maison ne sait où se trouve le diadème que les Maîtres recherchent," les informa Slinky, les oreilles baissées.
"Nous pensons avoir trouvé où elle se trouve," répondit Harry alors que Salazar commençait à faire les cent pas. "Dobby, pourrais-tu dire à oncle Albus que nous avons peut-être trouvé le dernier objet ? Il saura ce que tu veux dire par là", ajouta-t-il comme Dobby fronçait les sourcils. L'elfe de maison acquiesça et partit. "Slinky, nous aurons peut-être besoin de tes compétences de recherche car cela risque-"
"'D'être très long," compléta Salazar avec un soupir "Les élèves ont dû entasser des tonnes de choses au fil des années."
Harry s'avança pour regarder dans la pièce que Salazar venait d'appeler et resta bouche bée face aux piles d'objets qui s'entassaient un peu partout dans la Salle-sur-demande. "Dieux. Nous en avons au moins jusqu'à Yule..."
Salazar renifla. "Optimiste, n'est-ce pas ?" marmonna-t-il avant d'entrer dans la vaste salle pour commencer ses recherches.
En fin de compte, il ne leur fallut qu'un pointe-au-nord et environ cinq minutes avant qu'ils ne mettent la main sur le dernier horcruxe qui n'était pas un être vivant. L'épée de Godric termina le travail et Albus posa le diadème désormais inoffensif sur l'étagère à côté du Chapeau de répartition avec un sourire rayonnant.
"Bien joué, les garçons", les félicita-t-il.
"Le prochain sera Nagini, et ensuite, il ne restera plus que moi..." murmura Harry en frottant machinalement sa cicatrice.
L'expression de Salazar se crispa alors que Albus détournait le regard, ses yeux bleus voilés par la tristesse.
Tous trois savaient très bien ce que ces mots signifiaient pour Harry.
-0-
Le premier jour des vacances d'hiver, Salazar reçut une lettre portant l'insigne de la maison Serpentard.
"Dis-moi qu'il ne l'a pas fait ," souffla Harry lorsque son mari ouvrit la lettre, après avoir déjà lancé quelques sorts de détection de magie noire par précaution.
Salazar leva un sourcil. "Oh, si, il l'a fait." Il tendit la lettre à Harry. "Il demande une petite réunion de famille à Yule."
La lettre était brève et précise et n'avait pas l'air de contenir de mensonges. "D'un autre côté, pensa-Harry en se tapotant les lèvres avec le parchemin, " il n'aurait aucun intérêt à tromper son mystérieux cousin, d'autant plus que Sal est marié à un Dumbledore. "
Salazar laissa échapper un soupir fatigué. "Je suppose que tu iras à ma place", dit-il. Alors que sa voix était ferme, il y avait une grande douleur derrière ses yeux verts.
Harry déglutit. "Je pense que oui," acquiesça-t-il doucement. "Je devrais pouvoir l'embobiner assez longtemps puis nous débarrasser ensuite de Nagini, révélant ainsi qui je suis réellement. Après ça...après ça, on pourra le tuer"
Salazar regarda ailleurs. "Je vais finir le programme et mettre à jour les barrières", déclara-t-il.
«Puis je te rejoindrai...»
-0-
Le portoloin que Voldemort avait envoyé en réponse à l'acceptation de Salazar la déposa directement dans une magnifique salle de bal. Des hommes et des femmes vêtus d'une cape noire et de masques blancs se tenaient derrière lui, bloquant l'accès à la porte. Harry sourit sous le capuchon de sa robe, alors même qu'il se tournait pour fixer l'homme pour lequel il était venu, ses yeux cherchant Nagini.
: Alors, c'est toi qui te réclame du sang de Salazar Serpentard: siffla Voldemort en face de lui.
: En fait, répondit Harry en apercevant le serpent qu'il était venu tuer . Je suis son mari. Puis il repoussa sa cagoule, révélant sa cicatrice. "Bonjour Tom."
Les yeux rouges de Voldemort s'élargirent sous le choc et cette réaction donna à Harry suffisamment de temps pour lancer une dague, qui avait baigné dans le venin du basilic, en direction de Nagini. Salazar et Albus avaient convenu que ce serait la méthode idéale pour se débarrasser du serpent.
En voyant son horcruxe être détruit juste sous son nez, Voldemort laissa échapper un rugissement de fureur et tourna sa baguette ver Harry, lequel resta immobile prêt à affronter l'inévitable. " Avada Kedavra !"
-0-
Il ouvrit les yeux sur un monde enveloppé de brume blanche, complètement nu, à l'exception de son alliance. Il l'observa avec reconnaissance pendant un long moment, c'était presque un lien physique avec son mari. Une sorte d corde nouée entre eux qui ramènerait Salazar vers lui une fois que celui-ci serait décédé.
Il y eu un bruit dans le lointain, une sorte de gémissement, comme le ferait un animal pris dans un piège.
Harry leva les yeux vers le bruit, seulement pour s'apercevoir que la brume avait commencé ... à prendre forme. De l'herbe avait poussé sous ses pieds et de grandes formations rocheuses s'élevaient vers le ciel. Stonehenge.
"Bonjour maman."
Harry jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et trouva Ramona et Merlin derrière lui, ressemblant exactement aux deux amis qu'il avait laissé derrière lui, juste avant de partir avec Salazar dans le futur.
"Bien," dit-il en se raclant la gorge, "ma tenue est quelque peu embarrassante"
Ramona laissa échapper un rire cristallin qui fit remonter des souvenirs tellement douloureux qu' il dut détourner le regard.
Une robe était drapée autour de ses épaules et il releva les yeux pour voir Merlin qui lui souriait tristement. "Merci" murmura-t-il en tirant la robe plus fermement autour de lui et en laissant son ami l'aider à se relever. De manière inexplicable, la robe s'étira jusqu'à s'adapter parfaitement à sa taille plus grande, et il haussa les sourcils tout en glissant rapidement ses bras dans les manches.
"Oh, Merlin, tu gâches tout mon plaisir" se plaignit Ramona en se joignant à eux. Elle déposa un léger baiser sur la joue de Harry et celui-ci se tourna pour la serrer dans ses bras, la tenant fermement parce qu'elle lui avait manqué . Elle lui avait manqué comme Ron et Hermione lui avaient manqué.
"Et moi alors, je n'ai pas droit à de câlin ?" se plaignit Merlin et Harry ne perdit pas de temps pour le prendre dans ses bras, fermant les yeux pour empêcher les larmes de couler.
Ce n'est qu'après avoir lâché Merlin et essuyé ses larmes qu'il vit la créature qui gémissait. Elle ressemblait à un bébé difforme, une créature grotesque et hideuse qui était recroquevillée à l'ombre d'une des grandes pierres.
"Est-ce que c'est-?" commença-t-il d'une voix hésitante.
"L'horcruxe de Voldemort qui était en toi ?" termina Ramona avec un sourire entendu.
"C'est ce que nous supposons aussi, oui" commenta Merlin, le nez plissé de dégoût alors qu'il observait la créature.
Harry resta pensif quelques secondes avant de se tourner vers les pierres familières qui les entouraient. "Vous savez, de toutes les manières possibles que j'ai envisagé la vie après la mort, celle-ci ne m'a jamais effleuré l'esprit."
Ramona s'éclaircit la gorge mal à l'aise, mais ce fut Merlin qui répondit "En fait, tu n'es pas réellement... mort."
Harry cligna des yeux. "Bien," réussit-il à dire, la voix impassible. "Alors cela veut dire que je suis capable de survivre deux fois au sortilège de la mort . J'ai battu mon record on dirait"
Ramona laissa échapper un petit rire et couvrit sa bouche. "Et bien, c'est un peu plus compliqué que ça", dit-elle d'une voix étouffée et pourtant très claire.
Harry ferma les yeux et se gratta le bout du nez. "J'en conviens. Et je suppose que ni l'un ni l'autre n'a d'explications ?"
Des chaises apparurent devant eux juste au moment où Harry remarqua Ramona et Merlin s'échanger un regard silencieux. Il leva les yeux au ciel et s'installa dans l'une des chaises, impatient d'entendre ce qu'ils avaient à lui dire.
"C'est compliqué", annonça finalement Ramona, "et basé sur des informations auxquelles tu n'as pas accès."
Harry arqua un sourcil ironique "J'ai tout mon temps tu sais, Ramona. Je n'ai nulle part où aller"
La jeune fille soupira et se laissa tomber sur la chaise à sa gauche, tandis que Merlin prenait la chaise à sa droite. " Voldemort a promis à l'un de ses Mangemorts, avant de s'en prendre à ta famille, qu'il ne tuerait pas ta mère. Alors, lorsqu'il s'est retrouvé face à elle, il lui a offert la chance de s'écarter de chemin."
Harry acquiesça, se souvenant encore, même après toutes ces années, de la voix de Voldemort ordonnant à sa mère de se pousser, avant que cette dernière refuse et ne se fasse tuer.
"Son sacrifice a créé une magie protectrice autour de toi, une sorte de bouclier sur lequel a rebondi le sortilège de la mort", poursuivi Ramona. "Il a rebondi deux fois à présent, même si la deuxième fois, c'était dû à la magie du phénix."
Les yeux de Harry s'écarquillèrent, jamais il n'oublierait le dôme doré qui l'avait entouré, si puissant et si terrible à la fois. Une ancienne magie de protection née du sacrifice de sa mère, mélangée à la magie du phénix, le conduisant à travers le temps jusqu'à Salazar Serpentard et, d'une certaine manière, les sauvant tous les deux. "Dieux," murmura-t-il. Le sacrifice de sa mère avait produit quelque chose de merveilleux.
"Quand Voldemort a accompli le rituel," enchaîna Merlin, son visage semblant brusquement vieillir devant les yeux de Harry, alors qu'il ressemblait trait pour trait au portrait accroché dans la chambre de Harry et Salazar, "il s'est servi de ton sang, s'emparant en même temps de la protection magique de ta mère qui coulait dans tes veines. Ta vie est donc liée à lui, tout comme la sienne est liée à à ta cicatrice. Tant qu'il est encore en vie, tu ne peux pas mourir. "
"Mais maintenant que tu as visité les limbes, maintenant que tu t'es séparé de son horcruxe," ajouta doucement Ramona, ses yeux jetant un coup d'œil par-dessus l'épaule de Harry, là où la créature se contorsionnait silencieusement, "il peut mourir. Il peut être tué, Harry. "
Merlin prit la main de Harry, tapotant un doigt contre l'anneau qu'il portait encore. "Rentre chez toi, Harry. Finis ta mission et rentre à la maison. Je ne vous ai pas marié pour que Salazar devienne veuf à peine un an après. "
"Quand l'heure arrivera, nous serons là", ajouta Ramona. Son sourire était magnifique et lumineux et Harry sentit son cœur se déchirer.
Il tendit la main et celles de Ramona et de Merlin, les pressant doucement . "Merci" murmura-t-il et ils lui sourirent tous les deux alors qu'ils s'évanouissaient dans la brume.
Il ferma les yeux, prit une profonde inspiration et pensa de toutes ses forces: ' Salazar .'
-0-
Il prit d'abord conscience de la douleur qui résonnait dans tout son corps. La palpitation de sa poitrine où le sortilège meurtrier avait frappé, l'étirement anormal de son dos – désormais familier pour toutes les fois où il avait réagi aux horcruxes - le picotement de son front, où reposait sa cicatrice. Une connexion à présent à sens unique entre lui et Voldemort.
"Mon Seigneur", appela tout à coup quelqu'un, la voix tremblante. "Mon Seigneur."
Harry expira silencieusement contre le sol humide sous sa joue. Sa baguette se trouvait dans son brassard en cuir, un mouvement de son poignet pourrait la placer dans la paume de sa main, mais tout son bras était engourdi, coincé maladroitement sous son corps; même s'il réussissait à tirer sa baguette, il ne pouvait pas promettre à quelle vitesse il pourrait jeter un sort.
"Mon Seigneur."
"Ça suffit" siffla Voldemort, et Harry entendit le froissement des robes à quelques mètres de lui. Son ennemi n'était pas loin, il en était certain.
Son autre main était prête à s'emparer d'un de ses couteaux en argent. Son tir ne serait sans doute pas aussi bon avec sa main gauche, mais cela devrait être suffisant, étant donné la proximité.
"Mon Seigneur, êtes-vous-"
" Assez !" gronda Voldemort, et Harry saisit sa chance, ouvrant un œil.
Voldemort le regardait, son expression tordue par une colère glaciale. Un éclair de peur passa tout à coup dans ses yeux et Harry sut qu'il avait atteint l'instant T. Cet instant ultime où tout se jouait, où il lui faudrait ni faiblir, ni faillir.
Des années de pratique à lancer des couteaux sur des cibles noires cerclées de rouge, à forcer et à entrainer sa mémoire musculaire, prirent le dessus et il dégaina son couteau à une vitesse trop rapide pour que Voldemort n'ait le temps de réagir. Il lui fallu une seconde pour se redresser, deux pour balancer son arme et trois pour que le dernier souffle de vie de son ennemi s'échappe de ses lèvres.
Harry ne perdit pas de temps, retirant simplement son couteau de la gorge du mourant tout en esquivant la giclée de sang, son ennemi avait déjà suffisamment souillé son corps et son âme.
Il pointa sa baguette vers le groupe de Mangemorts, son couteau ensanglanté serré contre la gorge de celui qui s'était adressé à Voldemort et esquissa un sourire froid. "Je pense," articula-t-il doucement alors que le corps de Voldemort s'effondrait à côté de lui, "que ce petit numéro de théâtre est terminé, ne croyez-vous pas ?"
" Harry Potter ", souffla une voix dans la foule.
Harry hocha lentement la tête. "En chair et en os, pour ainsi dire. Bien que, je dois l'avouer, je me suis attaché à mon nouveau nom. Peut-être que l'oncle Albus me laissera le garder." Il jeta un coup d'œil vers le Mangemort qu'il menaçait avec un couteau. "Et si vous alliez rejoindre vos petits camarades ? En fait, je ne viens pas ici avec l'intention de tuer une autre personne que Voldemort aujourd'hui, mais je suis prêt à faire une exception si jamais quelqu'un veut me tester."
Le Mangemort s'éloigna, laissant tomber sa baguette aux pieds de Harry. D'autres Mangemorts jetèrent leur baguette dans l'herbe et ôtèrent leur masque en signe de reddition.
"Il n'y a aucune garantie qu'il soit mort !" cria un Mangemort. "Il nous a pris pour des imbéciles la dernière fois !"
Harry renifla. "Oh, il est bien mort, je peux vous le garantir. J'ai découvert comment il s'était rendu immortel et l'ai neutralisé." Il poussa le corps qui était à côté de lui avec son pied, faisant en sorte que le cadavre claque désagréablement contre le marbre parfaitement lustré de la salle de bal. Les Mangemorts les plus proches reculèrent et Harry rit doucement. "Quelqu'un peut me dire à qui appartient cette maison ?"
Un homme aux cheveux pales et à la mine dédaigneuse s'avança. "C'est le manoir Malfoy", annonça-t-il froidement, et Harry reconnut Lucius Malfoy, le père de Drago Malfoy.
Harry pencha la tête sur le côté. "Cela ne me surprend pas vraiment." Il haussa les épaules et fixa Lucius Malfoy de ses yeux étincelants. "Bien, vous allez rejoindre les membres du ministère par la cheminée et leur dire d'envoyer des Aurors, puis ensuite vous irez voir Albus Dumbledore dans son bureau et lui demander de venir. Une fois qu'ils seront là, si vous n'essayez pas de vous enfuir, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour garder votre femme et votre fils en dehors de tout ça. " Même s'il voulait faire savoir à Albus et Salazar qu'il n'était pas mort, que cela avait été fait, il n'avait guère envie que le Ministère se mêle de ses affaires en lui posant des questions indiscrètes.
Les yeux de Lucius s'élargirent, puis il s'inclina profondément. "Merci," murmura-t-il d'une voix tremblante, avant de se retourner et de sortir précipitamment de la pièce.
Une fois l'homme parti, Harry ordonna aux autres Mangemorts de se tenir face à un mur qui ne possédait aucune fenêtre ou aucune porte menant au reste du manoir, il aurait ainsi plus de chance d'empêcher l'un d'eux de s'échapper.
Ils n'attendirent pas longtemps avant l'arrivée des Aurors, des exclamations de stupeur et d'effroi s'échappèrent des bouches de sorciers lorsqu'ils découvrirent le corps de Voldemort puis les Mangemorts désormais impuissants. Harry leur décocha un coup d'œil amical tout en les interpellant "Si cela ne vous dérange pas, messieurs-dames, je commence à en avoir un peu marre de tenir en respect tout ce joli petit monde."
Avant que quiconque ne puisse réagir, un éclat de flammes bleues jaillit juste à côté de Harry et il se retrouva attiré dans les bras de Salazar pendant que Tanwen laissait échapper un trille de victoire. Harry laissa tomber son couteau ensanglanté dans l'herbe et étreignit son mari dans ses bras, respirant son odeur et sentant les larmes lui monter aux yeux.
Il avait survécu. Ils avaient tous deux survécu.
"Bon sang, Harry," souffla Salazar contre la bouche du jeune homme avant que ses lèvres ne se referment sur les siennes en un baiser au goût de désespoir et d'amour.
"Je vais bien "murmura-t-il alors qu'ils se séparaient, prenant le visage de Salazar entre ses mains. "Nous allons bien, Sal. Il est parti. C'est fini."
"Par les couilles affaissées de Merlin!" s'écria l'un des sorciers du ministère.
Les yeux de Salazar et Harry se croisèrent et tous deux éclatèrent de rire, pensant clairement au Merlin qu'ils avaient connu et à quel point il serait horrifié de savoir que les sorciers des siècles futurs juraient en mentionnant ses vilains secrets.
"Il semble, Cornelius, que je doive reformuler ma déclaration au sujet du retour de Voldemort," fit Albus sur un ton très serein "Il était de retour, mais il est à présent décédé. Bien joué, Harry."
Harry et Salazar se séparèrent avec précaution, croisant leurs mains comme ils le faisaient habituellement et se tournèrent vers l'endroit où Albus et le ministre Cornelius Fudge se tenaient, près de la porte de la salle de bal. Des Aurors se chargèrent des Mangemorts, les conduisant au ministère afin qu'ils y soient jugés, et Harry se souvint de sa promesse faite à Lucius. "Avez-vous déjà capturé Lucius Malfoy?" demanda-t-il à l'Auror le plus proche.
L'homme leva les yeux et Harry reconnut l'un des rares membres de l'Ordre à l'avoir rejoint après le retour de Voldemort : Kingsley Shacklebolt. "Nous l'avons capturé, oui", acquiesça-t-il.
"Sa femme et son fils ne sont pas impliqués. Il est même possible qu'ils ne sachent pas que Voldemort se trouvait chez eux."
Kingsley plissa les yeux, dubitatif, mais il hocha la tête. "Très bien, j'en prends note", promit-il avant de poursuivre son chemin avec son prisonnier.
"Je doute fort qu'ils ignoraient que Voldemort était dans leur maison", murmura Salazar en picte.
Harry haussa les épaules. "Je sais, mais j'ai promis de faire de mon mieux pour les protéger"
Salazar acquiesça et n'ajouta rien de plus à ce sujet.
"Monsieur Potter ?" lâcha la voix incrédule de Fudge quand Harry et Salazar s'arrêtèrent devant lui et Albus Dumbledore.
Harry afficha son sourire le plus amical. "En effet. L'été dernier, à la fin du tournoi, Voldemort -" Fudge laissa échapper une exclamation apeurée et tourna la tête vers le corps du Seigneur des Ténèbres "- s'est arrangé pour m'enlever et nous nous sommes battus en duel. Un duel que j'ai, malheureusement perdu. Une magie assez inexplicable m'a transporté dans le passé, où Sal m'a sauvé la vie et j'ai pu terminer mes études. Lorsque je suis revenu à cette époque, oncle Albus – "Fudge regarda vers Dumbledore et ses yeux s'élargirent sous la compréhension,"-a convenu avec moi qu'il serait bien mieux que je me fasse passer pour son neveu et que je devienne le nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal ".
Fudge les observa un moment avant de retrouver ses esprits et de s'éclaircir la gorge. "Et ça ?" demanda-t-il en désignant le corps de Voldemort.
"Voldemort a toujours eut l'orgueil de prétendre qu'il descendait de Salazar" déclara Harry "donc il a souhaité faire- quels étaient ses mots déjà ?"
"Une petite réunion de famille", compléta Salazar sur un ton presque dégoûté.
"C'est ça, merci. Je me suis rendu au rendez-vous à la place de Sal puis je lui ai lancé un couteau sur la gorge et il est mort."
"Bon débarras," murmura Salazar.
Fudge écarquilla les yeux vers le fondateur. " Et vous avez réellement un lien de parenté avec lui ?"
Albus toussa. "Cornelius, je ne pense pas qu'à l'heure actuelle cette information soit particulièrement importante. Nous devrions transmettre la nouvelle à la Gazette du sorcier afin que les familles puissent profiter pleinement de Noël sans s'inquiéter."
"Oh, oui, oui, c'est tout à fait vrai. Nous devrions aussi faire venir d'autres personnes pour qu'elles puissent voir le corps,"proposa Fudge en marchant et en se tournant vers la porte.
"C'est une très bonne idée," approuva Albus avant d'adresser à Harry et Salazar un sourire radieux.
"A nos chambres, Tanwen", murmura Salazar en se rapprochant à nouveau de Harry. Ils furent immédiatement attirés dans un brasier bleu et emmenés à Poudlard où ils purent célébrer le miracle de la vie en privé.
-0-
Il est vrai que sa couverture était complètement foirée à présent, mais les seules personnes que Harry avait réellement vues avant le nouveau trimestre étaient ses collègues professeurs et les membres du personnel de Poudlard, ainsi que les agents de l'Ordre qui savaient déjà qui il était. Alors, quand il entra dans la Grande Salle pour dîner, le soir venu, en retard parce que Peeves avait encore fait des siennes, il n'était absolument pas préparé au silence qui régnait dans la pièce. Il se dépêcha de longer la table du personnel et se glissa entre Albus et Salazar.
Et puis, avec toute la force d'un raz-de-marée, les élèves poussèrent un rugissement de joie, tapant des pieds sur le sol et frappant dans leurs mains.
Harry gémit et se laissa tomber sur son siège. "Dieux, faites-moi à nouveau combattre contre Voldemort à n'importe quel moment ," murmura-t-il et Salazar gloussa à côté de lui.
"Je pense qu'il serait utile que tu dises quelque chose, mon garçon," lui conseilla Albus, les yeux brillants.
Harry soupira et se frotta le visage, puis se leva docilement et attendit que le calme revienne. Il observa la mer de sourires pendant un long moment, se demandant ce qu'il était même supposé leur dire.
"L'année dernière", commença-t-il lentement, parlant alors même que son esprit continuait à façonner les mots qui lui venaient à l'esprit ", quand Cedric et moi avons touché la Coupe au milieu de ce misérable labyrinthe, nous ne savions pas que c'était un portoloin. Aucun de nous ne savait que cela conduirait à sa mort, ou à mon égarement dans le temps. " Il ferma les yeux un instant, se souvenant de ce cauchemar dans le cimetière comme si c'était hier, bien que la douleur de perdre un ami se soit évanouie face à la centaine de personnes qu'il avait dû quitter.
"J'ai passé huit ans à essayer de rentrer à la maison," continua-t-il en rouvrant les yeux, "parce que je ne pouvais supporter l'idée que personne ne sache que Voldemort était de retour. Mais, au moment où j'ai enfin réussi à revenir, j'ai découvert que vous étiez déjà au courant, mais que vous avez refusé de l'accepter. " Les regards se détournèrent de lui, honteux. "Et honnêtement ? Je fus assez déçu, mais je ne pouvais tout simplement pas vous laisser mourir. Alors le professeur Salazar et moi-même avons retrouvé le professeur Dumbledore et nous avons planifié tous les trois un moyen de nous occuper de Voldemort avant qu'il ne puisse débuter une seconde guerre."
"Et manifestement," continua-t-il d'une voix subitement dure, "ça a marché." Quelques personnes se mirent à rire, nerveuses et incertaines, comme si elles ne savaient pas vraiment comment réagir. "Il est vraiment parti cette fois-ci, je vous le promets. Et je suis toujours votre professeur, bien que je suppose que je vais devoir m'habituer à être appelé « Professeur Potter », maintenant." Les rires se propagèrent à nouveau, mais plus légers et plus détendus.
Harry leur sourit et secoua la tête. "Je suppose que ce que j'essaie de vous dire depuis tout à l'heure c'est que parfois, vous devez choisir entre vous cacher derrière le voile de la peur ou bien affronter la vérité. Dure et inflexible. Et même si pensez être toujours une personne digne d'être sauvée, vous seul pouvez décider quel chemin choisir. " Il prit un moment pour observer les mines attentives des enfants. "Cette école a été fondée afin de vous donner un lieu où vous pouvez apprendre tout ce qui est possible d'apprendre, et afin de vous permettre de devenir un jour la personne qui a choisi de prendre le bon chemin et je sais que chacun d'entre vous possède cette capacité, mais c'est à vous de prouver que vous êtes digne de la confiance que les fondateurs ont placé en vous ".
Il s'assit et prit une profonde inspiration.
"A présent, mangeons," conclut Albus et de multiples plats apparurent devant eux.
Les doigts de Salazar s'entrelacèrent avec ceux Harry et il leva les yeux pour voir son mari lui sourire. "Ce discours", murmura-t-il, "était parfait."
Harry lui adressa un sourire reconnaissant et serra la main chaude et forte. " J'ai fait de mon mieux, même s'ils n'ont aucune idée du gamin impétueux que tu étais," dit-il sur un ton taquin.
Salazar prit une expression impérieuse et déclara froidement. "Je n'ai aucune idée de ce que tu veux dire."
Harry se contenta de rire et se retourna pour manger.
-0-
La première semaine de reprise fut un peu étrange pour tout le monde. Les étudiants avaient du mal à faire correspondre leurs souvenirs du jeune Harry Potter, âgé de 14 ans, avec ceux d'un homme relativement facile à vivre qui tolérait peu les rivalités inter-maison et qu'ils connaissaient sous le nom de Harry Dumbledore. En ce qui concernait Salazar, il avait simplement continué à se faire passer pour un parent du grand Salazar Serpentard, n'ayant aucun intérêt à révéler à qui que ce soit qui il était vraiment, en dehors des amis proches de Harry et de sa famille.
Mais finalement, tout redevint normal. Harry finit par être appelé le «Professeur Harry», plutôt que le «Professeur Harry Potter », et même les professeurs qui avaient eu du mal à intégrer le fait qu'ils comptaient parmi eux un collègue qui faisaient encore partis de leurs élèves il y a un an finirent par s'y habituer. Mieux encore, le ministère cessa d'essayer de le faire venir lorsqu'il donna un discours très médiatisé sur sa victoire contre Voldemort.
Le mois de mars, le ministère annula le décret sur l'éducation qui lui conférait un pouvoir sans limite sur le personnel enseignant de Poudlard, pliant sous la pression combinée de de Harry et de Dumbledore. De même, ce dernier céda aux demandes de Harry en engageant un professeur d'histoire vivant pour remplacer le professeur Binns, une décision qui suscita un énorme engouement pour l'histoire de la magie.
Une fois l'année scolaire terminée, alors que les étudiants partaient en train pour Londres, Harry et Salazar baissèrent les protections du château. Avec l'aide de Albus Dumbledore, Minerva McGonagall, Filius Flitwick et - à son plus grand bonheur- de Hermione, ils en mirent en place de nouvelles plus solides qu'auparavant.
"Eh bien, les garçons," fit Albus dans son bureau alors qu'ils regardaient par la fenêtre les nouvelles protections étincelantes sous le rayon du soleil, deux phénix chantant harmonieusement derrière eux, "nous avons pas mal travaillé cette année."
Harry éclata de rire tandis que Salazar roulait des yeux.
Une année s'achevait, une autre recommençait. Et pour Harry et Salazar, c'était très bien comme ça.
FIN
