Le match de Quidditch
Les gradins étaient pleins. Pleins à craquer.
Quelle que soit sa maison à Poudlard, être présent au match Gryffondor-Serpentard était l'assurance d'assister à un match épique, combatif, et surtout le plus animé de tous.
L'automne n'avait pas encore cédé place à l'hiver. Le ciel était bleu, sans nuage, autrement dit une vue dégagée et une température légèrement fraiche. Pour les équipes, le temps était idéal.
James, capitaine de l'équipe de Gryffondor, hurlait auprès de son gardien. Les deux autres poursuiveurs, Fred et Samantha étaient maintenant en attaque.
Les batteurs Serpentard, Parkinson et Flin, visaient cette fois-ci les poursuiveurs en lieu et place du pauvre gardien Gryffondor.
L'équipe de Serpentard était guidée par Blaise Zabini, assisté de près par Théodore Nott Junior, tous deux poursuiveurs.
Samantha feinta la passe à Fred, et jeta de toutes ses forces le souaffle en direction des anneaux Serpentard.
Le commentateur :
« Les Gryffondor marquent ! 180 à 130 pour Gryffondor ! Quel match palpitant ! »
Les supporters se levèrent, crièrent, et tapèrent des mains. Les Gryffondor agitaient les banderoles rouge et or, et criaient « Gry-ffon-dor ! Gry-ffon-dor ! Gry-ffon-dor ! ! » au passage de Samantha près des tribunes.
Le balai volant et le quidditch étaient toujours ancrés dans les cultures, et ce dernier restait la mesure de force entre les maisons, bien au delà du nombre total de points général des maisons. Aussi, les comparaisons étaient légions, et les différences misent en avant pour prouver la supériorité de l'une ou de l'autre. Plus le passé était soulevé, plus les Gryffondor étaient des révolutionnaires courageux, et les Serpentard étaient des traîtres et des collaborateurs. Bref, selon le niveau de tension, les insultes volaient plus ou moins hauts.
Heureusement, la présence d'Albus chez Serpentard a permis de rééquilibrer les comparaisons, et de mettre en avant les qualités des anciens directeurs dont il porte les prénoms.
Les batteurs Serptentards s'en prenaient de nouveau au gardien Gryffondor, et les poursuiveurs tournent autour, attendant le moment propice.
Dans les gradins, Albus soutenait son équipe aux couleurs vert et argent, ainsi que son meilleur ami et confident Scorpius, qui volait en cercle autour du terrain.
Scorpius et Rose, quant à eux, étaient attrapeurs.
Et à plusieurs reprises Rose envoyait des regards en coin à Scorpius, pour le perturber. Oui, car elle savait que derrière son regard froid, il ne pouvait résister à croiser son regard. Ils étaient amis depuis leur première rentrée grâce à Albus, et bien plus depuis les dernières vacances d'été.
Ils s'étaient convenus de ne pas interférer dans les résultats scolaires, et encore moins les matchs de Quidditch, ce qui ne les empêchaient pas de se perturber l'un l'autre à travers des regards en coins, des faux départs, des sourires. Finalement, tout cela avait moins d'importance que leurs sentiments.
Bien qu'ils soient bien au delà des préjugés de leurs maisons, ils avaient conservé leur récente relation secrète, de peur des réactions de leurs amis proches, familles et des autres maisons. Comment se donner une chance si les conditions n'étaient pas favorables.
Sans le vouloir, ils découvrirent que le caractère secret de leur relation était…enivrant. Chaque moment caché, ou hors du regard des autres, était précieux. Chaque caresse de main, chaque regard, chaque baiser étaient appréciés à leur juste valeur, et poussaient le désir un peu plus loin.
Et à ce moment-là, Scorpius, Rose, seuls dans le ciel, étaient libres, pas de nom, pas d'héritage de la guerre, pas de familles avec toutes les raisons pour les séparer. Ils participaient juste à leur jeu préféré, ils étaient bien.
James défendait autant qu'il pouvait le gardien récemment sélectionné en début d'année, puis piqua soudainement en direction des Serpentard.
Le commentateur :
« Potter récupère le souaffle ! Les Gryffondor repartent à l'attaque ! »
Les batteurs Serpentard dirigèrent tout à coup leur attention sur James. La foule recommença à hurler.
Le quidditch était devenu un terrain pour se défouler, aussi bien pour les joueurs, que pour les supporters. Effet du temps, ou était-ce toujours pareil ?
Scorpius suivait Rose dans le ciel, à la recherche du vif d'or, et ne ressentait que du plaisir à sentir le vent parcourir son visage et à observer Rose. De derrière certes, mais il était avec elle.
Puis, un regard en coin, un clin d'œil, il la trouvait belle.
Le commentateur : « Vif d'or en vu » !
Oui, le vif d'or était en vu, depuis bien longtemps Rose l'avait aperçu, et feignait de ne rien avoir vu. Dès que Scorpius avait eu le dos tourné, elle avait piqué avec son balai dans la direction de la bille dorée.
Parkinson dirigea son attention sur ce qui se déroulait au dessus d'elle.
Avait-elle rêvé ? Un échange de sourires entre les deux attrapeurs…..
Eléonore Parkinson, quant à elle, croyait dans les vielles idées de Salazar. Pour elle, sa beauté, ses traits étaient issus de l'héritage de son sang pur. Elle avait également de forts sentiments, un crush, un truc pour un garçon de sa maison. Le voir autour de filles, la rendait envieuse. Le voir autour de filles pas assez bien apprêtées, peu ou mal maquillées à son goût, alimentait sa colère. Elle, qui était si belle, si proche de la perfection, pourquoi ne méritait-elle pas son attention ? Et enfin, voir une fille échanger un sourire à celui-ci, la rendait terriblement jalouse. Il s'agissait de cet homme à l'aspect froid mais fondant à l'intérieur. Oui, il s'agissait de Scorpius. Mais Scorpius était son avenir à elle, pas à une autre, pas à une de ces autres, encore moins une sang mêlée !
Parkinson vit rouge.
Les équipes avaient ralenti pour observer ce qu'il se passait dans les nuages. Scorpius, trop tardivement, plongea pour participer à la course au vif d'or.
Le match était très serré. Trop serré. Les équipes se poussaient machinalement. Tout le monde le comprit, le match était en passe de se terminer.
Le commentateur : « Rose est à la poursuite du vif d'or ! Les Gryffondor sont en passe de gagner le premier match de l'année !».
Le vif d'or ne le voyait pas de cette façon, et slaloma, autour des tribunes. Si bien que Scorpius commençait à rattraper son retard.
Dès que Rose l'approchait, la petite bille changeait de direction. Elle se faufila entre les anneaux, descentit en cercle en direction du sol, puis de nouveau entre les tribunes. Rose ne put l'approcher suffisamment près avant que le vif d'or ne remonte en pic dans le ciel, et disparaisse.
Scorpius et Rose allaient devoir attendre une nouvelle occasion.
Commentateur : « Par merlin, le vif d'or a semé les attrapeurs ! ».
Cette fois-ci, Eléonore remarqua distinctement le sourire qu'adressait Scorpius à Rose lors de leur remontée dans le ciel. Ce n'est pas possible, pas Scorpius. Pas ROSE !
Voyait-elle l'amour, ou une tentative de tricherie ? Ou les deux ? Elle continua le match énervée, révulsée.
Rose et Scorpius cessèrent de se perturber l'un l'autre. Ils tournèrent dans le ciel pour observer au plus vite une réapparition du vif d'or. Scorpius prit un risque à réaliser de plus grandes boucles pour observer. Rose quant à elle resta sur des petits cercles. Voir le premier le vif d'or donne une longueur d'avance, mais être plus proche du terrain permettait de l'atteindre plus rapidement, et de l'attraper … la première !
Le match continua dans la folie. La fougue de Rose avait relancé les Serpentard dans la course aux points. Ils marquèrent plusieurs fois. Oui, car les Serpentard se voyaient perdre, ils concentrèrent alors toute leur énergie dans la suite du match.
Zabini, très rusé et rapide sur son Eclair de Feu nouvelle génération, jouait au chat et à la souris avec l'équipe adverse. Sans souaffle, pas de points pour Potter ! Et dès que l'occasion se présentait, il passait à ses co-équippiers pour marquer, ou fegnit de marquer tout seul et remonta dans le ciel pour un nouveau tour. Un Serpentard, avec une carrure solide, avait toutes les raisons d'être ambitieux et un poil égoïste non ? Il usa de ses vieilles croyances pour tromper l'adversaire. Lui, dont seul importait d'être sélectionné par les meilleurs équipes de Quidditch en Europe.
Et Zabini avait raison, la fatigue toucha les Gryffondor et les fautes d'inattention se multiplièrent.
Commentateur : « 180 contre 230, Serpentard est en tête ! »
Une fine lumière d'or apparut au loin dans le ciel dans la direction des cercles de but de Serpentard. Rose, une fois de plus, l'observa en premier, mais ne feignit pas d'attendre et fonça en piqué sur la petite bille.
Scorpius fit demi-tour et la suivit immédiatement.
Commentateur : « L'attrapeur des Gryffondor a vu quelque chose ! Serpentard est à la chasse également ! »
De nouveau les équipes ralentirent, et observèrent le ciel.
Eléonore observa les attrapeurs. Sa colère n'avait pas diminué. Elle avait ruminé dans sa tête pendant tout le reste du match. Sa soif de gagner, la fatigue, eurent raison d'elle. Elle n'en pouvait plus d'être emprisonnée dans ce match à observer cet amour qu'on lui avait volé. Ses yeux se gorgèrent de larmes de haine, et serra ses mains sur sa batte.
Eléonore saisit l'occasion, et frappa de toutes ses forces le cognard en direction de Rose.
La foule se leva, et cria. Les Serpentard pour féliciter le coup, les autres maisons pour alerter l'attrapeur de Gryffondor.
Mais seul Scorpius entendit le cri d'alerte, et comprit tardivement l'arrivée du cognard.
« Rose, le cognard ! Rose, ROSE ! », lança Scorpius
Rose ne voulait pas entendre, elle était si proche du vif d'or.
Commentateur : « Le Cognard est en direction de l'attrapeur du Gryffondor ! »
Scorpius accéléra au maximum.
« ROSEEEE ! »
Le temps s'arrêta, et il se passa ce qu'il devait se passer. Sous ses yeux, Scorpius vit le cognard frapper de plein fouet Rose.
Elle encaissa le coup. Avec ses dernières forces, elle serra son balai, puis dévia, puis ….
Commentateur : « Weasley est touchée ! Le vif d'or échappe aux Gryffondor, et Serpentard est en lice ! »
Scorpius observa Rose basculer petit à petit, et fonça en sa direction. Finalement, Rose lâcha des mains le balai et tomba. Elle était assommée.
Commentateur : « Serpentard s'approche du … Oh ! Rose chute ! »
Scorpius piqua à la vitesse maximum.
Ce n'était pas suffisant… Rose se rapprocha de plus en plus du sol.
A son tour, Scorpius avait les yeux en larmes. Il n'avait pas pu arrêter le cognard, il n'avait pas pu aider Rose. Et maintenant, il est sérieusement inquiet de l'état de Rose, elle ne pouvait supporter un nouveau choc. Il refusa de voir la personne qu'il apprécie le plus au monde s'écraser sur le sol.
Scorpius se décida à sortir sa baguette, lâcha à son tour son balai, et tomba en piqué.
Commentateur : « Scorpius lâche son balai ! »
Les spectateurs s'arrêtèrent de scander, certains crièrent.
Les professeurs se levèrent.
Albus comprit, et se leva à son tour pour mieux observer la scène.
Le temps s'arrêta.
Scorpius lança le sort. Il le fit de la façon la plus précise possible, tel qu'il l'avait étudié, tel qu'il l'avait répété l'intonation, le mouvement de la baguette, et plus important l'intention. Il dut faire abstraction de sa peur. Il sortit à pleins poumons en direction de Rose,
« Arresto momemtum »
Scorpius avait bien visé. Une fine lumière sortit de la baguette, et un petit nuage blanc se dessina autour de Rose. Rose passa d'une forte chute à un flottement léger.
Scorpius, toujours en chute libre, la baguette pointée vers Rose, observa lentement la scène. Il avait réussi.
Il sourit.
Il comprit qu'elle était sauvée. Tout le reste n'avait plus d'importance.
Mais il était trop tard pour s'appliquer à lui-même le même sort.
Il ferma les yeux, puis le noir.
Le match s'interrompit.
La directrice se rendit rapidement sur place, et repoussa l'attroupement des équipes, les deux corps étaient inanimés. Après quelques soins d'urgence pour Scorpius, elle ordonna d'emmener immédiatement les attrapeurs à l'infirmerie.
oOo
C'était la nuit, Rose se réveilla sur un lit, qui n'était pas celui de son dortoir. Ses souvenirs sont vagues.
Sa respiration est régulièrement coupée par le gros bandage autour de sa poitrine. Elle en déduit immédiatement l'infirmerie, une côte cassée, comme si elle…
Soudain, elle se rappela le match de Quidditch, le vif d'or, le cognard….
Aïe, rien que la pensée du choc lui faisait ressentir réellement la douleur actuelle.
Avant de se laisser emporter par un nouveau somme, elle remarqua derrière le rideau séparateur un lit occupé.
Elle se redressa difficilement.
Sa gorge était sèche, peut-être était-elle plus d'une journée à l'infirmerie. Elle but une gorgée d'eau, puis sortit de son lit pour aller découvrir son voisin, non sans difficulté.
Avec une respiration haletante due à son bandage, elle marcha à petits pas en direction du lit voisin.
Scorpius.
Il était allongé. Les mains, le buste et une partie du visage étaient entourés de bandages. Ses cheveux blonds si caractéristiques laissaient deviner son identité, ainsi que ses yeux gris… Ses yeux ?
Il était réveillé.
Rose esquissa un sourire. Il lui rendit.
Sans le quitter des yeux, elle continua le chemin jusqu'à son lit. Lentement, elle s'assit et s'allongea sous les draps, avec Scorpius.
Rose resta auprès de lui, il la remercia d'un geste tendre. Ils étaient heureux dans leur bulle. Malgré l'accident, c'était l'occasion de passer une nuit ensemble à l'abri des regards, sans peur du couvre feu, sans peur d'être aperçus, d'être découverts. Finalement, tout le reste avait moins d'importance.
Muets, ils passèrent une partie de la nuit ensemble à s'effleurer tendrement, se toucher, et s'assoupirent calmement.
oOo
Au petit matin dans l'aile de l'infirmerie, toujours assoupis dans le lit de Scorpius, ils se firent surprendre par une personne. Elle s'immobilisa et les observa.
Rose, toujours enlacée dans les bras de Scorpius ouvrit un œil quelques minutes plus tard. Elle observait à son tour la personne en question.
Lily esquissait un sourire chaleureux.
Une personne extérieure à leur bulle, à leur secret, était heureuse pour eux, et cela fit rayonner le cœur de Rose. Elle renforça son étreinte autour de Scorpius et adressa à son tour un large sourire à sa cousine.
Rose se dit immédiatement que ce n'était pas si grave d'être avec Scorpius. Elle aimerait que chaque membre de sa famille la regarde avec les mêmes yeux. Mais chaque chose en son temps, ça sera un nouveau chapitre.
Scène préférée ? Citation préférée ? Une idée sur la suite de l'histoire ? Partager-les, je serais ravi de vous lire.
Oscar Le Carlin
Mes sincères remerciements aux auteurs et autrices de m'avoir relancé sur l'écriture, et de m'avoir fait passer des soirées (parfois des nuits) à lire leurs belles créations. Merci DelfineNotPadfoot, MissGrenouille, CacheCoeur, LittlePlume, luxie, DameLicorne sans oublier mes auteurs anglophones PenguinBuddy, blue Hedwig, deceptive-serenade, weasleykingrocks. Vraiment dure d'essayer de réaliser un petit quelque chose derrière ces belles créations.
Un merci tout particulier à ma relectrice DelfineNotPadfoot d'avoir accepté de lire et corriger ce chapitre.
Et enfin, merci à vous d'avoir pris le temps de lire ce premier chapitre réalisé par mes soins.
Oscar Le Carlin.
