Hello ! Première fanfiction que je publie depuis au moins 10 ans ! J'espère qu'elle vous plaira. Elle me trotte dans la tête depuis quelques semaines déjà.

Univers semi alternatif : le monde est très similaire à celui du manga à l'exception de l'histoire de certains personnages. L'histoire se déroule quelques années avant le début de Bleach. Petit risque de spoil.

Je n'envisage pas spécialement de faire de scènes explicites. Après le thème reste mature.

Je vous souhaite une bonne lecture

Disclaimer : Tout l'univers de Bleach appartient à Tite Kubo


«Refus »

Momo lu une nouvelle fois le papier sous ses yeux, par précaution, mais la réponse était on ne peut plus claire : elle avait échouée à l'examen d'entrée pour devenir shinigami. Encore…

La jeune femme poussa un soupir, les larmes aux yeux. Elle avait déjà tenté de le passer à deux reprises, sans succès. Son énergie spirituelle n'était pas assez forte, disaient-ils. Dans tous les cas, celle-ci était suffisante pour faire gronder quotidiennement son ventre, et c'était bien là le plus grand problème. Les âmes du Rukongai ne souffraient pas de la faim et ne vieillissaient pas non plus en contrepartie, et ce jusqu'à leur réincarnation dans le monde des humains. Il y avait une seule exception à cela : si leur énergie spirituelle dépassait un certain stade. Leur cycle biologique reprenait alors, accompagné des divers soucis associés, notamment la faim et la soif.

Si trouver de l'eau n'était pas compliqué au Rukongai, avoir de quoi manger l'était beaucoup plus. La nourriture, même basique, était un luxe. L'essentiel des cultures et élevages étaient destiné aux shinigamis. Momo avait bien tenté de cumuler les petits emplois mais elle se voyait progressivement fondre. Ses cotes étaient beaucoup trop voyantes à son gout. Déjà que sa morphologie de base était plutôt frêle. Serait-elle encore apte à tenter l'examen l'an prochain ? Elle se sentait déjà tellement affaiblie aujourd'hui…

Une larme perla sur sa joue et la jeune femme s'empressa de l'essuyer avant que quelqu'un d'autre ne la remarque. Elle n'avait pas besoin de pitié. Elle valait beaucoup mieux que ça ! Alors, elle se força à figer un sourire sur son visage et réfléchit à ce qu'elle allait faire dorénavant. Il faudrait déjà annoncer la nouvelle à sa grand-mère. Momo frémit en imaginant le regard de celle-ci après l'annonce de son échec. De la tristesse très certainement. Du désespoir à l'idée des conséquences encourues, peut-être ? Bien qu'elles ne fussent pas liées par le sang, grand-mère s'était occupée d'elle depuis de nombreuses années déjà. Elles avaient peur de voir l'autre partir la première. Momo ne serait pourtant ni la première ni la dernière âme du Rukongai à disparaitre faute de nourriture. Elle pourrait essayer de faire quelques livraisons de plus pour la dame au bout de sa rue qui tenait un petit commerce. Le travail était physique et peu payé, mais c'était toujours ça de pris.

Se ressaisissant, l'adolescente prit le chemin du retour jusqu'au 26ième district où elle vivait. Pour s'y rendre elle devait passer le 1er district Junrinan, très connu aussi comme étant le quartier des charmes. Elle n'aimait pas tellement ce lieu. Le soir, il avait pour réputation d'être peu fréquentable.

Le Soleil se couchait à peine, le taux d'ébriété de la population locale devait encore être raisonnable, du moins l'espérait-elle.

En soi le quartier était plutôt élégant. C'était même le plus joli de tout le Rukongai, remarqua-t-elle ironiquement. Les maisons étaient en bois, recouverte de tuiles grises, alignées le long d'allées en pierres joliment taillées. Des lanternes parsemaient les ruelles, pour aiguiller les visiteurs jusqu'aux maisons de thé, même lorsque l'obscurité était tombée. Des petits arbustes finement taillés prônaient ici et là. L'argent ne manquait pas. Le taux de criminalité n'y était pas le plus élevé du fait de la présence des nombreux shinigamis. Au final, le principal problème était le comportement de ces fameux shinigamis passé 22h. Une âme errante qui vole un pain : scandale et sanction ! Un shinigami qui agresse une habitante, et tous les regards se portent ailleurs. Quelle injustice ! Le jour où Momo serait une shinigami, elle n'aurait pas peur de s'interposer contre ses paires si besoin ! Elle se le promettait.

Des femmes habillées de sublimes kimonos colorés arpentaient les rues en compagnie de shinigamis. L'endroit s'inspirait fortement de Kyoto, en ajoutant toutefois une touche de modernité. Le maquillage blanc et les chignons sophistiqués n'étaient pas présents ici. Passé de mode probablement, ou bien trop contraignants au quotidien. Les kimonos aux couloirs chatoyants, les bijoux ornés de diamant et les yeux charbonnés l'étaient par contre. Un mélange entre sophistication et charme. Certaines traditions demeuraient tout de même : l'art du thé et les danses avec des éventails sous le doux son du shamisen notamment. Les femmes ici n'étaient pas de simples courtisanes. Elles avaient une culture et des talents que la plupart des femmes de Rukongai ne pouvait se vanter d'avoir. Passer une soirée en leur compagnie était considéré comme une des meilleures activités possibles selon les habitants du Seireitei.

Momo passa devant l'une de ses fameuses maisons lorsqu'elle fut interpellée.

- Oh mais quel joli bout de femme je vois là, prononça une voix féminine d'un ton enjoué.

Elle se figea interloquée, et se tourna en direction de la personne en question. Une femme ravissante se tenait devant la porte. De longs cheveux roux ondulés, des yeux bleus clairs et…une poitrine qui dépassait tout ce que Momo avait vu dans sa vie en taille. Et qu'elle avait clairement mis en valeur en laissant bailler légèrement son kimono ! Ne souhaitant pas être impolie, la jeune femme releva les yeux vers ceux de son interlocutrice et attendit de comprendre ce qu'elle voulait.

Lâchant un petit rire, l'autre femme releva légèrement son kimono pour ne pas le tacher sur le sol et s'approcha d'elle.

- Désolée de t'importuner. Je ne te veux aucun mal, rassura-t-elle. On a déjà du te le dire plusieurs fois, mais tu as vraiment de jolis traits.

Momo rougit et regarda ses pieds. « Non, on ne lui disait pas ça souvent au contraire ». Balbutiant un remerciement, elle attendit quelques secondes de comprendre ce que la jeune femme lui voulait.

- Est-ce que cela te tenterait une petite tasse de thé ?

« Voilà donc, une rabatteuse… » S'attrista Momo. Que le thé la tente ou non, elle n'en avait de toute façon pas les moyens. Elle préféra donc décliner et s'apprêtait à reprendre son trajet.

- Oh non non non ! S'empressa d'ajouter la jeune femme en lui saisissant le bras droit. Mon offre ne te coutera absolument rien, je voudrais juste discuter avec toi.

Elle ponctua sa phrase d'un nouveau sourire charmeur. Momo plissa les yeux, méfiante. Rien n'était gratuit ici. Mais que lui voulait-elle à la fin ?

- Il doit aussi nous rester quelques petits sablés, tenta à nouveau le sublime inconnu avec un clin d'œil. Je ne vais pas te mentir, ils sont probablement un peu secs, mais cela serait tellement dommage de les jeter.

A la notion de gâteaux, le ventre de Momo fit un petit bruit peu harmonieux, qui fit rire son interlocutrice qui s'empressa alors de la tirer par le bras et de la trainer à l'intérieur. Si Momo fut tentée de se rebeller, elle se laisse finalement entrainer.

L'intérieur était propre et lumineux. Laissant leurs chaussures à l'entrée, la rousse l'invita à la suivre dans une petite salle dont le sol était constitué de tatamis. La décoration est simple. Quelques calligraphies étaient attachées aux murs. Une petite table se trouvait au centre de la pièce. Son hôte l'invita à s'asseoir et parti un court instant.

De retour, avec un petit plateau comportant une théière, deux tasses et une petite soucoupe composée de plusieurs biscuits, elle posa le tout sur la table et s'installa face à Momo. Ses gestes étaient vraiment élégants et fluides, remarqua la jeune femme. Elle prit la théière par l'anse métallique et versa le thé dans les deux tasses. Pas une seule goutte ne tomba à côté. Elle lui tendit ensuite le récipient.

- Tiens, bois ça. Et n'hésite pas à te servir en biscuits !

Momo la remercia et saisi le fameux sablé. Elle eut un peu de peine à le casser. Il devait avoir été cuisiné quelques jours auparavant, mais Momo le trouva absolument délicieux. Elle aurait pu en pleurer de joie.

- Merci infiniment…, elle s'interrompit regardant son hôte curieusement

- Rangiku Matsumoto, l'informa cette dernière.

- Merci infiniment Madame Matsumoto. Mais pourrais-je connaitre la raison de ma présence ici ?

Matsumoto inspecta la jeune femme de haut en bas une nouvelle fois et marqua un petit temps de pause.

- Petite, visage fin, grand yeux, énuméra-t-elle. Tout ce qu'il faut ! Pour tout te dire je travaille ici depuis de nombreuses années. J'habitais dans le soixante quatrième district du Rukongai Nord. La vie n'était pas facile là-bas…

Elle semblait alors comme happée par ses pensées puis poursuivi.

- Nous avions postulés un ami et moi comme shinigami. Lui seul a été accepté et j'ai terminé ici. Je peux sentir ton énergie spirituelle. J'ai l'impression qu'on se ressemble beaucoup toi et moi.

Momo se figea. Leurs histoires étaient en effet assez similaires.

- Tu as déjà pensé à travailler ici ? Osa enfin demander Matsumoto.

Voilà donc la raison. Hinamori écarquilla les yeux et agita vivement la tête de gauche à droite. Elle, dans le quartier des charmes ?! Jamais de la vie ! L'idée lui en donnait la nausée.

- Toutes les maisons de thé ne sont pas équivalentes, la rassura Rangiku, semblant deviner les pensées de la jeune femme. Crois le ou non, mais je n'ai jamais eu à coucher avec un client depuis que je suis ici.

Elle marqua un petit rire devant l'air désabusé et gêné de Momo et bu une gorgée de thé.

- Je ne vais pas te mentir et te dire que ça n'arrive jamais. On me l'a proposé probablement des centaines de fois. Et ce boulot requiert de flirter avec des clients. Mais, s'interrompit-elle pour que l'attention de Momo soit complète. Le point essentiel à prendre en compte, c'est que dans cet établissement, tu as le droit de refuser toute proposition. Et les clients en sont tout à fait conscients. Ça fait un sacré tri dans la clientèle si tu veux tout savoir !

Momo restait silencieuse pour l'instant, toujours dubitative, mais écouta attentivement :

- Globalement cela fonctionne de cette manière : tu es nourrie, logée, habillée et formée en contrepartie d'une dette que tu acceptes de payer en travaillant. Chaque heure passée en compagnie de clients te rapporte une certaine somme. Une partie te revient, le reste couvre les frais de la maison de thé et une portion de ta dette. Tu peux choisir d'en donner davantage pour la rembourser plus vite. Un client qui demande une hôte en particulier lors d'une fête paiera davantage, idem s'il souhaite être en compagnie de toi uniquement. Tout ce qui est…service supplémentaire ne dépend que de toi. Tu es libre d'aller rencontrer des gens ailleurs qu'ici. Mais les tenues et bijoux ne sortent pas de la maison et ne t'appartiennent pas.

Momo hocha la tête par reflexe mais ne sut que penser du discours de Matsumoto. S'imaginer en train de servir du thé tout en complimentant de tristes inconnus lui paraissait aussi facile que de se retrouver face à un hollow sans moyen de se battre. Non vraiment, elle ne pouvait pas faire ça !

- Tu n'es pas obligé de faire ça toute ta vie, continua Matsumoto. Bon, je ne vais pas te cacher qu'au début, ta dette augmentera plus vite que tes gains. Mais après quelques années, quand tu auras ta propre clientèle, ainsi que la plupart de tes affaires, tu pourras même économiser un peu d'argent.

Elle appuya ses propos d'un nouveau petit clin d'œil malicieux.

- Tu te trouveras peut être même un protecteur comme Nanao, renchérit d'elle d'une voix rêveuse en nouant ses mains entre elles.

- Un protecteur ?

- Comment t'expliquer ça… C'est une personne qui décide de prendre en charge tous tes frais. En contrepartie de l'exclusivité de tes services. Et non, avant que tu t'imagines quoi que ce soit, ce n'est pas de l'esclavage ou un truc du genre ! Même s'il faut reconnaitre que ce sont plutôt des amants qui font ce genre de chose… Enfin bref. Voilà ce que je te propose, rentre chez toi et réfléchis-y à tête reposée. Et si demain, tu es décidée à en savoir plus, retrouve moi ici vers 11h, je te présenterai à la patronne.

Rangiku laissa le temps à son invité de finir sa tasse. Après avoir avalé un troisième biscuit, Momo remercia son hôte et la laissa la raccompagner jusqu'à l'entrée. Après de brèves salutations, elle reprit sa route vers la maison. Les rues étaient beaucoup plus animées maintenant. La nuit était tombée. Par chance, Momo ne fit aucune mauvaise rencontre et elle atteint la petite maison en bois de sa grand-mère sans problème.

- Je suis rentrée ! Cria-t-elle en retirant ses sandales.

La voix de sa grand-mère lui répondit depuis la pièce principale. L'endroit n'était pas très grand : trois pièces, respectivement le salon, une chambre et une salle de bain le constituait. Un poêle sur le côté permettait de conserver une température agréable, ainsi que de faire chauffer de l'eau pour le thé et de cuisiner occasionnellement. Quelques meubles contenaient leurs sobres affaires : de la vaisselle chinée, quelques livres, quelques décorations variées. Cela pouvait sembler peu, mais c'était suffisant pour eux. Momo avait vécu de cette façon plusieurs dizaines d'années, et elle avait été on ne peut plus heureuse.

Sa grand-mère venait de préparer du thé, elle en servit une tasse pour Momo. Elle n'osait rien dire, mais la jeune femme se doutait qu'intérieurement, un « Alors ? Cet examen ? » lui brulait les lèvres.

Momo s'assit et posa la tasse à ses lèvres.

- Je n'ai pas été retenu.

Elle ne regarda pas sa grand-mère dans les yeux. Elle n'y arriva pas. Un silence pesant s'installa.

- Tu pourras toujours tenter ta chance l'an prochain, la rassura vainement sa grand-mère.

Momo émit un petit bruit d'approbation mais le cœur n'y était pas.

- Grand-mère… J'ai discuté avec une personne tout à l'heure. Elle travaille à Junrinan…

La bombe était lancée, il ne restait plus qu'à voir si elle allait lui exploser au visage ou non. Sa grand-mère poussa un soupir. Elle n'était pas du genre à crier mais ce simple soupir en disait long :

- Il se passe de très vilaines choses là-bas Momo… Commenta-t-elle. Je ne veux pas de ça pour toi.

- Mais, de ce que l'on m'a dit, j'aurais juste à servir le thé et me montrer charmante, protesta Momo. Rien de plus !

Elle ne sut pas si elle essayait de convaincre sa grand-mère, ou elle-même par ses paroles. Elle se mordit la lèvre inférieure nerveusement.

- Ma chérie. Ces personnes essayent de recruter. Elles vont forcément enjoliver la réalité. Dis-moi franchement, si tu te trouvais face à un homme du double de ton âge, et qu'il te faisait des avances. Comment réagirais-tu ? Ils se servent de jeunes filles innocentes, et timides comme toi, qui ne savent pas dire non pour obtenir ce qu'ils veulent…

- Mais je sais dire non ! Objecta Momo en colère.

- Tu ne seras pas en position de force Momo dans ces cas-là. Tu seras toute seule, avec un shinigami. Donc quelqu'un qui sait se battre et qui sera beaucoup plus dangereux que toi. Non, Momo, tu ne sais pas ce qui t'attends là-bas, conclut-elle définitivement.

Elle ne laissa pas le temps à Momo d'en dire davantage et se dirigea vers la chambre. La discussion était close. L'adolescente ravala ses larmes. Elle n'était pas faible ! Elle allait devenir une puissante shinigami un jour ! Et il fallait qu'elle survive jusque-là.

Son énergie spirituelle allait probablement s'accroitre avec le temps. Peut être assez pour qu'elle puisse postuler d'ici quelques années et réussir cette fois-ci ? Combien de temps faudrait-il pour éponger sa dette si on la formait ? Cela ne devait pas demander tant de temps que ça pour apprendre à servir du thé et faire deux trois mouvements de danse, n'est-ce pas ? Tout s'embrouillait dans sa tête. Elle ne savait plus ce dont elle avait envie.

Elle alla se regarder dans le miroir de la salle de bain. Matsumoto lui avait dit qu'elle était jolie. Momo eut un doute. Elle n'avait clairement pas les formes de son interlocutrice. Brune aux yeux marrons…quelle originalité. Elle passa un peu d'eau sur son visage. Ses joues commençaient à se creuser. Sa bouille ronde lui manquait. Un homme ne la trouverait pas attirante. Matsumoto s'était trompée. Demain, elle trouverait un petit travail et elle s'en sortirait une année de plus.

Sur cette pensée, elle se promit d'oublier Junrinan et Matsumoto.


Fin du premier chapitre, merci pour votre lecture. N'hésitez pas à commenter, même juste pour dire simplement que vous avez aimé. Cela encourage énormément les auteurs

Mon inspiration vient en partie du roman d'Arthur Golden : Geisha. Quand je l'ai lu il y a une dizaine d'année, j'avais étonnement associé Momo, Toshiro et Aizen à 3 des personnages de ce roman. J'ai cependant préféré une approche plus moderne/proche du manga qu'un univers alternatif total.

A bientôt pour le chapitre 2 !