Hello à tous, voici le second chapitre ! Encore assez introductif. Je veux prendre mon temps pour tout bien présenter J'espère qu'il vous plaira.

J'ai fait le choix de retirer les « chan-kun-san » des noms sur cette fanfiction. Vu que je suis plus scan qu'anime, je suis un peu moins à l'aise avec leurs utilisations. J'espère que cela ne vous choquera pas.

Bonne lecture !


Chapitre 2

Lorsque le bruit désagréable de son réveil résonna, le Soleil perçait à peine au-dessus des toits. Momo grogna et s'empressa de l'éteindre avant que sa grand-mère ne se réveille. La jeune âme avait mal dormi. Des cauchemars mélangeant Hollow et examens l'avaient perturbaient une grande partie de la nuit.

Il y a quelques années, l'un d'entre eux avait pénétré son district. Le hurlement bestial l'avait tétanisée un instant. Elle n'avait pas attendu qu'il atteigne sa maison et avait fui précipitamment avec sa grand-mère. Les shinigamis étaient ensuite arrivés pour le terrasser. Elle n'avait pas vu son apparence, mais les maisons décimées et les corps éparpillés dans la rue étaient suffisants pour se rendre compte de sa dangerosité.

Momo se dirigea vers la salle de bain pour faire un brin de toilette et s'habiller. Elle ne possédait quelques kimonos marrons unis, dont le tissu était limé par endroits, mais toutefois présentable. Ils étaient assez légers, mais les hivers n'étaient pas très rudes ici. La neige ne tombait pas tous les ans. Elle réunit ses cheveux en une queue de cheval pour ne pas les avoir dans les yeux et sortit. Son ventre grognait à nouveau. Elle regarda son stock de riz. En rationnant à un repas par jour, elle pouvait encore tenir une semaine. La situation n'était pas si critique. Elle se prépara une portion et la mangea tranquillement avant de quitter la maison.

Elle se dirigea au bout de la rue, auprès du commerce de Madame Sachiro. La doyenne vendait diverses boissons et alcools. Elle ne rechignait pas contre un peu d'aide pour ranger tous ses stocks en rayons, ou bien aider à la vente.

Toujours souriante, Momo la salua et se mit au travail. Elle était frêle mais forte. Le travail ne lui faisait pas peur. Portant un nouveau carton jusqu'à l'intérieur, elle souffla un coup une fois celui-ci au sol et rangea son contenu. Ce manège dura une bonne heure et puis Momo se présenta auprès de Mme Sachiro pour savoir quoi faire ensuite

- Merci Momo, lui dit-elle d'une petite voix. Comment te portes-tu ? Et cet examen ?

Aie, sujet sensible, se dit Momo peinée. Pourtant, elle réussit à conserver son sourire.

- Je vais bien Madame Sachiro. Malheureusement, je n'ai pas été admise.

Nouveau silence gênant. C'était redondant depuis hier, remarqua Momo embarrassée. Cependant, elle aurait préféré ce silence à la phrase qui allait suivre.

- Momo… Je suis désolée de t'annoncer ça, commença madame Sachiro d'un air gêné. Mais je n'aurais malheureusement pas besoin de tes services maintenant. Ni même les jours suivants.

Le monde s'écroula autour d'elle et Momo eut le souffle coupé. Mais. Mais qu'avait-elle pu faire de mal ? paniqua-elle. Elle travaillait ici depuis plusieurs années déjà. A aucun moment, elle n'avait eu le moindre reproche ou souci avec sa patronne ! Avant que celle-ci ne puisse la questionner, la dame s'expliqua :

- Une nouvelle âme vient d'être attribuée à mon domicile. Un garçon, certes charmant, mais qui malheureusement rajoute des frais quotidiens à mon train de vie déjà un peu compliqué. Il va m'aider à la boutique pour compenser. Saches que j'ai toujours été ravie de ton travail et que je peux te faire une lettre de recommandation si besoin…

Momo la remercia mais le cœur n'y était pas. Elle comprenait sa décision et ne pouvait pas lui en vouloir. Préférant partir avant que les larmes au coin de ses yeux ne coulent, elle s'excusa auprès de madame Sachiro et dévala la route pour se rendre dans un coin où elle aimait se réfugier parfois.

L'endroit était désert, tant mieux. C'était un petit bout de verdure un peu excentré. Le soir, la vue sur le soleil couchant était magnifique. Elle y venait parfois seule ou avec des amis. L'air frais lui faisait de bien. Les larves qui avaient coulés lors du trajet commençaient progressivement à sécher.

« Je suis trop émotive » pensa-t-elle un peu énervée contre elle-même.

Hinamori s'allongea sur l'herbe et réfléchit. Jurinan était à trente minutes à pied d'ici. Si elle partait maintenant, elle serait à l'heure pour rencontrer Matsumoto… Elle avait réussi à oublier cette idée quelques heures, mais ce tour du destin la ramenait irrémédiablement à elle.

Que faire ? Elle pourrait toujours tenter de trouver un autre travail. Mais même avec une lettre de recommandation, les postes étaient rares.

Elle repensa à nouveau à Matsumoto. Elle n'avait pas l'air malheureuse et ne semblait manquer de rien. Et c'était justes quelques années. Et puis ce rendez-vous n'engageait à rien.

Elle se releva, retira quelques brins d'herbes de son kimono et prit sa décision.

Junrinan le matin n'avait rien à voir avec sa version du soir. Un silence étonnant y régnait. Beaucoup de gens devaient encore dormir. Elle finit par arriver devant le fameux bâtiment. Il devait être aux alentours de 11h d'après l'horloge qu'elle avait aperçue un peu plus tôt. Devait-elle toquer et se présenter à la porte, ou bien attendre ici ?

Momo finit par se décider à toquer. Une dame dans la quarantaine, habillée d'un kimono simple, aux cheveux noirs noués en chignon lui ouvrit la porte. Elle fronça les sourcils en voyant l'aspect peu élégant de la personne en face.

- Nous sommes fermés, lui intima-t-elle d'une voix froide.

- Veuillez m'excuser, commença Momo en s'inclinant. J'ai rendez-vous avec Madame Matsumoto à 11h.

La dame parut sceptique mais lui demanda de patienter un instant. Momo la remercia mais la porte fut si rapidement close qu'elle n'avait probablement pas du l'entendre. L'attente ne fut pas longue, et Matsumoto se présenta à elle en souriant !

- Momo ! S'exclama-t-elle. Ravie de te voir ! Entre donc !

Si Rangiku portait un superbe kimono comme la veille, Momo ne manqua pas de noter que ses cheveux partaient un peu dans tous les sens lui donnant un air légèrement loufoque. Elle du remarquer son regard :

- Désolée, je dois paraitre moins présentable que hier, rigola t-elle.

Elle tenta vainement d'aplatir un ou deux épis dans sa chevelure.

- Les soirées terminent tard ici, je n'ai pas encore eu le temps de me faire belle, continua-t-elle en bayant. Suis-moi, je vais te présenter à Madame Kukaku Shiba. C'est elle qui dirige cet établissement. Tu verras qu'elle a un sacré caractère, mais c'est quelqu'un de bien.

Pas trop rassurée, Momo lui emboita le pas. Ils croisèrent quelques personnes, certains jetant un regard intrigué sur Momo, mais n'osant pas faire de commentaire. Ils finirent par s'arrêter devant une salle. Matsumoto poussa la porte coulissante et l'invita à entrer. Contrairement à la salle de la veille, celle-ci était beaucoup plus décorée. Des peintures de paysages, de jolis éventails, plusieurs sabres mêmes étaient accrochés au mur. Sur le côté droit se trouvait un imposant bureau en bois, jonché de papier en équilibre instable, bordé par plusieurs étagères remplies elles aussi de documents. Mais ce qui attira l'attention de Momo, ce fut la personne assise sur une pile de coussin devant elle.

Elle avait des cheveux bruns dégradés dont les mèches les plus longues lui arrivaient au bas du dos. Son kimono en soie était d'un rouge vif, avec une sorte de logo noir en spirale sur la partie inférieure. Et de nouveau, Momo nota un détail, ou plutôt deux détails flagrants mis en évidence au niveau de son thorax. Est-ce que le tour de poitrine était un élément particulier pour travailler ici ? Si c'était le cas, Momo pouvait de ce pas partir, se dit-elle.

Une fois devant elle, Momo s'inclina légèrement pour saluer son interlocutrice.

- Et bien Rangiku, qu'avons-nous là ? S'interrogea Madame Shiba.

Elle porta à ses lèvres une pipe et souffla la fumée en direction des deux femmes. Momo se retint de tousser en sentant l'horrible odeur lui chatouiller les narines. Rangiku ne semblait pas s'en offusquer quant à elle. L'habitude très certainement.

- Elle s'appelle Momo, expliqua Rangiku. Elle serait potentiellement intéressée pour travailler ici.

Nouvelle bouffée de fumée et grognement émis par la propriétaire des lieux. Hinamori senti une goutte de sueur descendre le long de son dos. Elle était terriblement mal à l'aise et rêvait de s'enfuir en courant.

Son hôte se leva et s'avança vers elle. Elle la toisa de haut en bas tout en émettant des commentaires « Petite, très bon point. Sa peau est plutôt belle, mais son visage est trop creusé. Il va falloir qu'elle prenne au moins trois kilos. De grands yeux aussi. Air plutôt innocent, on a des clients qui cherchent ça. Sa posture est catastrophique » Elle répéta le mot catastrophique plusieurs fois d'affilée momo tentant vainement de se tenir de plus en plus droite à chaque fois.

- Montre-moi tes mains, lui demanda froidement la maitresse de maison.

La jeune femme s'exécuta vivement. L'intéressée les lui prit et les tourna dans tous les sens

- Ses ongles sont dans un état déplorable, mais elle a de longs doigts fins. C'est un vrai avantage quand on joue du Shamisen. Je suppose que tu n'en as jamais joué ?

Momo fit non de la tête.

- Tu apprendras, répondit-elle déjà plus souriante. Défais tes cheveux.

Elle s'exécuta de nouveau sans broncher. Dans la précipitation, l'élastique tira un peu sur sa chevelure, et Momo eu du mal à camoufler le rictus de douleur qui était apparu sur son visage. Une fois défait, ses cheveux cascadèrent sur ses épaules, les dépassants légèrement. De la même manière, Madame Shiba ne se gêna guère et pris une mèche entre ses doigts.

- Plutôt sain et doux pour des cheveux qui n'ont jamais vu un réel soin de leur vie. Si elle les laisse pousser encore un petit peu, on pourra même faire des coiffures intéressantes avec.

Elle lâcha la mèche et continua à la toiser.

- Plus enfantine que féminine mais ça peut aisément se travailler, marmonna-t-elle. Tu as un petit ami ?

- Non ! s'exclama Momo gênée. Mais de quoi se mêlait-elle ? Continua-t-elle intérieurement.

- Tant mieux. Dans ce milieu, les relations amoureuses ne créent que des conflits, renchérit son interlocutrice.

Elle retourna sur les coussins et inspira à nouveau dans sa pipe.

- Tu as du potentiel et j'ai de la clientèle pour toi, débuta-t-elle avec un sourire. Maintenant, est ce qu'une petite chose fragile comme toi aurait le cran nécessaire pour bosser ici ?

Momo fut tenter de se défendre mais elle en eut pas le temps.

- Ici, on n'est pas une maison de thé classique. Tu es à la maison de thé de la famille Shiba, une grande famille de la Soul Society. Je n'accepte que les meilleurs. A la fois comme clients et comme employés. Je ne veux ni peste, ni sainte nitouche. Mes clients sont des shinigamis hauts gradés. La plupart des capitaines, pour ne pas dire tous, franchissent mes portes une fois dans leur vie. Alors, si je leur présente une hôtesse maladroite, ou inefficace, c'est toute ma réputation qui en prend un coup. Je veux une personne qui se donne à 100%. Si je te demande de pratiquer la danse jusqu'à ce que tu ais des ampoules aux pieds, je veux que tu t'exécutes, et avec le sourire, insista-t-elle. L'erreur n'est pas tolérée.

Elle prit une nouvelle bouffée. La fumée commençait vraiment à s'accumuler, dansant à travers les rayons de soleil dans la pièce.

- Je vais t'expliquer comment ça se passe ici, poursuivi-t-elle avec un petit sourire satisfait. Tu m'écoutes sans rien dire et je répondrai éventuellement à tes questions à la fin. Mes filles ne rencontrent les clients qu'à la fin de leur formation initiale. Aucun contact avant, en aucune façon. Cette préparation dure en moyenne une année. Parfois plus, parfois moins. Tant que tu ne seras pas suffisamment qualifiée, je ne peux pas me permettre de t'afficher. On t'apprendra beaucoup de choses ici : la danse, le thé, la musique, la discussion, le charme, les bonnes manières… La formation est dure, et si je te vois manquer d'investissement dès le début, je te fais partir d'ici illico presto. Je suis très exigeante. On n'est pas une maison close ici. Les gens viennent ici se divertir avec des femmes distinguées. Jamais, à aucun moment, je ne demande à mes filles de coucher avec un client. Jamais. Si tu le fais, c'est ton choix, et non le mien.

Kukaku marqua une petite pause, laissant à Momo le temps de digérer tout ça.

- Je vais te montrer un contrat, tu prendras le temps de le lire cet après-midi. Le deal n'est pas compliqué. En moyenne il faut compter dix à quinze années pour que la balance passe dans le positif pour toi. Tu auras largement le temps de comprendre les différentes facettes au fur et à mesure. Durant ta formation, tu participeras aux taches de la maison. Tu ne chômeras pas, mais aucune personne ici ne meurt de faim, termina-t-elle en jetant un regard sur le corps amaigri de Momo.

Sur ces derniers mots, Madame Shiba marcha jusqu'à son bureau, trouva miraculeusement un document composés de plusieurs pages qu'elle tendit à Momo.

- Mon offre tient jusqu'à demain matin même heure. Si tu n'es pas à ma porte demain, ne prends même pas la peine de revenir un autre jour.

Sur ces derniers mots, elle la congédia.

Momo échangea de brefs mots avec Matsumoto et parti. Cette conversation l'avait perturbée. Se faire inspecter de haut en bas était particulièrement déstabilisant, bien qu'elle fût très surprise du nombre de commentaires positifs qu'elle avait reçu. Elle n'avait jamais remarqué la finesse de ses mains, mais plutôt les callosités obtenues à force de travailler. Cet endroit était un monde tellement différent du sien, nota-t-elle.

Elle retourna d'abord à son coin de verdure. Elle ne voulait pas affronter grand-mère tout de suite. Elle prit le temps de lire le contrat. Il donnait une idée des gouts à rembourser et de son futur salaire. Tous ses chiffres lui faisaient tourner la tête. Mais avait-elle vraiment le choix ? Dix années : c'était long pour une humaine mais peu ici au Rukongai. Depuis combien de temps vivait-elle avec sa grand-mère ? Au moins 40 ans. Peut-être même plus. Ils ne fêtaient pas spécialement leurs anniversaires et le temps passait inexorablement.

Momo ferma les yeux et laissa le soleil réchauffer sa peau. Sa décision était prise.

Etonnement, lorsqu'elle en fit part à sa grand-mère le soir même, elle n'eut ni grand silence, ni soupir, ni réprimande comme la veille. Celle-ci sortit une partie de la réserve de riz de la jarre et elles mangèrent ensemble une dernière fois, se remémorant de vieux souvenir et rigolant.

Et le lendemain matin, après une dernière embrassade, Momo Hinamori se dirigea en direction du salon de thé de la famille Shiba.


Chapitre deux terminé, on commence peu à peu à rentrer dans la partie intéressante =D De nouveaux personnages de Bleach devrait y faire leurs apparitions ! J'ai déjà une vague idée de la trame générale. Hâte de tout mettre par écrit.

Comme d'habitude, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire, ou même à venir me parler en message privé ^^