Note de l'auteur : je sais, j'ai dit que je ne ferais pas de longue fic à plusieurs chapitres, mais bon, j'ai eu la piqûre. Je ne garantis pas une publication régulière. Mais je vous rassure, j'ai un plan établi, au moins pour les grands événements. Marina agentiment accepté de corriger ce chapitre. On la remercie, ça n'a pas dû être facile vu mon talent en français ! Et on remercie aussi Almayen pour l'aide à la publication ! Enfin, un immense merci à mon amie LightDreamer (ToyHouse) pour cette image de Lyarra en couverture de fic! Vous pouvez la retrouver sur Instagram sous le pseudo de kittehsakura!
Disclaimer : Si j'étais l'auteur de Game of Thrones, tous les Stark auraient survécus et les enfants aussi!
Chapitre 1 : Exécution et loups
Quand je me réveillai, je sus qu'une fois de plus je n'étais plus seule dans mon lit. Je sentais la chaleur d'un corps tout contre moi. Bien que j'avais un vaste lit, mon visiteur nocturne s'était lové dans mes bras. J'avais été si plongée dans mes rêves que je n'avais rien senti. Pourtant, il n'était pas rare que je trouve de la compagnie auprès de moi le matin. Néanmoins, d'habitude je me réveillais la nuit quand on venait me rejoindre. Toute ma fratrie savait qu'elle était la bienvenue auprès de moi quand elle avait des soucis. Si ce genre de visite nocturne agaçait mon frère Robb, moi j'accueillais l'angoisse des plus jeunes avec plaisir. C'était le rôle de l'aîné des familles de réconforter les plus jeunes selon moi. Je me tournai pour voir qui était venu me rejoindre cette fois et reconnus les boucles rousses de mon petit frère Bran.
- Puceron, il va être l'heure de se lever. Lui dis-je en lui ébouriffant les cheveux.
- Lyarra? Fit-il tout ensommeillé.
Lyarra, c'était moi. J'étais Lyarra Stark, j'avais 17 ans et j'étais la dernière née de la fratrie de Brandon, d'Eddard, de Lyanna et de Benjen. Ma mère était tombée enceinte de moi juste avant le début de la rébellion du roi Robert. Juste avant le départ de mon père Rickard pour le sud plus précisément. À cause de son âge avancé, ma mère décéda en me donnant naissance et on me prénomma en son honneur. J'étais donc une orpheline par définition, mais mon frère Ned avait pris soin de moi tout comme son épouse Lady Catelyn à leur retour à Winterfell. Je les considérais donc comme mes parents de cœur à défaut de sang. Évidemment, bien qu'ils fussent mes neveux et nièces, je considérais donc aussi plus Robb, Jon, Sansa, Arya, Bran et Rickon comme mes frères et sœurs.
- Oui bêta. Tu es dans mon lit. Tu as fait un nouveau cauchemar? Lui demandai-je.
Il repoussa les couvertures et s'assit en indien tout en se frottant les yeux.
- J'ai rêvé que la famille partait pour le sud sauf moi et que vous ne reveniez jamais. Dit-il d'une petite voix.
- Ne t'en fais pas, je ne crois pas que ça arrivera. Et si ça devait arriver, on partirait avec toi. Lui dis-je pour le réconforter.
Bran était celui de la fratrie qui faisait le plus de cauchemars. Ses songes le terrifiaient toujours et il avait souvent besoin qu'on le rassurât. C'était ce que je m'employais à faire chaque fois que je le retrouvais auprès de moi le matin. Ma mère et mon père aussi donnaient de leur temps mais ils étaient souvent tellement débordés. Le fait qu'il aimait les histoires qui faisaient peur n'aidait sans doute pas mon frère adoré.
- Allez lève-toi avant que Vieille Nan ne parte à ta recherche.
- Tu crois qu'on va partir pour le sud? Demanda Bran lorsqu'il atteignit le seuil de ma porte de chambre.
- La famille Stark vit à Winterfell Bran, mais le roi Robert est l'ami de Père. Il est possible qu'il nous demande de voyager pour lui. Tout est possible. Allez, file. J'aimerais m'habiller.
- Même sans effort, tu es plus jolie que Sansa quand elle s'apprête en dame du sud. Me dit-il espiègle avant de partir en courant.
Je l'écoutai fuir dans un éclat de rire. Heureusement que notre sœur ne l'avait pas entendu, elle aurait été offensée. Je me dirigeai vers la porte pour la fermer, le petit démon l'avait laissée ouverte bien entendu et me rendis à mon armoire pour choisir ma tenue de la journée. Sa question si on devrait un jour partir vers le sud me trottait dans la tête.
Est-ce qu'on devrait un jour faire plaisir au caprice d'un roi ?
Je n'avais vu le roi qu'une fois il y avait près de dix ans, mais je n'en gardais pas un très bon souvenir. J'observais ma chambre comme si c'était la première fois que je la voyais et comme si je n'allais plus jamais la revoir. Avec ces étagères qui contenaient des livres divers sur l'histoire des Sept Couronnes et d'autres livres sur la science médicale des Mestres. J'avais toujours été fascinée par les grandes connaissances de ces hommes-là et j'aurais bien aimé devenir aussi instruite qu'eux. Ma chambre contenait aussi mon grand lit avec ses chaudes couvertures bleu sombre et les tableaux sur les murs aux paysages colorés et divers. Ma chambre, c'était mon petit royaume personnel où on venait me rejoindre. Chaque tableau que j'avais reçu en cadeau montrait un endroit de Westeros ou d'Essos. Comme si j'avais des fenêtres sur le monde entier. La toile que je préférais était une représentation de ma famille dans la cour de Winterfell qui avait été réalisée l'année précédente. Me disant finalement que je n'avais pas à m'inquiéter d'un cauchemar de Bran, je retournais à mon armoire pour y prendre des vêtements. J'enfilais ma robe en lainage grise et tressais mes cheveux noirs en une natte avant de descendre dans la salle à manger où j'y retrouvai mon père, Robb et Theon Greyjoy. Les hommes avaient une expression grave alors qu'ils mangeaient leur repas. Sans beaucoup d'appétit pour mon père je devais l'admettre.
- Que se passe-t-il Père? M'enquis-je en venant prendre place auprès d'eux.
- Un déserteur de la garde de nuit a été retrouvé. Je dois l'exécuter aujourd'hui. Me répondit-il. Nous irons Jon, Robb, Theon, Brandon et moi cet après-midi.
- Je vais entraîner Bran ce matin. L'informa Robb ne me laissant pas l'occasion de placer un mot.
- On va en faire un guerrier digne de ce nom. Renchérit Theon.
J'eus l'impression d'être incarnée par ma mère, mais je ne pus m'empêcher de demander à mon père, tout comme elle l'aurait fait, si à son avis Bran était prêt à assister à une telle scène.
- Ce n'est pas une mauviette, à son âge, j'en avais bien vu d'autres, il faut l'endurcir. Me répondit Theon insolant.
La moutarde me monta au nez. Il m'énervait ce garçon. À vrai dire, Theon Greyjoy et moi ne nous entendions jamais. Ça finissait souvent en dispute entre nous deux.
- À son âge, tu avais quitté ta famille qui avait fomenté une guerre, Greyjoy. Je te prierai de ne pas intervenir dans une discussion qui concerne les Stark! Et si préserver Bran signifie qu'il ne finit pas comme toi, alors il n'y a pas d'hésitation qui tienne. Lui répondis-je agressive.
- Ça suffit tous les deux. Bran doit commencer à assister à ce genre de scènes Lyarra. Mais ne t'en fais pas pour lui, il est fort. C'est un Stark.
- Bien, si vous croyez qu'il est prêt et qu'il saura encaisser sans souci, j'attendrai votre retour l'esprit en paix. Pardonnez-moi, mais je n'ai plus faim.
Je repoussai mon assiette et quittai le banc.
- Lyarra, tu souhaiterais nous accompagner? Me demanda mon père alors que j'atteignais la sorti.
- Ce n'est pas la place d'une femme. Lui dis-je en me retournant vers lui.
- Tu fais bien des choses qui sont interdites aux femmes. Comme entraîner Arya au tir à l'arc. Ce n'est pas ta présence qui va faire une grande différence. Dit-il en souriant en coin.
Pour mon frère et Greyjoy, c'était la stupeur.
- Mais les femmes n'ont pas à manier les armes. S'exclama mon frère ahuri.
- Pourquoi pas? Peut-être que quelques conflits auraient pu être évités si justement on avait pu se défendre. Lyanna aurait pu ne pas se faire enlever par le prince Rhaegar Targaryen. Savoir manier les armes ne signifie pas qu'on va aller faire la guerre, Robb.
- Ce sont des foutaises. Répliqua Theon avec une note de condescendance.
- Greyjoy, aurais-tu peur? Si nous savons nous battre nous aussi, vous perdez bien de l'importance. Souris-je narquoise. Nous les femmes savons coudre, cuisiner, tenir une maison, porter la vie, diriger un château et mener des guerres alors que vous vous contentez de savoir user des épées et de diriger.
Je n'attendis pas la réponse de mon vis-à-vis. Je me tournai vers mon père et acquiesça.
- Oui, si vous me le permettez, je viendrai Père.
- Bien, sois prête lorsque le soleil sera au zénith.
- Entendu. Dis-je et je quittai la salle.
La journée promettait d'être longue, très longue... Assise en amazone sur mon cheval, je suivais les autres cavaliers. J'avais refusé qu'on prépare un carrosse pour venir avec mes frères. C'était un privilège que mon père avait accepté, je n'allais pas en plus compliquer les choses en exigeant qu'on prépare un attelage. Comme je l'avais pressenti, Mère avait protesté à ce que Bran aille avec nous, mais Père n'avait pas changé d'idée. Elle avait aussi discuté pour moi, estimant que ce n'était pas ma place, mais là c'était moi qui avais insisté pour les accompagner. Sansa ne désirant nullement se joindre à nous et Rickon étant définitivement trop jeune, seule Arya avait protesté. Si Septa Mordane n'avait pas rappelé aux filles que des leçons les attendaient, j'étais certaine qu'elle nous aurait suivis en douce.
Nous arrivâmes enfin au lieu où aurait lieu l'exécution. Les hommes de Père encadraient un homme dans une tenue noir, c'était bien un garde de la nuit. J'immobilisai mon cheval et glissai au sol. Je ne tenais pas vraiment à assister à ce genre de scène macabre, mais je ne concevais pas de laisser Bran venir seul. Ce dernier sauta de sa monture et vint se placer près de moi comme Père le lui avait demandé. Nous avançâmes de quelques pas et mon père sortit son épée. C'était une épée en acier valyrien, Glace, la légendaire arme des rois du Nord. Notre devise y était même gravée dans la lame, l'hiver vient. Robb vint se placer auprès de Bran, me décochant un regard désapprobateur sur ma présence et se mit à parler à notre frère.
- Reste droit, et ne détourne pas les yeux. Père t'observe. Tu dois bien réagir. Je me dis que mon père devait aussi m'observer puisqu'il m'avait conviée à l'exécution contre toute convenance.
- Au nom du roi Robert Baratheon, premier du nom, roi des Andals, de Rhoynar et des Premiers Hommes, suzerain des Sept Couronnes et Protecteur du royaume, je vous condamne à mort pour trahison. Clama mon père en soulevant Glace. Avez-vous une dernière parole à dire avant de mourir?
Le déserteur murmura quelque mots qui firent sourciller mon père, mais il se reprit presque aussitôt. Je ne détournai pas le regard, mais je ne pus empêcher un haut-le-cœur m'envahir en voyant le sang jaillir lorsque la lame avait accompli sa sinistre tâche. Bran à mes côtés avait tressailli et était aussi pâle que je devais l'être. Je pris une grande inspiration et me tournai vers lui.
- Est-ce que ça va?
- Oui, oui, je... Ça va.
- D'accord, ne bouge pas, je reviens. Dis-je à mon petit frère.
La curiosité me dévorait. Qu'avait dit l'homme pour surprendre ainsi mon père? J'avançais vers lui avec prudence et essayais d'oublier que le sol était maculé de sang écarlate.
- A-t-il réclamé l'indulgence de la mère? Demandai-je en arrivant auprès de lui.
- Non, c'est parole n'était pas pour les dieux, mais pour nous. Dit-il songeur. Le froid au-delà du mur doit rendre les gens fous.
- Fou? Que vous a-t-il dit pour vous faire croire une telle chose?
- Ceci regarde les adultes Lyarra.
- Avec le respect que je vous dois Père, je crois que je suis arrivée à l'âge de raison. Je suis en âge de me marier et de fonder ma propre meute. Vous avez consenti à ce que je puisse venir aujourd'hui. Je ne crois pas que ce sont quelques mots d'un condamné à mort qui puissent m'effrayer.
Il garda le silence un moment. Pour peut-être me remettre à ma place? Après tout, s'il ne tenait à garder le silence, je n'avais pas à remettre en question ses décisions.
- Il a dit qu'il avait vu des Marcheurs Blancs. Me confia-t-il à voix basse.
Des marcheurs... Une onde de choc traversa mon visage tandis que des frissons en rien liés à la température me traversaient le dos.
- C'est... Impossible, ils ont disparu depuis des milliers d'années! Dis-je d'une voix vacillante.
- N'aie point peur Lyarra, c'est la folie qui faisait parler ce pauvre homme.
Il repartit vers son cheval me laissant pensive. Je tournai le regard vers le nord, vers le mur et la garde de nuit.
Et si...
Et si ce n'était pas la folie? Pour quelle raison un homme aurait fui la Garde alors qu'il savait qu'il saurait irrémédiablement condamner à mort? Il fallait être désespéré pour vouloir fuir le Mur.
Désespéré ou...
Avoir vu la mort en marche.
L'appréhension m'envahit et je détournais les yeux. Non, Père devait avoir raison, ce soldat ne pouvait qu'être fou... N'est-ce pas? Je rejoignis Bran et tout le monde remonta sur son cheval et on reprit le chemin de Winterfell. Je commençais à regretter d'être venue. Bran n'avait pas eu besoin de moi et j'en avais un peu trop entendu à mon goût... J'étais si plongée dans mes réflexions sur ce que le garde de la nuit avait dit que je n'écoutais pas les échanges entres les autres.
- Tu crois qu'il a eu peur, ou qu'il a été courageux? Me demanda Bran.
- Pardon?
- Jon dit qu'il a été courageux, mais Theon dit que non. Il tremblait comme une feuille. Alors... Tu crois qu'il a été courageux ou qu'il avait peur?
- Et qu'est-ce que le courage pour toi Bran? Demandai-je doucement.
- C'est ne pas avoir peur. Et pour toi?
- Le courage, ce n'est pas l'absence de peur. La peur est essentielle pour survivre. Avoir du courage, c'est continuer malgré les épreuves. C'est faire face au destin malgré ses peurs. Alors, oui, je crois que le déserteur avait terriblement peur, mais il a eu du courage puisqu'il s'est tenu debout sans fuir, sans supplier. Il a affronté son destin.
Courageux ou fou? Me demandai-je de nouveau. Et s'il avait raison, serions-nous courageux ou allions-nous fuir? Est-ce que le mur tiendrait? Bran hocha la tête à mes paroles et nous retournâmes dans le silence. Cependant, quelques moments après, la progression s'arrêta brutalement. Au devant, on s'agitait et je levai les sourcils. Que se passait-il encore?
- Rengainez votre épée, elle est morte. Dit l'un d'eux.
Je décidai de mettre pied au sol et d'aller voir par moi même au lieu d'attendre d'avoir des nouvelles. Bran me suivit et on se rapprocha à grands pas vers le petit groupe. Ce que j'y vis me stupéfia. Un loup énorme gisait mort dans la neige et quelque peu en décomposition. Robb tenait quelque chose qui gigotait, qui avait le poils noir et gris... Bran et moi poussâmes un cri de ravissement en voyant le chiot, ou devrais-je plutôt dire le louveteau.
- Je peux? Demanda mon petit frère se précipitant auprès de Robb.
- Tiens. Répondit Jon qui lui en remit un dans les bras au plus grand ravissement du plus jeune.
- Comment est-elle morte? S'enquit père.
- Quelque chose dans la gorge. Répondit Robb. J'observai donc mon père examiner la dépouille et en sortir un morceau d'andouiller. Étrangement, cela me mit mal à l'aise. Je n'aurais pas pu dire pourquoi, mais j'y voyais là un mauvais signe.
- Comment les petits ont-ils pu naître si elle est morte? Demandais-je étonnée.
- Je suppose qu'elle a mis bas juste avant ou elle était prête au moment de sa mort. Me répondit père pensif.
- Nés de la mort, quel mauvais présage. Et eux aussi ils devraient y aller rapidement. Confia Theon à ma plus grande horreur.
Il sortit même son épée et demanda à Bran de reposer le chiot.
- Non! Protesta-t-il et il se recula pour se cacher derrière moi.
Pour se cacher ou plutôt pour cacher la bête au regard de Theon. Futé le petit. J'étais sans conteste celle qui cédait le moins face à Theon Greyjoy.
- Soyez raisonnables, on ne peut pas les garder. Insista Rodrik Cassel, maître d'arme de Winterfell.
- Père, je vous en prie! Vous ne pouvez pas faire ça... Ce ne sont que des bébés! Suppliai-je.
- Qui grandiront Lyarra.
- Oui mais... Commençai-je ne trouvant pas d'argument.
- Lord Stark, si je peux me permettre, il y a six chiots. Trois mâles et trois femelles. Comme pour vos enfants.
- Oui?
- Eh bien, cela ressemble à un signe des Dieux. Répondit Jon.
En voyant la lueur s'allumer dans les yeux du seigneur de Winterfell, je sus qu'on avait gagné. Et je me promis de faire un énorme câlin à mon frère!
- Et toi? Tu n'en veux pas un Jon?
- Le loup est le signe des Stark, je suis un Snow.
- Très bien, vous pouvez les garder, mais vous en avez la responsabilité.
Bran cria de joie derrière moi et je souris. Mère n'allait pas être contente, mais Rickon, Arya et Sansa très certainement. Je me penchai et je récupérai une des petites louves qui agita la queue.
- Viens ma belle, tu vas partir d'ici pour un endroit plus au chaud. Dis-je en l'enveloppant dans ma cape et la serrant contre ma poitrine.
Et me remerciant de ma prévenance, elle urina...
- Heurk! M'exclamai-je dégoûtée ce qui fit rire toute la troupe.
