Note de l'auteur : Je remercie Marina Ka-Fai pour sa relecture, sa correction et son aide pour poster ce chapitre!

Disclaimer : Si j'étais l'auteur de Game of Thrones, tous les Stark auraient survécus et les enfants aussi!


Chapitre 2: La délégation royale

Quelque semaines s'étaient écoulées depuis notre retour à Winterfell avec la portée de louveteaux. Comme de fait, Mère n'avait pas sauté de joie contrairement aux autres enfants. Tous les Stark avaient pu avoir leurs loups, puisqu'un septième entièrement blanc s'était éloigné de ses frères et sœurs. Les animaux nous suivaient donc maintenant dans tout le château leurs maîtres et jouaient ensemble dans la cour. Sansa avait appelé la sienne Lady, Robb Vent Gris, Rickon Broussaille, Bran Été, Nymeria pour Arya, Fantôme pour Jon et moi j'avais appelé la mienne Hiver. Hiver pour rappeler la devise des Stark, Hiver pour nous souvenir à tous que jamais la saison froide ne nous quittait. Malgré l'épisode de son pipi sur moi, je m'étais très vite attachée à ma louve. Je déplorais de n'avoir aucune autorité sur elle. Hiver n'en faisait qu'à sa tête. Du style, elle aimait dormir dans le lit d'un peu tout le monde, volait des denrées à la cuisine et ainsi de suite. Elle était devenue propre à mon plus grand soulagement, mais quand elle me faisait ses yeux piteux quand je venais pour la chicaner, je ne pouvais que fondre. Et mes plus jeunes frères avaient volé l'astuce d'Hiver. Un regard embué et je ne pouvait plus me montrer sévère. Fichue, voilà ce que j'étais.

Mais malgré la joie qui était venue s'installer à Winterfell, une ombre noire nous surplombait en provenance du sud.

On avait appris peu temps après notre retour que Jon Arryn était mort. Lord Arryn avait été le protecteur de Père et de Robert Baratheon lors de la Rébellion. Le roi avait nommé le seigneur du Val comme sa Main et conseiller. Avec sa mort, la cour royale avait décidé de venir nous rendre visite dans le Nord et je n'aimais vraiment pas cela. Tout comme Mère. Je l'avais entendue en parler à Père une fois et elle nourrissait les mêmes soupçons que les miens. Le roi voulait faire de Père sa nouvelle Main, ce qui signifiait qu'une partie de la famille partirait pour le sud. cela m'évoquait le cauchemar que Bran avait eu la nuit précédant la découverte des louveteaux. Malheureusement, je ne pouvais rien faire contre la venue des Baratheon et des Lannister et comme ils étaient attendus aujourd'hui, je terminais de me préparer dans ma chambre. Hiver s'était confortablement installée sur mon lit et me regardait faire d'un air moqueur. La raison était due à Arya qui se plaignait de devoir porter une robe et de se coiffer. Après m'être occupée d'elle, je lui avais formellement interdit de quitter ma chambre. Je n'avais pas envie de devoir recommencer mes efforts!

-Mais pourquoi on doit se préparer ainsi pour des gens qu'on ne connaît pas? Ronchonna la plus jeune.

-Arya, je vais t'assommer. Tu le sais pourquoi. Et que tu le veuilles ou non, tu vas porter une robe pour le roi. Ça ne me plaît pas plus qu'à toi, mais je fais avec. Dis-je en terminant de natter mes cheveux.

-Tu aimes ça, porter des robes, toi.

-Effectivement, mais je n'aime pas la visite qu'on va avoir.

-Sansa s'en réjouit. Elle est partie se coiffer, aidée des servantes, pour être la plus jolie pour le prince. Elle est idiote. Elle ne le connaît même pas.

-N'insulte pas Sansa. Elle rêve de rencontrer le prince Joffrey. On dit qu'il est beau...

-Tu as envie de le rencontrer toi?

-Pas spécialement. Comme je ne les connais pas, ils me sont tous indifférents. Comment me trouves-tu? Demandais-je en me tournant vers elle.

Pour la circonstance, j'avais enfilé une longue robe en velours bleu.

-Tu es très jolie. Me complimenta Arya l'air ennuyé.

-Ta joie de vivre me fait chaud au cœur Arya.

Je pris de l'eau parfumée à la rose rose dans un vase et m'en aspergeai le cou et les poignets. J'en remis à ma petite sœur et nous déclarai fin prêtes à descendre. Je n'eus pas à le dire deux fois. Elle sortit en trombe de ma chambre Nymeria sur les talons. Je levai les yeux au ciel et fit signe à Hiver de me suivre. D'un pas plus mesuré je sortis à mon tour et me diriger vers la cour principale. C'était là que nous devions attendre la délégation de Port-Réal. En arrivant, je vis Sansa toute resplendissante et coiffée à la manière du Sud dans une de ses robes, Rickon qui jouait avec Broussaille, Arya qui avait déjà des traces de terre sur elle. Mais par les Dieux de la Forêt, comment avait-elle pu se salir en un aussi court laps de temps? J'étais bonne dernière et je rejoignis Mère qui disputait Bran. Il avait encore grimpé sur un des murs du château. Ça me terrifiait à chaque fois qu'il faisait ça.

-Brandon Stark, on te l'a dit et redit qu'il ne faut pas faire ça. Tu vas finir par te rompre le cou! M'exclamai-je pour appuyer les remontrances de Lady Stark.

Il me fit un sourire espiègle puis un regard de chien battu.

-Mais j'aime grimper...

-Ne me fais pas ces yeux-là, ça ne marchera pas.

Mon petit frère n'eut pas l'occasion de me relancer, des cors sur la muraille annoncèrent l'arrivée imminente de la délégation royale et Père nous demanda de nous placer en rang. À cause de sa naissance illégitime, Jon, en compagnie de Fantôme, dût se retirer derrière nous, ce qui me parut injuste. Pourquoi Père n'avait-il pas légitimé Jon comme un enfant Stark? Le roi Robert était son ami, il pourrait lui faire la demande. Non, en réalité, je le savais. Cela venait de Mère qui n'arrivait pas à le supporter. Plus jeune, je n'avais pas compris et je lui en avais beaucoup voulu d'être aussi distante avec Jon. Je me souvenais d'une crise que j'avais fais à ma mère et mon père à ce sujet. Je crois que c'est bien la seule fois que j'ai pu crier sur mes parents. J'avais été punie en conséquence d'ailleurs. Mais mon intervention avait eu du bon. Oh certes, Lady Stark n'aimait toujours pas Jon, mais elle ne le regardait plus avec hostilité. Il régnait entre eux une entente cordiale quoi que glaciale. Hélas, face à des gens aussi orgueilleux que les Lannister, on ne pouvait pas présenter Jon comme l'un des nôtres. Il était un bâtard et bâtard il était, bâtard il resterait loin de nos invités si prestigieux. Les premiers à faire leur apparition furent quelque gardes, ils ouvraient la marche à notre souverain. Ce dernier ne tarda pas à se matérialiser devant nous sautant de peine et de misère de son cheval. Il était ma foi... Énorme! J'avais dû mal à voir en lui le grand chevalier qui avait terrassé le prince Targaryen d'un bon coup de marteau. Aujourd'hui, il aurait terrassé personne, sauf peut-être en s'écroulant sur nous... Sur son propre cheval non loin de là, il y avait le prince Joffrey qui nous regardait de haut avec ses boucles blondes et ses yeux verts. Il avait hérité de la beauté légendaire de la reine, c'était indéniable. Et en jugé par le soupir de Sansa, ma sœur n'était pas déçue de ses fantasmes à son sujet. Il semblait correspondre à ce qu'elle s'était imaginé de lui. Tandis que père et le roi se faisait une grande accolade, je regardai la reine descendre de son carrosse qui était finalement arrivé. Ses deux plus jeunes enfants dans son sillage, elle était escortée par Jaime Lannister, un membre de la garde royal et régicide de surcroît. Il avait tué son roi par derrière lors de la Rébellion. Je savais que Père ne lui faisait aucune confiance. Par ricochet, je me méfiais aussi des lions, mais si j'avais une chance de poser la question au chevalier en armure d'or, je lui demanderais pourquoi il avait brisé son serment envers son roi.

-Robert, permets-moi de te présenter ma famille. Voici mon épouse, Lady Catelyn. Commença le seigneur du nord tendis que mère exécutait une parfaite révérence.

-Enchanté Madame. Dit le roi.

Il fit de même face à mon frère Robb, mais lorsqu'il se retrouva devant moi, avant même que Père ne fasse les présentations, il changea totalement d'attitude. Pour une raison qui m'échappait, il me dévorait du regard et je crus même voir des larmes dans ses yeux.

-Lyanna ...? Croassa-t-il péniblement.

Je sentis mon cœur tomber dans mes talons. Le roi me prenait pour ma ta... Enfin, ma sœur? La femme qu'il avait désespérément aimée, la femme par qui la guerre avait éclaté il y avait presque vingt ans de cela? Je devais le détromper sur le champ. Je n'étais pas la réincarnation de son amour perdu. Chose que je devrais aussi faire comprendre à sa femme, à en juger par le regard foudroyant qu'elle m'adressait désormais.

-Non Votre Grâce, mon nom est Lyarra. Dis-je poliment en effectuant moi aussi une révérence. Je suis la fille de feu ma mère dont j'ai hérité le nom et de Lord Rikard Stark. Mais je dois admettre que je considère comme Lady Catelyn et mon frère Eddard comme mon père et ma mère. Alors, ne soyez pas surpris si j'emploie ces termes à leur égard en présence de votre famille et de vous-même. Puis-je vous présenter ma sœur Sansa? Offris-je poliment.

-Tu lui ressembles tellement. Répondit le souverain ne semblant pas avoir entendu mes paroles.

-Certes, mais je ne suis pas Lyanna Stark. Insistai-je commençant à être plus que dans l'embarras.

-Ma fille a raison Robert. Intervint Père. Lyanna est morte et gît dans les cryptes de Winterfell. Permets-moi de te présenter le reste de ma famille.

Et sous une poigne ferme, il présenta les autres membres des Stark. Quand ce fut le tour du roi de présenter sa famille, il fit un geste vague du bras en désignant simplement leur nom. Semblant s'être un peu repris, il exigea toutefois de se rendre aussitôt auprès de la tombe de la vraie Lyanna Stark. La reine Cersei protesta, plus qu'agacée, ce que je pouvais comprendre. Ça ne devait pas être facile pour elle en ce moment. Si on ajoutait que le roi me regardait toujours d'un drôle de regard, elle devait être à bout de patience. Malheureusement pour l'épouse du roi, ce dernier insista et partit nous laissant tous seuls dans la cour. Un silence gêné s'installa que Mère s'empressa de rompre.

-Majesté, si vous voulez bien nous suivre, des boissons et des plats nous attendent à l'intérieur. Je crois qu'il est inutile d'attendre nos maris dehors. Dit-elle posément.

La reine, sans doute ne voulant pas perdre la face ou qu'on ne la plaigne, hocha la tête sèchement et nous nous rendîmes dans la grande salle. Les servantes s'empressèrent de servir du thé chaud à nos invités et se retirèrent quand Mère leur fit signe. Pour ma part, je pris place auprès de la princesse Myrcella qui regardait tout autour avec intérêt et avec Sansa qui dévorait le prince Joffrey du regard. Arya avait disparu, ce qui ne m'étonnait qu'à moitié.

-Reprends-toi Sansa. Ce n'est pas convenable de regarder une personne de la sorte. Murmurai-je à ma sœur d'un ton ferme.

Je repris plus haut à l'égard de notre invitée et avec le sourire:

- Avez-vous fait bon voyage, princesse Myrcella?

-Oh oui, nous avons vu plein de paysages. Le Nord est immense! S'exclama-t-elle, ravie.

-Il est vrai. Si je ne m'abuse, le Nord est assez grand pour contenir les six autres royaume. Nous sommes cependant moins nombreux que vous.

Nous discutâmes des différences qu'il y avait entre Port-Réal et la ville d'hiver, puis elle me demanda timidement :

-Puis-je caresser vos chiens?

-Mais naturellement. Répondit aussitôt Sansa

-Ce sont des loups, pas des chiens. Expliquai-je en fronçant les sourcils face à la promptitude de ma sœur. Et oui, vous pouvez caresser Hiver ou Lady. Mais demandez la permission avant d'aller voir les autres loups de la meute, Princesse. Certains d'entre eux sont un peu plus sauvages. Hiver, viens ma belle. Appelai-je et elle vint se placer à mes côtés.

Je n'avais pas d'inquiétude avec elle. Je savais que ma compagne, qui était peut-être indisciplinée, elle ne ferait pas de mal à un enfant. Enfin, sauf si ce dernier essayait de lui en faire, mais je doutais fortement que la princesse eusse ce genre d'attention. Je n'aurais pas dit la même chose en juger du regard de prédateur du prince Joffrey sur nos amis à quatre pattes.

-Je peux? Me redemanda Myrcella.

-Oui allez-y. Doucement, commencez par son cou.

Elle avança la main et la passa doucement dans le poils d'Hiver. Elle sourit et rit aux éclats quand l'animal lui lécha les mains.

-Myrcella, ne touche pas à ses bêtes! Intervint la reine d'un ton sévère et dégoûté.

La petite baissa la tête et se replaça aussitôt comme une fille de la noblesse.

-Votre Majesté, je peux vous assurer que la princesse ne craint rien avec Hiver. Répondis-je, peinée pour ma voisine de table.

-Ce sont des bêtes sauvages. Je suis surprise qu'elles soient autorisées à circuler dans le château. Elles pourraient attaquer quelqu'un.

-Veuillez sortir vos loups les enfants. Intervint mère sans doute pour calmer la situation.

Cependant, elle ne calma les choses que d'un seul côté... Irritée que la reine se montre aussi étroite d'esprit, j'annonçai que je me retirais et je sortis à grand pas de la salle avec les quadrupèdes. Le temps allait être long à Winterfell. Bougrement long... Je n'avais qu'une envie, qu'ils repartent déjà pour le Sud.

-Ma sœur ne se montre guère aimable. Dit une voix dans mon dos.

Je me retournai et tombai nez à nez avec un petit homme. Il avait les yeux de deux couleurs différentes, les cheveux d'un blond presque blanc. Je le reconnus aussitôt.

-Ser Lannister, veuillez m'excuser. Je n'avais point vu que vous étiez présent. Bienvenue à Winterfell.

-Je passe facilement inaperçu.

-Je... Je ne voulais pas sous-entendre que...

-Que je suis un nain? Mille excuses. On me fait souvent la réflexion Mademoiselle Lyarra.

Il me dévisagea longuement et produisit un sifflement admiratif.

-Robert a bien raison, vous ressemblez étonnamment à votre sœur. Elle était une des plus belles fleurs de Westeros.

-Je le sais, mais je ne suis pas elle. Je suis autre chose que le reflet de Lyanna Stark. Comme vous êtes plus qu'un nain, Ser Lannister.

-Je crois que vous vous préparez à vivre de forts pénibles moments Mademoiselle. La reine ne va pas vous apprécier.

-Vous m'en voyez navrée. Ironisai-je, cinglante, ce qui déclencha le rire de mon interlocuteur. Qui a-t-il de si drôle?

-Vous, Mademoiselle. Vous êtes sans conteste bien différente de toute ces fleurs qui résident au Donjon Rouge.

-Ne dit-on pas que chacun est unique à sa manière, Ser Lannister?

-Non Mademoiselle Lyarra, mais vous, vous êtes certainement unique en votre genre dans tout Westeros.

-Vous de même.

-Puis-je moi aussi faire la connaissance d'Hiver? Me demanda-t-il après un moment de silence.

-Certainement, mais si vous n'y voyez aucun inconvénient, nous irons à l'extérieur. Hiver préfère le grand air.

-Je vous suis.

Nous primes la direction de la cour principale. Ne semblant pas apprécier le silence, le nain me relança.

-Alors Lady Lyarra, vous êtes fiancée à un noble du Nord?

-Je suis fiancé à personne, Ser Lannister. Je vous intéresse?

-Dans un meilleur monde, j'aurais peut-être posé ma candidature. Personne ne vous a jamais demandée en mariage? Je n'en crois rien. Vous êtes pourtant en âge de vous marier.

-En fait, il y a eu quelques propositions. Le fils des Tully, les Frey, les Reed pour leur fils, mais j'ai décliné avec mon père toutes les propositions.

-Et pourquoi donc?

-Parce que cela signifierait de quitter Winterfell, peut-être le Nord. Je suis trop attachée à ma maison, à mes racines pour vouloir partir.

-J'ai cru entendre que le roi aimerait marier l'un de ses enfants à un de vos frères, ou peut-être avec vous-même.

-Avec moi, il aura une grande déception. Je ne tiens pas à épouser le prince Joffrey.

-Devenir reine ne vous intéresse pas? En plus, il semblerait que mon neveu fasse rêver les jeunes femmes.

-Non, je ne tiens pas à devenir reine. Et les jeunes femmes trouvent le prince beau sans plus. Elles ne le connaissent pas. Je le concède, il est de belle apparence, mais je ne lui fais nullement confiance. Je ne saurais l'expliquer, mais c'est ainsi.

-Vous êtes une jeune femme bien avisée. Répondit Tyrion Lannister après un moment de silence. Oui, vous êtes bien avisée.

-Certes, mais parfois le destin en décide autrement, n'est-ce pas? Dis-je avec mélancolie.

Je savais déjà que nous partirions pour Port-Réal. Père ne déclinerait pas l'offre du roi. Mon interlocuteur et moi sortîmes dans la cour et comme promis, je fis connaître Hiver à Tyrion. Sa conversation était plaisante et enrichissante. Il possédait énormément de connaissances et de sagesse. Et je crois pouvoir affirmer que je tenais la comparaison.