Note d'auteur: Salut tout le monde! Désolé du très long délai d'attente, mais le mois de février a été très chargé pour ma beta et moi même. On va essayer de ne pas vous faire attendre aussi longtemps pour le chapitre 7. À l'origine, ce chapitre clôturait presque la première partie, mais j'ai décidé de rallonger un peu la sauce en ajoutant un nouveau chapitre. J'espère que cela vous plaira. Comme d'habitude, on remercie Marina Ka-Fai pour son excellent travail de correction et pour son aide à la publication. Bonne lecture à tous et à bientôt!
Chapitre 6 : Sentence et conséquences
J'attendais dans le bureau de mon père. Il me semblait qu'il y avait des siècles où il m'avait annoncé mon mariage avec Trystane Martell. Est-ce qu'une seule journée seulement me séparait de ce matin où j'avais piqué une crise devant lui? Un mariage hypothétique me paraissait tellement peu important maintenant que j'attendais des nouvelles de Mestre Luwin. Je me sentais enfermée dans une cellule en attente que son seigneur statue sur son sort. Sur la foi des dieux anciens et nouveaux, oui j'avais péché, je le confessai. Quel cauchemar! Les événements s'étaient à la fois précipités et étirés depuis que Jaime Lannister m'avait arrachée à Bran pour me reconduire dans le grand hall. Tyrion était venu me calmer après que Cersei était allée le quérir. Ironie du sort, le chevalier qui ordonnait à sa reine. Elle avait un nouveau regard sur moi tandis qu'elle m'observait alors qu'on me soignait et que Tyrion jugulait ma crise d'hystérie. Toutefois, j'aurais été bien en peine de dire en quoi la femme du roi me regardait différemment. Les choses avaient continué à débouler alors que les hommes rentraient de la chasse, qu'on m'avait escortée jusque dans le bureau de Père pour que je l'attende. J'allais devoir lui raconter ce qu'il s'était passé. Depuis j'attendais complètement seule, mon esprit partant en tout sens. Le bruit de la porte qui s'ouvrait était un soulagement et une raison de plus d'angoisser. L'attente prenait fin et ce que je redoutais tellement allait commencer :
M'expliquer devant Lord Stark.
Correction,
M'expliquer devant Lord et Lady Stark.
Catelyn avait les yeux rougis et son regard était moins qu'aimable. Je crois qu'à ce moment précis, j'aurais préféré me retrouver seule avec Cersei Lannister. Père, lui, n'affichait rien des émotions qui l'habitait. Il contourna son bureau avant de s'y asseoir. Croisant les mains sur la table, il plongea ses yeux gris dans les miens.
-Avant qu'on ne commence, sache que Bran va s'en remettre. Il a repris conscience, mais on lui a fait boire du lait de pavot à cause de la douleur qu'il a aux jambes.
-Il va totalement s'en remettre, vous êtes certain? Demandai-je, immensément soulagée.
-Non, il ne va pas totalement s'en remettre. Il a les deux jambes cassées. Il ne pourra jamais être un chevalier comme il a toujours rêvé de l'être. Il aura de la difficulté à marcher. Répondit Mère d'un ton cassant.
-Lyarra, Tu as dit qu'il était tombé à cause de toi. Tu l'as dit aux Lannister. Que s'est-il passé? Demanda Père.
-J'étais dans tous mes états après notre conversation de ce matin. Commençai-je hésitante.
Je tournai la tête vers Mère avec un regard amer
- Je suis allée me recueillir au bois sacré et en ressortant, j'ai décidé d'aller dans la crypte pour dire au revoir aux Stark. J'ai aperçu Bran sur la tour. J'étais furieuse, bouleversée. J'ai perdu mon sang froid et je lui ai crié de descendre. Il a eu peur. Il a glissé et il est tombé. Je me suis précipitée pour lui venir en aide... J'ai crié pour appeler des secours.
-Espèce de petite inconsciente ! Tu aurais pu le tuer ! Ne réfléchiras-tu donc jamais avant d'ouvrir la bouche? Une chance que tu t'en vas, tu ne mettras plus ainsi la vie de mes enfants en danger ! S'exclama Mère, furieuse.
-Catelyn ! Tonna mon père.
Je ne lui laissai pas l'occasion de parler.
-Une chance que je parte? Répétai-je en me levant.
J'avais envie de fondre de nouveau en larmes, mais je les ravalais. Une douleur à ma cheville me rappela de faire attention, aussi posais-je mes mains sur le bureau pour me pencher et pour me tenir.
- Mais je pars justement, Lady Stark. Jon aussi nous quitte pour le Mur. Vous êtes contente de vous? Vous avez réussi à nous chasser de Winterfell. Vous n'avez jamais été capable d'être gentille avec lui, bien que vous ayez été plus cordiale après que je vous en ai fait le reproche. Moi? Je pensais que j'avais un peu d'importance pour vous. Mais non. Sûrement pas, puisque non seulement je suis promise à un seigneur, je suis exilée du Nord pour Dorne ! Demain, je partirai pour le sud. Je partirai pour peut-être ne plus jamais revenir. Pour ne plus jamais revoir Winterfell, Robb, Sansa, Arya, Bran, Rickon, Jon ou même vous deux. Qui aura le temps et l'énergie pour me rendre visite à Lancehélion? Pourrai-je être assez libre pour venir ici ? Vous avez gagné Lady Stark, vous nous avez tout pris, à Jon et à moi ! Finis-je dans un cri du cœur.
-Lyarra... Balbutia l'épouse de mon frère, le visage défait.
Je ne la laissai pas terminer. Je voulais sortir d'ici. Je n'étais pas à un affront près. Je tournai les talon et ,me retenant de crier de douleur, je poussai la porte du bureau et partis la tête haute et le visage froid comme les statues des anciens rois de l'hiver. Je ne me retournai pas quand ils m'appelèrent. J'avais dit ce que je voulais dire et je n'avais pas davantage la force de les entendre me sermonner sur mon impertinence. Je me rendis dans ma chambre où la perspective d'emballer toutes mes affaires me coupa les jambes pendant un moment. Ça allait être long et pénible. Je fis appel à une domestique pour qu'on m'apporte des malles et une fois ceci fait, je commençai la très longue et très éprouvante épreuve de retirer toutes mes possessions de ma chambre pour les ranger soigneusement à l'intérieur des coffrets. Mes livres, mes vêtements, mes bijoux, des flacons où se trouvaient des essence d'arbres ou d'herbes séchées. J'y mis aussi la plupart des tableaux qu'on m'avait offerts. Le seul que je ne décrochai pas du mur, c'était ma préférée. Celle qui nous montrait tous réunis devant le château. Même Theon et Jon y étaient peints avec Septa Mordane, vieille Nan, Hodor, Rodrik Cassel... Je tenais à laisser une partie de moi ici, dans la maison qui m'avait vue naître. Pour que les autres eussent une dernière image de moi. Le tableau montrait déjà une époque révolue... Une époque que je regrettais déjà. Après un douloureux soupir, je me détournai et refermai mes malles avec fermeté. Je rappelai la domestique et lui demandai à ce qu'on vienne chercher mes affaires et de les descendre dans le grand hall. Je n'avais gardé avec moi que mon nécessaire de nuit et mes vêtements de voyage que je porterais le lendemain.
-Est-ce que c'est vrai? Demanda Arya en entrant en trombe dans ma chambre sans se faire annoncer.
-Qu'est-ce? Demandai-je dans un soupir.
-Tu pars pour ne plus revenir?
-Lord Stark a décidé de me marier à l'héritier de Dorne, oui. Il est peu probable que je puisse revenir dans le Nord.
-Il n'en est pas question. Tu es une fille du Nord, Lyarra. Je vais parler à père. S'exclama-t-elle en se précipitant vers la sortie.
-Arya non!
Je poussai un cri de douleur en me relevant précipitamment pour la retenir. Cela fut efficace, elle revint aussitôt à mes côtés.
-Tu es blessée? Me demanda-t-elle inquiète.
-Juste ma cheville. Ne t'en fais pas. Viens-là, assieds-toi à mes côtés.
Hésitante, elle se percha sur le rebord de mon lit me fixant avec ses yeux gris. Des yeux qui ressemblait beaucoup aux miens. Par les dieux de la forêt, ma petite sœur me ressemblait tellement. Je prenais conscience qu'elle avait pris exemple sur moi plus que sur Sansa. Elle n'était pas mon double, mais toute deux, on avait la langue trop pendue et était éprises de liberté. Arya ne voulait pas être une dame, elle voulait se battre. Moi, je ne voulais pas être une dame, je voulais m'instruire. Que c'était ironique. À Winterfell, on avait la lady, la guerrière et la femme de science ou du moins, ce à quoi nous aspirions parmi les filles Stark.
-Comme me l'a rappelé Père, tôt ou tard nous devons quitter la maison pour fonder sa propre meute. Depuis longtemps j'aurais dû être mariée à un seigneur. Père a refusé sous divers prétextes mais aussi parce que je ne voulais pas. Là, j'ai mon devoir à faire. Et ne t'en fais pas non plus, Trystane Martell est encore jeune. Comme tu nous accompagnes, je ne vais pas me marier avant quelques années. J'ai le temps de m'y préparer.
-Tu es une fille du Nord, pas du sud. S'obstina-t-elle. Pourquoi tu n'épouses pas Jon? Vous pourriez rester à Winterfell et totalement libres.
-De un, parce que Jon n'est pas un enfant légitime, et tant que Père n'en fera pas la demande au roi...
Je me mordis la langue violemment. Faites que cette fois elle ne se précipitât pas sur Robert Baratheon pour lui en faire la demande, sinon, j'étais cuite !
- Bref, Jon ne voudra pas prendre épouse et la deuxième raison, et la plus importante, je suis la tante de Jon. Ce n'est pas très bien vu d'épouser un membre aussi proche dans sa famille.
-Les Targaryen le faisaient entre frère et sœur. Me rappela Arya.
Merde. Elle n'était pas douée en leçon d'histoire, mais il avait fallu qu'elle se souvienne précisément de ce détail?
-Ce n'est pas bien vu depuis la fin des Targaryen. Corrigeai-je.
-Ça serait la solution idéale.
-Peut-être, mais la vie n'est pas idéale. Maintenant, je te demande de ne pas aller importuner quiconque avec cela. Tu as bien fini tes bagages?
-Oui. Bougonna ma petite sœur. Septa Mordane m'a demandé de la refaire. C'est inutile, mes affaires seront en désordre, peu importe si je les range bien ou pas.
Cela me fit éclater de rire. Par les dieux de la forêt, il y avait bien uniquement les enfants qui arrivaient à me remonter le moral !
-Tu voulais juste me demander cela? Repris-je.
-Non, Mère m'envoie te chercher, le repas est servi. La présence de tout le monde est grandement souhaitée comme nous partons demain. Enfin, sauf Bran. Vieille Nan va rester avec lui.
-Merci mais dis à Lady Stark que je ne descendrai pas. Je suis trop fatiguée et j'ai besoin de repos. Je vais juste visiter Bran et après me coucher.
-Elle ne sera pas contente. Fit Arya en se relevant.
-Si tu savais comment je n'en ai rien à faire. Murmurai-je.
-Quoi?
-Non, rien. Elle devrait comprendre, je suis blessée.
Je me levai et suivis Arya en dehors de ma chambre. je m'appuyai sur un bâton qu'on m'avait fait parvenir afin de bien me reposer dessus en circulant. C'était un cadeau de Tyrion. Je l'adorais ce nain. Dommage que mon père détestait autant les Lannister, je me serais bien vue comme l'épouse de Tyrion. On aurait choqué la cour et avec lui, je suis certaine que j'aurais pu aller où je voulais quand je le voulais. Au moins, ce n'était pas Joffrey Baratheon... Je frappai à la porte une fois arrivé et entrai lorsque vieille Nan m'ouvrit.
-Lady Lyarra?
-Bonsoir. Est-ce que mon frère est réveillé?
-Oui, à l'instant. J'allais chercher son repas.
-Bien, je vais rester avec lui pendant un moment.
La gouvernante des Stark hocha la tête et sortit. Je vins prendre place sur la chaise qu'elle avait occupé au chevet de Bran, ne sourcillant même pas en voyant que Été et Hiver montaient la garde au pied du lit.
-Mère m'a dit que je ne pourrai pas partir avec vous demain. Commença le garçon.
-Non. Tu ne pourras pas. Tu vas devoir attendre que tes jambes guérissent. À ce propos, je voulais m'excuser. C'est en partie de ma faute si tu es blessé.
-Mère et toi m'aviez pourtant dit et redit de ne pas grimper. Que c'était dangereux. Fit-il penaud.
-Oui, c'est dangereux. J'espère que tu as compris cette fois, petit louveteau.
-Je ne grimperai plus. C'est promis.
-Bien. Je suis venue voir si tu allais bien, mais aussi pour te dire au revoir. J'ignore si demain tu pourras descendre où si j'aurais le temps. Je...
-Tu ne restes pas? Protesta Bran véhément.
-Non, je ne peux pas rester. Père a insisté pour que je l'accompagne dans le sud avec Sansa et Arya. Tu sais comment elle est Arya, on ne sera pas trop de deux pour la surveiller. Souris-je pour essayer de l'amuser.
-Mais... Et si je fais des cauchemars? Qui va pouvoir me rassurer? Comment je vais pouvoir te parler si tu t'en vas? Demanda-t-il d'une petite voix.
-Tu pourras toujours m'écrire. Ça saura un peu plus long avec la distance, mais tu pourras toujours m'écrire et je te répondrai le plus vite que possible. Pour tes cauchemars, tu auras Mère et vieille Nan.
-Ça ne sera pas pareil. Insista Bran. Et est-ce que c'est vrai la rumeur qui court au sujet de ton mariage?
Là, je ne sus pas quoi dire. Je n'avais pas vraiment voulu en ajouter... Le mariage n'aurait pas lieu avant plusieurs mois, même plusieurs années, je m'étais dit que j'aurais pu lui dire plus tard, mais il avait eu vent de ce projet. Est-ce que mon petit-frère n'avait pas eu assez de mauvaises nouvelles pour une journée? Triste, je me penchai et lui prit la main dans la mienne.
-Oui, c'est vrai. Père a offert ma main à un seigneur. Mais il est jeune, c'est un héritier de grande lignée. Alors je ne serai pas obligée de rester à ses côtés dans l'immédiat. En attendant, quand tu seras guéri, tu pourras peut-être venir nous rendre visite et rester à Port-Réal. Et si Père me le permet, je pourrai venir un temps dans le Nord. Allez, louveteau, ça ira.
Il acquiesça l'air abattu et grimaçant de douleur. Vieille Nan n'allait plus tarder et je décidai de me lever pour le laisser se reposer. Lady Stark avait bien dit que Bran prenait du lait de pavot à cause de la douleur. Il devait arriver avec son repas. Mon pauvre petit frère ne pouvait pas uniquement s'alimenter de ce breuvage, il devait aussi prendre de la nourriture. Je me penchai et j'embrassai Bran sur le front.
-Repose-toi, et guéris vite. J'ai hâte de pouvoir te faire visiter le Donjon Rouge. Et pourquoi, pas te montrer les chevaliers de la Garde?
J'obtins un sourire lumineux ce qui me rasséréna. Je fis quelque pas vers la porte et me tournai vers Hiver qui avait, elle aussi, levé le museau pour me regarder.
-Ma belle, je te demande de rester ici à Winterfell. Veille sur Rickon et Bran d'accord?
Cette dernière émit un couinement que j'interprétai comme un oui.
Affectueusement, je lui caressai les oreilles et la tête avant de quitter la chambre.
