Un chapitre « léger », c'est-à-dire surtout humoristique et sans trop d'intrigues mais il y a quand même un ou deux éléments assez importants.


Chapitre V

L'amour de Mara

L'ironie de Faillaise, c'était combien cette cité était à la fois un havre de dépravation et de corruption mais possédait également un charme certain qui donnait envie de s'y attarder et de se balader le long de ses quais et de ses maisons en bois – peut-être même de tenter de lui rendre sa gloire passée en commençant par bouter la Guilde des Voleurs hors de ses murs.

Aldaril et Tharsten se retrouvèrent là après être parvenus à un accord : suite à leur visite à Morthal qui n'avait pas abouti à ce qu'ils espéraient – les visions de la jarl ne furent d'aucune utilisée puisque selon elle « il est impossible de prédire les agissements des Princes Daedras » – et puisque aller à Solitude ou Vendeaume était hors de question, ils s'étaient décidés à se rendre à Faillaise.

Tharsten avait été le premier surpris.

« Vous acceptez qu'on aille à Faillaise ? avait-il répété, incrédule quant à la réponse d'Aldaril. Vous savez que le jarl soutien les Sombrages là-bas, n'est-ce pas ? Enfin, Juste-Loi n'approuve pas vraiment les agissements d'Ulfric Sombrage mais ne les condamne pas et accepte la présence de ses troupes dans sa châtellerie.

— J'en ai conscience, oui, avait confirmé le Haut-Elfe. Cependant, qu'importe la criminalité qui y règne, Faillaise n'est pas aussi terrible que Vendeaume, loin de là. En faite… J'aime bien Faillaise. Son seul problème, c'est la prévarication.

— La préva-quoi ?

— La prévarication. La corruption, si vous préférez. Sans ça, ce serait une cité des plus paisibles où il y ferait bon vivre. Je crois que si cette histoire de guerre civile prend fin et que je décide de rester en Bordeciel, je m'installerai ici une fois ma formation de guérisseur achevée. »

Tharsten avait finalement compris pourquoi Aldaril parlait ainsi de Faillaise quand ils pénétrèrent dans l'ancienne cité et que le Haut-Elfe leur proposa qu'ils se séparent. Tharsten irait voir l'alchimiste que le mage de la cour du jarl de Morthal leur avait recommandé pendant qu'Aldaril se rendrait au Temple de Mara.

Oui, à ce moment, tout s'expliqua enfin. Déciment, il faudrait vraiment qu'on lui explique comment un Haut-Elfe avait fini par devenir un adorateur de Mara, un des Neufs Divins vénérés par l'Empire. Les Mers n'avaient-ils leurs propres dieux à vénérer ?

Pour sa part, sa rencontre avec l'alchimiste fut une perte de temps. Elgrim, le propriétaire des Élixir d'Elgrim n'était pas celui qu'on lui avait recommandé. L'alchimiste qu'il recherchait – un certain Nurélion – se trouvait à Vendeaume et s'était simplement installé un certain temps à Faillaise pour ses recherches. La seule chose vraiment intéressante qu'il apprit ici fut qu'une apprentie étudiait l'alchimie auprès d'Elgrim pour s'améliorer dans la préparation de poisons, ce qui permit à Tharsten de comprendre qu'il lui faudrait rester loin, très loin de cette étrange femme.

Des gens bizarre, il en croisa plein en traversant Faillaise pour se rendre au Temple de Mara, situé de l'autre côté du marché. Un mendiant lui demanda quelques septims avant de copieusement l'insulter en lui disant d'aller crever dans l'Oblivion, suivit par un type un peu louche qui lui demanda s'il voulait se faire un peu d'argent et finalement il croisa un des enfants du jarl qui lui jeta un regard dédaigneux en le dévisageant de haut en bas et marmonnant à propos de ces ''idiots de fidèles aux Sombrages'' comme, apparemment, son idiot de frère et sa mère beaucoup trop laxiste.

Cela faisait très longtemps que Tharsten n'avait pas mis les pieds à Faillaise et il devait admettre que cela le décevait quelque peu que rien n'ait changé ici en plus de dix ans. La mort de l'ancien jarl, le père de l'actuelle jarl Juste-Loi, aurait dû permettre de grands changements dans cette cité corrompue et déprimante mais les choses paraissaient pires que jamais. Ainsi l'elfe voulait habiter ici ? Bonne chance à lui dans ce cas ! Même les pouvoirs d'un Prince Daedra ne sauraient suffire pour que Faillaise devienne une cité où il fasse bon vivre.

En tout cas, qu'importent les problèmes que rencontrait Faillaise, ceux-ci ne devaient pas paraître insurmontables ou si embêtant à Aldaril de par son comportement quand Tharsten le retrouva au Temple de Mara. Le Haut-Elfe était en grande conversation avec une prêtresse de Mara, tous deux parlant de manière dramatique comment les gens en Bordeciel n'accordaient plus d'importance à l'amour entre eux et leurs prochains.

Par respect pour le lieu sacré, Tharsten se retenu de rouler des yeux et d'aller leur expliquer qu'effectivement, l'amour de Mara n'était peut-être pas tant une priorité en ce moment en Bordeciel – la guerre civile opposant l'Empire aux Sombrages, l'interdiction du culte de Talos, le Domaine Aldmeri cassant les pieds de tout le monde, ces étrangers rumeurs de draugrs reprenant vie dans les cryptes un peu partout dans la province et ces histoires de vampires et de nécromanciens se multipliant un peu partout étaient peut-être plus importants. Peut-être.

Dès que Aldaril finit sa discussion et se dirigea vers la porte, Tharsten l'attrapa pour le sortir au plus vite du Temple de Mara avant que l'elfe n'ait la bonne idée de se retourner et prier quelques instants.

« Alors ? demanda-t-il aussitôt. Avez-vous appris quoi que ce soit d'intéressant ?

— Pas le moins du monde, déclara nonchalamment Aldaril. Et vous ?

— Non plus. J'ai mis un temps fou à trouver cette fichue boutique d'alchimiste qui se trouvait dans les bas fond de Faillaise et tout ça pour rencontrer un homme exécrable et partiellement sourd. Une belle perte de temps.

— Oh, c'est dommage. C'était une bonne idée que nous venions à Faillaise. »

Le Nordique fronça les sourcils. Était-ce une impression ou… ?

« Et j'ai croisé un Prince Daedra qui faisait ses courses au marché. Il m'a avoué être ma cousine et m'a proposé d'être son témoin à son mariage.

— Vraiment ? C'est intéressant. »

Non il ne se trompait pas : le Haut-Elfe ne l'écoutait absolument pas, regardant une pile de papiers que lui avait donné la prêtresse de Mara.

« Peut-on savoir ce que c'est que ça ? questionna Tharsten.

— Des prospectus ! » déclara fièrement Aldaril.

Tharsten cligna des yeux.

« Pardonnez-moi ? Des quoi ?

— Des prospectus du Temple de Mara, dit le Haut-Elfe en souriant. La prêtresse du temple m'a parlé du fléau qui sévit ces derniers mois : à cause de la guerre civile, les fidèles délaissent les Divins et perdent espoir. Elle m'a demandé de l'aider à remédier à cela en répandent l'amour de Mara dans les rues de Faillaise. »

Cela devenait de plus en plus incompréhensif. Était-il possible que le Prince Daedra de la Folie se soit emparé de l'esprit de cet elfe ? Était-ce au moins possible pour un Prince Daedra de faire cela ? Probablement, vu leurs pouvoirs.

« Euh… en quoi ça va nous aider avec le lien de sang que nous essayons de briser ?

— En rien, pourquoi ? »

Tharsten passa une main dans ses cheveux pour s'empêcher d'étrangler l'elfe.

« Alors pourquoi allez-vous faire ça, par Talos ?

— Pour la gloire de la Déesse-Mère bien évidemment ! s'exclama gaiement Aldaril. Voyons, ne faites pas cette tête. Bordeciel manque cruellement d'amour. L'amour de Mara saurait arrêter ces guerres insensées, ces massacres inutiles et ces tueries sanguinaires, pour le peu qu'on lui accorde de notre temps. »

Il fronça les sourcils et se pencha vers le Nordique – qui bien que grand, se faisait dépassé d'une tête.

« Faites attention, Nordique. Je ne tolérerai pas que vous vous mettiez en travers de l'amour de Mara. Prenez votre mal en patience et attendez que je finisse de livrer ce tas de prospectus ou allez-vous en mais sachez que si vous partez, vous ne risquerez pas de me revoir et vous vous débrouillerez tout seul pour annuler la malédiction des Princes Daedras. Est-ce clair ? »

Sans attendre sa réponse, Aldaril s'éloigna et traversa un des nombreux ponts en bois de la cité en prenant la direction du marché. Tharsten le regarda faire, incrédule avant de lever la tête au ciel.

« Je crois bien que cet elfe est devenu fou ! Talos, venez-moi en aide, je vous en prie… »

Il avait bien compris qu'Aldaril vénérait plus Mara que les autres dieux, comme lui le faisait avec Talos mais Tharsten n'imaginait pas que c'était à ce point…

Il rattrapa Aldaril au moment où celui-ci offrait un prospectus à une prêtresse qui portait une amulette de Talos et le recula à l'instant où la Nordique levait la main pour le frapper. Peut-être que donner un prospectus sur Mara à une prêtresse de Talos n'était pas la meilleure des idées de l'elfe…

« Bon, écoutez-moi, Haut-Elfe… Si je… euh… Vous aide à donner ces prospectus, nous pourrons repartir plus vite ? »

Aldaril plissa les yeux.

« Où est le piège ?

— Il n'y a pas. Je n'ai tout simplement pas la patience d'attendre toute la journée que vous distribuez ces fichus papiers. Le voiturier est sans doute encore à Faillaise mais si nous perdons trop de temps ici, il repartira et ne reviendra probablement que dans quelques jours. Si nous voulons être débarrassés l'un de l'autre au plus vite, il n'y a pas de temps à perdre. »

Aldaril roula des yeux mais lui tendit la moitié de sa pile de papier.

« Bien, tenez. Venez me voir quand vous aurez fini de tout donner. »

Tharsten soupira de soulagement et, dès qu'il fut certain que l'elfe ne le vit pas, il attrapa la première personne croisant son chemin et la força à prendre les papiers.

« Tenez mon brave, distribuez ces quelques prospectus à l'ouest de la ville pour moi, déclara-t-il en sortant quelques septims qu'il donna au passant. Et surtout, que l'amour de Mara soit avec vous ! »

Il n'attendit que quelques minutes avant de rejoindre Aldaril, situé en plein coeur du marché – évidemment dans la partie est de la ville.

« Tiens ! Vous avez déjà donné tous vos prospectus ? s'étonna le Haut-Elfe.

— Bien sûr. Mon charme naturel y est pour quelque chose, déclara Tharsten en souriant. Et vous, bientôt fini ?

— Il m'en reste encore quelques-uns. Vous m'aidez ?

— Avec plaisir ! Plus vite nous en finirons, plus vite nous partirons de cette satané ville. »

Il donna avec empressement les feuilles, sans se soucier de si les gens voulaient ou non les recevoir et se moquant royalement des insultes qui s'en suivaient. Il ne lui resta bientôt plus aucun papier, sauf un qu'il remit à la première personne qu'il croisa – ainsi que la seule qu'il voyait ne pas en posséder un.

Devant le prospectus qu'il lui tendait, la Nordique aux cheveux noirs et à l'air hautain croisa les bras.

« Pour qui me prenez-vous, étranger ? Me remettrez un prospectus, à moi ! Savez-vous au moins à qui vous faites face ? Si j'avais crû un jour trouver quelqu'un de si… empoté que vous. »

Tharsten arqua un sourcil. Sur quel autre phénomène de foire était-il tombé cette fois-ci ? Vraiment, Faillaise lui réservait bien des surprises.

« Je m'en fiche pas mal, de qui vous êtes. Moi je ne voulais pas me retrouver ici à donner des prospectus. La vie est pleine de déception, n'est-ce pas ? Donc si vous croyez que... »

Avant qu'il ne puisse ajouter quoi que ce soit, il sentit une présence derrière lui et deux mains se poser sur ses épaules, le poussant légèrement en arrière au même moment qu'un pied écrasa le sien. Il se retient de jurer, foudroyant Aldaril du regard. L'Altmer, lui, se concentra sur la femme devant lui et lui souriait poliment d'un des sourires les plus hypocrites que Tharsten ait vue de sa vie.

« Enfin, Nordique, vous ne reconnaissez pas Maven Roncenoir ?

— Maven… Roncenoir ? »

Cette femme était Maven Roncenoir ? Oups, la boulette. Comme n'importe qui en Bordeciel, il connaissait de nom les Roncenoir, cette famille étant réputée pour son hydromel qui lui apportait une grande richesse – ainsi que leur affiliation avec la Guilde des Voleurs et leur forte autorité à Faillaise. Tout comme les Guerriers-Né à Blancherive ou les Sang-d'Argent à Markarth, il valait mieux ne pas s'en faire des ennemis.

Tharsten ayant déjà copieusement insulté Olfrid Guerriers-Né – le patriarche du clan – et se faisait maintenant ennemi de Maven Roncenoire – matriarche de la famille. Il ne lui restait plus qu'à rencontrer un Sang-d'Argent et s'en faire détester pour être certain que tous les bandits de Bordeciel engagés par ces familles viendraient tôt ou tard lui faire la peau…

Il était d'autant plus ironique que c'était un Haut-Elfe vivant à Bordeciel depuis seulement trois ans qui savait plus que lui à quoi ressemblait Maven Roncenoir – décidément, Aldaril devait passer beaucoup trop de temps à Faillaise.

« Oui, Maven Roncenoir, confirma la Nordique avec satisfaction en voyant le visage de son interlocuteur pâlir. Rien ne se fait sans mon autorisation dans cette ville. J'ai le jarl et les gardes dans ma poche. Si on me fait du tort, j'appelle la Guilde des Voleurs. Mettez-moi en colère et j'appelle la Confrérie Noire. Vous feriez bien de vous en rappeler la prochaine fois que vous souhaitez vous adresser à moi comme si j'étais quelqu'un de votre rang. Je laisse passer votre impertinence cette fois-ci. Tâchez de profiter de ma générosité et ne croisez plus mon chemin sinon il risquera de vous arriver malheur. »

Sur ces mots, la matriarche des Roncenoir tourna les talons et s'en alla. Tharsten sentit son coeur se remettre à battre quand elle quitta son champ de vue. Il fut certain que même l'assassin de la Confrérie Noire de l'autre fois ne lui avait pas fait aussi peur – et aussi que même le Général Tullius en personne ne lui aurait pas autant donner envie de commettre un meurtre…

En une part profondément enfouie au fond de lui, cela le désolait également.

Ainsi, c'est pour ça que Harstrad s'est battu ? Pour débarrasser Faillaise d'une corruption qui est revenue aussitôt le jarl éliminé ? Un si vain sacrifice…

Vivement qu'il quitte Faillaise. Il n'y remettrait plus les pieds avant un très long moment.

« Même si ça m'arrache la gorge de le dire… vous m'avez sorti d'un sacré pétrin, déclara-t-il à Aldaril. Pour ça, je vous remercie. Sans vous, peut-être que cette harpie serait déjà en train d'envoyer la Confrérie Noire à mes trousses. »

L'Altmer eut un sourire narquois.

« La Confrérie Noire ? Oh, ne croyez pas ça.

— Que voulez-vous dire ? C'est une Roncenoir. Elle a toutes les chances d'être vraiment en contact avec la Confrérie Noire, surtout lorsqu'on connaît la réputation des Roncenoir.

— Et moi je vous assure qu'elle vous ment droit dans les yeux. S'il y a un talent qu'on peut bien reconnaître à cette Nordique, c'est sa faculté à intimider les gens par de simples paroles creuses. Peut-être est-elle une bonne amie de tous les groupes de bandits de la province mais certainement pas le du moindre membre de la Confrérie Noire. »

Tharsten croisa les bras, intrigué.

« Comment pouvez-vous savoir ça ? Vous connaissez personnellement les membres de la Confrérie Noire de Bordeciel ?

— Absolument pas mais ce n'est que de la simple logique. La Confrérie Noire est une organisation qui n'obéit à personne si ce n'est elle-même et ses règles – et donc bien sûr la Main Noire, la Mère de la Nuit et Sithis lui-même.

— Euh… qui ?

— Laissez tomber, ça serait trop long à expliquer. Tout ça pour dire que la Confrérie Noire agît peut-être parfois par intérêts économiques, mais jamais elle ne se mettra à la botte de qui que ce soit. En fait, je suis persuadé que si n'importe quel membre de la Confrérie Noire venait à apprendre comment Maven Roncenoir parle d'eux, cette Nordique ne ferait pas la fière une fois que la Confrérie Noire déciderait de venir lui dire bonjour – et bien sûr lui faire passer le message d'arrêter de se vanter de quelque chose qui n'arrivera jamais. »

En l'entendant donner nonchalamment tant d'information sur la Confrérie Noire, Tharsten ne savait pas s'il devait s'en satisfaire ou s'en inquiéter – ni s'il devait apprécier d'en apprendre plus sur cette organisation meurtrière.

Au final, il se dit que le mieux était d'essayer d'oublier ce qui venait d'entendre mais ne put s'empêcher de demander, sceptique :

« Rappelez comment vous vous êtes retrouvé au service de la Confrérie Noire, déjà ?

— Ne m'avez-vous pas déjà posé cette question une bonne centaine de fois ?

— Si mais c'est tellement improbable que j'ai besoin que vous me le rappeliez encore une fois. »

L'Altmer soupira et ses épaules s'affaissèrent avec lassitude.

« J'ai eu quelques désaccord avec mon père, dit-il avec réticence en croisant les bras. Lui et moi ne partagions pas la même vision des choses et cela m'a poussé à m'engager dans ce que je pensais être une voie plus efficace que celle qu'il voulait que je suive. J'ai rencontré la Confrérie Noire sur un malentendu et elle m'a proposé de devenir un assassin. J'ai accepté et des années plus tard, quand la Grande Guerre s'est déclarée, j'ai appris que mon père s'était engagé dans la Légion impériale et je ne voulais que les dernières paroles que j'ai échangé avec lui aient été des propos de discorde et de haine. Alors je me suis engagé à mon tour et je ne suis plus jamais entré en contact avec la Confrérie Noire. De toute façon, après la Grande Guerre, elle s'était pratiquement effondrée. »

Il termina et dévisagea Tharsten, qui ne put s'empêcher de le regarder avec incrédulité. Après tout ça, l'elfe s'était vraiment dit que son avenir était au sein du Temple de Mara – l'Ordre de la Bienveillance de Mara, s'il se rappelait bien ce qu'Aldaril lui avait répété encore et encore –, à guérir les blessés, aider les nécessiteux et répandre l'amour de Mara dans le coeur des gens en leur parlant de sujets niais comme la compassion et la bonté ?

Vraiment unique en son genre, cet elfe.

Remarquant d'ailleurs que celui-ci commençait à arborer une expression soucieuse et que son regard se posait sur le Temple de Mara de Faillaise comme s'il pensait à y retourner prier, Tharsten s'empressa d'intervenir :

« Bon, maintenant que vous vous êtes débarrassé de ces fichus prospectus, pouvons-nous y aller ? »

Aldaril soupira en levant les yeux au ciel.

« Des fichus prospectus ? L'amour de Mara est incompris… »

Tharsten ignora le Haut-Elfe et sa dramatisation théâtrale pour se diriger vers les portes ouest de Faillaise. Ce que lui ne comprenait pas c'était comment un ancien assassin pouvait changer radicalement pour se reconvertir en guérisseur et répandre l'amour de Mara à tous ceux qu'il croisait.

Entre ça et les habitants de Faillaise, ce fut vraiment une journée des plus étranges…


Au départ, je voulais que ce chapitre se concentre la relation entre Jon Guerrier-Né et Olfina Grisetoison (dans un rappel de la quête donnée par la prêtresse du Temple de Mara où il faut aider des « couples » à se réunir) mais j'ai remarqué que ça commençait à faire pas mal d'aller-retour vers Blancherive et puis… y'a pleins de trucs intéressant à dire sur Faillaise, donc je suis restée sur Faillaise.

Bon d'accord, je voulais surtout faire le passage avec Maven Roncenoire : j'ai toujours trouvé ça stupide qu'elle affirme haut et fort un « lien » avec la Confrérie Noire alors que… hé, c'est la Confrérie Noire. N'importe qui peut faire appelle à elle par un Sacrement Noir – ainsi, Maven Roncenoire revendique un certain « contact » avec la Confrérie comme si cette dernière obéissait à la moindre de ses demandes d'assassinats alors qu'on sait que c'est clairement faux.