Je préviens : ce bonus est juste une excuse pour écrire sur la province de Cyrodiil. Puis ça m'énervait de créer un personnage juste pour qu'il décède dans le chapitre suivant, donc je développe un peu Arnora Nonius.

Bon… en vérité c'est surtout parce que même s'ils sont finalement une bande de bras cassés parfois un peu trop radicaux, j'aime beaucoup les Vigiles de Stendarr. Dans Skyrim, ils sont développés de la même manière que le Thalmor, c'est-à-dire qu'on nous montre vraiment les pires cas possibles et tu n'as que ça comme « exemple » alors qu'en vrai, ne serait-ce que par le dieu qu'ils vénèrent, les Vigiles de Stendarr devraient être des templiers complexes qui auraient mérités d'êtres approfondis dans l'extension Dawnguard. Leur rapport vis à vis de vampires comme Sérana aurait été passionnant, ou même dans le jeu de base avec des loups-garous, etc.

Bref, c'est dans ce genre de moments que je regrette que tu n'aies pas le choix de rejoindre autant de factions que dans Morrowind parce qu'avoir les Vigiles de Stendarr en faction jouable, ça aurait été trop cool.


Prélude : Arnora Nonius

« Avant d'être le bras armé de la Justice de Stendarr, nous sommes les hérauts de sa Miséricorde et c'est celle-ci qui nous permet de nous battre pour protéger les Mortels de ceux qui menacent leurs existences, qu'ils soient de simples morts-vivants ou des Princes Daedra en personne. » — Savlian Selone, gardien des Vigiles de Stendarr de Morrowind

Vifazur 4E 195

L'an 433 de la Troisième Ère était une date très particulière à Bruma. En plus évidemment d'être l'année de la terrible Crise d'Oblivion qui avait frappé tout Tamriel, Bruma fut une des villes extrêmement concernées par la menace des Portes d'Oblivion dans Cyrodiil, avec la Cité Impériale et Kvatch – heureusement, elles n'avaient pas connu le même sort que cette dernière.

Tous ceux originaires de Bruma connaissaient cette histoire, celle de la bataille de Martin Septim et ses Lames contre les forces de Méhrunes Dagon, rendue immortelle dans la mémoire collective par la statue du Sauveur de Bruma – que le reste de Tamriel connaissait plus sous le titre de Héros de Kvatch.

Arnora Nonius, comme tous les enfants de Bruma – qu'importent leur éducation ou leur race – , avait grandi avec les récits épiques de Martin Septim et du Septième Champion de Cyrodiil.

Ses grands-parents lui racontaient encore et encore le même passage que leurs parents avaient vécu : ces immenses portes rougeâtres d'où sortaient des dizaines de créatures cauchemardesques, les soldats venus de toutes les cités de la province impériale à l'appel du dernier des Septims et qui luttaient dans un cri de rage et de vaillance et le Héros de Kvatch lui-même, reconnaissable par son équipement en maille et sa cuirasse à tête de loup noir, qui s'engouffrait dans la plus grande des Portes d'Oblivion pour ramener une pierre sigilaire qui serait essentielle pour stopper l'invasion du Prince Daedra.

Les minutes s'éternisaient, les morts s'accumulaient et tous s'inquiétaient de ne pas voir réapparaître le Héros de Kvatch pendant qu'un horrible engin de destruction appelé un Rampant de Siège apparaissait à travers la porte. Martin Septim avait encouragé ses troupes à avoir confiance en le Héros de Kvatch et en leurs propres capacités et in-extremis, la Porte d'Oblivion géante fut détruite.

Bruma avait failli connaître le même destin tragique que Kvatch et bien qu'elle n'avait pas vécu ce moment historique, Arnora ne pouvait s'empêcher de frisonner d'effroi en y songeant et se disait combien les Daedra étaient des créatures dangereuses pour les races Mortelles. Que se serait-il passé si une personne comme le Héros de Kvatch n'avait pas été là en l'an 433 ? Y aurait-il eu quelqu'un d'autre pour prendre sa place et permettre à Martin Septim de repousser Méhrunes Dagon dans son domaine daedrique pour l'éternité ? Qui aurait eu le courage de s'opposer au Prince Daedra de la Destruction, de s'engouffrer dans une Porte d'Oblivion pour sauver une ville dévastée inconnue, de se battre pour protéger un Empire qui l'aurait emprisonné et dont sa seule rencontre avec son Empereur se serait passée dans des geôles ?

Arnora n'avait pas la réponse à ces questions mais apparemment, d'autres avaient pensé à cette éventualité. C'était en prévision qu'une telle catastrophe se reproduise un jour qu'était né les Vigiles de Stendarr.

L'origine de cet ordre s'était perdu dans l'Histoire mais la version la plus connue en Cyrodiil prétendait que les créateurs des Vigiles de Stendarr étaient des Chevaliers des Neuf : après les évènements de l'an 433 de la Troisième ère, le Héros de Kvatch s'était rendu à Anvil pour se renseigner sur d'étranges meurtres dans les temples. Il avait réuni les reliques du croisé et vaincu Umaril le Dépouillé avant de disparaître totalement de Tamriel en allant aux Shivering Isles, laissant derrière lui une confrérie de chevaliers au service au Prieuré des Neuf que deux membres aux identités quelques peu méconnues : certains affirmaient que c'étaient les chevaliers Areldur et Kellen tandis que d'autres assuraient qu'il s'agissait de sir Thedret et dame Dar-ma. Ces deux chevaliers auraient quitté le prieuré pour fonder les Vigiles de Stendarr aux côtés d'Alinor Selone, une Disciple de Stendarr du Culte impérial alors déjà réputée être une redoutable tueuse de Daedra.

Pendant presque un siècle, l'ordre des Vigiles de Stendarr fut considéré comme la faction la plus prestigieuse qu'il soit – particulièrement dans la province de Cyrodiil – et jeta l'ombre sur toutes les autres même celles très reconnues et anciennes comme la Guilde des Guerriers.

Enivrés par les légendes de Martin Septim et du Héros de Kvatch ou traumatisés par les atrocités de la Crise d'Oblivion, beaucoup s'étaient engagés pour faire comprendre que Nirn appartenait aux races des Mortels et qu'ils défendraient leurs biens contre toute invasion, même si celle-ci devait être l'œuvre d'un Prince Daedra – bien que beaucoup fanfaronnaient avec orgueil mais sans la moindre once de courage.

En cette fin de second siècle de la Quatrième ère, les Vigiles de Stendarr avaient perdu une partie de leur prestige à cause – ou grâce ? – d'une diminution nette des apparitions daedriques et, surtout, la Grande Guerre qui fit oublier à tous les menaces des Daedra pour se concentrer sur les menaces que représentaient les provinces voisines.

Cela n'empêcha pas Arnora de vouloir devenir une Vigile de Stendarr à son tour. Ayant grandie dans la foi envers les Neuf Divins – tel les Nordiques de Bordeciel, jamais un habitant de Bruma ne cracherait sur la mémoire de Talos en acceptant de le faire disparaître de leur culte à cause d'un stupide traité d'elfes arrogants – et bercée par les récits du Sauveur de Bruma, un tel choix n'avait rien de surprenant.

Aucun de ses parents ne protesta lorsqu'une fois en âge de partir, elle quitta sa ville natale pour entreprendre un long pèlerinage à travers Cyrodiil afin de recevoir la bénédiction des Neuf Divins avant de se diriger vers Chorrol dans l'espoir d'être acceptée au sein du Temple de Stendarr – et surtout chez les Vigiles de Stendarr puisque Chorrol en était le siège en Cyrodiil.

Par la grâce des Huit et l'Unique, on accepta de la mettre à l'épreuve pour voir si son coeur était loyal envers les Neuf et ses capacités suffisantes. Intérieurement, quand le Haut-Elfe lui dit ceci, elle ne put s'empêcher de mentalement rouler des yeux : elle était originaire de Bruma, un village plus Nordique qu'Impérial alors bien évidemment que ses attitudes au combat étaient bonnes.

« Je vais vous confier aux soins de Savlian Selone, déclara le prêtre du Temple. Il est lui aussi en apprentissage. Si sa foi envers les Divins ne fait aucun doute, je ne peux pas en dire autant de sa bravoure. Pour quelle raison veut-il rejoindre les Vigiles de Stendarr qui est un ordre militaire ? Seul Stendarr le sait. Peut-être vous compléterez-vous efficacement ? En tout cas je l'espère. »

Savlian Selone est assez décevant en soi, songea Arnora lorsqu'elle le rencontra. Plus mage que guerrier, prudent qu'audacieux et pensif que réactif, c'était un Bréton chétif – et non pas un Impérial comme le laissait supposer son prénom –, qui portait des robes et des capuches même sous le soleil et était souvent vu avec en main un livre des Préceptes de Stendarr. Avec ses cheveux de jais ébouriffés, ses yeux bleus souvent confus et ses traits juvéniles, il était en effet assez loin de l'idée générale de ce à quoi devait ressembler un Vigile de Stendarr.

« C'est un plaisir de vous rencontrer, déclara-t-il avec la plus grande des politesses quand ils se virent dans la chapelle de Stendarr. Vous êtes Arnora Nonius, c'est cela ? Je suis Savlian Selone.

— Savlian ? Comme Savlian Matius, le célèbre capitaine de Kvatch ?

— C'est cela. C'est mon grand-père qui a tenu à ce que je suis nommé ainsi, à cause de ses sa bravoure durant la Crise d'Oblivion. »

Même le nom de ce Bréton ne correspondait nullement à son caractère. Arnora n'osa même pas lui en demander plus concernant son nom de famille qui était le même que celui d'Alinor Selone…

« Je vois que les présentations sont faites, constata le Haut-Elfe de la chapelle de Stendarr. Bien ! Ne perdons donc pas plus de temps : j'ai une mission pour vous. Évidemment, rien de dangereux ni même de très loin. Connaissez-vous Coupeterre ? C'est un petit village minier au sud de Chorrol, à la sinistre réputation. En effet, il a toujours habité des fanatiques paranoïaques adorateurs des Profonds – des créatures que nous supposons être des Sloads, des monstres encore plus répugnants que des draugrs ou Falmers de Bordeciel. Par le passé, les Vigiles de Stendarr y ont mené plusieurs opérations et aujourd'hui, c'est un village abandonné. Néanmoins… certaines rumeurs courent à son sujet. Certaines personnes prétendent avoir vu de la lumière dans les maisons et dans leur... »

Le Haut-Elfe eut une grimace de dégoût.

« Leur Chapelle des Frères, reprit-il avec dédain. Un ancien temple dédié aux Huit qu'ils ont souillé en le changeant en lieu sacré de leur culte profane. La logique voudrait que ce ne soient que des brigands ou des mendiants profitants de ces endroits délaissés mais dans le doute, j'aimerais que vous vous y rendiez pour vérifier les lieux. Je ne vous demande pas de prendre des risques, simplement de voir si vous trouver quoi que ce soit… d'étrange, comme des symboles, des papiers ou des traces de rituels – des preuves qui pourraient confirmer que ces fanatiques essayent de réhabiliter Coupeterre pour leurs vénérations immondes. »

Il leur donna plus de précisions sur l'emplacement de Coupeterre et les renvoya de la chapelle. Ils se retrouvèrent donc à vagabonder dans les larges allées de Chorrol, réfléchissant à leur départ. Enfin, du moins Arnora pensait qu'ils discutaient de leur ''plan d'attaque'' mais Savlian ne paraissait pas beaucoup s'investir dans cette conversation, préférant saluer les passants et profiter du beau soleil en ce jour.

« Ne pouvez-vous pas vous concentrer ? le réprimanda Arnora. Vous êtes bien nonchalamment pour cette mission, je trouve.

— Je devrais être plus attentif ? s'étonna le Bréton. Vous savez, ça doit être la douzième fois qu'on me donne ce genre de missions. Elles n'ont rien de bien palpitant – non pas que cela me dérange, je préfère ça à des situations dangereuses où il faut intervenir.

— Peut-être est-ce à cause d'un tel état d'esprit qu'on vous en confie autant ?

— Hein ? »

Le regard perplexe qu'il lui lança la fit soupirer et laisser tomber. En effet, seul Stendarr devait savoir pourquoi cet homme désirait devenir un Vigile. L'imaginer se battre contre des morts-vivants, des vampires, des lycanthropes ou même des Daedra était aussi ridicule qu'imaginer Shéogorath venir offrir des fleurs aux Mortels sans la moindre arrière pensée.

Ils se mirent d'accord pour se rendre à Coupeterre au petit matin, après une nuit de repos et de recherches sur le culte des Profonds dont ils devaient chercher des preuves.

« Les Vigiles de Stendarr gardent des traces écrites de toutes leurs missions, expliqua Savlian. Je vais demander à emprunter celles sur des interventions à Coupeterre et nous pourrons étudier ça ce soir.

— C'est vraiment utile, ça ?

— Bien sûr. Sinon comment reconnaître des traces de rituels de ces fanatiques ? Nous pourrions aller à Coupeterre et tomber sur des runes de fanatiques ayléides et croire qu'elles sont adressées aux Profonds. Vous rappelez-vous du massacre de la chapelle d'Anvil en 3E 433 ? On y a retrouvé des runes peintes avec du sang au sol mais personne ne savait alors les déchiffrer. Si on avait pu aussitôt les traduire, on aurait tout de suite compris qu'elles témoignaient qu'Umaril le Profanateur essayait de revenir sur Nirn et peut-être éviter que d'autres lieux sacrés des Huit et l'Unique soient attaqués et profanés à leur tour. »

Arnora reconnut – un peu à contrecœur – que le résonnement de Savlian tenait la route et accepta de faire comme il voulait. De toute façon, elle n'avait rien de mieux à proposer.

Ils se séparèrent donc pour le reste de l'après midi avant de se retrouver dans une auberge, au crépuscule. Savlian fut heureux qu'elle soit pratiquement déserte, pendant qu'Arnora souffla – elle espérait que le bruit des gens dans la taverne de l'auberge en train de discuter et de boire dissuaderait son camarade d'étudier mais malheureusement les Divins étaient contre elle semblerait-il et elle se retrouva à écouter Savlian parler de détails ennuyeux concernant les adorateurs des Profonds.

Ce n'était pas vraiment ainsi qu'elle pensait commencer son apprentissage au sein des Vigiles de Stendarr. Pourvu que le reste soit plus palpitant, se dit-elle.

Finalement, après l'avoir vu bailler plus d'une dizaine de fois, Savlian s'interrompit et lui proposa qu'elle prenne une chambre et dorme.

« Je suis habitué à étudier tard le soir, assura-t-il avec un sourire. De plus, vous venez de Bruma, c'est cela ? Ce n'est pas vraiment la porte d'à côté. Reposez-vous. Disons qu'en échange, vous n'aurez qu'à me réveiller avant l'aurore ? Je ne suis pas vraiment du matin. »

Il ne fallait pas le lui dire deux fois : elle accepta ce « accord » et s'empressa de fuir cette lecture forcée. S'il y avait bien une chose qu'elle avait hérité de la culture Nordique de Bruma, c'était son amour de l'action contre un désintérêt profond pour les travaux intellectuels interminables, inintéressants et pénibles – donc une bonne partie de tout ce qui concernait l'Empire, en somme.

. . .

En échange, comme convenu Arnora se leva au petit matin – voir même en fin de soirée, puisque le ciel était toujours noir comme la nuit – et tapa à la porte de Savlian pour le réveiller. Elle comprit d'ailleurs pourquoi il voulait qu'elle le lève : il lui fallut une longue heure pour se préparer et emballer ses affaires pour partir, emmenant dans sa sacoche un nombre ridicule de livres et de parchemins sur les Profonds et les incidents liés à Coupeterre.

« C'est ainsi que vous comptez vous défendre si on doit faire face à des fanatiques ou des Sloads ? Vous leur balancerez vos bouquins à la gueule en criant ''que la justice de Stendarr s'abatte sur vous !'' ?

— Hein ? Non, j'utiliserai ma magie bien sûr, répondit Savlian en la regardant d'un air confus. Pourquoi cette question ?

— Laissez tomber… »

Lorsqu'ils quittèrent Chorrol, le jour se levait – ce qui d'ailleurs n'était pas vraiment une mauvaise chose puisque Coupeterre se situait dans la Grande Forêt et que sans la lumière du jour, ils auraient vite fait de tourner en rond pendant des heures.

Le fait qu'il commence à faire jour permit aussi à Savlian de ne pas trop se cogner contre les troncs d'arbre parce qu'il avait la bonne idée d'essayer de lire en marchant et, surprenamment, cela ne fonctionnait pas à merveille. Il serait vraiment dommage que le Bréton s'assomme accidentellement alors que Coupeterre était probablement juste rempli de rats et qu'ils reviendraient les mains vides à Chorrol parce que quelques paranoïaques confondaient bandits et fanatiques…

Plus elle y pensait, plus Arnora se sentait déçue de cette mise à l'essai. On l'avait averti que la vie était pleine de déception mais elle ne s'attendait pas à ce que ce soit à ce point. Elle ne pensait évidemment pas qu'on l'enverrait affronter un Drémora mais tout de même, elle espérait croiser le fer avec un Daedra quelconque comme les Galopins ou les Dévoreurs.

Peut-être aurait-elle dû rejoindre la Guilde des Guerriers plutôt que les Vigiles de Stendarr ?

Elle secoua la tête, ôtant aussitôt cette idée de son esprit. Non, son choix était fait depuis des années : elle ne voulait pas être une guerrière reconnue pour ses exploits belliqueux et son bestiaire de monstres effroyables vaincus mais protéger Tamriel des menaces daedriques.

Si Savlian pouvait être un Vigile de Stendarr alors que clairement le combat n'était pas son fort, elle pouvait être une Vigile de Stendarr alors que les recherches et la patience n'étaient pas son fort.

Après quelques heures à zigzaguer entre les arbres de la Grande Forêt, Arnora s'arrêta et fit signe à Savlian de lever le nez de ses papiers tout en restant discret : Coupeterre était en venue.

Dissimulés derrière les arbres et les buissons, ils observèrent brièvement les alentours avant de s'y aventurer. Comme décrit la veille, c'était un village rustique typiquement impérial fait de pierres et de bois, avec une fontaine sur la place, entourée de maisons et avec en face, au nord, la fameuse église des Neuf Divins détournés par les Frères de Coupeterre pour leur vénération profane.

À première vue, il n'y avait personne. Savlian voulu s'en assurer avec un sort de Détection des Vivants, malgré les protestations d'Arnora qui craignait qu'utiliser de la magie les trahisse.

« Sauf pour certains sorts particuliers, la magie d'Altération n'est visible que par son utilisateur, rassura l'homme. Ne vous en faites pas. Je suis un Bréton. Je connais les sortilèges mieux que quiconque. »

Il lui sourit et lança son sort, sa main droite s'illuminant d'une lueur blanchâtre. Son froncement de sourcil instantané et son air soucieux suffirent à inquiéter l'Impériale qui s'empressa de demander :

« Il y a un problème ? Votre sort ne fonctionne pas ?

— Si, il fonctionne, protesta Savlian. Mais… cet endroit n'est pas aussi abandonné qu'on le croit. Je compte au moins trois personnes, et mon sort n'a pas pu toucher tout le village.

— Quoi ? »

Cela n'était pas prévu. Comment vérifier s'il y avait plus de monde et comment savoir que ces gens étaient des simples bandits de passage ou bien des fanatiques ?

Par précaution, elle tira sa lame hors de son fourreau.

« Que fait-on ? demanda Savlian. Vous avez une idée de plan ?

— Pas le moindre, avoua-t-elle. Néanmoins, ce qu'on peut faire c'est y aller et tuer quiconque nous attaque. Ce serait de la légitime défense et puis que ce soient des brigands ou des fanatiques, les deux mériteraient de mourir. »

Le Bréton cligna des yeux, bouche-bée.

« M-Mais vous n'y pensez pas ! siffla-t-il, incrédule. Pour tout ce qu'on sait, ce pourrait être des voyageurs de passage qui nous prendraient nous pour des malandrins ! Nous ne pouvons pas nous permettre de tuer des gens sans nous assurer que ce sont les fidèles des Profonds que l'on recherche. Cela va à l'encontre des principes de Stendarr ! »

Elle le regarda et roula des yeux, agacée.

« Vous pensez vraiment que c'est le moment de penser à Stendarr ? râla-t-elle. Il ne nous sauvera pas si on nous agresse, je vous signale. De plus, je vous rappelle qu'il est sans est pitié avec ses ennemis.

— Ses ennemis, les Daedra hostiles aux Mortels, précisa Savlian en plissant des yeux. Avant d'être la justice, Stendarr est surtout la miséricorde. De plus, mieux vaut que nous nous montrions prudents. Lancer un assaut ne ferait que donner l'alerte et s'il y a plus de monde, nous nous retrouverions en infériorité numérique.

— Alors que proposez-vous que l'on fasse ? répliqua-t-elle furieusement. Vous avez un meilleur plan, peut-être ?

— Oui ! Je vais me rendre dans ce village en me faisant passer pour un voyageur intéressé par l'histoire de cet endroit et récoltez les informations que nous devons ramener au Temple de Stendarr.

— C'est une idée grotesque. Ils vont se méfier de vous et vous allez vous faire tuer, malheureux !

— Ne vous en faites pas pour moi, je sais me montrer très persuasif. »

Ils se dévisagèrent longuement, dans un silencieux combat jusqu'à ce qu'Arnora soupire et renonce.

« Faites ceci si vous le désirez tant. Néanmoins, au moins soucis vous revenez ici et si vous sentez que vous êtes piégé, vous criez et je viendrais vous aider. Nous sommes bien d'accord ?

— Pas de problème », approuva Savlian avec satisfaction.

Il se leva et après avoir rajusté son sac à bandoulière, se dirigea vers Coupeterre.

« Savlian Selone ! appela l'Impériale à voix basse. Que les Divins vous protègent. »

Le Bréton lui sourit avec assurance et s'éloigna.

Arnora le regarda arriver sur la place du village avant qu'il disparaisse derrière une maison. Elle s'était trompée sur le compte de ce Bréton. Contrairement à ce qu'elle croyait, il ne manquait pas de courage et d'audace. Par contre, son empathie poserait de sérieux problèmes à l'avenir. Elle plaignait déjà celui qui serait son partenaire puisque rares étaient les Vigiles de Stendarr travaillant seuls – en général, c'étaient des gens ayant déjà perdu leur camarade et n'ayant pas eu de désir de retrouver de la compagnie.

Arnora s'assit donc, bien dissimulée derrière la végétation alentour, et attendit.

. . .

Après ce qui lui sembla une éternité, Arnora jeta un coup d'œil en direction du village. Elle commençait à s'inquiéter. De là, impossible d'entendre quoi que ce soit et elle ne voyait personne de là où elle se trouvait.

La patience n'ayant jamais été son fort, elle se décida à bouger. Elle resta tout de même discrète et sur ses gardes et se rapprocha quelque peu, de sorte à être près de deux maisons qui permettaient d'avoir une bonne vue sur Coupeterre tout en restant cachée par les arbres. Elle s'accroupit et observa. Il lui semblait voir du mouvement provenant d'une des maisons, ainsi que du Temple au bout du village. C'était étrange que Savlian prenne autant de temps alors qu'il semblait ne pas avoir plus de monde.

Ses craintes furent apaisées lorsqu'elle vit enfin apparaître Savlian. Il était en compagnie d'un Impérial aux cheveux courts bouclés, qui regardait autour de lui avec inquiétude. Il ne la vit pas mais s'assura que personne ne puisse les entendre et s'adressa au Bréton à voix basse :

« Vous ne devriez pas rester ici, voyageur ! Vous ne savez pas quels dangers vous guettent. »

Savlian croisa les bras et le regarda avec peine mais ne se montra pas le moins du monde inquiet ou effrayé.

« Détrompez-vous. Je crois avoir très bien compris ce qui se passe ici. Écoutez, je travaille pour les Vigiles de Stendarr et bientôt, ce village sera éradiqué pour hérésie. »

Arnora se retint de se frapper le front avec la paume de la main. Cet Bréton était-il complètement idiot, de révéler une telle information à un ennemi ? À coup sûr, cet Impérial en profitera pour alerter ses compagnons et ils s'enfuiront avant que les Vigiles viennent ici.

« Je vois bien que vous n'approuvez pas ce qui se passe ici, poursuivit Savlian en fixant son interlocuteur avec sympathie. Vous pouvez renoncer à tout ceci pendant qu'il est encore temps. Ne sacrifiez pas votre vie pour une foi impie en laquelle vous ne croyez pas.

— N-Non, je ne peux pas faire ça, bégaya l'homme. Mon père me tuerait ou enverrait des Profonds à ma poursuite !

— Si des Sloads vivent bels et bien encore dans vos souterrains, les Vigiles de Stendarr auront raison d'eux. Ils ne vous chasseront pas pour vous tuer, je vous assure. »

L'Impérial secoua la tête comme pour se convaincre que les propos qu'il entendait étaient faux et sursauta quand quelqu'un venant du village l'appela.

« Partez ! » conseilla-t-il une dernière fois à Savlian avant de disparaître dans une maison.

Savlian le regarda s'en aller et soupira en levant la tête vers le ciel.

« Puisse Stendarr avoir pitié de lui et lui offrir sa miséricorde.

— Savlian ! »

Le jeune Bréton sursauta en voyant Arnora sortir de sa cachette et s'approcher de lui.

« Par la barbe de Stendarr, vous m'avez fait peur ! » se désola-t-il, une main sur le coeur.

Arnora lui jeta un regard perplexe.

« La barbe de Stendarr, sérieusement ? Enfin bon… Vous ne reveniez pas et je ne vous voyais pas. Cela m'a inquiéter. Alors ? Avez-vous des preuves que ce sont des adorateurs des Profonds ? »

Retrouvant son sérieux, il hocha gravement la tête.

« Ce n'est pas grand-chose mais le comportement des quelques gens que j'ai croisé ici est étrange. Ils m'ont interdit d'entrer dans le Temple et deux d'entre eux ont couru dans une des maisons peu après m'avoir demandé ce que je faisais ici. Ils cachent quelque chose, c'est certain. J'ai aussi pu apercevoir par la fenêtre un ouvrage dans une de ces demeures. C'est clairement une Bible des Profonds. Les rumeurs étaient véridiques. Ce culte est réapparu à Coupeterre.

— Dans ce cas, nous avons les preuves que nous voulions pour faire notre rapport au Temple de Stendarr. Allons-nous en avant que ces fanatiques deviennent agressifs. »

Plutôt que de répondre, Savlian écarquilla les yeux, effaré.

« Attention ! »

Par réflexe, et en entendant un cri de rage venir de derrière elle, Arnora se baissa. Elle esquiva ainsi le coup d'une massue qui, malheureusement, frappa Savlian en plein dans le torse. Le Bréton haleta, le souffle coupé et fut propulsé en arrière. Sa tête cogna le mur d'une maison et il tomba par terre, inerte.

Arnora jura. Comment était-ce possible qu'elle n'ait pas vu ou entendu cet agresseur venir ?

Elle n'eut pas le temps d'y réfléchir. Elle se redressa et leva instinctivement sa lame, empêchant le gourdin de l'Impérial chauve à l'air enragé en face d'elle de la massacrer. L'homme ressemblait à un fou, la fixant avec une haine non dissimulée. Utiliser la Voix de l'Empereur ne suffirait clairement pas à le calmer. Cela réduisait à néant son plan de le forcer à être apaisé et en profiter pour essayer de réveiller Savlian.

Elle souffla et brandit sa lame. Elle avait donc eu raison : il aurait été plus simple de foncer dans le tas et de tous les tuer depuis le début.

Elle se précipita vers l'Impérial et lui donna un coup d'estoc. Dans sa folie de rage, l'homme n'esquiva pas mais la lame se ficha dans une armure en cuir qu'il portait sous ses vêtements et lui répliqua en levant son gourdin à deux mains pour l'abattre violemment sur elle. Arnora se jeta en arrière, son visage frôla la massue qui heurta néanmoins sa taille et la fit tomber par terre.

Elle grimaça de douleur. Elle avait peut-être appris à se battre avec des Nordiques mais cela ne lui avait pas donné leur résistance à la douleur.

« Allez crever dans l'Oblivion ! » blasphéma-t-elle en se relevant vivement.

Elle fit un pas en avant, bien décidé à en finir avec l'animal enragé en face d'elle mais avant que ceci puisse se faire, elle ressentit une forte douleur à l'arrière de la tête. On venait de la frapper. Elle cligna des yeux et chancela, ayant tout juste le temps de se retourner et de voir une silhouette derrière elle avant qu'un voile noir n'occulte sa vue et qu'elle s'effondre au sol, inconsciente.

. . .

Dans les ténèbres complètes, elle eut l'impression d'entendre un crépitement, comme si un feu l'entourait. Des voix résonnaient et récitaient en coeur des paroles incompréhensives.

« Ré...llez… ou... »

On lui parlait. Le monde bougeait autour d'elle. Cela la rendait malade et ne faisait qu'accentuer l'horrible mal de crâne qui la frappait.

« Réveillez-vous... »

Cette voix, elle la reconnaissait.

« Pour l'amour des Divins, réveillez-vous ! »

Arnora ouvrit les yeux. Mauvaise idée. Une fulgurante douleur la traverser et elle referma les yeux pendant qu'un soupir se fit.

« Merci Mara, vous êtes vivante. »

Avec plus de prudence, elle ouvrit de nouveau les yeux et observa les alentours. À côté d'elle était assis Savlian, apparemment sain et sauf. Il la regardait avec soulagement et lui sourit.

« Heureux de vous revoir. Vous ai-je manqué ? »

Elle se retient de rouler des yeux et il l'aida à se redresser.

Ils étaient enfermés dans une cage mais les barreaux n'empêchaient nullement de voir où ils se trouvaient : dans des souterrains, comme indiquaient les parois rocheuses autour d'eux. Le feu qu'elle avait entendu plus tôt était le crépitements de torches que tenaient des hommes et des femmes, autour d'un cercle gravé dans le sol. Non loin d'eux, sur une table où se trouvaient des papiers et des clés, elle vit son épée – bien trop éloignée pour être attrapée depuis la cage, malheureusement.

« Nous sommes sous Coupeterre, lui chuchota Savlian. Nous avons été traînés jusqu'ici et… et je crois qu'ils veulent qu'on serve tous les trois de sacrifices aux Profonds.

— Tous les trois ? »

Savlian lui jeta un regard désole et s'écarta, révélant l'autre individu coincé avec eux dans cette cellule. C'était un jeune Argonien, recroquevillé en boule dans un coin, qui tremblait de peur et sanglotait.

« C'est… un enfant, réalisa Arnora, effarée.

— Il était déjà là quand nous avons été transportés ici, expliqua Savlian. Lui et ses parents passaient par la Grande Forêt et les adorateurs des Profonds ont tué ceux-ci quand ils se sont abrités à Coupeterre pour la nuit mais ont gardé l'enfant pour leurs rituels macabres.

— Ah ! Notre dernière invitée est réveillée ! »

Arnora sentit son sang bouillir en voyant s'approcher de la cage l'Impérial chauve affronté plus tôt. Il paraissait s'être calmé et se permettait même de les regarder avec un air hautain et mauvais.

« Grossière erreur de votre part d'être venu jusqu'ici, déclara-t-il avec moquerie. Mon fils Turpilius m'a dit que vous étiez des Vigiles de Stendarr. Vous croyiez vraiment que nous aurions laisser se reproduire les erreurs de nos prédécesseurs pour que vous veniez nous massacrer ? »

Derrière lui, ils virent l'Impérial qui parlait à Savlian plus tôt. En croisant leur regard, il baissa la tête, coupable et honteux.

« La justice de Stendarr s'abattra sur vous, déclara solennellement Savlian, nullement intimidé. Vos crimes ne resteront pas impunis à ses yeux. Les Neuf vengeront les innocents dont vous avez fait couler le sang.

— Nous n'avons que faire de vos Divins, Bréton. Ils ne vous sauveront pas de la mort. Allez les gars, attrapez le lézard. »

Deux personnes qui se tenaient derrière lui s'approchèrent de la cellule. L'enfant Argonien leva la tête, terrorisé.

« Non ! s'exclama Savlian en s'interposant. Prenez moi à sa place ! »

Les fanatiques observèrent leur chef, qui parut confus et agacé.

« Ces maudits disciples de Stendarr et leurs codes d'honneur ridicules. Si vous tenez tant que ça à mourir le premier, nous exaucerons votre vœux mais cela n'empêchera pas l'Argonien d'être le suivant. »

Savlian se laissa attraper par les poignets sans protester, ce qui permit à Arnora de voir qu'à ses avant-bras des bracelets enchantés avaient été placés – probablement pour qu'il ne puisse pas utiliser sa magie.

« Venez vous battre à la loyale, bande de sales couards de ragnards ! s'exclama-t-elle en essayant de les arrêter, sans succès. Dès que j'aurais une épée en main, je vous étriperai ! »

— Regardez-moi ça, moqua l'Impérial chauve. Une Impériale qui se prend pour un Nordique. Ne vous impatientez pas, jeune femme, votre tour viendra aussi.

— Vous n'avez pas à avoir peur pour moi, Arnora, dit Savlian avec un sourire serein. Stendarr me protégera et rendra son jugement. Les indignes seront châtiés et les repentis sauvés. »

Son regard s'attarda sur Turpilius, qui détourna vivement les yeux. Son père ne le remarqua pas et fit conduire le Bréton au centre du cercle et le força à s'agenouiller. Les adorateurs des Profonds restèrent en dehors du sceau et attendirent les instructions de leur chef.

« Commencez le rituel. »

Arnora sentit son sang se glacer lorsque deux fanatiques sortirent des dagues et des couteaux et s'approchèrent du Bréton pendant que les autres recommencèrent à réciter des incantations dans une langue étrangère.

La première taillade que Savlian reçut sur le torse le fit serrer les dents mais à la seconde, qui s'étendit le long de son bras, il ne put s'empêcher de laisser échapper un cri de douleur.

« Vous en vous sortirez pas comme ça ! avertit Arnora, qui essayait en vain de tirer les barreaux dans l'espoir qu'ils cèdent. Les Vigiles de Stendarr vengeront cet affront ! Votre hérésie sera punie ! »

Ses menaces se perdirent dans le brouhaha des incantations, les adorateurs des Profonds ne l'écoutant nullement pendant que les cris de Savlian commençaient à se faire de plus en plus audibles.

Jamais de sa vie Arnora ne s'était sentie aussi inutile et elle détestait ça. C'était justement pour sauver les gens de situations aussi critiques que celle-ci qu'elle voulait devenir un Vigile de Stendarr mais que pouvait-elle faire à présent ? Elle ne possédait aucun talent magique pour se sortir de cette cellule.

Elle tapa une derrière fois contre les barreaux de la prison avant de renoncer et de s'appuyer contre eux, fermant les yeux.

Était-ce ici que tout allait finir ? Savlian allait mourir, l'enfant Argonien ensuite et puis ce serait son tour ? Comment les Aedra en lesquels ils croyaient pourraient-ils les aider à sortir d'ici ? Stendarr voyait-il ce qui se passait, regardait-il un de ses fidèles se faire lacérer par des fanatiques sans pouvoir intervenir ? Où était la justice et la miséricorde dans tout ceci ?

Un étrange et discret cliquetis métallique la fit sortir de ses pensées. En ouvrant les yeux, elle fut surprise de voir Turpilius devant la porte de la cage, jouant avec un trousseau de clé jusqu'à en trouver une qui glissa dans le trou de la serrure.

« J-je peux pas laisser faire ça… marmonnait-il précipitamment, comme dans une transe. S-Si père me voit je suis un homme mort m-mais que les Divins soient témoins que j'aurais essayé... »

Personne ne faisait attention à lui, tous obnubilés par le rituel et ignorant la cage légèrement dans la pénombre. Même le bruit de la clé finissant avoir avoir raison de la serrure ne les alerta pas.

Turpilius leva les yeux vers Arnora, ses yeux confus et effrayé comme s'il commençait à douter de ce qu'il venait de faire. Il trouva cependant la force de bégayer :

« S-Sauvez-le avant que les Profonds ne se montrent, pour l'amour des Divins ! »

Il ne fallut pas le lui dire deux fois. L'Impériale se précipita hors de la cage en ordonnant à Turpilius de veiller sur l'Argonien. Cette fois-ci, les fanatiques remarquèrent l'agitation et l'Impérial chauve s'exclama :

« La prisonnière ! Arrêtez-la ! »

Trois Impériaux se dressèrent sur sa route, munis de leurs lames courtes mais Arnora ne se laissa pas impressionnée. Elle sourit et tendit la main en clama d'une voix autoritaire :

« Écartez-vous de mon chemin. »

Une brume verte entoura ses adversaires, qui clignèrent des yeux et s'observèrent avec confusion comme s'ils se demandaient ce qui se passai(. Sous le charme de la Voix de l'Empereur, Arnora en profita pour passer devant eux sans qu'ils réagissent et s'empara de son épée posée sur la table à côté de la cage. Elle planta sa lame dans la gorge, la poitrine et la tête de ses trois adversaires qui, reprenant peu à peu leurs esprits, se retournaient vers elle.

« Voilà pour le jugement de Stendarr », déclara-t-elle en regardant les cadavres s'effondrer au sol.

Il ne restait que deux ennemis, dont l'Impérial chauve avec qui elle avait un compte à régler. Sauf qu'avant ça, elle devait aider Savlian, qui essayait de se relever et ne voyait pas, derrière lui, un Impérial s'approcher, sa dague pointée dans son dos. Arnora agit sans même réfléchir : elle lança son épée sur l'homme. Le bord de la lame le frappa entre les deux yeux et il tomba dans un cri de douleur.

Sur le coup, Arnora se félicita de cette action. Puis elle se réprimanda pour avoir été si imprudente lorsqu'elle entendit le chef des fanatiques courir vers elle, sa maudite massue en main.

Désarmée et sans moyen de se défendre, elle ne put que se jeter sur le côté pour ne pas que sa tête soit explosée. Elle tenta de donner un coup de poing à l'Impérial chauve mais cela fut sans effet sur lui et, pour aller de mal en pis, faillit réussir à la frapper dans les côtes avec son gourdin.

« Arnora ! »

Elle fit volte-face et eut tout juste le temps de s'écarter que Savlian, dans un élan maladroit, se précipita vers l'Impérial chauve, son épée en main. Ce dernier ne s'y attendait pas et n'eut pas l'occasion de réagit : la lame se planta en plein dans son torse, provoquant un flot de sang qui glissa hors de la blessure et coula le long de son corps.

Le Bréton, pâle, regarda son œuvre avec stupéfaction et un air de dégoût comme s'il répugnait ce qu'il venait de faire. Plongé dans son ressentit, il ne vit pas les traits de son ennemi se durcir et celui-ci lever son arme pour le frapper. Arnora le fit cependant et en un éclair, attrapa l'apprenti par les pans de sa robe et le tira en arrière à toute vitesse. Ils tombèrent tous les deux par terre, mais au moins cela épargna à Savlian une deuxième désagréable rencontre avec la massue de l'Impérial.

« M-merci, bégaya le Bréton en grimaçant, se frottant l'arrière du crâne. J'en ai un peu assez de me cogner partout.

— Nous sommes deux alors, déclara Arnora en se relevant. Finissons-en avec ce fanatique et rentrons à Chorrol prendre une journée de repos bien méritée.

— Que les Profonds vous emportent, suppôts de Stendarr ! hurla l'Impérial enragé en les pointant de son arme, ses yeux brillant d'une lueur de démence. Pourquoi faut-il qu'encore une fois, vous veniez vous mettre en travers de la foi véritable ? Est-ce parce que les Divins sont jaloux de ne pas être le centre d'attention pour tous les Impériaux de ce monde ?

— Il est complètement fou… chuchota Savlian, presque impressionné. Est-ce ainsi que sont les adorateurs des Daedra ? Des êtres dépourvus de sentiments, qui s'engouffrent dans un abyme sombre de noirceurs et de sombres dessins ? »

Il frissonna avant d'afficher un air déçu et résigné.

« Même les Divins ne peuvent rien pour ces âmes perdues… »

La posture qu'il prit indiqua à Arnora qu'il était prêt à se battre, sauf qu'apparemment il avait oublié qu'il était avant tout un mage et que ces satanés bracelets à ces bras bloquaient ses pouvoirs. Au moins, maintenant il comprend l'importance d'avoir à se battre, relativisa-t-elle.

Ils n'étaient néanmoins pas encore venus à bout de leur adversaire. Par sa ténacité, elle ne serait pas étonnée que l'Impérial chauve ait du sang d'Orque ou de Rougegarde du côté d'un de ses parents.

Arnora ramassa son épée – qui était tombée au sol quand elle avait tiré le Bréton vers elle – et dit à son partenaire :

« Ne te précipite pas trop non plus. D'abord, il faut qu'on obtienne la clé de ces foutus bracelets.

— Il faut espérer qu'elle soit sur la table, répondit Savlian. Tu peux me couvrir un instant ?

— Je m'en occupe. De toute façon, j'ai un compte à régler avec ce fou furieux. »

Elle se précipita vers l'Impérial chauve, bien décidée à en finir avec lui et se venger de sa terrible défaite tantôt. Malheureusement, une lame contre une massue n'était pas le plus efficace.

Arnora leva son épée au dessus de la tête pour l'abattre sur son adversaire mais celui-ci, anticipant le coup, frappa horizontalement devant lui. Son arme toucha de plein fouet la lame, qui fut repoussée sur le côté. Elle fut forcée de reculer pour éviter une vive attaque de l'Impérial chauve, qui balançait vigoureusement et un peu aléatoirement son arme de droite à gauche devant lui.

Elle souffla. Elle détestait affronter des brutes qui pensaient que frapper dans le vide était une manière de combattre. Cela la poussait à sans cesse rester à l'écart de son adversaire aux frappes désordonnées et hasardeuses jusqu'à ce que celui-ci se fatigue sans s'en rendre compte pour enfin pouvoir contre-attaquer et – en général – en finir avec lui.

Tous ses plans tombèrent à l'eau quand, en parant un coup de massue, son épée céda se brisa en deux dans ses mains.

Elle regarda le morceau de lame cassée encore tenu à la poignée de son arme et jura dans un souffle. Il fallait que ça lui arrive à elle et ce dans le pire moment…

« Savlian, si tu veux intervenir, c'est le moment ! » s'exclama-t-elle en reculant vivement pour ne pas se faire tuer par un coup de massue – en la voyant désarmé, l'Impérial chauve avait redoublé d'efforts.

Elle n'entendit pas la réponse du Bréton mais, du coup de l'œil, le vit clairement venir vers eux. Sauf que ce brève instant d'inattention lui fut défavorable : elle sentit son souffle se couper et ses os être percutés violemment par la massue de son adversaire, ce qui l'envoya au sol. Elle grimaça et s'agita inutilement par terre, incapable de se relever. Même l'adrénaline et la panique de voir l'Impérial chauve s'approcher d'elle ne lui permirent pas de faire fi de la douleur qui traversait son corps.

Arnora jura, sentant que sa dernière heure était venue sans même avoir le privilège de mourir dans un combat épique contre un honorable adversaire.

Avec une satisfaction morbide et un sourire sadique, l'Impérial chauve leva sa massue à deux mains pour l'abattre sur elle. Elle refusa de lui donner le plaisir d'avoir peur et regarda la mort droit dans les yeux.

« Que l'Oblivion vous emporte ! »

Ce n'était pas elle qui avait crié ceci mais Savlian, qui venait de bondir entre elle et son adversaire et en un geste vif, posa ses deux mains sur le torse de l'Impérial chauve et y envoya une puissante décharge remplie d'éclairs.

Le corps de l'homme se mit à briller en même temps qu'il fit pris d'intenses spasmes qui semblèrent durer une éternité avant que tout ne s'estompe et que l'Impérial chauve, les yeux écarquillés, s'effondre en arrière, mort. Arnora regarda le cadavre être parcouru de faible secousses avant de se permettre de sourire et de regarder le Bréton.

« Incroyable intervention, Savlian ! le félicita-t-elle avec sincérité. Je t'en dois une, tu m'as sauvé la vie. »

Le mage rougit, gêné.

« Ce n'était pas grand-chose, assura-t-il en lui tendant son bras. Besoin d'un coup de main ? »

Elle ne refusa pas et accepta qu'il l'aide à se relever. Tout son corps était encore douloureux mais rien qu'elle ne pouvait supporter jusqu'à leur retour à Chorrol.

Comme d'un commun accord tactique, ils se tournèrent vers la cage, où se trouvaient encore l'enfant Argonien et Turpilius. L'Impérial observait piteusement les corps morts par terre en secouant la tête.

Savlian s'approcha de lui, provoquant son recul mais le Bréton ne fit aucun geste menaçant à son égard et se contenta de poser une main sur son épaule en lui offrant un sourire réconfortant.

« Ne vous sentez pas coupable pour ce qui s'est passé, lui dit-il doucement. Grâce à vous, nous sommes en vie et un enfant innocent a été sauvé. Vous avez fait ce qu'il fallait et que Stendarr soit témoin de cela.

— Je… Merci… marmonna Turpilius, toujours mal à l'aise et n'osant pas le regarder dans les yeux. M-mais que vais-je faire maintenant ? V-Vous allez me dénoncer à la Légion Impériale ?

— Alors que vous nous avez sauvé la vie ? Bien sûr que non. »

Savlian tira des pans de sa robe de mage une bourse en cuir et la lui tendit. Puisque l'Impérial le fixa sans comprendre, il la mit dans ses mains.

« Prenez ceci, comme témoignage de notre reconnaissance. Là dedans, vous aurez assez de septims pour refaire votre vie. Je ne vous demande qu'une chose en retour : n'oubliez jamais ce qui s'est passé ici, ce qui se serait passé si vous n'aviez pas décidé de vous opposez à votre père et de libérer mon amie. C'est pour cela que les Vigiles de Stendarr existent : pour que le fanatisme ne détruise pas la vie d'innocents. »

Turpilius hocha faiblement la tête mais ses yeux brillèrent avec conviction.

« Je m'en souviendrai. »

Satisfait, Savlian fit signe à l'Argonien d'approcher et une fois qu'il fut près de lui, se pencha pour lui dire :

« Je sais que c'est dur à croire mais ton cauchemar est enfin fini, bonhomme. Nous allons te sortir d'ici et t'emmener en lieu sûr. »

L'enfant secoua misérablement, ne le croyant pas mais ne s'éloigna pas et le laissa l'entraîner vers l'échelle pour quitter ces lugubres souterrains.

Arnora regarda tout ceci en silence, réfléchissant à ce que Savlian avait dit. Ainsi donc, ce qui les avait sauvé n'était pas la Justice de Stendarr mais sa Miséricorde ? Jamais elle n'aurait pensé que tendre la main à un ennemi la sauverait mais le Bréton venait de lui prouver le contraire.

Elle avait effectivement plus à apprendre de lui qu'elle ne le croyait.

. . .

Une fois de retour à Chorrol et une fois leur rapport fait auprès du prêtre du Temple de Stendarr, qui fut très surpris d'apprendre que non seulement les rumeurs étaient fondées mais qu'en plus, deux novices s'étaient occupés des adorateurs des Profonds – même s'il envoya deux Vigiles s'assurer de la véridicité de ces propos et faire disparaître toute trace de ce culte impie à Coupeterre –, Arnora profita qu'ils prennent du repos sur un des bancs à l'ombre du grand chêne sur la place de la ville en face de la Guilde des Guerriers, pour s'adresser à son partenaire :

« Savlian ? Je… J'aimerais m'excuser. Je t'ai pris pour un incompétent, déclara-t-elle de but en blanc. Je croyais que tu étais le genre de personne à t'être trompé de branche en voulant rejoindre les Vigiles de Stendarr plutôt que le Synode ou le Collège des Soupirs. »

Savlian eut une moue dégoûté.

« Très peu pour moi. Si la magie m'intéressait vraiment tant, je serais allé à l'Académie de Fortdhiver, le seul institut vraiment digne de succéder à la Guilde des Mages depuis sa dissolution.

— Tu veux vraiment rejoindre les Vigiles de Stendarr par amour pour ses principes ?

— Bien sûr. Cela semble si étrange ? plaisanta-t-il. Et toi, pourquoi veux-tu devenir Vigile ?

— J'ai grandi avec les récits héroïques du Septième Champion et du Dernier des Septim. Sans eux, Bruma ne serait qu'une vaste étendue de désolation. Nous vivons dans une ère où nous avons oublié les dangers que représentent les Daedra alors il faut bien que quelqu'un se charge de les empêcher d'envahir Nirn pendant que toutes les races Mortelles s'entretuent. »

Savlian hocha la tête de manière solennelle avant d'ajouter, un sourire en coin :

« Je sais que nous ne nous connaissons pas depuis longtemps mais si je peux me permettre, je trouve que cela te ressemble.

— Je prends ça pour un compliment, dit Arnora. Quoi qu'il en soit, je crois que j'ai plus à apprendre de toi que je le pensais. »

Savlian ne lui répondit pas mais prit un air enjoué qui l'intrigua. Elle l'interrogea silencieusement et il dit :

« Nous sommes comme les facettes d'un même septim. »

Devant son manque de réaction, il se pressa d'ajouter avec une satisfaction non dissimulée :

« Toi tu représentes la Justice et moi la Miséricorde mais ce n'est qu'ensembles et en comprenant les raisons des agissements de l'autre que nous servons efficacement Stendarr. »

Arnora le fixa longuement avant de baisser la tête et de poser une main sur sa bouche, ses épaules se mettant à trembler.

« J-J'ai dit quelque chose qui ne fallait pas ? s'inquiéta aussitôt son camarade. Arnora, ça va ? »

Elle ne put se retenir plus longuement et éclata de rire, sous le regard choqué du Bréton.

« Ne te vexe pas mais vraiment la pire comparaison que j'ai jamais entendue, moqua-t-elle gentiment.

— Quoi ? s'indigna Savlian. Mais elle est très bien ! Arrête de rire et propose quelque chose de mieux, si c'est si ridicule ce que je raconte ! »

Ce premier essai en temps que disciple du Temple de Stendarr ne s'était pas passé comme elle s'y attendait mais Arnora n'était pas déçue. Certes, elle n'avait affronté aucun Daedra mais elle avait appris bien plus en ce jour que si elle s'était engagée dans le domaine de Méhrunes Dagon pour refermer une Porte de l'Oblivion.

Le rôle de Vigile de Stendarr ne se limitait pas à combattre de viles créatures menaçant l'existence des Mortels mais aussi à tendre la main à ceux qui avaient perdu leur chemin pour les ramener dans la lumière et la foi. Elle ne pensait pas cela possible mais cela ne faisait qu'accentuer son désir de rejoindre les Vigiles de Stendarr.

Cela prendrait bien plus de temps que prévu mais elle serait patience. Elle deviendrait une Vigile et servirait la Justice et la Miséricorde de Stendarr.

. . .

« Tu te rends compte ? Après tous ces efforts, nous voici de vrais Vigiles de Stendarr. À part entière !

— Tu es un peu trop enthousiaste à mon goût. Cela nous a pris des mois alors que nous avions les compétences nécessaires depuis bien longtemps…

— Ne sois pas si maussade. Même si nous ne nous en rendons pas encore compte, nous avions tous deux des facultés à améliorer et qui nous serons essentielles à l'avenir.

— Si tu le dis. Sinon, où t'a-t-on envoyé ?

— Je vais sur l'île de Vvardenfell, dans la province de Morrowind. Depuis les morts de Sotha Sil et d'Almalexia du Tribunal en 3E 427, la disparition de Vivec lors de son procès trois ans après et les évènements de l'Année Écarlate en 4E 5, le Temple de Morrowind a perdu beaucoup d'emprise sur les cultes daedriques et ceux-ci commencent à représenter beaucoup de dangers pour les Huit et l'Unique.

— Oui, j'en ai entendu parler mais Vvardenfell n'est-elle pas une île dévastée depuis l'Année Écarlate justement ?

— La régence de Morrowind l'affirme mais nous avons les preuves qu'en presque 200 ans, l'île commence à être repeuplée et selon le Temple de Stendarr, la Maison Rédoran ferait exprès de prétendre le contraire pour s'exercer librement aux cultes daedriques avec le Nouveau Temple des Cathartes, qui prétend suivre la voie tracée par Temple de Veloth. Autant te dire que ça ne plaît pas au Temple de Stendarr, ce regain de foi des Dunmer envers les Princes Daedra.

— Cela semble bien compliqué mais en même temps, la religion dunmer l'a toujours été. Cela promet beaucoup de travail. Sois prudent surtout.

— Je le suis toujours. Et toi, où te rends-tu ?

— Je reste en Cyrodiil pour le moment mais il y a des chances pour que l'on m'envoie en Bordeciel. Comme j'ai grandi à Bruma mais que je suis une Impériale, j'ai des connaissances de la culture Nordique sans pour autant me sentir partisane de la rébellion d'Ulfric Sombrage. J'espère juste qu'on ne m'y enverra pas en hiver.

— Ha, ha ! Quel est le pire d'après toi ? Une chaleur étouffante ou un froid mordant ?

— Les deux sont insupportables mais je crois que je préfère quand même avoir froid plutôt que de me rendre sur une île infestée de monstres plus étranges les uns que les autres. Essaye de revenir en vie.

— Tu n'es pas très encourageante. C'est vraiment dommage que nous n'ayons pas été désignés comme partenaires. Ta compagnie me manquera.

— Moi aussi mais nous nous reverrons bien tôt ou tard lors des conseils du Temple de Stendarr.

— Ou peut-être que tu me rendras visite sur Vvardenfell quand tu auras du temps libre ?

— Jamais de la vie j'irai sur cette île. Si je te manque tant, c'est toi qui viendra en Cyrodiil ou en Bordeciel.

— D'accord, d'accord. Arnora… Que la Justice de Stendarr guide tes pas.

— Et que la Miséricorde de Stendarr te protège, Savlian. »


Cela a été bien plus long que prévu… pour changer. J'aurais pu couper ce prélude en deux parties mais je ne voyais pas trop l'intérêt. Disons que tout le passage à Coupeterre a été plus étoffé que ce que je prévoyais mais j'espère que ce fut tout de même intéressant à lire, je voulais absolument écrire sur la province de Cyrodiil même si je prévoyais plutôt d'écrire sur Skingrad que sur Chorrol et Coupeterre – c'est juste que la quête de Coupeterre de The Elder Scrolls IV m'a inspiré et était parfaite par rapport aux Vigiles de Stendarr.

Ah et cela va sans dire que Savlian Selone est également un OC. J'aimais bien l'idée de l'envoyer dans la province de Morrowind (qui logiquement serait très touchée par les cultes daedriques depuis la fin des dieux du Tribunal et encore plus par les catastrophes survenues ensuite, entre la Crise d'Oblivion et l'Année Écarlate) puisqu'en dehors de Bordeciel, on ne sait pas vraiment grand-chose de la gestion des Vigiles de Stendarr. Je peux supposer que leur « base générale » se trouve à Cyrodiil puisque même si la Crise d'Oblivion a frappé tout Tamriel, son coeur se situait dans la province impériale puisque c'était là que Méhrunes Dagon dirigeait ses plans et j'ai aussi spéculé sur leurs fondateurs parce que je me dis que les Chevaliers de Neuf ne peuvent pas simplement vaincre un Ayléide fou (les évènements de l'extension Knights of the Nine) et se contenter ensuite de petites interventions en restant dans leur prieuré.

Bref, je pense que ça s'est vu : je trouve que l'ordre des Vigiles de Stendarr est très intéressant à étudier. Je précise aussi que, puisqu'on ne sait pratiquement rien d'eux et jusqu'à ce qu'on ait plus d'informations de la part de Bethesda (si un jour on obtient plus d'information, ce qui n'est pas certain…), je me suis permise de théoriser – à fond – sur leurs origines.

À ceux arrivés jusqu'à la fin de ce chapitre interminable, toutes mes félicitations !