Un prélude très « léger » sur Aldaril, sur sa rencontre avec Onmund et Brelyna à l'Académie de Fortdhiver parce que cela me faisait rire d'imaginer comment ils auraient pu devenir camarades.


Prélude : Aldaril III et l'Académie

Soufflegivre 4E 197

Par quelle idée saugrenue s'était-il dit que se rendre à l'Académie de Fortdhiver dans la province de Bordeciel serait une bonne chose ? Bon, en vérité, il savait pourquoi il était venu ici plutôt que de rester dans la province de Cyrodiil : le Synode était un ramassis de mages pédants et faussement fidèles à l'Empire qui pouvait à tout instant jurer allégeance au Domaine Aldmeri pendant que le Collège des Soupirs s'intéressait certes à la magie, dans un sens plus noble avec l'étude d'ouvrages et de structures magiques, mais tout le monde connaissait leur réputation douteuse d'adeptes des cultes daedriques et leur manque flagrant de toute éthique.

Bref, depuis la dissolution de la Guilde des Mages à la fin de la Troisième Ère, il n'y avait plus beaucoup de choix pour les érudits des arcades magiques : l'Académie de Fortdhiver était le lieu le plus propice pour l'apprentissage magique mais qui était le fou qui s'était dit que se rendre dans le coin le plus désolé et glacial de tout Tamriel serait utile pour fonder une université ? Les Nordiques eux-même se moquaient royalement de la magie et les trois quarts des gens dans l'Académie de Fortdhiver venaient des quatre coins du continent et étaient tous sauf des Nordiques.

Non, décidément, cela n'avait aucun sens. Il vivait dans les dortoirs de l'Académie depuis déjà quelques mois mais il ne comprenait toujours rien aux Nordiques et il n'était pas certain de vouloir apprendre à les connaître, eux et leur culture. Il n'était ici que pour recevoir les meilleurs enseignements sur la magie de soin et dès qu'il pourrait, il retournerait dans sa province luxuriante au climat plus clément et se rendrait probablement à Bravil, pour devenir un disciple de Mara.

Ce fut cet état d'esprit, ajouté au fait qu'il était le seul apprenti vraiment intéressé par les cours de guérison de Colette Marence, qui faisait qu'il ne prenait pas la peine de se familiariser avec ses camarades apprentis. Lors d'une rencontre avec l'Archimage Savos Aren, ce dernier avait discrètement laissé sous-entendre que cela était dommage qu'il reste si isolé mais malgré tout le respect que l'Altmer avait envers le Dunmer, il ne cherchait nullement à s'intégrer. Entre les arrogants pénibles – comme Nirya et Ilas-tei – et les ignares paresseux et vraiment pas doués – comme Borvir et Rundi qui passaient plus de temps à boire de l'hydromel à la taverne d'à côté qu'à étudier la magie ou Yirsa qui allait finir par être brûlée vive par ses propres sorts de feu si elle continuait ainsi –, le seul érudit qu'il respectait était Nelacar. Sauf que c'était avant de réaliser que son confrère Altmer était un peu trop intéressé par les rites daedriques. Quelques semaines après leur rencontre, Nelacar était renvoyé de l'Académie et Aldaril ne mentirait pas en prétendant se désoler de la décision de l'Archimage ; au contraire, il l'approuvait.

Il se retrouvait donc dans la Salle des éléments à une heure où celle-ci était déserte, à maugréer contre l'hiver qui commençait à s'abattre sur Bordeciel, qui plus est sur le nord-est de la province.

« Et ces fichus robes de mage qui servent à rien, grommela-t-il en se frottant les bras dans un espoir de se réchauffer. On voit qu'elles sont été conçues par des Nordiques et pour des Nordiques ! »

C'était le même problème avec les lumières magiques : elles éclairaient bien mais contrairement à un feu, ne réchauffait nullement. C'était vraiment une idée de Nordique de créer un institut magique dans une châtellerie aussi désolée et glaciale. Enfin, peut-être ne devrait-il pas dire cela trop fort puisque les légendes racontaient que Fortdhiver serait l'œuvre du célèbre Archimage Shalidor…

« Euh… E-excusez-moi ? »

Aldaril détourna les yeux de son grimoire pour voir qui venait d'entrer. Il se retint de soupirer.

Super, encore un Nordique…

En vérité, il exagérait : les natifs du froid se faisaient rares dans l'Académie, à cause de leur aversion naturelle envers la magie. Celui-ci ne paraissait pas la répugner : il portait une robe marron quelque peu sale, une vieille capuche en lambeaux et regardait autour de lui d'un air soucieux. Aldaril n'avait jamais vu un Nordique habillé de la sorte et si cela l'amusa, il se sentit aussi pris de sympathie pour ce pauvre garçon apparemment perdu.

« Vous faites parti de l'Académie ? lui demanda le Nordique avec hésitation.

— En effet, j'étudie ici, confirma Aldaril. Vous êtes ?

— Onmund, d'Épervine. Je suis venu ici pour suivre un apprentissage dans les arcanes magiques. Une Haute-Elfe à l'entrée m'a dit que je devais m'adresser à… euh, mince, comment s'appelle-t-elle, déjà ?

— Mirabelle Ervine ?

— O-oui, je crois que c'est ça. Vous savez qui c'est ?

— C'est elle qui seconde l'Archimage Savos Aren, en tant que Maître-sorcier. Je crois qu'ailleurs qu'elle est avec celui-ci en ce moment, dans ses quartiers. »

Le Nordique pâlit et bougea nerveusement d'un pied à l'autre.

« Peut-être devrais-je attendre qu'ils aient fini de discuter, alors... »

Aldaril arqua un sourcil. Un Nordique timide ? C'était aussi la première fois qu'il voyait ça.

Ils se dévisagèrent en silence pendant un instant, jusqu'à ce qu'Onmund, mal à l'aise, s'apprête à prendre la parole pour dire quelque chose. Il fut cependant interrompu par Tolfdir, le maître de la magie d'Altération, qui venait d'entrer dans la Salle des éléments.

« Ah, Aldaril ! Vous avez fait la rencontre d'une de nos nouvelles recrues ? Parfait. Dites-moi, jeune homme, avez-vous déjà rencontré Mirabelle ?

— Elle est occupée avec l'Archimage, répondit l'Altmer à la place du Nordique.

— Vraiment ? C'est fâcheux. Ils en auront pour un moment. Pourquoi ne pas montrer les dortoirs à votre nouveau camarade, en attendant ?

— Q-Quoi ? M-mais je suis occupé et…

— Allons, cela ne prendra pas longtemps. Vous retournerez à vos études plus tard, Aldaril. »

Comprenant que c'était plus un ordre qu'une proposition, Aldaril souffla.

« Bien, maître Tolfdir. Suivez-moi, Nordique. »

Ils quittèrent le bâtiment et s'engagèrent dans la cour, où les tempêtes de neige régnaient déjà malgré le fait que le mois de Soufflegivre n'était pas encore fini.

Aldaril ouvrit la porte du Pavillon de l'Accomplissement et fut frappé de plein fouet au visage par une poule complètement hystérique.

Il lui fallut plusieurs secondes pour comprendre ce qui se passait. Oui, il venait bien de prendre une poule en pleine figure, poule qui d'ailleurs battait des ailes dans tous les sens comme si un boucher cherchait à l'attraper. Dans le hall du dortoir, il reconnut ses camarades novices ainsi qu'une nouvelle venue, une elfe noire revêtant une capuche et une robe pourpre qui regardait la scène avec effroi.

« Frangin ! s'exclama Rundi en pourchassant la poule, pendant que Ilas-tei riait aux éclats. T'en fais pas, on va te sortir de là ! »

Ah ! Parce que cette poule, c'était Borvir ? De mieux en mieux.

« Je suis vraiment désolée ! s'excusa à profusion la Dunmer, paniquée. Je n'ai pas fait exprès de le changer en poule ! I-Il m'a bousculé pendant que j'allais ranger mon parchemin e-et le sort est parti tout seul. Qu'est-ce que je peux faire pour arranger la situation ? »

Adossée nonchalamment contre un mur avec un sourire au coin, Yirsa croisa les bras et répondit :

« Je crois que ce serait mieux que vous ne fassiez rien. Vous avez provoqué assez de catastrophe comme ça. »

L'elfe à la peau verte gémit, désemparée.

Aldaril ferma les yeux, inspira un grand coup et compta jusqu'à trois avant de crier :

« QUELQU'UN PEUT-IL M'EXPLIQUER CE QUI SE PASSE ICI, POUR L'AMOUR DE MARA ! »

Après réflexion, il se dit que compter jusqu'à trois n'était pas vraiment nécessaire puisque cela devait lui permettre de se calmer, et non pas de gueuler pour se faire écouter dans ce chaos.

Par contre, la technique de hurler plus fort qu'un orque fonctionnait à merveille puisque tout le monde se tourna vers lui et un profond silence se fit dans la salle. Même la poule – enfin… Borvir – cessa de paniquer et se laissa tomber dans les bras de son frère, qui soupira de soulagement avant d'offrir à Aldaril un sourire maladroit.

« H-Hé, Aldaril ! Pas d'inquiétude, nous avons la situation sous contrôle. Vous êtes bien d'accord avec moi, les autres ? »

La Dunmer secoua vivement la tête, la Rougegarde haussa les épaules et l'Argonien ricana. Ils ne paraissaient pas du même avis que Rundi, qui souffla et croisa les bras en signe de mécontentement – laissant son frère tomber au sol, par la même occasion.

« Il est bon de voir que l'on peut avoir confiance en ses camarades…

— J'ignore ce qui s'est passé ici mais je ne veux pas le savoir, déclara l'Altmer. Vous vous expliquerez avec Maître Ervine. Je venais juste montrer la salle des dortoirs des apprentis au Onmund. Voici chose faite. Je retourne à mes activités et... »

Il n'eut pas l'occasion de finir sa phrase que la porte s'offrit de nouveau. Tous se tournèrent et les étudiants de l'Académie gémirent en voyant que c'était Mirabelle Ervine qui venait d'entrer.

« Que Talos nous vienne en aide… souffla Rundi.

— Je crois qu'il vaudrait mieux s'éclipser… siffla Ilas-tei.

— J'aurais dû partir avant… murmura Yirsa. Même si le spectacle était divertissant. »

Fidèles à eux-même, les trois novices en magie reculèrent lentement jusque vers les escaliers, puis partirent en courant dans ceux-ci pour pouvoir s'enfuir par la porte menant aux chemins de ronde du fort. Rundi réapparut rapidement pour attraper la poule qu'il avait oublié et reprendre le même chemin.

« N'oubliez pas de vous rendre auprès de maître Tolfdir pour qu'il trouve le moyen de faire revenir votre jumeau à sa forme normale, lui dit Mirabelle en le regardant monter à toute vitesse les escaliers.

— Vous les laisser s'en aller, maître Ervine ? s'étonna Aldaril.

— Ils n'iront pas bien loin. En attendant, j'aimerais des explications sur ce qui s'est passé ici. »

Aldaril vit là l'occasion de retourner à ses études et fit un pas en direction de la porte, seulement pour être interrompu :

« Restez ici, Aldaril. Vous avez assister à la scène et être un étudiant assidu. Il me faut votre version des faits. »

Il gémit. Qu'avait-il fait aux Huit Divins pour qu'ils le pensent mériter d'être si malchanceux ? Il retourna dans le hall, auprès du Nordique qui observait la scène avec appréhension – et un peu d'incompréhension : il se demandait probablement s'il lui fallait rester ici ou s'il pouvait partir mais en même temps, il devait parler à Mirabelle Ervine et elle était devant lui donc mieux valait attendre – et la Dunmer, qui priait les dieux du Temple de Morrowind de ne pas se faire expulser avant même d'avoir pu être inscrite dans l'Académie.

Si ces deux là allaient vraiment être de nouveaux étudiants de l'Académie, peut-être l'Archimage devrait-il reconsidérer les néophytes qu'il laissait entrer dans son institut, parce que là ça commençait à faire beaucoup de débiles dans un même endroit.

. . .

La Dunmer s'appelait Brelyna Maryon et comme prévu, elle venait pour intégrer l'Académie au même titre qu'Onmund. Il serait fastidieux pour les maîtres d'en faire des mages accomplis vu la maladresse de la première et l'art de toujours hésiter de l'autre mais Aldaril reconnut quand même qu'ils étaient bien plus motivés et studieux dans l'apprentissage des arcanes magiques que ses camarades. Il fallait juste vérifier combien de temps cette bonne volonté durerait. En général ils baissaient les bras à la dixième tentative ratée d'un même sort pourtant de niveau novice.

Leur ténacité souleva néanmoins une problématique intéressante aux yeux d'Aldaril : fallait à tout prix persévérer dans l'effort même en échouant à chaque fois ou finir par laisser tomber devant le manque d'évolution flagrant ? C'était une question qui valait la peine d'être posée en voyant leurs essais plus catastrophiques les uns que les autres de Brelyna et Onmund mais ni l'un ni l'autre ne se laissaient décourager.

Puis il y avait une autre question hautement plus importante : pourquoi, par les Neuf Divins, ces deux là semblaient tant l'apprécier ? Sans qu'il n'en comprenne la raison, le Dunmer et le Nordique s'étaient apparemment pris de sympathie pour lui et lorsqu'il se retrouvait seul pour étudier, l'apostrophaient soit pour discuter avec lui soit pour lui demander de l'aide sur un sujet quelconque.

S'il n'était pas aussi respectueux envers ses supérieurs, Aldaril soupçonnerait presque que cela était un complot de l'Archimage et des maîtres de l'Académie. Pourquoi cela n'entrait-il dans l'esprit de personne qu'il préférait être seul que mal accompagné ?

Il fut d'autant plus convaincu de l'implication des maîtres de l'Académie un jour où Sergius Turrianus, maître dans l'art des enchantements magiques, lui proposa d'aller voir d'étranges runes qui auraient été aperçues non loin de la Mer des Fantômes, en compagnie de Brelyna et Onmund pour leur montrer comment repérer et étudier des enchantements en pleine nature, puisque lui-même, pour une raison inconnue, ne pouvait pas le faire dans l'immédiat – les rumeurs couraient comme quoi il essayait d'obtenir l'autorisation du jarl de Fortdhiver et du Haut-Roi Torygg d'entreprendre des fouilles dans les ruines de l'antique cité de Saarthal.

Trouver le cercle runique ne fut pas dur en soi. Il suffisait d'éviter un smilodon des neiges qui rôdait sur la route, les ours des neiges et les loups des glaces qui traînaient près des icebergs qui bordaient la plage et le plus grand danger était passé. Ces animaux sauvages étaient à l'image de la châtellerie : féroces et impitoyables, avec peut-être parfois un peu trop d'acharnement – Aldaril se souviendrait toujours du jour où un maudit smilodon des neiges l'avait pourchassé sur des kilomètres pour se faire un ragoût d'elfe au petit-déjeuner…

En arrivant sur le mont de glace relativement proche indiqué par maître Turrianus, Aldaril fut presque certain que ce dernier devait être venu ici pour placer lui-même cette rune aux lueurs bleutées : l'enchantement, gravé sur une grande dalle de pierre, était franchement des plus simples et n'avait en vérité rien à faire là.

Sinon quel sinistre idiot se serait vraiment amusé à se rendre ici en particulier pour tracer un cercle d'enchantement destiné à faire chauffer la surface à l'intérieur du rond, comme pour en faire un foyer miniature. À moins d'être très nul en magie de destruction au point de ne pas savoir créer une simple flamme ou d'être incapable de créer un feu de camp à l'aide de quelques branches mortes et des silex, un telle enchantement ne servait strictement à rien.

Donc après réflexion, peut-être que cet enchantement était une idée de Rundi et Borvir : les jumeaux aimaient bien faire des choses complètement inutiles.

Enfin, il n'était pas venu ici pour juger des compétences magiques des jumeaux. Il secoua la tête et se tourna vers Brelyna et Onmund, qui fixaient l'enchantement avec scepticisme.

« Alors ? s'enquit-il. L'un de vous peut-il me dire par quel moyen on devine que ces runes sont magiques ?

— Euh… Parce qu'elles sont bleues ? » proposa Onmund.

D'accord, ça partait déjà très mal, cette leçon improvisée…

« Je repose ma question, avec un peu plus de précision : si vous êtes dans une situation critique, comme avec un ennemi qui vous poursuit ou en pleine tempête de neige qui vous empêche de voir quoi que ce soit à plus de trois pieds devant vous… comment repérez-vous des runes ou des enchantements ?

— Mais pourquoi nous retrouverions-nous dans une telle situation ? question le Nordique, confus.

— Vous êtes en train de dire que nous pourrions nous faire agresser lors d'expéditions de l'Académie ? s'inquiéta la Dunmer en sortant un livre de sorts de sa besace. Qu'a dit maître Tolfdir déjà sur les moyens de défenses ? Le meilleur sort est bien le Corps de Chêne ou est-ce Moindre Barrière ? C'est lequel déjà qui est de la magie de guérison ? Je les confonds toujours...

— C'est Moindre Barrière, le sort qui fait parti de la branche de magie de guérison, répondit Aldaril avant de froncer les sourcils et de secouer. Qu'est-ce que je raconte, moi ? C'est pas le sujet ! Nous sommes pas sur la magie d'Altération ou de Guérison mais sur les natures des enchantements et…

BOOM !

Un soudain bruit d'explosion l'interrompit dans ses réprimandes. Il tourna vivement la tête et vit Onmund, affalé par terre et couvert de suie.

« Par les Neuf Divins, peut-on savoir ce que vous avez fait, Nordique ? s'exclama Aldaril.

— J-je voulais voir si cet enchantement était un vrai, répondit Onmund en se relevant, passant une main à son cou en souriant maladroitement.

— Ne me dites pas que vous avez posé vos mains dessus…

— Bien sûr que non ! »

Devant l'expression sceptique de l'elfe, il ajouta en grimaçant :

« Par contre, j'ai peut-être essayé de le déclencher en envoyant un sort d'Étincelle dessus ?

— Et personne ne vous a dit que la magie de feu et la magie d'éclair ne font pas bon ménage ?

— Euh… non ?

— Hé bien maintenant vous le savez. Heureusement pour vous qu'il s'agissait d'un simple enchantement et non de runes de destruction. Vous auriez eu bien plus mal, et vous auriez perdu vos bras par la même occasion.

— Q-Quoi ? »

Malheureusement, en balançant des éclairs de faible intensité sur l'enchantement, celui-ci s'était désintégré. Il n'y avait donc plus de sceau magique à étudier… Peut-être que cela était un signe des Neuf Divins qui essayaient de leur faire comprendre qu'il ne fallait surtout pas que ces deux là insistent pour en apprendre plus sur les enchantements ?

Il partit de cette conclusion, ne serait-ce que pour pouvoir rentrer à l'Académie pendant qu'il faisait encore beau dans la région et ainsi ne pas finir ensevelir sous une tempête de neige inattendue comme c'était une spécialité dans cette maudite châtellerie.

Juste au moment où il pensa à cela, un étrange hurlement se fit entendre au loin. Aldaril gémit. Cela ressemblait au souffle d'un blizzard qui se rapprochait.

Au même moment, il vit Onmund sursauter à côté de lui.

« Oh non… marmonna le Nordique. Je crois qu'il y a une meute de loups non loin.

— Comment pouvez-vous savoir ça ?

— Quand on vit dans une province aussi inhospitalière que Bordeciel, on apprend à reconnaître les cris de certains animaux féroces pour les éviter.

— Ah, d'accord… »

Décidément, cette satanée région gelée n'avait que des qualités ! Avec toutes ces créatures prêtes à vous agresser à chaque route, il ne manquait plus que des dragons menaçant le ciel pour que Bordeciel n'ait pas à rougir d'un royaume de l'Oblivion…

« Une meute de loups ? répéta Brelyna en écarquillant les yeux, réalisant ce que cela impliquant. Vous pensez qu'ils viennent vers nous ?

— N-non, rassura Onmund, ses yeux fuyant. Ils doivent… euh… passer non loin de nous mais il n'y a pas de raison à ce qu'ils nous repèrent sauf… »

Des grognements l'interrompirent. Les trois apprentis gémirent alors que quatre loups au pelage blanc apparurent non loin devant eux, crocs et griffes sortis.

« Sauf si une certaine personne attire leur attention avec une explosion, râla Aldaril en jetant un regard noir à Onmund.

— D-Désolé... »

Brelyna laissa échapper un cri d'effroi et se mit à fouiller à toute vitesse dans son sac, à la recherche d'un parchemin qui pourrait repousser les canidés pendant qu'Onmund hésita sur le sort à employer contre eux.

« Sotha Sil, Almalexia, Vivec, protégez-nous… marmonna Brelyna à toute allure.

— Je ne veux pas mourir dévorer par des loups, par Talos ! » s'exclama Onmund, tout aussi désemparé.

Aldaril soupira et leva les yeux au ciel. Encore une fois… qu'avait-il fait aux Huit et l'Unique pour mériter ça ?

Bon, il se décida à intervenir avant que les loups aient en effet la bonne idée d'essayer de les attaquer ou que ses coéquipiers ne se tuent accidentellement avec leur magie assez hasardeuse.

Il leva nonchalamment une main devant lui et ferma les yeux, se concentrant. Une pâle énergie verte sphérique apparut dans sa paume droite et il l'envoya sur les loups. Ceux-ci se virent enveloppés d'une lumière trouble et toute agressivité en eux s'évanouit aussitôt. Les quatre canidés penchèrent la tête sur le côté avant que l'un d'eux pousse un hurlement et qu'ils partent en courant.

Aldaril sourit, satisfait de les avoir tiré d'affaire avec une parfaite utilisation du sortilège Calme – alors que la magie d'Illusion n'était pourtant pas sa spécialité, loin de là.

« Vous voyez ? Ce n'était pas si difficile. Il n'y avait pas besoin de céder à la panique. »

Intrigué par le manque de réponse de Brelyna et Onmund, il se tourna vers eux, puis se recula, mal à l'aise sous leurs regards incrédules qu'ils lui lançaient.

« Euh... Puis-je savoir pourquoi vous me regardez comme deux Khajiit devant une caisse de skooma ?

— Parce que vous avez été incroyable, déclara Onmund, ébahi. C'est donc de cette manière que se pratique la magie quand elle est bien maîtrisée ?

— C'était vraiment impressionnant, approuva Brelyna – toute trace d'inquiétude disparue. J'ai hâte d'être à votre niveau. Vous pourriez me montrer comment réussir un tel sort ?

— Oh, moi aussi j'aimerais l'apprendre ! Je sais que vous êtes déjà de niveau apprenti alors que Brelyna et moi ne sommes que des novices mais nous pourrions étudier ensemble, qu'en dites-vous ?

— C'est une très bonne idée, Onmund. Travailler en groupe est toujours plus efficace que seul. »

Aldaril se retint de se prendre la tête entre les mains. Quelle erreur venait-il de faire ? Plutôt que de débarrasser d'Onmund et Brelyna, voilà que ceux-ci l'appréciaient encore plus !

Cela lui apprendra à vouloir devenir un disciple de Mara, avec toutes ces idées d'aider les autres et toutes ces bêtises…

. . .

Quand ils retournèrent à l'Académie de Fortdhiver, avec Onmund et Brelyna toujours admiratifs de ce qu'il avait fait pour que les loups s'en aillent, ils croisèrent Savos Aren en grande discussion avec Mirabelle Ervine devant la statue de Shalidor.

En passant près d'eux, Aldaril fut certain de voir l'Archimage et son Maître-Mage esquisser un sourire et maugréa.

Il savait que tout le monde complotait contre lui…


En vérité, je ne sais absolument rien du Synode ou du Collège des Soupirs puisque Skyrim ne donne pas beaucoup d'éléments à leurs sujets et que je n'ai pas lu la Cité Infernale. Ce ne sont donc que des spéculations de ma part concernant ces deux instituts.

Ah et je ne me rappelle plus exactement la couleur ou la forme du sort Calme – parce que je n'utilise jamais la magie d'Illusion – donc il se peut que je me trompe concernant son « apparence ».

De plus, si vous vous demandez qui sont Rundi, Borvir & compagnie, ce sont des apprentis de l'Académie de Fortdhiver dont on entend un peu parler et qui sont liés à une quête secondaire de l'Académie – quête par ailleurs partiellement buggé, du moins de ce que j'ai lu puisque je ne l'ai jamais faite mais étant donné tous les bugs qu'il y a dans Skyrim et qui donnent des envies de meurtre au bout de deux heures, je n'ai aucun mal à y croire.