Et voici le dernier chapitre bonus de cette histoire ! Et comme pour l'autre, nous allons croiser le chemin d'un Prince Daedra. À mon grand soulagement, je n'ai pas eu besoin de le séparer en deux parties – j'ai réussi à ne pas trop m'égarer et à rester dans le principal. Bon, il fait quand même 6 000 mots plutôt que les 3 000 – 4 000 mots prévus mais bon, je reste positive, ha, ha…
Chapitre bonus : Les Îles Trémensides
Vifazur 4E 199
« Humph… Vous êtes sûr que c'est ici ?
— Argh, c'est la troisième fois que vous me le demandez, elfe ! J'en suis sûr ! Mon informateur m'a dit qu'il avait vu cette porte dans le donjon Chépadchence où un Seigneur Draugr régnait et serait mort après bu un verre d'eau parce que pas de chance, il était allergique à l'eau !
— Vous êtes sûr qu'il a pas trop bu, votre informateur?
— Non, il était sobre par la barbe d'Ysgramor ! »
Aldaril n'était pas convaincu par les propos de Tharsten. Il sentait que tout ceci allait mal finir et d'une certaine façon, c'était sa faute. Il n'aurait jamais dû révéler au Nordique qu'il avait récemment appris que les Mortels pouvaient se rendre dans le royaume du Prince Daedra de la Folie s'ils trouvaient un portail ouvert par Shéogorath – qui, s'ennuyant, tentait parfois les naïfs et inconscients curieux en quête de gloire et qui ressortaient très rarement de son domaine.
Enfin, pour sa défense il ne pensait pas que Tharsten croirait vraiment à cette histoire farfelue de portail permettant de rejoindre les Îles Trémensides et voilà qu'à son grand dam, plutôt que de jouer correctement son rôle de mercenaire chez les Compagnons de Jorrvaskr, il avait réussi à trouver quelqu'un capable de lui indiquer un obscur donjon inconnu de tous dans lequel aurait été aperçue une porte permettant l'accès au domaine de Shéogorath.
Il n'y avait qu'un Nordique pour être si… imprévisible, et stupide.
« Vous ne voulez pas que l'on reporte ça à une autre fois ? proposa Aldaril. J'ai mon examen pour devenir Maître en magie de guérison dans un peu plus d'une semaine et j'aimerais pouvoir le passer et pour ça, il faut que je reste en vie. Avec votre idée de se rendre dans les Îles Trémensides, ce n'est pas certain que l'on revienne en vie…
— Vous êtes vraiment un couard, vous ! s'exclama Tharsten.
— Je ne suis pas lâche mais je considère qu'avec vous, j'ai à craindre pour ma vie. Surtout avec votre lubie d'en avoir rien à faire si vous vous attirez les foudres d'un Prince Daedra… Vous allez nous faire tuer un de ces jours, vous le savez ?
— Oh, cessez donc d'être si pessimiste et allons-y ! L'aventure nous attend, dans des terres nouvelles et inexplorées dont nous avons tout à découvrir. N'est-ce pas excitant ?
— Non. »
Ils pénétrèrent dans le donjon, qui ne présenta aucun danger puisque le ''contact'' de Tharsten avait fait le ménage et l'avait débarrassé de tous les draugrs, squelettes et autres morts-vivants qui pouvaient rôder dans les alentours – ce qui était assez pratique.
Ils arrivèrent donc devant une Porte d'Oblivion menant au domaine du Prince Daedra de la Folie, un monument en pierre représentant trois têtes aux gueules grandes ouvertes.
« Vous êtes vraiment sûr de vous, Tharsten ? demanda une dernière fois Aldaril en déglutissant. Allez, au nom de tous les Divins, soyez raisonnable et repartons. Cela n'en vaut pas la peine !
— Comment ça, ça n'en vaut pas la peine ? Au contraire ! On rencontre Shéogorath, on le prie de retirer ce fichu lien de sang et nous voici libéré des chaînes qui nous lient l'un à l'autre ! Ce sera simple comme bonjour. Vous savez, les Daedra on s'en fait toute une histoire mais ils ne sont pas si dangereux que ça.
— Vous avez fait comme votre informateur ? Vous avez trop bu du skooma ? Non parce que pour dire que les Daedra ne sont pas dangereux, il soit être drogué, soit être en plein délire. Vous voulez que je vous rappelle Méhrunes Dagon et la Crise d'Oblivion en 3E 433 ? Ou bien la Guerre des Alliance durant la Deuxième Ère où Molag Bal…
— Argh, vous m'agacez ! Passez cette porte maintenant avant que je vous y force, elfe ! »
Aldaril s'exécuta en grommelant. Il pria tour à tour les Huit et l'Unique de l'aider à survivre à cette très dure épreuve et traversa la Porte, suivi par un Tharsten impatient.
La première chose dont l'Altmer prit note fut son envie de vomir. Passer une porte entre deux espaces-temps était une expérience… singulière et très désagréable, mais moins douloureuse qu'il l'imaginait.
Puis les Îles Trémensides apparurent à ses yeux. Le Royaume de la Folie était à l'image de son roi : des champignon aussi grands que des arbres se tordaient dans tous les sens, des racines géantes occupaient les hauteurs et des plantes plus étranges les unes que les autres étaient visibles à même le sol. Un tel spectacle était très différent des terres de Bordeciel.
Néanmoins, Aldaril se sentait presque… déçu. Il s'attendait à plus impressionnant, plus effroyable. Certes, il ne désirait pas se retrouver dans le domaine de Méhrunes Dagon comme le Héros de Kvatch mais là… là il avait juste l'impression d'être dans une version quelque peu distordue de l'île de Vvardenfell. Il n'y avait évidemment jamais mis les pieds mais son père et son grand-père lui en avaient tant parlé, lui avaient donné tant de livres sur la province de Morrowind qu'il pouvait presque parfaitement la visualiser.
Donc, les Îles Trémensides ressemblaient à Vvardenfell, en moins rouge. Il n'y avait pas grand-chose d'extraordinaire là-dedans, ce qui le rendait confus quant au regard incrédule affiché par le Nordique à côté de lui.
Pendant que Tharsten resta impressionné par ce qu'il voyait, Aldaril réfléchit à où ils devaient se rendre parce que c'était bien beau d'être entré dans le royaume du Prince Daedra de la Folie, mais ils n'avaient aucun idée d'où celui qu'ils cherchaient pouvait être.
« Ha ! De nouveaux arrivants ! »
Ils sursautèrent tous les deux en voyant approcher d'eux, apparue de nulle part, une Elfe Noire. La Dunmer affichait un grand sourire inquiétant et paraissait un peu trop enthousiaste en venant vers eux.
« Il y a des Mortels ici ? s'étonna Tharsten en chuchotant.
— Il fallait s'y attendre, lui répondit Aldaril sur le même ton. Si les Mortels peuvent entrer sur les Îles Trémensides, il est logique que le Prince Daedra de la Folie ait réussi à en embrigader certains pour qu'ils décident de vivre ici. »
— Je suis Almalexia Verenim, se présenta la Mer. C'est moi qui suis chargée de guider les nouveaux venus dans l'Orée. D'ailleurs, puisque vous venez d'arriver, tenez ! »
Elle sortit d'un sac un livre en cuir et le tendit à Aldaril, qui l'accepta avec hésitation et méfiance avant d'en lire le titre : Guide des Îles Trémensides pour Aventuriers Perdus et Idiots. C'était la première fois de sa vie qu'un livre l'insultait.
« L'Orée ? répéta Tharsten. Est-ce le nom de cet endroit ?
— Oui, c'est la partie dédiée à ceux qui veulent entrer dans le domaine de notre seigneur. C'est ici que vous attitudes sont mises à l'épreuve pour voir si vous êtes dignes de voir les Îles Trémensides. Venez, je vais vous diriger vers Colmur. »
Aldaril et Tharsten s'observèrent en silence, se questionnant sur la possibilité que suivre une inconnue dans des terres encore plus inconnues était peut-être pas une de leurs meilleures décisions. Sauf qu'ils n'avaient la moindre idée d'où se rendre et se résolurent donc à suivre la Dunmer.
Colmur leur apparut rapidement entre les champignons géants. C'était un village constitué de plusieurs maisons en pierre et en bois, avec parfois des racines géantes entre les habitations.
« C'est incroyable de se dire qu'un lieu pareil existe, s'exclama Tharsten.
— Je ne vois pas ce qu'il y a de si étonnant, rétorqua Aldaril. Cela ressemble à Seyda Nihyn, en plus moche…
— À quoi ?
— Laissez tomber. Par contre, comment cela se fait-il qu'il y ait tant de constructions par ici ? C'est un village daedrique ? »
Bien que c'était la seule hypothèse qui lui venait à l'esprit, lui-même n'y croyait pas : les passants dans les rues de ce village ne ressemblaient en rien à des Daedra. C'étaient des Mortels des plus communs.
« Colmur est un village fondé par des aventuriers bloqués devant les Portes de la Folie, expliqua leur guide improvisé. Au début ce n'étaient que quelques voyageurs déterminés à pénétrer dans le territoire de notre seigneur mais depuis plusieurs décennies, les Mortels se sont faits de plus en plus nombreux et ceux échouant à l'épreuve restent ici.
— Drôle d'idée de venir passer ses vacances ici… marmonna Tharsten.
— Ils sont de plus en plus nombreux ? répéta Aldaril, incrédule. Mais pourquoi ?
— Pour affronter notre seigneur, bien sûr. C'est apparemment ainsi depuis que cet étranger en armure bénite est entré dans les Îles Trémensides et a aidé notre seigneur à vaincre définitivement Jyggalag.
— Un étranger en… oh ! Vous voulez parler du second Croisé Divin ?
— Le quoi ? demanda Tharsten, perplexe.
— Le second Croisé Divin. Enfin, le Héros de Kvatch, si vous préférez.
— Ha, lui ! Fallait le dire plus tôt. Attendez… Qu'est-ce que le Héros de Kvatch ficherait ici ? »
Cette fois-ci, ce fut à Aldaril de regarder le Nordique avec perplexité.
« Vous ne connaissez pas la légende du Héros de Kvatch ?
— Dans les grandes lignes mais pour les détails, je crois qu'il n'y a que les gens de Cyrodiil pour s'en intéresser.
— C'est consternant, mais soit… Après la Crise d'Oblivion, le Héros de Kvatch a refondé l'ordre des Chevaliers des Neuf et rassemblé les Reliques du Croisé Divin pour affronter Umaril, un roi ayléide qui essayait de revenir sur Nirn. Après l'avoir vaincu, le Héros de Kvatch s'est rendu près de Bravil et a traversé la Porte de la Niben pour entrer dans les Îles Trémensides. Nous ne savons pas exactement ce qu'il y a fait mais savons qu'il a aidé Shéogorath à défaire Jyggalag et, puisqu'il n'est jamais réapparu en Cyrodiil, on pense qu'il est soit mort dans le royaume du Prince Daedra de la Folie soit qu'il est devenu Shéogorath lui-même. »
Tharsten croisa les bras.
« Vous êtes en train de dire que le Héros de Kvatch, un des plus grands guerriers de Tamriel, serait Shéogorath, le Prince Daedra de la Folie ?
— Certains le pensent, oui… »
Aldaril n'aimait pas l'expression pensive qu'affichait le Nordique. Cela n'annonçait rien de bon.
« Ne me dites pas que… hésita-t-il avant de finalement se décider à dire : Vous voulez le défier ?
— Et pourquoi pas ? rétorqua aussitôt Tharsten avec enthousiasme. Vous vous rendez compte de l'occasion unique que ce serait, de pouvoir affronter quelqu'un comme ça ? Ce serait un duel épique !
— Plutôt tragique, rectifia sèchement le Haut-Elfe. Vous avez consommé trop de Sucrelune ou quoi ? Dois-je vous rappeler que votre adversaire serait celui ayant fermer plusieurs Portes d'Oblivion, fait face à des dizaines de Daedra plus dangereux les uns que les autres, vaincu un roi ayléide fou grâce à un équipement magique et béni par les Divins et, qui plus est, a défait le Prince Daedra de l'Ordre ? Qu'avez-vous comme palmarès, vous ?
— La valeur d'un guerrier ne se mesure pas par ses titres, protesta dignement Tharsten.
— Il n'y a que quelqu'un n'en possédant aucun pour dire ça. Alors maintenant cessez de raconter n'importe quoi et trouvons un moyen de rencontrer Shéogorath non pas pour l'affronter mais pour lui demander de retirer le lien de sang qui nous unit. Vous savez, la raison même de notre présence ici. »
Almalexia Verenim, qui avait écouté leur échange en silence, leur offrit un sourire sadique et impitoyable et leur dit d'une voix faussement aimable :
« Si vous tenez à rencontrer notre seigneur, il vous faudra d'abord pour montrer dignes d'entrer dans son domaine en surmontant l'épreuve des Portes de la Folie. Si vous vous sentez prêts, suivez-moi.
— Je ne sais pas ce qu'elle nous réserve mais vu sa joie, ça n'augure rien de bon… » souffla Aldaril à Tharsten, qui hocha la tête.
Les craintes furent confirmées quand, en chemin, l'Elfe Noire se mit à leur parler du Gardien des Portes, un Atronach de chair assez particulier, semblable à un géant qu'on aurait assemblé par différents morceaux de chairs – cette simple image suffit à rendre Aldaril malade.
« Si vous arrivez à le défaire et à prendre sa clé, le domaine de notre seigneur s'ouvrira à vous, conclu Almalexia Verenim. Sinon vous serez bloquer ici jusqu'à être en mesure de le vaincre ou si vous décidez de faire demi-tour et de retourner dans votre plan d'existence.
— Un géant ? répéta Tharsten, en pâlissant. J'espère que vous exagérez car il n'y a rien de plus dangereux en ce monde qu'un géant – en dehors des Princes Daedra. »
Aldaril hésita à lui demander où était passé l'audacieux Nordique prêt à affronter Shéogorath lui-même mais se dit que ce n'était peut-être pas le meilleur moment pour se disputer avec son compagnon et resta muet. En vérité, lui aussi ne se sentait pas très rassuré : il avait déjà entendu parler des Atronach de chair et ne tenait pas à en rencontrer un. Il se remémora rapidement tous les sorts utiles contre les morts-vivants, au cas où.
Décidément, très bonne idée du Nordique de venir ici…
« Nous voilà ! s'exclama la dunmer avec une impatience non dissimulée. Si vous venez à mourir, me permettrez-vous de récupérer vos cadavres ? J'ai besoin d'organes comme des cœurs ou de poumons pour mes expériences et… hein ? »
Elle se tut, aussi perplexe que Tharsten et Aldaril quand ils arrivèrent sur une place pavée devant deux grandes portes – une bleue et l'autre rouge, sans nulle doute les Portes de la Folie – et… aucune menace à l'horizon.
« M-Mais où est le Gardien des Portes ? demanda Almalexia Verenim en secouant la tête dans tous les sens. Et pourquoi les portes sont-elles ouvertes ? Ne me dites pas que… argh, non ! Cela doit encore être un coup de ces malotrus d'aventuriers fourbes ! »
« Hic ! Da-dame Verenim ! s'exclama un Impérial en s'approchant, un sourire béat aux lèvres et une bouteille de skooma en main. V-vous cherchez votre… hic ! Petite expérience ? I-Il est allé boire un verre quand… hic ! Un aventurier a offert la tournée. Un chic type ! Hic !
— Quoi ? s'indigna l'Elfe Noire en tapant du pied. Qu'est-ce que j'ai raté dans l'expérience pour que cette créature soit un ivrogne ? »
Aldaril et Tharsten échangèrent un regard, un message silencieux passant entre eux. Ils se reculèrent doucement et discrètement vers les portes, sans que leur guide ne le remarqua, bien trop prise dans son accès de colère. Finalement, oubliant complètement leur existence, Almalexia Verenim s'en alla, traînant avec elle l'Impérial soûl.
« Une bonne chose de faite ! déclara Tharsten avec un sourire satisfait. Bon, que fait-on maintenant ? Vous savez quelle porte nous devons prendre ?
— Le guide me dit qu'à cet instant, nous devons choisir entre deux régions des Îles Trémensides. Soit nous allons vers Démentia – qui représente le côté psychotique du royaume où les gens sont malheureux, paranoïaques et agressifs – soit nous allons vers Mania – le côté subliminal où résident les âmes heureuses, exaltées et artistiques… »
Avant que Tharsten ne puisse dire quoi que ce soit, Aldaril ferma le livre et lui jeta un regard ennuyé :
« Je sais déjà ce que vous allez proposer et c'est non. Nous allons à Mania.
— Quoi ? gémit le Nordique. Mais ça à l'air ennuyeux, à Mania.
— Ce n'est pas mon problème. Si vous voulez vraiment ressentir de l'adrénaline, quand nous retournerons chez nous je vous offrirai de quoi prendre la mer pour vous rendre à Vvardenfell. Là vous en aurez, de l'aventure dans des terres chaotiques et dangereuses avec des créatures plus bizarres les unes que les autres. »
Sans laisser à son camarade le temps de protester, il l'attrapa par le col de sa tunique verte – un des avantages que Tharsten ait rejoint les Compagnons était le fait qu'il ne portait plus son affreuse tenue de Sombrage – et le traîna de force vers la porte menant à Mania.
Cette région était très différente de l'Orée : si elle aussi était composée de beaucoup d'étranges champignon géants et distordues, elle se constituait principalement d'une végétation luxuriante rappelant les contrées verdoyantes de la région de la Colovie dans la partie occidentale de Cyrodiil.
« C'est assez joli par ici, commenta distraitement Tharsten. On dirait la châtellerie de la Brèche, en été ou en automne. Par contre, il n'y a pas la moindre brise de vent. Vous savez où nous allons, au fait ?
— Oui, il y a une carte dans le guide. New Sheoth est la capitale des Îles Trémensides et c'est là-bas que réside Shéogorath. Ce n'est pas très loin, enfin je crois. Le Royaume de la Folie est moins grand que ce que j'imaginais.
— Il semblerait. Si tous les domaines daedriques sont comme ça, c'est pas étonnant qu'ils tentent sans cesse d'envahir Nirn. Ils doivent s'ennuyer à mourir, chez eux.
— Vous avez raison, pauvre d'eux…
— Vous vous moquez de moi, là ?
— Oui. Vous n'aviez pas remarqué ?
— Hé…
— Quoi ? Vous êtes vexé ?
— Non mais… vous n'avez rien entendu ?
— Le bruissement du feuillage, et alors ? C'est normal avec… »
Aldaril se tut. Il n'y avait pas de vent. Comment les feuilles pouvaient-elles bouger ?
Il eut rapidement sa réponse, quand un mouvement venant d'un bosquet non loin attira leur attention. Il en avait déjà vu des choses étranges dans sa vie mais un arbre capable de se mouvoir et de venir vers eux d'un air menaçant, ça jamais.
« Un arbre qui bouge ! s'exclama Tharsten en sursautant. On est où là, dans le Marais Noir ?Vous les elfes aimez bien parler à la végétation, si je ne m'abuse ? Vous ne voulez pas essayer de le résonner en lui expliquant qu'on ne lui veut aucun mal ?
— Vous vous fichez de moi ? rétorqua Aldaril. Vous m'avez pris pour un Elfe des bois ? Je suis un Altmer, moi ! Je ne parle ni aux arbres ni aux animaux ! »
Tharsten marmonna dans sa barbe à propos de ''l'inutilité des elfes'' avant de se décider à dégainer son épée et de foncer sur le monstre arborescent.
« Attendez, idiot de… ! »
Comme prévu, l'épée du Nordique se planta dans le monstre… qui parut complètement indifférent de l'arme qui traversait son corps de bois. Tharsten cligna des yeux, perplexe. Puis il essaya de tirer sur la poignée de sa lame, sans succès.
L'arbre vivant crie et le frappa violemment, l'envoyant au sol. Tharsten se frotta l'arrière du crâne en grimaçant.
« Euh… Haut-Elfe ? Un coup de main ? »
Aldaril soupira. Une lueur rougeâtre apparut dans le creux de sa main, qu'il s'empressa de tendre en direction des pieds – enfin… les racines ? – de la créature. Une explosion de feu retentit et le monstre végétal s'embrasa rapidement jusqu'à se consumer entièrement, ne laissant que l'épée de Tharsten – qui manqua de se brûler en essayant de l'attraper, jusqu'à ce qu'Aldaril jette dessus un peu de souffre de glace pour la refroidir.
« C'était très ingénieux, félicita Tharsten en rangeant sa lame dans son fourreau. Mais comment avez-vous pensé au feu ?
— Hé bien monstre ou pas, c'est un arbre, non ? Le bois, ça brûle. »
Tout en parlant, il ouvrit son livre et dit :
« Mon guide me dit que c'était un gnarl, un monstre végétal s'apparentant aux Sprigganes et…
— Il n'y avait pas besoin de votre fichu guide pour savoir ça. Maintenant refermez-moi ce bouquin et surveillez un peu les alentours au lieu de lire, histoire qu'on ne se fasse pas attaquer par des rochers qui bougent la prochaine fois.
— Vous êtes assez ingrat, pour quelqu'un qui vient de se faire sauver la vie…
— Oh, ça va ! J'aurais trouvé un moyen de défaire ce monstre-arbre, tôt ou tard.
— C'était un gnarl.
— C'est la même chose, par Talos ! »
Ils croisèrent d'autres créatures quelques peu insolites mais rien de bien insurmontable pour un guerrier et un mage et finalement, après une poignée heures à traverser paysages boisés et étangs, New Sheoth leur apparut enfin.
Cette cité, capitale du Royaume de la Folie, contrastait avec le reste du domaine par son allure presque banale : bien qu'étant une forteresse assez impressionnante, avec ses bâtiments en pierre ressemblaient à un grand nombre de villes mortelles. Même les habitants qu'ils croisaient, tantôt euphoriques et amicaux, tantôt paranoïaques et hostiles, ne se différaient guère de n'importe quelle grande ville en début de soirée.
« Je vous avait dit qu'on ne verrait rien d'intéressant en passant par Mania, se plaignit Tharsten. Le plus étrange qu'on est vu, ce sont ces gardes à la peau dorée en petite tenue. Qu'est-ce que dit votre guide à ce sujet ?
— Qu'elles s'appellent les Auréals et qu'elles gardent la partie Mania des Îles Trémensides, en contraste avec les Mazkens, leurs opposées qui travaillent dans la partie Démentia. Faites attention si vous essayez d'en séduire une, elles n'apprécient pas vraiment les hommes.
— C'est vraiment de cette manière que vous me voyez ? Un Nordique qui ne pense qu'à courtiser les femmes pour finir dans leurs lits ? De plus vous me pensez assez désespérer pour séduire des Daedra ?
— Cela dépend. Cela avance, votre relation avec Ysolda ?
— Non… J'ai bien essayé de l'aborder mais il y a toujours ce fichu barde aux cheveux blonds qui la poursuivit à chaque fois que je la croise à la Jument Pavoisée.
— Hé bien le jour où vous me direz que vous serez dans une relation sérieuse avec cette Nordique, j'arrêterai de vous considérer comme un coureur de jupons.
— Je ne sais pas ce qui me retient de vous foutre mon poing dans la figure.
— Essayez et vous verrez pourquoi il est déconseillé de s'attaquer à un mage. Surtout quand vous savez pertinemment que je pourrais vous égorger en une fraction de secondes. »
Tharsten grommela dans sa barbe mais ne répliqua pas – ils savaient tout deux qu'Aldaril avait raison, bien que le Haut-Elfe ne mettrait évidemment pas sa menace à exécution.
Il y eut néanmoins un élément dans cette architecture qui les laissa sans voix : le Palais de Shéogorath, un immense château-fort finement et soigneusement construit, surmonté de cinq coupoles sur les tours et auquel on accédait par une série de marches dans la cour d'honneur, entouré par des feux rouges et verts.
« Vous êtes sûr que vous voulez que l'on rencontre Shéogorath ? demanda une dernière fois Aldaril, devant les portes permettant l'accès au palais et sous les regards hautains des Auréals – pas si différents de l'attitude du Thalmor, avait discrètement souligné Tharsten.
— Ne me dites pas que vous flanchez au dernier moment ? s'irrita le Nordique. Quel froussard vous faites !
— Ce n'est pas de la peur mais l'instinct de préservation de soi. Un concept inconnu de votre race, j'ai remarqué.
— Si Shéogorath vous fait si peur, vous pouvez rester en retrait et me laisser parler.
— Je crois que vous laissez parler seul à seul au Prince Daedra de la Folie est la pire idée qui soit. Vous allez l'énerver et nous faire tuer.
— Merci de votre confiance, elfe… »
Avant qu'ils ne puissent ouvrir les portes, celles-ci se déplacèrent sous leurs yeux, révélant un homme chauve vêtu de noir et les regardant avec condescendance et un dédain non dissimulés.
« Encore de futiles Mortels aux désirs vains qui viennent rencontrer le seigneur Shéogorath ? se plaignit-il nonchalamment.
— Les futiles Mortels s'appellent Tharsten et Aldaril, répliqua sèchement le Nordique en croisant les bras. Et vous, vous êtes qui ?
— Haskill, chambellan du Prince Daedra de la Folie. Enchanté de vous rencontrer.
— Ne vous gênez surtout pas pour faire semblant d'être vraiment enchanté de nous rencontrer, hein. Parce que là, j'ai plutôt l'impression que nous sommes des ragnards qui envahissent votre maison et dont vous avez hâte de vous débarrasser.
— Il est bon de voir que vous comprenez déjà où est votre place dans ce royaume. Suivez-moi, mon seigneur vous attend. »
Aldaril retint Tharsten d'aller étrangler le chambellan et garda un œil sur le Nordique fulminant intérieurement pendant qu'ils suivirent Haskill à travers les couloirs du palais. Ils passèrent devant un étrange jardin d'intérieur avec d'immenses cristaux, avant d'arriver dans la grande salle.
Là, assis nonchalamment sur son trône avec sa canne en main, Shéogorath les regardait approcher.
Aldaril se retint de laisser paraître sa crainte devant ce Daedra à l'apparence excentrique – même avec des habits violets et rouges criards dignes d'un bouffon et ses cheveux argentés et sa barbe lui donnant l'apparence d'un vieil homme, toute l'aura entourant le Prince Daedra suffisait à faire trembler n'importe quel Mortel croisant son chemin.
Le sourire carnassier qu'il leur offrit était le même que celui de tous les habitants de ce royaume de fou : il n'augurait rien de bon.
« Un Nordique et un Altmer ensemble ? Comme c'est cocasse. »
Aldaril grimaça. Pas de doute : c'était exactement la même voix que celle entendue des mois plus tôt, quand Shéogorath et Vil Clavicus avaient piégé Tharsten et lui dans un lien de sang.
« Attendez, vous vous fichez de nous ? grogna Tharsten. Vous vous rappelez plus de nous, espèce de Daedra amnésique ? »
Aldaril se retenu de se frapper la paume de la main contre le front. Ce Nordique cherchait vraiment à les tuer, n'est-ce pas, en ouvrant sa gueule pour critiquer un Prince Daedra ?
« Tiens, la célèbre arrogance belliqueuse des Nordiques, dit Shéogorath. Faites attention à ce que vous dites, imbécile. Certains sont morts pour moins que ça.
— J'ai pas peur de vous et… aïe ! »
Il fut coupé par Aldaril, qui le frappa à l'arrière du crâne avant de l'obliger à baisser la tête, l'imitant.
« Je vous prie de pardonner sa stupidité, seigneur de la Folie, quémanda Aldaril. C'est un Nordique, il parle sans réfléchir et ne sais jamais s'adresser correctement aux gens. C'est ainsi depuis que je connais, c'est-à-dire l'année dernière quand le seigneur Vil Clavicus et vous nous avez contraint à nous côtoyer à cause d'un lien de sang…
— Vraiment ? Je ne m'en rappelle plus, déclara Shéogorath, faussement ennuyé. Haskill, j'ai fait ça ?
— C'est un détail trop insignifiant pour s'en remémorer, mon seigneur, répondit dédaigneusement le chambellan. Les Mortels ont la fâcheuse tendance de retenir le plus futile.
— Le plus futile ? répéta Tharsten en s'écartant d'Aldaril, furieux. Les vies du Haut-Elfe et moi ne tiennent qu'à un fil depuis ce jour et c'est un détail futile ?
— Attendez, idiot… ! » s'écria Aldaril.
Tharsten l'ignora et en quelques enjambés, se rapprocha du Prince Daedra, qui s'était levé. Sans hésitation, il tendit la main pour lui attraper le col du vêtement et dans un même geste, toucha accidentellement un bijou sous la forme d'un cristal noir qui pendait à son cou.
« N'y touchez pas, imbécile ! » cria Shéogorath.
Tharsten se recula vivement mais il était trop tard. Le cristal noir se mit à émettre une lueur ténébreuse qui enveloppa le Nordique et avant qu'il ne comprenne ce qui se passe ou puisse réagir, elle l'entraîna dans la pierre précieuse.
Pendant une brève seconde, il se crut mort : il ne sentait plus son corps, n'entendait plus rien et ne voyait qu'un voile obscur. Puis il se sentit tomber et frapper douloureusement une surface rocheuse.
Il jura, frottant une main contre son front. Cela commençait à faire beaucoup de blessures à la tête depuis son arrivée dans les Îles Trémensides… Il grimaça et ouvrit les yeux pour voir où il avait atterri.
Par Talos, dans quel plan d'Oblivion tordu était-il tombé ?
Un mystique ciel bleu limpide l'accueillit, tandis qu'autour de lui, le monde n'était fait que de rochers et de cristaux semblable à de la glace azure.
Il se releva difficilement, étourdi par ce qui l'entourait. Qu'est-ce qu'il faisait ici et surtout, comment allait-il quitter cet endroit étrange ? Un bruit derrière lui attira son attention et il fit volte-face.
À sa grande surprise – et à son grand soulagement aussi –, il n'était pas le seul bloqué ici. À quelques pas de lui se tenait quelqu'un.
C'était un guerrier au visage caché par un heaume avec une simple entaille horizontale permettant à son porteur de voir devant lui, un autre trait doré le coupant verticalement pour former une croix. Il portait une armure tout à fait différente de ce heaume : une cotte de mailles grise orné d'un blason à tête de loup noir recouvrait son corps de ses épaules jusqu'à ses genoux, accommodé de gants en aciers, de jambières en mailles et de bottes métalliques pointues.
Tharsten ne manqua pas de remarquer le fourreau attaché à sa ceinture mais essaya d'ignorer la main de l'inconnue posée sur le pommeau et, levant les mains devant lui dans un signe de paix, fit un pas en avant.
« Dires-moi mon brave, sauriez-vous comment quitter cet endroit ? Je vous assure que je ne vous veux aucun mal. Je me suis retrouvé ici après que... »
Il n'eut jamais l'occasion de finir de s'expliquer : le guerrier tira la longue épée de son fourreau et avec une rapidité et une adresse surprenant, se précipita sur lui. Il eut tout juste le temps de se jeter de côté pour éviter le coup d'estoc de la lame qui lui aurait transpercé l'estomac que son agresseur revint à la charge, arrivé en une fraction de secondes devant lui.
Tharsten n'eut d'autres choix que de se battre. Il sortit précipitamment son épée et, toujours dos au sol, la leva horizontalement pour parer la frappe fendante de son adversaire. Cette parade improvisée manqua presque d'échouer et il sentit la lame de son ennemi frôler son visage, déviée à la dernière minute.
Avant que le guerrier en armure ne puisse lui asséner le coup de grâce, Tharsten lui donna un coup dans l'estomac pour le repousser. Son adversaire tituba en arrière et il en profita pour se relever.
Sauf qu'il n'eut jamais le temps de se mettre en position. Il réalisa trop tard que le déséquilibre du guerrier n'était qu'une feinte : dès que le Nordique se remit sur ses pieds, son adversaire courut vers lui.
Prévoyant un nouveau coup d'estoc, Tharsten bondit à côté et rétracta son bras armé, prêt à mettre autant d'énergie que nécessaire dans un unique coup horizontal contre…
« ARGH ! »
Tharsten laissa échapper un cri rauque pendant et qu'il regarda, incrédule, sa hanche droite ensanglantée qui venait d'être transpercer par la lame de son adversaire.
Il dévisagea le guerrier devant lui, incrédule. Comment avait-il bougé si vite ? Était-ce même possible ?
Il essaya d'ignorer le mauvais pressentiment qu'il ressentait et et de faire fi de la douleur qui traversait son corps et leva son épée pour donner un coup au guerrier.
En un éclair, un douleur fulgurante le déchira de part en part avec tant de force qu'il recula malgré tout et cracha un flot de sang. Son épée tomba au sol.
Tharsten put sentir son coeur battre dans sa poitrine d'un sentiment qu'un Nordique ressentait rarement et baissa son regard apeuré vers son torse, dans lequel était plantée la lame du guerrier à heaume. Chaque respiration, plus douloureuse que la précédente, lui rappelait qu'elle l'avait traversé et que sa pointe avait percé son dos.
Il ne pouvait plus bouger, la douleur le paralysait et son corps refusait de lui obéir. Chaque battement de coeur résonna à ses oreilles avec plus d'intensité ; il ne sentait que le goût métallique du sang dans sa bouche, le même liquide rouge chaud qui quittait ses veines et permettait au froid de venir piquer sa peau comme des milliers d'aiguilles acérées.
Il aurait préféré se tromper sur ce qui lui arrivait mais n'était pas dupe. Il se vidait de son sang et cette fois-ci, Aldaril n'était pas là pour lui sauver la mise. Il allait mourir.
« V-Vous êtes… qui ? » parvint-il à demander au guerrier d'une faible voix pendant que ses forces et sa conscience le quittaient.
Il ne reçut aucune réponse. À travers la fente du heaume, il vit deux iris bleus glacés qui le fixaient avec une intensité et une froideur dérangeantes. Comme si cette personne ne le voyait pas et affrontait un monstre qui ne pouvait être vaincu qu'en étant impitoyable et détaché.
Le guerrier resserra sa prise sur la poignée de son épée et la tira d'un coup.
Tharsten ne sentit même pas la lame quitter son corps mais son souffle se coupa et tomba en arrière. Avant de frapper le sol une nouvelle fois, un voile blanc passa devant ses yeux et la dernière chose qu'il vit fut la silhouette du guerrier au blason à tête de loup qui le regardait chuter, indifférent à son sort.
« THARSTEN ! »
Il cligna des yeux et posa instinctivement une main sur la plaie béante à son torse mais plutôt qu'elle soit tâchée par un flot de sang, elle se posa sur le tissu de son vêtement. Tharsten baissa la tête, n'y croyant pas et pourtant, la blessure avait bel et bien disparu.
Que s'était-il passé ? Était-il mort ? Non, ce n'était pas le cas : agenouillé à côté de lui, Aldaril le soutenait avec une main posée dans son dos et l'autre sur son épaule. Il l'observait avec un air inquiet et paniqué. Non loin devant, Shéogorath le regardait avec méfiance, assis sur son siège avec Haskill se tenant à côté de lui.
Il était de retour dans le palais.
« Vous allez bien, Tharsten ? demanda Aldaril en l'examinant de haut en bas, comme à la recherche de la moindre trace d'une blessure.
— Je… Je crois, oui, parvint à bégayer Tharsten, essoufflé. Qu'est-ce qui… qui s'est passé ? J'étais dans u-un monde étrange et… c'était quoi ?
— Une gemme noire. Vous étiez dans une gemme noire.
— Quoi ? »
Il reporta son attention sur le cristal sombre au cou du Prince Daedra de la Folie, qui eut un rictus mauvais.
« Il faut du courage – ou beaucoup d'inconscience – pour risquer de rencontrer mon autre moitié, déclara Shéogorath avec amusement.
— Votre autre moitié ? répéta bêtement Tharsten pendant que le Haut-Elfe l'aidait à se relever.
— Oui, mon enveloppe charnelle de lorsque j'étais encore un être Mortel. Elle est un peu agressive et férocement combative mais ça, vous l'avez l'avez constaté par vous-même, n'est-ce pas ? Hors de la gemme, cette blessure vous aurait été fatale.
— Quoi ? »
Instinctivement, Tharsten posa une nouvelle fois une main à son torse et remarqua alors un détail assez surprenant qui lui permit de découvrir qu'il n'avait pas halluciné cette rencontre avec le guerrier à heaume : son vêtement était déchiré, abîmé par une balafre de la taille de la lame d'une épée…
Il déglutit. Il avait bel et bien été transpercé par le coup de ce guerrier inconnu.
« Qui… Qui était ce guerrier en armure ? demanda-t-il à Shéogorath, qui fut agacé de sa question.
— Êtes-vous sourd, Nordique ? Je viens de le dire : mon enveloppe charnelle. En tant que Prince Daedra de la Folie, elle m'encombrait alors je l'ai scellée dans une gemme noire, à défaut de pouvoir m'en débarrasser. Il est dommage que vous n'ayez pas été en mesure de la vaincre mais cela ne m'étonne pas. Personne n'a jamais réussi. »
Il soupira avec lassitude et posa un coude sur l'accoudoir du trône, appuyant sa menton contre ses doigts.
« Bon, cet entretien est fini. Vous m'ennuyez mais comme je me sens d'humeur magnanime, je vous permet de partir.
— Comment ? s'étonna Haskill, aussi surprise que le Nordique et le Haut-Elfe. Mon seigneur, si je puis me permettre… ils vous ont attaqué. Un juste châtiment serait de les tuer.
— Humph, se serait des plus ennuyeux. »
Il ne fallait pas le dire deux fois à Tharsten et Aldaril. Pendant que le Prince Daedra de la Folie se disputait avec son chambellan, ils en profitèrent pour s'éclipser discrètement et le plus rapidement possible.
« Vous aviez raison, Aldaril, reconnu Tharsten pendant qu'ils se précipitaient hors de New Sheoth. Venir ici était une très mauvaise idée.
— Je suppose qu'il vaut mieux tard que jamais pour que vous le reconnaissiez, hein ? grommela Aldaril en roulant des yeux. Maintenant, pourriez-vous m'expliquer ce qui vous est arrivé ? Une seconde vous étiez dans la salle du trône devant le Prince Daedra de la folie et l'autre, vous aviez disparu. Puis vous êtes réapparut un instant plus tard, expulsé de force hors de la gemme noire et vous vous écrouliez par terre de douleur, comme si vous étiez mortellement blessé mais j'étais incapable de trouver la source de vos maux, même avec le lien de sang entre nous ! Vous m'avez fait une peur bleue, vous savez ? Vous me devez des explications, que je comprenne ce qui vous est arrivé.
— Des explications ? Ha ! Je ne saurais même pas par où commencer. Quoi que… vous saviez que ça faisait mal, de mourir ?
— P-Pardon ? »
Devant l'expression ahuri du Haut-Elfe, Tharsten éclata de rire. Il posa néanmoins une main sur son torse, sentant presque le spectre de la lame traversant son corps et causant sa perte.
Lui aussi aimerait comprendre ce qui s'était passé dans cette gemme noire, lui aussi…
En tout cas, une chose était sûre : il ne mettrait plus jamais les pieds dans un royaume daedrique. Plus jamais !
Mes excuses si Shéogorath semble OOC. J'ai du mal à écrire sur des personnages imprévisibles comme le Prince Daedra de la Folie, bien que ce soit un de mes Princes Daedra préférés.
Quand au passage de la gemme noire, c'est évidemment en référence à l'idée que le Héros de Kvatch – donc le personne qu'on incarne dans The Elder Scrolls IV : Oblivion – devienne le Prince Daedra de la Folie. Comme dans Skyrim, Shéogorath ressemble… ben, à Shéogorath, ça me fait théoriser sur ce que serait devenue l'enveloppe charnelle du Héros de Kvatch.
Encore une fois, je remercie toutes les personnes qui en sont arrivées jusque là dans cette histoire. J'espère que vous l'avez aimé autant que j'ai aimé écrire les aventures…. Euh, catastrophiques d'Aldaril et Tharsten à travers Bordeciel.
