Bella

Forks. Forksville.

Hum.

Je n'ai pas vu ça venir mais je suis là.

Et pour être honnête, putain, j'aime ça.

C'est un petit endroit merdique qui existe tout juste sur la carte mais j'aime ce sentiment de se sentir chez soi, la verdure… ouais tout ici est vert, putain. J'adore. Oh et les gens !

Seigneur, j'adore tout simplement Rose et Alice. J'ai aussi eu le plaisir de rencontrer Jake la pétasse d'Alice. Leurs mots, pas les miens. Mais oui j'adore vivre à Forks.

Il ne me reste plus qu'à trouver quelqu'un contre qui me blottir pour dormir. Mais ça risque d'être sanglant.*

"Hah ! que je suis drôle !" je ris de moi-même.

Non mais sérieusement je suis très contente d'être partie d'Arizona. C'était bien et tout et mes parents vont me manquer mais j'étais vraiment prête à partir. Quitter la maison de mes parents et loin de ma normalité.

Pas que j'ai été malheureuse à Phoenix, loin de là et mon enfance a été géniale et tout. J'étais juste prête à essayer quelque chose de nouveau et j'ai toujours eu un truc pour les petites villes là où tout le monde se connaît.

Ça semble assez drôle que moi, Bella Swan, à l'âge de vingt et un ans, sois à la recherche de quelque chose de petit au lieu de voyager à travers le monde ou autre chose du même genre.

Mais vraiment je n'ai jamais été normale.

Beaucoup d'amis, extravertie et je ne rate jamais une occasion mais j'ai toujours voulu quelque chose de différent… de plus et de différent.

Alors me voilà.

Nouvelle résidente de Forks, Etat de Washington.

Ma vie a rapidement changé mais j'étais prête. Prête à déployer mes ailes. Et merci à Alice, j'ai trouvé un endroit immédiatement et j'ai appelé maman et papa pour qu'ils m'envoient mes affaires.

C'est difficile de croire qu'il n'y a que douze jours que Rose et Alice m'ont appelé pour un entretien et que maintenant je vis dans une nouvelle ville et que j'aime déjà mon travail que j'ai commencé le lendemain de mon entretien - bon, Jasper m'a fait visiter et j'ai suivi Rose et Emily comme un petit chien mais le jour d'après, j'ai commencé.

D'abord j'ai loué une chambre dans le seul motel de la ville mais après quelques jours Alice est venue me voir en me disant qu'il y avait un appartement au-dessus de son salon. C'est petit mais joli et Alice savait qu'il me plairait mais il n'était pas à louer. Il fallait que je l'achète.

J'ai de la chance d'être une fille qui a un fonds fiduciaire, pas vrai ?

Merci à ma grand-mère maternelle.

Ça ne me définit pas cependant, c'est seulement la deuxième fois depuis mes dix-huit ans que je touche à cet argent - la première étant quand j'ai acheté ma voiture à Phoenix.

Quoi qu'il en soit, je suis maintenant installée dans mon petit appartement au-dessus du salon d'Alice et bien que tous les papiers ne soient pas encore faits, la dame qui en était propriétaire avant moi a dit que puisque le chèque avait été encaissé j'étais la bienvenue.

Et quand je dis petit endroit, je veux vraiment dire petit. Mais je l'aime quand même. C'est une cuisine avec une pièce toute en longueur alors avec l'aide d'Alice et Rose j'ai pu la diviser en utilisant une bibliothèque. Maintenant j'ai une salle à manger avec un petit coin pour mon lit paradisiaque king size.

Il est tellement doux…

Et Alice étant Alice, elle n'a pas perdu de temps quand il a s'agit de la décoration. Avec Rose, elles m'ont amené au magasin de bricolage le plus proche et nous avons acheté tout ce dont nous avions besoin.

Il n'a pas fallu grand-chose pour remplir l'appartement mais j'aime mon petit salon et mon grand canapé en tweed gris, ma table basse noire en beau bois sculpté... oh... et mon écran plat !

Rose m'a présenté son mari - Emmett - et Jasper et lui m'ont aidé à repeindre l'appartement qui est passé d'un orange moche à une nuance de gris clair.

Mais le mieux c'est le mur qui fait face à mon écran plat. Alice m'a informé que sa mère est décoratrice d'intérieur - ce qui explique les capacités d'Alice - et après un 'tu me fais confiance Bella ?' Alice a transformé ce mur qui était bleu foncé avec un motif floral en une nuance de bleu légèrement plus clair. Et c'est vraiment joli.

Ai-je dit que ça me plaisait ?

Mais ouais puisque la maman d'Alice est décoratrice, Alice est très créative.

J'aime aussi mon plancher qu'Alice a peint en blanc au pistolet.

C'est vraiment génial, je ne savais même pas qu'on pouvait peindre le sol !

Pour finir la bibliothèque qui divise la pièce est assortie à ma table basse et voilà mon salon.

Oh… et le tapis bleu foncé et les rideaux blancs. Il ne faut pas oublier le tapis et les rideaux.

Hum quoi d'autre ?

Oui ma cuisine ! Mon paradis.

J'aime cuisiner et faire de la pâtisserie et j'ai toujours aimé faire des folies quand il s'agit d'ustensiles de cuisine.

Les murs sont gris, de la même couleur que le salon mais le sol n'est pas blanc. Non elle l'a peint en noir ! C'est cool, non ? Mais ce qui est plus cool encore c'est mon frigo congélateur. Nous l'avons trouvé… dans un magasin… putain lequel était-ce déjà ? Nous sommes allées partout. Hé peu importe. Ils étaient tous bien. C'est un de ces frigos au design des années 50, vous savez ? Ce modèle mais neuf.

Je les adore.

Malheureusement ma cuisine est trop petite pour pouvoir y manger mais j'ai beaucoup de place pour préparer.

Oui Madame.

Et une autre chose géniale c'est la distance pour aller au travail. Mon travail est tout juste à côté du salon d'Alice, je n'ai qu'à traverser la rue et mes deux fenêtres donnent sur la rue.

Je traverse la rue en saluant Emmett qui est assis dans son bureau au poste de police et je lui montre la boîte.

Il sourit immédiatement et se lève pour me rejoindre.

J'ai mentionné que j'aimais cuisiner, n'est-ce pas ? Eh bien, j'ai trouvé d'autres personnes qui aiment la pâtisserie... Emmett Cullen est certainement l'une d'entre elles. Jasper en est une autre.

Et aujourd'hui, j'ai apporté des cupcakes au citron et aux myrtilles.

Avec une main sur la porte, je nettoie mon système de jurons. "Merde ,putain, merde, putain, putain de merde," je marmonne dans ma barbe.

On ne peut pas jurer dans un cabinet de pédiatrie, tu sais, non? Alors, il vaut mieux tout cracher à l'extérieur.

Puis je lève les yeux - je ne sais pas pourquoi - et j'ai eu de la neige dans mes yeux. Ce n'est pas une sensation géniale si vous portez des lentilles de contact...

"Cul-sec de merde !" j'ajoute avant de me sentir contente pour la journée.

"Je ne l'avais jamais entendue celle-là, Petite B," s'esclaffe une voix retentissante derrière moi.

Mmhmm, j'ai déjà un surnom.

"Bonjour, Grand E." Je souris et je déverrouille la porte du cabinet avant d'entrer.

"Bonjour, alors qu'y a-t-il dans la boîte aujourd'hui ?"

Je ricane à son comportement adorable et accroche ma veste dans la cafétéria avant de me rendre à la réception. "Tu aimerais savoir ? " je le taquine.

"Allez, ne sois pas méchante. Rosie ne m'a fait que trois omelettes ce matin," se plaint-il.

Emmett peut manger, au fait, beaucoup.

"Boohoo." Je fais la moue. "Mais tu dois attendre jusqu'au déjeuner."

"Pourquoi ?" demande-t-il, consterné par ma réponse.

"Parce que ton frère revient aujourd'hui et c'est le premier jour où je le rencontre. Je me suis dit que j'allais préparer mes fameux cupcakes au citron avec un glaçage aux myrtilles pour faire bonne impression," je souris innocemment.

Jasper a expliqué de façon très évasive que le Dr Cullen n'était pas au courant de mon embauche et bien que mon emploi soit assuré et tout cela, j'ai pensé que de faire un peu de lèche-cul ne peut pas faire de mal.

Alice et Rose m'ont dit que ce ne serait pas nécessaire mais mieux vaut être sûre…

"Bien," boude Emmett. "Quand est-ce qu'Eddie commence aujourd'hui alors ?"

J'ouvre l'agenda du Dr. Cullen, le mets à côté de celui de Jasper et regarde son

premier patient. "Son premier patient arrive à 8h30," je lui réponds.

"C'est encore dans une heure et demie... !" crie Emmett.

"Exactement, Emmett. Il n'est que sept heures du matin. Comment peux-tu déjà avoir faim ?" je rigole.

Il hausse juste les épaules. "Je suis un grand gaillard et je commence à six heures tous les matins, ce qui signifie que je n'ai pas mangé depuis presque... deux heures !"

Ne cède pas, Bella. Reste forte.

"Tu n'as pas apporté ton déjeuner avec toi au travail ?" je demande.

"Uhm... Je l'ai peut-être déjà mangé..." marmonne-t-il en baissant la tête.

"Eh bien, comment faisais-tu avant que je commence à travailler ici ?"

"Je mourrais de faim..." répondit-il, en essayant de faire un sourire triste. Il ajoute même un

haussement d'épaules déprimé. Mais je vois clair dans son grand jeu. Rosalie ne l'aurait jamais laissé mourir de faim. Et je sais qu'elle aime tellement son mari qu'elle fait toujours la cuisine pour lui.

"Conneries tout ça..." Je râle.

La porte s'ouvre alors derrière Emmett, et Rose et Jasper entrent ensemble.

"Bonjour," dis-je gaiement.

"Bonjour, B. Est-ce que mon mari te harcèle déjà ?" Rose sourit alors qu'elle disparaît dans la cafétéria.

"Va travailler, Em !" dit Jasper de façon bourrue. "Bonjour, Bella. Quand est-ce que mon

premier rendez-vous arrive ?"

Je vérifie son emploi du temps. "A dix heures mais tu as des visites à partir de sept heures et demie."

Il fait un signe de tête. "D'accord, bipe-moi. Je serai dans mon bureau."

Une chose que j'ai apprise la semaine dernière, c'est que Jasper Whitlock n'est pas un matinal mais il sourit toujours à tous celles du sexe opposé.

Ceci, parce que c'est un vrai gentleman du Sud.

Rose revient avec une tasse de café mais au lieu de prendre sa place derrière le bureau, elle se dirige tout droit vers Emmett et le pousse dehors, en lui disant que le déjeuner est à midi.

Elle revient rapidement, roulant les yeux dans la direction d'Emmett avant de s'asseoir

à côté de moi.

"Tu déchires vraiment dans ta blouse rose." Elle ricane et regarde ma tenue désormais quotidienne.

Au début, je n'ai pas compris pourquoi je portais une blouse. Je veux dire, je ne suis pas infirmière ou médecin mais après mon premier jour, j'ai compris.

On m'a vomi dessus deux fois.

Non pas que je m'en soucie. C'est un petit prix à payer pour travailler avec des enfants.

Et il se trouve que j'adore porter des blouses. Même roses ! Ça me donne l'air maternelle et importante. Non pas que je ne sois pas importante autrement mais vraiment j'aime ma tenue de travail.

Je lui réponds : "Merci". "Et puis regarde, je les ai même assorties à mes chaussures !"

dis-je avec excitation, en lui montrant mes converses.

"Merde, ma fille, tu es toute rose !" dit-elle en riant.

"A qui le dis-tu!" Je plaisante en passant mes cheveux par-dessus mon épaule.

"Alors..." dit-elle au bout d'une minute. "Ton travail te plait jusqu'à présent ?"

"Je l'adore." Je souris. "Je travaille avec des enfants et je me sers toujours de mon diplôme."

" Et bien, on t'a fait des éloges plus d'une fois, c'est sûr. " Elle sourit.

J'aime vraiment mon travail. Ce n'est pas un poste d'enseignant mais je découvre que j'aime encore plus cela. Je dois réconforter les enfants malades, jouer avec eux, leur donner des sucettes et je vis littéralement pour leurs rires.

Mais mon travail est bien plus que cela. J'aime tout. Même le tri des dossiers est amusant. Ok, peut-être que le tri des dossiers n'est pas ce que je préfère mais ça n'est pas nul.

Je dirais même que mon travail est facile.

J'ai pu mettre en pratique ce que j'ai appris à l'université et j'ai été très reconnaissante d'assister à des cours où nous, futurs enseignants, devions apprendre à nous occuper des enfants malades.

C'était très simple, bien sûr mais cela m'a beaucoup aidé ici. Et quand je réponds aux appels de mères inquiètes, je sais plus d'une chose ou deux. Ça aide aussi que ma mère ait été sage-femme.

Alors, c'est ce que je fais ici - je réponds aux appels, je prends des rendez-vous, je m'occupe des frères et sœurs pendant que les parents sont avec le frère ou la sœur malade, je surveille les horaires, j'appelle les docteurs quand c'est nécessaire et je prépare les dossiers des patients.

Oui, j'adore Forskville.

La première heure du matin n'a pas été trop mauvaise. C'est janvier et la plupart des

petits qui viennent ici ont des rhumes ou de petits maux d'estomac mais Jasper et Rose gèrent tout cela avec calme.

Actuellement je suis au paradis car Jasper est avec une mère de trois enfants -

deux des enfants sont porteurs de streptocoques et j'ai eu l'honneur de surveiller la petite Sarah, une fillette de deux ans qui est tellement adorable.

"C'est joli," murmure-t-elle, en touchant mes chaussures roses.

Nous sommes assises par terre dans la petite salle d'attente, juste à côté de l'accueil.

Je peux toujours prendre les appels et je me suis dit que ce serait plus amusant pour Sarah de s'asseoir dans le petit coin plein de jouets que derrière le bureau.

Cependant, elle semble aimer mes chaussures plus que les jouets.

"Mais tes chaussures sont beaucoup plus jolies." Je souris et tire sur les lacets brillants de ses baskets violettes.

Elle rit adorablement et je ne peux pas m'empêcher de la rapprocher pour la chatouiller.

Cela l'a fait couiner. "Non ! Non ! Plaît !"

Le téléphone sonne alors et je prends rapidement Sarah, la plaçant sur ma

hanche et vais jusqu'à l'accueil.

"Voyons voir qui appelle, d'accord ?" dis-je à Sarah.

Je prends le téléphone et réponds. "Bienvenue à la clinique pédiatrique, c'est Bella au téléphone. Comment puis-je vous aider ?"

"Salut... uhm... Je me demandais si c'est vers vous que je dois me diriger si je suis enceinte?"

"Absolument." Je souris. " Vous venez de le découvrir ? "

"Euh... ouais... hier."

Elle n'a pas l'air très excitée alors je décide qu'il vaut mieux ne pas la féliciter.

"Je serais heureuse de vous mettre en relation avec un de nos médecins pour votre premier examen."

Ce n'est pas facile mais je réussis à tenir le téléphone, Sarah et à vérifier les créneaux libres.

"Le Dr Jasper Whitlock a une place demain à 13 heures... ou est-ce trop tôt? "

"Avez-vous quelque chose... euh, très tôt le matin ?"

Je n'aime pas sa voix. Tellement effrayée.

En cherchant d'autres rendez-vous, j'en trouve rapidement un autre. "Ah, en voici un pour après-demain. Sept heures et demie avec le Dr Edward Cullen."

"Ce sera génial," souffle-t-elle... de soulagement ?

"Super," je lui réponds. "Puis-je avoir votre nom ?"

"Victoria Hunter."

Je griffonne les informations qu'elle me donne et je lui dis que nous serons heureux de la voir vendredi.

"Très bien, mademoiselle. Sarah." Je souris après avoir raccroché. " Que veux tu faire maintenant, hein ? Tu veux colorier avec moi ?"

"Oui, plaît !" Elle rebondit joyeusement sur mes genoux.

"Youpi, t'es vraiment mignonne, hein ? " Je glousse avant de lui faire un baiser esquimau.

Quoi ? Je n'ai pas pu m'en empêcher. La gamine est adorable.

J'entends alors un raclement de gorge et je lève les yeux de derrière le bureau pour voir

Alice avec un très - et mon Dieu, je veux dire très - sexy bout d'homme.

Mais le raclement de gorge n'appartient pas à Alice, qui sourit d'une oreille à l'autre,

non, il appartient à l'homme.

Au Dieu.

Non, pas Bouddha.

Je parle d'Adonis.

* Jeu de mot intraduisible : Now I just have to find someone to Spoon with. But that could get Knifey.