Dans une somptueuse villa située au nord d'Osaka, un homme sirotait tranquillement son thé. Il était vêtu d'un peignoir, le soleil tapant sur des lunettes aussi rondes que lui. Il semblait être tranquille et à l'abri de tout danger dans ce lieu reculé et peuplé de garde du corps.

Néanmoins, au beau milieu de ses pensées, le cinquantenaire se faisait rejoindre par un autre homme, plus jeune et plus grand que lui. C'était un de ses employés et il saisissait avec surprise le téléphone qui lui était tendu.

« Qui est-ce ?, murmurait-il.

— Il a dit qu'il voulait vous parler de Sodjo Allen. »

Les yeux de l'aîné se plissaient alors qu'il ramenait le téléphone à ses oreilles.

« Qui est à l'appareil ?

— Vous savez, Sodjo est une femme douce, gentille, généreuse, droite et honnête. Surtout honnête. C'est quelqu'un de bien, commençait l'homme au bout du fil. On ne peut pas obtenir une justice totale lorsqu'on est quelque de bien... Heureusement, pour ce genre de travail, il existe des Hommes comme moi. Je ne suis pas une douceur comme elle... Moi... Je ne suis pas quelque de bien.

— Qu'est-ce que c'est que cette plaisanterie ?!, s'indignait le résidant de la villa. Qui êtes-vous ?!

— Vous auriez mieux fait d'aller en prison, monsieur.

— C'est elle qui vous a dit de m'appeler, c'est ça ?, s'énervait-il. Quand j'aurais raccroché, j'irais moi-même la tuer. Je lui tirerais une balle dans la tête et je tuerais aussi son mari et ses enfants. Mieux ! Je les tuerais d'abord puis ce sera son tour. Et ensuite, je vous retrouverais et je-

— Adieux. »

L'appel se coupait et bien qu'il était un homme au sang-froid, il s'était levé de sa chaise, paniqué. Il hurlait sur ses sbires en leur disant des phrases incompréhensibles et puis...

Que venait-il de se passer au juste ?

C'est toujours les plus gros criminels qui ont le plus peur de la mort.