Bonjour, bonsoir !

Je sais que je ne suis pas à temps pour "Ainsi profonde, murmure une onde qu'on ne voit pas", mais j'ai pris la décision de prendre part au défi de saint-valentin du groupe "Sterek's Pack". Cette histoire était sensées être une OS fluffy et mignon. Autant dire que c'est loupé. Je vous rassure cependant, la fin heureuse est prévue. Angst & Fluff pourrait être une bonne description ? Dans tous les cas, j'espère que ce début d'histoire vous plaira. Je vais essayer d'écrire et poster tous les chapitres avant la fin du moins, pour pouvoir par la suite me concentrer à 100% sur "Ainsi profonde, murmure une onde qu'on ne voit pas".

Bonne lecture et bisou particuliers aux membres du groupe 3


Après le lycée, chaque membre de la meute avait commencé sa vie, plus ou moins loin de Beacon Hills. Stiles avait comme prévu commencé le programme d'études du FBI. Il y avait passé les 21 semaines réglementaires, avant de revenir à Beacon Hills pour aider Scotty. Il était ensuite reparti pour Washington pour étudier la loi. Certes, il avait été formé au FBI, mais 21 semaines d'entraînement n'étaient pas suffisantes pour faire de lui un homme avec suffisamment de connaissance pour être sur le terrain. Il avait donc fait le choix d'étudier encore trois ans savant de décider s'il entrait effectivement au FBI ou s'il faisait autre chose. S'il avait eu du mal à quitter sa ville natale, son père et ses amis, il n'en était pas moins heureux de son choix. Pour plus de facilités, il vivait sur le campus, dans un studio de taille raisonnable. Il avait tout ce qu'il lui fallait, même si ce n'était pas bien grand. Une chambre avec un lit double et un bureau, un bureau, un espace cuisine réduit et une salle de bain attenante. Dans les communs, il y avait une plus grande cuisine ainsi qu'une salle de repos avec ordinateurs et bibliothèque mis à disposition des étudiants. Sa résidence se trouvait non loin des endroits où il avait cours, ce qui aurait dû lui permettre de ne jamais arriver en retard. Évidemment, ce n'était pas le cas. Il correspondait tout à fait à cette loi qui disait que plus vous habitiez proche de votre lieu de travail – ou d'étude – plus vous aviez de chance d'arriver en retard. La moitié de ses professeurs le voyaient comme un fauteur de trouble et l'autre moitié faisait comme s'il n'existait pas. Rien de bien différent avec ses années de lycée, en soi. Il pouvait s'arranger avec le fait d'être mal vu par ses professeurs, puisque à côté il fournissait de l'excellent travail. Certes, il n'était pas très concentré durant les heures de cours, mais ses tests étaient tous bons et ses devoirs satisfaisaient ses professeurs. Tout était donc bien. Si ce n'était l'éloignement avec les siens. Parfois, il se disait qu'il aurait pu trouver une université plus proche de chez lui que Washington, mais son père – et celui de Scott – avaient insisté en disant que c'était la meilleure et qu'il apprendrait là tout ce qui lui serait utile par la savait que les deux hommes avaient eu raison de le pousser dans cette voie, mais quitter la meute avait été plus compliqué que prévu. Après l'Anuk-Ite et les chasseurs venus de tous horizons, la meute avait été, enfin, saine et complète. Les années et les épreuves avaient forgé chacun des membres de leur groupe et à présent qu'ils se connaissaient tous mieux que personne, il pouvaient enfin fonctionner correctement, avec leurs forces et leurs faiblesses respectives. Bref, cela avait été compliqué pour chacun d'entre eux de se séparer. Tous savaient que ce n'était que temporaire et qu'à terme, ils se retrouveraient à Beacon Hills, mais la séparation n'en était pas moins douloureuse. Être seul alors que depuis des années, ils avaient toujours été ensemble, d'une manière ou d'une autre, était un déchirement pour tous. Stiles se sentait particulièrement déchiré vis-à-vis de Scott, qui était resté en Californie, non loin de leur ville natale. Les deux jeunes hommes n'avaient jamais été séparés aussi longtemps et l'adaptation avait été dure pour eux deux. Scott avait l'avantage d'être proche de chez lui et de pouvoir facilement retrouver les membres les plus jeunes de la meute, ceux qui étaient encore au lycée, ou ceux qui n'avaient pas quitté la ville. Heureusement, Lydia étudiait relativement proche de lui. Ou au moins pas aussi loin que Scott. Il voyait plus souvent la jeune femme que son meilleur ami, dans tous les cas. Il ne rentrait chez lui que lorsqu'il avait des congés assez longs, sinon ça n'en valait pas vraiment la peine. Traverser tout le pays pour passer deux nuits chez lui était trop fatiguant pour faire cela sur une semaine de repos.

Actuellement, il devait encore attendre trois longs mois avant de retrouver Beacon Hills. Ce serait alors les vacances d'été et il pourrait vraiment profiter de sa ville natale et du temps passé avec la meute. Ça lui manquait aussi, même si ces derniers mois, il n'avait pas passé beaucoup de temps avec eux. Juste être ensemble, que ce soit pour un entraînement ou un bon repas. Et puis il y avait Derek. La relation entre eux deux avaient bien évolué depuis leur rencontre sur la réserve, alors que Scott venait de se faire mordre par Peter. D'ennemis, ils étaient devenus alliés, puis amis. Et plus récemment, il y avait quelque chose d'autre. Cela avait commencé lorsqu'ils s'étaient retrouvés alors que Stiles se formait au FBI et qu'il avait demandé à se retrouver sur le terrain, là où Derek était – en tant qu'ennemi, certes, mais c'était un détail. L'un avait aidé l'autre et ils étaient revenus ensemble dans leur ville natale pour aider Scott avec l'Anuk-Ite. Une fois les problèmes urgents résolus, ils avaient dû se concentrer sur Monroe et ils l'avaient poursuivie quelque temps avant de revenir chez eux. Durant ce temps, Stiles et Derek s'étaient considérablement rapproché. Pour Lydia, ils se tournaient clairement autour, mais elle n'en dit rien, consciente que ni l'un ni l'autre n'étaient prêts à entendre cette vérité. C'était la fin la plus logique pour eux deux. Les sentiments qui les animaient avaient toujours été violents et entiers et pour la Banshee cela coulait de source qu'ils finissent en couple tous les deux. Cela était devenu clair pour à peu près toute la meute lors de leur départ – à elle et Stiles – pour l'est du pays. Derek avait été grognon tout le mois avant et Stiles avait été pire. Et lorsque les adieux avaient été faits à l'aéroport, le loup avait surpris tout le monde – lui-même y comprit – en serrant l'hyperactif contre lui durant quelques secondes. Stiles, plus que surpris, lui avait maladroitement tapoté le dos, mais il n'en avait pas moins été ravi par le geste. Et depuis, ce sujet de conversation revenait beaucoup dans la bouche de l'hyperactif lorsqu'il appelait Lydia. La jeune femme en était presque au point de lui dire d'appeler Derek directement pour lui avouer ses sentiments, mais ce serait brûlé les étapes. Non, la jeune femme avait un plan pour les mettre ensemble et elle devrait s'y tenir pour que cela fonctionne du tonnerre. Elle n'en doutait pas une seule seconde. Après tout, aucun de ses plans n'avaient jamais échoué. Elle était bien trop intelligente pour cela et ne laissait rien au hasard.

Son plan se mettrait réellement en route lors de leur retour – à elle et Stiles – à Beacon Hills, mais elle avait du travail à faire avant. Il fallait préparer ces deux abrutis des sentiments et ce n'était pas une mince affaire. Elle avait hésité à mettre Scott sur le coup, mais ce dernier était incapable de mentir à Stiles, alors elle avait laissé tombé. Elle pouvait très bien se débrouiller seule. Elle devait juste prévoir leur fête de retour et tout organiser dans les moindres détails. Cependant, malgré sa grande intelligence et sa grande capacité à prévoir les choses, certains événements échappaient complètement à son contrôle.

Elle s'en rendit compte cette nuit de juin, un peu moins d'un mois avant leur retour prévu à Stiles et elle, lorsque ce dernier l'appela en plein milieu de la nuit et manifestement en pleine crise de panique. Le jeune homme hyperventilait et tentait de lui dire quelque chose, sans succès. À cet instant, elle aurait aimé être près de lui pour pouvoir le calmer. Elle n'était pas certaine que l'embrasser marcherait encore, mais au moins, elle pourrait faire quelque chose. Là, au téléphone, elle se sentait parfaitement impuissante.

- Stiles, je suis là, okay. Calme toi, je suis là. Respire avec moi, d'accord ? Tu peux faire ça pour moi ?

Après de longues minutes, lentement, Stiles retrouva son souffle et Lydia relâcha celui qu'elle n'avait pas eu conscience de retenir. Les inspirations courtes de l'hyperactif se transformèrent en sanglots, puis en longs soupirs. Tout du long, la Banshee ne cessa de lui parler, de le rassurer, d'être là. Finalement, il inspira profondément avant de prendre la parole d'une voix tremblante.

- Il y a eu un incendie. À Beacon Hills. Lyds, c'est... Mon père.
- Oh Stiles ! Que s'est-il passé ?
- Je ne sais pas. J'ai eu un appel de la police pour me dire qu'il y avait eu un accident. La maison est partie en flamme et...

Lydia inspira profondément. Certes, elle n'avait pas crié, mais depuis qu'elle était à l'autre bout du pays, elle n'avait plus autant de liens avec les gens de Beacon Hills, surtout s'ils ne faisaient pas directement partie de la meute. Elle ne pouvait donc pas se fier à ses pouvoirs pour savoir ce qu'il était arrivé au père de son ami. Elle resta donc silencieuse, alors que Stiles continuait, la voix plus tremblante que jamais.

- Il y a un corps, Lyds... Ils n'ont pas pu l'identifier, mais...

Il ne put continuer, la voix entrecoupée de sanglots. Tout en restant en ligne, la Banshee tapait à toute vitesse sur son clavier d'ordinateur.

- On va y aller, Stiles, je te promets que ça va aller. Est-ce que tu as déjà un billet d'avion ?
- Non, je n'ai pas... Je ne sais pas...
- Je m'en occupe. Je t'envoie ça dans une minute.
- Ce n'est pas à toi de...
- Stiles, je m'en occupe. Ne t'en fais pas, je suis là pour toi. C'est pour ça que les amis sont là. Fais tes valises, on sera très vite à la maison, je te le promet.
- Merci... Lyds, je ne pourrai pas, si...

Stiles ne finit pas sa phrase, mais Lydia comprit tout de même. Le jeune homme ne pouvait pas perdre son père alors qu'il avait perdu sa mère étant enfant. La Banshee ne pouvait imaginer la douleur de son ami, mais elle pouvait être à ses côtés, quoi qu'il arrive. Elle tenta de le rassurer en ce sens, lui indiquant qu'imaginer le pire scénario ne ferait pas en sorte que les choses aillent mieux. Elle pouvait imaginer à quel point, c'était difficile pour son ami, qui avait toujours son cerveau fonctionnant rapidement et élaborant cent possibilités à la minute. Pourtant, elle était également consciente que se torturer l'esprit n'allait pas aider. Il fallait à tout prix que Stiles puisse retrouver un peu de calme. Elle resta au téléphone avec lui longtemps, tout en faisant sa valise. Elle qui avait l'habitude de ne pas voyager léger, fit une entorse à ses habitudes. Elle n'avait de toute façon pas le temps de faire plusieurs valises. Elle ne prendrait avec elle que le nécessaire et verrait par la suite. Si elle devait revenir chercher plus d'affaires, elle pourrait toujours le faire plus tard, lorsqu'ils en sauraient un peu plus. Lorsque les billets pour elle et Stiles furent pris, elle envoya le sien à son ami.

- Stiles, je vais raccrocher. Je t'ai envoyé ton billet. Je vais prendre un vol maintenant et on se retrouve à Washington pour voler ensemble vers chez nous. Est-ce que tu as besoin que je vienne te chercher chez toi ?
- Non, je... Je vais me débrouiller. Merci Lydia.

La jeune femme raccrocha en ayant le sentiment que la voix misérable de Stiles faisait partie de ces choses qu'elle aurait aimé ne jamais entendre. Elle espérait de tout son cœur que le Shérif était en vie et que le corps retrouvé dans sa maison était un parfait inconnu. Elle fit un dernier tour de son appartement avant de prendre un taxi pour l'aéroport. Son premier vol était court, le second beaucoup moins. Traverser les pays d'est en ouest prenait du temps.

Elle espérait que Stiles aurait assez de force pour faire sa valise et aller jusqu'à l'aéroport. Elle avait laissé assez de temps entre les deux vols pour au besoin aller le chercher ou lui envoyer un taxi. Chose qu'elle fit immédiatement, commandant une voiture pour l'heure à laquelle le jeune homme devrait partir du campus. Elle le prévint d'un message avant de monter dans son propre taxi. Une fois à bord, elle pianota sur son téléphone quelques minutes avant de passer quelques appels. Elle ne put avoir plus d'infos à propos du père de Stiles, mais elle put au minimum organiser leur retour en ville. Elle n'avait plus qu'à rejoindre son ami et à s'envoler avec lui pour la Californie. Elle espérait vraiment que tout se passerait bien, car ils avaient tous vécu assez de malheurs et de tragédies dans leurs vies respectives pour que Stiles ne vive pas une fois encore la mort d'un de ses parents.

Son arrivée à l'aéroport puis son premier vol passèrent comme un éclair. Elle ne savait pas si c'était parce que ses pensées tournaient à toute vitesse ou au contraire parce qu'elle ne pouvait pas réellement réfléchir de manière productive à ce qu'il se passait, mais dans tous les cas, elle arriva à Washington avec l'impression qu'elle avait quitté Cambridge seulement une minute plus tôt. En arrivant vers les terminaux, il ne lui fallut pas très longtemps pour repérer son ami, qui avait l'air particulièrement amorphe. Plus pâle que jamais, les yeux dans le vide, comme absent. La seule couleur dans cette morosité était le sweat rouge vif du jeune homme. La rousse plissa les lèvres et fronça un peu les sourcils avant de s'approcher de son ami et de le héler. Stiles releva les yeux vers elle et lui adressa un pâle sourire. Bien loin de celui qu'il était habituellement lorsqu'elle venait le visiter. Elle s'avança rapidement et, lâchant ses valises, elle l'attrapa par le bras pour le serrer contre elle. Il en avait besoin et elle aussi. Il se laissa aller à l'étreinte avec un soupir douloureux.

- Merci Lydia. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.
- Tu te serais débrouillé, tu le fais toujours. Mais tu as des amis pour te soutenir lorsque la situation devient difficile. On est là pour toi, je suis là pour toi, toujours. Tu le sais n'est-ce pas ?
- Je savais qu'il y avait une raison pour laquelle j'étais amoureux de toi durant toute ma vie...
- Bien sûr. Mais tu n'es plus amoureux de moi, n'est-ce pas ?
- Je... Lyds, ce n'est pas... Je ne...

Elle le serra à nouveau contre elle avec un sourire.

- Ce n'est pas le moment, je sais. Mais n'ait pas de crainte à te reposer sur tes amis. Même Derek. Tu tiens à lui tout comme il tient à toi.
- Je sais. J'essaierai de garder ça en tête. Merci Lyds.
- Allez, nous avons un vol à prendre.
- Bien chef. Quand on arrive en Californie, on prend le bus jusque chez nous ?
- Non, on vient nous chercher. Ne t'en fais pas, on sera le plus vite possible à Beacon Hills.

Sans en dire plus, Lydia entraîna son ami vers la porte d'embarquement. Il leur fallu encore un peu de temps avant de pouvoir monter, puis finalement, ils décollèrent. Stiles, qui habituellement était un vrai moulin à paroles, était particulièrement silencieux. C'était troublant. Lydia leur avait pris des places côte à côte, du côté du hublot pour le jeune homme. Elle posa sa main sur la sienne, alors que ce dernier regardait l'aéroport s'éloigner lentement, d'un air morne. Il tourna les yeux vers elle, avec un petit sourire triste.

- ça va, Lydia, je suis juste pressé d'arriver. Et j'ai peur.
- Je sais... Je suis là. Veux-tu qu'on se fasse un marathon star wars ? Nous avons des écrans individuels et l'hôtesse m'a indiqué que les films étaient disponibles.
- Tu... Tu me proposes de regarder les Star Wars avec moi ? Vraiment ? Est-ce que l'apocalypse est là ?
- Pas encore. Mais il parait que c'est intéressant. Et puis j'ai entendu dire que les acteurs n'étaient pas si moches que ça.
- Tu es incroyable !
- Tu me déçois si tu ne t'en rend compte que maintenant. Vraiment Stiles on se connaît depuis qu'on a trois ans, je pensais que tu savais déjà que j'étais une femme exceptionnelle.

Avec un sourire, Stiles serra la main de son amie.

- Évidemment que je le sais. Mais tu me fais des rappels réguliers. Allez, regardons donc les star wars. Ça nous occupera le temps du vol au moins.

Stiles pensait que même en regardant les films, le temps passerait lentement, mais étonnement, il se trompait. Malgré le fait qu'il connaisse quasiment les films par cœur, il fut pris dans l'ambiance et quelques heures plus tard, et plusieurs films avalés, plus quelques boissons et un repas, un passage aux toilettes et une balade dans l'avion, l'atterrissage fut annoncé. Stiles releva la tête d'un coup.

- Quoi ? On arrive déjà ? Est-ce que cet avion est en fait une fusée ? Un avion super rapide ? Un vaisseau extra-terrestre ?

Lydia eu un petit rire. Elle retrouvait un peu son ami, même si elle savait que très vite il redeviendrait maussade et triste, du moins jusqu'à ce qu'il ait des nouvelles concrètes de son père. Cela ne manqua pas d'arriver. Alors que l'avion se posait au sol, l'hyperactif se renfrogna et se renferma. Intérieurement, Lydia soupira. Voir la détresse de son ami était terrible, mais la raison de cette détresse était bien le suivit à travers le dédale de l'aéroport, jusqu'à récupérer leurs bagages puis d'arriver à l'étage des arrivées. Lydia parcourut rapidement l'endroit des yeux. Elle n'eut pas à chercher longtemps, la personne qu'elle attendait était bien là et venait de les repérer. Lydia reporta son attention sur son ami qui venait de se tourner vers elle.

- Tu as dit qu'on venait nous chercher ? Qui vient ? Ta mère ? Scott ?
- Stiles.

Le sus-nommé se retourna vers la voix qui venait de prononcer son nom, surpris.

- Derek ? Qu'est-ce que tu fous là ?
- Je viens vous chercher, ma voiture est rapide.
- Oh ! Je... Merci ?

Le loup-garou fronça les sourcils, semblant hésiter un peu, avant de s'approcher de Stiles et de le tirer contre lui. Le plus jeune expira un souffle saccadé avant de refermer ses bras autour de son ami, se laissant aller contre lui. Il ne savait pas trop pourquoi Derek avait accepté de venir les chercher, mais il avait raison sur un point, sa voiture était plus rapide que celles de ses autres amis. Et puis même en ces circonstances, il n'allait pas se plaindre d'être dans ses bras. Il resserra quelque peu son étreinte et le loup en fit de même, glissant son nez contre le cou du jeune homme. Ils restèrent ainsi de longues minutes avant que le plus jeune ne se détache de son ami, un peu perplexe quant à ce qu'il venait de se passer.

- Derek, je...
- Tu en avais besoin. Et je suis heureux de te voir, même en ces circonstances.
- Est-ce que tu sais si... ?
- Pas de nouvelles de ton père, je suis désolé. Et le corps n'a pas été identifié. Mais Scott, Isaac et Cora son sur place pour essayer de trouver quelque chose. Une odeur ou peu importe. La meute fait tout ce qu'elle peut, je te promets.
- Ce n'est pas votre job...
- Bien sûr que si. Et même si ça ne l'était pas, tu es des nôtres. On prend soin des nôtres.
- Je... Merci.

Le plus âgé se contenta de hocher la tête, avant d'entraîner les nouveaux venus vers sa voiture garée non loin. Très naturellement, après avoir chargé les bagages dans le coffre, Lydia se glissa sur la banquette arrière, laissant l'hyperactif prendre la place du passager. En temps normal, celui-ci aurait réagi, rougit ou fait une remarque, mais là, il se contenta d'entrer dans la voiture, détaché. Lydia et Derek échangèrent un coup d'œil inquiet.

Les quelques heures de trajet se passèrent dans un silence relatif, ce qui n'aurait pas été le cas habituellement. Stiles répondait aux questions de ses amis, mais pas plus. Il ne babillait pas, il n'écoutait même pas tellement ce que Lydia et Derek racontaient. Perdu dans ses pensées, il avait le visage plus pâle que jamais et le regard sombre et vide. Il avait ce côté "void" qu'il avait pris lorsqu'il était possédé par le Nogitsune, mais plus sombre encore, plus désespéré.

En arrivant proche de Beacon Hills, il recommença à s'agiter. Lydia posa une main sur son épaule, rassurante.

- On va aller directement au poste de police, d'accord ?

N'obtenant pas de réponse, elle hocha la tête en direction de Derek, lui indiquant de bien faire cela. Elle savait que sur place, Jordan Parrish serait là et qu'il était responsable de l'enquête. Il pourrait leur donner toutes les informations les plus récentes. Dans le même temps, elle pianota sur son téléphone pour demander au reste de la meute de les rejoindre plus tard au loft. Seul Scott les rejoindrait au poste.

Ils y arrivèrent relativement vite. Stiles s'était tendu de plus en plus à l'approche de leur destination. Lorsqu'il sortit de la voiture de Derek, tout indiquait qu'il était prêt à exploser, de colère ou de désespoir. Rapidement, le loup sortit à son tour et vint se poster en face du plus jeune. Sa main glissa contre sa joue avant de le lui relever doucement pour croiser son regard. Son autre main se déposa délicatement sur l'épaule de Stiles, ferme et douce.

- Stiles. On est avec toi, ok ? Quoi qu'il arrive, on est avec toi.
- Si jamais... Derek, je ne peux pas... S'il est...
- Je sais. Je sais...

Une fois encore, il attira le plus jeune contre lui, une main dans le bas de son dos, l'autre plus haut. Stiles glissa ses bras autour des épaules du loup, comme pour ne pas tomber. Derek le serra étroitement contre lui, murmurant des mots rassurants à son oreille. Finalement, lorsque les battements du cœur de l'hyperactif eurent repris un rythme normal, il se détacha et déposa ses lèvres sur son front, lui tirant un faible sourire.

- Merci.
- Quand tu veux.

Encadrant Stiles, ils entrèrent tous les trois dans le bâtiment. Aussitôt, Parrish arriva et les entraîna dans le bureau du Shérif. Voyant le regard de Stiles se poser partout, il proposa.

- On peut se mettre à mon bureau, mais c'est au milieu du poste. Je pensais qu'ici serait plus tranquille.
- Non, c'est bon, c'est juste... Ça va aller.
- Très bien, veux-tu un verre d'eau ? Un thé ?
- Non, je... Je veux savoir ce qu'il s'est passé.

Parrish hocha la tête et les invita tous les trois à prendre place. Dans un cas normal, il aurait demandé à Derek et Lydia de quitter la pièce, mais non seulement ce n'était pas un cas normal, mais en plus Stiles avait besoin de la présence de sa meute pour ne pas s'écrouler. Sans passer par quatre-chemins, Parrish exposa les faits. L'incendie avait été annoncé par une voisine, qui inquiète de ne pas voir les pompiers arriver s'était dit que le shérif devait être absent et qu'il ne pouvait pas du coup prévenir les secours. Une fois le feu éteint, après une longue bataille contre lui, les pompiers avaient trouvé un corps dans les décombres de la maison. De la taille et de la corpulence du shérif, mais trop brûlé pour être reconnaissable. Le feu avait l'air accidentel, mais ce corps changeait la donne. Parrish s'était mis au boulot dès que la police avait été prévenue. Tout dans cet incendie était étrange. Trop étrange pour ne pas penser au surnaturel. Que la maison du shérif soit visée soit une chose. Que le père du futur émissaire de la meute de Beacon Hills soit visé en était une autre.

Une fois que Parrish eut donné tous les éléments en sa possession à Stiles, ce fut à Derek de prendre la parole. Il indiqua que certains des membres de la meute s'étaient rendu sur les lieus de l'incendie et aux alentours pour trouver des pistes - tant à propos de l'incendie, qu'à-propos du corps et surtout à propos du père de Stiles - et que dès qu'il aurait des nouvelles, Parrish et Stiles seraient les premiers au courant. Le policier hocha la tête avant de reporter son attention sur le fils du shérif.

- Est-ce que tu as un endroit où rester ?

Stiles hocha la tête. Sans même demander, il avait la certitude qu'il pourrait aller chez Scott. Il avait passé tant de nuits là, même avant que sa mère ne décède. Il était certain que Mélissa ne verrait pas le moindre problème à lui offrir un toit, maintenant que le sien était parti en fumée. Le policier rassura Stiles du mieux qu'il put avant de le pousser gentiment vers la sortie.

De retour dans la voiture, Stiles se tourna vers Derek.

- Tu peux me déposer chez Scott ?
- Bien sûr. Tu peux rester au loft aussi. Si tu veux. Je comprendrais que tu veuilles retrouver Scott, mais...

L'hyperactif réfléchit une minute. Il avait certes envie de voir son ami de toujours, mais il savait également que ce dernier - et Mélissa - lui poserait sans doute des tas de questions auxquelles il n'avait pas envie de répondre. Il n'aspirait qu'au silence et au repos. Il hocha donc la tête à la proposition de Derek.

Ce dernier déposa donc Lydia et ses valises devant chez elle, lui demandant de passer le lendemain, avant de prendre la route de son loft. Sur le trajet, Stiles prévint Scott qu'il passait la nuit chez Derek et étonnement le jeune alpha n'émit aucune protestation. Stiles resta cependant silencieux tout le long du trajet et ce n'est qu'une fois au loft qu'il retrouva la parole.

- Pourquoi ?
- Quoi ?
- Pourquoi tu m'as proposé de venir ici ?

Le loup resta silencieux un moment avant de marmonner quelque chose à propos d'un incendie. Stiles allait lui demander de répéter lorsqu'il comprit. Derek avait été dans cette même situation, celle de perdre sa famille dans un incendie. C'était pour cela qu'il savait comment réagir. Le jeune homme eut un sourire tendre avant de s'approcher du plus âgé et, prit d'une impulsion, posa ses lèvres sur les siennes avec un petit "merci".


Voilà pour ce premier chapitre, à bientôt !