Bonjour tout le monde,

Voici enfin le second chapitre de cette histoire. Il ne s'y passe pas grand chose, mais promit, l'action arrive bientôt. J'espère que ça vous plaira tout de même. N'hésitez pas à laisser votre avis, ça fait toujours plaisir.

Bonne lecture,

Hanae


Un rayon de soleil particulièrement lumineux décida de se loger juste au niveau du visage du loup, à travers la grande baie vitrée du loft. Derek grogna et ouvrit un œil, fronçant les sourcils contre l'astre du jour. Il fallait vraiment qu'il pense à mettre des rideaux ou quelque chose comme ça. Il se redressa en grommelant. Son canapé n'était pas des plus confortables, mais son lit était occupé. Il tendit l'oreille pour déterminer si Stiles était déjà debout, mais le rythme lent et régulier de l'hyperactif lui indiqua qu'il dormait toujours profondément. Ce n'était pas plus mal. Le jeune homme devait être épuisé par tout ce qu'il s'était passé ses derniers jours. Aujourd'hui, la meute devait se réunir au loft, mais ce serait plus tard dans la journée. Derek se disait que Stiles aurait sans doute envie d'aller au commissariat, voire peut-être même à l'endroit du sinistre. Dans les deux cas, il aurait le loup à ses côtés et sans doute le reste de la meute, s'il le voulait.

Derek se dirigea vers la cuisine et ouvrit les placards pour préparer le petit-déjeuner. Depuis que son loft était redevenu le lieu des réunions de meute, il y avait toujours de la nourriture en suffisance pour les louveteaux affamés. Il commença par le café, se disant que le jeune humain apprécierait une tasse. Puis, il prépara du pain perdu. Ce n'était vraiment pas quelque chose qu'il avait l'habitude de faire, mais il avait souvent observé son père en faire. Puis après l'incendie, sa sœur Laura avait continué. Le pain perdu était pour lui le parfait réconfort et si cela pouvait être le cas pour Stiles, c'était aussi bien. Ses pensées se tournèrent d'abord vers sa famille avant de dériver vers l'humain dormant actuellement dans sa chambre. Lorsqu'il avait été prévenu qu'un incendie avait pris dans la résidence Stilinski, il s'était précipité. La vue de la maison en flammes l'avait pourtant tétanisé et il n'avait rien pu faire à ce propos. S'il n'avait de toute façon pas pu éteindre l'incendie, il aurait pu aider d'une autre manière, en captant une odeur ou un sentiment. Mais lorsqu'il était revenu après que les flammes soient éteintes, tout cela avait disparu. Et il n'avait pas la force de chercher longtemps. S'il n'avait de toute façon pas pu éteindre l'incendie, il aurait pu aider d'une autre manière, en captant une odeur ou un sentiment. Il avait cependant été heureux que Stiles soit à l'université à l'autre bout du pays. La simple vue de la maison carbonisée avec les murs encore chauds, ne pouvait que lui faire remonter des terribles souvenirs. Il avait évidemment accepté puis convoqué la meute pour donner à chacun des tâches à ce propos. Il fallait visiter la maison Stilinski pour capter quelque chose. Il fallait absolument retrouver le shérif, vivant. Il fallait aider Stiles, le soutenir, être présent.

Lorsque enfin, il était parti pour l'aéroport et qu'il avait retrouvé l'hyperactif, il n'avait pas pu s'empêcher de le serrer contre lui. Depuis quelques mois, il développait des sentiments amoureux envers le plus jeune. Il ne pouvait pas nier que celui-ci l'avait toujours attiré, d'une certaine manière. D'abord mentalement. Sa manière de réfléchir, de chercher et trouver des solutions, sa capacité à penser à différentes choses en même temps, à suivre plusieurs conversations, tout en restant vaguement cohérent. La capacité qu'il avait de trouver des liens improbables entres les choses, les gens ou les événements. Sa capacité de déduction qui avait si souvent aidé son père ou la meute. Bon, il le trouvait aussi chiant. Le gamin ne pouvait jamais s'arrêter de parler. Et lorsque enfin, il devenait silencieux, Derek pouvait voir les rouages de son cerveau continuer à se mouvoir sans cesse. C'était épuisant. Les premiers mois après leur rencontre avaient été compliqués. Stiles ne lui faisait pas confiance, et c'était réciproque. Derek était à cette époque encore incapable d'accorder sa confiance à qui que ce soit, à commencer par lui-même. Puis, après l'épisode de la piscine, avec le Kanima, ils avaient tous les deux commencé à se faire confiance. Par petites touches. Il y avait toujours eu des hauts et des bas entre eux, mais ils avaient su surmonter les difficultés pour passer d'ennemis à alliés, puis enfin amis. Et lorsque la meute avait commencé à se séparer, car la plupart de ses membres partaient étudier aux quatre coins du pays, le loup s'était rendu compte que son attachement envers l'hyperactif était bien plus fort que ce qu'il ne le pensait.

Avant le retour de Stiles, la veille, il n'avait pas osé ne fut ce que formuler la pensée que ses sentiments pourraient trouver une réponse. Oh, certes, il savait utiliser ses sens de loup et le plus jeune sentait le désir à chaque fois qu'il était dans les parages - une odeur sucrée, avec une pointe de cannelle - mais il avait mis ça sur le compte du jeune âge de Stiles et de ses hormones en constante ébullition. Pourtant, lorsque l'hyperactif lui avait rendu ses étreintes, il avait perçu quelque chose d'autre, un sentiment ténu, une émotion caché. Et puis, il l'avait embrassé. Un simple contact entre leurs lèvres, rapide, presque imperceptible.

Il sortit brusquement de ses pensées lorsqu'un bruit de chute retentit dans la chambre, à l'étage. Il fronça les sourcils, écoutant et ressentant tout plus attentivement. Un gémissement l'inquiéta, mais tout de suite après, il entendit la voix de Stiles grommeler face au drap trop présent autour de ses jambes lorsqu'il avait voulu sortir du lit. Derek laissa un sourire fleurir sur ses lèvres, qu'il effaça lorsque Stiles descendit dans la cuisine. Il se tourna vers lui pour la saluer. Le plus jeune était encore en jogging et t-shirt, les yeux gonflé de sommeil et un air vide sur les traits. Pourtant, ils s'éclairèrent à la vision du loup dans la cuisine.

- Wow Sourwolf, est-ce que tu fais vraiment à manger ?
- Pain perdu, ça te convient ?
- Oh oui, merci mon dieu, j'adore ça. Est-ce que ça sent le café ? Est-ce que tu m'a fait un café en plus d'un petit-déjeuner ? Est-ce que je devrais t'épouser tout de suite, tu es vraiment un homme parfait !
- Assis.

Stiles ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais finalement il eut l'air de se dire que s'il était trop chiant envers le loup, il risquait de devoir se passer de petit-déjeuner. Lorsque la tasse de café arriva devant lui, il y plongea les lèvres. Il était parfait. Sucré comme il le fallait. Ce loup était magicien. Il n'eut pas le temps de dire quoique ce soit qu'une assiette remplie se posa devant lui. Il releva les yeux et adressa un sourire éclatant à son ami. Derek fronça les sourcils. Comment devait-il réagir face à un sourire aussi sincère, un peu enfantin. Sans trop réfléchir, il lui adressa un petit sourire, qui fit s'agrandir celui de Stiles. Le loup grogna avant de s'asseoir et d'entamer son propre petit déjeuner.

Une fois son assiette vide, Stiles la repoussa avec un soupir de bien-être. Il releva les yeux vers le loup, le surprenant à l'observer.

- Je sais que je suis beau. Mais dois-tu vraiment m'observer ainsi ?
- Je...
- Je te taquine Sourwolf. Je me disais... Aujourd'hui, je dois retourner voir Parrish. Et puis... Je ne sais pas si c'est possible pour toi, mais je dois aller à la maison.
- Pas de soucis. On fait ce dont tu as besoin Stiles.

Il reçut en réponse un sourire douloureux avant que Stiles n'inspire profondément, comme pour chasser ses sentiments négatifs. Il retrouva un semblant de sourire avant de débarrasser la table et de tout emmener vers la cuisine pour commencer la vaisselle. Derek le suivit et alors que l'eau commençait à remplir l'évier, il posa sa main sur le bras de Stiles.

- Ce n'est pas à toi de faire ça.
- ça me fait plaisir. C'est pour te remercier de m'avoir accueilli. Et d'être venu nous chercher.
- Tu n'as pas à me remercier. C'est normal.
- J'y tiens et j'aime bien. Quand j'étais au lycée, je faisais la vaisselle chaque fois que mon père travaillait tard. Il...

Il s'interrompit brutalement. Derek posa une main sur son épaule.

- On va le retrouver, je te le promets. On va faire tout ce que l'on peut et on va le retrouver. La meute y travaille sans relâche.
- Vous n'avez pas à...
- ça nous fait plaisir de le faire Stiles. Laisse nous aider. Nos sens peuvent être utiles.
- Très bien, mais je veux aider aussi.
- Je ne pensais pas t'empêcher de le faire. Rappelle-toi, on fait ce dont tu as besoin.
- Tu es bizarrement gentil, aujourd'hui. Est-ce qu'une sorcière t'as lancé un sort durant mon absence ? Ou alors tu es un sosie de Derek et le vrai Derek est quelque part dans une cave.
- Ne raconte pas de bêtises, répondit-il en grondant et faisant de ce fait sourire son jeune ami.

Derek était bien conscient de ne pas agir comme d'habitude et sans doute que cela devait un peu perturber Stiles. Mais en même temps, il n'allait pas juste s'exprimer par grondement et froncement de sourcils comme lorsqu'ils s'étaient rencontrés. Il avait évolué depuis. D'autant plus depuis qu'il avait rejoint la meute de Scott. Il ne pouvait tout simplement pas être aussi grognon que d'habitude. Étant passé par une situation semblable, il pouvait imaginer ce dont Stiles avait besoin et ce n'était certainement pas un loup grognon. Pas trop.

Stiles commença la vaisselle sans dire un mot de plus. Soupirant, car il savait qu'il n'allait pas pouvoir lui faire changer d'avis, Derek prit un essuie pour l'aider. Pas question que le plus jeune fasse tout le travail. Déjà que laver la vaisselle était trop alors si en plus il lui laissait la partie essuyage, il se sentirait comme un connard. Il n'en avait pas envie, vraiment. Il n'était pas comme son oncle qui s'en fichait royalement de passer pour un immonde connard du moment qu'il obtenait ce qu'il voulait. Derek, sous ses airs de loup mal léché était bien plus gentil et la meute en était consciente, Stiles le premier. Évidemment. Sans doute que Stiles le savait depuis le début. Cette pensée tira un nouveau sourire au loup et un doit mouillé enfoncé dans sa joue. Il releva les yeux, grondant contre ce doigt et la personne à qui il appartenait, ne récoltant qu'un petit rire.

- Tu peux toujours essayer de me faire peur, mais tu es conscient que ça ne marchera pas ? Tu m'as fait un petit-déjeuner !
- Quel est le rapport ?
- Tu es gentil, voilà le rapport. Tu peux cacher ta gentillesse sous une pile de grognement et de menaces, au fond, tu restes un gentil loup grognon.
- Ne pousse pas.
- En plus, tu m'aimes bien sinon tu ne m'aurais pas laissé dormir dans ton lit. Ni fait à manger ce matin. Je suis certain que Scott aurait dormi sur le canapé.
- Je lui aurais fait à manger aussi.
- Oui, mais tu ne l'aurais pas laissé dormir dans ton lit. Pourquoi tu as fait ça ? Par pitié ?
- Tu sais bien que non. Tu avais besoin d'une bonne nuit de sommeil et le lit est plus confortable que le canapé. Et bien sûr que j'en aurais fait de même pour Scott.

C'était faux. Il laissait rarement son lit à qui que ce soit, surtout s'il n'était pas lui-même dedans. Mais Stiles ne pouvait pas entendre son cœur et donc détecter son mensonge. Pourtant, le regard qu'il lui lançait semblait indiquer qu'il savait qu'il mentait. Derek haussa un sourcil, mais le plus jeune ne dit rien de plus, se contentant de terminer le lavage de la vaisselle.

- Va prendre une douche. Après, on y va, si tu veux.
- Insinuerais-tu que je pue, Souwolf ?
- Qui sait ?

Ce fut au tour de Stiles de grogner, mais il obéit au bêta et se dirigea vers la salle de bain. Derek en profita pour appeler Lydia, lui indiquant le programme de la journée. La jeune femme les rejoindrait à la demeure Stilinski, directement. Avec ses sens de Banshee, elle capterait peut-être quelque chose. Il eut à peine raccroché que Scott l'appelait. Soupirant, il décrocha.

- Oui Scott ? Oui, il va bien. Je ne peux pas, il prend une douche. On va voir Parrish ce matin puis à la maison. Oui, sa maison, Scott. Il en a besoin. Ce n'est pas à toi de... Je sais ce que je fais. Écoute, rejoins-nous là-bas ou apporte des donuts au commissariat si tu veux. Oui. Je sais. Moi aussi. Il va aller bien. On va trouver.

Il raccrocha et tendit l'oreille vers la salle d'eau. La douche s'étant arrêtée, il en conclut que le jeune homme allait bientôt redescendre. N'entendant pas de bruits de pas, il monta. Stiles était dans la chambre, vêtu d'un jean, mais pas de haut, l'air perdu devant sa valise ouverte. Lorsque Derek toqua à la porte entrouverte pour s'annoncer, Stiles se redressa. Il avait l'air quelque peu gêné.

- Je... J'ai oublié de prendre des t-shirts... Dans la précipitation, je n'ai pas vérifié ma valise et je...

Sans un mot, Derek s'avança vers sa penderie, prit un t-shirt à lui et une chemise et le tendit à Stiles. Ce dernier les regarda comme si Derek lui tendait une bombe. Le loup soupira.

- Prends-les, ils devraient être à ta taille. S'il te manque quoique ce soit, tu te sers. On ira t'acheter des trucs si tu ne veux pas porter mes fringues, ou on demandera à Scott.
- Non, je... Ce n'est pas... Argh.
- Stiles. Respire.

Obéissant, Stiles prit une grande inspiration avant de reprendre.

- Merci pour ça. Et le reste. Je n'ai pas de soucis à porter tes vêtements, je ne pensais pas que c'était ton genre de les partager.

Tout en parlant, il enfila le t-shirt et la chemise, qui comme l'avait dit Derek, étaient parfaitement à sa taille. Il lança un regard interrogatif au loup qui lui répondit d'un froncement de sourcils. C'était un des rares vêtements qui dataient d'avant l'incendie. Il ne les portait plus de toute manière. Il ne les aurait certes pas prêtés à n'importe qui mais Stiles... Ça faisait sens. Ça faisait sens. Puis ce fut à son tour de froncer les sourcils et soudain, un éclair de compréhension passa sur son visage. Il eut soudain l'air de vouloir rendre ses vêtements au loup. Derek ne lui en laissa pas le temps.

- Je prends une douche rapide et je te rejoins.

Sans attendre la réponse, il disparut dans la salle d'eau. Stiles baissa le regard sur son t-shirt avant de pousser un petit soupir. Mais il souriait alors qu'il prenait son sac et redescendait vers le salon pour attendre son hôte. Il fit un peu de rangement dans la cuisine et sur la table où ils avaient mangé. Derek ne fit pas de remarque face à cela. Il était conscient que le plus jeune avait sans cesse besoin de se tenir occupé, d'une manière ou d'un autre, plus encore depuis l'incendie. Étant passé par là aussi, il savait que faire des choses était un des moyens de ne pas trop penser. De se détacher de la réalité pour un court instant. Toujours sans un mot, les deux jeunes hommes descendirent et Derek les conduisit jusqu'au commissariat, où Jordan Parrish les attendait dans son bureau. Derek doutait qu'il ait de nouveaux éléments à leur apporter depuis la veille, mais Stiles tenait à passer par ici avant d'aller voir sa maison.

- Stiles. Derek. Entrez. Un café ?
- Non, merci, répondit le plus jeune. Juste... Est-ce qu'il y a du nouveau ?
- Pas vraiment, tu t'en doutes. Mais il y a quelque chose. Plusieurs policiers ont reçu au cours de ces derniers mois des courriers et mail étranges. Nous avions mis cela sur une mauvaise blague adolescente, mais il est possible que ça ait un lien avec l'incendie. Nous cherchons de ce côté. Derek, est-ce que la meute a pu trouver quelque chose d'autre ?
- Nous nous retrouvons tout à l'heure pour en parler. 13H au loft.
- Je ne pourrai sans doute pas être là, mais je compte sur toi pour me dire ce qui a été dit ?

Derek se contenta de hocher la tête alors que le jeune Stilinski demandait à voir les courriers que les policiers avaient reçus. Parrish dû refuser, l'air quelque peu gêné de le faire. Il expliqua à Stiles qu'il était trop proche de l'enquête pour pouvoir y participer, en plus du fait qu'il n'était pas enquêteur. L'hyperactif se renfrogna, mais ne dit rien de plus. C'était plutôt étrange. En temps normal, il aurait argumenté pendant des heures rien que pour pouvoir jeter un œil rapide aux dossiers. Mais les temps n'étaient pas normaux. Parrish se fit la réflexion, alors que Stiles et Derek sortaient du bureau, que Stiles avait de la chance d'appartenir à une meute. Sans quoi, il n'y aurait eu rien qu'il aurait pu faire pour aider. Pas que ce soit son rôle, au contraire, mais son esprit vif et sa capacité de déduction avaient toujours aidé sur toutes sortes d'affaires surnaturelles. Le chien de l'enfer se dit qu'il devrait peut-être donner un petit quelque chose au fils du shérif. Sans l'impliquer totalement, lui donner accès aux courriers et mails étranges reçus ces derniers mois pourrait apporter un regard nouveau. Il y penserait dans les prochains jours et selon ce que la meute trouverait ou non sur cette affaire. Dans tous les cas, il fallait qu'ils retrouvent au plus vite le shérif, vivant. Stiles ne se remettrait pas de la mort de son père, même avec le soutien de la meute. Il était passé par trop d'horreurs pour en subir une de plus, surtout de cette ampleur. Parrish ne pensait pas que le shérif soit mort, mais il fallait le retrouver au plus vite, car ses chances de survie s'amenuisaient avec le temps, comme pour chaque disparition.

Lorsque Derek et Stiles sortirent du commissariat, Scott les attendait à l'entrée avec un sachet de donuts et un café pour son frère. Stiles haussa les sourcils.

- Tu penses que je manque de sucre ?
- Les donuts sont toujours importants. Je t'ai pris un café caramel si tu veux.
- Mec, tu es un frère pour moi ! S'exclama Stiles en se précipitant sur son ami pour un câlin et prendre sa boisson et son second petit-déjeuner.

Derek s'éloigna un peu pour leur laisser le temps de se retrouver. Il n'avait jamais eu de meilleur ami comme Scott l'était pour Stiles, si ce n'était ses frères et sœurs, et son oncle Peter. Mais rien de vraiment comparable. Il savait que les deux jeunes hommes donneraient tout, y compris leur vie, pour l'autre. Ils l'avaient déjà fait et le referaient encore.

Scott lança un regard au bêta qui s'éloignait. Pas assez pour ne plus du tout les entendre s'ils parlaient à voix haute, mais suffisamment pour leur laisser l'intimité de leurs retrouvailles. Il serra à nouveau Stiles contre lui.

- On va le trouver. On trouve toujours.
- J'espère.
- Stiles, je te le promets. On va le retrouver. Toute la meute s'y est mise et toute la ville, littéralement, le cherche. Impossible qu'on ne le trouve pas rapidement.
- Mhm, acquiesça l'hyperactif, pas complètement convaincu.
- Tu veux venir t'installer chez moi, le temps de...

Stiles lança un regard en direction de là où était parti Derek, sans vraiment répondre. Scott posa une main amicale sur son épaule.

- Tu peux rester chez lui aussi.
- Je ne sais pas. Il ne veut peut-être pas de moi. Je vais venir chez toi.
- Bro', tu es vachement plus intelligent que moi, mais parfois, tu es aveugle. S'il ne voulait pas de toi, il t'aurait déposé chez moi hier soir. Il ne serait pas venu vous chercher à l'aéroport. Il n'aurait pas fait de petit-déjeuner pour toi.
- Comment sais-tu que ?
- Il m'a dit que vous aviez mangé, j'ai tiré mes propres conclusions que tu viens de me confirmer.

Cela tira un petit rire à Stiles.

- Oh Scotty, tu deviens bon. La meute a besoin de ça quand je ne suis pas là.
- Je fais de mon mieux. Même si tu nous manques souvent.
- Vous me manquez aussi. Je vais peut-être revenir maintenant que...

Il s'interrompit brutalement et l'alpha le tira dans une accolade.

- Pas de décision hâtive. On retrouve ton père, on trouve qui a fait ça et après, on voit.
- Si j'avais été là...
- Ça n'aurait sans doute rien changé. Sauf te mettre en danger toi aussi.
- Ou j'aurais pu empêcher ça, aider mon père, l'empêcher de disparaître !
- On ne saura jamais. On peut juste avancer, ok ? Un pas à la fois.
- Mhm...

Les deux jeunes hommes restèrent silencieux un moment avant que Stiles n'ouvre le sachet de donuts pour en dévorer un. Puis un second. Lorsqu'il tendit la main vers le troisième, Scott éclata de rire.

- Encore ? Je pensais que tu avais déjà mangé chez Derek ? On va devoir te faire rouler pour le reste de la journée.
- Mon cerveau a besoin de sucre et de caféine pour réfléchir correctement.
- Peut-être pas autant.

Stiles haussa les sourcils, les fronça, réfléchit une seconde, puis engloutit le troisième donut. Il allait s'arrêter là sinon il allait exploser. Mais c'était la faute de Scott aussi. Il lui avait pris les meilleurs, venant du meilleur endroit de la ville. Ça aurait été un crime que de ne pas les manger. Il en restait d'ailleurs, et le jeune homme se sentait un peu mal par rapport à eux, mais il y aurait bien un loup affamé pour leur faire un sort.

Il se tourna vers Derek qui revenait vers eux, lui tendant aussitôt le sachet de donuts. Le loup roula des yeux, sans faire un geste pour les prendre. Il avait l'air de se demander où Stiles mettait toute cette nourriture, sachant qu'il avait déjà avalé un peu plus tôt un nombre conséquent de pains perdus. Le jeune homme, devant ce refus de nourriture roula des yeux également.

- Tu ne peux pas laisser ces pauvres donuts...
- Ils n'ont pas de sentiments quant au fait de se faire manger ou non tu sais ?
- Qu'en sais-tu ? Tu as été un donut un jour ? Est-ce que tu étais aussi grognon qu'en loup ? Est-ce que les gens te mangeaient ou est-ce que tu leur grognais dessus pour ne pas te faire manger ? Je suis certain que tu étais un donut mignon. Tout grognon, mais mignon. Comme maintenant.

Derek haussa un sourcil à la mention du fait qu'il aurait pu être un donut dans une vie précédente, et le second à la mention du mot "mignon". Stiles se rendit compte qu'une fois encore, il avait parlé sans filtre cerveau-bouche et referma cette dernière brusquement. Il devrait sérieusement apprendre à parler en réfléchissant un peu. Derek ne réagit cependant pas plus que ça, se contentant de se diriger vers se voiture. Stiles se dandina un peu, hésitant entre lui et son ami, qui lui indiqua de monter avec Derek.

- Je suis venu à pied, va avec lui.
- On se retrouve à la maison ?
- Bien sûr. Isaac et Lydia seront là aussi.

L'hyperactif hocha la tête avec de rejoindre le plus âgé, montant dans sa voiture en silence. Ce dernier s'éternisa quelques minutes alors que l'humain plongeait dans des pensées plutôt sombres. Il pouvait rire et plaisanter tant qu'il voulait, cela n'effacerait pas l'horreur de la réalité. Qui devint subitement beaucoup plus réelle lorsque Derek s'engagea dans sa rue. Stiles se tendit brusquement alors que le loup se garait plusieurs dizaines de mètres avant la maison. Le moteur pourtant éteint, Stiles ne bougea pas d'un millimètre. Derek posa une main sur son bras, sans rien dire. Il marquait juste sa présence en tant que membre de la meute, en tant qu'ami sans doute. Stiles lui lança un regard en biais, hocha imperceptiblement la tête avant de sortir du véhicule. Quoiqu'il se passe, il savait qu'il pouvait compter sur lui, ainsi que sur les autres membres de la meute. Quoiqu'il se passe, il serait entouré. C'était déjà ça, même s'il aurait préféré que rien de tout cela n'arrive. Était-ce trop demander que d'avoir la durée de ses études sans problème majeur ? Ne pouvait-il vraiment pas avoir une vie normale après toutes les horreurs face auxquelles il avait été confronté sur le temps du lycée ? Manifestement, sa ville avait décidé de ne jamais le laisser en paix.

Une fois sorti de la voiture, il inspira profondément, carra les épaules et prit le chemin de sa maison désormais en ruines fumantes. Du coin de l'œil, il aperçut ses voisins et voisines aux fenêtres. Certains lui lançaient un regard de pitié, d'autre un signe amical, d'autre encore faisaient semblant de rien. Il ne voulait pas s'en inquiéter, mais il avait envie de leur hurler que leur curiosité morbide n'aidait en rien et qu'ils pouvaient tous aller se faire mettre. Évidemment, il ne pouvait pas le faire et alors qu'il luttait contre ce besoin, Derek se plaça à ses côtés, épaule contre épaule, lui masquant la vue d'un trottoir. Presque aussitôt, Scott apparut de l'autre côté et ainsi, il pouvait circuler en regardant uniquement droit devant lui, sans prendre garde aux curieux.


A bientôt !