Harry réfléchissait paisiblement dans son lit. Un mois était passé et l'avis du professeur de sortilège sur son prologue avait été plus que positif. Apparemment, il introduisait bien le caractère du personnage principal, son monde et son quotidien. La veille, le sorcier à lunettes avait rendu les deux premiers chapitres qui, il espérait, allaient lui plaire. Il profitait de chaque temps libre seul pour pofiner les détails et modifier les derniers éléments au propre. Il attendait maintient le verdict du petit sorcier qui avait déjà entamé la lecture durant la journée.

Pourtant tout ne se passa pas comme prévu. En effet, le lendemain matin, les chapardeurs attiraient tous les regards avec leurs monticules de parchemins. Les chapardeurs étaient un groupe de deux gryffondors et un serdaigle, tous en troisième année. Avant de quitter les bancs de Poudlard, les jumeaux Weasley s'étaient assurés de faire perdurer le vice en formant la relève par ces trois jeunes admirateurs. Jusque maintenant, ils ne faillissaient jamais à leur digne titre de successeurs des maraudeurs et des Weasley. Ils le prouvaient d'ailleurs encore aujourd'hui avec leur attirail.

- Sorciers, sorcières approchez et venez découvrir l'histoire de l'écrivain de Poudlard !

Le sang du survivant se glaça. Que faisaient-ils en possession de ses écrits ?

"Calme-toi Harry. Ce n'est pas forcément la tienne il y a plein d'élèves à Poudlard."

- Un début subjuguant pour un titre mystérieux : "La Lune était pleine" !

Ok comment avaient-ils réussi à se le procurer ?

- Chers amis, commença le plus grand de la bande, un certain Bernie. Lors d'une mission top secrète menée à un certain temps de notre journée, nous avons fait la trouvaille la plus mystérieuse qui soit. Par secret professionnel nous ne pourrons rien vous révéler de notre excursion mais nous pourrons cependant vous faire part de copie du prologue ainsi que des deux premiers chapitres. Par conséquent, si vous voulez vous en procurer, nous vous demanderons dix mornilles. Non pas pour le livre, ce serait voler le travail de l'auteur, mais pour notre prime de risque.

Ainsi donc, ils s'étaient glissés dans la salle des professeurs en conclu Harry. Le seul point où il se trouvait soulagé était que personne ne pouvait savoir son identité sur ces papiers. Après vérification, les fauteurs de trouble avaient pensé à ensorceler l'écriture pour que la réelle ne soit pas identifiée et il s'en trouvait reconnaissant.

Par curiosité, beaucoup d'élèves achetèrent un exemplaire copié magiquement en se promettant de le lire plus tard.

Bien que ce n'était pas sa faute, Flitwick s'excusa de cet événement auprès d'Harry et lui promit de prendre plus de précautions s'il acceptait de lui donner la suite. Ayant confiance en les compétences magique de son professeur, le gryffondor accepta.

La semaine qui suivit fut plutôt étrange pour ceux n'ayant pas acheté le début du livre. Ceux ayant commencé la lecture ne s'arrêtaient plus, même dans certains cours, et incitaient le plus de monde à le lire. Curieux de ce regain d'énergie chez les élèves, d'autres suivirent et de plus en plus de sorciers semblaient frustrés de ne pas avoir la suite.

Relisant les notes de son cours, Hermione s'exaspérait d'entendre, chez la majorité, la même conversation.

- Je croyais que tu serais la première à plonger tête baissée dans le livre, fit remarquer le roux.

- Je lis ce qui m'apprend des choses Ron, pas de la fantaisie.

- Les livres de Lockhart étaient bien rocambolesques eux, s'insurgea-t-il.

- C'est un merveilleux écrivain, se défendit Hermione. Ce n'étaient peut-être pas ses exploits mais tout de même ceux de grands sorciers.

Ron leva les yeux au ciel et retourna à sa partie d'échec face à Harry.

- Tu n'as encore bougé aucune pièce, geignit le roi.

- Je réfléchis ! Pourquoi t'entraînes-tu avec moi aussi ?

- Je dois me préparer avant d'aller dans la chambre conviviale. Mon dernier match contre ce Zabini était serré j'ai failli perdre mon titre de champion.

Ça aussi c'était nouveau cette année. Des élèves avaient fait valoir leur idée de transformer une des salles non utilisées du château pour en faire un lieu où les membres de chaque maison pouvaient venir se reposer avec ses amis. Soutenue par la majorité de l'école, une pièce aménagée avait vu le jour. Tout le monde y trouvait son compte et, malgré les rivalités, on trouvait un terrain d'entente comme avec les échecs pour Blaise et Ron.

- Je réitère ma question ; pourquoi tu t'entraînes avec moi si c'est pour jouer contre lui ?

- Parce que tu es le seul assez fou pour continuer à jouer avec lui, se moqua Hermione.

Harry soupira et se concentra à nouveau sur ses pièces qui ne cessaient de l'embrouiller en lui donnant des conseils tous différents.

- Allez Marilyn tu vas adorer ! s'enthousiasma soudainement une deuxième année.

- Tu n'as lu que le début comment peux-tu en être aussi sûre ?

- Et ça recommence, grommela Hermione.

- Laisse moi au moins te raconter le début ! On suit l'histoire de Magalie, une moldue, qui cherche un travail. Comme souvent, elle part faire de la course à pied le soir dans la forêt à côté de chez elle sauf que, cette fois-ci la Lune est pleine et elle se sent étrangement observée. Elle entend alors un bruit et là BOUM ! Fin du deuxième chapitre.

Marilyn regarda son amie ennuyée.

- Donc tu veux que je lise l'histoire d'une fille dont je ne connais rien à son monde et qui se fait suivre en pleine forêt la nuit ?

- Allez ! Chaque objet et concept moldu est bien expliqué pour l'instant, c'est super bien écrit et réfléchi bon sang ! Le titre de l'histoire indique clairement qu'elle se fait suivre par un loup-garou !

La seconde grimaça à l'appellation. C'est pourtant cette dernière information qui fit tourner la tête à Hermione.

- Juste le prologue, s'il te plaît !

- D'accord très bien mais laisse moi tranquille après ça...

Harry tentait tant bien que mal de cacher son amusement face à l'excitation des plus jeunes sur son histoire. Ça lui réchauffait le cœur de savoir que des gens aimaient ce qu'il écrivait.

- On voit les loups-garous en troisième année c'est sans doute une personne de classe supérieure, supposa Ron, la personne qui écrit l'histoire.

- Ou, avec plus de chance, un élève qui a connu le professeur Lupin, répliqua Hermione. J'espère au moins que l'image de ces créatures ne sera pas encore plus détériorée.

Et elle ne semblait pas si bien dire. Harry recevait bien souvent la visite du lycanthrope et s'occupait actuellement de Sirius pendant qu'il était à Poudlard.

- En tout cas ils ont tous l'air impatient d'avoir la suite, fit Ron, tout sourire.

Faudra-t-il encore qu'ils réussissent à la voler avec les protections magiques.

•-•

- Samantha pousse-toi on va se faire chopper, dit sèchement Bernie à voix basse.

Samantha, Bernie et Marc échappaient à Miss Teigne après leur infiltration dans la salle des professeurs. Depuis leur découverte du début de l'histoire, ils revenaient tous les jours dans l'espoir d'y trouver la suite. Chaque fois, ils ressortaient bredouilles mais ce soir, en voulant ouvrir un tiroir, un sortilège s'était activé faisant vibrer les meubles de la pièce et attirant Rusard et son chat. Les chapardeurs cherchaient maintenant à se cacher en ouvrant des passages secrets indiqués par les Weasley.

- La ferme je cherche le mécanisme. Ah le voila.

Ni une, ni deux, les trois élèves se jetèrent à travers la trappe et se retrouvèrent plongés dans le noir. Reprenant enfin leurs esprits, Marc fut le premier à se plaindre.

- Par Merlin, c'était quoi ça ? Un mécanisme de défense ?

- Pourquoi il s'est activé maintenant et pas avant ?

- Voyons les gars, soyez positif !

Ils regardèrent, blasés, leur amie. À travers l'ouverture du passage, un fin filet de lumière venait éclairer un parchemin. Leurs yeux s'agrandirent soudainement.

- Comment…?

- Quand…?

- Quand j'ai voulu ouvrir le tiroir, il était fermé par un sortilège. J'ai utilisé une méthode moldue pour le déverrouiller et c'est là que « l'alarme » s'est déclenchée. J'ai juste utilisé le même sort que la dernière fois pour avoir une copie du contenu du tiroir.

- Sam... t'es géniale.

•-•

Harry et Flitwick devaient bien avouer qu'ils avaient sous-estimé les chapardeurs. Ils s'étaient montrés assez rusés même dans la panique. Le professeur réfléchissait déjà aux protections plus avancées qu'il pourrait mettre tandis que le gryffondor méditait sur la situation.

Pour l'instant, peu de personnes semblaient s'intéresser à savoir qui était l'auteur de « La Lune était pleine », tous se concentrait d'avantage sur l'histoire en elle-même. Ceux qui avaient déjà commencé la lecture du nouveau chapitre critiquaient certains passages avec passion. Jamais, il n'aurait pensé faire autant sensation auprès des élèves cependant, il avait l'impression de retranscrire aux lecteurs son affection pour l'écriture et cela lui réchauffait le cœur. Laisser son livre de manière anonyme n'était peut-être pas une si mauvaise idée. Devait-il laisser les chapardeurs avoir accès à ses écrits ?

Dans son dortoir vide, Harry regarda le brouillon du prochain chapitre, pensif. Ses yeux balayèrent la pièce et tombèrent sur la carte des maraudeurs, trônant fièrement sur sa cape d'invisibilité. Soudain un éclair passa dans son esprit. Il avait trouvé une bien meilleure idée. Un sourire naissant sur ses lèvres, il plongea sa plume dans l'encre et commença un nouveau parchemin.

•-•

- Bien joué Marc, on n'y aurait jamais pensé !

- Merci, répondit ce dernier en se recoiffant. Il fallait juste un peu d'imagination.

- C'est bien pour ça que tu es serdaigle tiens, répliqua la seule fille du groupe.

Les chapardeurs tenaient maintenant entre leurs mains le quatrième chapitre tant attendu par les lecteurs. Pourtant, en l'ouvrant, ils furent surpris de voir un mot leur étant directement adressé.

« Félicitation ! Il faut être plutôt doué pour passer entre les mailles du filet de ce sortilège. Réalisé par un maître du duel qui plus est. Ne vous reposez cependant pas sur vos lauriers… Je discute activement avec le professeur Flitwick pour rajouter toujours plus de difficulté à vos vols à l'étalage. Voyons si vous succéderez fièrement aux plus grands farceurs que Poudlard est connue. »

- Est-ce un défi ? fit Bernie les yeux brillants d'excitation.

- Je crois bien ! s'extasia Samantha.