L'homme réajustait le manteau gris que lui prêtait son ami. Il n'aimait pas tant que ça cette couleur mais il se refusait à porter un autre vêtement présent dans cette maison. Dès qu'il aurait du temps, il ferait le plein de vêtements neufs complètement différents de ce qu'il avait eu l'habitude de porter jusqu'à maintenant, ça lui changerait du seul torchon qu'il avait utilisé pendant douze ans !
Sortant de sa chambre, il marcha dans les couloirs sombres de sa demeure devenus plus clairs avec la frénésie des Weasley et de son filleul. Une fois à la porte d'entrée, son ancien ami Remus lui sourit.
- Prêt ?
- On ne peut plus ! 15 ans que je n'y suis pas aller. Légalement bien sûr.
- Alors accroches-toi à moi, je nous fais transplaner.
Rapidement, ses mots suivirent un craquement dans l'air. Les deux sorciers atterrirent à quelques centaines de mètres d'un château massif qui ne les impressionnait nullement après toutes les années de pitreries commises en son sein.
- Tu n'as rien dis à Harry hein ?
- Qu'est-ce que tu crois Sirius ? Je lui aie gardé la surprise de ta venue. Seuls les professeurs sont au courant.
Ils marchèrent en direction de l'école en discutant calmement.
- Il va être ravi de te voir de nouveau sur pied. Il te mentionne dans toutes ses lettres, pour le peu qu'il nous envoi, ricana le loup-garou à quelques pas de l'entrée.
La professeure McGonagall les rejoignit rapidement, sûrement déjà prévenue de leur présence depuis le transplanage.
- Remus, Sirius, les salua-t-elle. On ne vous attendait pas de sitôt.
- L'impatience a su nous gagner ! Je me demande comment vont mes anciens élèves.
- Je pourrais vous en parler sur le chemin. Harry doit sûrement être dans la chambre conviviale à cette heure-ci.
Les hommes la regardèrent interloqués. Les dirigeant maintenant dans les couloirs, elle leur expliqua :
- C'est une nouvelle salle créée par les élèves cette année. Un franc succès si vous voulez mon avis, elle a permis à un grand nombre d'élèves de toute maison confondu de lier de nouvelles affinités.
Plus ils avançaient dans les couloirs, plus les étudiants semblaient être agités en les voyant. Était-ce parce que l'un d'eux était un loup-garou ou parce que l'autre avait été à Askaban ? Ils ne le savaient pas. Pourtant, quand un serdaigle de quatrième année s'avança vers eux, la professeure esquissa un sourire en sachant pertinemment ce qui allait arriver. Le garçon tenait entre ses mains une liasse de feuille qu'il froissait au fur et à mesure qu'il leur parla :
- Excusez-moi Monsieur Lupin. J'étais un de vos élèves en première année et- et... vous êtes un loup-garou alors... je me demandais si hum... il n'y a aucun manuel qui ne le précise donc... est-ce que les loups-garous ne peuvent vraiment pas supporter les aliments trop épicés un lendemain de pleine lune ?
Les yeux écarquillés, Remus n'en revenait pas. La question était extrêmement précise et loin de ce qu'il pensait entendre en venant ici.
- Effectivement c'est le cas. Le lendemain de la transformation tous les sens sont encore extrêmement sensibles alors il vaut mieux éviter tous les éléments pouvant les perturber.
Ravi, le serdaigle se tourna vers un poufsouffle et un serpentard, qui les guettaient de loin, et s'exclama :
- Ah ! Dans vos dents, j'avais raison ! Heu... Pardon professeure McGonagall.
Et il repartit d'un pas précipité, le visage rouge, vers ses amis. Interloqués et amusés par ses réactions, les invités se tournèrent une nouvelle fois vers leur ancienne directrice de maison.
- Ne vous étonnez pas que nombreux élèves viennent vous voir. Un livre extrêmement précis sur les conditions des loups-garous a attisé la curiosité du château dans son intégralité, clarifia-t-elle en laissant percevoir une lueur d'amusement dans son regard. Vous avoir ici est une aubaine pour ces enfants.
- Vraiment ? Je n'ai pas entendu parler d'un livre de ce genre. Ça aurait dû faire grand bruit, songea Sirius en contemplant les tableaux, toujours inchangés malgré les années écoulées.
- Oui, il a été écrit par un étudiant même, élucida la sorcière encore plus amusée par la situation. Nous y sommes.
En face d'eux, Sirius et Remus reconnaissaient une salle de classe qu'ils avaient arrêté d'utiliser après la deuxième année. En s'y engouffrant, ils remarquèrent pourtant qu'elle n'avait plus grand chose à voir avec une salle d'étude. Les seules tables présentes étaient accompagnées de fauteuils moelleux, de boisson ou de jeu d'échec, on trouvait des canapés, des coussins, et même une bibliothèque où logeaient aussi bien livres qu'objets de décoration. Des photos mouvantes et immobiles se mélangeaient, sur un mur, composé par les occupants des lieux et, à un autre endroit, étaient accrochés différents dessins, lettres, annonces... Tout était pensé pour que ce lieu soit une pièce de rencontre et de détente.
Une cinquième année fut l'une des premières à se rendre compte de leur présence et, se souvenant de son ancien professeur, elle fonça à sa rencontre.
- Est-ce que votre loup se personnifie ?
- Miss Forvitinn ! s'insurgea McGonagall devant son manque de considération à la vie privée.
- Oh désolé professeur ! Bonjour monsieur Lupin ! Vous avez bonne mine. Est-ce que votre loup se personnifie ?
- Miss Forvitinn... désespéra la doyenne.
- Hum... la question est complexe, répondit Remus gêné de cette curiosité extrême.
- En fait il y a un livre qui relate l'aventure d'une fille qui s'empêche de tomber dans la folie en donnant une forme « physique » à son loup pour l'aider, intervint une amie de la curieuse. Et on se demandait si c'était complètement fictif ou non.
- Oh je vois. Et bien mes parents m'ont dit que j'avais un ami imaginaire quand j'étais jeune ça doit correspondre. Ça arrive plus fréquemment avec les jeunes loups solitaires, sans un soutient réel les loups se le créer eux-mêmes.
- Ouah, fit Forvitinn. Et Magalie n'a pas d'ami ça marche totalement le truc ! Il a vraiment pensé à tout. Merci monsieur !
Sa soudaine exclamation interpela plus d'élèves qui, en tournant la tête, saluèrent joyeusement les trois adultes. Contrairement à la jeune Forvitinn, les autres allèrent vers le lycanthrope avec les pincettes, ne voulant pas se faire indiscrets mais cherchant à satisfaire leur curiosité tout de même.
Laissant son ami à son triste sort, Sirius arpenta la pièce pour en rejoindre le fond, où il lui semblait y apercevoir une tignasse rousse. S'il y avait du roux, il y avait Harry. Le Black ne se trompa pas puisqu'il y vit toute la troupe joyeusement installée autour et sur un canapé avec, à sa grande surprise, des serpentards.
Harry se tenait dos à lui alors, quand celui-ci vit les sourires et rires discrets de ceux en face de lui, il tourna le plus possible sa tête avant de bondir de son siège en reconnaissant son parrain.
- Sirius !
Il se jeta contre lui et l'enserra le plus doucement possible.
- C'est bon Harry je suis complètement rétabli. Il n'y a pas besoin d'être tendre comme ça, se moqua-t-il.
-Je suis tellement heureux que tu ailles bien, souffla le garçon en se défaisant de l'étreinte.
- Et moi donc ! J'en ai loupé des choses j'ai l'impression. D'abord cette salle, puis Remus se fait prendre en filature à cause d'un livre.
- Remus est ici ?
Il hocha la tête et vit Harry grimacer légèrement alors que ceux derrière lui riaient.
- Aie... J'irai m'excuser auprès de lui. Il doit crouler sous les questions le pauvre.
- Pourquoi devrais-tu t'excuser ? Ce n'est pas toi qui as écrit le livre si ?
- Si ! interrompit Hermione en croisant ses bras. C'est lui l'écrivain et il ne m'en a pas parler ! Il ne me laisse même pas avoir la fin alors qu'il l'a !
- Laisses tomber 'Mione, il ne te la donnera pas avant les autres.
Surpris, Sirius se reprit cependant vite, un doux sourire sur son visage.
- Je pense qu'au contraire il sera très heureux d'apprendre que c'est toi qui as écrit ça. Tous ont l'air plus curieux qu'effrayé. Ça va le toucher, sois en sûr.
Répondant à son sourire, Harry l'invita à s'asseoir avec eux pour qu'il sache un peu plus sur ce qu'il se passait ici. Ignorant l'échange avec son filleul, Hermione avait continué de se plaindre :
- On est ses meilleurs amis et il préfère donner l'œuvre complète à Malfoy ! C'est injuste.
Le dénommé, assis en retrait releva la tête à l'entente de son nom. Reprenant contact avec la réalité, il se décrocha de sa lecture en posant les parchemins sur ses genoux. Il toussa légèrement, gêné de ne pas avoir fait attention à l'arrivée de son grand cousin. Face au regard de plus en plus perdu de ce dernier Ron ne se priva pas :
- Harry sort avec cet imbécile. Je ne veux même pas savoir ce que Malfoy a promis de lui faire pour acquérir ses autres textes. Oh oui j'oubliais, Harry écrit plein d'autres textes à côtés dont seul Malfoy a réussi à en obtenir le contenu. De manière vile.
Tournant rapidement sa tête vers les concernés, Sirius aperçu fugacement les rougeurs de celui à lunettes avant qu'il ne jette un oreiller à la figure de son meilleur ami ainsi que celles du blond, vite camouflées en prenant une boisson sur la table basse.
- Vous n'étiez pas censé vous détester à la base ?
- Si. Cherches pas personne ne comprend, répondit Ginny entre deux paris sur le prochain match de Quidditch.
- Qu'y a-t-il d'autre que j'ai manqué ?
- Je suis en couple avec Hermione, fit Ron fier d'avoir réussi à écarquiller les yeux de l'adulte. Ouais je sais c'est surprenant et-
- Vous n'étiez pas déjà en couple ?
- Oh non Ron était trop aveugle en troisième année, soupira Harry. Et après c'était juste n'importe quoi.
Remus arrivait enfin à leur niveau, tout aussi étonné que Sirius auparavant d'y trouver des serpentards et surtout Draco Malfoy, celui qui, il se souvenait, détestait corps et âme le fils de son défunt meilleur ami.
- Donc il n'y a rien d'autre de complètement dingue comme nouvelle ? questionna l'animagus de chien en ignorant l'air agar du roux. Les serpents riaient de lui d'ailleurs.
Au signe négatif de la tête du survivant, le loup-garou se permit de demander ce qu'il y avait de dingue.
- Harry et Draco sont ensembles. Et c'est Harry qui a écrit le livre dont tous ces jeunes gens t'ont parlé.
La bouche grande ouverte, Remus ne su par quoi commencé et aucun son n'en sortit.
- Ah ouais ça marche super bien votre technique de dire tout en même temps, murmura Blaise au couple avant de rire aux prochaines heures qui risqueraient d'être fortes intéressantes en rebondissement.
FIN
