Hé, bienvenue toi qui débarque !
Alors oui, vous allez me dire "tu ne poste rien depuis trois ans et tu reviens comme une fleur pour nous spammer ?" et vous avez raison. La vérité c'est qu'il faut s'occuper pendant le confinement et que je me fait chier et que je suis alité de toute façon donc autant rentabiliser mon temps. Ce passage éclair racontage de vie mis à part : comment allez vous ? Comment vont vos chats ? Qui a envie d'une raclette (moi, invitez moi merci) ?
Comme vous vous en doutez, je suis de retour avec une pseudo nouvelle histoire. Pseudo parce que c'est un truc que j'ai commencé à écrire quand j'avais genre, onze ans. C'était moche, bourré de fautes, cringee, maaaaaaais j'avais promis une réécriture et à défaut de l'avoir fini j'ai des chapitres d'avances donc autant vous les donner à vous mettre sous la dent, non ? Avant qu'on me pointe du doigts : l'histoire était publiée sur un autre compte (le fameux, jme refait un compte quand j'ai des idées d'histoire pour pas me faire tuer par les lecteurs des histoires qui n'ont pas subit d'update depuis six ans, vous connaissez vous aussi, j'en suis sûr). Bref, ce n'est donc pas du plagiat, de toute façon j'irais update là-bas et supprimer l'histoire s'il faut.
Pour ceux qui étaient là avant et qui ont connu cette histoire en 2011 (un truc dans le genre) : bien le bonjour et merci d'avoir été patient (je me fout de qui, même ?) j'espère que le reboot sera à votre goût (même si jpeux pas m'empêcher d'y apporter des modifs tous les deux jours, vraiment).
Pour ceux qui sont nouveaux : vous avez encore le temps de fuir, après c'est trop tard, je kidnappe et je torture à coup de pâtes carbo (envoyez m'en aussi ? s'il vous plaît ?) et d'autres trucs (je cherche de bonnes menaces et je reviens vers vous après promis).
Concernant l'histoire : contrairement au premier jet ou j'étais encore un pauvre gamin naïf et émerveillé par la vie (ce qui se ressentait dans l'histoire hahahhhh) celle-ci sera bien moins "joie" et "bonne-humeur" et plus "pourquoi la vie" et "in this house we stan drama and drama only". Entre temps j'ai viré tous le japonais du texte (parce que oui, on a tous une honte dans la vie et la mienne c'était de caser des mots en jap pour faire genre je suis l'être ultime qui parle japonais alors que : pas du tout (maintenant je fais ça avec de l'anglais, comme quoi on change pas du tout au tout oof) — la partie sur le jap du coup, l'autre et bien. Je suis exceptionnel comme ça d'accord ? —) Ça ne veut pas dire que je n'aime pas l'histoire. Je souhaite juste l'aborder d'un point de vu plus réaliste et plus en accord avec l'ambiance principale de l'histoire qui reste : la guerre, la haine, faut-il tomber du côté obscure de la force lorsque tout va mal ? Le pouvoir de l'amitié existe-t-il vraiment ? Est-ce que c'est encore ok de faire du "dark!naruto" en 2021 ? Après je dis dark mais j'avais pas d'autre terme pour signifier grosso merdo que Naruto dans cette histoire, sera dans un état mental très chaotique. Mais vous verrez ça dans les warnings de l'histoire que je vous invite à lire : c'est important, on ne veut trigger personne ici.
Le titre de l'histoire pour ceux qui seraient intéressés fait référence à un passage du poème d'Allan Edgar Poe : Ulalume : "In terror she spoke, letting sink her Wings till they trailed in the dust - In agony sobbed; letting sink her Plumes till they trailed in the dust - Till they sorrowfully trailed in the dust." que je me suis permis de modifier légèrement (mais à peine).
RÉSUMÉ : "Il sera mort avant d'avoir vu le jour !" : À l'aube de devenir le héros dont il a toujours rêvé, Naruto tombe pourtant de haut, lorsque son statut de monstre lui revient aussi sec. Il ne lui aura suffi que d'une erreur de jugement pour que sa vie prenne un sale tournant.
PAIRING : Je ne suis jamais fixé quand je commence une histoire en vrai, j'écris pour le plot pas pour la romance en général, mais de base j'avais une idée de naru/sasu genre dans 2000 chapitres ptdr. Non en vrai, envoyez idées si vous avez des envies particulières. Je stan le shikatema (et ceux qui n'aiment pas ne méritent pas d'être heureux, voilà c'est dit) et ça c'est obligé par contre le reste on s'en fooout
TRIGGER WARNING : l'histoire fera mention de torture, d'expérimentation scientifique humaine, de violence psychologique, physique, description graphique de combat, donc de blessures, donc de sang etc. mention de violence sexuelles (rien de graphique en principe), manipulation, bashing, harcèlement, présence de mention de suicide et/ou pensée suicidaire, meurtre, déprime/dépression - j'essaierais de préciser en début de chaque chapitre si vous préférez.
Je n'ai pas de béta pour le moment. Si le cœur vous dit, j'en cherche un.e ! Si vous voyez des coquilles/oublie de mots/autre, n'hésitez pas à me le signaler. Bonne lecture !
Le titre du chapitre provient d'une musique de Pentakill.
LETTING SINK HIS TAILS TIL THEY TRAILED IN THE DUST
I - AS WE FALL
Tout avait commencé comme ça :
Naruto s'était évanoui. Il avait bêtement sauté de cette ridicule branche d'arbre histoire d'en atteindre une, juste là, un peu plus loin et, pris de vertige, voilà qu'il s'était ramassé et en beauté, quelques mètres plus bas. Le visage enfoui dans la poussière, Naruto s'était dit que même pour lui, ça commençait à faire juste trop. C'était la quatrième fois cette semaine que ce genre de truc lui arrivait. Il avait beau avoir des inclinaisons pour la maladresse, là, c'était tout simplement de l'abus.
« — Rien de cassé ?
En jetant un coup d'oeil vers son maître, l'adolescent avait pris sur lui et mollement, passé d'une position plat-ventre à assise, glissant les paumes de ses mains contre ses genoux écorchés qui pourtant, ne tardèrent pas à guérir – merci Kyûbi –, alors que la douleur, elle, continuait pourtant de pulser sous sa peau, rappel de sa maladroite chute.
— Ça va, qu'il avait répondu d'une voix rendue haute perchée à cause de la frustration qui commençait à bouillir lentement, mais sûrement, à même ses veines. Nickel, parfait. La vie est belle. »
Son maître l'avait dévisagé, parce que, vraiment ? Naruto et les sarcasmes étaient deux choses qui n'allaient pas ensemble. Et quand la tentative de sourire du blond échoua a cause d'un haut-le-cœur, l'adulte ne put s'empêcher de se dire que c'était ses choix de vie qui l'avaient menés à ce moment bien précis : assister au spectacle des plus classe qu'était les projections de vomis, à deux pouces de ses sandales. Non loin, c'est un Naruto plus blême que blême qu'il observa sans même faire dans la discrétion. Son élève, courbé en deux, venait de vider le contenu de son estomac au pied d'un arbre. Il fallut encore quelques instants à ce dernier pour reprendre sa respiration, une main crispée contre son ventre tandis que ses iris azurés s'adressaient, remplis de larmes contenues, à un Kakashi oscillant entre le dégoût et l'inquiétude. S'il y avait bien une chose qui pouvait qualifier Uzumaki Naruto en plus de son hyperactivité flagrante et de sa capacité à rendre les situations plutôt cocasses, c'était bien le fait qu'il ne tombait jamais, Ô grand jamais, malade. C'était juste impossible étant donné qu'il était un Jinchûriki a.k.a un puits à chakra inépuisable ayant le don certain de guérir quasi-instantanément la presque totalité de ses blessures. Autant dire qu'il ne s'était jamais enrhumé, ni même cassé une cheville, ou chopé la grippe. Jamais.
Alors qu'il se mette soudainement à dégobiller de cette manière, avait largement de quoi inquiéter le type le plus impassible de la terre.
« — Naruto ?
Kakashi n'avait pas été en mesure de détacher ses orbes grises de son élève, ayant même refermé son porno qu'il avait glissé dans la sacoche accrochée à sa taille. C'était pour dire : la situation n'était pas à prendre à la légère. L'homme s'était donc approché de son cadet, pliant les genoux afin de se retrouver à sa hauteur. Naturellement, il était venu poser le dos de sa main contre le front du malade.
— Tu n'as pas de fièvre pourtant…T'as encore bu du lait périmé, avoue ?
Kakashi s'était dit que c'était exactement pour ça qu'il n'avait pas d'enfant : trop prompt à s'empoisonner par flemme de cuisiner correctement. Naruto finirait par le tuer d'une crise cardiaque tant il avait l'impression de passer son temps à s'inquiéter pour lui. Le garçon avait beau ne pas être fait de sucre, personne n'avait visiblement pris le temps de lui montrer comme prendre soin de soi. Sans doute partageait-il lui-même, une part de responsabilité dans ce bordel. En tant que prof, n'était-il pas censé l'éduquer ? Ou peut-être qu'il pouvait faire l'aveugle et tout rejeter sur le dos de feu Hiruzen. Ouais. C'est une bonne idée, qu'il s'était dit, tandis qu'il adressait à son élève, sa moue la plus suspicieuse.
Pas à moi, gamin, avait-il songé.
Il avait pourtant gardé le silence. Si Naruto aimait s'empoisonner à coup de lait périmé, ça ne regardait que lui après tout.
— Non, bien sûr que non ! S'était outré Naruto. Bon sang, je n'ai plus douze ans. Et c'est arrivé une fois. Vous ne pouvez pas continuer à ressortir cette histoire à chaque fois que..
La bouche entrouverte, le garçon avait pris une vive inspiration en sentant la nausée revenir en force.
— Respire, lui avait conseillé Kakashi sans prendre ombrage du regard noir qui lui fut adressé.
Il l'avait, par la même occasion, empêché de se redresser sur ses jambes. Une chute serait sûrement moins douloureuse - sin qua non humiliante - si Naruto se trouvait d'ores et déjà à raz le sol, que du haut de son mètre soixante-cinq.
- Nous devrions rentrer et demander à Tsunade-sama de t'oscult...
— Ce n'est pas la peine de déranger la vieille Tsunade pour une crampe d'estomac, marmonna l'hôte du démon a queue qui voyait en horreur tout ce qui s'approchait de près ou de loin, au corps médical. Ça arrive à tout le monde en plus. Et il y a la mission. C'est vous qui dites toujours que la mission prime pas vrai ?
— Pas si c'est au dépend de la vie de tes précieux camarades.
Naruto avait roulé des yeux.
— La vie de.. mais qu'est-ce que j'entends. Je ne vais pas mourir. Enfin, je ne crois pas.. Bon sang, est-ce que je vais mourir ? Je suis trop jeune pour mourir Kakashi-sensei ! »
Derrière son masque, l'homme n'avait pu que sourire. Il avait assuré à son jeune élève qu'à sa connaissance, personne n'avait trouvé la mort à cause de ces fameuses crampes d'estomac et soulagé, Naruto avait adressé une prière muette aux Dieux. Parce que vraiment ? Il voulait devenir Hokage et mourir avant d'avoir atteint son rêve ne faisait pas partie de ses objectifs premiers. Après ça, la tension était retombée en même temps que les nausées s'en étaient allées.
Ils avaient repris leur route, en deux solitaires, maître et élève. Et rien ne s'était arrangé. Des dix jours de voyage, l'aspirant avait été malade chaque matin, après chaque repas, à la vue et l'odeur de chaque cuisson de plats. Estomac continuellement vidé, dépourvu d'énergie, Naruto s'était effondré une fois de plus. C'était le manque d'eau, de sucre, de tout ce que vous vouliez et naturellement, Kakashi avait décrété la mission annulée et un départ précipité des plaines de Taki, au grand damne de son élève.
« — Tu as rendez-vous avec Tsunade dès ton retour à Konoha, Naruto.
Agacé, l'adolescent l'avait maudit sur au moins cinq générations, arguant avec humeur qu'il n'avait besoin d'aucune aide :
— Mais je vais bien, bon sang ! Je n'ai pas besoin de vous Kakashi-sensei, alors occupez vous d'vos fesses !
— Naruto.
Même le ton sévère de l'homme masqué n'avait su apaiser la colère du jeune shinobi. Le bleu de ses yeux laissait entrevoir une pointe rougeâtre ici et là et avant même de penser à offrir des excuses à l'adulte, Naruto avait tourné les talons, bien décidé à mettre de la distance entre son maître et lui. Et Kakashi dans tout ça, n'avait su trouver les mots justes. Il pouvait comprendre la peur que pouvait ressentir Naruto à l'idée d'être malade, d'être atteint d'un mal que les anti-douleurs les plus répandus ne savaient guérir. Il ne pouvait, en revanche, excuser le manque de respect.
— Naruto, attends !
Le shinobi s'était lancé à la poursuite de sa charge, le rattrapant sans trop de mal, bien que légèrement essoufflé. Un Naruto sous l'emprise du Bijuu, n'avait que trop tendance à semer rapidement ses pairs. Ses capacités physique se voyaient après tout, nettement augmentées.
- Quoi !? l'avait aussi agressé l'adolescent.
Kakashi l'avait dévisagé, plus impassible que jamais.
— Calme-toi, monter sur tes grands chevaux est inutile, avait-il soufflé plutôt blasé avant de reprendre posément : Kyûbi sait-il ce qu'il se trame là-dedans ?
L'index pointé vers son élève, ce dernier fit une halte soudaine, manquant de percuter son aîné, son regard redevenu azuré soudainement éclairé par une lueur d'espoir. C'était une vision apaisante. Comme un soleil pointant timidement ses rayons par delà la nuit.
— Je... Non. Merde, pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt ! S'il y en a bien un qui sait ce qui se passe avec mon corps... »
L'instant d'après, voilà qu'il avait posé son cul à même le sol, dans cette position si semblable à celle qu'utilisaient les grands-maîtres en méditation.
Contrairement à tant d'autres fois où il avait tenté d'accéder à son esprit en vain, il y était parvenu en quelques secondes, découvrant sans surprise, la réplique d'une chaîne de volcans dont le renard-a-neuf-queues avait pris malin plaisir à tapisser son esprit.
Quelques mois plus tôt, Naruto comme Kyûbi en étaient venu à passer un marché. Naruto parce qu'il cherchait à devenir plus fort afin de sauver son meilleur ami, gagner le respect des villageois et grimper les échelons par la même occasion, Kyûbi parce qu'avoir l'impression de vivre dans des égouts avait commencé à embraser la patience qu'il n'avait pas. Aussi, parce qu'il avait sa fierté (une fierté mal-placée certes mais tout de même) et qu'il en avait eu sa claque, pour ainsi dire, de voir comment beaucoup traitaient son hôte. Il avait beau haïr ce gamin et les deux idiots qui l'avaient mis au monde, il tenait à sa réputation de grande vilaine bête destructrices de montagnes et tueuses de bébés (ou peu importe ce que l'on disait de lui, de nos jours) et constater chaque jour un peu plus que son hôte était un idiot d'empoté avait terminé de l'agacer. Le démon avait tendance à se prendre pour un dieu, voulant être traité comme tel. À son humble avis : les dieux ne s'acoquinaient pas avec la plèbe
Ainsi donc, le marché lui avait paru être un bon moyen de tromper son ennui. Par ailleurs, cela lui donnait toute la latitude nécessaire pour manipuler son imbécile d'hôte et si par la même occasion il pouvait lui rentrer du plomb dans la tête et faire de lui un shinobi digne d'être l'hôte d'un dieu et bien, c'était tout bénéf. Qui sait, peut-être que dans dix ans, ils brûleraient des villages entiers en riant comme des déments.
Le blond avait donc appelé le renard à plusieurs reprises, se mettant dès lors à déambuler dans son esprit, s'étonnant toujours plus encore de constater que le Bijuu en avait réellement fait n'importe quoi. Bon sang, comment la réplique de son appartement pouvait se retrouver là, au fin fond d'une grotte, au creux d'un volcan en fusion ? C'était à n'y rien comprendre, plus digne de lui-même que de son squatteur, pour sûr !
« — Qu'est-ce que tu viens foutre là, blondie ?
Naruto avait fait volte-face, le regard curieux planté sur la silhouette animale de son empêcheur de tourner en rond personnel. Il avait soufflé parce que c'était vraiment la seule réaction qu'il pouvait avoir devant cet être qu'il estimait toujours aussi malfaisant et ce, même si à l'occasion, il lui filait son chakra afin qu'il puisse botter les culs de shinobi plus malfaisants encore.
— Je viens pour le loyer, quelle question !
— Comme toujours, je me tord de rire.
Le renard avait émit un reniflement emprunt de dédain puis, son attention s'était reportée sur cette BD qu'il était tranquillement en train de lire avant même que l'on vienne l'importuner. Sans son dos, neuf queues battaient l'air furieusement. Naruto l'avait longuement dévisagé après ça, songeant que plus ça allait, moins sa vie avait de sens.
— Arrêtes de me fixer. C'est dérangeant. Tu me dérange.
— T'es en train de lire une bande-dessinée. Redis-moi qui perturbe qui ?
Sans trouver quoi répondre à ce trait d'esprit Ô combien marqué par la finesse, le démon avait à son tour soupiré. Puis, son activité du jour disparaissant comme elle était apparue - de nul part donc, - il avait daigné accorder un brin d'attention au moucheron vêtu d'orange.
— Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il t'arrive, microbe.
Parce que, vraiment ? Il n'en avait aucune idée. Il se contentait de jouer les spectateurs la plupart du temps. Parfois lui venait l'envie de filer un coup de griffe. Pour ce qui était du reste et bien, il n'était pas médecin, ni même omniscient ou encore omnipotent.
— Tu vis là-dedans, avait répliqué le garçon comme s'il s'agissait de l'ultime argument pouvant contrer toutes les maladies du monde.
— Une fois de plus, ton sens de l'observation me foudroie.
- Alors quoi, tu mets fin au marché ? Monsieur le renard-à-neuf-queues ne sait pas tenir ses promesses ? Elle est bien belle la jeunesse de nos jours ! Vraiment, mais qu'est-ce qui m'a pris de te faire confiance ? En fait, tu sais quoi ? Non. Je ne te fais même pas confiance. Pour ce que j'en sais, t'es celui qui est en train de me tuer. Tu te régale sur mes intestins quand j'ai le dos tourné avoue ? C'est du cannibalisme, t'es au courant j'espère ?
— Qu'est-ce que.. T'es con ou quoi ?
Parce que, vraiment ? Le démon ne pouvait que se demander si au final, son hôte était tout à fait sain d'esprit. Pas de nouvelles pendant des jours et lorsqu'il se pointait, c'était soit pour lui ordonner de lui refiler du chakra, soit pour l'accuser de cannibalisme. Kyûbi n'était plus trop certain à ce stade, s'il devait s'en fendre la poire ou déchaîner sa colère. Devant l'hystérie de son hôte, il prit la décision d'y aller en douceur. Après tout, il n'avait pas envie de finir dans un asile pour le restant des jours de son hôte à regarder des murs blancs en attendant que l'on vienne le droguer de médicaments. Ça signerait la fin de sa santé mentale à lui. Et il aimait assez sa santé comme elle était.
— Commence déjà par arrêter de chialer, qu'il avait donc lancé à l'attention du garçon.
Naruto avait émis une exclamation colérique avant d'essuyer d'un geste rageur, l'humidité dans ses yeux. Puis parce qu'il n'était qu'un gamin dans le fond, il avait ressenti le besoin de jouer les têtes de mules scandalisées.
— Je pleure pas ! C'est ton volcan de merde qui me brûle les yeux, déjà.
Typique, s'était dit le démon avant de reprendre de vive voix :
— Je ne sais pas ce qu'il se passe avec ton corps. Pas exactement du moins. Il y a bien des interférences, mais qui suis-je pour dire ce qu'elles sont, ou même ce qu'elles font là ?
— Qui suis-je, avait répété un Naruto au sommet de l'incrédulité. T'es un monstre de chakra non ? Ça ne devrait pas être ton rayon ?
— Tu passes ta vie à manger des ramen, est-ce que tu ne devrais pas savoir comment les faire ?
— C'est totalement hors sujet, mec, sans déconner, qu'est-ce que tu racontes ?
Et parce qu'il ne voulait pas s'attarder sur Ô combien cet humain était idiot, le démon avait changé de sujet et ce, non sans rouler des yeux.
— Écoute, tu devrais écouter le type qui te sert de maître et passer voir l'autre idiote de descendante de Senju. C'est son truc le bidouillage de Chakra. »
Naruto ne s'était pas arrêté sur la double insulte. Il n'avait pas le temps quand bien même l'envie de casser les rotules du démon commençait à se faire sérieusement ressentir. À la place, il avait pris quelque instants pour lui histoire d'organiser ses pensées. Puis, le monde s'était mis à tournoyer autour de lui et à nouveau s'était-il retrouvé perdu en pleine forêt et ce, en compagnie de son maître.
Il avait à peine eu le temps de s'éloigner de l'adulte que son estomac s'était retourné une fois de plus.
« — Je déteste les voyages intra-personnel, qu'il avait gémi, bave au menton. »
Le maître comme l'élève s'étaient arrêtés près de quatre jours plus tard afin de profiter d'une pause bien méritée. Ils avaient alors atteint les abords du Pays du Feu et, jouant des estimations, Kakashi avait laissé entendre que le lendemain même aux alentours de midi, c'est le village caché des feuilles qu'il atteindraient. Inutile de préciser que la nuit fut longue pour un Naruto au sommet de l'épuisement et plus encore pour l'adulte qui n'avait cessé de le surveiller de près.
Faisant honneur aux prédictions du ninja copieur, les deux hommes avaient donc débusqué leur village natal en fin de matinée le jour suivant. Ils avaient à peine eu le temps de franchir les portes démesurément grandes, qu'une escorte de ninja-médecin les avait accueilli et accompagné jusqu'à l'hôpital central. Alors Naruto avait été conduit dans une chambre sous les regards curieux de ceux qui voyaient à peu près de qui il s'agissait, passant inaperçu pour beaucoup qui d'autres qui avaient, visiblement, mieux à faire que de s'occuper des affaires de tierces personnes. Les hôpitaux s'avéraient être assez angoissants comme ça pour en rajouter après tout. Lorsqu'il eut fini de revêtir la blouse traditionnelle, ce fut par la case examen que Naruto passa. L'entreprise fut désagréable. Déjà parce que le concerné haïssait, et il le répétait pour qui voulait l'entendre, les hôpitaux. Ensuite, parce qu'il avait assisté à quelque chose d'étrange lorsque la première infirmière voulut prendre son sang. L'aiguille s'était brisée contre sa peau. L'infirmière l'avait dévisagé longuement. Naruto n'avait alors pas eu besoin d'être devin pour connaître le fond de sa pensée. Il l'avait compris au moment où elle avait pénétré dans la chambre qui lui avait été donnée : elle n'était pas une de ses fans. C'était bête, s'était-il dit. Il ne la connaissait pas, ne lui avait jamais parlé ni rien. Cette femme le haïssait pour ce qu'il représentait, parce que les rumeurs, parce que quelqu'un avait eut la bonne idée un jour, d'en faire un sacrifice humain. Comme s'il n'avait jamais eu le choix dans cette histoire. La femme était sortie non sans tempêter. Elle n'avait pas de temps à perdre, avait-elle dit. Qui osait se payer sa tête en lui ordonnant d'aller faire passer des examens au démon de Konoha ? Le cœur au bord des lèvres, Naruto s'était administré une gifle mentale. Il n'avait plus douze ans pour prendre autant à cœur les remarques de parfaits inconnus. Heureusement celle qui était venue à sa rencontre après ça avait été plus que professionnelle. Naruto s'était bien sentie. La fille lui avait sourit, lui avait adressé la parole comme à un vieil ami perdu de vue. Ils avaient débattu sur les meilleurs types de ramen et avant qu'il puisse être en mesure de réaliser ce qu'il s'était passé, la fille était repartie avec des fioles remplie de son sang.
Ça avait été une étrange après-midi. Pourtant, loin de vouloir s'attarder sur cet étrange fait, Naruto s'était efforcé de faire le vide dans son esprit. S'inquiéter pour rien n'était pas d'une grande utilité. Kakashi le lui avait dit. Même le démon niché dans son estomac lui avait fait la morale à un moment donné au cours des derniers jours. Apparemment, il n'avait pas apprécié entendre son hôte ruminer toute la journée. Naruto l'avait d'autant plus détesté.
Outre l'étrangeté de sa journée, c'était la longueur de celle-ci qui angoissa le garçon. Il avait l'impression d'être arrivé voilà des jours. Il avait revu plusieurs fois l'infirmière aussi douce qu'un pétale de fleur pour une autre tournée d'examen. Non sans rigoler, il avait demandé si elle comptait le vider de son sang. La jeune femme avait eut l'air incroyablement gêné et confuse. Naruto s'était empressé de s'excuser après ça. C'est juste étrange, lui avait-il confié. Je n'ai pas l'habitude des hôpitaux. Même si, honnêtement ? Il y terminait souvent lorsqu'il se faisait botter les fesses. Enfin, ça n'était pas arrivé depuis le départ de Sasuke et les dieux savent qu'il comptait poursuivre sur sa lancée.
Lorsque la nuit tomba sur le village, le shinobi crut devenir fou. L'attente n'était définitivement pas une de ces activités favorites. Heureusement, peu avant six heures ce jour-là, Tsunade vint mettre fin à son calvaire.
La femme s'était attardé au chevet de son protégé sans que celui-ci n'en ai conscience. Tombant de fatigue, il avait fini par s'endormir quelques heures plus tôt. Tsunade l'avait observé pendant de longues minutes. Elle s'était dit des tas de choses. Que le garçon avait l'air plus serein dans son sommeil même si des traces d'inquiétude subsistaient dans ce froncement de sourcils, qu'il lui apparaissait plus maigre que dans ses souvenirs. Qu'elle espérait qu'il saurait se relever après ce qu'elle s'apprêtait à lui dire.
Un instant, s'était-elle dit. Laisse-le juste profiter du calme pendant un instant encore.
L'instant passé, elle avait tendu l'une de ses mains, caressé une mèche blonde rendue presque grise dans la semi-pénombre de la chambre, avant de le réveiller d'une secousse au niveau de l'épaule.
« — Naruto. Réveille-toi.
Le suscité avait grommelé quelque chose d'incompréhensible qui avait fait sourire l'adulte. Elle le savait gros dormeur, difficile au réveil. Elle avait insisté et lorsque les yeux du garçon s'étaient ouverts, perdu sur un endroit qu'il ne put reconnaître, elle fut reconnaissante d'être le premier visage à lui apparaître. Dans ce monde, se réveiller dans un endroit qui n'était pas familier pouvait signifier des tas de choses. Enlèvements, le plus souvent. C'était alors synonyme de missions qui tournent mal. Des traumatismes. Elle ne voulait pas en faire subir plus que nécessaire à ce gamin. Naruto n'était que ça, après tout. Un gosse.
— Tsunade.. vous êtes là ! qu'il s'était émerveillé.
Il avait toujours aimé cette femme du plus profond de son cœur. Pas comme il aimait Sakura — ou tout du moins, croyait l'aimer, non. Mais parfois, lors de ses moments de faiblesses, Naruto ne pouvait s'empêcher de se demander si c'était ça que ressentaient les gamins pour leurs mères. Et si s'était ça, alors et bien. N'était-ce pas le meilleur sentiment du monde ?
— Évidemment, c'est pour me voir que tu es rentré après tout.
Un sourire était venu se perdre sur les lèvres de son médecin attitré. Pourtant, au-delà de ça, le jeune shinobi ne fut pas en mesure de déceler la moindre parcelle de joie, ni même de cet agacement qui teintait généralement le visage du chef de son village lorsque son regard se posait sur sa personne.
Il s'était donc raclé la gorge.
— Désolé encore pour.. Tout ça.
— Ne t'excuses pas. Je suis là pour ça, je te l'ai dit. Sans patients, aucune raison d'être médecin après tout.
— Quand même, tu dois avoir autre chose à faire non ? Shizune va encore me gronder parce que je t'empêche de remplir tes dossiers.
— Shizune va râler dans tous les cas parce que je.. Et bien, peu importe, s'était-elle empressé de dire.
Naruto avait esquissé un sourire, voyant clair dans son jeu.
— Avoue, t'as rien fait de ta journée mamie ?
Et les dieux savent que ce fut suffisant pour que l'aînée des deux passe d'une extrême nervosité à une extrême colère. Personne ne faisait dans les demie mesure à Konoha apparemment. Une pichenette plus tard (la pichenette de la force d'un troupeau de rhinocéros) et c'est un Naruto en train de geindre en se tenant le front que l'on put retrouver.
— Bon sang, qu'il avait juré. Je suis censé être malade. Tu ne peux pas agresser tes patients mamie, c'est contre-productif et..
Tsunade n'avait pas cherché à le faire taire. Naruto parlait lorsqu'il était nerveux. Ça tombe bien, se disait-elle. On est deux à l'être désormais. Naruto ayant évoqué le mot en M, les pensées du médecin étaient naturellement retournées à la raison de sa présence. Son visage se tordit dans une grimace inquiète. Naruto cessa de jacasser.
— Aller, avait-il dit. Balance la couleur. Je vais mourir c'est ça ? C'est une infection, une connerie du genre ? J'ai dit que j'avais arrêté de manger des trucs périmés. Je le jure, d'accord ?
Franchement, que vouliez-vous que Tsunade réponde à ça ? En l'entendant parler, elle avait été prise d'une bouffée d'affection si intense qu'elle avait cru pendant un instant que cela parviendrait à la tuer. Bon sang qu'elle aimait ce gamin. Il était profondément idiot, mais bon sang qu'il était juste et droit et gentil. Elle n'arrivait pas à croire que..
— Non, avait-elle répondu. Non, tu ne vas pas mourir. Mais la nouvelle n'est pas plus réjouissante je crois. Enfin, si je puis me permettre, surtout. Je doute que tu vas accueillir mon diagnostique comme la plupart de mes patientes.
— J'ai aucune idée de ce que tu es en train de raconter, Tsunade. Genre, zéro absolu. Je ne suis pas mourant alors ? C'est important non ? Le reste on s'en moque !
— Naruto, avait-elle dit. Souviens-toi de respirer d'accord ? Je suis là. Je ne te quitte pas. Jamais. Je serais présente du début à la fin. Tu dois juste t'en souvenir. Tu n'es pas seul. Tu ne le sera plus jamais.
Le gamin l'avait dévisagé longuement après coup. Il ne comprenait pas. Il ne voulait pas comprendre. S'il n'allait pas mourir, alors pourquoi se mettre dans de tels états ? Les femmes en font trop parfois, qu'il avait songé en secouant sa tête de dépit.
— Tu vas être père, Naruto, avait annoncé la femme sans pouvoir s'empêcher de ressentir une pointe de dégout de l'envahir.
Père lui apparaissait désormais comme une insulte, comme un gros mot qu'elle aurait voulu enfermer dans une boîte à double tour. Elle n'avait jamais pensé qu'elle adresserait ses mots au jeune homme. À sa femme peut-être, d'ici quelques nombreuses années. Pas à lui alors qu'il était encore essentiellement un enfant lui-même et qu'il n'avait apparemment aucune putain d'idée de ce qui lui arrivait. Il n'avait pas choisi la situation dans laquelle il s'était retrouvé et ça, ça l'a dégoûtait.
Sans surprise, la réaction de son protégé ne s'était pas faite attendre. Il avait fermé sa bouche puis l'avait ouvert encore, puis refermé. Il avait inspiré, froncé les sourcils, ouvert la bouche une fois de plus. Puis il avait dit :
— Quoi ? l'incrédulité peignant son visage.
Parce qu'il était hors de question qu'un truc pareil lui arrive. Ses oreilles bourdonnaient, son cœur tambourinait dans sa poitrine et tout ce à quoi pouvait penser le garçon c'était que le train pour monstre-ville venait d'entrer en gare et qu'il serait la principale attraction.
— Je ne sais pas comment ça a pu arriver. Dans ton cas je veux dire. C'est.. il n'y a pas de précédents. Un enfant est en train de grandir dans ton ventre. Tu vas être.. Tu es.. Il y a un enfant dans ton ventre. J'ai fais refaire les testes, j'ai vérifié moi-même les résultats des dizaines de fois. Il n'y a pas d'erreur possible.
— Non, avait-il dit. Non. Non. Tsunade par pitié, non.
— Je suis désolée, je suis tellement désolée.
Et les dieux savent qu'elle l'était. Elle aurait donné tout et n'importe quoi pour que cette page de l'histoire ne soit jamais écrire. Ô comme elle aurait aimé donner sa vie et tant d'autre pour que ce garçon, ce garçon qu'elle avait fini par considérer comme son propre fils, puisse jouir d'un destin tout autre que celui qui avait été écrit. C'était un sombre destin. Une sombre histoire. Il n'y aurait sans doute pas de fin heureuse. Des gens souffriraient. D'autres trouveraient la mort. Et tout ça, tout ça pour satisfaire les désirs d'un homme qui n'avait eut que faire de la bienséance.
À suivre,,,
En espérant que le chapitre vous aura plus. Laissez-moi votre avis ?
La suite prochainement.
