Jeu Mortel
Chapitre 2 acte premier : La Discussion.
Le lendemain, les sœurs Halliwell passèrent à l'action, et au grand étonnement de Paige, le plan fonctionna parfaitement. Elles l'étalèrent sur trois phases d'attaques. Comme prévu, Piper, Phoebe et Paige allèrent en Enfer et engagèrent le combat avec un démon, qui d'évidence faisait partie des Aslytes. Piper le figea et Phoebe récolta quelques gouttes de son sang, puis Paige et ses sœurs s'éclipsèrent au manoir. La préparation de la potion fut un peu plus compliquée que la première partie du plan de bataille, car elle demandait une grande attention. En fin d'après-midi, celle-ci fut prête. La troisième partie finale du plan fut d'évidence la plus compliquée. Ne voulant pas se faire détruire aussi facilement, les Aslytes avaient laissé un petit comité de démons de niveau inférieur pour accueillirent les trois sœurs avant qu'elles ne les atteignent.
Elles mirent quelques minutes à détruire ces démons, mais finalement, elles atteignirent les Aslytes et lancèrent les fioles de potion les unes après les autres, ne sachant pas combien de démons comptaient ce groupe, elles avaient rempli une vingtaine de fioles.
Quand tous les démons furent vaincus, elles rentrèrent chez elles. Ayant prévu de rester deux jours à Londres, Paige et Phoebe préparèrent leurs sacs en prévision du lendemain. Phoebe, qui avait posé un congé d'une semaine, s'empressa d'aller au journal pour donner à Élise son dernier article à publier.
Piper, à qui la présence de Léo manquait, alla s'enfermer dans sa chambre avec Wyatt et Chris. Paige, ne voulant pas être prise au dépourvu durant ce voyage, s'attela à préparer des potions de toutes sortes, dans le cas où des démons les attaqueraient.
Quand elle fut arrivée à sa cinquième préparation de potion, Piper débarqua dans la cuisine tenant Chris dans ses bras, qui de toute évidence avait très faim.
- C'est pour quoi faire toutes ces potions ? Détruire le directeur Dumbledore dans le cas où ça soit un démon ? plaisanta-t-elle en installant Chris dans sa chaise haute.
- Non, c'est pour le cas où le danger puisse subvenir. Phoebe et toi n'avaient pas tout à fait tort, j'ai relu l'article dont Phoebe nous avait parlé, elle a raison, ça sent la magie noire à plein nez, répondit-elle en remplissant une fiole.
- Je peux savoir ce que c'est comme potions ? interrogea Piper en faisant chauffer un biberon de lait.
- Poison, explosif, choc électrique, paralysant et acide…
- Acide ? C'est dangereux… commenta Piper. Comment se fait-il que le verre ne fonde pas ?
- Verre ensorcelé, dit Paige en secouant la fiole, puis elle vu le regard noir de sa sœur. Ne t'en fais pas, juste cette fiole…
- J'espère que tu sais ce que tu fais, marmonna Piper en se redirigeant vers son bébé.
- Toujours ! Où est Phoebe ? Encore au journal ?
- Oui, à mon avis, elle essaye de négocier avec sa patronne, répondit l'aînée.
- Négocier ? Pourquoi ? demanda la sorcière.
- Si tu t'en vas pendant près d'un an, on voudrait un peu te voir et les moments où les tâches se déroulent, on pourrait en profiter… Du coup, Phoebe est en train de négocier du temps rien que pour toi, souri Piper.
- Il va falloir que je demande au directeur Dumbledore la permission, si ça se passait à la School Magic ce serait sans problème et vous n'auriez même pas besoin de mon accord, mais comme c'est à Poudlard…
- Ne t'en fais pas, on comprend, rassura sa grande sœur en s'asseyant à la table de la cuisine.
- C'est bon, je pense avoir fait assez de potion pour un week-end, résolu Paige en mettant ses potions dans un sac en feutrine, je vais ranger ça dans mon sac.
- Attends ! Qui va ranger la cuisine ?! cria Piper, tandis que Paige avait déjà passé la porte de la cuisine. C'est toujours moi qui dois ranger !
Alors que Piper remettait de l'ordre dans sa cuisine, Phoebe arriva par la porte de derrière en fulminant.
- Piper, tu ne devineras jamais ce qu'il m'arrive ! Elle dit que c'est le meilleur qualifié…
- Qualifié pour quoi ? soupira sa sœur en rangeant un pilon dans un tiroir.
- Tu te souviens que je voulais prendre un congé sabbatique de deux mois ? Eh bien, elle m'a trouvé un remplaçant…
- Et ce n'est pas ce que tu voulais ? demanda Piper.
- Non, « un remplaçant » pas « une remplaçante » ! Comment veut-eu que ma rubrique du courrier du cœur soit tenue par un mec ? contre-attaqua Phoebe en s'asseyant sur un comptoir de la cuisine.
- Ce n'est pas grand-chose, ça permettra à tes lecteurs d'avoir un autre point de vue, rassura Piper en rangeant la marmite qui avait servi à la fabrication des potions.
- Un nouveau point de vue ? dit Phoebe, d'un air sceptique. Cela ne va pas être un nouveau point de vue, mais une révolution !
- Tu ne dramatises pas un peu ? accusa Piper.
- Bon, peut-être un peu, avoua la cadette, mais c'est tout de même ma rubrique, je ne peux pas m'en désintéresser.
- Mais au moins, maintenant, tu n'as plus de problème pour rendre visite à notre petite sœur.
- Sur ça, c'est vrai. Où est-elle d'ailleurs ? interrogea l'ancienne empatte.
- À l'étage, en train de ranger ses potions, répondit sa sœur en passant un coup de torchon sur la table.
- Ses potions ? Pour quoi faire ?
- Notre petite sœur s'est enfin rendu compte du potentiel danger qu'il y avait, dit Piper en chassant Phoebe du comptoir sur lequel elle était assise.
- Vraiment ? Cette tête de mule ? se moqua Phoebe en se dirigeant vers le salon. Enfin, ça me rassure, je vais finir mes bagages…
Le jour suivant, tôt le matin, le manoir fut plongé dans une cohue générale. Paige et Phoebe, qui s'étaient levés très tôt étant donné le décalage horaire, devaient être à Londres à quatorze heures. Elles durent se lever à cinq heures pour avoir le temps de se préparer pour partir à six heures tapantes.
Vu qu'elles seraient bientôt entourées de sorciers, pour ne pas se faire remarquer, Phoebe s'habilla avec une robe noire assez simple qui lui arrivait aux genoux et un blazer noir. Mais Paige opta pour quelque chose de plus directoriale : une jupe noire de tailleur et un chemisier gris.
Paige essayait de se faire une queue de cheval tout en prenant des dossiers scolaires. Phoebe mettait une boucle d'oreille et appliquait une couche de rouge à lèvre en même temps. Piper, emmitouflée dans une couverture, faisait face à la baie vitrée du jardin d'hiver, les yeux dans le vague, une tasse de café dans la main.
- Piper, tu es déjà levée ? demanda Paige, qui avait enfin réussi à attacher ses cheveux, et qui à présent avait sous le bras gauche une pile de dossiers et une tasse de thé dans la main droite.
- Avec le bruit que vous avez fait ce n'est pas étonnant, souffla Piper.
- Mince, s'excusa Paige en s'approchant.
- Non, ne t'inquiète pas, de toute façon je ne dors pas très bien ces temps-ci…
- C'est compréhensible, ne t'en fais pas, il va revenir, dit Paige en faisant allusion à son beau-frère.
- Je sais, il reviendra toujours, dit Piper en se retournant vers Paige. Alors, vous êtes prêtes ? Où est Phoebe ?
- En train de se débattre avec une de ses boucles d'oreille et son rouge à lèvre, s'amusa la benjamine. Mais en principe on est prêtes, on attrape nos sacs et on s'éclipse.
- Faites attention là-bas, intima l'aînée.
- Hé, ne t'en fait pas, tout va bien se passer, pour nous trois. On s'appelle ce soir, ou plutôt ce midi pour toi, promit Paige en se redirigeant vers la cuisine pour reposer sa tasse de thé.
Quand Phoebe eut fini de se préparer, que les aux revoir furent faits et que les deux sœurs eurent attrapés leurs bagages, Paige s'éclipsa avec son aînée.
Un paysage nouveau s'ouvrit à elles, elles avaient réapparu à Leicester Square dans la plus grande prudence, à l'abri des arbres.
- On est dans un parc ? demanda Phoebe en s'extasiant sur le décor.
- Leicester Square, rectifia sa sœur en s'avançant, ou la place Leicester, si tu préfères, on n'est pas loin de Charing Cross Road, viens avant que l'on nous remarque.
Paige eut bien du mal à arracher Phoebe du magnifique paysage qui s'ouvrait à elles, mais il ne fallait pas traîner. Elles commencèrent alors à marcher, quand elles furent arrivées à Charing Cross Road, elles devaient encore trouver ce bar qui était installé entre une librairie et un magasin de disque.
- Viens, on essaye par-là, il a dit que c'était entre une librairie et un magasin de disques, cela ne doit pas être très dur à trouver, commenta Paige en s'engageant dans une ruelle.
- Pourquoi on ne demanderait pas ? proposa Phoebe en suivant sa petite sœur.
- Tu perdrais ton temps, informa la directrice, il m'a dit que c'était un endroit que seuls ceux dotés de pouvoirs magiques pouvaient voir.
- Super… marmonna l'aînée.
Quand elles furent enfin entre une librairie et un magasin de disques, l'heure était presque écoulée pour ne pas être en retard au rendez-vous fixé par le directeur Dumbledore.
Elles virent un bar aux allures miteux, que visiblement, elles seules pouvaient voir. Elles échangèrent un regard et comprirent qu'elles pensaient toutes les deux à la même chose.
- Tu crois que si on entre, les autres passants ne vont pas voir deux inconnues, portant des sacs, disparaître mystérieusement ? Ou nous voir foncer dans un mur ? demanda Phoebe.
- On n'a pas tellement le choix, expliqua Paige, il est presque l'heure, le fait qu'on le voit est déjà bien. Allez, viens, puis à mon avis, pour les passants on a l'air plus stupides ici entre deux boutiques à regarder bêtement le mur que de foncer dedans.
Paige s'avança, suivi de Phoebe. Quand cette dernière ouvrit la porte, elles s'engouffrèrent à l'intérieur, elles purent alors admirer le premier bar sorcier de leur vie.
Les murs de pierres étaient recouverts d'affiches, un feu ronronnait dans la cheminée, le bar en bois comptait plusieurs clients, qui pour les sœurs avaient une allure un peu douteuse. Mais sans cela, le bar était relativement vide, les tables de bois, toutes alignées, ne semblaient pas servir.
Quand la porte se fut refermée, Paige et Phoebe, trop surprise, restèrent sur le pas de la porte. Les clients du bar se retournèrent vers elles, un peu gênée, Phoebe prit l'initiative de s'avancer souhaitant chasser ces regards, Paige s'avança elle-même quelques secondes plus tard, visiblement aucun client ne semblait-être le directeur Dumbledore.
Le barman, qui était derrière le bar, accueillit ses nouvelles clientes en laissant son verre et son torchon pour s'avancer vers Paige et Phoebe.
- Bonjour, je peux faire quelque chose pour vous ? demanda-t-il avec un sourire édenté.
- Euh… Oui… Monsieur… ? demanda Phoebe, maladroitement.
- Tom, je m'appelle Tom, répondit le barman.
- Bonjour, Tom, dit Paige avec plus d'assurance que sa sœur, nous cherchons une personne, le directeur Dumbledore, il m'a donné rendez-vous.
- Oui, bien-sûr, il m'a prévenu de votre arrivée, Miss euh…
- Matthews, informa-t-elle, Paige Matthews, et voici ma sœur, Phoebe Halliwell.
- Enchanté, Miss, s'inclina Tom.
- De même, souri Phoebe, pourrions-nous savoir où se trouve le directeur Dumbledore, s'il-vous-plaît ?
- Oh, mais bien-sûr, il a demandé un salon privé pour vous accueillir, mais laissez vos bagages ici, ils ne risquent rien, expliqua Tom en s'adressant à Paige et en s'avançant vers les escaliers. Veuillez me suivre.
Ils montèrent deux étages avant de déboucher sur un couloir, qu'ils traversèrent, et se plantèrent devant une porte.
- C'est ici, dit Tom, je vais vous laisser, bon… entretien.
- Merci, dirent d'une même voix les deux sœurs.
Tandis que Tom redescendait au rez-de-chaussée, Paige hésita, fallait-il frapper ou entrer ?
- Ce n'est pas le moment d'hésiter, fit remarquer Phoebe en s'apercevant du trouble de sa sœur.
- Je sais, allons-y, on frappe ?
- Sans doute, c'est plus poli, je m'en charge sinon avec toi on n'est pas rendues, plaisanta l'aînée.
À peine les doigts de Phoebe eurent effleuré la porte, que celle-ci s'ouvrit comme par magie.
Le salon qui s'étendait devant elles était assez simple et rustique. Dans le fond trônait un bureau, et une cheminée, dont le feu s'était embrasé, était apercevable dans le coin. Sur un immense tapis brodé étaient posés deux canapés se faisant face, entre les deux, était placée une immense table basse.
Il y avait aussi trois personnes à l'intérieur de cette pièce.
La première que Paige remarqua, était une femme d'allure sévère, qui portait une robe vert-émeraude. Un chignon strict était dressé sur sa tête et ses yeux, sertis de lunettes, étaient braqués sur les deux sœurs.
La deuxième personne que Paige vu, fut un homme aux cheveux longs noirs et gras. Il avait des yeux qui auraient pu la figer sur place. Il semblait livide et peu aimable. Mais ce fut la troisième personne qui fascina le plus Paige : un homme qui semblait être très vieux d'évidence, une barbe scintillante lui descendait jusqu'à la taille. Il portait une robe bleue nuit, mais c'était dans ses yeux bleus, brûlant de malice, que Paige fut le plus intriguée.
- Euh… débuta Paige d'un air mal assurée, avant de reprendre contenance. Bonjour, vous êtes bien le directeur Dumbledore ?
- En effet, mais je vous en prie, appelez-moi « professeur » fit le dénommé Dumbledore. Vous devez être sans doute Miss Matthews ?
- Oui, c'est cela, je suis Paige Matthews, et voici ma sœur, Phoebe Halliwell, je me suis permise de l'inviter, dit Paige en accentuant sur le mot « inviter ». Elle voulait absolument venir…
- Ce n'est rien, comme on dit : plus on est de fous, plus on ri, rassura le professeur Dumbledore.
- En effet… répondit Paige ne sachant pas tellement comment réagir.
- Je vous présente mes professeurs : le professeur McGonagall, présenta Dumbledore mêlant le geste à la parole, et le professeur Rogue. Mais je vous en prie, asseyez-vous donc…
Quand ils furent tous installés un petit silence s'immisça, Dumbledore finit par le rompre en posant un tas de questions.
- Je connais bien la réputation de votre famille, informa-t-il.
- Vraiment ? s'étonna Phoebe. J'espère que c'est en bien…
- Oui, bien-sûr, votre prédécesseur m'en a fait tout un éloge, expliqua le professeur Dumbledore.
- Oh, eh bien, j'en suis ravie, dit Paige en tiquant à chaque fois que quelqu'un faisait allusion à Gidéon. Vous le connaissiez bien ?
- Seulement par correspondance, mais j'aurais souhaité le rencontrer et approfondir. Si ce n'est pas trop indiscret, comment est-il mort ? demanda le directeur. Je ne sais pas tout, je n'ai appris sa disparation que lorsque vous avez été nommée au titre de directrice.
- Il est tombé dans une voie qui ne l'a mené que vers des ennuis, formula maladroitement Phoebe à la place de sa sœur.
- Parfois cela arrive, mais, c'est encore pire quand…
- Quand on est un fondateur ? acheva Paige. Oui, ça l'est, la trahison n'en n'est que plus douloureuse encore…
- Je n'aurais pas formulé cela comme ceci, mais en effet ça peut l'être… Il a choisi un mauvais chemin qui l'a conduit à la mort…
- Pour être honnête avec vous, professeur, commença Phoebe, je ne le plains pas, c'était un directeur très apprécié, mais ce qui l'a tenté de faire sur nos neveux n'est pas pardonnable. Il a tenté de tuer un enfant d'à peine un an et demi parce que le destin disait qu'il deviendrait maléfique, alors que la vraie menace dans tout ça, c'était lui.
- Et pour finir, ceux qui en ont payé le prix est notre famille, acheva Paige.
- Votre famille est très unie, je le comprends parfaitement, c'est très louable, et en effet, il s'est détourné de la bonne voie sans s'en rendre compte, peina le professeur Dumbledore.
- Il pensait faire le bien. « Pour le plus grand bien » c'est ce qu'il disait. Finalement, ce n'est pas le plus grand bien qu'il faisait, mais le mal absolu, dit Paige, d'une voix cassée.
- Je le comprends parfaitement, dit le vieil homme. À présent que j'ai eu mes réponses, je vous suggère de passer à ce qui nous amène ici ?
- Bien-sûr, répondit Paige en reprenant ses esprits.
- Je dois dire que je suis très surpris par votre réponse à ma lettre, commença le professeur Dumbledore.
- Vraiment ? s'étonna Paige. Pourtant ce n'est qu'après vous avoir répondu que j'ai eu le bon sens d'esprit de lire quelques lignes sur le Tournoi des Quatre Sorciers, et sur ce qui pouvait malencontreusement arriver.
- Vous parlez sans doute des blessés, commenta le professeur McGonagall.
- Oui, tout à fait, professeur, répondit la directrice, et aussi de ce fait, les nombreux morts. Je pense qu'aucun directeur n'a envie de blesser ses élèves.
- Bien-sûr, mais n'oublions pas que c'est un Tournoi qui implique des tâches et qui mobilise la force, la logique et nombres autres qualités, donc le taux de dangerosité n'est pas à exclure, prévint Dumbledore.
- J'en suis tout à fait consciente, d'ailleurs quelles autres écoles vont participer ? demanda-t-elle.
- Dans ce Tournoi quatre écoles vont participer : la mienne, la vôtre, l'école de magie de Durmstrang, dirigé par Igor Karkaroff, et l'académie de magie Beauxbâtons, dirigée par Madame Maxime, répondit Dumbledore en faisant apparaître une liste grâce à sa baguette qu'il donna à Paige.
- Durmstrang ? Beauxbâtons ? interrogea Phoebe, intriguée. Où se trouvent-elles ?
- Oh, personne ne le sait vraiment, Miss Halliwell, nous savons juste que Beauxbâtons se trouve en France et Durmstrang en Bulgarie.
- Vous avez aussi été à leurs rencontres, professeur ? dit Paige, visiblement la discussion l'intéressait grandement.
- Oh, non, souffla Dumbledore en souriant, leurs ministres de la Magie nous ont dit que ce n'était pas nécessaire, et qu'ils nous informeront de tous les détails. Seul vous, qui n'avez pas de ministre de la Magie, devez donc venir en personne.
- Oui, et les fondateurs n'aiment pas tellement se mêler de l'école depuis que je la dirige, soupira la directrice.
- C'est malheureusement un défaut quand on dirige une école de magie, les gens ne se mêlent soit pas assez ou soit de trop de vos affaires.
- Je ne vais pas vous contredire là-dessus, plaisanta Paige. Et quant à ces tâches, que seront-elles ?
- Eh bien, fait historiques dans l'histoire du Tournoi, le ministère nous laisse choisir ces tâches nous-mêmes. Nous avions eu, avec Gidéon, déjà plusieurs idées qui avaient été approuvées par les autres écoles, je vais vous donnez la liste, dit Dumbledore en faisant apparaître un morceau de parchemin.
Paige lut attentivement le parchemin et approuva après avoir changé quelques détails de la liste des tâches.
- Et quant à l'inscription pour le Tournoi, comment cela se déroule-t-il ? demanda Phoebe, qui jusque-là était restée partiellement silencieuse.
- Eh bien, pour sélectionner les champions des différentes écoles, expliqua le professeur Dumbledore, un objet d'une grande puissance magique va être mis à la disposition des élèves : La Coupe de Feu. Quiconque voudra inscrire son nom, devra l'écrire sur un morceau de parchemin et le lancer dans la Coupe. Le jour du choix, quatre parchemins ressortiront de la Coupe avec les noms des champions.
- Impressionnant, commenta Phoebe, je suppose que seuls des élèves avancés en magie pourront y participer ?
- Oui, seuls ceux qui auront dix-sept ans pourront s'inscrire. J'y veillerais personnellement, dit Dumbledore d'un air grave.
Ils discutèrent encore pendant une heure du Tournoi, le professeur Dumbledore expliqua à Paige que le lendemain il lui faudrait aller au ministère de la Magie, plus précisément au Département de la Coopération Magique Internationale, pour remplir quelques formulaires administratifs. Ne sachant s'y rendre par elles-mêmes, un sorcier du ministère les escorterait.
Dumbledore posa alors une question à laquelle elles s'étaient attendues beaucoup plus tôt dans la conversation.
- J'ai entendu parler de vos pouvoirs, Miss, dit-il en s'adressant aux deux sœurs, j'ai cru comprendre que vous aviez des pouvoirs personnels ?
- En effet, nous en avons, débuta Phoebe, qui ne voyait pas où le professeur Dumbledore voulait en venir.
- Puis-je en avoir une démonstration ? demanda le professeur Dumbledore avec curiosité.
- Euh… Oui, bien-sûr… plume, appela Paige en tendant la main en direction du bureau, où étaient posés divers objets.
Une plume apparut dans sa main avec un scintillement bleu, sous l'épanouissement du professeur Dumbledore et McGonagall.
- Vraiment très intéressant, observa le professeur McGonagall. Avez-vous d'autres pouvoirs ?
- J'ai le pouvoir de m'éclipser et de me retrouver dans un autre lieu.
- Et vous, Miss Halliwell ? demanda le professeur de métamorphose à Phoebe.
- Euh… Oui, j'en ai, ou plutôt, j'en avais, mais je me suis attirée quelques problèmes, expliqua Phoebe en baissant quelques peu la tête. Je les ai perdus, pas définitivement, mais pour les regagner je vais devoir faire preuve de patience. Je peux toujours écrire des formules, préparer des potions et faire de la sorcellerie, mais je ne peux plus utiliser mes pouvoirs personnels.
- C'est bien dommage, et quels pouvoirs aviez-vous ? s'intéressa le directeur.
- Pouvoirs de lévitation, d'empathie et de prémonition, dit-elle, ils sont très utiles, bien que l'empathie soit très difficile à canaliser, au début, je ressentais les émotions de toutes les personnes que je croisai, ce n'était pas très facile à affronter.
- Et votre pouvoir de prémonition ?
- Très utile celui-là, il me permettait de pouvoir voire l'avenir ou le passé, et de le changer quand celui-ci ne se finissait pas très bien. Ça me permettait, entre autres, de sauver des innocents, mais il ne se manifestait seulement que quand je ne m'y attendais pas, je ne pouvais pas faire appel à lui quand je le voulais.
- Très, très intéressant, et votre autre sœur ? demanda calmement Dumbledore.
- Piper ? Elle possède les pouvoirs les plus effrayants de nous trois, elle fige le temps et elle a le pouvoir d'explosion.
- En effet, effrayant quand on ne sait pas les maîtriser…
- Oui, surtout l'explosion, elle peut causer des dommages irréversibles, expliqua Phoebe.
- Ce sont des pouvoirs très intéressant, dit-il avec appréhension. Et si je puis me permettre, les pouvoirs de votre sœur aînée, Prudence ?
- Prue ? dit Phoebe, stupéfiée, ne s'attendant pas à ce qu'il prononce son nom. Comment êtes-vous au courant ?
- Beaucoup de rumeurs, à l'époque, sont apparues sur l'aînée de la famille Halliwell et de sa mort.
- Elle avait les mêmes pouvoirs que moi, mais à la différence que c'était une sorcière à part entière, commença Paige en voyant sa sœur déboussolée, elle pouvait déplacer les choses par la pensée et projeter son corps astralement.
- Sorcière à part entière ? fut étonnée le professeur McGonagall.
- « Oui, je ne suis que leur demi-sœur, nous n'avons pas le même père, soupira Paige en se lançant dans un récit. Je suis ce qu'on appelle un sang-mêlé, mon père était un être de lumière et notre mère une sorcière. Après le divorce de notre mère et du père de mes sœurs, elle est tombée amoureuse de son être de lumière. Mais l'union de deux êtres si puissants était interdite, alors ils se voyaient en cachette, mais notre mère est tombée enceinte. Juste après m'avoir mise au monde, ils m'ont fait adopter. J'ai grandi avec mes parents adoptifs. Quand ils sont morts, j'ai recherché mes vrais parents, mais ça n'avait jamais rien donné. »
- « Entre temps, notre mère est morte, continua Phoebe, à peine un an après avoir mis au monde Paige. Sam, le père de Paige, a disparu et on a grandi Prue, Piper et moi. On ignorait tout. Plus de vingt ans après, notre grand-mère est morte, et on a découvert qu'on était des sorcières et que notre mission était de sauver des innocents. Mais un jour, on a su la romance de notre mère et de son être de lumière, sans savoir qu'il y avait eu un enfant. Puis un jour, Prue est morte, elle a succombé à la Source, le jour de son enterrement nous avons rencontré Paige. Après plusieurs péripéties, on a découvert que c'était notre demi-sœur, on a reformé le Pouvoir des Trois et elle a fait partie intégrante de notre famille ».
- Vous voulez dire, dit lentement le professeur McGonagall, que vous ne saviez pas que vous étiez des sorcières ?
- Non, Piper, Prue et moi on l'a découvert il y a six ans et Paige il y a trois ans, notre grand-mère voulait nous protéger. Mais quand on était petites, on savait qu'on avait des pouvoirs, pour nous c'était normal, mais on a grandi et notre grand-mère a bridé nos pouvoirs, et accessoirement, nous a effacé la mémoire.
- Je vois, murmura le professeur Dumbledore, puis en s'éclaircissant la voix, terrible histoire…
- Pas si terrible en fait, car ça nous a permis de créer de nouveaux chemins, Piper a pu se marier à un être de lumière, ce qui était interdit à l'époque, et ça a même pu leur donner deux fils et même l'impensable est arrivé, Phoebe a pu se marier avec un ex-démon, bien que leur union n'ait pas tenu très longtemps, acheva Paige.
- Je vois, je suppose que vos élèves aussi ont des pouvoirs personnels ?
- Oui, tous, nous n'utilisons pas de baguette, mais ils ont tous des pouvoirs très différents, ce sera à eux de s'adapter le mieux dans cette compétition, informa la directrice.
- Professeur, je pourrais vous posez quelques questions ? demanda subitement Phoebe, sous le regard noir de sa sœur.
- Bien-sûr, je vous écoute, dit-il les mains croisées.
- Eh bien, voilà, euh… Je ne suis pas professeur à l'école, mais j'y passe beaucoup de temps, et c'est pour cela que je voudrais demander si Piper et moi pourrions avoir l'autorisation de venir à Poudlard pour observer les champions pendant leurs tâches ?
- Oh, mais bien-sûr, ma chère, la porte vous sera toujours ouverte, acquiesça Dumbledore, autres choses ?
- Oui, à vrai dire, j'ai lu un article sur ce qui c'était passé il y a quelques semaines dans le ciel de l'Angleterre, puis-je vous demandez de quoi il s'agissait ?
D'un coup, la tête du professeur McGonagall, qui était tournée vers Paige, se tourna vers Phoebe, et le professeur Rogue, qui jusque-là était resté impassible, se retourna brusquement vers l'aînée des Halliwell.
- Vous avez lu un article ? dit Dumbledore. Je pensais que tous souvenirs de Moldus – ou mortels pour vous – avez été effacés de leurs mémoires. Peu importe, votre question est ?
- C'est de la magie noire ? interrogea Phoebe.
- Oui, ça l'est, répondit Dumbledore, posément. Comment savez-vous cela ?
- Je sais reconnaître de la magie noire, répondit simplement Phoebe, et je crois savoir que les serpents sont réputés dans les pratiques de la magie noire.
- En effet, ils le sont. Cette marque que vous avez vue est un signe d'un ancien mage noir qui a disparu il y a treize ans.
- Qui ? demanda Paige en s'intéressant.
- Lord Voldemort, murmura Dumbledore, un sorcier qui a mal tourné.
- Lord Voldemort ? murmura à son tour Phoebe en réfléchissant.
- Ça te rappelle quelque chose ? demanda sa sœur.
- Vaguement, dit-elle en continuant à réfléchir, peut-être dans un bouquin de l'école ou du manoir, ou encore dans le Livre des Ombres. Il n'a pas, par hasard, un autre nom ?
- Si, approuva Dumbledore étant très intrigué, peu de sorciers savaient qui était réellement Voldemort. Son prénom était Tom Jedusor.
- Tom Jedusor… marmonna Phoebe. Ça y est, je sais où je l'ai entendu.
- Où ça ? pressa Paige.
- Ça remonte à des années, soupira-t-elle, quand j'étais encore mariée avec Cole, et que j'étais Reine des Enfers, mais je ne sais rien d'autre, le conseil avait juste évoqué le prénom, c'est tout.
- C'est déjà beaucoup, expliqua Dumbledore.
- Et cette marque qui est apparue, c'est lui qui l'a fait apparaître ? Il n'avait pas disparu ? demanda Paige.
- Si, il a bien disparu, nous pensons que le responsable qui a fait apparaître cette marque est un Mangemort, un partisan de Lord Voldemort.
- Je vois, dit Phoebe, et pourquoi cette marque ? Pour quel but ?
- C'est un mystère…
- Et par hasard, nous sommes d'accord sur le fait que disparaître ne veut pas forcément dire mort ? dit Paige.
- Vous êtes intelligente, Miss Matthews, complimenta le professeur Dumbledore.
La discussion continua quelques minutes avant que le professeur Dumbledore ne doive prendre congé. Il raccompagna les deux sœurs à la porte.
- Voilà, je pense que l'essentiel est réglé, expliqua le directeur. Ce sera à vous de prendre la décision, de quels élèves vous voudrez envoyer à Poudlard, et je pense également que vous devriez prendre le temps de visiter le Chemin de Traverse.
- Le quoi ? demanda Phoebe.
- Le Chemin de Traverse, souri Dumbledore, c'est une rue faite exclusivement de boutiques de magie, vous pouvez y trouver des magasins d'ingrédient pour potion, de livres magiques, de Quidditch, et autres magasins ayant des propriétés magiques.
- C'est super, s'extasia Phoebe. Il nous faudrait la même chose chez nous.
- En effet, c'est très utile, mais il vous faut savoir que si par hasard vous voulez acheter quelque chose, la monnaie du monde des Moldus – ou mortels – ne fonctionne pas ici, dit Dumbledore d'un air calme. Pour acheter un effet, il vous faut des Gallions, des Mornilles et des Noises, respectivement or, argent et bronze.
- C'est un peu compliqué, non ? demanda Paige.
- Il faut juste vous y habituez, dans un Gallion, vous avez dix-sept Mornilles et dans une Mornille, vous avez vingt-neuf noises.
- Ok, donc un Gallion égal dix-sept Mornilles, et une Mornille égal vingt-neuf noises, grava Paige dans sa mémoire.
- Mais on fait comment pour obtenir ce drôle d'argent ? interrogea Phoebe.
- Au bout du Chemin de Traverse, il y a une banque pour sorciers, nommé Gringotts, là-bas, vous pourrez faire des échanges d'argent mortels contre de l'argent sorciers.
- Vous avez tout prévu, souri Phoebe.
- Oui, nous devons nous attendre à toutes types de demande, acquiesça Dumbledore, il faut aussi que vous sachiez que Gringotts est dirigé par des gobelins.
- Et ils sont… gentils ? demanda Paige en pesant ses mots.
- Ils ne sont pas maléfiques, si c'est ce que vous demandez… c'est apparemment très différent de votre mode de vie.
- Oui, ça l'est, confia Paige, et comment accède-t-on au Chemin de Traverse ?
- C'est ici que cela se complique pour vous, dit Dumbledore. Pour accéder au Chemin de Traverse, il faut frapper avec sa baguette magique des briques dans le mur de l'arrière-cour de ce bar.
- Mais pour nous, on fait comment ?
- Comme vous l'avez dit vous-même, Miss Halliwell, nous avons tout prévu, y compris ce détail. Quand vous redescendrez, un sorcier du ministère vous escortera et vous ouvrira le Chemin de Traverse et vous attendra pour vous raccompagner dans l'arrière-cour.
- Je vous remercie, s'adressa Paige avec gratitude, pour tout.
- Ce n'est rien, voyons, je vous souhaite une bonne journée, et n'oubliez pas, demain matin, à neuf heures, vous devrez être au Département de la Coopération Magique Internationale. Un sorcier du ministère vous attendra dans l'arrière-cour à neuf heures moins le quart.
- Très bien, on sera là sans fautes, déclara Paige en faisant un signe de tête à tous les professeurs, bientôt imitée pas sa sœur
- Waouh ! ce fut tout ce que Phoebe pu dire en se retrouvant dans le couloir.
- Tu l'as dit, soupira sa sœur, il est quelle heure ? Il va falloir que j'appelle Piper
- Tu as le temps, il n'est que quinze heures trente, répondit Phoebe en jetant un coup d'œil à sa montre qu'elle avait réglée à l'heure anglaise.
- Je suppose que tu veux voir à quoi le Chemin de Traverse ressemble ?
- Bien-sûr que je veux le voir, et ne me dit pas, que toi non plus le professeur Dumbledore n'a pas piqué ta curiosité.
- C'est vrai, admit Paige en redescendent les étages, il faut juste trouver ce sorcier du ministère.
Une fois redescendu des étages, elles balayèrent la pièce des yeux, mais visiblement, aucun sorcier ne semblait faire un pas vers elles.
Mais d'un coup, une personne apparut, surgissant du néant. Paige ne put retenir un cri de surprise, tandis que Phoebe agrippa le bras de sa sœur avec tant de force que ses ongles rentrèrent dans la chair de Paige.
- Aïe ! Tu me fais mal ! se plaignit Paige en enlevant la main de sa sœur et en se frottant le bras.
- Excuse-moi, dit Phoebe, en examinant le sorcier qui était planté devant elles sans dire un mot.
Le sorcier se tenait droit comme un « I », et apparemment, il n'éprouvait pas le sentiment de s'excuser ou de dire un mot.
- Euh… vous êtes le sorcier du ministère ? demanda Phoebe en jetant un coup d'œil à sa sœur.
- Bien-sûr, répondit l'homme sèchement en emboîtant le pas. Ce n'est pas la peine de vous présenter, je sais qui vous êtes. Suivez-moi, je vous attendrai près du mur quand vous reviendrez.
- D'accord, dit Phoebe, surprit par sa sécheresse.
Ils traversèrent la salle et passèrent une porte en bois qui leur permirent de se retrouver dans une arrière-cour minuscule, remplit de boîtes en bois, un petit chemin seulement ne se trouvait pas envahi.
Le sorcier sortit sa baguette, longue d'une trentaine de centimètres, et tapota certaines briques. Si Paige et Phoebe n'avaient pas eu les explicitations du professeur Dumbledore, elles auraient sans doute eu un cri de surprise et un mouvement de recul, car les briques du mur commencèrent à bouger jusqu'à libérer un passage d'environ un mètre de largeur, sous les yeux ébahis des deux sœurs Halliwell.
Le sorcier s'écarta et laissa une vue extraordinaire aux deux sœurs sur ceux qui se trouvaient un peu plus loin.
Hey !
Et voilà encore un chapitre de publié (celui-ci sera scindé en deux parties) !
N'hésitez pas à me donner un retour.
Pour info, je me suis basée sur la chronologie de Charmed, donc l'histoire se passe entre 2005-2006 et non entre 1994-1995, c'était plus simple pour moi, mais j'ai essayé de faire coïncider toutes les dates pour respecter l'espace de la chronologie (et parfois je me suis arrachée les cheveux).
J'espère que ce chapitre vous plaira à tous.
Les droits appartiennent à J.K Rowling et Constance M. Burge.
Isia31,
