Quoi d'neuf docteur ?

Oui, oui, vous ne rêvez pas, jusqu'à présent j'arrive à maintenir le fameux un chapitre par semaine. Incroyable n'est-ce pas ? Profitez-en tant que ça dure !

Comme toujours : merci à ceux qui ont suivis/fav l'histoire (j'attends toujours le lâché de reviews, jvous offre des chaussettes cette fois ?) vous êtes sans pareil à de la barbapapa.

Pour ce qui est des trigger warnings de chapitre : en principe il n'y en a pas, on se concentre sur de la planification à deux balles et sur la théorie des rêves, mais une fois encore on est sur de la transition, a.k.a, le calme avant la tempête.

Je rappel que : si vous vous sentez mal, déprimé, etc, cette histoire n'est peut-être (voir probablement) pas la bonne pour vous (moi-même je projette mon propre ouin-ouin dans mes écrits en vrai donc bon, ça va être la foire à la violence) bref : faites attention à vous, prenez soin de vous, buvez de l'eau et restez hydraté.

Pour celles et ceux qui se réveillent tous les jours en choisissant le chaos et les fanfictions où on ne vit que pour le drama : bonne lecture !

Le titre du chapitre appartient à une chanson de Billie Eilish et oui, si la foi y est, ils seront tous tirés de chansons diverses et variées. Éventuellement, si ça vous dit, je ferait une playlist sur spotify comme ça, pas besoin de chercher H24 (qui va écouter de toute façon ?)


LETTING SINK HIS TAILS TIL THEY TRAILED IN THE DUST

IV - WHEN THE PARTY'S OVER


Asuma Sarutobi faisait les cent-pas depuis bientôt plus d'une heure, à quelques kilomètres à peine d'une grotte qu'il parvenait à garder en visuel, du haut de son perchoir. Le temps n'était guère clément, puisque la pluie ne semblait vouloir cesser d'abreuver les terres d'ores et déjà noyée par le surplus de flotte et plusieurs fois l'homme se retrouva à devoir éponger son front et ses paupières afin d'y voir plus clair. En d'autre terme, il faisait un temps de merde. Et pour l'importance de la mission.. disons que ça n'aidait pas. L'inquiétude encore moins, puisque c'était bien pour cette raison que le fumeur ne cessait d'aller et venir. À ses côtés, Kurenai Yuhi ne put s'empêcher de souffler, quelque peu exaspérée.

« — Tu vas finir par creuser un sillon Asuma, assèna la femme sans la moindre délicatesse.

Elle commençait à avoir mal à la tête à force de suivre les mouvements répétitifs du Shinobi. Et pluie plus migraine ne faisaient pas plus bon ménage que pluie plus mission ultra importante. Ça mettait un frein aux capacités d'un Shinobi supposé alors, être totalement concentré sur ce qu'il se devait de faire. L'homme tira longuement sur sa cigarette avant de laisser une épaisse fumée se glisser entre ses lèvres entrouvertes. Un instant durant, la Maîtresse des Illusions de Konoha se demanda comment il parvenait à fumer par temps de pluie avant que la pensée de lui échappe, interrompue par les marmonnement de l'adulte dont la main libre n'avait cessée de frotter le collier de barbe détrempé sous sa bouche.

— Ce n'est pas normal, dit-il sans même prêter attention à sa coéquipière, trop occupé qu'il était à creuser ces fameux sillons.

Kurenai manqua d'en lever les yeux au ciel.

— Ce n'est qu'un petit retard. Prends ton mal en patience, ce n'est pas si anormal que cela.

— Ça l'est. Tu ne connais pas Shikamaru. Il prend ses missions très au sérieux. Si un horaire est à respecter, il le respecte, point.

— C'est aussi le Shinobi le plus flemmard qu'il m'ait été donné de voir, mon avis est qu'ils ne tarderont pas. Ils ont sûrement dû s'arrêter, tu as bien vu comme il nous a été difficile de nous repérer non ? J'ai jamais vu autant de brouillard dans un si petit coin, qu'elle pesta en agitant sa main devant elle comme pour chasser la brume. »

Elle espérait sincèrement que les élèves de l'homme qu'elle aimait n'avaient pas eu d'ennuis à proprement parler et ce, même si elle s'efforçait de ne rien laisser paraître. Asuma était déjà suffisamment inquiet pour qu'elle en vienne à ajouter de sa propre nervosité sur le tas. Ils étaient pour ainsi dire en pays ennemis bien qu'Ame n'avait plus vraiment donné signe de combativité depuis des années. Le fait était que nombre d'activités louches avaient été repérées dans le coin et l'idée que des gamins se soient retrouvés perdus au milieu d'une confrontation la terrifiait, peu importe qu'il s'agisse de chunin ou de presque adultes. Les avoirs connus enfants suffisait à la rendre nerveuse vis-à-vis de tout ça. Parfois, elle se faisait l'effet d'une mère ou d'une tante beaucoup trop protectrice. Konoha n'avait plus subi de grosses pertes depuis Kyûbi, seize ans plus tôt. Voir même trois ans plus tôt encore, lors de l'assaut donné par Suna et Oto. C'était probablement le seul village caché à jouir d'une paix relativement.. paisible, à défaut d'autres mots. Mais depuis quelque temps, elle avait cette terrible impression que la paix n'était qu'illusion. Et elle s'y connaissait en illusion, alors autant vous dire qu'elle était loin d'être aussi stoïque que ce qu'elle voulait bien faire croire.

Inconsciemment, la jeune femme se mit à faire les cent pas à son tour, creusant alors le sol boueux de la crevasse dans laquelle ils s'étaient cachés, de légers sillons. De temps à autre, accompagnée d'Asuma, elle se laissait aller à jeter un coup d'œil en direction d'un renfoncement, en contrebas. Ce fut l'apparition d'ombres, qui l'a sortie de sa légère rêverie. Aussitôt, elle fit un signe à son coéquipier et tous deux se mirent à épier le petit groupe avec l'espoir commun qu'il ne s'agisse pas de l'Akatsuki.

Malheureusement, ils ne parvinrent pas à reconnaître immédiatement les arrivants. Est-ce qu'il s'agissait de Shikamaru, en tête du groupe ? Celui-là même qui avait tendance à tourner vivement sa tête d'un côté ou d'un autre, comme s'il parvenait à entendre des choses que le reste du groupe ne pouvait pas – ce qui était carrément compréhensible vu le déluge-là dehors. Ça n'était guère évident, de voir où d'entendre quoique ce soit. Pas plus pour Asuma qui hésita longuement avant de faire connaître sa position au groupe. Il aurait reconnu ses élèves n'importe où, certes, mais avec cette pluie – et le quatrième membre suspect, il devait l'avouer – la question avait eu le mérite de se poser. Devait-il faire confiance à son instinct ? Devait-il prendre le risque de faire foirer la mission ? Kurenai lui attrapa la main, la pressant légèrement, tandis qu'elle lui indiquait de jeter un coup d'œil plus bas. L'une des silhouettes venait de relever le capuchon de la cape qu'elle portait – qu'ils portaient tous – révélant une longue tignasse blonde. La silhouette sembla s'adresser furieusement aux trois autres à en croire ses mouvements brusques – probablement qu'elle était agacée par les trombes d'eau. Cela suffit amplement au barbu qui ne pouvait désormais guère s'empêcher de s'épuiser les yeux à la contemplation du drôle de groupe. Il n'y avait évidemment qu'Ino pour faire autant de manières pour quelques gouttes d'eau. Alors il esquissa un léger sourire, et signa une technique fûton.


« — La barbe, grommela Ino en se débarrassant de ses vêtements humides. Qu'est-ce que je donnerai pour des vacances à Suna..

Choji étouffa un petit rire qui se transforma en toux éraillée devant le regard sombre de Kurenai qui leva légèrement les yeux au ciel avant de distribuer aux garçons de quoi se sécher. Même en territoire inhospitalier, les adolescents trouvaient le moyen de rire, mais surtout de se plaindre. À croire qu'ils ne craignaient pas la mort.

— Que s'est-il passé ? Demanda-t-elle, plutôt que de leur faire remarquer leur insouciance.

Shikamaru qui finissait d'ébouriffer sa tignasse à l'aide d'une serviette afin de se sécher, lâcha comme un grognement ennuyé. La serviette fut abandonnée autour de son cou, alors qu'il tentait désormais de démêler sommairement ses cheveux du bout des doigts. Naruto eut une pensée pour le garçon qu'il n'avait jamais eut l'occasion de voir la tignasse lâche et de combien ça devait être chiant d'en avoir autant, avant de reporter son attention sur la discussion.

— … un contretemps peu avant la frontière d'Ame, disait Shikamaru avec la tronche du type qui fournit un effort incroyable rien que pour parler.

Asuma eut un léger sourire malgré son inquiétude évidente. D'un côté, constater que Shiamaru ne changeait décidément pas quelque soit la situation lui apportait du baume au cœur, de l'autre, ce fameux contretemps avait tout pour le rendre nerveux.

— Quelqu'un savait pour..

— Non, je ne crois pas. Ça n'était que des enfants, coupa le chef de l'équipe huit.

À ses côtés, Ino et Choji semblèrent s'étouffer.

— Des monstres ouais.. , marmonna la jeune femme.

Le garçon robuste à ses côtés hocha la tête, trop occupé qu'il était à se repaître d'un paquet de chips saveur barbecue pour ne serait-ce que donner une réponse verbale. Dans sa toute surprise slash perplexité, Kurenai haussa les sourcils, n'étant pas tout à fait sûr quant à savoir s'il s'agissait-là d'une blague ou pas.

— Des enfants, répéta-t-elle comme si elle n'en croyait pas ses oreilles. Vous avez été mis en déroute par des enfants. »

Il y eut un instant de flottement, avant que Naruto ne décide de lâcher un bref qui mit tout le monde d'accord. Inutile de s'attarder sur des événements passés. Ce qui était sûr en revanche, c'est que Kurenai aurait deux mots à dire aux formateurs académiques quant à la pitié face aux ennemis plus jeunes. Le fait était, qu'en tant que Ninjas, ils ne pouvaient guère se permettre d'éprouver la moindre compassion pour leurs adversaires. Une seconde d'hésitation et n'importe quel grand Shinobi pouvait y laisser la peau. C'était inacceptable – la femme se refusait à se voir risquer la vie de ses élèves pour ce genre de comportements. Surtout en sachant que des gamins tels que Itachi Uchiha ou Kakashi Hatate existaient. Ils s'étaient montrés bien trop imprudents.

Quand ils eurent repris des forces – Naruto hormis, qui avait failli tourner de l'œil à la vue du lapin dépecé – la discussion sérieuse revint haut les cœurs. Leurs voix résonnant faiblement dans la grotte dans laquelle ils avaient fini par se mettre à l'abri, en attendant que la pluie cesse de les importuner, et ce, bien qu'ils sachent tous qu'il y avait bien peu de chance que cela n'arrive un jour. Surtout à cette période de l'année. Asuma leur apprit ainsi qu'ils leur avaient été impossibles de dénicher le message par faute de bras supplémentaire. À croire que l'Akatsuki ne devait pas toujours se déplacer par binôme ? Ou était-ce censé être un message pour un groupe spécifique ? Il y avait hélas, beaucoup trop de théories à ce sujet. Quoiqu'il en soit, la décision fut prise qu'ils iraient tous jeter un œil à la tombée de la nuit.


Naruto avait fini par s'éloigner légèrement du reste du groupe, afin de glaner quelques minutes de calme et surtout, du repos avant leur assaut nocturne. Il n'avait pas vraiment eu l'occasion de se reposer la veille au soir. Pas que Choji ait fait tant de bruit que cela avec ses ronflements, mais disons plutôt que la monstruosité avait décidé qu'il était temps pour lui d'avoir droit à un lavage d'estomac. Il avait donc passé une grande partie de la nuit, le front appuyé contre la céramique des toilettes. Pas très classe, ni même reposant. Or, s'il en croyait sa chance légendaire, il lui faudrait toutes ses forces le soir même, pour botter le cul à l'Akatsuki. Il s'était donc rapidement endormi, une fois son bandeau glissé contre ses paupières et le dos aussi confortablement calé contre la roche, qu'il le pouvait..

Alors il fit un rêve.

Il y avait cet endroit un peu étrange qu'il ne parvenait pas vraiment à observer, puisqu'il avait été privé de sa vue, mais dont l'impression première avait été qu'il finirait par étouffer, tant il se sentait compressé de là où il était. L'air était humide et froid, l'odeur y était infecte – comme si un rat avait trouvé la mort non loin et son cadavre laissé à l'abandon – et les sons presque inexistants. De temps à autre, seul le "ploc, ploc, ploc" régulier de ce qui devait être un robinet fuyant, se faisait entendre. Pour ce qui était du reste, il aurait était bien incapable de dire où il se trouvait, pourquoi et avec qui.

Naturellement, la panique commença à affluer. Il voulait sortir d'ici. Être attaché n'était pas quelque chose qu'il affectionnait particulièrement. Il aimait savoir être libre de ses mouvements, libre de courir, de bouger, de respirer à son aise sans qu'une lanière de cuire ne lui donne l'impression de vouloir fusionner avec ses côtes à chacune de ses inspirations. Le Naruto de son rêve n'aimait pas du tout cet endroit. Comme s'il redoutait ce qui allait lui arriver. Comme s'il savait que s'il restait là, il n'en sortirait pas entier ou vivant. Il avait peur, il paniquait, plus encore lorsqu'il finit par remarquer qu'il avait aussi été privé de ses mouvements. Ses mains semblaient être attachées de part et d'autre de son corps, lui causant quelques douleurs dans les épaules lorsqu'il essaya de s'en dégager. Il n'eut pas plus de chance, lorsqu'il tenta de bouger ses jambes. Il pouvait sentir des liens retenir ses cuisses, ses tibias et ses chevilles contre cette couche inconfortable. Même son bassin et son torse s'en étaient retrouvés ficeler comme un rôti de porc. Le garçon n'aimait pas ça du tout. Puis, quelqu'un s'approcha. Le pas était rapide, presque pressé.

Le cœur battant à tout rompre, il s'efforça de simuler un sommeil profond malgré sa respiration rapide, et cessa de bouger, relaxant ses muscles au maximum. L'instant d'après, il sentit une présence à ses côtés, tourner autour de lui. La première chose que fit l'inconnue, fut de vérifier qu'il dormait à poings fermé. Lorsqu'elle sembla satisfaite du résultat – qu'il ne se réveillerait pas de sitôt, en gros – elle entreprit de lui faire passer une batterie d'examens consistant à lui prendre son foutu sang – il détestait les aiguilles bon sang ! – et d'autres qu'il ne sut deviner. Après quoi, la silhouette souffla et avant que Naruto, celui du rêve, ne puisse protester ou autre, il sentit une main s'égarer dans sa tignasse blonde. Après quoi, l'étrangère prit la parole.

« — Je suis désolée, dit-elle, parce qu'il s'agissait finalement d'une femme. S'il y avait eu une autre solution. Personne ne mérite ça.

Le silence s'installa pendant un court instant. Ses doigts voyagèrent de ses cheveux blonds, à son visage pâle. Le Naruto du rêve ne fit aucun geste, bien que bouillonnant intérieurement. La jeune femme poursuivit :

— J'ai essayé de le persuader de ne pas l'écouter. Mais il est plein de colère et.. J'ai essayé, vraiment. C'est un projet stupide.

De quoi est-ce qu'elle parle ? se demanda le Naruto du rêve. Où suis-je ? Pourquoi est-ce que je suis attaché ? Prisonnier ? Il sursauta inconsciemment lorsqu'une voix rude se fit entendre. La main s'attarda sur sa joue, puis sur son épaule. Une pression, une seule et unique.

Elle sait, sut le garçon. Elle sait que je ne dors pas.

L'autre voix, un timbre plus grave mais sans aucune chaleur gronda :

— Qu'est-ce que tu fais là ?!

C'était une voix désagréable au possible. Un terrible frisson parcourut la peau de l'autre Naruto. Il avait l'impression que la voix aurait pu ramper à même sa chair, en lui. Pire. Le ton lui était comme.. Familier.

— Rien qui te concerne, repliqua la femme avec tant d'indifférence que le blond en oublia les remords qu'il avait cru percevoir plus tôt.

Et si le Naruto du rêve dû retenir son souffle, foudroyé par l'aura colérique que la femme dégageait, le nouvel arrivant semblait s'en foutre comme de sa première couche.

— Si je te revois traîner dans le coin, je te fais dépecer vivante. »

Malgré la menace, la femme ne broncha pas. À la place, elle tourna les talons, le rythme de son pas rapide s'évanouissant dans un dédale de couloirs existant uniquement dans les fabulations de l'hôte du démon renard. Un bruit de papier froissé subsista pendant quelques instants. Puis ce fut de nouveau le silence absolu. Il était seul, en tête avec tête avec l'inconnu numéro deux. Celui qui n'apportait aucun réconfort, celui qui faisait naître une terreur sans pareille dans le creux de son estomac.

L'homme se mit à chantonner entre ses lèvres :

« — À nous deux mon garçon. »

Le décor changea.

Il était désormais présent, ses yeux trop bleus découvrant avec curiosité évidente la salle circulaire dans laquelle il venait de mettre les pieds. D'une manière ou d'une autre, quelque chose était différent. Il n'aurait pu dire comment il le savait, mais Naruto était certain que cette fois-ci, sa vision était réelle. Il ne s'agissait plus d'un vulgaire cauchemar.

Un mouvement sur sa gauche l'extirpa de ses rêvasseries, le forçant aussitôt à se concentrer sur ce qu'il voyait. Ils étaient trois. Trois silhouettes couvertes d'une cape noire aux nuages rouges. L'Akatsuki, songea le blond. Merde, pourquoi est-ce que je vois l'Akatsuki ? Un instant, il crut qu'ils les avaient trouvé – lui et les autres – et que s'il parvenait à les voir, c'était uniquement parce qu'ils étaient réellement à ses côtés, dans la pseudo-grotte dans laquelle il s'était caché avec Shikamaru et les autres. Il mordit l'intérieur de ses joues de toutes ses forces, jusqu'à ce qu'il sente sa peau craquer douloureusement sous ses molaires, jusqu'à ce que le sang coule à flots.

Non. Il ne rêvait pas. Merde. Merde. Merde. La scène était bien réelle et pour une raison qu'il ignorait, il avait désormais les yeux posés sur Itachi Uchiha, Kisame Hoshigaki et un type qu'il ne connaissait ni de Susanoo ni d'Amaterasu, mais qui assurément était baraqué. Est-ce que cela signifiait que les trois nukenin – du moins deux et demi, il imaginait – avaient d'ors et déjà tué ses camarades ? Il s'efforça de regarder la pièce de plus près. Non. Non. Ça n'était pas la même. Cette salle-là, bien que rocheuse, possédait des gravures étranges dans la pierre ce qui n'était pas le cas à Ame.

Naruto s'autorisa à respirer calmement, mettant alors de côté le fait qu'il venait de se transformer en liseur de bonne aventure, pour se concentrer sur ce qu'il entendait.

— ... mmes prêt pour la capture du Premier, disait l'homme requin avant d'être interrompu par le type baraqué:

— Sasori et Deidara sont déjà en route.

— Ben voyons. Ces deux-là sont bien incapable de s'entendre. Ça promet.

Sa poigne se resserra sur son épée monstrueuse qui émettait ici et là, des bruits de succion répugnant. À ses côtés, Itachi haussa les épaules, ses yeux rougeâtre parcourant la salle curieusement.

— Avez-vous pris votre décision quant aux Réceptacles ?

Dans un premier temps, Naruto crut que l'homme n'avait pas entendu, puis qu'il avait simplement décidé d'ignorer l'ex Shinobi de feuille. Pourtant, il finit par opiner d'un mouvement du menton, à la fois pensif et sûr de lui.

— Les neuf sont à m'amener vivant. Tous seront les piliers de mon projet.

— Les Guerriers de la Rédemption, souffla Itachi si bas que Naruto eut du mal à en saisir tout le sens. Alors vous abandonnez l'Œil de la Lune ? »

L'homme grand opina une fois encore. Kisame étouffa un rire, juste de quoi attirer l'attention de quoi.. Son patron ? Mais si ce dernier fit ou dit quoique ce soit, Naruto ne fut pas en mesure d'entendre. Quelqu'un cria son prénom, le laissant avec une panique certaine sur les bras, persuadé qu'il avait été repéré.

« — Naruto ! Répéta la voix. »

Le blond ouvrit les yeux soudainement, le souffle court et l'hystérie dansant dans ses iris bleus. Rapidement, ses doigts se débarrassent du bandeau qui lui couvrait les yeux et son regard tomba sur un Shikamaru aux sourcils froncés. Il fallut au blond quelques secondes supplémentaires pour se rendre compte qu'il ne se trouvait pas en présence ennemie, mais bien avec ses coéquipiers. Il souffla son soulagement, le cœur battant encore à vive allure alors qu'il reprenait pied à la réalité. La main de Shikamaru s'égara sur son épaule.

« — Ça va ? demanda-t-il doucement.

Son ton était un mélange d'inquiétude et de suspicions. C'était un étrange mélange, décida l'orphelin qui se racla la gorge. Il se redressa ensuite sur ses pieds.

— Ouais. Désolé, un mauvais rêve.

Cela dut être suffisant aux yeux du Nara, puisqu'il acquiesça, avant d'enfouir ses mains dans ses poches.

— On ne va pas tarder à se mettre en route. Tiens-toi prêt. »

Et il fila sans demander son reste, sous le regard surpris du blond. Un coup d'œil en direction de l'extérieur de la grotte lui apprit que la nuit était tombée. Dire qu'il avait l'impression d'avoir fermé les yeux à peine dix minutes.. Il souffla, ses paumes de mains venant frotter ses paupières lourdes. Et ce rêve qui lui avait paru tellement réel. Bon sang. Voilà qu'il commençait sérieusement à dérailler.

C'était inhabituel, comme rêve, haussa le démon dans sa tête.

L'aspirant haussa les épaules.

Pas plus que ça. Les rêves ne sont pas fait pour avoir du sens, répondit-il mentalement.

Il ne voulait pas que ses coéquipiers commencent à paniquer en le voyant causer à personne en particulier. Il n'arrivait même plus à se souvenir s'ils étaient au courant de sa situation. Il préférait garder le silence, plutôt que de risquer de se faire griller. La tolérance s'arrêtait bien trop souvent où la peur commençait.

Ne sois pas si naïf, microbe.

Naruto leva les yeux au ciel.

Là c'est toi qui devient parano mon vieux, dit-il non sans une pointe de moquerie dans le ton de sa voix.

L'hôpital ? La charité ?! Gronda la bête.

La vérité était qu'il souhaitait surtout oublier ce rêve. Il ne voulait pas savoir ce qui avait pu arriver à l'autre Naruto, celui piégé avec le type louche. Pas plus qu'il ne voulait savoir comment, par tous les diables, il avait fait pour espionner une conversation entre membres de l'Akatsuki. Il était persuadé que tout cela n'avait été que le fruit de son imagination. La fatigue mise en cause, Naruto se reprit rapidement et termina de vérifier son matériel. Plus tard, lorsqu'il eut rejoint le reste de l'équipe, ils mirent rapidement en place un schéma d'action. Étant donné qu'ils étaient six, Asuma avait proposé de diviser le groupe en deux. Ainsi, l'Uzumaki allait poursuivre la mission aux côtés des deux professeurs – ces derniers peu désireux de séparer l'éternel trio Ino-Shika-Cho. Leur cohésion serait au meilleur, sans un quatrième membre, c'est ce que Kurenai avait dit, en posant son regard de sang sur la silhouette du blondinet, sans savoir quoi penser de ce dernier.

Kurenai n'avait eu l'occasion de croiser Uzumaki Naruto que peu de fois en trois ans, avant qu'il ne parte en road trip géant avec Jiraya. De ce qu'elle se souvenait, il avait été un gamin perturbateur qui passait plus de temps à jouer de mauvais tours, qu'à se concentrer sur sa carrière. Elle le voyait encore dans sa tenue orange criarde, incapable de tenir en place et gueulant plus qu'il ne parlait. Puis il était parti pendant trois ans. Trois ans pendant lesquels le village avait paru calme – si l'on omettait la présence de Sarutobi Konohamaru – et tranquille. Lorsqu'il était revenu, elle l'avait trouvé grandi sur un premier coup d'œil. Puis il avait aperçu ces camarades et alors son charisme s'était envolé et le gosse de treize ans était réapparu dans le corps de cet adolescent de seize ans. Même genre de vêtements, même horribles couleurs, même rire, même mental. Il n'avait pas changé – jusqu'à aujourd'hui. Jusqu'à ce qu'il rentre de sa mission avec Kakashi. Soudainement, il semblait avoir pris dix ans – voire même vingt. Asuma n'en avait rien dit, ni laissé paraître, mais elle savait qu'il avait trouvé cela déconcertant. Le jeune homme qui les fixait avec sérieux, n'avait rien du gamin qu'ils avaient connu.

Une chose était sûre, les deux adultes iraient cuisiner Kakashi Hatake dès leurs retours à Konoha. En attendant, ils avaient une mission à terminer. Le genre qui demandait toute la concentration d'un Shinobi. Aussi Kurenai Yuhi rejeta ses pensées au fond de sa tête.

À première vue, il s'agissait d'un pan de roche parfaitement normal. Légèrement escarpé, poussiéreux et par endroit, grouillant de bestioles en tout genre. Dans l'ensemble, rien n'aurait pu leur indiquer qu'il s'agissait en fait d'une illusion. Une illusion où tous n'y avaient vu que du feu, du moins les quinze premières minutes.

Accompagné de Kurenai et Asuma, Naruto se tenait sur ses gardes, les genoux légèrement fléchis, un Kunaï dans chaque main et le regard alerte. Il avait été chargé de monter la garde aux alentours, garder l'œil ouvert, les sens aux aguets, et ce, après qu'il ait malencontreusement avoué qu'il parvenait à entendre, voir et sentir bien plus qu'il n'était supposé le pouvoir. Les deux adultes avaient échangé un regard lourd de sens, ignorant les regards surpris des adolescents – Naruto en avait donc déduis que non, ses camarades n'étaient toujours pas au courant pour son problème de fourrure – avant de décider de s'en servir à leurs avantages.

Naturellement, il avait sorti ses clones du placard, donnant pour instruction de le prévenir si quoique ce soit arrivait. Ainsi par équipe de deux – afin que l'un soit capable de détruire l'autre pour que les souvenirs reviennent à l'original – les clones avaient filé rapidement, se dispersant dans le désert humide qu'était Ame. Pendant ce temps, Kurenai et Asuma, avaient tenté de retrouver la cache secrète de l'Akatsuki, qu'ils avaient découvert la veille. Il fallait dire que l'illusion était excellente. Kurenai reconnaissait bien volontiers le travail d'un Uchiha – du Sharingan. Heureusement pour elle – et pour le reste de l'équipe – il n'y avait pas meilleur maître des illusions qu'elle ne l'était désormais. Sans perdre de temps, elle signa la rupture du jutsu et le pan de mur disparu sans plus d'artifices.

« — Mon intuition était juste, nous allons avoir besoin d'une paire de bras supplémentaire.. Indiqua le barbu en montrant dix parchemins reliés entre eux à chacune des extrémités de la grotte dans laquelle ils firent leurs entrées.

De toute évidence, les deux Jonin avaient dû déjà faire face à ce genre de procédé, car ils surent immédiatement quoi faire. Avoir l'Uzumaki à leurs côtés par ailleurs, était une aubaine, songea Kurenai. En général, les Shinobi n'étaient guère du genre à s'embêter à éparpiller dix parchemins à détruire simultanément. Pas à moins qu'ils soient débordant de chakra. L'Akatsuki était donc bien derrière tout ça. Sans l'hôte du démon, ça n'était pas avec les deux clones qu'Asuma et elle pouvaient créer, qu'ils auraient réussi à mettre la main sur ce qui était caché ici même.

Se dédoublant une fois de plus, Naruto fit signe à deux de ses clones de rester aux abords de la grotte, tandis que lui-même et sept autres de ses copies se mettaient en position, prêt à détruire les parchemins.

— À mon signal, fit la jeune femme en se préparant à trancher sa petite cible de papier.

Tous les Naruto levèrent un bras armé d'un Kunaï.

— Un.

Ils échangèrent un regard anxieux, se demandant combien de chance il y avait pour que ce truc ne leur explose au visage. Probablement aucune, songea Naruto. Ils ne sont pas suicidaires les types de l'Akatsuki, hein ?

— Deux.

Asuma détourna les yeux l'espace d'une seconde durant, en direction de sa compagne et ce, avant de gratifier l'un des nombreux Naruto – l'original, il espérait – d'un sourire confiant. Respire gamin, tout va bien se passer, disait son regard tranquille. Naruto le crut.

— Trois. »

Synchrone devint le mot maître. Dix mouvements exécutés en un même temps, purent être observé – dix Kunaï réduisant à l'état de poussière les parchemins de protection, trois personnes dont sept copies agirent comme si tout ce qu'elles avaient fait durant leurs vies, avait été agir en synchronisation les uns avec les autres. C'était parfait – presque magique.

Ils échangèrent des sourires amusés, rangeant leurs lames dans leurs pochettes et se détendant petit à petit ravi de constater que, non. Ils n'étaient pas morts, quand la grotte explosa.