Ohé matelot !
Me revoilà pour votre dose hebdomadaire de drama. Je sais que ça vous avez manqué, avouez, we hoe for drama in this house.
Une fois de plus, on salut celles et ceux qui suivent/fav/ l'histoire (les reviews, c'est gratuits et en plus ça boost l'écriture, c'est la science qui le dit, moi je dis ça, je dis rien) vous êtes vraiment des pépites (de chocolat)
Pour ce qui est des trigger warnings de chapitre : violence, mention de mort, de suicide, de ras le bol général, fatigue mentale, rejet, auto-apitoiement (c'est le titre de la fic vraiment),
Comme toujours : so vous vous sentez mal, déprimé, etc, cette histoire n'est peut-être (voir probablement) pas la bonne pour vous (moi-même je projette mon propre ouin-ouin dans mes écrits en vrai donc bon, ça va être la foire à la violence) bref : faites attention à vous, prenez soin de vous, buvez de l'eau et restez hydraté.
Pour celles et ceux qui se réveillent tous les jours en choisissant le chaos et les fanfictions où on ne vit que pour le drama : bonne lecture !
Le titre du chapitre est une chanson de Christina Perri.
LETTING SINK HIS TAILS TIL THEY TRAILED IN THE DUST
V - THE LONELY
Ça aurait pu être une histoire extrêmement compliquée – probablement même un poil tiré par les cheveux et qui, pour sûr, aurait fait pleurer la veuve et l'orphelin. Mais ça n'avait pas été le cas. Aussi simplement que cela, la grotte avait juste explosé, sans préavis, sans la moindre petite balise de signalisation annoté d'un attention, c'est un piège, cette grotte vas sauter et ça vas vous faire sacrément putain de mal, merci d'être venu. Naruto aurait alors pu s'en accommoder parfaitement.
Il serait mort en mission, de manière certes un peu trop.. m'as-tu-vue, voire même douloureuse – il n'était pas vraiment fan de tout ce qui était chaires fondues, membres manquants et cervelles étalées sur les murs – mais alors il n'aurait plus à se soucier de rien, puisqu'il serait mort. Son nom aurait été gravé sur la grande stèle aux côtés de ses camarades morts au combat et ça aurait fait une sacrée putain de bonne fin. La monstruosité aurait alors été de l'histoire ancienne, personne n'en aurait jamais rien su – puisque son corps avait fini à l'état de rien du tout – et il aurait pu rejoindre ses parents dans l'autre monde ou dieu savait quoi d'autre et il aurait été foutrement d'accord avec ça.
Mais rien de tout ça n'était arrivé. Pas de discours larmoyant à son hommage, pas d'enterrement, pas d'autre monde, pas de morts, que dalle. À croire que lorsque l'on s'appelait Uzumaki Naruto, tout ce qu'on pouvait faire, c'était d'aller voir ailleurs si le Destin – celui avec un grand D, je vous prie – n'avait pas d'autres plans totalement insensés , dingues et sans queues ni têtes , pour votre charmante personne. Naruto commençait donc sérieusement à en avoir ras le bol, de constater que rien ne se passait jamais comme prévu. Alors quoi, Kyûbi avait-il fini par avoir raison ? Était-il un genre de foutu messie ? L'Élu d'une prophétie morbide ? N'était-ce pas trop demander pour une fois, de ne pas être épargné par les merdes intersidérales qui lui tombaient dessus ? Porter un enfa- monstre dans son ventre, c'était carrément d'accord, mais le laisser crever en paix, nope ? Ça n'avait aucun sens.
« — Putain ! Hurla-t-il lorsqu'il fut capable de cracher autre chose que de la poussière. »
Il toussa longuement entre deux jurons qui à coup sûr, aurait fait rougir même le plus perverti des homme, avant de daigner ouvrir ses paupières recouvertes de gravats, qu'il avait closes par réflexe lorsque l'explosion était survenue. Ce qu'il vit, le cloua sur place. Pas qu'il y ait grand chose à voir pour être honnête.
Oh dites moi que je rêve, paniqua-t-il presque immédiatement.
Où étaient passés Asuma et Kurenai ? Pourquoi diable était-il seul ? Le seul à être encore debout ? Il tourna sur lui-même, tentant d'apercevoir au moins un bout de quelque chose, même un main, un pied ou une tête à la rigueur. Il aurait au moins été fixé sur le sort de ses compagnons. Or.. Tout n'était que.. Ruines, encore une fois. Il était seul à des putain de kilomètres à la ronde et..
« — N-Naruto ?
Le garçon sursauta vivement, faisant volte face vers la voix qu'il venait d'entendre, tout en priant silencieusement pour que ce ne soit pas le fruit de son imagination. Ses iris tombèrent sur un Shikamaru aux airs des plus choqués – perdu et paniqué aussi. Sans le vouloir, l'Uzumaki sentit ses yeux trop bleus se remplir de larmes.
— Sh..Shikamaru.. Je-, sa voix se brisa, donnant un ton rauque et suppliant à ses mots. »
Il ne voulait pas de ça. Être le seul survivant d'une explosion qui aurait dû le réduire à l'état de poussière cosmique, était injuste. Parce que si Asuma et Kurenai eux n'avaient pas survécu, c'était uniquement parce qu'ils n'étaient pas de foutus monstres. Pas comme lui. Comme toujours, il avait fallu que Kyubi le protège. Il écrasa son visage dans la paume de sa main, sentant finalement des larmes rouler sur ses joues bronzées.
Je craint de te décevoir, microbe, mais je n'y suis pour rien cette fois, souffla le démon.
Ce dernier était d'ailleurs même certain qu'il n'aurait probablement pas pu faire grand-chose tant lui-même avait été surpris par la tournure des choses. Ça avait été.. Inattendu. Ou presque. Après tout, n'était-ce pas le genre de chose que faisait l'Akatsuki au quotidien ? Buter du ninja tout frais ? De son côté, Shikamaru ne semblait guère pouvoir détacher son regard de ce camarade de classe qu'il avait toujours trouvé un peu étrange. Et c'était toujours le cas fallait croire. Comment expliquer le manteau de chakra bleu-pourpre qui le couvrait comme une seconde peau autrement ?
« — Naruto, fit Ino avec une pointe d'hystérie dans la voix. Tu.. Tu brilles putain. Pourquoi tu brilles comme une putain d'étoile en pleine nuit ?! C'est quoi ce délire, bordel !
Ses yeux bleus - plus clairs que les siens - étaient grands ouverts et passaient au peigne fin l'Uzumaki sans trop savoir si elle était en train de planer ou autre. Puis elle remarqua autre chose. La totale absence d'Asuma et de Kurenai. Sa gorge se serra désagréablement à elle aussi, tandis qu'un poid venait s'écraser au fond de son estomac, dans sa poitrine.
— .. Où sont Asuma-sensei et Kurenai-sensei, Naruto..?
L'hôte du démon à queue qui avait relevé la tête pour observer le fameux trio Ino-Shika-Cho, baissa ses iris remplis de larmes, vers le sol – ou du moins ce qu'il en restait. La Yamanaka fut alors certaine de sentir son cœur éclater en mille morceaux.
— Non ! cria-t-elle.
Elle tomba à genoux, une expression de douleur évidente peinte sur son beau visage. Choji semblait autant sous le choc, voir même à deux doigts de suivre sa coéquipière qui venait de fondre en larmes sans plus de cérémonie. Sa main large se posa sur l'épaule fine de la jeune fille dans une tentative désespérée pour lui apporter son soutien, mais cela ne fit que redoubler ses pleurs hystériques. Shikamaru n'en menait pas large non plus et semblait recourir à toutes ses forces pour ne pas s'effondrer – il avait les poings tellement serrés que ses jointures s'en étaient retrouvées blanches; ses ongles perçant sa chair au niveau de ses paumes de mains.
— Que s'est-il passé ? Qu'il demanda finalement en s'efforçant d'agir comme un type intelligent, guidé par son cerveau et non pas ses sentiments. Pourquoi eux sont-ils.. Pourquoi tu..
Il pinça ses lèvres. Comment parvenir à formuler cette phrase sans avoir l'air d'un type qui aurait souhaité qu'un gamin meurt plutôt que ses professeurs – que son ami les suive dans leurs trépas – qu'il ne s'en soit pas sortit aussi indemne.. ? Il songea qu'il était probablement trop tard pour ça. Naruto avait reculé d'un pas, accusant le coup comme un coup de poignard en plein dos – en plein cœur.
— Merde.. souffla-t-il las. Ce n'est pas ce que je voulais dire.
— C'est exactement ce que tu voulais dire, coupa Naruto dans un rire sans joie. Pourquoi toujours Uzumaki Naruto. Je me suis posé cette question tous les jours depuis que je suis en âge de réfléchir. Pourquoi moi. Encore et toujours.
— Oh, fit Shikamaru. Naruto.. Ce n'est pas.. »
Mais ses mots ne virent jamais. Pas parce qu'il ne savait pas quoi dire. Pas parce qu'il ne voulait pas que son ami ne se sente pas coupable – ce qui n'était pas le cas, entendons-nous bien. Shikamaru ne le tenait pas pour responsable, jamais – mais parce que soudainement, aussi foutrement-soudainement-que-cela, le sol à leurs pieds trembla. De la même intensité que le manteau de chakra bleu-pourpre qui couvrait le blond comme une seconde peau sembla s'animer de lui-même. Shikamaru songea d'ailleurs que c'était étonnant que ce phénomène soit passé au second plan. Comme si ça n'avait pas été suffisamment incroyable. Comme si des masses de chakra comme doté de conscience propre, n'était pas quelque chose d'anormal.
Sur ses gardes, l'éhritier du clan Nara aida une Ino au bord de la crise de nerfs, à se remettre sur pied, échangeant en même temps un coup d'œil avec Choji. Le sol continuait à trembler, si bien que l'équilibre des Shinobi s'en trouva perturbé tant et si bien qu'ils durent rediriger leurs chakras dans leurs pieds pour maintenir leur position à même le sol. Alors seulement à cet instant, une tentacule bleu-pourpre fit surface, s'agitant dans tous les sens dans un premier temps, elle finit par s'échouer aux pieds de l'orphelin à la manière d'une poupée de cire. Quelqu'un fut pris d'une quinte de toux sévère – puis une voix rauque, familière, résonna.
« — Quelle bande de sombre fils de ..
Une femme échappa un rire moitié épuisé, moitié hystérique.
— Je ne te le fais pas dire.. »
Il s'était avéré que tous avaient finalement survécu, de justesse, mais survécu tout de même, ce qui n'avait, semble-t-il, pas été une mince affaire. Pour Asuma et Kurenai, il avait été clair que Naruto les avait protégés à l'aide du chakra du Démon Renard – dont ils ne firent aucunes mentions devant les trois autres Shinobi. Si au début ces derniers avaient posé nombres de questions, Asuma avait fini par glisser subtilement l'idée que Naruto avait essayé un nouveau jutsu appris par le légendaire sanin Jiraya, incertain de savoir si cela allait fonctionner. Et si Shikamaru n'en avait pas cru un mot, il avait su s'abstenir de faire la moindre remarque. À ses yeux, l'important était que les deux Junin – et Naruto – aillent bien.
Inutile de préciser que le le suscité était à des lieux d'aller bien, justement.
Il s'agissait de la seconde fois que ce chakra bleu-pourpre apparaissait. La première fois ayant été celle où Tsunade avait tenté de le débarrasser de la monstruosité, il n'y avait plus de doute à avoir quant à la provenance de ce chakra. D'une manière ou d'une autre, il parvenait à générer assez d'énergie pour s'en servir alors même qu'il n'avait pas encore vu le jour. Concrètement, Naruto ne savait pas s'il devait en être impressionné ou effrayé. Puis il se souvenait alors qu'il n'avait pas la moindre idée d'où ce truc pouvait venir, et le dégoût l'assaillait à nouveau. Hors de question qu'il se mette à penser à cette chose comme étant sienne. Hors de question qu'il n'éprouve la moindre once d'amour ou de reconnaissance voir même de fierté à l'idée que le moustique lui ait sauvé la peau. Il n'a fait ça que pour se sauver, lui, s'était-il dit non sans une pointe de colère. Après tout, n'était-il pas que l'incubateur d'un probable monstre à venir ? l'Uzumaki mort, inutile de préciser que l'autre suivrait le même chemin aussitôt.
Il faut que tu décroches Naruto, résonna la voix qu'il connaissait désormais aussi bien que la sienne.
Le renard ne savait pas quand lui foutre la paix. Parfois, Naruto devait prendre sur lui pour ne pas l'emmener à un séminaire sur les bienfaits de l'intimité. Ils n'étaient ni potes, ni parents et ce n'était pas demain la veille qu'ils commenceraient à échanger des potins sur les filles les plus belles du village.
Naruto avait donc haussé les épaules avec une nonchalance lui seyant gère, puis reporté son attention sur le reste du groupe plus loin, dans les décombres de la grotte. Il observa Ino rire à gorge déployée entre deux sèchement de larmes, visiblement ravie de constater que son maître était sauf. Il observa Choji enfouir une poignée de chips dans sa bouche et les mâcher bruyamment entre deux échanges de mots avec Kurenai et il observa Shikamaru qui, en pleine conversation avec Asuma lui aussi, ne pouvait s'empêcher de lui jeter des coups d'œil hésitant – honteux.
Tu ne devrais pas te soucier des hommes. Tu es probablement l'arme la plus puissante de cette terre. Tu pourrais faire plier les montagnes d'un mouvement de poignet. Fendre les océans d'un coup-de-poing. Alors pourquoi te soucies-tu de ce que ces larves pensent de toi ?
« — C'est ce que les humains font, souffla le blond las. Je suis humain aux dernières nouvelles. Je me soucie des gens.
C'est ce que les imbéciles font, rectifia la bête en grognant. Il y a dix minutes, ils étaient prêts à t'accuser d'avoir buté les deux vieux. À te reprocher d'être en vie. Les humains sont bêtes et égoïstes.
— Tu as passé toute mon enfance à tenter de prendre possession de mon corps pour tes sombres designs, sac à puce, t'es plutôt mal placé pour me faire la morale.
Je ne suis pas humain.
— C'est censé être une excuse, ça ?. »
Il y eut un instant de flottement sans qu'aucune parole ne soit échangée. La fatigue semblait s'être à nouveau abattue sur le jeune homme. La journée avait été bien trop forte en émotions pour son propre bien. Les ascenseurs émotionnels n'étaient décidément pas son truc, décida-t-il. Il parvenait sans mal à revoir les regards accusateurs que le reste de l'équipe lui avait servi, lorsqu'ils avaient crus qu'Asuma et Kurenai avaient péri – péri sans lui. Son cœur se serra dans sa poitrine, Kyubi souffla d'agacement dans sa tête.
Par mon Créateur, arrête les frais Naruto. Tourne leur le dos une bonne fois pour toute.
C'était bien la première fois qu'il prenait la peine de l'appeler par son prénom. C'était étrange. Naruto ne su quoi faire de l'information.
« — Je pensais qu'on était passé au-dessus du discours d'enrôlement pour l'armée de môsieur le démon renard, ironisa l'hôte.
Le renard souffla furieusement. Dans son esprit, Naruto eut aucun mal à l'imaginer battre l'air de ses neuf queues.
Aucun rapport, qu'il s'agaça. Mon hôte est en train de perdre la boule. J'apprécierais qu'il conserve ses capacités mentales tant qu'il le peut.
— Qu'est-ce que tu baves encore, stupide renard ? Depuis quand tu te soucis de moi ? Je pensais que t'étais pas assez humain pour se faire.
— Cesse de faire la carpette, gamin. Toute cette histoire, ça te bousille. J'ai pigé d'accord ? Tu détestes ce que tu es devenu, le Moustique et toutes ces conneries. Tu penses que ta vie est soudainement devenue merdique ? Écoute ça bien, lardon : ta vie est merdique depuis l'instant où tu es né, et même avant ça. Tu crois que ce gosse que t'attend a gâché tes rêves de grandeur ? Sois pas si naïf. On sait tous les deux que t'aurais jamais pu réaliser quoique ce soit ici. Konoha est un village poison. Et il est temps que tu te rentres dans le crâne que tu auras beau mourir quarante fois pour eux, leur apporter la gloire, la richesse ou le monde entier, ils ne te verront jamais plus que comme un sale gosse bruyant et potentiellement capable de foutre leur village de merde à feu et à sang. N'oublie pas que t'es la fameuse réincarnation du démon-renard.
Si Naruto avait perdu son bronzage naturel au cours des dernières semaines, ça n'était rien en comparaison avec la pâleur soudaine de son visage. Ses mains prises de tremblements durent agripper les pans de son t-shirt afin qu'il ne perde pas pied. Son esprit devenu chaotique, il perçut clairement la voix vicieuse à l'arrière de sa tête se mettre à hurler de rire. Encore.
— Mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?! hurla-t-il au sein de sa propre tête.
Ses yeux brillaient de larmes contenues.
La bête gronda.
— C'est exactement ce dont je parle, stupide morveux. Ressaisis-toi, par le Rikûdo ! Pleurnicher ne va pas t'amener bien loin. Tire toi les doigts du cul et vit. Arrête de te reposer sur tes soi-disant compagnons. Ils te tourneront le dos à la première occasion.
— Parce que toi, non !? Monsieur est si parfait, c'est ça ?
— Loin de là, sale gosse. Mais toi et moi - et crois-moi, ça m'arrache la gueule de me l'avouer - c'est pour la vie. On est coincé ensemble jusqu'à ce que la mort te cueille. Et n'crois pas, ça ne saurait tarder si tu continues d'agir comme une gamine en mal d'attention. Alors non, je ne suis pas parfait. Ouais, je vais te tirer dans les pattes à chaque fois que je le pourrais parce que c'est vraiment la seule occupation qu'il me reste. Ce qui est certain, c'est que je ne vais pas te dévisager ni même te pointer du doigt à chaque fois que la terre se mettra à trembler. Même un chiot a plus de crocs que toi pour l'amour de tout ce qui est saint sur cette terre, t'es vraiment le dernier des abrutis et le reste de ton village ne vaut pas mieux.
Naruto le dévisagea bouche-bée. D'une manière ou d'une autre, il avait fini par apparaître au sein même de sa tête, lieu d'éternel rencontre avec son empêcheur de tourner en rond personnel. C'était probablement mieux que le reste de l'équipe en viennent à penser qu'il s'était assoupi, plutôt que de l'entendre hurler de vive voix contre un Kyûbi uniquement présent dans sa tête – ou son estomac tout était relatif. Le fait était qu'il avait moyennement envie de terminer ses jours enfermés dans un asile pour démence précoce.
— C'est de ta faute si j'en suis là, je te rappelle ! C'est toi qui amènes le malheur et la mort autour de moi. J'ai rien demandé putain ! »
La colère pouvait être une amie comme une ennemie. Naruto, à ce stade des choses, n'était plus vraiment certain de savoir dans quel camp elle se trouvait. Ce qui était sûr, c'est qu'elle était là. En fait, elle ne l'avait jamais quitté. Son comportement, sa vie, ses humeurs, se rendit-il compte, avaient toujours été régis par la colère. Sourde, enfouie, silencieuse.
Il explosa.
Dans les tréfonds de sa conscience, il se laissa aller à hurler sa rage. Il vida son sac comme jamais il ne l'avait fait. Dénonçant toutes les injustices et les torts qu'il avait subi depuis gamin, dénonçant le mal qu'il s'était donné pour en arriver là aujourd'hui. Hurlant à quel point il détestait son statut de Jinchuruiki, le Hokage qui l'avait honoré de ce fardeau, les gens pas foutus de voir plus loin que le bout de leurs nez. La liste était si longue, que lorsqu'il daigna se taire, le démon cru qu'il allait bêtement crever d'une asphyxie.
— J'en ai ma claque de tout ça, finit-il, le cœur au bord des lèvres.
— C'est bon, tu as fini ta crise ? demanda la bête.
Le garçon émit un son dédaigneux.
— Ouais, cracha-t-il. Satisfait ?
— Bien sûr, je bande dès qu'on me hurle dans les oreilles, qu'il rétorqua en passant ses pattes sur ces dernières comme un chat fait sa toilette.
Un chat particulièrement grand, orange et doté de neuf queues.
Naruto fit mine de vomir. C'était d'un comique et dégoûtant à la fois. Il n'eut pourtant pas la force de répliquer. Il était à bout – sur tous les plans. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'admettre que le renard n'avait pas si tort que cela.. Il était temps qu'il arrête les frais. Ça avait assez duré.
— Et maintenant ? souffla l'humain.
Les babines du démon furent étirées en un grand sourire – du moins autant qu'un renard puisse sourire – dévoilant une multitude de crocs blancs, probablement effilés comme des lames de rasoir.
— Tu bouge ton gros cul. T'es un putain de Jinchuriki, pas une lavette uniquement bonne à trouver les matous des vielles peaux de Konoha. Alors t'arrête de me foutre la honte parce que jusqu'à présent, j'ai pas vraiment envie d'avoir un tel imbécile associé à ma personne. »
Un ricanement monta à la gorge de l'hôte. Kyûbi n'avait pas l'air d'avoir oublié le fait que Naruto avait osé se servir de lui, pour retrouver Tora, l'éternel chat perdu du village caché du feu. Quoiqu'il en soit, le message était passé. Alors un peu plus serein, Naruto daigna revenir parmi les vivants. Ses problèmes ne s'étaient pas envolés, certes. Mais Kyûbi avait raison, il se devait de redéfinir ses priorités. À commencer par lâcher du lest. Plus loin, ses coéquipiers s'étaient remis à la recherche du soi-disant message secret laissé par l'Akatsuki. Aux yeux du blond, il ne s'agissait désormais que d'un piège visant à éradiquer les éventuels Shinobi censés mettre la main sur le groupe de déserteurs.. Et si dans le cas contraire, un message, il y avait eu, il y avait fort peu de chance pour que ce dernier soit désormais intact. Soufflant, l'Uzumaki passa ses doigts dans sa tignasse blonde, échappant les mèches folles qui tombaient sur ses yeux tandis qu'il se rapprochait du groupe, l'air plus serein qu'il ne l'avait été au cours de ces derniers jours. Il s'apprêtait à signaler à l'équipe qu'il s'agissait là clairement d'une perte de temps, lorsqu'un cri victorieux se fit entendre du côté de l'héritière du clan Yamanaka. Naruto écarquilla les yeux, lorsqu'il aperçut dans ses mains, un rouleau de parchemin scellé par des seaux qui, au premier regard, lui paraissaient extrêmement compliqués. Ça n'avait rien d'étonnant après tout. Il n'avait jamais songé à apprendre l'art du Fuinnjutsu.
« — N'empêche, je serais curieuse de savoir ce qu'il y a là-dedans.., commenta Ino en observant le rouleau scellé sous toutes les coutures.
Asuma qui s'était aussi rapproché – abandonnant donc sa zone de recherche puisque désormais inutile – s'empara de la trouvaille de la blonde, non sans lever les yeux au ciel lorsque cette dernière émit un son outré agrémenté d'une moue boudeuse.
— Personne ne va ouvrir ce rouleau. Ce sont les Services de Décryptage de Konoha qui auront pour mission de découvrir ce que contient le parchemin. En attendant, je vous annonce la fin de la mission. »
Ses doigts perdus dans son petit bouc et la mine pensive, il embrassa l'assemblée du regard – songeant que cette mission avait été décidément bien étrange – avant de se mettre en quête de la protection du message. Il avait été si durement acquis – ils en étaient presque mort quand même – que ça aurait été franchement bête que n'importe qui puisse mettre la main dessus. Même s'il doutait actuellement que quiconque soit assez fou pour attaquer une escouade de six Shinobi de bon niveau – pour ne pas dire excellent – dont un Jinchuriki. Bon certes, ça n'était pas marqué sur la tronche de l'Uzumaki et donc, personne ne pouvait réellement s'en douter avant de se prendre un retour de chakra démoniaque en plein face, mais les faits étaient là. L'équipe était forte à n'en pas douter, et même si le fils du défunt Hiruzen Sarutobi était confiant, ce n'était hélas pas suffisant pour qu'il ne prenne pas toutes les précautions possible afin d'être certain que la missive arrive belle et bien à Konoha dans les jours qui suivent. Ainsi, sceller un parchemin hyper-secret d'ores et déjà super-scellé de manière super-compliquée dans un autre super-parchemin de scellement super-compliqué à desceller.. N'était en soit, absolument pas un problème ni pour lui, ni pour sa santé mentale. Lorsqu'il eut donc fini de ranger son matériel dans une des innombrables pochettes secrètes que contenait sa veste de Jonin, Asuma ne se gêna pas le moins du monde pour attraper son paquet de cigarettes, dégotant un bâton de nicotine qu'il vint ensuite coincer entre ses lèvres après l'avoir allumé d'un geste expert, de son briquet favori. Insensible aux regards désabusés qu'il reçut de la part de ses élèves et de sa charmante compagne, il leur adressa ce qui sembla être un sourire – en pattes d'oie – mutin et leur fit signe de se mettre en route.
L'air de rien, il leur faudrait un peu plus d'une semaine pour revenir sur leurs pas. Une semaine qui pouvait aussi bien être tout à fait normale, que virer à la catastrophe et pour un monde tel que celui-ci, tomber sur une énième catastrophe aurait été quelque chose d'extrêmement banal.
